1 avril 2011

De la multi-culturalité Canadienne

Il est interdit en France, depuis belle lurette, de collecter des infos sur les origines ethniques ou raciales des gens lors des recensements nationaux. Difficile alors d’estimer à quel point la France est multi-culturelle, mais les instituts comme l’INSEE et l’INED fournissent des estimations qui placent le nombre de personnes nées à l’extérieur du territoire français autour de 13% de la population totale.

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(non la photo n’a pas grand chose à voir mais il fallait bien mettre quelque chose pour vous attirer l’oeil… ça a marché?)

Le Canada, par contre, est un bon gros pays de droite qui a été fondé par des immigrants bourrus et qui n’a pas dans son histoire récente d’épisode sombre concernant un quelconque suivi d’une certaine minorité ethnique à des fins lugubres. Du coup, l’institut national de statistiques tient un compte précis des différentes origines ethniques, et on sait par le dernier recensement de 2006 qu’environ 21% des personnes vivant au Canada n’y sont pas nées.

Vu comme ça, on peut pas dire qu’il y ait un CRS qui pète 3 pattes à un canard sans papiers… mais la différence est dans l’évolution des chiffres: là où la diversité culturelle française est plutôt stable depuis quelques décennies, la diversité culturelle canadienne monte, surtout dans les grandes villes du pays. Pour vous donner une idée de la chose, à la louche, il y a 2 fois plus de nouveaux immigrés arrivant au Canada chaque année que pour la France, alors que la France a 2 fois plus d’habitants à la base.  Ainsi, l’institut national de statistiques prévoit qu’en 2031 un tiers des canadiens serait membre de “minorités visibles” (un terme canadien controversé qui commence à être utilisé aussi en France), avec des chiffres grimpant jusqu’à 2 tiers pour les agglomérations urbaines de Toronto et Vancouver. Ce genre d’évolution démographique aura sans doute un impact très marqué sur la vie politique locale et nationale.

Y’en a qui vont me demander “Toronto et Vancouver? Pas Montréal?”. Ben non, apparemment, pas trop. Je me suis posé la question aussi, et j’ai été voir les statistiques démographiques pour les 3 villes, ainsi que pour le pays en général. Attention, les gars, il va y avoir des statistiques et des graphes et plein de trucs chiants comme je sais que vous aimez. Comme d’hab’, si je raconte une connerie, corrigez-moi dans les commentaires.

Langue Principale du Foyer

D’abord, j’ai regardé la répartition nationale de la langue principalement parlée dans les foyers:

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On y voit que 89% des canadiens parlent français ou anglais chez eux.

A Toronto et Vancouver (respectivement), seulement 72% des gens parlent principalement anglais, avec le français perdu quelque part entre le roumain et le tagalog. Notez la présence asiatique plus marquée à Vancouver (avec un total de 12% rien que pour les différents dialectes chinois).

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En comparaison, Montréal mélange beaucoup plus francophones et anglophones (70% et 17% respectivement), mais héberge moins de gens parlant une langue étrangère:

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Pays de Naissance

Si on regarde la répartition de personnes nées au Canada par rapport à celles nées ailleurs, on retombe sur le chiffre national déjà mentionné de 79% contre 21%:

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Toronto est la ville la plus cosmopolite, avec un impressionnant 47% d’immigrants, suivie par Vancouver avec 42%… de quoi donner des cauchemars à l’extrême droite française:

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Montréal, par contre, reste pratiquement identique à la moyenne nationale avec 22% d’immigrés:

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D’après quelques estimations trouvées ça et là sur internet, il semble que c’est légèrement supérieur au taux d’immigrés à Paris, par exemple.

Autres Chiffres

Si on regarde le nombre d’immigrés arrivés dans les 3 villes depuis les années 60, on peut voir que Toronto est la ville la plus attractive, probablement grâce aux nombreuses opportunités de travail qu’elle possède. Montréal et Vancouver ont des flux d’immigration similaires, mais il ne faut pas oublier que Montréal est 3 fois plus grande à la base.

