19 février 2013

Un vaccin et un kilo de tomates

Par chez nous, y’a pas de bureaux de poste. Et y’a pas de pharmacies non plus.

Vous pouvez vous balader dans la rue autant que vous voulez, vous en trouverez
pas. C’est parce qu’ils sont toujours hébergés dans un autre magasin, la plupart
du temps une grande surface.

En pratique, ça change pas grand chose au schmilblic, vous allez toujours
faire la queue quelque part pour récupérer vos petits médicaments délicatement
dosés
… sauf qu’on peut aussi vous y administrer des vaccins, comme
celui contre la grippe. Rajoutez un kilo de tomates et quelques bananes, et hop,
vous avez fini tout ce que vous deviez faire aujourd’hui.

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Notez le petit paravent derrière lequel on va vous piquer avec la seringue.
C’est très chou[1]


  1. Chou? Legumes? Ho ho? Ha ha?  ↩

1 mai 2012

Le 20 avril, la journée qui sent bon

La semaine dernière c’était le 20 avril, ce qui correspond (en notation anglo-saxonne où le mois précède le jour) à “4/20”, autrement connu comme “le jour où tout le monde fume des cigarettes rigolotes totalement ouvertement”.

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Bon, en fait, c’est un peu tous les jours comme ça à Vancouver (est-ce que vous reconnaissez le monsieur sur l’affiche?), mais d’habitude les gens n’en font pas toute une histoire. Sauf, donc, le 20 avril.

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Par contre, comme la fois dernière, j’ai oublié mon appareil photo. C’est dingue, quand même. Du coup, je vais vous le faire façon “Instagram”, avec des photos floues, sur-exposées, sur-vignettées, et toutes vertes. C’est bien, ça fait super méga tendance.

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Cette année, les organisateurs ont bloqué la rue qui longe la Gallerie d’Art pour y installer divers stands, ainsi que 2 scènes de concerts – l’une avec un groupe de hip-hop débalant des paroles légèrement anarchistes, et l’autre avec des gens qui reprennaient “Dark Side of the Moon“… on peut difficilement faire plus cliché.

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Je vous avoue qu’en me baladant, je me demandais bien ce que tous ces gens vendaient. Des “master kushis”? Des “budders”? Du “honey oil”? Et des bibelots bizarres?

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Heureusement qu’il y avait des gens normaux pour vendre des gâteaux et de la limonade!

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Enfin sauf qu’après en avoir consommé j’avais super chaud, et j’avais encore plus la dalle… allez savoir… et puis je sais plus ce qui s’est passé après, mais je me suis réveillé avec un chat mort dans les mains et un goût bizarre sur la langue. Mais je m’égare, ça n’a rien à voir avec le sujet de cet article.

Comme on pouvait s’y attendre, la police était présente en force. Des camions entiers de CRS étaient… euh… ah non, y’avait juste 4 ou 5 flics en vélo. Au temps pour moi.

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Ah là là, quelle bande de laxistes de gauche, ces Canadiens! Quand Sarkozy sera ré-élu pour un second mandat, j’éspère bien qu’il va nettoyer tout ça au kärsher. Littéralement, hein, j’veux dire. Parce que les manifestations comme ça, généralement, ça laisse plein de déchets par terre.

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Et voilà, c’était 4/20 version 2012!

30 avril 2012

Une vidéo vaut mieux que 10 articles

Alors hop un peu de pub pour Stéphanie qui a participé à ce clip, qui vous illustre des points qu’on a déjà abordés sur ce blog :

Ainsi que d’autres faux-pas culturels que les français font à Vancouver.
Aussi, au Canada lorsqu’on est français, on doit toujours préciser : « de France » sinon les gens croient qu’on est québécois.
Bon visionnage, et s’il y a des private jokes vancouvéroises que vous ne comprenez pas, il faut nous l’indiquer dans les commentaires : ça nous fera de bons sujets d’articles !

22 mars 2012

Le PMU du coin

Pendant que ma femme vous écrit des articles super informatifs à propos de trucs super sérieux, je me suis aperçu que je ne vous ai jamais parlé d’un sujet qui vous brûle la moustache depuis plusieurs années: “c’est quoi l’équivalent du bar PMU au Canada?

