11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dollars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expatriés et les touristes, l’une des premières différences frappantes entre l’Amérique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font partie de cette minorité de pays crétins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moitié de pays intelligents qui affichent leurs prix hors pourboires… bref, vous allez payer sacrément plus que le prix affiché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakistanais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La raison, suprenante, de cet affichage qui ferait hurler les associations de consommateurs françaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gouvernements soucieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe existante était une taxe fédérale relativement obscure, la FST (“taxe sur les ventes de producteurs”). Le problème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une catégorie relativement restreinte de produits, et seulement en amont dans la chaine de production (elle était invisible aux consommateurs). Cela nécessitait donc beaucoup de paperasses justificatives entre producteurs, et rendait certaines industries canadiennes peu compétitives à l’export. Aussi, son application non-systématique déformait les marchés.

En 1991, par contre, un gouvernement conservateur centriste (quoique légèrement à droite sur les sujets économiques) se met à introduire un sytème de taxe sur la valeur ajoutée sous la forme de la GST (“taxe sur les produits et services”), fixée alors à 7%. Le système de taxe ajoutée signifie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de production paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la différence (ou “valeur ajoutée”) à l’état. Vu de loin, ce système ressemble à notre bien nommée TVA nationale. De toutes façons, vu de loin, pratiquement toutes les taxes sur les ventes appliquées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont inspirées de la TVA française, introduite en 1954 dans une version un peu plus réduite que celle qu’on connait maintenant (elle fut étendue dans les années 60 par Valéry Giscard d’Estaing). Encore une grande invention française, quoi… pas la peine de nous remercier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évènement relativement récent, et les gens qui se rappellent de “l’avant GST” sont nombreux… vous pouvez imaginez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, surtout qu’au même moment toutes les provinces, sauf l’Alberta, décident également d’appliquer une taxe provinciale, la PST (“taxe provinciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une combinaison de TVA fédérale (la GST) et de TVA provinciale (la PST).

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Faisons maintenant une brève pause et remontons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Constitutionel de 1867 fut signé. C’est un document extrêmement important car il fait partie des quelques étapes qui unifièrent le Canada en un dominion fédéral avec le système politique que l’on connait maintenant. Le problème c’est que pour unifier des territoires aussi immenses et éloignés les uns des autres, il était impératif de leur laisser un minimum d’autonomie. Un petit détail de cet acte constitutionel déclare ainsi (allez savoir pourquoi) que chaque province décidera comme bon lui semble des lois gouvernant le marketing et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une certaine protection des citoyens contre le bon vouloir des provinces, une autre clause indique que seul le gouvernement fédéral peut mettre en place un quelconque impôt indirect. Si une province décide d’inventer un nouvel impôt, il sera obligatoirement direct afin que les citoyens de cette province soient pleinement conscients de la situation.

