14 septembre 2008

Les écureuils de Central Park

On le savait déjà, mais par ici, ils se font pas trop chier pour donner des noms. Donc si y’a un parc situé vaguement au centre de la ville, hop, ils l’appellent « Central Park« .

Central Park

Y’a quelques temps, on est allés faire une balade là-bas, et à peine 20 secondes après être entrés dans le parc on aperçoit des écureuils qui courent partout. Jusque là, rien de bien exceptionnel puisqu’on croise des écureuils un peu n’importe où à Vancouver, ainsi que dans la plupart des autres villes canadiennes. La différence était que ces écureuils là sont vraiment super pas farouches du tout comparés aux autres.

Ecureuil gris

Dix minutes plus tard, on remplace « pas farouches » par « bêtes affamées prêtes à tout ». Apparemment, les écureuils de Central Park prennent les humains pour des distributeurs de bouffe ambulants…

What do we want? When do we want it?

En tous cas, si vous voulez des photos d’écureuils, c’est l’endroit.

Ecureuil noir

14 août 2008

Choisis ta plage

L’été à Vancouver, vous pouvez être soit au bord de l’eau avec plein de gens…

Au bord de l'eau avec plein de gens

…soit au bord de l’eau tous seuls en amoureux…

Au bord de l'eau tous seuls

La bonne réponse était bien sûr « j’emmerde l’eau, je reste sur mon canapé à jouer à des jeux vidéo« . Merci bien, bonsoir.

6 août 2008

Interlude: pour nous faire pardonner

Bon okay, ça fait longtemps qu’on a pas posté, mais il se passe plein de trucs ces temps-ci, pfiou, je vous raconte pas. Du coup, pour se faire pardonner, voilà des photos de raton-laveurs prises au Stanley Park.

Allez, si, avouez, c’est mignon un raton-laveur, ça vous rend heureux pour la journée… Regardez-moi ce petit regard vicieux et stupide, cette fourrure dégueulasse, et ces griffes pleines de maladies affreuses… Aaaah, la majestueuse nature canadienne, c’est beau.

I Can Haz Cheezburger?

Le corbeau, un grand rival du raton-laveur: tous deux se battent pour bouffer les restes de MacDo dans les poubelles du parc.

Le Duel

Enfin tout ça c’est bien sympa mais c’est moins fun qu’un bon pigeon parisien (je parle des oiseaux, hein). Au moins, c’est facile à choper pour donner des coups de pied dedans quand on veut se défouler (après reflexion, non, en fait, ça marche pour tous les types de pigeons parisiens).

6 juillet 2008

English Bay en été

C’est l’été, il fait beau, et y’a des gens qui se baignent dans l’océan à 5 minutes en vélo de chez nous…

English Bay en été

Oui, c’est bien Vancouver, non ce n’est pas retouché… dingue non?

10 mai 2008

Super infos du jour

Cette semaine, Vancouver a été nommée « ville canadienne la plus mieux bien pour les piétons » par la Fédération Canadienne De Médecine Pédiatrique. Oui madame. Et si vous êtes toujours pas convaincus que Vancouver c’est vraiment tip top bien, je vais devoir vous déterrer des prix encore plus moisis, genre « meilleure ville pour acheter de la pâtée pour chien« , par l’Association Nord Américaine Des Propriétaires de Caniches Nains, ou la « ville la plus agréable quand on a hémorroïdes« , par la Fédération Internationale Des Gens Qui Ont Des Hémorroïdes.

Les critères de sélection qui ont placé Vancouver en première place incluent apparemment l’esthétique naturelle de la ville, les parcs, et le système de transports publics. Apparemment, le fait de risquer sa vie à chaque croisement n’a pas joué beaucoup sur la décision finale. En plus, quand on regarde le classement, on ne trouve aucune des autres grandes villes canadiennes dans le top 15. C’est louche. Y’a pas de trottoirs à Montréal ou quoi?

Pendant ce temps, on m’annonce que Pascal Sevran est mort, mais cette fois-ci, c’est pour de vrai, il parait.

Eh ouais, c’est qu’il y a de l’info de qualité sur ce blog, dites donc.

7 mai 2008

We are traffic

Critical Mass (« Masse Critique« ), c’est un évènement qui se déroule tous les derniers vendredis du mois, à 18h, à la Gallerie d’Art de Vancouver, en centre-ville. Le principe est simple: un tas de gugusses avec des vélos se réunissent et font une petite balade à travers la ville pendant deux ou trois heures.

Le seul hic: le « tas » de gugusse peut parfois atteindre plusieurs centaines de ces gugusses sus-cités.

