1 avril 2011

De la multi-culturalité Canadienne

Il est interdit en France, depuis belle lurette, de collecter des infos sur les origines ethniques ou raciales des gens lors des recensements nationaux. Difficile alors d’estimer à quel point la France est multi-culturelle, mais les instituts comme l’INSEE et l’INED fournissent des estimations qui placent le nombre de personnes nées à l’extérieur du territoire français autour de 13% de la population totale.

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(non la photo n’a pas grand chose à voir mais il fallait bien mettre quelque chose pour vous attirer l’oeil… ça a marché?)

Le Canada, par contre, est un bon gros pays de droite qui a été fondé par des immigrants bourrus et qui n’a pas dans son histoire récente d’épisode sombre concernant un quelconque suivi d’une certaine minorité ethnique à des fins lugubres. Du coup, l’institut national de statistiques tient un compte précis des différentes origines ethniques, et on sait par le dernier recensement de 2006 qu’environ 21% des personnes vivant au Canada n’y sont pas nées.

Vu comme ça, on peut pas dire qu’il y ait un CRS qui pète 3 pattes à un canard sans papiers… mais la différence est dans l’évolution des chiffres: là où la diversité culturelle française est plutôt stable depuis quelques décennies, la diversité culturelle canadienne monte, surtout dans les grandes villes du pays. Pour vous donner une idée de la chose, à la louche, il y a 2 fois plus de nouveaux immigrés arrivant au Canada chaque année que pour la France, alors que la France a 2 fois plus d’habitants à la base.  Ainsi, l’institut national de statistiques prévoit qu’en 2031 un tiers des canadiens serait membre de “minorités visibles” (un terme canadien controversé qui commence à être utilisé aussi en France), avec des chiffres grimpant jusqu’à 2 tiers pour les agglomérations urbaines de Toronto et Vancouver. Ce genre d’évolution démographique aura sans doute un impact très marqué sur la vie politique locale et nationale.

Y’en a qui vont me demander “Toronto et Vancouver? Pas Montréal?”. Ben non, apparemment, pas trop. Je me suis posé la question aussi, et j’ai été voir les statistiques démographiques pour les 3 villes, ainsi que pour le pays en général. Attention, les gars, il va y avoir des statistiques et des graphes et plein de trucs chiants comme je sais que vous aimez. Comme d’hab’, si je raconte une connerie, corrigez-moi dans les commentaires.

Langue Principale du Foyer

D’abord, j’ai regardé la répartition nationale de la langue principalement parlée dans les foyers:

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On y voit que 89% des canadiens parlent français ou anglais chez eux.

A Toronto et Vancouver (respectivement), seulement 72% des gens parlent principalement anglais, avec le français perdu quelque part entre le roumain et le tagalog. Notez la présence asiatique plus marquée à Vancouver (avec un total de 12% rien que pour les différents dialectes chinois).

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En comparaison, Montréal mélange beaucoup plus francophones et anglophones (70% et 17% respectivement), mais héberge moins de gens parlant une langue étrangère:

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Pays de Naissance

Si on regarde la répartition de personnes nées au Canada par rapport à celles nées ailleurs, on retombe sur le chiffre national déjà mentionné de 79% contre 21%:

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Toronto est la ville la plus cosmopolite, avec un impressionnant 47% d’immigrants, suivie par Vancouver avec 42%… de quoi donner des cauchemars à l’extrême droite française:

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Montréal, par contre, reste pratiquement identique à la moyenne nationale avec 22% d’immigrés:

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D’après quelques estimations trouvées ça et là sur internet, il semble que c’est légèrement supérieur au taux d’immigrés à Paris, par exemple.

Autres Chiffres

Si on regarde le nombre d’immigrés arrivés dans les 3 villes depuis les années 60, on peut voir que Toronto est la ville la plus attractive, probablement grâce aux nombreuses opportunités de travail qu’elle possède. Montréal et Vancouver ont des flux d’immigration similaires, mais il ne faut pas oublier que Montréal est 3 fois plus grande à la base.