Revenons maintenant en 1991. Le gouvernement fédéral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consommateurs (par opposition à la précédente FST). Il souhaite également rendre le mélange entre taxes fédérales et provinciales plus simple, en encourageant les provinces à adopter une taxe “harmonisée” (HST) qui combinerait GST et PST… mais les provinces ont d’autres idées en tête. Face à une opinion publique largement mécontente à l’idée d’une hausse des prix, elles préfèrent en mettre le plus possible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se présente de décider s’il faut imposer un affichage TTC (“toutes taxes comprises”), les provinces choisissent d’éviter le sujet: toute cette histoire de taxes est la faute du gouvernement fédéral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les provinces n’ont constitutionellement pas le droit d’imposer un affichage des prix avec la PST comprise car celle-ci deviendrait alors une taxe indirecte (selon la définition canadienne du terme qui dit que la taxe est indirecte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre transaction financière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indiqué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la question n’a jamais été sérieusement étudiée). Inversement, le gouvernement fédéral ne peut rien imposer aux provinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uniquement), toujours à cause de la constitution. Ils auraient pu en profiter pour la changer pour l’occasion, mais je suppose que ça aurait décuplé la complexité d’une initiative déjà pas super triviale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux magasins d’adopter l’affichage qu’ils désirent… et par souci de compétitivité, tout le monde adopte rapidement l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un produit à $115 alors que le voisin l’affiche à $99, même si on met un gros panneau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines automatiques, les téléphones publics, certains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figurer des prix TTC (probablement parce que le gros de la clientèle est composée de touristes qui supportent mal l’affichage hors taxes). Bref, bonjour le bordel pour le consommateur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour terminer, voilà un petit résumé des évènements relatifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conservateur qui avait introduit la GST était à l’époque bien évidemment majoritaire dans la Chambre des Communes, avec 169 sièges sur 295. Pendant les élections de 1993, ils se font détruire par les électeurs et se retrouvent avec seulement 2 sièges, au profit des libéraux de Jean Chrétien. Ouaip. Deux sièges. Avoir introduit la GST de manière aussi visible était donc un bon suicide politique. Des gens (dont beaucoup de conservateurs même) pensent que ça se serait beaucoup mieux passé s’ils avaient réussi à imposer des affichages de prix TTC sur le plan fédéral, limitant ainsi la “mémoire” des canadiens sur le changement des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en réclamant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une chemise à carreaux.
  • En 1992, le Québec introduit la QST (“taxe québécoise sur les ventes”) comme alternative aux PSTs des autres provinces (parce que le Québec fait jamais comme les autres). Son fonctionnement en rapport à la GST est proche de la taxe harmonisée (HST) voulue à l’origine par le gouvernement fédéral, mais elle est administrée par Revenu Québec (le fisc local), et n’apporte pas vraiment d’amélioration sur le plan administratif des entreprises aux autres systèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nouvelle Ecosse, Nouveau Brunswick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Apparemment, l’accord entre ces provinces et le gouvernement fédéral incluait à l’origine des conditions sur l’affichage de prix TTC sur certains produits et services, mais ces clauses ont été combattues férocement par les entreprises nationales, pas très chaudes à l’idée de devoir maintenir deux affichages de prix différents dans leurs magasins, catalogues, sites internet, etc., en fonction de la province concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gouvernement fédéral baisse la GST de 1% (elle est maintenant à 5%), principalement à cause de promesses électorales (comme quoi des fois les politiciens les tiennent).
  • Au 1er juillet prochain, la Colombie Britannique et l’Ontario vont également mettre en place la HST. L’Ontario aura exactement la même taxation que les autres provinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colombie Britannique fait sa maline avec une HST de 12%, mais principalement parce que la PST y était jusqu’à maintenant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impopulaire, ça serait encore plus le bordel si le gouvernement rajoutait 1% en plus (on en repalera, de toutes façons, c’est le genre de bordel politique fédéral/provincial bien canadien qu’on ne connait pas en France, ça vous changera du bouclier fiscal et des burkas). En tous cas, ça fout la pression sur les quelques provinces restantes qui n’ont pas encore harmonisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, maintenant (si j’ai dit une connerie, insultez moi en commentaire)… et s’il y a des futurs expatriés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en magasin suit en général les autres bonnes pratiques françaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux comparer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plupart des articles de votre panier de courses (nourriture, boissons non-alcoholisées, etc.), les prix affichés en supermarché sont effectivement ceux que vous paierez à la caisse.

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Ca y est, tout le monde est endormi?

23 mars 2010

Le Vieux Monde

Nous voilà de retour dans le nouveau monde après presqu’un mois de folies en France… par rapport à la dernière fois on est partis beaucoup plus longtemps, et je ne peux que recommander un minimum de 3 semaines pour les expatriés, à moins de suivre la tactique pseudo-associale du “on reste en famille et si les amis veulent nous voir, ils ont qu’à venir chez nos parents”.