Masse critique à la Vancouver Art Gallery

Démarré à San-Francisco en 1992 avec moins d’une cinquantaine de participants, le mouvement a vite gagné en popularité et le concept s’est exporté dans pratiquement toutes les grandes villes du monde. Puis dans plein de moyennes villes. Et dans les patelins perdus de campagne. Et enfin à Vancouver.

Critical Mass au bord de l'océan

L’organisation, l’ambiance, ainsi que le public type d’une Critical Mass varient grandement d’une ville à l’autre. Outre le dénominateur commun d’aimer faire du vélo, les participants auront pour la plupart des tendances politiques pro-environnementales. Ensuite, selon les cas, il peut y avoir un peu de sensibilisation concernant l’usage du vélo (plutôt que la voiture), un poil de dénonciation des problèmes d’aménagements urbains (manque de pistes cyclables, carrefours dangereux), voire même être un vecteur d’exposition pour les altermondialistes, les anti-OGM, les pro-Tibet-Libre, le fan club de Demis Roussos, et j’en passe et des meilleures. Selon les villes et l’humeur locale, une Critical Mass peut être amicale ou revendicatrice, être une balade à vélo pépère ou une manifestation de désobéissance civile. Rien que pour vos beaux yeux, j’ai donc été m’infiltrer dans ce repaire de communistes anarchistes sournois pour voir ce qu’il en est ici à Vancouver.

D’abord, une Critical Mass, c’est zéro organisation. Enfin en tous cas en apparence. Le principe est tout bêtement de faire du vélo en un gros bloc soudé, histoire de pouvoir profiter de la route sans craindre les voitures qui dépassent, changent de voie, etc. Des « partners » (« partenaires« ) partent en avance et s’occupent de retenir les voitures le temps que tout le monde passe un croisement, un peu comme s’il s’agissait d’un convoi exceptionnel. A chaque feu, il est donc de bon alloi de crier un « Merci partenaires! » aux quelques cyclistes arrêtés sur les côtés. Il est aussi demandé de laisser passer les piétons qui désirent traverser.

Le trajet emprunté est à priori totalement improvisé. Dans certaines villes, on vote sur internet quelques jours avant, il parait. Moi je me suis contenté de suivre.

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Après chaque pont, ou chaque grosse montée, tout le monde s’attend. Le rythme est touristique, mais sans être trop lent. En attendant les retardataires, les gens chantent et papotent et font connaissance. Certains soulèvent leurs vélos en criant pour affirmer leur suprémacie éphémère de la route (et aussi avoir l’air très stupide). Je dois avouer que c’est plaisant de pouvoir foncer sur un gros axe comme Georgia ou Burrard sans se soucier des voitures.

Critical Mass sur le Lions Gate Bridge

La plupart des gens qui regardent les cyclistes depuis le trottoir affichent, tout comme pratiquement tous les participants, un grand sourire. La plupart ont aussi un regard de totale incompréhension. Les quelques-uns qui crient « Mais qui êtes-vous? » reçoivent bien souvent des réponses troublantes du genre « Des gens qui aiment faire du vélo!« . Les gens dans les voitures, à ma grande surprise, sont également globalement contents de voir ce genre de manifestation. Ils doivent attendre quelques minutes que tout le monde passe, mais crient des encouragements ou klaxonnent joyeusement pour soutenir la troupe. Les chauffeurs de taxis ou de bus affichent une lassitude sans fond. Enfin, certains conducteurs klaxonnent d’énèrvement, mais dans le bordel ambiant, ça ne se remarque pas trop.

La police et Critical Mass

C’est là où la police entre en jeu. Des agents de police accompagnent les cyclistes afin de régler les problèmes avec les quelques chauffeurs impatients qui sont malheureusement parfois à deux doigts de foncer dans le tas pour gagner trois précieuses minutes sur leur emploi du temps du vendredi soir. Les partenaires se jettent alors sur la voiture dès qu’elle fait mine de démarrer, afin de l’empêcher de mettre en danger les autres cyclistes. La discussion qui suit commence généralement par le conducteur qui crie très fort, puis menace d’appeller la police, et enfin s’empare de son téléphone portable (s’il n’était pas déjà en communication pendant qu’il conduisait). Les agents de police s’approchent alors pour expliquer gentiment au gars que oui, bon, okay, les cyclistes ont pas vraiment spécialement d’autorisation officielle, mais d’un autre côté, c’est pas spécialement illégal, enfin si, peut-être, mais bon, voilà, monsieur, attendez encore deux minutes et on en parle plus, c’est comme ça tous les mois, tenez, prenez un joint, ça vous calmera, par contre, faites-moi le plaisir de cacher cette bière.