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Les chiffres générationels confirment que les Montréalais sont principalement des Canadiens de longue date comparés aux Torontonois ou Vancouvérois (les chiffres sont en pourcentages de la population totale de l’agglomération; “1ère génération” signifie immigré, “2ème génération” signifie enfant d’immigré):

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Bref, tout ça semble bien indiquer que Montréal a proportionellement à Toronto ou Vancouver non seulement moins d’immigrés, mais également un moindre flux d’immigration. La réputation de Montréal comme ville super multi-culturelle en prend un coup, mais je suppose que cette réputation est surtout issue des festivals et évènements culturels qui s’y tiennent pendant l’été plutôt que de sa population (parce que bon, ici à Vancouver, par exemple, on a un sacré paquet de Chinois, mais c’est pas avec une parade à 2 ronds tous les ans et quelques restos sympas qu’on va donner des orgasmes aux touristes…).

Pourquoi je vous parle de tout ça, au fait? Eh bien parce que le Canada effectue un recensement de la population tous les 5 ans et que le prochain est… la semaine prochaine. Rien qu’à nous deux on va faire grimper le nombre de francophones dans le coin d’au moins, pfiou, 3 ou 4%!

28 janvier 2010

Vidéos “time-lapse” de Vancouver

Cette vidéo commence à faire le tour de Vancouver via Facebook, Twitter et compagnie, donc tant qu’à faire autant la reposter ici puisqu’elle vous montrera comment Vancouver c’est joooliiiii. Notez également les quelques plans faisant figurer une couche d’inversion.

Si vous voulez encore plus de vidéos accélérées de Vancouver, l’incontournable Miss 604 a un article juste pour vous.

8 mai 2009

Vancouver c’est trop super bien, si si on vous jure

Je vous avais déjà parlé de plusieurs termes anglais qui n’existent pas vraiment en français, et voilà l’occasion d’en présenter un nouveau: “cheesy”.

Cheesy: de piètre qualité à cause de clichés à outrance, d’excès dramatique, et d’autres éléments inutilement exagérés. Principalement utilisé comme qualificatif pour scènes de films.

Notez que la qualité technique d’un film n’a rien à voir avec sa “cheesiness”. “Independance Day” ou “Transformers” sont très cheesy, alors que “Bad Taste” ne l’est assurément pas. “Star Trek”, quant à lui, est souvent cheesy non pas à cause des pyjamas et décors en carton pâte, mais au jeu d’acteur de William Shatner.

Si vous voulez un bon exemple de cheesy, regarez la vidéo suivante, ça vaut son pesant de cacahuètes: léchage de couteau, déchirage de chemise, grimaces et coups de pied retournés… la totale, quoi.

Tout ça pour quoi, donc?

Tout ça pour une vidéo assurément “cheesy” qui présente Vancouver aux futurs touristes de l’hiver 2010. On a tous les éléments clés: des séquences aériennes sur fond de easy-rock, des gens qui rigolent dans des bars pendant qu’une voix off annonce fièrement qu’il y a “plein de choses à faire à Vancouver” (le code secret pour dire qu’en fait on s’y emmerde), des images de boutiques de mode et de restaurants (histoire de prouver qu’on en a quelques-uns), des enfants qui sautillent dans la foret et des couples qui se tiennent la main, le tout sur fond de ciel constamment bleu… ah ben tiens… il vont en avoir un beau, de choc, les pauvres gens qui vont se ramener en décembre…

Meuh qu’est-ce que j’raconte… si, si, Vancouver, c’est trop bien! On vous jure! C’est pas nous qui le dit, c’est… euh… des gens payés pour. Regardez:

Enfin bon, remarquez, ça pourrait être pire, on pourrait habiter à Cleveland:

27 janvier 2009

Pendant que j’y suis…

Y’en a qui aiment embêter les expatriés vancouverois sur le sujet parce qu’ils savent que ça nous énerve, mais pour les centaines d’autres qui le disent en le pensant vraiment:

NON, on n’attrapera pas l’accent Québecois à Vancouver, pour la même raison qu’on attrape généralement pas l’accent Marseillais en allant vivre en Bretagne.

Merci bien.

(et je comprends bien que le simple fait de poster ceci va tripler le nombre de fois où on me le dit mais bon…)

23 décembre 2008

Merde, j’ai raté mes deux ans

En ce moment c’est un peu le bordel, j’ai pas beaucoup de temps libre pour poster (comme me le font remarquer certains lecteurs), donc j’ai raté le 2ème anniversaire de ce blog… Mais bon, y’a pas grand chose de nouveau par rapport à l’année dernière. Vancouver c’est toujours trop méga bien bien.