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Les chiffres générationels confirment que les Montréalais sont principalement des Canadiens de longue date comparés aux Torontonois ou Vancouvérois (les chiffres sont en pourcentages de la population totale de l’agglomération; “1ère génération” signifie immigré, “2ème génération” signifie enfant d’immigré):

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Bref, tout ça semble bien indiquer que Montréal a proportionellement à Toronto ou Vancouver non seulement moins d’immigrés, mais également un moindre flux d’immigration. La réputation de Montréal comme ville super multi-culturelle en prend un coup, mais je suppose que cette réputation est surtout issue des festivals et évènements culturels qui s’y tiennent pendant l’été plutôt que de sa population (parce que bon, ici à Vancouver, par exemple, on a un sacré paquet de Chinois, mais c’est pas avec une parade à 2 ronds tous les ans et quelques restos sympas qu’on va donner des orgasmes aux touristes…).

Pourquoi je vous parle de tout ça, au fait? Eh bien parce que le Canada effectue un recensement de la population tous les 5 ans et que le prochain est… la semaine prochaine. Rien qu’à nous deux on va faire grimper le nombre de francophones dans le coin d’au moins, pfiou, 3 ou 4%!

2 mars 2011

Les pates carbo du caribou

On vous l’a déjà rabaché plusieurs fois mais l’un des sujets de conversation principaux entre un Français métropolitain et un Français expatrié est celui de la bouffe. Un l’instar d’un oncle inquiet pour votre santé, le Français métropolitain va vous demander, les mains tremblantes, si au Canada on peut trouver du fromage qui pue ou du vin qui pique ou du foie gras ou des croissants ou je sais quoi. Et la réponse sera invariablement: “oui, on en trouve, c’est juste que ça peut coûter parfois cher”.

Par contre, personne ne nous demande si on trouve du lait UHT. Parce que ça, y’en a pas. Et y’a d’autres trucs auxquels on ne pense pas du tout…

Tenez, par exemple, vous connaissez probablement tous la recette des “pâtes carbo” que Jean-Kevin nous détaille de manière brillante sur son site (ce qui lui vaut d’ailleurs un procès, puis des explications forcées). Pour résumer, vous mettez des pâtes à cuire 10 minutes, vous faites revenir des petits lardons Herta dans une poëlle, et vous rajoutez des oeufs et de la crème fraiche. Vous avez probablement tous fait ça dans votre chambre d’étudiant de 18m2 quand vous étiez jeune (par contre vous avez peut-être pas tous chopé des meufs comme Jean-Kevin, mais c’est pas grave).

Mais au Canada? Horreur, malheur! Impossible de suivre la recette! (comment font les étudiants pour choper des meufs? Mystère!)

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D’abord, on ne trouve pas de crème fraîche comme en France. On a plusieurs variantes d’un truc qui s’appelle “sour cream” (ou “crème sûre” en québecois) qui est plus légère que notre crème frâiche normale (14% de matières grasses? non mais franchement?). C’est de la crème fraiche légère, quoi. Le genre de truc que j’essaie d’éviter d’habitude parce que les trucs légers, c’est pas bon pour mon cholestérol. Ils ont aussi quelques rares trucs nommés “crème fraîche” avec un taux de matières grasses décent, mais la texture est toujours un peu différente… mais c’est pas grave, on s’y fait rapidement.

L’autre grand drame, c’est qu’il n’y a pas de petits lardons Herta. Y’a pas de petits lardons tout court, d’ailleurs. Les lardons, il faut se les faire à la main, avec sa planche à découper et tout.

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C’est pas plus mal, remarquez, puisque ça nous pousse à faire des pâtes carbo correctement, avec la pancetta et tout le bousin (ça, y’a aucun problème pour trouver de la pancetta à Vancouver, y’en a dans toutes les grandes surfaces au rayon boucherie). Par contre, entre les lardons Herta et la pancetta, y’a comme une légère différence de goût (genre les lardons Herta ils ont pas de goût, alors que la pancetta oui, vous voyez?). Du coup, ça peut faire un choc la première fois. Si vous êtes un peu sensible du palais, je recommande de mélanger la pancetta avec du canadian bacon, bien moins fort. Visuellement, vous verrez à peine la différence – tous les lardons se ressemblent plus ou moins – mais le plat final sera plus doux.

Et voilà comment on fait des pâtes carbo au Canada! Fascinant, non?

17 janvier 2011

En 2011, tout le monde est gentil

Oui, bon, ça commence à faire un peu tard pour souhaiter une bonne année, mais on est encore en Janvier donc ça marche… et vous savez que pendant la saison de ski et de cadeaux, il faut pas trop compter sur moi. Enfin bref, bonne année à tout le monde!

