12 février 2012

Attention, conducteur Chinois

Si vous vous rappelez vaguement de mon article sur la multi-culturalité Canadienne, vous savez que la plus grosse minorité d’immigrants à Vancouver sont les Chinois. Et comme partout ailleurs, qui dit minorité dit aussi stéréotypes. Eh bien l’un des principaux stéréotypes Chinois est celui du mauvais conducteur… ce qui incite certains rigolos à afficher un signe « Attention, conducteur Chinois » sur leur voiture à la façon des signes indiquant un jeune conducteur:

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Ah ça, les Chinois, ils savent aussi bien faire des blagues que conduire une voiture.

Qui dit minorité dit aussi attitudes racistes, évidemment, bien que ce soit extrêmement isolé… mais ça me rappelle une histoire qui m’est arrivée à la caisse d’un magasin. Il y avait une famille Coréenne ou  je sais pas quoi devant moi, et tout le monde braillait joyeusement dans leur langue natale à part le père qui disait juste un ou deux mots d’anglais par-ci par-là pour communiquer avec la caissière.

Quand c’est à mon tour de passer, la caissière, une plouc Canadienne pure souche, marmonne tout bas (in english): « Y’a des fois, on se demande vraiment si on est toujours au Canada« .

Moi, peinard, affichant un grand sourire et forçant un accent totalement aléatoire: « Que voulez-vous dire par là exactement? »

La caissière me regarde avec des gros yeux ronds pendant une seconde, et s’empresse de mettre mes achats dans un sac. « Euh, non rien. Ca fera 12 dollars 52. »

Marf. J’avais pas été aussi content que depuis la fois où, dans le métro de Paris, croisant un couple de provinciaux qui marmonnaient que les Parisiens ils sont vraiment trop pressés à vouloir marcher dans les escalators et à forcer les gens qui marchent pas à se mettre sur le côté, je me suis arrêté et j’ai sorti « Ouais je suis pressé mais c’est parce que j’ai vraiment super envie de faire caca« .

Y’a pas de petits plaisirs dans la vie.

19 octobre 2011

Toilettes méga-publiques

On avait il y a longtemps abordé les grandes différences d’hygiène et d’organisation des toilettes entre la France et le Canada, et plus spécialement à quel point les toilettes publiques sont ici relativement peu privées (c’est con à dire comme ça mais c’est important!)… eh bien j’ai récemment trouvé les pires des toilettes possibles, dans un centre commercial de Seattle:

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Vous voyez les portes? Ouaip, elles ne vont pas beaucoup plus haut qu’une hauteur d’épaule, et si vous êtes assez près, vous pouvez faire coucou au mec qui fait caca sans avoir besoin de vous mettre sur la pointe des pieds. Ca donne envie, non?

12 mars 2009

Les français, ces gros sales

Allez hop, je me suis dit que ça faisait longtemps, alors revoilà un article sur les toilettes… car oui, il existe une différence subtile mais néanmoins importante entre les toilettes Françaises et Nord-Américaines

Rappellons d’abord les bases: selon la plupart des nationalités, les Français sont censés être des gros sales. Qui n’a jamais eu, à son boulot, ce fameux schisme où la moitié du service note à quel point l’autre moitié du service ne se lave pas les mains en sortant des toilettes? Qui n’a jamais entamé une discussion sur le sujet pour se faire rétorquer que “Bof, c’est bon, moi je me pisse pas sur les mains!”?

En fait, il est normal en France de ne pas se laver les mains en sortant des toilettes. Après tout, chez les particuliers, les toilettes sont généralement une pièce totalement à part, sans rien d’autre que le trône et un paquet de vieux magazines. Se laver les mains nécessite d’aller dans une autre pièce, la salle de bain, à moins de rencontrer quelqu’un sur le chemin, auquel cas on s’empressera de lui serrer la main sans scrupules… d’où l’avantage de faire la bise, plutôt.

Dans les toilettes publiques ou du travail, les toilettes sont également des pièces complètement fermées où on profite de sa petite intimitée et de ses petites odeurs. Et des odeurs de la personne précédente. Voire des 10 personnes précédentes si tout le monde a choisi le chili à la caféteria.