(oui, je sais, c’est totalement sidérant comment j’arrive à deviner les questions de mon lectorat)

La réponse, aussi incroyable que ça puisse paraître, est que, euh, il n’y a pas d’équivalent. Désolé. Déjà, les courses de chevaux, c’est pas trop le dada des Canadiens. Ensuite, sur un continent où les établissements franchisés sont ultra-majoritaires, on ne trouve malheureusement pas autant de petits bars du coin où le proprio vous garde votre ardoise jusqu’à la fin du mois et vous interpelle par votre surnom avec un accent régional amusant. Et enfin, dans une province où les réglementations sur la consommation d’alcool sont drastiques, trouver un lieu où on peut s’enfiler un p’tit jaune à 15h30 peinard avec ses potes relève du défi.

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Mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas un lieu typique où les pauvres vont pour discuter du dernier match de foot en buvant des bières dégueulasses et en mangeant des cacahuètes couvertes d’urine des 12 précédents clients. Enfin sauf qu’ici ça sera plutôt, dans l’ordre: hockey sur glace, café jus-de-chaussette, et beignets. Pas d’urine, à priori, donc c’est déjà ça de gagné.

Tim Hortons Café

Vous avez déjà vu ces gobelets remplis de café brûlant? Non? Eh ben soit vous n’habitez pas au Canada, soit vous êtes aveugle – on en voit partout ici. Et ça vient de chez Tim Hortons, une véritable institution Canadienne (vous pensez bien, la chaîne a été fondée par un ancien joueur de hockey).

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Evidemment, ils vous font croire que le café est préparé sur place, un peu comme chez Starbucks, mais on ne me la fait pas, je sais que c’est une immense machination.

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L’autre grande tradition, chez Tim Hortons, c’est les beignets. Ca, les Canadiens ils les aiment leurs beignets… mais je vais pas trop me plaindre vu qu’il est courant que quelqu’un au boulot en ramène une boite de temps en temps pour partager avec ses collègues. Et moi, du sucre plein de gras couvert de gratuité, je suis pour.

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Le pire, chez Tim Hortons, c’est qu’il se passe généralement un truc comme ça à la caisse:

  • “Bonjour monsieur, que puis-je pour vous aujourd’hui?”
  • “Bonjour madame, je voudrais une boite de 12 Timbits, 2 beignets au chocolat, un beignet avec le sorte de pus jaunatre dedans, et un beignet avec des petits bidules arc-en-ciel dessus qui font joli.”
  • “Bien sûr. Une boisson avec cela?”
  • “Euh oui, je vais prendre un café moyen et un chocolat chaud de daube. Et mettez moi un de vos croissants aussi. Ils sont pourris mais j’ai faim.”
  • “Pas de problème. Ca vous fera deux dollars quarante cinq.”
  • “Euh… $2.45? Pour tout ça?”
  • “Oui monsieur, tout est là sur la facture. Vous voulez donner $1 en plus pour des orphelins malades unijambistes?”
  • “UN DOLLAR? Non mais ça va pas, pour ce prix là je peux me reprendre deux douzaines de beignets en plus! D’ailleurs, hop, ajoutez-les moi tout de suite.”

Bon, le dialogue n’est peut-être pas ultra fidèle (à part la fin), mais tout ça pour dire que Tim Hortons, c’est tellement pas cher que ça m’a troué le cul les 2 fois où j’y ai été. Comparez ça à un café super tendance frenchouille du quartier bobo avec la déco industrio-Européenne où pour juste le même chocolat chaud de daube et le même croissant moisi vous en avez pour $32 (avant taxes et pourboire)…

Bref:Tim Hortons. Allez-y, sinon vous n’avez pas eu l’expérience Canadienne complète.