La 2ème année marque la fin des premières expériences. On sait déjà à quoi ressemblent les différentes saisons, on a déjà été chez le docteur ou le dentiste au moins une fois, on a déjà payé ses impôts, on maitrise vaguement les conversions d’unités, le calcul des pourboires et des taxes, et on connait au moins le premier couplet de la chanson du bûcheron.

On commence aussi à avoir des sacrés mélanges sur les étagères, avec des livres en français et anglais, des formats A4 et Lettre, et des DVDs zones 1 et 2. Dans le reste de la maison, on trouve des claviers AZERTY et QWERTY, des appareils 220V branchés sur des convertisseurs et des appareils “natifs” 110V, et on se dit qu’il nous faut absolument acheter un barbecue avant l’été prochain… Bref, ça commence clairement à se voir qu’on est un expatrié de longue date.

Je me demande si je devrais porter des chemises rouges à carreau?

18 juin 2008

Deux poids, deux mesures

Un ancien collègue de France m’a récemment demandé si les canadiens utilisaient des grammes comme unité de mesure pour les recettes de cuisine. La réponse est bien évidemment… « Eh non, les canadiens utilisent… la tasse. »

Pour la cuisine, les bouquins achetés sur place ainsi qu’équipements (e.g. le four) et accessoires (e.g. le très utile verre mesureur) indiquent tout en système américain. Les poids sont exprimés en livres ou onces, mais vous trouverez plus souvent des volumes exprimés en tasse, cuiller, et plus rarement cannette. Par exemple, dans mon livre de cuisine acheté sur place, les quantités de beurre sont indiquées en portions de tasses (Note de Ludo: trop pratique de mesurer une quantité de beurre avec une tasse, tiens). Les températures pour le four vont vous être données en degrés Fahrenheit.

Autre fait rigolo: les poids sont affichés en système métrique, mais correspondent à des poids en système impérial. C’est pas clair? Voici un exemple: le beurre s’achète par 454 grammes, ce qui coïncide avec une livre.

Je fais l’envie de mes compatriotes français lorsque je sors le verre mesureur que j’ai pensé à glisser dans les cartons du déménagement, et qui indique les grammes pour un certain volume de farine, sucre, etc. et les millilitres pour le liquide. A bon entendeur…

Verre doseur

Plus généralement, il y a un joyeux mélange dans les unités de mesures utilisées dans diverses situations de la vie courante. Si les panneaux de signalisation indiquent les distances en kilomètres, en revanche toutes les annonces pour les appartements vont vous donner des surfaces en pieds carré. Chez le médecin, taille et poids vous seront donnés en système métrique (mètres et kilogrammes). Par contre, si un collègue vous demande votre taille et que vous répondez « 1 mètre 71« , vous le verrez cogiter un moment pour faire la conversion en pieds et pouces! (Note de Ludo: comme je suis un gros chieur, à chaque fois qu’un canadien me donne une mesure en système impérial, je lui rétorque un « hey gars, le Canada utilise le système métrique, je sais pas de quoi tu parles« … pour l’instant, ils se contentent tous de sourire et de regarder leurs pieds en rougissant).

Pas de panique, Wikipedia est notre ami et nous aide à faire les conversions Google est sympa aussi et fait la conversion pour vous… Vous pouvez vous amuser à entrer la requête « 50 kg in pounds » dans le champ de recherche… c’est magique (Note de Ludo: ça marche aussi dans Yahoo et Live Search/MSN, mais pas dans Exalead… vive la technologie Française! (je me permets parce que je sais qu’un des ingénieurs d’Exalead lit ce blog… Salut Philippe!)).

6 janvier 2008

Bonne année, mais pas nécessairement pour tout le monde

Après mon article sur les grosses affaires vancouverites pas joyeuses du moment, je me suis dit que je pourrais bien parler des problèmes locaux plus courants. Déjà, ça vous changera de mes photos traffiquées pour vous faire croire que le ciel est toujours bleu à Vancouver. Ensuite, ça vous gâchera votre euphorie de la nouvelle année. Et puis ça vous changera de la routine habituelle des syndicats et des grèves, de l’Europe, des banlieues, du chomâge, du trou de la sécu, de la gauche, de la droite, du milieu, et autres rangaines socio-politiques françaises. Enfin, ça vous permettra de savoir, en contrepartie, quelles sont les rangaines d’ici.