Voilà les remarques de cette année, en vrac:

  • Certains français nous disent qu’ils sont choqués par la grosseur des voitures et des routes nord-américaines. Pour la première fois, on a été au contraire choqués par la petitesse des voitures et des routes européenes. En roulant sur le périphérique parisien, on voyait tous les gens tout serrés dans leurs petites voitures à 3 portes, roulant au milieu de voies à peine plus larges que leur véhicule…
  • Pendant qu’on est sur le sujet, c’est dingue comment y’a systématiquement des embouteillages sur le périph’, ou par extension sur n’importe quelle route d’Île-de-France.
  • Y’a toujours aussi des problèmes avec les RER/trains de banlieue. J’adore particulièrement les affiches de campagne électorale où le candidat dit qu’il va rendre tout ça mieux, ça fait super crédible.
  • Paris c’est vraiment la merde pour s’y balader avec une poussette. Prendre les transports est une horreur (mention spéciale aux gens à La Défense qui ne vous marcheront pas moins dessus sous prétexte que vous ayez un bébé dans les bras) et il est bien souvent nécessaire d’être à deux à cause du manque d’infrastructures (ascenseurs, etc.). Peut-être qu’on est pas assez dégourdis pour trouver les bons panneaux d’informations, mais vu la rareté des poussettes et autres chaises roulantes dans les transports parisiens, je crois qu’on est pas les seuls. En plus, il faut vraiment bien choisir ses restos et bars si on veut un minimum de place pour naviguer… bref, ça ne m’étonne pas que (presque) tous les gens qu’on connaissait à Paris soient partis en banlieue à l’occasion de leur premier enfant.
  • Comme d’habitude, visiter Paris en tant que touriste, c’est quand même pas mal. La Tour Eiffel, le Jardin des Tuileries, la rue Mouffetard, le Jardin des Plantes, la Promenade Plantée, la rue de Rivoli… en semaine, quand on a du temps libre, c’est sympathique, ça a de la gueule ces machins. Quand on pense que le seul truc que Vancouver peut montrer c’est une pauvre horloge qui fait de la fumée quand elle sonne, ça fait pitié.
  • Quand on a vu une forêt de Colombie Britannique, par contre, les arbres européens ils ont l’air tous chétifs et moches à côté. Pareil, la butte Montmartre, vue de la Tour Eiffel, euh, en fait on la voit pas tellement elle est plate. On doit être trop habitués aux vraies montagnes. Et je parle même pas de la couleur de la Seine (je sais même pas si on peut encore qualifier ça d’eau). Même dans les marinas de Vancouver où l’eau stagne entre les yachts de riches on peut voir des otaries passer de temps en temps.
  • Les gens ne vont plus voter, apparemment.
  • L’ergonomie et les fonctionalités de la FreeboxTV sont vraiment pourraves du cul.
  • Les Petits Suisses, c’est vachement bon. Les canadiens ils y connaissent que dalle au sujet des différentes variations de fromages blancs. Accessoirement, la grenadine aussi c’est bon.
  • Carrefour Market”? Sérieusement?
  • La cuisine française, c’est pas comme la cuisine américaine, c’est beaucoup moins gras”, nous dit un ami avant de nous emmener dans un restaurant savoyard qui propose raclettes, fondues et tartiflettes. Bravo Philippe, tu remportes la palme de la citation française de l’année! (l’année ne fait que commencer mais je doute qu’on puisse trouver mieux)

Et voilà quelques photos en vrac issues de notre album “France 2010” sur Flickr

Rue Mouffetard

Bassin Rond, Jardin des Tuileries

La butte Montmartre

Les toits de Paris

Julius Caesar

Allez hop, on retourne maintenant à notre programmation (presque) strictement vancouvéroise!

16 février 2010

La saint-valentin chinoise du nouvel-an

Je vous avais pas parlé de la parade du nouvel an chinois depuis ma première année à Vancouver parce que, bon, c’est un peu toujours pareil, mais cette année, c’est légèrement différent. Genre y’a une poilouille plus de monde à cause des jeux olympiques.

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Cette année, c’est l’année du tigre, alors c’est le moment de manger des Frosties au petit dej’.

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Enfin bon, à part une foule différente et un horaire légèrement décalé, c’était comme d’habitude, en fait. Voilà quelques photos en vrac et après vous pouvez reprendre une activité productive.

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9 février 2010

Compte à rebours: moi je veux pas claquer un seul dollar

Alors voilà, c’est bien beau toute cette propagande mais si vous êtes (en bon français) un gros rapiat qui veut pas claquer une thune dans cette grosse machine commerciale pseudo-sportive que sont les J.O., vous faites quoi? Eh bien bonne nouvelle! Vous n’avez pas à vous amuser uniquement en donnant des fausses informations aux touristes et en traversant n’importe comment pour rendre le traffic routier encore pire!