Quelle est donc la bonne résolution de 2011? J’en sais rien, perso je prend pas de bonnes résolutions, mais si vous voulez amener un peu du Canada dans votre vie, vous pouvez décider de devenir plus gentil! “Gentil comment?”, allez-vous me demander… “Gentil comme un policier Canadien” que je vais vous répondre.

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Vous vous rappellez peut-être de cette anecdote d’il y 2 ans, où un policier, nous voyant picoler du vin rouge de manière totalement illégale sur la plage, vient nous voir pour nous dire “histoire que vous soyez au courant, ça, c’est illégal ici” et repart aussitôt. Eh bien je peux vous en raconter d’autres, des anecdotes… par exemple, un ami de Seattle qui, un peu fatigué par la route pour venir à Vancouver par le vol en avion pour Calgary, enchaine les bourdes routières les unes après les autres. Un policier l’arrête deux ou trois fois de suite, s’excusant à chaque fois: “excusez-moi, monsieur, mais vous semblez avoir grillé un feu rouge”. Ou “excusez-moi, monsieur, j’ai bien peur que vous ne vous soyez engagé dans une rue à sens unique”. Au final, le policier offre de l’excorter jusqu’à son hotel.

Un autre ami, qui se fait choper sans titre de transport à la sortie du Skytrain, donne un faux nom au policier qui décide ensuite d’appeller le central pour vérifier son identité, mentionnant que si tout est en ordre, il le laissera partir sans amende. Mon ami s’enterre dans un gouffre de corrections à deux balles (“euh, en fait, mes amis m’appellent John, mais mon vrai nom c’est Ernest”), et le policier, après un soupir et une deuxième vérification avec le central, le laisse partir avec un avertissement.

En parlant du métro, d’ailleurs, les controlleurs de Translink sont les plus gentils du monde. En France, les controlleurs ils sont pas cons, ils contrôlent à la sortie du train, pour choper les malins qui ont voyagé sans payer. J’ai même vu plusieurs fois des controlleurs postés derrière un tournant du couloir de sortie, pour ne pas que les gens dans le train les aperçoivent et décident de rester dans la rame jusqu’à la station suivante, mais avec des officiers habillés en civil au niveau du quai pour justement attraper les personnes ayant un comportement suspect, genre “je fais demi-tour au dernier moment”… mais ici non: ils contrôlent à l’entrée. A l’entrée! Et la moitié du temps, juste à côté des machines pour acheter les billets! Super intelligent, non?

De temps en temps, ils contrôlent à l’embarquement du train, loin derrière la ligne de validation du titre de transport, mais même là il est facile de s’en tirer. Par exemple, l’excuse du “oh mince, pardon, j’ai oublié de valider mon ticket, je vais aller le faire tout de suite” marche. Si si, j’ai testé pour vous, et quelques autres personnes m’ont dit que ça avait marché pour eux aussi. Trop gentils les controlleurs. Et c’est pas qu’ils sont stupides, hein… on voit clairement sur leur visage qu’ils ne vous croient pas, mais c’est juste que, ben, c’est la west coast, quoi. C’est pas grave… cool, gars. Relax. Pas de pression. Whatever.

Evidemment, les policiers et les controlleurs ne sont pas 100% gentils, faut pas pousser non plus. Le Canada c’est le pays des Bisounours, mais même chez les Bisounours y’a des méchants. Mais j’ai pour l’instant entendu énormément plus d’anecdotes du genre “ils sont soit super gentils, soit super cons… peut-être les deux” que des anecdotes du genre “CRS SS sales enculés de leur mère”… donc voilà, en 2011, répandez bonheur et joie autour de vous, soyez gentil comme un policier Canadien!

20 octobre 2010

Vous avez des raisins?

Il y a plusieurs trucs anodins qui surprennent certains Français quand on en fait mention dans la conversation, et pour lequels je ne m’étais jamais posé de questions. Par exemple, si je dis “j’ai été à Ikea dans ma Toyota”, je fais parfois face à l’étonnement d’apprendre que, oui, il y a des magasins Ikea au Canada (et pratiquement partout ailleurs dans le monde, en fait) et que, oui aussi, on y trouve des voitures japonaises et pas que des américaines (et heureusement, vu la qualité des voitures américaines…). Mais rien n’étonne un Français plus que d’apprendre que les Canadiens produisent leur propre vin – et c’est généralement suivi par une question lourde de sous-entendus: “mais, euh, c’est bon?”.