Au moins une fois pendant la balade, ça ne rate pas, il y a un gars qui crie quelque chose du genre « Et qui vous donne le droit de bloquer le traffic?!« , ce à quoi répondent en coeur les cyclistes « On ne bloque pas le traffic, on est du traffic!« .

Un grand vélo

La Critical Mass de Vancouver semble assez sympathique et innocente. Quelques originaux viennent déguisés ou font la balade sur des drôles d’engins. Il y a assez de monde pour que ça soit notable, mais pas trop non plus, pour pas que le défilé dure 10 minutes, auquel cas tout le monde détesterait les cyclistes, ce qui irait à l’encontre du but recherché. Cela n’empêche pas, au bureau, de trouver quand même des gens qui trouvent ça honteux, et qui vous regarderaient de travers s’ils apprenaient que vous participez à ce genre d’activité méprisable (c’est les mêmes qui viennent au boulot tous seuls dans leur grosse voiture). Ca n’empêche pas non plus de trouver parmi les cyclistes des gens dont l’attitude conquérante vis-à-vis des voitures est tout aussi triste (c’est les mêmes qui vont vous emmerder parce que vous achetez du thon en boite).

Anecdote amusante, l’un des candidats à la mairie de Vancouver (les élections municipales sont en novembre) a participé à la Critical Mass du mois dernier, faisant un petit discours où les promesses sur les aménagements urbains et les transports en commun ont fusé. La semaine suivante, il a sûrement été au salon de la voiture et de la moto pour promettre plus de parkings et de stations essence (ouais, je suis un vieux réac’ français cynique, et alors?), mais bon, c’est le geste qui compte (ou pas). Après tout, je m’en fous, j’ai même pas le droit de voter, en fait, je suis un sale étranger qui pique le travail des honnêtes canadiens.

Les trotinettes sont autorisées

Et voilà. Si le concept vous plait, vous pouvez vous renseigner sur la Critical Mass de votre patelin. Si le concept ne vous plait pas, vous pouvez quand même vous renseigner, et répandre des clous par terre à proximité du lieu de rendez-vous. Ca leur apprendra à ces sales hippies.

Critical Mass sur le pont de Burrard

22 mars 2008

Du déplacement pédestre dans un système routier en grille

Dans un récent article, on a abordé le système routier en grille de Vancouver, ainsi que les avantages que ça apporte. Un avantage que je n’ai pas mentionné est la généricité d’un tel système en ce qui concerne les déplacements.

Par exemple, le déplacement suivant:

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…est équivalent au déplacement suivant:

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…si on considère que l’important, c’est le point de départ et le point d’arrivée.

Il s’agit alors de trouver, parmi les nombreuses possibilités de déplacement, laquelle sera la plus rapide.

Contexte et postulats

Comme je me déplace principalement à pied personellement, je ne vais parler que de piétons ici. Ensuite, comme on se déplace sur une grille, la distance est la même quelque soit la trajectoire (si on ne prend évidemment en compte que les trajectoires directes qui ne font pas de détour). Si on exclut les considérations telles que les variations de vitesse en fonction de la pente, le seul facteur réellement impactant dans le temps de trajet est le temps d’attente aux feux rouges.

J’ai écrit un petit programme permettant de simuler le trajet d’un pieton à travers une grille, duquel je tire les diagrammes et les chiffres que je donne dans la suite de cet article. Les hypothèses de départ sont les suivantes:

  • Du point de vue du piéton, les feux de circulation sont aléatoires. En vérité, ils sont plus ou moins synchronisés, mais comme cette synchronisation est faite pour les voitures, qui se déplacent de manière significativement plus rapide que les piétons, elle est totalement perdue pour une vitesse moyenne de marche. De plus, une différence de quelques pourcents dans la vitesse de marche amène une grande différence dans l’état des feux rencontrés pendant le trajet. Comme il s’agit ici de trouver un algorithme générique qui ne dépend ni du lieu géographique, ni du piéton, j’ai opté pour un modèle aléatoire de feux de circulation.
  • Le temps de feu vert et de feu rouge est de 30 secondes chacun. En bon français, on traverse en courant comme un sagouin au feu orange clignotant, donc je compte ça comme un feu vert.
  • La grille est uniforme, et chaque intersection est identique. En pratique, il y a sûrement quelques endroits dans votre quartier où la grille est « cassée » d’une manière ou d’une autre. Sur mon trajet journalier pour aller au bureau, par exemple, je sais qu’en longeant le B.C. Stadium, j’avancerai de 3 pâtés de maison sans rencontrer d’intersection, et donc garanti sans feu rouge. J’optimise donc mon trajet matinal en donnant un biais à mon algorithme de manière à passer par là si cela semble bénéfique.