Dans les maisons et appartements d’Amérique du Nord, par contre, vous n’aurez pas de toilettes séparées: elles font partie de la salle de bain. Pas d’excuses pour ne pas respecter les règles élémentaires d’hygiène, donc. Par contre ça crée une ressource critique qui empêche la parallélisation de la routine matinale des couples, et c’est pourquoi il sera plus courant de trouver des habitations avec 2 salles de bain.

Pour les toilettes publiques ou du travail, et vous le savez bien grâce à la télévision et au cinéma, chaque trône se trouve dans une petite cabine formée par des panneaux à peine assez hauts pour vous dissimuler des autres personnes présentes. Les panneaux, et plus spécialement la porte de la cabine, ne descendent même pas jusqu’au sol. C’est ainsi que, dans les films, vous voyez les personnages regarder sous la porte des cabines pour voir si les toilettes sont occupées. Et comme tout le monde est, au final, dans la même grande pièce contenant cabines, urinoirs et lavabos, il arrive d’assister à des conversations entre occupants de 2 cabines adjacentes.

Si vous voulez créer un double effet Kiss Cool et vous faire bannir à tout jamais de toute interaction sociale, vous pouvez combiner le non-lavage de main avec le double-dipping, je suis sûr que ça sera super efficace.

A bon entendeur…

21 avril 2008

Il pleut des bébés

Au Canada, on fait beaucoup de « Showers« . Non, ce n’est pas une référence à l’hygiène corporelle, ni à la météo locale. Ce sont des événements qui présentent les points communs suivants:

  • Ils sont plutôt réservés à un public féminin (quoique les hommes sont de plus en plus souvent invités à participer) ;
  • Il faut se préparer à jouer à des petits jeux (de préférence stupides).

Il en existe plusieurs versions: « Baby Shower » et « Wedding Shower » – également appelées « Bridal Shower« .

Le principe d’une « Baby Shower » est le suivant: environ 2 mois avant la naissance d’un enfant, une personne proche de la future maman organise une fête. On invite d’autres copines pour jouer à des jeux parfois éducatifs (genre un quizz sur la sécurité des enfants), et parfois pas (genre faire des relais de changeage de couche sur une poupée) autour du thème du bébé. Le plus important, c’est évidemment la décoration bleue ou rose, les ballons imprimés « It’s a Baby Shower », et la collation légère.

C’est également l’occasion de faire les cadeaux à la maman. L’intérêt de faire ça quelque temps avant la naissance, c’est que la mère sait ce qu’elle va avoir comme cadeau et du coup les parents peuvent organiser leurs dépenses en fonction. Pas bête.

La « Wedding Shower« , c’est le pendant plus « sérieux » de l’enterrement de vie de jeune fille (« Bachelorette Party »). Disons qu’on va faire un enterrement de vie de jeune fille débridé avec les copines et une « Wedding Shower » plus formelle avec la famille. Là aussi, les cadeaux sont de rigueur, d’après Wikipedia c’est parce qu’à l’origine c’était organisé dans les familles pauvres, lorsque le père ne pouvait (ou ne voulait) pas fournir la dotte.

Par contre, d’où vient le terme « Shower », ça, je sais pas !

6 avril 2008

Etiquette Canadienne: une fois, mais pas deux

En amérique du nord, on trempe tout un tas de trucs dans tout un tas de sauces: les frites dans le ketchup, les ailes de poulet dans la sauce BBQ, les côtes de porc dans la sauce Ranch, les chips dans la salsa, les légumes crus dans la trempette aux fines herbes, les nachos dans la guacamole, et j’en passe…

Mais attention! Une simple erreur de débutant peut vous faire passer pour un gros rustre de français dégoûtant1 qui vous grillera à jamais auprès des trois quarts de la gente féminine locale.

La photo ci-dessous illustre un geste socialement acceptable:

Good

Par contre, dans la deuxième photo, horreur, infâmie, dégénérescence médiévale! Pourrez-vous trouver l’erreur?

Bad

Le problème est bien sûr que l’ignoble figurant s’adonne à la pratique méprisable du "double dip", ou "double trempette": on sauce une fois, on croque la moitié de son bout de nourriture, et on retrempe avant de finir, contaminant ainsi le bol de sauce avec ses fluides corporels, sous les regards horrifiés de l’assistance.

