1 avril 2011

De la multi-culturalité Canadienne

Il est interdit en France, depuis belle lurette, de collecter des infos sur les origines ethniques ou raciales des gens lors des recensements nationaux. Difficile alors d’estimer à quel point la France est multi-culturelle, mais les instituts comme l’INSEE et l’INED fournissent des estimations qui placent le nombre de personnes nées à l’extérieur du territoire français autour de 13% de la population totale.

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(non la photo n’a pas grand chose à voir mais il fallait bien mettre quelque chose pour vous attirer l’oeil… ça a marché?)

Le Canada, par contre, est un bon gros pays de droite qui a été fondé par des immigrants bourrus et qui n’a pas dans son histoire récente d’épisode sombre concernant un quelconque suivi d’une certaine minorité ethnique à des fins lugubres. Du coup, l’institut national de statistiques tient un compte précis des différentes origines ethniques, et on sait par le dernier recensement de 2006 qu’environ 21% des personnes vivant au Canada n’y sont pas nées.

Vu comme ça, on peut pas dire qu’il y ait un CRS qui pète 3 pattes à un canard sans papiers… mais la différence est dans l’évolution des chiffres: là où la diversité culturelle française est plutôt stable depuis quelques décennies, la diversité culturelle canadienne monte, surtout dans les grandes villes du pays. Pour vous donner une idée de la chose, à la louche, il y a 2 fois plus de nouveaux immigrés arrivant au Canada chaque année que pour la France, alors que la France a 2 fois plus d’habitants à la base.  Ainsi, l’institut national de statistiques prévoit qu’en 2031 un tiers des canadiens serait membre de “minorités visibles” (un terme canadien controversé qui commence à être utilisé aussi en France), avec des chiffres grimpant jusqu’à 2 tiers pour les agglomérations urbaines de Toronto et Vancouver. Ce genre d’évolution démographique aura sans doute un impact très marqué sur la vie politique locale et nationale.

Y’en a qui vont me demander “Toronto et Vancouver? Pas Montréal?”. Ben non, apparemment, pas trop. Je me suis posé la question aussi, et j’ai été voir les statistiques démographiques pour les 3 villes, ainsi que pour le pays en général. Attention, les gars, il va y avoir des statistiques et des graphes et plein de trucs chiants comme je sais que vous aimez. Comme d’hab’, si je raconte une connerie, corrigez-moi dans les commentaires.

Langue Principale du Foyer

D’abord, j’ai regardé la répartition nationale de la langue principalement parlée dans les foyers:

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On y voit que 89% des canadiens parlent français ou anglais chez eux.

A Toronto et Vancouver (respectivement), seulement 72% des gens parlent principalement anglais, avec le français perdu quelque part entre le roumain et le tagalog. Notez la présence asiatique plus marquée à Vancouver (avec un total de 12% rien que pour les différents dialectes chinois).

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En comparaison, Montréal mélange beaucoup plus francophones et anglophones (70% et 17% respectivement), mais héberge moins de gens parlant une langue étrangère:

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Pays de Naissance

Si on regarde la répartition de personnes nées au Canada par rapport à celles nées ailleurs, on retombe sur le chiffre national déjà mentionné de 79% contre 21%:

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Toronto est la ville la plus cosmopolite, avec un impressionnant 47% d’immigrants, suivie par Vancouver avec 42%… de quoi donner des cauchemars à l’extrême droite française:

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Montréal, par contre, reste pratiquement identique à la moyenne nationale avec 22% d’immigrés:

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D’après quelques estimations trouvées ça et là sur internet, il semble que c’est légèrement supérieur au taux d’immigrés à Paris, par exemple.

Autres Chiffres

Si on regarde le nombre d’immigrés arrivés dans les 3 villes depuis les années 60, on peut voir que Toronto est la ville la plus attractive, probablement grâce aux nombreuses opportunités de travail qu’elle possède. Montréal et Vancouver ont des flux d’immigration similaires, mais il ne faut pas oublier que Montréal est 3 fois plus grande à la base.

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Les chiffres générationels confirment que les Montréalais sont principalement des Canadiens de longue date comparés aux Torontonois ou Vancouvérois (les chiffres sont en pourcentages de la population totale de l’agglomération; “1ère génération” signifie immigré, “2ème génération” signifie enfant d’immigré):

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Bref, tout ça semble bien indiquer que Montréal a proportionellement à Toronto ou Vancouver non seulement moins d’immigrés, mais également un moindre flux d’immigration. La réputation de Montréal comme ville super multi-culturelle en prend un coup, mais je suppose que cette réputation est surtout issue des festivals et évènements culturels qui s’y tiennent pendant l’été plutôt que de sa population (parce que bon, ici à Vancouver, par exemple, on a un sacré paquet de Chinois, mais c’est pas avec une parade à 2 ronds tous les ans et quelques restos sympas qu’on va donner des orgasmes aux touristes…).