19 octobre 2011

Toilettes méga-publiques

On avait il y a longtemps abordé les grandes différences d’hygiène et d’organisation des toilettes entre la France et le Canada, et plus spécialement à quel point les toilettes publiques sont ici relativement peu privées (c’est con à dire comme ça mais c’est important!)… eh bien j’ai récemment trouvé les pires des toilettes possibles, dans un centre commercial de Seattle:

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Vous voyez les portes? Ouaip, elles ne vont pas beaucoup plus haut qu’une hauteur d’épaule, et si vous êtes assez près, vous pouvez faire coucou au mec qui fait caca sans avoir besoin de vous mettre sur la pointe des pieds. Ca donne envie, non?

24 août 2011

Les ados, ces gros nazes

Au Canada, quand on vient d’avoir eu son permis de conduire, on doit mettre pendant quelques temps un “N” sur le cul de la voiture de ses parents pour indiquer qu’on est un gros n00b. Sauf que les adolescents canadiens, qui sont pas beaucoup plus malins que les adolescents français, ils tournent l’autocollant de 90 degrés pour que ça fasse un “Z”.

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Vous voyez? Genre le mec il veut avoir l’air cool alors qu’il conduit une Honda Civic toute moche.

Aaah ces jeunes… de mon temps on était pas aussi nazes…

18 juin 2011

Riot 2011

Voilà que s’achève une semaine bien agitée pour Vancouver.. si vous n’y habitez pas, vous avez probablement vu dans les journaux ce qui s’y est déroulé mercredi soir, mais le plus important est ce qui s’est passé jeudi… mais récapitulons un peu d’abord.

Mercredi soir, les Canucks de Vancouver affrontaient les Bruins de Boston en finale de la coupe Stanley, un des trophées les plus importants en hockey sur glace. Les enjeux étaient de taille (pour ceux qui se soucient de ce genre de truc), mais je vous redirigerai vers mon article d’il y a 3 jours si vous voulez plus de détails. L’important est de savoir que la dernière fois où les Canucks etaient en finale, en 1994, ils avaient perdu et des émeutes avaient éclaté en centre-ville. Malgré l’optimisme ambiant dans la ville depuis le début de la semaine, tout le monde se demandait ce qui arriverait après le match.

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On pouvait se dire que c’était mal parti en voyant le nombre abherrant de gens venus regarder le match dans les “fan-zones” du centre-ville sur écran géant. Là où, pour les matches précédents, tout le monde était gentiment assis par terre, c’était tellement blindé mercredi soir que tout le monde était debout, inconfortablement serrés, et avec une vue souvent obstruée de l’écran géant.

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Il y avait aussi plus de crétins que d’habitude, entre ceux qui arrivaient déjà tout excités à coups de “Fuck Boston!”, et ceux qui escaladaient tout et n’importe quoi pour mieux voir.

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Il n’y avait pourtant pas grand monde de bourré, d’après ce que j’ai pu voir. Les magasins d’alcohol avaient été forcés de fermer en milieu d’après-midi, et la police contrôllait l’entrée des “fan-zones” pour empêcher l’introduction de boissons alcoolisées et d’objets dangereux.

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Assez rapidement, un doute planne quand même sur la ville. Les Bruins sont clairement meilleurs, et les Canucks, endormis, se font mener 1-0, puis 2-0, puis 3-0… Avant même que le score final ne soit atteint (un honteux 4-0), les gens commençaient déjà à partir. Certains parce qu’il étaient juste dégoûtés, mais d’autres (par exemple les familles avec enfants) parce qu’ils craignaient des violences à venir. A la fin du match, certains balancent leurs déchets vers l’écran géant et d’autres commencent à s’exciter. Un feu est allumé dans une poubelle… c’est le début d’une émeute pas comme les autres.

Imaginez un petit groupe de gens qui font un feu, puis vont renverser une voiture un peu plus loin…. et des dizaines de milliers de gens autour qui regardent et prennent des vidéos avec leur téléphone (il y avait plus de 100.000 personnes répartis sur quelques pâtés de maison à l’origine). C’est assez surréel. Alors que tout le monde allait partir dépité, tout d’un coup il y a un truc excitant qui se passe et ils décident de rester pour voir. C’est con les gens.