Contrairement à ce que les mauvaises langues diront, la pluie n’est pas le problème numéro 1 à Vancouver (comme le prouvent mes photos avec des ciels bleus, donc), mais bien les sans-abris et la drogue. Oui, je sais, ça fait théoriquement deux problèmes, mais les deux sont souvent étroitement liés. D’ailleurs, ils sont tous les deux bien correctement rangés dans le Downtown Eastside, situé juste derrière Chinatown et Gastown. D’après certains, c’est carrément le quartier le plus pauvre de tout le Canada (Wouhouh! Allez Vancouver!). Et quand je dis "correctement rangé", c’est vraiment le cas: 2 pâtés de maison avant d’y rentrer, on est encore dans des endroits branchés remplis de gens riches et bien portants. On a vraiment l’impression de traverser un portail inter-dimensionnel, par endroits.

Sans abri

(remarquez au passage l’utilisation judicieuse de filtres de couleur pour faire passer ce qui est probablement un ingénieur d’IBM aux goûts vestimentaires douteux pour un pauvre SDF… c’est ça, la magie des images)

Historiquement, toutes les villes olympiques ont eu un problème avec les sans-abris, car il s’agit de faire bonne figure pour les touristes et les caméras. De Londres à Atlanta en passant par Sydney ou Pékin, seule la méthode change: certains offrent gracieusement un billet de bus pour envoyer les clochards en grande banlieue, d’autres les font fuir en utilisant la police pour faire pression. Les plus gentils ouvrent des foyers d’acceuil, mais prennent bien soin de les placer le plus loin possible. Vancouver ne devrait normalement pas échapper à la règle, mais le problème y est un peu plus complexe.

Piccadilly Pub

Au début des années 90, le Canada était dans une situation économique très difficile, et a été redressé par des coupes budgétaires, un remboursement systématique de la dette nationale1, et diverses autres initiatives issues de gouvernements libérals et social-démocrates. Si l’économie canadienne a très bien récupéré depuis, la théorie selon laquelle la croissance du pays bénéficierait à tout le monde a été infirmée par les inégalités dans les différents secteurs. Ces inégalités ne sont pas significativement pires que dans les autres pays occidentaux, mais particulièrement décriées ici, probablement parce qu’elles incluent par dessus le marché les problèmes d’exclusion des personnes d’origines aborigènes (dont on parlera dans un futur article sur les autres problèmes courants du coin).

Lentement

Les problèmes spécifiquement vancouverois s’ajoutent ensuite aux problèms nationaux. Par exemple, le développement fulgurant de la ville dans certains secteurs (nouvelles technologies et construction, entre autres) aggravent les problèmes d’inégalité mentionnés précédemment. Les nouvelles constructions, les rénovations, les modifications du réseau de transport public, et tous les autres aménagements prévus pour 2010, qu’ils soient à l’initiative de la municipalité ou de compagnies privées, galvanisent le marché immobilier déjà bien en forme grâce, entre autres, aux taux d’emprunt historiquement bas similaires à ce qu’on a connu en France ces quelques dernières années.

Un cas courant est ainsi celui où un établissement change de main pour être rénové, réhabilité, voire démoli pour faire place à des logements de meilleure qualité. Les occupants doivent alors trouver une autre habitation, et peuvent se retrouver devant un dilemme budgétaire où toit et nourriture ne peuvent plus cohabiter. Car dans une situation finalement très similaire à certaines région de France, la montée des prix a dépassé la montée des salaires2, et ne pas pouvoir se payer un appartement, même dans les locations à bas prix, est l’une des principales raisons pour rester à la rue. Selon les endroits, on peut trouver jusqu’à un tiers de SDFs qui ont, en fait, un emploi qui les occupe au moins 30h par semaine. Mais l’emploi ne fait généralement pas long feu à partir de là.