Bien sûr, les canadiens étant souvent bien polis, personne ne vous reprochera quoique ce soit. Ils se contenteront d’éviter soigneusement les bols de sauce que vous avez bactériologiquement violés, et ajouteront une petite note mentale à côté de votre nom qui dit un truc du genre "salopard de dégueulasseur gaulois".

S’ils vous chopent ensuite deux heures plus tard à sortir des toilettes sans vous être lavé les mans, c’est fini, vous n’aurez probablement plus d’amis sous facebook le lendemain.

1 Ou belge dégoûtant, ou suisse dégoûtant, ou, plus généralement, francophone dégoûtant.

26 février 2008

Etiquette Canadienne: Pipi, popo, et après, dis "camion"

Aujourd’hui, on va parler de pipi, de caca, et de sexe. Ouais.

C’est pas que ça m’amuse, hein, notez bien1, mais ce blog prétend à documenter les iodiosyncrasies de la culture ouest-canadienne telles que mises à jour par la subjectivité française, via une démarche parajournalistique empirique transpirant de notre quotidien2. C’est pas ma faute si ça inclut aussi le caca, le pipi, et Jessica Alba. Non pas qu’on avait déjà abordé les deux premiers sujets sur ce blog, hein. C’est un hasard. En tous cas, c’est vraiment pas parce que ça me fait glousser comme un débile3.

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En France, quand on veut dire qu’on va faire caca ou pipi mais qu’on veut utiliser des termes « politiquement corrects« , que ce soit à cause de sa propre sensibilité linguisitque ou de celle des autres, on va utiliser les termes « petite commission » ou « grosse commission« . Lorsqu’on parle à un enfant, il est également courant d’utiliser les termes « pipi » et « popo« .

Dans la culture anglo-saxone, on parle de « numéro 1 » et « numéro 2« … Vous avouerez que c’est quand même assez plat. En plus, ça rappelle les restaurants asiatiques, où on commande bien souvent via le numéro du plat dans le menu. Bon appétit.

Pour le sexe, par contre, c’est beaucoup plus rigolo. En France, à ma connaissance, il n’y a pas d’expression consacrée pour désigner les différents stades d’interaction sexuelle. Il y a certes des expressions plus ou moins courantes, de « faire crack-crack » à « conter fleurette » en passant par le « sport en chambre » et la « bête à deux dos« . Mais aucune de ces expressions ne me parait réellement incontournable, et l’usage de tournures imagées est réellement laissé à la discrétion de l’orateur qui pourra, selon sa maîtrise de la métaphore, éblouir son audience avec un « j’lui ai fait bouillir la crevette à en faire une soupe sans rien décortiquer« , ou se contenter d’un simple « j’me la suis faite avec un sachet plastique derrière l’immeuble… j’peux l’prouver, ton frangin a pris des photos avec son portable« . Et encore, notez que toutes ces expressions désignent l’acte sexuel lui-même, sous-entendant bien souvent la pénétration, ce qui montre qu’en bons Gaulois, on ne s’embarasse pas trop de préliminaires, on a pas que ça à foutre de la journée non plus.

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Les américains, par contre, ont une série d’expressions standard empruntées du baseball. Ainsi, la « première base« , c’est quand vous avez réussi à décrocher un baiser, de préférence avec la langue (le fameux « french kiss« ). La « seconde base« , c’est quand vous vous êtes tripotés, mais en restant relativement habillés. Les adolescents y font donc principalement référence pour se targuer d’avoir pu agripper la poitrine de leur petite amie… ce qui nous amène à la « troisième base« , où les choses commencent à devenir intéressantes puisqu’il s’agit ici de masturbation mutuelle, de fellation, ou de cunnilingus. Enfin, le « home run » désigne la pénétration, et plus généralement le fait d’avoir fait toutes les folies de son corps, ce qui permet à tous vos potes de vous faire un « high five » en gloussant et en vous proposant une nouvelle bière. Notez que certains ajoutent une « quatrième base« , qui n’existe pas au baseball, mais permet de désigner la sodomie.