Pourquoi je vous parle de tout ça, au fait? Eh bien parce que le Canada effectue un recensement de la population tous les 5 ans et que le prochain est… la semaine prochaine. Rien qu’à nous deux on va faire grimper le nombre de francophones dans le coin d’au moins, pfiou, 3 ou 4%!

13 septembre 2010

L’harmonie, le bonheur, les taxes

Oui je sais, ça fait des plombes que j’ai pas posté. Entre les activités estivales, beaucoup de boulot, et une fénéantise sans nom dans le peu de temps libre restant, mes blogs se sont retrouvés délaissés. Mais pas de panique, je reviens avec un bon article bien chiant et bien long, mais que je vous avais promis il y a quelques mois: une petite explication de la grande saga politique de l’été en Colombie Britannique.

Pour ceux qui avaient raté l’épisode précédent, il s’agit de l’introduction de la Taxe Harmonisée sur les Ventes, ou HST (Harmonized Sales Tax). Et attention, c’est du jamais vu en termes de revolte citoyenne, embroglio politique, et couverture médiatique, ma bonne dame! Enfin… sur une échelle canadienne, hein. Vous verrez.

Avant le 1er juillet dernier, la plupart des ventes étaient taxées via 2 taxes: la PST, une taxe provinciale, et la GST, une taxe fédérale. La HST “harmonise” les 2 taxes en les fusionnant en une taxe unique et fédérale, déjà en place dans plusieurs autres provinces. En théorie, le but est de simplifier le processus de gestion des taxes. Le total prélevé serait le même qu’avant (12% au lieu de 5% + 7%), mais les entreprises n’auraient qu’un paquet de paperasse à remplir plutôt que deux. De plus, les entreprises, qui avant n’étaient exemptes que de la GST sur leurs achats professionels, deviendraient exempts de la HST, générant des economies qui se traduiraient, toujours en théorie, en une croissance économique sur les années à venir, avec des affaires florissantes, des emplois en pagaille, des salaires à la hausse, des oiseaux qui virevoltent et des matins qui chantent. La province, elle, économiserait sur tout le personnel nécessaire pour gérer le prélèvement des taxes, le traitement du paquet de paperasse sus-cité, les audits, les redressements, les saisies, le marchandage avec la mafia, les pots de vins, et les détournements de fond, puisque tous ces fonctionnaires provinciaux verraient leur loyauté se recentrer sur Ottawa, et payés sur le budget fédéral. Enfin, les diverses taxes annexes, comme l’obscure taxe sur les chambres d’hotel (oui, ça a l’air un peu cochon) ou les taxes variables sur les achats de voiture, disparaitraient et seraient également “harmonisées” avec la HST.

Vous allez me dire “oh bah ça a l’air très bien ça, pourquoi les gens ils râlent?”. C’est très simple: c’est parce que c’est pas si simple.

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Avant la HST, tout un tas de produits et services n’étaient pas taxés avec la PST – ils avaient uniquement les 5% de la GST. Mais avec la HST, une grande majorité de ces services et produits voient leur taxes augmenter à 12%, la HST entière leur étant appliquée. Cela inclut les restaurants et bars, les journaux et magazines, les taxis, les inscriptions aux clubs de gym, les forfaits de ski, le mignon petit coach personel brésilien de votre voisine, et j’en passe. Les fumeurs français seront d’ailleurs horrifiés de savoir que les cigarettes n’étaient taxées qu’à 5% jusqu’à récemment. Mais maintenant, c’est 12%, donc ça va un peu mieux (et puis de toutes façons, c’est pas vraiment du tabac qu’on fume, ici). Il y a des exceptions, comme les livres, les habits pour enfants, les sièges auto, les couches, les serviettes hygiéniques et tampons, ou l’essence, qui restent à 5%. Et même des baisses de taxes, comme l’alcool (oui oui), les couches pour bébés, l’électricité, le chauffage, et les chambres d’hotel… mais évidemment, le nombre ahurissant de services qui subissent une hausse de taxes a de quoi traumatiser la population. Et contrairement à ce que les français peuvent penser, les canadiens sont en grande majorité des cyniques, convaincus que si jamais la HST crée réellement des economies pour les entreprises, celles-ci empocheront certainement les bénéfices et ne changeront rien.

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Que fait la population, alors? Les chauffeurs de bus font-ils une “grève de solidarité”? Les étudiants bloquent-ils les portes des salles de cours? Les gens descendent-ils dans la rue pour crier dans des mégaphones et faire griller des saucisses? Bien sûr que non! Ce qu’ils font, c’est donner calmement des prospectus informatifs et proposer aux passants de signer une pétition. Oui, oui. Une pétition. C’est la RE-VO-LU-TION, que je vous dis. C’est chaud comme une barraque à frites, comme on dit chez moi dans le ch’Nord. Mais attention, c’est qu’ils sont beaucoups à la signer, en plus. Plus de 700000 signatures, sur une population de 4,5 millions, ça fait pas mal. Enfin en fait si, ça fait mal, surtout pour le gouvernement en place. Et c’est largement assez pour mettre en place un processus législatif de retrait de la HST, et un référendum est prévu pour l’année prochaine sur le sujet.