Cuban Cigars

Evidemment, la drogue et les maladies (mentales ou physiques) jouent toujours un rôle important. Sur le plan de la drogue, les Triades, la mafia chinoise, seraient assez actifs dans le coin, rapport au fait que Vancouver est un important port de la côte Pacifique, et le principal accès au territoire canadien depuis l’Asie. Enfin j’ai pas fait un enquête approfondie sur le sujet, hein, remarquez, et comme j’ai pas envie de perdre un doigt, j’irai pas infiltrer les clubs de East Hastings juste pour vos beaux yeux. Mais toujours est-il que le traffic de drogues dures, et plus particulièrement l’héroïne, est important, et touche beaucoup de monde. Vancouver ouvrait ainsi en 2003, et dans le Downtown Eastside, justement, des sites d’injection supervisée (Les premiers d’amérique du nord! Wouhouh! Allez Vancouver!) pour tenter de limiter les problèmes annexes liés à la drogue (principalement la transmission de maladies comme le SIDA par les seringues).

Drugs

On estime entre 2000 et 2300 le nombre de SDFs à Vancouver, ce qui est, en pourcentage de population totale, assez similaire à Paris où les estimations oscillent entre 8000 et 12000. Mais c’est la tendance qui est le problème ici, puisqu’à moins d’une inflection, on dépassera les 3000 sans-abris pour les Jeux Olympiques de 2010. Oui, ça augmente vite. Wouhouh! Allez Vancouver!

Petit vélo

Diverses organisations et associations oeuvrent pour l’amélioration des conditions de vie dans le Downtown Eastside, et pour les gens démunis en général, et il y a pas mal d’attention et d’attentes sur ce que le maire va mettre en place pour régler le problème… mais faudra pas rêver non plus.

Voilà, j’espère que ça vous intéresse, tout ça, et si j’ai dit des conneries (vous savez ce que c’est, la recherche d’infos sur internet…), n’hésitez pas à poster des rectifications dans les commentaires.

Cash

Allez, maintenant que j’ai un nouvel objectif avec un gros zoom (merci Papa Noël… à savoir moi-même), il faudra que j’y retourne pour vous faire de meilleures photos du quartier.

1 Le Canada est l’un des rares pays développés à avoir une dette en baisse et peu, voire pas du tout, de dépassement de son budget fédéral chaque année.

2 Pour vous faire une idée très vague des prix vancouvérois, il faut compter 6000$ (soit 4000€) par mètre carré en centre ville. En comparaison, le prix moyen du mètre carré sur Paris est à un peu plus de 6300€. Cela n’empêche pas les canadiens d’être choqués par les prix de Vancouver qui est maintenant la ville la plus chère du pays en terme de logement (Wouhou! Allez Vancouver!). Il y a quelques années, les provinces de l’est, avec Toronto et Montréal comme villes principales, dominaient le marché, mais le développement des provinces de l’ouest a propulsé Vancouver, Calgary, Edmonton et même Saskatoon vers le haut, parfois de manière totalement obscène, du genre des prix littéralement 2 fois plus cher ici (faut dire qu’on a la ville la plus mieux bien, aussi… Wouhouh! Allez Vancouver!). L’arrivée de nombreux immigrants avec leurs poches pleines d’argent tout neuf n’a pas amélioré la situation, alors que le marché québecois ou ontarien restait relativement sage. De toutes façons, le mieux, c’est d’investir à Iqaluit, une super ville où l’aéroport est plus grand que la ville elle-même.

28 novembre 2007

Trois en un

Ca y est, c’est officiel, les mascottes des Jeux Olympiques de 2010 ont été dévoilées! Comme je sais que vous n’aviez que ça en tête depuis au moins une semaine, je vous présente sans plus attendre Miga, Quatchi et Sumi:

Et en bonus, il y a Mukmuk, qui viendra soutenir ses 3 amis pendant toute la durée des jeux!

C’est t’y pas mignon tout ça? Ne vous donnent-ils pas envie de dépenser plein de thunes en gadgets, t-shirts et autres produits dérivés? Ne permettent-ils pas d’intégrer magiquement les enfants à la population ciblée? J’attends avec impatience le dessin-animé qui nous apprend à recycler et à respecter la nature, et bien sûr le CD 2 titres avec les chansons officielles des jeux.