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Pourtant, un peu comme pour les crêpes au sucre, on peut penser que si vous avez des raisins, et si vous avez une cave, vous pouvez faire du vin, non? Mais il faut dire que la binouze, avec le fromage qui pue, c’est le truc français par excellence, et vu comment on est bien chauvins, on aura tendance à ignorer ou dénigrer la production étrangère. Sans compter que les lobbys des producteurs de vin sont bien efficaces… et de toutes façons acheter une bouteille australienne ou américaine quand on peut acheter une bouteille locale, ça n’a pas beaucoup d’intérêt. Bref, on ne peut pas trop blâmer le Français moyen d’ignorer l’existence de production viticole à l’exterieur de l’hexagone, mais je trouve ça rigolo quand même.

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Les deux régions productrices de vin les plus connues dans ce coin d’amérique du nord sont la vallée de Napa en Californie, avec plus de 300 vignobles, et la vallée de Okanagan, à 5 heures de route environ de Vancouver, qui héberge plus de 200 vignobles. Dans les deux cas, on y trouve des vignobles de toutes tailles, allant de la petite boutique familiale à la grande entreprise, mais la vallée de Napa fait sortir un nombre de bouteilles bien supérieur, participant grandement au Etats-Unis détenant le titre de 4ème producteur de vin derrière la France, l’Italie et l’Espagne. Le Canada, lui, est bien loin dans le classement (quelque part entre la 20ème et la 30ème place selon l’année et les critères considérés). Même ici, la part de marché de vin local (principalement originaire de Colombie Britannique et d’Ontario) est légèrement minoritaire, les gens préférant acheter du vin issu de terroirs étrangers plus prestigieux.

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Les variétés de vin local vont du Pinot Noir au Chardonnay en passant par le Gewürztraminer et autres variétés communes, mais les producteurs prendront bien le temps de vous expliquer les différences de goût auquelles vous pouvez vous attendre par rapport au vin français étant données les différences de météo, de terrain, de fûts, ou simplement de procédés.

Pour un Français en visite dans la région, outre goûter aux vins familiers et se plaindre qu’ils ne sont pas aussi bons que chez nous, il sera typique de goûter au “ice wine” (“vin de glace”). On peut aussi en trouver en Allemagne apparemment, mais vous avouerez que ça sonne quand même bien Canadien. Comme son nom l’indique, il s’agit de vin fait à partir de vignes ayant gelé (il est donc généralement cueuilli et mis en bouteille bien plus tard que les autres vins). Le résultat est un vin sucré généralement servi en accompagnement du dessert.

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La vallée de Okanagan se trouve sur les rives du lac Okanagan, et d’une dizaine d’autres lacs plus petits. M’enfin quand je dis “petits”, c’est à l’échelle canadienne, hein. Le lac Okanagan fait par exemple 135km de long, soit le double du lac Léman.

Le lac est d’ailleurs soit-disant la demeure d’un monstre marin, Ogopogo, un serpent de mer de 15 mètres de long, probablement “vu” originellement par des indiens bourrés au whisky écossais bon marché. Désolé, j’ai pas de photos à vous montrer, j’étais non seulement sobre, mais mon appareil photo aussi.

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Outre la production de vin, la vallée de Okanagan est aussi grande productrice de fruits, notamment les pêches et nectarines, et une destination estivale très prisée des Vancouvérois. La route pour s’y rendre est très jolie (on passe tour à tour à travers la campagne, le désert, les montagnes et les immenses forêts), et on y trouve moultes petits chalets et B&Bs à louer pour le week-end afin de s’adonner aux joies des sports nautiques, du golf, de la randonnée, et bien évidemment de la tournée des caves. Région touristique oblige, il faudra faire attention aux prix parfois abusifs pour une visite ou une attraction qui s’avère décevante. Et moi, pour un truc à deux balles, je veux pas payer plus que deux balles.

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Après tout ça, vous allez me dire “mais alors, sérieux, il est bon leur vin?”. Eh ben ça, j’en ai franchement aucune idée parce que, voyez-vous, j’aime pas le vin (mais je vous invite à discuter des mérites et défauts du vin canadien dans les commentaires). Je trouve ça dégueulasse, ça a un goût de moisissure (ce qui est assez logique vu le procédé). Vous pouvez imaginer que ça traumatise les Américains, ça, un Français qui n’aime pas le vin. Et en plus je fume pas et j’aime pas le foot… Mais je leur réponds que je me suis fait foutre dehors, ça les rassure.

