4 mai 2010

Encore dégonflé

Le dôme du B.C. Place s’est encore une fois dégonflé aujourd’hui, mais contrairement à la dernière fois c’est fait exprès.

En fait, il ne sera jamais regonflé car remplacé par un toit complètement différent, similaire à celui de stade Commerzbank de Frankfort (il semble d’ailleurs qu’il soit fait par le même architecte). En plus de ça, il y aura un certain nombre d’aménagements importants autour du stade. C’est un évènement assez important dans l’esprit des Vancouverois car ce dôme blanc “bibendum” faisait partie intégrante de la skyline vancouvéroise depuis 1983. Il va donc falloir s’habituer au nouveau toit quand il sera prêt autour de l’été 2011!

Miss604 a fait un bon boulot en allant dégoter toutes les vidéos de dégonflement du stade, y compris la vidéo prise par l’une de mes collègues depuis notre lieu de travail:

Ma collègue a d’ailleurs son propre blog sur Vancouver, plutôt porté sur le snowboard, la cuisine fusion, le surf, et les trucs qui coûtent cher – bref, un blog très côte ouest. Jettez-y un coup d’oeil si l’anglais ne vous fait pas peur!

11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dollars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expatriés et les touristes, l’une des premières différences frappantes entre l’Amérique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font partie de cette minorité de pays crétins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moitié de pays intelligents qui affichent leurs prix hors pourboires… bref, vous allez payer sacrément plus que le prix affiché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakistanais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La raison, suprenante, de cet affichage qui ferait hurler les associations de consommateurs françaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gouvernements soucieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe existante était une taxe fédérale relativement obscure, la FST (“taxe sur les ventes de producteurs”). Le problème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une catégorie relativement restreinte de produits, et seulement en amont dans la chaine de production (elle était invisible aux consommateurs). Cela nécessitait donc beaucoup de paperasses justificatives entre producteurs, et rendait certaines industries canadiennes peu compétitives à l’export. Aussi, son application non-systématique déformait les marchés.

En 1991, par contre, un gouvernement conservateur centriste (quoique légèrement à droite sur les sujets économiques) se met à introduire un sytème de taxe sur la valeur ajoutée sous la forme de la GST (“taxe sur les produits et services”), fixée alors à 7%. Le système de taxe ajoutée signifie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de production paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la différence (ou “valeur ajoutée”) à l’état. Vu de loin, ce système ressemble à notre bien nommée TVA nationale. De toutes façons, vu de loin, pratiquement toutes les taxes sur les ventes appliquées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont inspirées de la TVA française, introduite en 1954 dans une version un peu plus réduite que celle qu’on connait maintenant (elle fut étendue dans les années 60 par Valéry Giscard d’Estaing). Encore une grande invention française, quoi… pas la peine de nous remercier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évènement relativement récent, et les gens qui se rappellent de “l’avant GST” sont nombreux… vous pouvez imaginez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, surtout qu’au même moment toutes les provinces, sauf l’Alberta, décident également d’appliquer une taxe provinciale, la PST (“taxe provinciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une combinaison de TVA fédérale (la GST) et de TVA provinciale (la PST).

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Faisons maintenant une brève pause et remontons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Constitutionel de 1867 fut signé. C’est un document extrêmement important car il fait partie des quelques étapes qui unifièrent le Canada en un dominion fédéral avec le système politique que l’on connait maintenant. Le problème c’est que pour unifier des territoires aussi immenses et éloignés les uns des autres, il était impératif de leur laisser un minimum d’autonomie. Un petit détail de cet acte constitutionel déclare ainsi (allez savoir pourquoi) que chaque province décidera comme bon lui semble des lois gouvernant le marketing et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une certaine protection des citoyens contre le bon vouloir des provinces, une autre clause indique que seul le gouvernement fédéral peut mettre en place un quelconque impôt indirect. Si une province décide d’inventer un nouvel impôt, il sera obligatoirement direct afin que les citoyens de cette province soient pleinement conscients de la situation.