Bon, tout ça c’est bien gentil, mais ce qui nous intéresse, surtout, c’est les ragôts, non?

Ca commence avec Gordon Campbell, l’actuel premier ministre de Colombie Britannique. Ironiquement élu à son poste en 2001 sur des promesses de réduction d’impôts (qu’il a tenues), il perd en popularité au fil des années à cause d’une politique ultra-libérale. Mais bon, en tant que président du Parti Libéral de Colombie Britannique, il fallait un peu s’en douter. Ré-élu malgré tout en 2005 puis en 2009, il est à présent accusé d’avoir honteusement menti (nooooon, c’est-il tu pas vrai?) pendant sa dernière campagne électorale, où il avait dit qu’une harmonisation des taxes n’était pas prévue. Dommage, quelques mois plus tard il annonce l’introduction de la HST, et des journalistes mettent la main sur des mémos et études internes montrant que la chose était bel et bien envisagée depuis quelques temps.

Pendant ce temps, un ancien premier ministre de la province, Bill Vander Zalm, socialiste conservateur, décide de sortir de sa torpeur politique en s’impliquant dans la lutte contre la HST. Il devient rapidement la figure de proue du mouvement, et symbole de l’opposition contre Gordon Campbell. Est-ce là une tactique politique pour remettre son parti politique, le Social Credit Union, sur la scène politique? Difficile à dire, mais c’est de toute évidence un retour extrêmement bien executé. Zalm avait en effet dû démissioner de son poste de premier ministre provincial en 1991 après un scandale incluant un conflit d’intérêts entre sa fonction publique et des transactions avec des entreprises privées. Après cela, son parti ne s’est jamais vraiment remis, et est pratiquement mort depuis 2000. En tous cas, jusqu’à maintenant.

Le référendum prévu pour l’année prochaine est également mis en cause sur divers détails législatifs, comme par exemple les conditions exactes pour que la HST soit effectivement retirée, ou le choix de la question finale telle qu’elle apparaitra sur les bulletins de vote. Il est maintenant certain qu’on va se taper un jeu de va et viens entre Campbell et Zalm pendant les mois qui viennent, avec moultes “il a dit patati, mais en fait c’est patata”. L’opposition va continuer son refrain à propos des méchants libéraux qui mangent des enfants (parce qu’aller manger au restaurant est devenu trop cher!), pendant que le gouvernement en place essaiera de décourager les gens de voter contre la HST, utilisant diverses menaces comme la nécessité de rembourser Ottawa pour tout le travail de transfert administratif, ou l’arrêt de moultes crédits d’impôts introduits pour contre-balancer l’effet de la HST dans les foyers modestes. On va aussi probablement avoir droit à diverses annonces de la part de telle ou telle industrie, pour dire à quel point la HST est trop bien ou trop pourrie pour leurs affaires. C’est déjà le cas avec quelques grandes chaines de magasin, et quelques studios de production de cinéma/TV, qui ont déclaré que la HST leur permettrait de développer leur présence en Colombie Britannique, alors que les associations de restaurateurs se plaignent d’une baisse de la clientèle. Les études de cabinets de finance indépendants seront aussi probablement brandies de chaque côté, entre celles qui prédisent une continuation de la croissance économique de la province si la HST est maintenue, et celles qui disent que la HST aurait d’abord un effet négatif pendant environ 5 ans avant de générer un quelconque effet positif.

Ah oui, et c’est encore moins bien barré vu que les gens sont stupides. Par exemple, d’après un récent sondage, 67% des personnes interrogées accusent la HST d’avoir fait grimper le prix des courses, et 63% disent que leur facture de téléphone portable a augmenté, alors que ces deux choses n’ont pas eu de changement d’imposition…

Nous, de toutes façons, on s’en fout vu qu’on peut pas voter, alors bon…

1 juin 2010

Cannabis Culture

Cannabis Culture

Puisque Marc Emery vient d’être récemment déporté aux USA, voilà une photo de la devanture pourrie du BC Marijuana Party, qui sent bon quand on passe devant.

16 février 2010

Le billet où c’est trop la honte, et c’est trop nul

Après le billet où tout est super trop bien, voilà le billet où c’est trop la honte. Parce que bon, déjà manquer de neige au Canada, c’est pas folichon, surtout que les météorologistes avaient dit au VANOC que c’était risqué d’organiser des épreuves sur Cypress. Ensuite, la mort d’un athlète avant le début des jeux, c’est pas génial, et le chaudron final qui foire à la cérémonie d’ouverture, ça fait pas grandiose…

Eh bien maintenant, c’est la honte avec les resurfaceuses de la patinoire ovale de Richmond. Le comité olympique voulait des jeux aussi écolos que possible, et donc, plutôt que d’utiliser des resurfaceuses Zamboni tournant au propane (beuaark), ils ont commandé des resurfaceuses éléctriques chez Olympia (yay! woohoo!). Manque de bol, elles sont pourries du cul, ont foutu en l’air la glace de la patinoire, et il a fallu une bonne heure (et beaucoup d’engueulades) pour que les épreuves de patinage reprennent… et apparemment, les fameuses Zamboni polluantes seront à Richmond à partir d’aujourd’hui. Mouah ha ha ha. Moi j’aurais bien proposé qu’ils ramènent des morceaux de glace bien lisses par camion depuis de Nunavut (après tout, cette technique semble avoir bien marché pour enneiger les pistes de Cypress), mais personne m’écoute, moi.