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17 septembre 2010

Le jeu des différences pas importantes: les prises électriques polarisées

Y’en a certains parmi vous qui m’ont dit que, en effet, mon article précedent était long et chiant… alors voilà, je me venge. J’écris un truc sur les prises électriques. Parce que y’a pas grand chose à dire dessus. Et en plus c’est chiant aussi. Non mais.

Prise 110V

Vous savez déjà probablement que la France utilise du 220V, et que les pays d’amérique du nord utilisent du 110V. Et tout comme la France, il existe des prises à 2 branches (ci-dessus) et des prises à 3 branches (ci-dessous) qui polarisent la prise et la rendent un peu plus sécurisée en obligeant l’utilisateur à l’insérer dans un sens prédéfini.

Prise 110V a trois branches

Mais il y a aussi une variante de la prise à 2 branches où l’une des branches est plus grosse que l’autre. Oui, c’est totalement dingue, je sais.

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Les maisons et appartements construits après les années 60 (ce qui inclut à peu près l’intégralité de Vancouver) sont ainsi équipées de prises murales acceptant l’une ou l’autre version des prises à 2 branches. Pendant vos premiers jours en amérique du nord, il y a donc de fortes chances que vous essayiez de brancher une lampe dans une prise murale, et vous apercevoir que ça rentre pas… pas de panique, pas la peine de forcer, il faut juste brancher dans l’autre sens.

Comme souvent dans la vie, si ça rentre pas dans le trou d’un côté, il suffit juste d’essayer le trou de l’autre côté.

9 juin 2010

Des fruits bizarres

Il y a très très longtemps, j’avais mentionné la présence de plein de fruits bizarres sur les marchés vancouvérois. La proximité (toute relative) de l’amérique centrale ainsi que la forte population asiatique (et part “forte” je veux pas dire qu’ils sont gros… juste qu’ils sont nombreux) font que même les marchés pour petit occidentaux blancs et grassouillets auront un minimum de fruits exotiques disponibles (mais vous en trouverez bien plus dans les magasin asiatiques, bien sûr, si jamais vous y comprenez quelque chose). Rien que pour vous, j’ai décidé d’en tester 3.

Fruits exotiques

Vous reconnaissez peut-être la banane plantain, le fruit du dragon (devant à gauche), et le kiwano, ou “melon cornu” comme ils disent ici (à droite).

La banane plantain est relativement bien connue en France donc on va passer rapidement dessus: c’est une banane fade.

Le fruit du dragon, par contre, c’est bizarre. Laure en avait goûté au Vietnam et avait trouvé ça pas génial, sauf si c’est en smoothie avec plein de sucre. Et je confirme, c’est pas folichon.

Fruit du dragon

Ca a un peu la consistance du kiwi, mais en plus gluant. Le goût est assez fade, très très légèrement sucré. Mais surtout fade. Et gluant.

Le kiwano, par contre, c’était la grosse surprise: je m’attendais pas à trouver un truc pareil à l’interieur.

Kiwano

On dirait du faux sang d’extra-terrestre issu d’un mauvais film TV. C’est vert flashy, gluant à souhait, avec des graines jaunes. On est censé apparemment aspirer tout ça directement avec la bouche… c’est rigolo les 2 premières minutes. Le goût est proche du kiwi dans le genre acide. Certains disent aussi que le goût se rapproche du concombre. Si si.

En fait, le problème avec ces fruits exotiques, c’est que j’ai aucune idée s’ils sont mûrs ou comme il faut. J’veux dire, le mec qui a jamais mangé une pomme, il pourrait en bouffer une trop mûre et totalement farineuse et décider que c’est naze… donc si vous savez comment choisir vos fruits du dragon ou vos kiwano, postez les instructions en commentaires! Je vais probablement re-essayer une ou deux autres fois, et ensuite passer à d’autres fruits encore plus bizarres! Ouais!