Face à une foule émotionellement volatile et en quête des sensations fortes qui lui ont manqué pendant le match, la police prépare l’équipement anti-émeute à quelques blocs de là. Mais un ami raconte comme ça s’est passé: à la simple vue des boucliers et des casques, les gens qui s’en allaient changent d’attitude et font demi-tour pour aller voir ce qui se passe! C’est con les gens.

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S’il est facile de décrire à quel point les réels casseurs – ceux qui ont brûlé les premières voitures, cassé les premières vitrines et dévalisés les premiers magasins – sont des petits cons de racailles qu’on devrait nettoyer au kärcher (je vous fais un mix sarkoziste pour l’occasion parce que j’ai pas trouvé grand chose dans les discours de Ségolène), on ne pourra jamais assez répeter à quel point tous ces gens qui sont restés plantés là comme des moutons sont aussi des crétins de premier ordre. Entre les gros blaireaux qui se prenaient fièrement en photo devant les voitures en feu et ceux qui poussaient des cris d’encouragement aux casseurs, tous ces gens ont largement empêché la police de faire son travail. Sans eux, les forces de l’ordre auraient été en mesure d’intervenir immédiatement et d’arrêter le petit groupe de vandales avant qu’ils ne fassent plus de dégâts ou qu’ils motivent d’autres à les rejoindre.

L’émeute en elle-même était ensuite très classique – mais simplement à une échelle vancouvéroise: une quinzaine de voitures retournées et brûlées, une dizaine de magasins vandalisés, et la police montée canadienne sur leurs beaux chevaux. Mention spéciale pour la police, d’ailleurs, qui est restée totalement de marbre face aux déluges d’insultes, de débris, et de gens qui s’embrassent par terre (oui, je sais, cette photo a été expliquée et c’est pas vraiment ça qui se passe, mais bon…).

Tout ça nous amène donc à ce qui est le plus intéressant, et qui ne sera probablement pas relayé dans les journaux étrangers.

Comme d’habitude de nos jours (et d’autant plus sur la west coast), ça commence sur Twitter et Facebook. Pendant la nuit, des milliers et des milliers de vancouvérois font part de leur indignation face aux évènements qui se déroulent en direct sur les télévisions locales. C’est qu’en France on est blasés, mais pour les gens de Vancouver, c’est du jamais vu. Enfin, du très rarement vu. Genre une fois tous les 15 ans (chez nous en France c’est limite une fois tous les 15 jours…). Et c’est probablement inconcevable pour des français, mais les vancouvérois sont réellement attachés à leur ville – sa beauté, sa propreté, la civilité bien canadienne de ses habitants, leur sens communautaire, leur communion avec la nature, leur yoga, leurs petits chiens dans des poussettes, leur magasins de produits organiques hors de prix, leur… euh, je m’emballe un peu mais bon, vous voyez le topo. Voir des émeutes pareilles se dérouler au coeur de leur ville était un réel choc. Ils étaient si fiers d’avoir pu montrer leur belle ville au monde entier pendant les Jeux Olympiques – c’était pas pour qu’une bande de voyous lui détruise sa réputation en une soirée. Beaucoup de vancouvérois étaient donc motivés pour rétablir l’image de marque de leur ville le plus vite possible.

Avant minuit déjà des groupes de volontaires s’organisent pour venir nettoyer le centre ville. D’autres groupes, sur Facebook ou Tumblr, essaient de traquer les photos et vidéos postées par les milliers de couillons dont on a parlé précédemment, et qui permettront au moins d’identifier un bon nombre de vandales, pilleurs, pyromanes… ou juste de rigoler un peu. Le nombre de photos disponibles est ahurissant, la traque est sans pitié, mais la tâche est bien facile puisque ces idiots vont pour la plupart se vanter de leurs actions sur leur profil Facebook, dont des captures d’écran seront rapidement postées sur internet et envoyées à la police. Enfin, une tendance nait consistant à poster articles, photos ou vidéos qui montrent comment Vancouver c’est pas du tout des gens qui pètent des vitrines et qui gueulent, mais bel et bien toujours l’un des meilleurs endroit où vivre au monde grâce à la civilité bien canadienne de ses habitants, sa nature, son yoga, ses petits chiens dans… euh… enfin bref, que c’est top moumoute.