Tenez, et aussi, vous vous rappellez de ma surprise à propos de la présence de la langue française pendant la cérémonie d’ouverture? Eh bien divers officiels et journalistes du Québec ont quand même réussi à critiquer, déclarant qu’il n’y avait pas eu assez de contenu français… non mais ils se foutent de ma gueule? Pour un pays où seulement 22% des gens parlent français (et pas nécessairement en tant que langue maternelle), ils ont déjà du bol d’avoir eu des traductions françaises (parlées ou affichées) du début à la fin. En tout cas, d’après ce que j’en ai vu, c’était plus que ce que les anglophones ont eu pendant les jeux olympiques d’été de Montréal en 1976. Ils auraient voulu quoi? Des discours en double plutôt que traduits sur l’écran? (dans le genre chiant, ça aurait été grand) Forcer les peuples des premières nations à dire plus qu’un simple “bienneveniou”? (ça aurait été bien vu, tiens, des politiciens québecois qui donnent des ordres aux premières nations de l’ouest) Ramener Celion Dion en plus de Garou? (bien sûr, si on veut que la moitié de la terre se suicide). Ah oui, et alors ma critique préférée: il n’y avait que 15% des bénévoles olympiques qui parlaient français. Ouah. Dingue. Déjà, pour une ville où, genre, 1.5% de la population parle français, c’est déjà incroyable d’avoir trouvé autant de francophones… mais il en fallait plus, de toute évidence! Ca me parait clair: il aurait fallu forcer plus de francophones à être bénévoles! Voilà! Ah la la, moi j’aime beaucoup cette vision du bilinguisme canadien qu’ont les intégristes québecois, genre 50/50 c’est le minimum acceptable (ça fait très objectif et pragmatique, tout ça, surtout pour un évènement international). Il faudrait leur dire que le Canada, c’est plus de 3/4 de trucs autres que le Quebec… mais non, toute occasion est bonne pour critiquer. Sur ce plan là, au moins, c’est clair que les québecois ont des racines françaises. Pfff.

13 février 2010

Compte à rebours terminé!

Et voilà, on y est, les jeux olympiques sont lancés. Pfiou… y’a plus qu’à attendre qu’ils retombent.

Si ce n’est déjà fait vous devriez bientôt voir, au moins, un récapitulatif de la cérémonie d’ouverture qui s’est tenue hier soir au BC Stadium (on verra ce qu’ils en disent au journal de France2 plus tard dans la journée). Perso, je voulais aller la voir sur un écran géant au LiveCity Yaletown, histoire d’observer un peu l’ambiance générale, mais entre la pluie, la foule débordante, et ma pauvre femme malade, j’ai fini par la regarder bien au chaud à la télé, avec la possibilité de faire “pause” pour aller aux toilettes (c’est beau le luxe engendré par la technologie moderne).

Quelques remarques:

  • Après la cérémonie d’ouverture des J.O. d’été à Pékin c’était dur de faire quelque chose d’un tant soit peu impressionnant… mais je trouve qu’on s’en est pas trop mal sortis. Là où les chinois avaient accompli une prouesse technique assez déshumanisée, les organisateurs canadiens ont opté pour un spectacle plutôt intimiste et chaleureux, avec quelques bonnes idées et surtout beaucoup de bonne humeur. J’ai particulièrement apprécié l’utilisation du public – c’est ce genre d’aspect participatif qui donne envie d’y avoir assisté en vrai.
  • Comme vous avez du l’entendre déjà un peu partout, l’ambiance de la journée avait été un peu plombée par la mort d’un athlète georgien le matin même. Moi ce qui me sidère, surtout, c’est que le circuit de bobsleigh soit bordé de poteaux en métal non rembourrés. Apparemment c’est super ultra complètement rare qu’une luge sorte du circuit, mais quand même… Peut-être que l’incident d’hier va, comme avec la Formule 1 en 1994, provoquer des changements drastiques dans les mesures de sécurité.
  • Comme le dit ma femme: “pour les francais qui regardent la ceremonie d’ouverture, le truc que la fille en rouge (Nikki) elle chante, ca ressemble pas, mais alors pas du tout a l’hymne canadien. Ah ouais… et le truc au milieu, la, c’etait du français. C’est bien, continue d’y croire, Nikki”.
  • Bryan Adams et Nelly Furtado ils savent vraiment pas chanter en playback. De toutes façons la chanson était assez pourrave, et d’après ce que j’ai pu comprendre, les canadiens ils en ont un peu marre de voir Bryan dès qu’il s’agit de représenter leur pays internationallement. Les autres chanteurs de la cérémonie chantaient en direct, au moins (enfin on dirait). Garou a même été jusqu’à chanter mal pour prouver qu’il faisait ça en live… à moins qu’il soit super fourbe et qu’il ait enregistré un truc légèrement faux pour gruger tout le monde. Sacré Garou, va. Pendant ce temps là, c’est Rock Voisine qui doit être dég’ d’être un pauvre commentateur sur les chaînes françaises.
  • En parlant de Garou, d’ailleurs, les organisateurs se sont bien forcés à inclure autant de langue française que possible, en allant jusqu’à faire passer la présentatrice francophone avant son homologue anglophone, genre “on présente la cérémonie en français, et on traduit en anglais derrière”. Mais c’était surtout mignon d’entendre les non-francophones dire “biennevenou” devant un milliard de gens.
  • Vous vous rappellez des divers sujets de protestation des J.O.? Notamment celui à propos des méchants impérialistes blancs qui volent leurs terres aux premières nations et invitent ensuite les touristes du monde entier à faire une grosse teuf polluante dessus? Eh bien je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un petit ricanement en voyant que non seulement les chefs des tribus locales (Squamish, Musqueam, Lil’wat, et Tsleil-Waututh) étaient reconnus comme chefs d’états et avaient leur place dans la tribune officielle avec les hommes politiques canadiens, mais aussi que la cérémonie d’ouverture débutait avec ces 4 tribus souhaitant la bienvenue sur leurs terres aux visiteurs du monde entier. Marf. C’est des petits rigolos les organisateurs.
  • Comme d’habitude, l’identité du porteur de la flamme olympique qui allumerait le chaudron final était restée secrète jusqu’au dernier moment, et les rumeurs les plus folles circulaient depuis quelques jours. Le suspect le plus probable, Wayne Gretzky, l’un des meilleurs joueurs de hockey de l’histoire de l’univers du monde (ce qui lui confère pratiquement un statut de dieu au Canada), avait été démenti par le comité olympique… mais c’est parce que ces petits malins avaient en fait préparé un sale coup: le chaudron serait allumé par 4 personnes! Wayne Gretzky, donc, mais aussi Rick Hansen, un athlète paraplégique, Catriona LeMay Doan, une patineuse de vitesse, et Steve Nash, une star du basketball. Dommage qu’un problème technique avec le système hydraulique du chaudron ait un peu foutu en l’air la scène – seulement 3 des 4 “jambes” du chaudron sont sorties du sol, et seulement 3 des 4 athlètes l’ont donc allumé…
  • Et alors si je comprends bien, le Canada, c’est: un ours géant, des punks qui font des claquettes et du violon, de la danse contemporaine d’interprétation, un gamin qui vole, des gens qui font du ski, et de la poésie slam pour dire que les canadiens sont polis et cool. Okay, c’est bon, j’ai tout compris, merci.
  • Aussi, c’était sympa de savoir qu’on avait une amie sur scène… on l’a pas vue, mais on s’est demandés toutes les 30 secondes si elle était à l’image… une fille danse dans un coin? “Eh, c’est peut-être Stéphanie, là, à gauche!” Une fille qui court à travers un champ? “Eh, c’est peut-être Stéphanie, là, à droite!” Un gros noir qui porte un panneau? “Eh, c’est peut-être Stéphanie, là, au milieu!”. Ah là là, des heures d’amusement.

Voilà… maintenant il ne reste plus que le petit détail insignifiant des épreuves sportives.

12 février 2010

Compte à rebours: comment bien se faire torcher

Avec la cérémonie d’ouverture des J.O. dans seulement quelques heures, la torche olympique faire un dernier petit tour à travers Vancouver, où elle vient d’arriver hier soir.

La torche olympique

Portée ce matin par Arnold Schwarzenegger à travers un bout du Stanley Park, elle a ensuite suivi le front de mer, traversé le centre-ville, et partie en direction du downtown eastside. A chaque étape, le nombre de gens ammassés était impressionnant… et devinez qui s’est retrouvé coincé avec une poussette au milieu de la foule alors qu’il était en route pour faire des courses pour sa femme malade? Heureusement, j’avais mon appareil photo dans mon sac à dos…

Et pour ajouter au bordel général, c’était pile le moment et l’endroit où divers groupes de contestataires avaient décidé de manifester, certains allant jusqu’à bloquer le convoi.

Pas de jeux olympiques sur une terre volée

Alors voyons… dans l’ordre, on avait: les gens qui veulent légaliser le cannabis et faire libérer Marc Emery, qui était d’ailleurs candidat à la mairie de Vancouver en 2008.

Free Marc

Ensuite, on avait ceux qui protestent contre les dépenses faites pour les jeux par rapport aux moyens engagés dans la lutte contre la pauvreté.

Homes, not games

Après, il y avait ceux qui protestent contre l’extraction de pétrole sur les terres d’Alberta, et plus généralement sur la tenue des jeux olympiques sur les terres qui appartiennent “normalement” aux premières nations.