1 juin 2010

Le jeu des differences pas importantes: interdit de fumer

Il y a quelques temps, on avait mentionné l’interdiction (relative) de boire de l’alcool dans les lieux publics. Vous pouvez vous douter qu’il est également interdit de fumer… enfin, en tous cas, en ce qui concerne le tabac

Tout comme l’Europe, le Canada a mis en place ses lois anti-fumeurs grosso-modo entre 2004 et 2008. Ca a commencé au Nunavut (probablement parce que les 2 habitants non-fumeurs ne supportaient plus le 3ème), et les autres provinces ont plus ou moins suivi les unes après les autres (avec quand même quelques petites différences législatives parce qu’il faudrait pas non plus que tout le monde fasse pareil, ça serait pas rigolo).

La Colombie Britannique a mis en place ses lois actuelles à peu près en même temps que la France, début 2008, mais même avant ça les fumeurs dans les restaurants et bars étaient virtuellement inexistants… ça faisait partie des surprises agréables lors de notre arrivée à Vancouver, surtout que je suis allergique à la fumée de cigarette. Le deuxième effet Kiss-Cool, par contre, c’est qu’en plus de ne pas avoir le droit de fumer dans les lieux publics, les fumeurs d’ici n’ont pas le droit de fumer dehors dans la rue non plus. Enfin, pas trop  près, en tous cas.

Smoking is Prohibited

Ainsi, à Vancouver, il est interdit de fumer à moins de 6 mètres d’une fenêtre, d’une porte, ou d’une bouche d’aération d’un endroit non fumeur. Là où ça devient compliqué, c’est que la distance est de seulement 3 mètres en dehors de Vancouver, comme par exemple en banlieue… bref, j’espère que vous avez une carte, un ruban à mesurer, et que vous savez reconnaitre les bouches d’aération.

Ou alors vous pouvez juste fumer de la beuh, c’est plus facile.

27 avril 2010

Le hors piste, c’est par là

Ca y est, la saison de ski est plus ou moins terminée, et il faut dire que cette année c’était un peu la dèche. Entre la météo de merde pendant les premiers mois (pile poil pour se taper la honte pendant des J.O.), mon gamin qui me ramène toutes les saloperies de la crèche (histoire d’être sûr que je sois malade tous les week-ends), et un mois complet de vacances, j’ai pas eu beaucoup d’occasions pour aller tâter la poudreuse… mais bon, j’ai quand même pu me rattraper assez pour vous parler de quelques petits trucs.

Whistler (encore)

Pour ceux qui ont raté les épisodes précédents, Whistler c’est la station de ski la plus connue de Colombie Britannique, située maintenant à, genre, 1h30 du centre ville de Vancouver, vu que pour les J.O. ils ont détruit la moitié des montagnes pour construire une autoroute.

Vue sur la vallee de Whistler

J’avais posté précédemment sur divers sujets relatifs au ski, comme par exemple les différences dans les files d’attente aux remontées mécaniques, mais j’ai oublié de mentionner les bases.

En France, les pistes sont décrites par 4 couleurs, vert, bleu, rouge et noir par ordre de difficulté. Ici, on utilise à la place des symboles colorés, pour faire plaisir aux 3 daltoniens du fond: le rond vert, le carré bleu, le diamant noir et le double diamant noir. Bref, c’est à peu près comme chez nous sauf qu’il n’y a pas de rouge. Ensuite, à part pour les pistes vertes, il utilisent assez peu de dammeuses – en tous cas, à vue de nez, moins que dans les stations équivalentes des Alpes. Y’a pas mal de poudreuse sur les rouges et les noires, donc, surtout si vous avez la chance d’arriver un lendemain de bonnes chutes de neige.

Whistler

Mais le truc qui est surtout sympathique, c’est les “bowls”. Tenez, voilà ci-dessous la photo de l’un d’entre eux:

Un bowl

Je sais pas trop si c’est le terme officiel, mais c’est comme ça qu’ils s’appellent, pour la plupart, à Whistler. Il s’agit plus ou moins de hors piste flêché comme une piste noire. La zone de glisse a été sécurisée contre les avalanches, et est délimitée naturellement par des forêts ou des crêtes… Par exemple, dans la photo ci-dessus, le télé-siège vous laisse tout en haut un peu sur la gauche, et vous descendez comme vous voulez (ou comme vous pouvez, c’est selon). La topologie du terrain vous ramène vers le domaine “normal”, à moins de vraiment pousser pour aller plus loin sur les côtés.