Revenons maintenant en 1991. Le gouvernement fédéral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consommateurs (par opposition à la précédente FST). Il souhaite également rendre le mélange entre taxes fédérales et provinciales plus simple, en encourageant les provinces à adopter une taxe “harmonisée” (HST) qui combinerait GST et PST… mais les provinces ont d’autres idées en tête. Face à une opinion publique largement mécontente à l’idée d’une hausse des prix, elles préfèrent en mettre le plus possible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se présente de décider s’il faut imposer un affichage TTC (“toutes taxes comprises”), les provinces choisissent d’éviter le sujet: toute cette histoire de taxes est la faute du gouvernement fédéral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les provinces n’ont constitutionellement pas le droit d’imposer un affichage des prix avec la PST comprise car celle-ci deviendrait alors une taxe indirecte (selon la définition canadienne du terme qui dit que la taxe est indirecte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre transaction financière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indiqué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la question n’a jamais été sérieusement étudiée). Inversement, le gouvernement fédéral ne peut rien imposer aux provinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uniquement), toujours à cause de la constitution. Ils auraient pu en profiter pour la changer pour l’occasion, mais je suppose que ça aurait décuplé la complexité d’une initiative déjà pas super triviale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux magasins d’adopter l’affichage qu’ils désirent… et par souci de compétitivité, tout le monde adopte rapidement l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un produit à $115 alors que le voisin l’affiche à $99, même si on met un gros panneau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines automatiques, les téléphones publics, certains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figurer des prix TTC (probablement parce que le gros de la clientèle est composée de touristes qui supportent mal l’affichage hors taxes). Bref, bonjour le bordel pour le consommateur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour terminer, voilà un petit résumé des évènements relatifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conservateur qui avait introduit la GST était à l’époque bien évidemment majoritaire dans la Chambre des Communes, avec 169 sièges sur 295. Pendant les élections de 1993, ils se font détruire par les électeurs et se retrouvent avec seulement 2 sièges, au profit des libéraux de Jean Chrétien. Ouaip. Deux sièges. Avoir introduit la GST de manière aussi visible était donc un bon suicide politique. Des gens (dont beaucoup de conservateurs même) pensent que ça se serait beaucoup mieux passé s’ils avaient réussi à imposer des affichages de prix TTC sur le plan fédéral, limitant ainsi la “mémoire” des canadiens sur le changement des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en réclamant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une chemise à carreaux.
  • En 1992, le Québec introduit la QST (“taxe québécoise sur les ventes”) comme alternative aux PSTs des autres provinces (parce que le Québec fait jamais comme les autres). Son fonctionnement en rapport à la GST est proche de la taxe harmonisée (HST) voulue à l’origine par le gouvernement fédéral, mais elle est administrée par Revenu Québec (le fisc local), et n’apporte pas vraiment d’amélioration sur le plan administratif des entreprises aux autres systèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nouvelle Ecosse, Nouveau Brunswick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Apparemment, l’accord entre ces provinces et le gouvernement fédéral incluait à l’origine des conditions sur l’affichage de prix TTC sur certains produits et services, mais ces clauses ont été combattues férocement par les entreprises nationales, pas très chaudes à l’idée de devoir maintenir deux affichages de prix différents dans leurs magasins, catalogues, sites internet, etc., en fonction de la province concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gouvernement fédéral baisse la GST de 1% (elle est maintenant à 5%), principalement à cause de promesses électorales (comme quoi des fois les politiciens les tiennent).
  • Au 1er juillet prochain, la Colombie Britannique et l’Ontario vont également mettre en place la HST. L’Ontario aura exactement la même taxation que les autres provinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colombie Britannique fait sa maline avec une HST de 12%, mais principalement parce que la PST y était jusqu’à maintenant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impopulaire, ça serait encore plus le bordel si le gouvernement rajoutait 1% en plus (on en repalera, de toutes façons, c’est le genre de bordel politique fédéral/provincial bien canadien qu’on ne connait pas en France, ça vous changera du bouclier fiscal et des burkas). En tous cas, ça fout la pression sur les quelques provinces restantes qui n’ont pas encore harmonisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, maintenant (si j’ai dit une connerie, insultez moi en commentaire)… et s’il y a des futurs expatriés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en magasin suit en général les autres bonnes pratiques françaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux comparer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plupart des articles de votre panier de courses (nourriture, boissons non-alcoholisées, etc.), les prix affichés en supermarché sont effectivement ceux que vous paierez à la caisse.

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Ca y est, tout le monde est endormi?