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A 10h le lendemain matin la ville est déjà complètement nettoyée par les services municipaux aidés de centaines de volontaires. Ces volontaires auront d’ailleurs quelques jours plus tard droit à un petit déjeuner offert par The Bay ainsi que quelques autres cadeaux de remerciement de la part des commerces du quartier. Les seuls indices des émeutes de la nuit sont les abris de bus endommagés et les vitrines des magasins remplacées par du contre-plaqué.

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Des vancouvérois decident alors d’ecrire sur les panneaux de The Bay (un équivalent canadien des Galleries Lafayettes): messages de soutien pour les Canucks, messages d’excuses pour les propriétaires de magasins ou pour le monde entier, mots d’amour pour Vancouver, sa nature, son yoga, ses petits chiens dans des… MERDE, c’est dingue ça, désolé, je sais pas, ça vient tout seul. Bref. Tout le monde y va de son petit mot sentimental.

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En fin d’après-midi, il est difficile de trouver une seule planche vierge en centre-ville.

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Une voiture de police, dont Véronique a des photos, est également soudainement recouverte de post-its de remerciements à la police vancouvéroise qui, si on peut lui reprocher un certain manque de préparation et de prévention, a quand même très bien géré la situation.

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Comme le disait la même Véronique, qui m’a ôté les mots des doigts, ça montre à quel point le Canada, et particulièrement Vancouver, est bel et bien le “pays des bisounours”, comme on aime à l’appeller. Et en tant que gros français cynique poilu, je ne me lasse pas de m’extasier sarcastiquement devant ces différences de mentalité… mais ça me rappelle aussi pourquoi j’ai quitté la France, et pourquoi je me suis installé ici.

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30 mai 2011

Le jeu des differences pas importantes: les rues et les avenues

Je sais pas vous, mais moi, après toute une enfance passée en France, je me suis habitué à certains trucs vis-à-vis de la signification des mots. Par exemple, une “entrée” (en français dans le texte) désigne le plat qui précède le plat principal, et non pas le plat principal lui-même (les trois quarts des restaurants nord-américains s’entêtent à penser le contraire). Et une douche, c’est ce que tout le monde prend le matin pour être propre et sentir bon – c’est pas un truc pour se nettoyer le vagin.

Dans le même genre, quand on me parle de rues et d’avenues, je m’imagine des voies de circulation urbaines plus ou moins grosses… mais pas ici. Regardons rapidement une carte de Vancouver:

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Voilà, hop, c’est déjà n’importe quoi. Ils ont plein de petites avenues (une pour chaque pâté de maison) qui croisent une grosse rue. Ca devrait pas être l’inverse?

En fait, au Canada (ainsi que dans d’autres pays comme les Etats-Unis), la plupart des villes adoptent un système où les dénominations de “rue” et “avenue” sont données aux axes orientés dans un sens donné. Ainsi, à Manhattan, les rues sont orientées d’Est en Ouest, alors que les avenues sont orientées du Nord au Sud. A Vancouver, comme vous pouvez le constater, c’est l’inverse – les avenues sont orientées Est/Ouest et les rues Nord/Sud (vous vous rappellez qu’ici on a un système routier en grille, j’espère?). Il n’y a pas vraiment de standard, chaque ville fait ce qu’elle veut (et certaines ont un systeme encore complètement différent).

Là où ça devient le bordel, c’est que certaines de ces villes (et plus particulièrement Vancouver) se sont développées en l’espace de quelques décennies plutôt que quelques siècles. Les responsables de la planification urbaine n’ont pas toujours pris le temps de renommer les voies ou de prévoir de la place dans les numéros pour des futurs quartiers. Ainsi, vers Strathcona et Grandview-Woodlands, au Nord de la 1ère Avenue, toutes les rues sont, euh, des rues (c’était ça ou numéroter les avenues avec des nombres négatifs). Et le gros axe qui traverse le quartier s’appelle “Commercial Drive”, alors que le suffixe “Drive” est d’habitude réservé aux rues semi-privées qui vous amènent chez un particulier.