No tar sand on native land

Enfin, le groupe le plus actif (et celui qui a bloqué le convoi pendant une bonne demi-heure) était non identifié, mais déclarait au mégaphone que le Canada est un pays raciste parce que, euh, je sais plus… y’avait une histoire avec les soldats canadiens en Afghanistan, des mentions de la fameuse “terre volée” canadienne, et d’autres trucs. La plupart des gens étaient de toutes façons trop sidérés pour écouter quoique ce soit après avoir appris qu’ils habitaient au “KKKanada”.

Le canada est un pays raciste?

D’ailleurs, pour ceux qui se demandent, l’histoire de “terre volée”, c’est relatif aux européens (principalement les méchants impérialistes français et anglais) qui ont volé leur terre aux premières nations amérindiennes.

Enfin bref, c’était rigolo, et j’ai pu voir la flamme olympique en vrai!

Le porteur de la flamme

11 février 2010

Compte à rebours: le chaudron communautaire

Il y a quelques minutes, la flamme olympique est enfin arrivée à Vancouver, au David Lam Park, après plus de 3 mois de voyage depuis la Grèce et à travers tout le Canada. Tout est donc en place pour l’ouverture des jeux demain soir… enfin sauf la neige.

Alors c’est quoi cette histoire de neige dont on vous parle aux infos? Eh bien c’est le truc qu’on essaie de vous dire depuis des plombes: à Vancouver, il fait pas froid et y’a pas de neige! Bon, okay, d’habitude y’a de la neige sur les montagnes de la banlieue nord, mais cet hiver a été exceptionellement doux (un sacré contraste par rapport à l’hiver remarquablement rude que la côte est et l’Europe se tapent en ce moment). Du coup, Cypress Mountain manque de neige pour les 2 épreuves qui doivent s’y dérouler, le ski de bosses freestyle et le snowboard sur half-pipe (les autres épreuves d’extérieur se déroulent à Whistler)… et les organisateurs n’ont rien trouvé de plus simple que de ramener de la neige de Manning Park, un parc provincial situé à 250 kilomètres à l’est de Vancouver… leur promesse d’avoir des jeux olympiques super écologiques me semble un peu foirée…

Enfin bref, la flamme (conçue cette année par Bombardier) est arrivée, donc, et le “chaudron communautaire” a été allumé pour l’héberger pendant la nuit. Notez au passage que la personne qui a allumé le chaudron, choisie par le maire Gregor Robertson, est Ken Lyotier, un ancien SDF et drogué qui a fondé l’association “United We Can” dans le downtown eastside, dont l’activité utilise le recyclage de déchets comme moyen de nettoyer le quartier et de réhabiliter ses habitants les plus démunis – bref, les SDFs qui ramassent les bouteilles, c’est ses potes. C’est particulièrement intéressant puisque la problématique des sans-abris et du downtown eastside était, jusqu’à récemment, l’un des fers de lance de l’opposition aux J.O. En mettant Ken Lyotier en avant, est-ce que le maire espère cloturer le débat? Est-ce que c’est de toutes façons encore à l’ordre du jour maintenant que la controverse sur l’aspect (anti) environnemental des jeux a pris le premier plan? (parce que c’est tellement plus important de compter le nombre d’arbres abattus que de gens vivant sous le seuil de pauvreté).

La surprise, aussi, c’est surtout le nombre de trucs traduits en français… pour Vancouver, une ville qui se trouve aussi loin de Montréal que Paris par rapport à Baghdad, on aurait pu s’attendre à voir le bilinguisme canadien passer à la trappe comme c’est souvent le cas ici (sauf dans les immeubles fédéraux où ils sont obligés). Eh bien il faut croire que la pression québecoise a été assez forte puisque même certaines cérémonies se voient dottées d’un minimum de traduction francophone… presqu’autant que les traductions pour sourds et mal-entendants!

Ceci dit, des fois, on se demande franchement si le double affichage est bien utile… voyez un peu:

Panneau bilingue

26 janvier 2010

Pour les pigeons

Le downtown eastside, qu’on trouve dans la partie est du centre ville, est de loin le quartier le plus démuni de Vancouver. Il est aussi l’un des quartiers les plus polémiques avec l’arrivée imminente des jeux olympiques… mais la mairie vient de faire taire (au moins temporairement) certaines mauvaises langues en bouclant les travaux de Pigeon Park, une petite place triangulaire sur Carrall et Hastings.

Pigeon Park (1)

Cette place était jusque récemment principalement occupée par des fournisseurs et consommateurs de drogues dures, et les bancs squattés par des sans-abris. Il n’était pas inhabituel de trouver des seringues usées ou des excréments humains par terre. Le problème c’est qu’à un pâté de maison de là on trouve Gastown, avec ses bars huppés et ses vieux immeubles industriels transformés en lofts bobos, et Chinatown, avec ses jardins, ses marchés, et son festival du nouvel an qui tombera pile pendant les J.O. Et des touristes qui, en se trompant de rue, peuvent tomber sur des drogués et des odeurs de caca, ça fait pas super classe.