Voilà un morceau d’un autre “bowl”:

Un autre bowl

Si y’a pas eu trop de monde avant vous, vous pouvez avoir, sans trop d’effort ni de risques, cette sensation de faire sa propre trace dans la neige vierge, perdu dans la montagne. Bon, ok, c’est pas non plus tout à fait comme monter avec ses petites jambes pour aller chercher de la vraie poudreuse immaculée, mais pour les gros fénéants comme moi, c’est déjà pas mal du tout.

J’avais vu ce genre de truc qu’une seule fois en France, mais des gens m’ont soufflé que certaines petites stations des Alpes utilisent un concept similaire pour se démarquer des gros domaines et attirer une clientèle différente… donc si vous avez des bonnes références, je suis preneur, ça peut toujours servir.

Surf a Whistler

11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dollars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expatriés et les touristes, l’une des premières différences frappantes entre l’Amérique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font partie de cette minorité de pays crétins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moitié de pays intelligents qui affichent leurs prix hors pourboires… bref, vous allez payer sacrément plus que le prix affiché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakistanais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La raison, suprenante, de cet affichage qui ferait hurler les associations de consommateurs françaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gouvernements soucieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe existante était une taxe fédérale relativement obscure, la FST (“taxe sur les ventes de producteurs”). Le problème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une catégorie relativement restreinte de produits, et seulement en amont dans la chaine de production (elle était invisible aux consommateurs). Cela nécessitait donc beaucoup de paperasses justificatives entre producteurs, et rendait certaines industries canadiennes peu compétitives à l’export. Aussi, son application non-systématique déformait les marchés.

En 1991, par contre, un gouvernement conservateur centriste (quoique légèrement à droite sur les sujets économiques) se met à introduire un sytème de taxe sur la valeur ajoutée sous la forme de la GST (“taxe sur les produits et services”), fixée alors à 7%. Le système de taxe ajoutée signifie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de production paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la différence (ou “valeur ajoutée”) à l’état. Vu de loin, ce système ressemble à notre bien nommée TVA nationale. De toutes façons, vu de loin, pratiquement toutes les taxes sur les ventes appliquées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont inspirées de la TVA française, introduite en 1954 dans une version un peu plus réduite que celle qu’on connait maintenant (elle fut étendue dans les années 60 par Valéry Giscard d’Estaing). Encore une grande invention française, quoi… pas la peine de nous remercier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évènement relativement récent, et les gens qui se rappellent de “l’avant GST” sont nombreux… vous pouvez imaginez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, surtout qu’au même moment toutes les provinces, sauf l’Alberta, décident également d’appliquer une taxe provinciale, la PST (“taxe provinciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une combinaison de TVA fédérale (la GST) et de TVA provinciale (la PST).

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Faisons maintenant une brève pause et remontons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Constitutionel de 1867 fut signé. C’est un document extrêmement important car il fait partie des quelques étapes qui unifièrent le Canada en un dominion fédéral avec le système politique que l’on connait maintenant. Le problème c’est que pour unifier des territoires aussi immenses et éloignés les uns des autres, il était impératif de leur laisser un minimum d’autonomie. Un petit détail de cet acte constitutionel déclare ainsi (allez savoir pourquoi) que chaque province décidera comme bon lui semble des lois gouvernant le marketing et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une certaine protection des citoyens contre le bon vouloir des provinces, une autre clause indique que seul le gouvernement fédéral peut mettre en place un quelconque impôt indirect. Si une province décide d’inventer un nouvel impôt, il sera obligatoirement direct afin que les citoyens de cette province soient pleinement conscients de la situation.