Il y a tout un tas d’évènements gratuits pendant les jeux, répartis sur une demi-douzaines de sites. Pour les concerts, vous trouverez une page Facebook avec la liste des artistes, lieux et dates. Pour tout un tas d’autres trucs, comme les pavillons culturels ou commerciaux, les gens de CityCaucus ont une page dédiée avec moultes infos partiellement géo-tagguées sur Google Maps (ça inclut aussi les concerts, mais la page Facebook est plus claire et concise).

Enfin, si vous voulez avoir une vue globale des différents sites, il existe quelques cartes Google Maps relativement bien foutues.

Eh voilà, vous pourrez maintenant profiter des jeux olympiques sans rien dépenser, ce qui diminuera encore plus les chances pour Vancouver de se rattraper financièrement! Yeaaah! Woohoo! (et si vous avez d’autres bonnes adresses ou infos, n’hésitez pas à les poster en commentaire)

1 février 2010

Allez hop, c’est la fête du slip

Eh ouais, il fallait s’y attendre, avec l’arrivée imminente des jeux olympiques on va avoir de plus en plus de vidéos “cheesy” sur Vancouver et ses alentours sur fond de guimauve musicale. Oui, bon, d’accord, ici, c’est plutôt mignonnet en général, mais s’agirait pas trop non plus de le dire à tout le monde, après ça va être blindé. Tout ça pour vous présenter les dernières vidéos à la mode…

La première, c’est la vidéo officielle de l’office de tourisme de Colombie Britannique, à grand renfort de stars canadiennes. Enfin, “grand renfort”… on va dire qu’il y a 1 star et demi vaguement connues, plus quelques autres pour combler (parce que bon, c’est pas comme si on avait Clint Eastwood ou Arnold, nous, alors on fait avec ce qu’on a).

Et en voilà une autre avec moultes gens qui courent avec un truc moche qui crâme, ou qui agitent des drapeaux canadiens parce qu’ils sont trop contents de voir des trucs moches qui crâment passer devant chez eux:

26 janvier 2010

Pour les pigeons

Le downtown eastside, qu’on trouve dans la partie est du centre ville, est de loin le quartier le plus démuni de Vancouver. Il est aussi l’un des quartiers les plus polémiques avec l’arrivée imminente des jeux olympiques… mais la mairie vient de faire taire (au moins temporairement) certaines mauvaises langues en bouclant les travaux de Pigeon Park, une petite place triangulaire sur Carrall et Hastings.

Pigeon Park (1)

Cette place était jusque récemment principalement occupée par des fournisseurs et consommateurs de drogues dures, et les bancs squattés par des sans-abris. Il n’était pas inhabituel de trouver des seringues usées ou des excréments humains par terre. Le problème c’est qu’à un pâté de maison de là on trouve Gastown, avec ses bars huppés et ses vieux immeubles industriels transformés en lofts bobos, et Chinatown, avec ses jardins, ses marchés, et son festival du nouvel an qui tombera pile pendant les J.O. Et des touristes qui, en se trompant de rue, peuvent tomber sur des drogués et des odeurs de caca, ça fait pas super classe.

Pigeon Park (2)

Lorsque la municipalité avait annoncé le projet de revitalisation du downtown eastside il y a 3 ans, des gens avaient prédit que certains travaux traineraient en longueur histoire de garder les “indésirables” en dehors des zones touristiques. Mais au bout du compte, c’est la municipalité qui a eu le dernier mot… et si la théorie de la vitre brisée est un minimum vraie, ça pourrait être le début d’une réhabilitation pour un quartier malheureusement bien connu.