Pigeon Park (2)

Lorsque la municipalité avait annoncé le projet de revitalisation du downtown eastside il y a 3 ans, des gens avaient prédit que certains travaux traineraient en longueur histoire de garder les “indésirables” en dehors des zones touristiques. Mais au bout du compte, c’est la municipalité qui a eu le dernier mot… et si la théorie de la vitre brisée est un minimum vraie, ça pourrait être le début d’une réhabilitation pour un quartier malheureusement bien connu.

En retournant dans le downtown eastside avec mon appareil photo, j’ai pu encore une fois constater que ses habitants sont pourtant sympathiques et prompts à engager la conversation. Vous obtiendrez par exemple bien souvent des recommendations de photos ou de balades. J’en profite d’ailleurs pour vous raconter cette rencontre que j’ai eu l’année dernière avec un barbu du quartier:

Le barbu

J’avais discuté avec lui pendant une bonne demi-heure de photographie, d’architecture et de sculpture. Il avait suivi, disait-il, les cours de l’Université Emily Carr en art et design, mais avait ensuite enchainté les problèmes… il ne s’est pas attardé sur le sujet mais avait mentionné de rôle de la drogue, et un accident qui l’a privé de sa main gauche, remplacée par un crochet mécanique. Il semblait toutefois toujours motivé par toute forme de création artistique. Après m’avoir indiqué des endroits intéressants à prendre en photo, il m’a confié qu’il abordait parfois des photographes amateurs pour leur demander de prendre une photo spécifique. Il m’avait ainsi raconté, le sourire aux lèvres, comment il avait repéré une fois un mannequin dans une vitrine de magasin récemment abandonné. Il manquait une main au mannequin. Il avait donc convaincu un passant de le suivre, s’était glissé dans la vitrine à côté du mannequin, enlevant son crochet et prenant la même pose. Il aurait aimé voir la photo finale mais est simplement content d’avoir eu l’idée.

Le truc con c’est que j’ai oublié de lui demander son nom.

4 septembre 2009

La ligne du Canada

Canada Line

Parmi les nombreux aménagements que nous amènent les iminents Jeux Olympiques d’Hiver on trouve Canada Line, une nouvelle ligne de métro qui relie le centre-ville de Vancouver à l’aéroport et à Richmond, en banlieue sud. Elle vient d’ouvrir mi-Août donc ça sent encore le neuf! Et pour une raison qui me dépasse, le premier jour, il y avait des files d’attente pour monter dans les rames! A croire qu’il y a rien de bien plus intéressant à faire en été…

Tout comme les deux autres lignes, les rames sont climatisées, automatiques et sans chauffeurs, et on peut facilement essayer de se suicider en sautant sur les voies depuis le quai (par contre le train arrive relativement lentement donc je ne garantis pas le succès de l’opération). Il y a quelques nouveautés, par contre: des indications en temps réel du traffic dans les stations, des rames conçues pour des voyageurs encombrés de nombreux baggages, une couverture réseau téléphonique sur l’intégralité de la ligne pour que les hommes d’affaires importants et les adolescentes énervantes puissent rester en communication avec leurs potes, et des aménagements pour les vélos à la fois dans les stations et dans les rames.

Si personellement je suis bien content de l’arrivée de cette nouvelle ligne, avec quelques stations qui me serviront bien, vous pouvez bien vous douter que sa construction ne s’est pas déroulée sans protestations…

Déjà, n’importe quel projet relatif de près ou de loin aux J.O. va attirer moultes détracteurs, et le discours d’origine du conseil municipal (“non non non, on vous assure, ça n’a rien à voir avec les jeux”) n’a sans doute pas arrangé les choses. C’est que TransLink, la compagnie de transports publics locale, avait dans ses plans deux autres extensions, la Evergreen Line (pour desservir le “TriCity Area” en banlieue est, maintenant prévue pour 2014), et une continuation de la Millenium Line le long de Broadway jusqu’à UBC (prévue d’ici 2020). Ces De nombreuses personnes pensent qu’il aurait été nettement plus productif de construire l’une de ces 2 lignes en premier, mais que la ligne en direction de l’aéroport a été mise en avant dans l’espoir de faire plaisir aux touristes pendant la période des jeux. D’autres pensent que des investissements dans le réseau de bus serait plus bénéfique. Certains ont accusé TransLink d’avoir manipulé les projections d’usagers pour justifier la construction de la ligne, ou d’avoir mis en place des partenariats louches entre fonds publics et privés.

Le segment de ligne le long de Cambie Street a été l’un des plus critiqués. Pendant la durée des travaux, les plaintes de la part des habitants et des commerçants ont été nombreuses. Des boutiques et restaurants ont mis la clé sous la porte en accusant les chantiers de construction d’avoir tari leur clientèle, et ce malgré des campagnes marketing menées par TransLink pour pousser les gens à soutenir leur quartier. Divers procès ont été lancés, quelques-uns s’achevant avec une victoire de la part des commerçants, et des larges sommes d’argent versées.