Revenons maintenant en 1991. Le gouvernement fédéral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consommateurs (par opposition à la précédente FST). Il souhaite également rendre le mélange entre taxes fédérales et provinciales plus simple, en encourageant les provinces à adopter une taxe “harmonisée” (HST) qui combinerait GST et PST… mais les provinces ont d’autres idées en tête. Face à une opinion publique largement mécontente à l’idée d’une hausse des prix, elles préfèrent en mettre le plus possible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se présente de décider s’il faut imposer un affichage TTC (“toutes taxes comprises”), les provinces choisissent d’éviter le sujet: toute cette histoire de taxes est la faute du gouvernement fédéral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les provinces n’ont constitutionellement pas le droit d’imposer un affichage des prix avec la PST comprise car celle-ci deviendrait alors une taxe indirecte (selon la définition canadienne du terme qui dit que la taxe est indirecte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre transaction financière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indiqué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la question n’a jamais été sérieusement étudiée). Inversement, le gouvernement fédéral ne peut rien imposer aux provinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uniquement), toujours à cause de la constitution. Ils auraient pu en profiter pour la changer pour l’occasion, mais je suppose que ça aurait décuplé la complexité d’une initiative déjà pas super triviale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux magasins d’adopter l’affichage qu’ils désirent… et par souci de compétitivité, tout le monde adopte rapidement l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un produit à $115 alors que le voisin l’affiche à $99, même si on met un gros panneau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines automatiques, les téléphones publics, certains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figurer des prix TTC (probablement parce que le gros de la clientèle est composée de touristes qui supportent mal l’affichage hors taxes). Bref, bonjour le bordel pour le consommateur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour terminer, voilà un petit résumé des évènements relatifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conservateur qui avait introduit la GST était à l’époque bien évidemment majoritaire dans la Chambre des Communes, avec 169 sièges sur 295. Pendant les élections de 1993, ils se font détruire par les électeurs et se retrouvent avec seulement 2 sièges, au profit des libéraux de Jean Chrétien. Ouaip. Deux sièges. Avoir introduit la GST de manière aussi visible était donc un bon suicide politique. Des gens (dont beaucoup de conservateurs même) pensent que ça se serait beaucoup mieux passé s’ils avaient réussi à imposer des affichages de prix TTC sur le plan fédéral, limitant ainsi la “mémoire” des canadiens sur le changement des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en réclamant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une chemise à carreaux.
  • En 1992, le Québec introduit la QST (“taxe québécoise sur les ventes”) comme alternative aux PSTs des autres provinces (parce que le Québec fait jamais comme les autres). Son fonctionnement en rapport à la GST est proche de la taxe harmonisée (HST) voulue à l’origine par le gouvernement fédéral, mais elle est administrée par Revenu Québec (le fisc local), et n’apporte pas vraiment d’amélioration sur le plan administratif des entreprises aux autres systèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nouvelle Ecosse, Nouveau Brunswick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Apparemment, l’accord entre ces provinces et le gouvernement fédéral incluait à l’origine des conditions sur l’affichage de prix TTC sur certains produits et services, mais ces clauses ont été combattues férocement par les entreprises nationales, pas très chaudes à l’idée de devoir maintenir deux affichages de prix différents dans leurs magasins, catalogues, sites internet, etc., en fonction de la province concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gouvernement fédéral baisse la GST de 1% (elle est maintenant à 5%), principalement à cause de promesses électorales (comme quoi des fois les politiciens les tiennent).
  • Au 1er juillet prochain, la Colombie Britannique et l’Ontario vont également mettre en place la HST. L’Ontario aura exactement la même taxation que les autres provinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colombie Britannique fait sa maline avec une HST de 12%, mais principalement parce que la PST y était jusqu’à maintenant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impopulaire, ça serait encore plus le bordel si le gouvernement rajoutait 1% en plus (on en repalera, de toutes façons, c’est le genre de bordel politique fédéral/provincial bien canadien qu’on ne connait pas en France, ça vous changera du bouclier fiscal et des burkas). En tous cas, ça fout la pression sur les quelques provinces restantes qui n’ont pas encore harmonisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, maintenant (si j’ai dit une connerie, insultez moi en commentaire)… et s’il y a des futurs expatriés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en magasin suit en général les autres bonnes pratiques françaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux comparer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plupart des articles de votre panier de courses (nourriture, boissons non-alcoholisées, etc.), les prix affichés en supermarché sont effectivement ceux que vous paierez à la caisse.

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Ca y est, tout le monde est endormi?

5 avril 2010

Le jeu des différences pas importantes: le petit bonhomme

En France, le petit bonhomme qui indique quand on peut traverser la rue (pour ceux qui le respectent) est rouge et vert, comme les feux de circulation pour voitures (logique, quoi). A Vancouver, et parce que les gens des ponts et chaussées canadiens se croient plus malins que tout le monde, il est blanc et orange. Et en fait, c’est même pas un bonhomme orange, c’est une main.

Le petit bonhomme

Par contre, le bonhomme blanc clignote avant de passer à la main orange. En France il passe directement au rouge.

Ah la la, des fois je m’épate moi même à quel point mes articles sont passionants et plein d’informations cruciales.

MàJ: j’ai oublié d’ajouter cette fabuleuse photo de Guyancourt (dans les Yvelines), qui donne elle aussi des informations cruciales:

Petit rappel