8 avril 2010

C’est encore balaud, tout ça

Apparemment les gens s’emmerdent à Vancouver et n’ont pas beaucoup de sujets de discussion parce que ce matin tout le monde parlait de la récente tempête nocturne qui a vu des vents allant de 90km/h à 150km/h selon les sources (en fait, la météo en général est un grand sujet de discussion vancouverois… faudra que je vous en reparle). En tout cas, c’était assez violent pour abattre des arbres qui à leur tour ont arraché des lignes électriques, privant tout un tas de gens d’énergie dans la banlieue nord et est de Vancouver (enfin bon, si ces branquignoles de canadiens enterraient leurs lignes comme des gens civilisés, ça arriverait pas, tout ça).

Bref, comme d’habitude, quand y’a du vent, y’a des bateaux qui s’échouent sur la plage. L’année dernière y’en avait un sur Kits Beach. Cette année, y’en a au moins cinq…

Derrière le musée maritime on en trouve deux, dont un qui est, euh, ben, moyen récupérable.

Encore un bateau

Moyen recuperable

Un peu plus loin sur Kits Beach, on en trouve trois autres…

3 bateaux

C'est encore balaud

…dont un sur lequel le propriétaire dormait, semble-t-il, lorsque c’est arrivé.

Sympa.

30 mars 2010

Le problème du croissant

Les boulangeries françaises sont relativement courantes à Vancouver. Le problème c’est que si la plupart des vitrines, de loin, ont l’air francophonement alléchantes, quand on rentre dedans c’est une autre histoire. A “La Boulangerie” on se fait servir par une indienne bizarre, et à la “Baguetterie Parisienne” il s’agit de deux japonaises, par exemple. Bref, comme bien souvent en amérique du nord, on use et abuse de la France pour attirer sans honte et à grands coups de photos de la Tour Eiffel le client vers des produits qu’on promet de qualité, mais qui sont en réalité bien moyens, voire pire. Alors oui, OK, la nationalité des caissières n’a généralement pas d’impact sur la qualité des produits, mais quand même si je vais dans un restaurant à sushis et que tout le monde a l’air pakistanais, j’ai des doutes. Les bonnes surprises sont rares.

Dans le cas des boulangeries françaises d’ici, le bât blesse principalement au niveau des croissants. Les croissants à Vancouver sont tout simplement rarement bons. Ils sont tout secs, genre ils ont oublié de mettre le beurre (ce qui est un comble quand on fait des croissants au beurre). Ca doit être l’effet west-coast, c’est des croissants diététiques, peut-être. En tous cas, je sais pas vous, mais moi, si j’ai pas besoin de m’essuyer les mains après avoir mangé un croissant, c’est qu’il y a un problème… le pain est vaguement mangeable, mais vous vous en sortirez généralement mieux (et pour moins cher) en allant dans d’autres boulangeries européennes (principalement italiennes ou grecques… mais il faut aimer le pain italien ou grec!), ou en allant dans celles qui ne se revendiquent d’aucune nationalité particulière, genre Terra Breads (parce que c’est pas sous prétexte qu’un pain n’est pas fait exactement à la française qu’il n’est pas bon).

Terra Breads at Granville Market

On trouve aussi du bon pain dans les endroits les plus surprenants, mais le sujet a l’air plus discutable auprès des expatriés vancouvérois (le pain de Costco, le pain de l’épicerie asiatique de Strathcona, etc…). Enfin le principal c’est que chacun trouve du pain qui lui plaise…

Terra Breads at Granville Market (close up)

…ce qui nous laisse quand même avec le problème du croissant.

Eh bien la bonne nouvelle, pour les amateurs de viennoiseries de qualité, c’est qu’une vraie boulangerie/patisserie française ouvre cette semaine! Avec des croissants blindés de beurre! (dont on me dit qu’il est néo-zélandais, d’ailleurs).

Croissants au beurre

Ca s’appelle “Baguette & Co”, c’est tenu par des amis, et ça ouvre le 1er avril à Kitsilano au milieu des boulangeries grecques de Greektown. En bon business vancouvérois, B&C a sa page facebook avec toutes les informations nécessaires. La “french bakery with a twist” (c’est leur slogan) offrira même à ses sympathiques clients un espace avec tables et canapés pour déguster ses produits avec un petit café ou un thé… une expérience très Kits, quoi.

Patisseries francaises

Maintenant, on peut passer au problème suivant, celui du sirop de grenadine, dont je soupçonne qu’il sera potentiellement bientôt réglé… stay tuned.

Mise à Jour: la méga classe, William Gibson aime les croissants de Baguette & Co, apparemment.