En retournant dans le downtown eastside avec mon appareil photo, j’ai pu encore une fois constater que ses habitants sont pourtant sympathiques et prompts à engager la conversation. Vous obtiendrez par exemple bien souvent des recommendations de photos ou de balades. J’en profite d’ailleurs pour vous raconter cette rencontre que j’ai eu l’année dernière avec un barbu du quartier:

Le barbu

J’avais discuté avec lui pendant une bonne demi-heure de photographie, d’architecture et de sculpture. Il avait suivi, disait-il, les cours de l’Université Emily Carr en art et design, mais avait ensuite enchainté les problèmes… il ne s’est pas attardé sur le sujet mais avait mentionné de rôle de la drogue, et un accident qui l’a privé de sa main gauche, remplacée par un crochet mécanique. Il semblait toutefois toujours motivé par toute forme de création artistique. Après m’avoir indiqué des endroits intéressants à prendre en photo, il m’a confié qu’il abordait parfois des photographes amateurs pour leur demander de prendre une photo spécifique. Il m’avait ainsi raconté, le sourire aux lèvres, comment il avait repéré une fois un mannequin dans une vitrine de magasin récemment abandonné. Il manquait une main au mannequin. Il avait donc convaincu un passant de le suivre, s’était glissé dans la vitrine à côté du mannequin, enlevant son crochet et prenant la même pose. Il aurait aimé voir la photo finale mais est simplement content d’avoir eu l’idée.

Le truc con c’est que j’ai oublié de lui demander son nom.

9 janvier 2010

Un peu de clichés Canadiens

En ce moment, avec le bordel météorogolique qu’il y a en Europe, je reçois des messages du genre “ah ils doivent être mieux préparés chez toi, vu que c’est le Canada et tout”, ou encore “j’espère que ton reveillon dans le grand nord était sympa, au coin de la cheminée! Ici on est pas habitués mais on fait avec ce qu’on a”, voire même “Pfiou, je sais pas comment vous faites là-bas à Vancouver, parce qu’ici y’a 20cm de neige et je supporte déjà pas”.

Gnnnn.

Ghhhheeeeeee.

Bon.

Ok. Malgré plus de 3 ans à essayer d’éduquer ces ignares de français, je vois que les clichés habituels ont la vie dure. Et encore, je vous épargne les 2 ou 3 qui nous demandent si on “chope l’accent”… et non, ils ne parlent pas de l’accent anglais, hein… on a vérifié. Disons juste qu’ils mentionnent Celine Dion

(soupir)

Mais bon, allez, vu que ça a l’air d’être vraiment le bordel en France, entre les autoroutes bloquées, les trains immobilisés et (oh mon dieu) les matches de foot annulés, je vais laisser passer… et je vais même (attention soyons fous), vous divertir avec quelques photos faisant figurer votre stéréotype canadien favori: le barraqué, sensuel, bourru et sympathique bûcheron.

Bucherons sexy

(j’espère que la mythique et incontournable chemise à carreau, ainsi que l’intemporel pantalon à bretelles, vous rendent tout chose)

Les photos proviennent du spectacle de bûcherons internationalement connu (soit-disant) que j’avais mentionné quand je vous avais présenté Grouse Mountain et ses différentes activités. Et j’ai franchement pas grand chose à dire sur ce spectacle à part que, euh, y’a des bûcherons, du bois, et divers outils pour couper le bois sus-nommé.

Coupage de bois

Ah, et puis diverses activités qui montrent que les bûcherons, ils savent s’amuser le week-end.

Lancer de haches

Les bucherons ils savent s'amuser le week-end

Ceci dit, le spectacle est effectivement sympathique. Beaucoup de “blagues de bûcherons” qui sont en fait rigolotes (oui oui, c’est totalement inattendu), et un passage assez surprenant, voire impressionnant, mais dont je ne parlerai pas (ni ne posterai de photos) car l’effet de surprise joue un rôle important.

Allez hop, on termine avec une autre photo d’un des 2 grizzlis de Grouse Mountain.

Grizzli a Grouse Mountain

Bon, voilà. Ca va, vous avez eu assez de clichés canadiens pour tenir jusqu’en 2011?

6 novembre 2009

Byron from England! Yay!

Ca y est, l’été est terminé depuis quelques temps, et ça veut dire quoi? Que les gens vont râler à tour de bras à propos de la pluie? A propos de la nuit qui tombe trop tôt? A propos des bus qui sentent le chien mouillé? Non! Ca veut dire qu’on a plus a se taper ces sales spectacles de rue à deux balles dès qu’on va au Granville Market ou au bord de l’eau!