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Vous avez aussi d’autres subtilités comme les rues interrompues: si vous avez un obstacle, genre un parc, un lac ou je sais quoi, une rue peut se terminer en cul-de-sac, et reprendre de l’autre côté. Par exemple, ici, “Osler Street” (orientée Nord/Sud, donc… vous suivez un peu, oui?) s’arrête devant le Jardin Botanique de Van Dusen et continue vers Sud.

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C’est super pour trouver une addresse non? Et ça c’est sans compter les rares (mais bien réelles) occurences de rues et d’avenues portant le même nom.

Bref, prenez un GPS quand vous partez en vadrouille…

1 mai 2011

L’art d’attendre le bus: le retour

Si vous êtes un lecteur de longue date, vous vous rappellez peut-être que l’un de mes premiers chocs culturels en arrivant à Vancouver était la découverte qu’ici les gens font la queue pour attendre le bus. Genre une vraie queue, l’un derrière l’autre, et on monte chacun à son tour sans essayer de gruger. Aujourd’hui, pour vous montrer que ça peut prendre des proportions incroyables, je vous ai fait une petite vidéo:

17 avril 2011

Prenez la télécommande, l’infirmière sera là dans une minute

Vous avez déjà vu le générique de Dexter? Ou n’importe quelle scène se déroulant dans une salle de bains nord-américaine? Vous savez, le genre de scène pendant laquelle les personnages se nettoient bien consciencieusement les dents avec du fil dentaire? Ouais, eh ben vous savez combien de fois j’ai utilisé du fil dentaire pendant mon quart de siècle passé en France? Zero… ce qui est aussi le nombre de fois où l’un de mes dentistes m’aurait recommendé de le faire.

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La première chose qu’on m’a dit en arrivant ici, c’est “monsieur Chabant, vous êtes au Canada, maintenant, et chez nous, on flosse” (du verbe “flosser”, anglicisme totalement assumé parce qu’on utilise tellement peu de fil dentaire en France qu’on a même pas de verbe pour en désigner l’usage). Et juste après, on m’a dit “alongez-vous, prenez la télécommande, l’infirmière sera là dans une minute”.

Hein?

Je sais pas pour vous, mais tous les dentistes que j’ai eu en France étaient des bonhommes qui faisaient leur truc tout seul. On a droit à ses trous-de-nez poilus et à une grosse lampe dans la gueule assis dans un coin de son bureau. Mais un peu comme pour les rendez-vous chez le médecin, les différences entre les dentistes français et canadiens commencent avec le décor: on va dans une “clinique dentaire” où plusieurs dentistes exercent et passent de salle en salle plutôt que chez un dentiste particulier où on se fait soigner dans son bureau. Ensuite, le dentiste ne s’occupe que des procédures médicales à proprement parler – pour tout ce qui est nettoyage et entretien des dents, les infirmières s’occuperont de vous. Vous avez toujours la lampe dans la gueule, mais la petite étudiante en dentisterie est quand même plus mignonne que le gros dentiste barbu (non pas que ça aide beaucoup puisqu’elle va quand même vous charcuter les gencives mais bon, on fait ce qu’on peut pour oublier). En plus, comme je le mentionnais précédemment, les cliniques dentaires semblent souvent avoir une télévision au plafond ainsi que des écouteurs sans fil, si jamais vous voulez vous changer les idées pendant la séance de torture (mais bon, en semaine, à 10h30, y’a pas grande chose d’autre à la télé que des trucs genre “Maitresses et patients”…). Ah là là, une télévision au plafond, moi, ça me laisse rêveur pour notre chambre à coucher… mais ça serait beaucoup de boulot à installer, il faudrait virer le miroir et toute la déco “peau de zèbre” alors bon, pfiou…

Ma femme me dit que son dentiste en région parisienne avait aussi la TV, mais alors ça, c’est les parisiens, ils se la pètent tout le temps… chez moi dans le Nord, on avait juste un marteau, une perceuse, et du ciment (j’exagère à peine).

Enfin bref, si c’est pas la panacée niveau médecine générale à Vancouver, on trouve par contre que les soins dentaires sont de meilleure qualité ici. Et non, c’est pas (seulement) à cause de l’infirmière!