Mais bref, trève de cynisme, je suis sûr que vous voulez en savoir un peu plus sur ces mascottes joviales et entrainantes. D’après leur site officiel, de gauche à droite:

  • Sumi est un esprit animal qui vit dans les montagnes de la Colombie-Britannique. Comme beaucoup de canadiens, les antécédents de Sumi sont nombreux. Il porte le chapeau de l’épaulard, vole avec les ailes du grand Oiseau-Tonnerre et court sur les pattes poilues de l’ours noir.
  • Quatchi est un jeune sasquatch qui vient des forêts mystérieuses du Canada. Quatchi est timide, mais il adore explorer de nouveaux endroits et rencontrer de nouveaux amis. Même si Quatchi aime tous les sports d’hiver, il aime surtout le hockey. Il rêve de devenir un gardien de but célèbre de par le monde.
  • Miga est une jeune ourse de mer qui vit dans l’océan avec sa famille, au large de l’île de Vancouver, près de Tofino, en Colombie-Britannique. Les ours de mer sont en partie épaulard et en partie ours (Miga est en partie ours Kermode, un ours blanc rare qui ne vit qu’en Colombie-Britannique).
  • Mukmuk est une petite marmotte amicale de l’île de Vancouver qui appuie et encourage toujours ses amis pendant leurs parties et leurs courses.

Il devient de plus en plus courant d’avoir plusieurs mascottes. Ca a commencé avec Calgary en 1988, suivi par Séoul la même année, avec chacun 2 mascottes. Dix ans plus tard, Nagano enfonce le clou avec 4 mascottes, et puis c’est la déferlante: Sydney et Salt Lake City en ont 3, Athènes et Turin 2, et Pékin en annonce carrément 5. Celles de Vancouver sont toutes basées sur des légendes aborigènes, le sasquatch étant la plus connue.

Maintenant que vous ne tenez plus en place, vous pouvez aller télécharger les fonds d’écran, faire du coloriage, ou même remplir un quizz pour savoir quelle mascotte vous ressemble le plus. Ouéééé, trop bien.

Je vous préviens, si je ne vois pas un peu plus de commentaires sur ce blog, je vais commencer à envoyer des cartes postales virtuelles avec des mascottes affreusement mignonnes. Vous êtes prévenus.

25 novembre 2007

Putain, un an

Il y a à peu près un an, j’arrivais à Vancouver et démarrais ce blog, tout plein de bonnes intentions et d’étoiles dans les yeux. Après un premier contact un peu délicat, et la découverte des joies de la vie dans un hôtel, je me lançais à la découverte de la ville. Un an plus tard, je peux constater que mes prétentions bloguesques d’origine ont finalement été bien remplies. Avec une moyenne de 2 articles par semaine sur la Colombie Britannique et ses étranges habitants1, et des photos pseudo-artistiques2 en plus pour combler les trous, je m’épate moi-même (même si je commence à accumuler du retard dans mes idées d’articles).

Je poste rarement des choses personnelles, mais le premier anniversaire du blog est l’occasion de faire un premier point, de procéder à une introspection du sujet vancouverois, d’analyser mon expérience de 12 mois et d’en tirer des conclusions certes subjectives, mais posées et argumentées.

Donc voilà: Vancouver c’est trop méga bien bien.

(oui c’est ma tronche, je porte une robe de chambre, et je vous emmerde)

Non, sérieux, c’est cool comme ville.

Bon okay, vous voulez peut-être que je développe. D’abord, l’environnement est super joli, la lumière est magnifique, les forêts sont luxuriantes et les écureuils sont sautillants. Les gens sont globalement sympathiques, et proviennent de plein de pays différents, avec les différentes perspectives sur le monde qui vont avec. On a la montagne et la plage à deux pas, ce qui permet de s’adonner aux joies du beach-volley, des barbecues, du kayak ou du ski en prenant un simple bus3. On trouve des quartiers résidentiels super calmes et mignons à deux pas des quartiers qui bougent. Le marché du travail, en tous cas dans l’informatique, est bouillonant, et plus particulièrement dans mon secteur, les jeux vidéos. Et les vancouveroises sont bien foutues.

Evidemment, si vous êtes anthropologue, que vous n’aimez pas les sushis, que vous détestez les sports d’hiver et que la pluie vous déprime, vous pourrez passer votre chemin… mais en ce qui me concerne, Vancouver place la barre assez haut en termes d’exigences à remplir pour être mon chez moi.