Et évidemment, les dépassements de coûts et l’impact de la ligne de métro sur les taxes locales ou les valeurs immobilières garantissent que la Canada Line sera le bouc émissaire de bien des maux, à tort ou a raison, pendant quelques années. Si j’ai le temps et le courage, je vous parlerai d’ailleurs de l’autre bonne source de critiques, à savoir le Village Olympique, qui déchaine d’ailleurs encore plus les passions.

En tous cas, moi je m’en fous, maintenant je peux aller chez Best Buy et Canadian Tire en métro et ça c’est cool.

MàJ: notez que la branche du métro qui va à l’aéroport écopera d’une surtaxe à partir, normalement, de Janvier prochain. L’augmentation tarifaire devrait permettre à la fois à TransLink de rembourser ses dettes plus rapidement, mais aussi de calmer les autres compagnies de transports (taxis, navettes, etc.) qui ne voient pas toute cette affaire d’un très bon oeil.

23 décembre 2008

Des élections partout

Pendant l’automne, on s’est tapés plein d’élections, par ici.

L’élection qu’on ne pouvait rater, à moins d’habiter dans une grotte (et encore), c’était bien sûr l’élection présidentielle américaine avec son déluge de médiatisation plus ou moins déroutante.

Ensuite, sur les chaines de télévision locales, on s’est tapés les campagnes des candidats au poste de gouverneur de l’état de Washington. C’est ça de capter les chaines américaines… c’est le plaisir de voir Christine Gregoire et Dino Rossi se taper dessus a longueur de journée.

Les spots télévisés suivent à peu près le même schéma que ceux entre McCain et Obama:

  • "Bidule machin il est super méchant, il tue des chatons et il mange des enfants".
  • On voit un passage d’un discours de bidule machin, où il dit qu’il tue des chatons et mange des enfants. C’est généralement totalement hors contexte, et il est impossible de savoir s’il ne manque pas un début de phrase où la personne dit "il est absolument faux que…".
  • Si bidule machin est républicain, ils vont aussi ajouter qu’il a voté pareil que Bush sur, genre, 94% des propositions depuis 2004. Et ça, c’est sous-entendu, c’est super pas bien.
  • "Machin truc, par contre, il est super gentil. Il a milité pour améliorer la pâtée pour chat dans sa juridiction, et il fait des bisous aux enfants, même s’ils sont moches".
  • On voit une vidéo de machin truc qui pointe son doigt de manière très pro-active et autoritaire. On le voit aussi faire un bisou à un gamin moche.
  • Ca se termine par un bon vieux "votez pour machin truc".

Au final, Christine Gregoire a été réélue pour un deuxième mandat avec plus de 53% des voix… non pas que ça vous intéresse vraiment mais bon, tant que j’y suis, autant donner les résultats, hein.

Mais le truc plus important pour Vancouver c’était les éléctions municipales du 15 novembre. Evidemment, c’était les moins médiatisées.

Le maire actuellement en poste est Sam Sullivan, qu’on vous avait déjà montré en photo lors du nouvel an chinois, et qu’on a croisé 2 ou 3 fois dans son fauteuil roulant dans la rue parce qu’il habite dans notre quartier. Il est membre du NPA (Non-Partisan Association), un parti centre-droit. Il n’a toutefois pas été réélu pour représenter son parti cette année, et a été remplacé par Peter Ladner.

En face, on trouvait Gregor Robertson, de Vision Vancouver, un parti centre-gauche (ouais, on est très "centre-quelque-chose", ici… s’agirait pas de prendre des positions trop drastiques, non plus, c’est malpoli).

Au final, c’est Gregor qui a été élu. Mais le plus rigolo, c’était les autres candidats. En vrac, on avait le barbu hippie du Nude Garden Party qui veut qu’on habite dans des villages dont la production agro-alimentaire est auto-suffisante, le gars du BC Marijuana Party qui veut (surprenant) légaliser le cannabis, le jeune gars COOL qui écrit les MOTS IMPORTANTS en MAJUSCULES pour dire qu’il faut ARRETER DE POLLUER, le comédien qui dit qu’on va tous mourir, le gentil monsieur qui veut interdire la Gay Pride et qui apparemment connait bien l’Allemagne nazie (mais pas les règles élémentaires de ponctuation), ou encore le mec qui va vous refiler des super tuyaux pour trouver des apparts pas chers si vous votez pour lui.

Le taux d’abstention était monstrueux (presque 60%) comparé aux taux français (entre 20% et 35% généralement, pour les élections municipales). Historiquement, les canadiens n’ont jamais été vraiment emballés par les élections municipales, de toutes façons, préférant se bouger pour les élections provinciales et nationales.

C’est quand même intéressant de voir comment le découpage des votes par division est très clair:

image

Voilà voilà. Assez réfléchi pour aujourd’hui… Félicitations à Barack, Christine et Gregor!