2 mars 2010

Truc olympiques: voilà c’est fini

La cérémonie de clôture des J.O. dimanche soir a terminé deux semaines de bordel pour Vancouver et ses environs, et tout le monde peut maintenant reprendre une activité normale, laissant les Jeux Paralympiques se dérouler dans une relative indifférence. Je n’ai pas pu aller vous prendre des photos de la folie certaine qui a dû s’emparer des canadiens après la victoire de leur équipe masculine de hockey sur glace en finale contre les USA puisque je suis parti en France deux jours avant la fin des jeux, mais je peux imaginer sans problème des hordes de bûcherons bourrés à la bière bon marché agiter des drapeaux et des maillots rouges poisseux en s’écorchant les poumons à coups de slogans patriotiques.

Quelques remarques, comme pour la cérémonie d’ouverture:

  • On a regardé la cérémonie de clôture sur France 3 en différé (elle passait à 3h du mat’ en France) et c’était insupportable… les commentateurs français n’arrêtaient pas d’étaler leur culture à 2 ronds, nous empêchant d’écouter ce qui se disait sur scène. C’est bien simple, plutôt que de traduire correctement les divers discours de William Shatner, Michael J. Fox et autres, ils se contentaient de vaguement traduire (mal) une phrase sur cinq, préférant le reste du temps raconter des anecdotes dont tout le monde se fout (sauf eux, apparemment). Comparativement, il n’y avait pratiquement aucun commentaire sur la télé canadienne pendant la cérémonie d’ouverture.
  • Après avoir lu sur internet les commentaires négatifs sur la cérémonie, je m’attendais à un truc affreux, mais c’était en fait potable. Inoubliable en grande majorité, mais potable… à moins que ça soit un effet de compensation des commentateurs de merde sur le contenu.
  • Avril Lavigne, elle était peut-être vaguement rebelle y’a quelques années, mais maintenant elle est molle du cul.
  • Ouf, on a pas eu Céline!
  • Ca se voyait légèrement un peu qu’ils ont voulu sortir tous les grands noms pour dire aux gens « vous voyez tous ces gens connus, vous croyiez qu’ils étaient américains, eh beh non ils sont canadiens, na!« .
  • Rien que pour les 2 premières minutes, ça valait le coup. Entre ça et le numéro super cheesy de Michael Bublé à grands coups de castors et d’orignaux géants, on voit bien que le Canada a une capacité d’auto-dérision que la plupart des autres pays n’ont pas… en tous cas, ça jurait clairement avec le segment d’introduction de Sochi, ce qui ajoute encore plus à l’aspect comique. Certains de mes amis canadiens semblent avoir été embarassés par ce second degré qui, selon eux, tombait à plat, mais le public semblait en tous cas apprécier… il faut bien leur donner ce qu’ils attendent, aussi.

Voilà, j’espère que ma couverture non-sportive de ces Jeux Olympiques vous aura plu! On va pouvoir maintenant reprendre une programmation normale.

26 février 2010

Trucs olympiques: du rouge partout

Je l’avais mentionné dans un précédent billet, ces temps-ci les canadiens affichent leurs couleurs nationales comme rarement avant.

Go Canada!

Difficile de dire quelle est la réelle raison d’un tel patriotisme soudain… est-ce un moyen de soutenir les athlètes canadiens? De montrer leur joie d’organiser les jeux-olympiques? De prouver aux autres pays, pendant qu’ils regardent par ici, que le Canada est fier de son identité? Ou est-ce tout simplement le moyen le plus évident pour faire la fête et concurrencer les supporters des autres pays? Ou même la conséquence d’une campagne médiatique, marketing, et politique bien rodée au cours des derniers mois?

USA, Canada, Canada

La frénésie de la première semaine semble être de toutes façons retombée après la défaite de l’équipe canadienne de hockey contre les Etats-Unis et la fin du beau temps miraculeux qui avait accueilli les touristes au début des jeux…

En tous cas, voilà quelques photos supplémentaires pour vous illustrer l’invasion du rouge et blanc dans les rues du centre ville.

Canada, Canada, borne incendie

Rouge, blanc, et bruit

Canada, au cas où vous l'auriez pas deviné

Vous trouverez quelques photos supplémentaires dans un album flickr dédié au phénomène.