(je sens qu’il va y avoir plein de gens qui vont atterrir ici après une recherche sur Google, et qui vont être très très déçus)

Il n’y a pas à ma connaissance de version un peu plus typique canadienne, basée par exemple sur le hockey. Mais ça que ça ne vous empêche pas de lancer la mode…

Notez qu’il y a de grands débats philosophiques, principalement aux Etats-Unis, sur la classification des différentes activités sexuelles vis à vis des 3 bases et du home run. Cela vient principalement du fait qu’on considère que la perte de la virginité s’effectue lors du home run. La fellation devrait-elle donc être déplacée de la troisième base au home run? Ca dépend évidemment de la personne à qui vous posez la question (indice: si la personne prend un air choqué quand vous dites le mot « fellation« , il est fort probable que, pour elle, la perte de la virginité se place déjà en deuxième base de toutes façons, et qu’en plus, elle ne suit pas la saison de baseball, et ne sais du coup pas du tout de quoi vous parlez).

Moi, ce qui m’amuse dans cette histoire, c’est que les américains aient choisi le baseball pour leur métaphores sexuelles. Rien de plus approprié, si vous êtes francophone, vous ne trouvez pas?

1 Bon en fait si, ça m’amuse beaucoup.

2 Je vais encore me faire engueuler par ma copine parce que j’écris des phrases qui veulent rien dire, moi…

3 Hu hu hu.

10 février 2008

Etiquette Canadienne: Distances de sécurité

Vous le savez déjà probablement, mais les anglo-saxons ont des comportements sociaux grandement différents des comportements français. Le phénomène le plus connu est le « hug« , cette embrassade que vous voyez régulièrement dans les films et séries américains. Y’en a même qui en offrent gratuitement dans la rue…

Free Hugs

Mais bon, récapitulons d’abord la situation telle qu’elle est en France. Quand vous êtes un mec, et que vous dites bonjour, vous serrez la main aux mecs et vous faites la bises aux filles. Sauf pour les amis très proches et la famille, là vous faites la bise. Si vous êtes une fille, vous faites la bise à tout le monde. Sauf au bureau. Au bureau, tout le monde se serre la main. Sauf les collègues hommes/femmes qui sont assez proches pour se faire la bise, ce qui permet d’assister à ces petits moments légèrements tendancieux autour de la machine à café où une fille fera la bise à certains et serrera la main à d’autres. Rajoutez à cela les gens qui font 2, 3, voire (les fous) 4 bises, et c’est le bordel.

A Vancouver, c’est à la fois plus simple, et à la fois plus compliqué.

Entre le spectre du harcèlement sexuel qui plane au Sud du pays, la chaleureuse et gauloise tradition Anglaise comme parenté, les gens ont simplement tendance à se dire « Hey » de loin pour se dire bonjour au bureau. Les poignées de main sont rares, réservées aux occasions comme un retour de vacances ou un client important. Par contre, vous pouvez tout d’un coup vous retrouver embarqué dans un hug avec un ou une collègue pour les occasions exceptionnelles, genre la fête de Noël ou le Nouvel-An. Hop, interro surprise: votre chef revenu de vacances veut vous souhaiter la bonne année, que faites vous? Vous avez 2 secondes pour vous décider, tic tac tic tac!

En privé, c’est plus compliqué. Y’a les Canadiens vaguement Québecois sur les bords, ou les amoureux de la France, qui vont s’empresser de vous faire la bise. Y’a les anglo-saxons émotifs qui vont vous faire des hugs. Et y’a toutes les autres nationalités qui, de toutes façons, ne savent pas vraiment comment ça se passe dans votre culture et gardent donc leurs distances pour ne pas vous mettre mal à l’aise, se rendant compte 2 minutes plus tard qu’en fait, vous faites la bise comme chez eux. Interro surprise: votre ami Danois vous présente sa femme, que faites vous? Tic tac tic tac.

Maintenant, il s’agit de se rappeller comme fonctionne tout le monde…

Nos amis turcs ils font la bise ou ils serrent la main déjà? Merde, non, le Kenyan il serre la main, par contre, et ses copines elles font des hugs. Enfin seulement les Américaines. L’Israëlienne, non, je crois. Elle fait 3 bises. Ou 2. Merde. Bordel… Bon, écoute, on se ramène, on fait « Salut tout l’monde! » de loin, et on fonce sur les petits fours. On va pas s’emmerder non plus, de toutes façons les Français sont censés être malpolis, alors voilà.

Non sérieux, c’est compliqué la vie à Vancouver… surtout qu’en plus, on sait très bien comment il faudrait se dire bonjour…