Bien sûr on peut lui reprocher tout un tas de choses. On aimerait plus de boutiques, plus de restaurants, plus de lieux culturels, plus de festivals, plus de crottes de chien par terre, etc. Mais la ville est encore jeune. Incroyablement jeune, même. Ca ne veut pas dire qu’elle réussira mieux que les autres — probablement l’inverse, même, le temps de commettre quelques erreurs de jeunesse — mais cela veut dire qu’elle bouge, qu’elle se cherche, qu’elle se transforme, qu’elle s’adapte. Il faut bien se dire que Vancouver n’a même pas 150 ans. Ca veut dire que, pendant que Paris avait déjà vu passer une bonne dizaine de régimes politiques, Vancouver était une colline avec de l’herbe et quelques huttes Musqueam. Ca veut dire que pendant que Haussman s’attellait à d’impressionnants aménagements urbains, des chercheurs d’or boueux et des bûcherons burinés allaient boire un coup dans la seule taverne du coin. Ca veut dire que pendant que la Tour Eiffel était en construction, quelques milliers de personnes voyaient arriver la première ligne de chemin de fer dans leur ville nouvellement constituée.

Le chemin qu’a parcouru Vancouver en à peine plus d’un siècle est incroyable. C’est maintenant la 3ème plus grosse ville du Canada, et elle continue de se développer de manière vertigineuse, démographiquement et économiquement. Elle est couramment considérée comme l’une des meilleures villes du monde par divers cabinets d’étude. Elle a tout devant elle, et c’est bien ça son côté fascinant: son potentiel. A quoi va ressembler Vancouver après les Jeux Olympiques de 2010, et tous les projets d’urbanisme qu’ils amènent? A quoi va-t-elle ressembler en 2020 avec une population qui devrait quadrupler d’ici là? Comment l’installation toute récente de Microsoft va-t-elle affecter l’industrie high-tech locale? Est-ce que Brad le Bachelor va finalement rappeller Jenni?

Vancouver est véritablement une ville vivante en ce sens qu’elle se transforme sous nos yeux. Le résultat sera peut-être décevant — auquel cas on ira tout simplement s’installer ailleurs — mais je sais que les prochaines années seront assurément passionnantes à vivre.

1 Rappellez-vous les diverses activités intéressantes des indigènes.

2 Et faisant toutes figurer, de manière fort douteuse, un ciel bleu. La magie de la technologie moderne est probablement à l’oeuvre.

3 Voire même en vélo pour la moitié des endroits.

27 août 2007

Toujours la plus mieux bien pour vivre

Faisant suite à une étude dont on a précédemment parlé, The Economist a publié les résultats de son étude annuelle sur la qualité de vie dans les grandes villes du monde. Encore une fois, Vancouver se place très bien puisqu’elle est première (yeehah!), devant Melbourne et Vienne. Contrairement à l’étude précédente, le Canada n’a que 2 villes dans le Top 10 (avec Toronto), alors que l’Australie en place pas moins de 4 (avec Perth, Adelaide et Sydney). Pas moyen de savoir où se placent les premières villes françaises, par contre, puisqu’il faut acheter le magazine pour avoir la liste complète.

Une autre étude, dont les lecteurs de l’incontournable blog de Véronique ont déjà entendu parler, menée par Angus Reid uniquement au sein du Canada montre également que Vancouver est la ville la plus mieux bien du pays, malgré le fait que la plupart des canadiens aient voté pour leur propre ville. Pourtant, Vancouver se prend une baffe en ce qui concerne les sorties nocturnes (restos, bars, boîtes de nuit) et le shopping, avec un score abyssal qui la place même derrière des trous de campagne comme Saskatoon (oui, c’est vraiment un nom de ville). Sans grande surprise, Montréal reigne en maître sur le sujet, alors que Toronto remporte la palme en ce qui concerne les activités sportives, l’art, la culture, et le business.

Pour ceux qui ont suivi, donc, à Vancouver on vit super bien, mais sans aller au resto, sans faire la fête, sans rien acheter, sans se cultiver, et sans travailler. Oui, ça veut dire qu’on passe notre temps à glander sur la plage en faisant des barbecues nous mêmes et en fumant de l’herbe

Je plaisante, maman… tu te doutes bien que je laisse les autres s’occuper du barbecue.