Match de hockey dans la rue

16 février 2010

Le billet où c’est trop la honte, et c’est trop nul

Après le billet où tout est super trop bien, voilà le billet où c’est trop la honte. Parce que bon, déjà manquer de neige au Canada, c’est pas folichon, surtout que les météorologistes avaient dit au VANOC que c’était risqué d’organiser des épreuves sur Cypress. Ensuite, la mort d’un athlète avant le début des jeux, c’est pas génial, et le chaudron final qui foire à la cérémonie d’ouverture, ça fait pas grandiose…

Eh bien maintenant, c’est la honte avec les resurfaceuses de la patinoire ovale de Richmond. Le comité olympique voulait des jeux aussi écolos que possible, et donc, plutôt que d’utiliser des resurfaceuses Zamboni tournant au propane (beuaark), ils ont commandé des resurfaceuses éléctriques chez Olympia (yay! woohoo!). Manque de bol, elles sont pourries du cul, ont foutu en l’air la glace de la patinoire, et il a fallu une bonne heure (et beaucoup d’engueulades) pour que les épreuves de patinage reprennent… et apparemment, les fameuses Zamboni polluantes seront à Richmond à partir d’aujourd’hui. Mouah ha ha ha. Moi j’aurais bien proposé qu’ils ramènent des morceaux de glace bien lisses par camion depuis de Nunavut (après tout, cette technique semble avoir bien marché pour enneiger les pistes de Cypress), mais personne m’écoute, moi.

Tenez, et aussi, vous vous rappellez de ma surprise à propos de la présence de la langue française pendant la cérémonie d’ouverture? Eh bien divers officiels et journalistes du Québec ont quand même réussi à critiquer, déclarant qu’il n’y avait pas eu assez de contenu français… non mais ils se foutent de ma gueule? Pour un pays où seulement 22% des gens parlent français (et pas nécessairement en tant que langue maternelle), ils ont déjà du bol d’avoir eu des traductions françaises (parlées ou affichées) du début à la fin. En tout cas, d’après ce que j’en ai vu, c’était plus que ce que les anglophones ont eu pendant les jeux olympiques d’été de Montréal en 1976. Ils auraient voulu quoi? Des discours en double plutôt que traduits sur l’écran? (dans le genre chiant, ça aurait été grand) Forcer les peuples des premières nations à dire plus qu’un simple “bienneveniou”? (ça aurait été bien vu, tiens, des politiciens québecois qui donnent des ordres aux premières nations de l’ouest) Ramener Celion Dion en plus de Garou? (bien sûr, si on veut que la moitié de la terre se suicide). Ah oui, et alors ma critique préférée: il n’y avait que 15% des bénévoles olympiques qui parlaient français. Ouah. Dingue. Déjà, pour une ville où, genre, 1.5% de la population parle français, c’est déjà incroyable d’avoir trouvé autant de francophones… mais il en fallait plus, de toute évidence! Ca me parait clair: il aurait fallu forcer plus de francophones à être bénévoles! Voilà! Ah la la, moi j’aime beaucoup cette vision du bilinguisme canadien qu’ont les intégristes québecois, genre 50/50 c’est le minimum acceptable (ça fait très objectif et pragmatique, tout ça, surtout pour un évènement international). Il faudrait leur dire que le Canada, c’est plus de 3/4 de trucs autres que le Quebec… mais non, toute occasion est bonne pour critiquer. Sur ce plan là, au moins, c’est clair que les québecois ont des racines françaises. Pfff.

15 février 2010

Le billet où tout est super trop bien

Alors attention:

  • Vancouver est encore une fois la meilleure plus bien bien ville du monde, pile à temps pour le début des jeux olympiques. Le truc c’est que d’habitude, les gens de par le monde qui lisent le rapport se disent “Hein? Vancouver? N’importe quoi, ça doit être une erreur, je sais même pas où c’est de toutes façons”, et donc on pouvait rester peinards tranquilles chez nous. Mais cette fois-ci, y’a je sais pas combien de millions de touristes qui sont là et peuvent témoigner que quand même c’est assez mignonnet, et y’en a dans le tas qui pourraient avoir l’idée à la con de s’y expatrier. Ah merde.
  • Le super trop bien documentaire “Ouest qu’on parle français?” de Radio Canada est disponible en entier sur internet. Comme son nom l’indique, il parle des francophones dans l’ouest du Canada, et plus particulièrement autour de Vancouver. Et pourquoi il est trop bien ce documentaire? Eh bien parce que vous me verrez pendant, houlà, au moins 6 ou 7 secondes. Mais c’est les secondes les plus dramatiquement magnifiques de l’histoire télévisuelle. On pourrait croire que la star du documentaire c’est Véronique, qu’on voit pendant une bonne dizaine de minutes et tout, mais non.
  • Et enfin, pour vraiment prouver à quel point je suis fabuleux, ce blog a été gentiement nommé “blog du mois” par Expat-Blog (merci Olivier!), un site qui aide les gens avec des envies d’expatriation à savoir ce qui les attend (enfin sauf si vous vous expatriez au Vaticany’a pas de bloggeurs là bas on dirait).