Byron from England

Okay, la première fois c’est rigolo… y’a un mec qui gueule l’équivalent nord-américain des blagues belges pour attirer la foule pendant qu’il met en place son matériel, fait quelques jonglages bizarres avec des couteaux et des trucs enflammés, demande l’assistance du public, refait quelques blagues, et termine en s’échappant d’une camisole en moins de 3 minutes.

Okay, okay. C’est assez convenu mais ça marche.

La fois d’après, on se dit “eh, cool, un autre spectacle, je vais jeter un coup d’oeil”.

Mmmh… blagues belges… un tricycle en plus de l’autre gars, assistance du public, blagues belges, camisole.

Okay.

En plus lui il a mis 5 minutes de plus à sortir de la camisole parce qu’il arrêtait pas de raconter n’importe quoi.

Le samedi d’après, rebelote. Toujours pas le même mec, mais définitivement le même spectacle à 2 ou 3 accesoires près. On dirait qu’ils sortent tous de la même école. Et ils font tous le coup de la camisole à la fin, en précisant bien avant de le faire que woah mon dieu attention ça marche pas à tous les coups parce que bon quand même ça leur a pris 10 ans à apprendre comment faire ça et n’essayez pas à la maison il faut être pro attention mesdames messieurs ça va commencer mais attendez d’abord je vais vous raconter une blague belge.

Sérieux, quoi. Et c’est le même cirque chaque été… Mais bon, là, ça va, il pleut tout le temps. Ouf.

24 octobre 2009

Gros bateau

Pendant qu’on est sur le sujet, et pour faire un peu contraste avec les petits, voilà une photo des nouveaux ferrys construits en prévision des jeux olympiques. Ce sont des bateaux de classe “Super C”, et, dans la bonne tradition nord-américaine du “on est les meilleurs de notre catégorie, sachant que notre catégorie est tellement restrictive qu’on est presque les seuls dedans de toutes façons” (encore une façon de se la péter), ce sont les “plus gros traversiers à double embarquement du monde” (comprendre: on peut faire rentrer les véhicules par l’avant et l’arrière, et le navire est généralement symmétrique… ça évite au capitaine de devoir faire demi-tour, c’est moins compliqué).

Gros bateau

Voilà.

Mmh? Quoi? “Il va où le bateau”?

Ben il va dans ton cul.

Bon okay, il va vers Nanaimo, sur l’Île de Vancouver. Mais bon, c’est pas comme si c’était très intéressant tout ça.

15 octobre 2009

Vous venez de boire mon pipi

Notez bien que là je m’adresse surtout à mes lecteurs vancouverois. Parce que oui, j’ai été voir le Cleveland Dam, ou “Barrage de Cleveland”.

Capilano Dam (dessus)

Attention, ça n’a rien à voir avec la ville de Cleveland, qui, si vous vous en rappellez, a l’air super trop bien. Non non, le Cleveland Dam, à North Vancouver, c’est le barrage construit en 1954 par un monsieur qui s’appellait Cleveland. Enfin il l’a pas construit tout seul, hein, je suppose qu’il y avait plein d’ouvriers mais bon ça aurait fait super long comme nom pour le barrage si on devait rajouter tout le monde.

Capilano Dam (devant)

Le barrage est surtout une station d’épuration d’eau qui fournit 40% de la demande en eau potable dans la région de Vancouver.

En aval, la rivière Capilano descend jusqu’à l’océan, coincée au fond de son petit canyon.

Capilano river canyon

(enfin il est petit comparé à d’autres canyons, mais faut pas tomber dedans quand même)

D’ailleurs, j’en profite pour dire encore une fois aux futurs touristes de ne pas aller au pont suspendu de Capilano: il est assez naze du cul et, surtout, payant. Celui de Lynn Canyon est juste un poil plus naze mais comme il est gratuit c’est beaucoup plus sympa, surtout qu’il y a des balades à faire autour, au moins.

En amont du barrage il y a le Lac Capilano. Et donc, si vous pissez dedans, une infime partie de votre pipi se retrouvera dans l’eau de quelqu’un (et vous allez me dire que c’est super minuscule mais n’empêche, si vous croyez à l’homéopathie, ca fait un sacré paquet).

En plus c’est un joli cadre pour faire pipi alors ça serait dommage de se priver.

Capilano lake