Voilà, j’espère que vous êtes maintenant convaincus que moi, Vancouver et le Vatican sommes tous fabuleux.

Trucs olympiques: c’est n’importnawak dans la rue

Pour ceux qui viennent de sortir de leur cave, ou un truc du genre, les jeux olympiques d’hiver ont démarré depuis samedi à Vancouver, et c’est n’importnawak dans la rue.

D’abord, évidemment, il y a eu quelques protestations, dont une qui a dégénéré “à la canadienne”, à savoir qu’il y a eu exactement une vitrine de magasin cassée, deux boites aux lettres endommagées, et tout au plus six ou sept de coups échangés entre la police et la foule qui comptait, houlà, une soixantaine de soit-disant “anarchistes” (le genre qui a 17 ans, est né au Canada et utilise un iPod, mais se déclare anti-capitaliste et défenseur des droits territoriaux premières nations).

Protestation anarchiste

Il faudrait que quelqu’un aille leur apprendre à balancer des briques et crâmer des bus à ces p’tits jeunes…

Mais bon, ça c’est pas trop le bordel, c’est pas comme-ci Vancouver était la capitale des manifestations publiques et de la désobéissance civile. Par contre, Vancouver, c’est la côte ouest, et donc c’est des flash mobs. Et comme la circulation est bloquée dans la moitié du centre-ville, les gens s’en donnent à coeur joie.

imagine1day’s Official Dancing in the Streets flashmob | Vancouver Canada from Jered Love on Vimeo.

Tenez, vous avez même des gens qui se réunissent pour chanter l’hymne canadien, là, pouf, comme ça. Venant d’un pays où le sentiment patriotique ne fait réellement surface que pendant les matches de hockey, ou quand quelqu’un critique la bière locale, c’est assez sidérant.

true patriot love from lululemon athletica on Vimeo.

En fait, d’après les quelques locaux auxquels j’ai posé la question, on aurait pas vu autant de patriotisme à Vancouver depuis l’Expo ‘86. N’importe quoi, hein… on serait en France on classifierait tous ces gens de sales nationalistes d’extrême droite, ça leur foutrait bien la honte, ça leur apprendrait la vie, et ça les forcerait à voter socialiste. Non mais.

13 février 2010

Compte à rebours terminé!

Et voilà, on y est, les jeux olympiques sont lancés. Pfiou… y’a plus qu’à attendre qu’ils retombent.

Si ce n’est déjà fait vous devriez bientôt voir, au moins, un récapitulatif de la cérémonie d’ouverture qui s’est tenue hier soir au BC Stadium (on verra ce qu’ils en disent au journal de France2 plus tard dans la journée). Perso, je voulais aller la voir sur un écran géant au LiveCity Yaletown, histoire d’observer un peu l’ambiance générale, mais entre la pluie, la foule débordante, et ma pauvre femme malade, j’ai fini par la regarder bien au chaud à la télé, avec la possibilité de faire “pause” pour aller aux toilettes (c’est beau le luxe engendré par la technologie moderne).

Quelques remarques:

  • Après la cérémonie d’ouverture des J.O. d’été à Pékin c’était dur de faire quelque chose d’un tant soit peu impressionnant… mais je trouve qu’on s’en est pas trop mal sortis. Là où les chinois avaient accompli une prouesse technique assez déshumanisée, les organisateurs canadiens ont opté pour un spectacle plutôt intimiste et chaleureux, avec quelques bonnes idées et surtout beaucoup de bonne humeur. J’ai particulièrement apprécié l’utilisation du public – c’est ce genre d’aspect participatif qui donne envie d’y avoir assisté en vrai.
  • Comme vous avez du l’entendre déjà un peu partout, l’ambiance de la journée avait été un peu plombée par la mort d’un athlète georgien le matin même. Moi ce qui me sidère, surtout, c’est que le circuit de bobsleigh soit bordé de poteaux en métal non rembourrés. Apparemment c’est super ultra complètement rare qu’une luge sorte du circuit, mais quand même… Peut-être que l’incident d’hier va, comme avec la Formule 1 en 1994, provoquer des changements drastiques dans les mesures de sécurité.
  • Comme le dit ma femme: “pour les francais qui regardent la ceremonie d’ouverture, le truc que la fille en rouge (Nikki) elle chante, ca ressemble pas, mais alors pas du tout a l’hymne canadien. Ah ouais… et le truc au milieu, la, c’etait du français. C’est bien, continue d’y croire, Nikki”.
  • Bryan Adams et Nelly Furtado ils savent vraiment pas chanter en playback. De toutes façons la chanson était assez pourrave, et d’après ce que j’ai pu comprendre, les canadiens ils en ont un peu marre de voir Bryan dès qu’il s’agit de représenter leur pays internationallement. Les autres chanteurs de la cérémonie chantaient en direct, au moins (enfin on dirait). Garou a même été jusqu’à chanter mal pour prouver qu’il faisait ça en live… à moins qu’il soit super fourbe et qu’il ait enregistré un truc légèrement faux pour gruger tout le monde. Sacré Garou, va. Pendant ce temps là, c’est Rock Voisine qui doit être dég’ d’être un pauvre commentateur sur les chaînes françaises.
  • En parlant de Garou, d’ailleurs, les organisateurs se sont bien forcés à inclure autant de langue française que possible, en allant jusqu’à faire passer la présentatrice francophone avant son homologue anglophone, genre “on présente la cérémonie en français, et on traduit en anglais derrière”. Mais c’était surtout mignon d’entendre les non-francophones dire “biennevenou” devant un milliard de gens.
  • Vous vous rappellez des divers sujets de protestation des J.O.? Notamment celui à propos des méchants impérialistes blancs qui volent leurs terres aux premières nations et invitent ensuite les touristes du monde entier à faire une grosse teuf polluante dessus? Eh bien je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un petit ricanement en voyant que non seulement les chefs des tribus locales (Squamish, Musqueam, Lil’wat, et Tsleil-Waututh) étaient reconnus comme chefs d’états et avaient leur place dans la tribune officielle avec les hommes politiques canadiens, mais aussi que la cérémonie d’ouverture débutait avec ces 4 tribus souhaitant la bienvenue sur leurs terres aux visiteurs du monde entier. Marf. C’est des petits rigolos les organisateurs.
  • Comme d’habitude, l’identité du porteur de la flamme olympique qui allumerait le chaudron final était restée secrète jusqu’au dernier moment, et les rumeurs les plus folles circulaient depuis quelques jours. Le suspect le plus probable, Wayne Gretzky, l’un des meilleurs joueurs de hockey de l’histoire de l’univers du monde (ce qui lui confère pratiquement un statut de dieu au Canada), avait été démenti par le comité olympique… mais c’est parce que ces petits malins avaient en fait préparé un sale coup: le chaudron serait allumé par 4 personnes! Wayne Gretzky, donc, mais aussi Rick Hansen, un athlète paraplégique, Catriona LeMay Doan, une patineuse de vitesse, et Steve Nash, une star du basketball. Dommage qu’un problème technique avec le système hydraulique du chaudron ait un peu foutu en l’air la scène – seulement 3 des 4 “jambes” du chaudron sont sorties du sol, et seulement 3 des 4 athlètes l’ont donc allumé…
  • Et alors si je comprends bien, le Canada, c’est: un ours géant, des punks qui font des claquettes et du violon, de la danse contemporaine d’interprétation, un gamin qui vole, des gens qui font du ski, et de la poésie slam pour dire que les canadiens sont polis et cool. Okay, c’est bon, j’ai tout compris, merci.
  • Aussi, c’était sympa de savoir qu’on avait une amie sur scène… on l’a pas vue, mais on s’est demandés toutes les 30 secondes si elle était à l’image… une fille danse dans un coin? “Eh, c’est peut-être Stéphanie, là, à gauche!” Une fille qui court à travers un champ? “Eh, c’est peut-être Stéphanie, là, à droite!” Un gros noir qui porte un panneau? “Eh, c’est peut-être Stéphanie, là, au milieu!”. Ah là là, des heures d’amusement.

Voilà… maintenant il ne reste plus que le petit détail insignifiant des épreuves sportives.