Le but du jeu est, partant d’une intersection donnée, aller à une autre intersection donnée. Disons que cette destination est le croisement de la rue Latitude (qui est « horizontale », orientée d’est en ouest) et de la rue Longitude (qui est « verticale », orientée du nord au sud).

Quelques algorithmes simples

L’aglorithme le plus simple, voire le plus stupide, consiste à aller tout droit en partant de chez soi jusqu’à atteindre la rue Latitude, puis de remonter cette rue jusqu’à atteindre Longitude.

Un algorithme toujours simple, mais un peu plus malin, consiste à traverser systématiquement la rue du côté où on voit un feu vert. Une fois de l’autre côté, on continue sur sa trajectoire. Si on atteint l’une des deux rues terminales (Latitude ou Longitude), on se contente alors d’aller tout droit jusqu’à la destination. J’ai appellé cet algorithme « algorithme opportuniste ».

Pour mes tests, j’ai considéré 4 types de trajets: 5×5, 5×10, 10×10 et 10×20, où les deux chiffres correspondent au nombre de pâtés de maison à traverser respectivement vers l’est et vers le nord (on démarre donc « en bas à gauche » et on va « en haut à droite »). Ces 4 trajets sont simulés 100.000 fois pour chacun des algorithmes, et le temps d’attente total de chaque trajet est enregistré (le temps d’attente total d’un trajet étant la somme de toutes les attentes à tous les feux rouges rencontrés). Je n’ai pas été au delà de 10×20 car j’estime qu’une distance plus grande incitera à prendre son vélo ou les transports en commun, à moins qu’on soit en train de se balader, auquel cas on est pas pressé. Pour information, mon trajet pour aller au bureau est de 7×8.

On peut déjà constater que l’algorithme opportuniste est non seulement nettement plus efficace que l’algorithme stupide, mais aussi plus sûr.

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On constate également que l’algorithme opportuniste rencontre moins d’attente en moyenne pour un trajet 10×10 qu’un trajet 5×10, alors que c’est un trajet plus long. Mon interprétation est que comme 5×10 est un trajet plus « étroit », le piéton peut plus rapidement déboucher sur la rue Longitude, et se retrouver à devoir avancer bêtement tout droit, sans aucun autre choix que d’attendre à chaque feu rouge. Le trajet 10×10, par contre, est « large », et permet au piéton d’avoir plus de « marge de manoeuvre » pour tourner à droite ou à gauche en fonction des feux.

Un peu d’optimisation

On peut légèrement améliorer l’algorithme opportuniste, de manière simple. Lorsqu’on se retrouve à un coin sud-ouest d’un pâté de maison (juste après avoir traversé la rue, donc), plutôt que de continuer dans la direction qu’on suivait précédemment, on se dirigera dans la direction vers laquelle il nous reste le plus de chemin à parcourir. Ainsi, si on est est plus près, en nombre de pâtés de maison, de la rue Longitude que de la rue Latitude, on ira vers le nord. Sinon, on ira vers l’est. Cet algorithme est « l’opportuniste légèrement malin ».

Cette optimisation donne des résultats assez frappants:

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Un peu plus d’optimisation (enfin, une tentative)

J’ai ensuite écrit deux nouveaux algorithmes: « l’opportuniste malin », et le « sacrificiel ». Ces deux algorithmes ont pour but de corriger le problème que j’ai mentionné à propos des trajets « étroits », et de la situation peu désirable d’aboutir sur une rue terminale alors que l’autre rue terminale est à plusieurs pâtés de maison de là. Il s’agit donc de laisser plus de « marge de manoeuvre » au piéton en essayant d’atteindre les deux rues terminales le plus possible en même temps, même s’il faut sacrifier un peu de temps au milieu du trajet.

L’opportuniste malin reprend l’algorithme de l’opportuniste légèrement malin, mais y ajoute la variation suivante:

  • Si on se trouve plus proche d’une des deux rues terminales par rapport à l’autre (par exemple on est à 2 pâtés de maison de Longitude, et à 5 de Latitude), on peut ignorer un feu vert et préférer, si possible, tourner en restant sur le même bloc afin de se diriger vers la rue terminale la plus lointaine. Par exemple, si on est au coin nord-ouest d’un bloc et que le feu vert nous permettrait de traverser vers le nord, mais qu’on se trouve très proches de Latitude, on ne va pas traverser, et plutôt longer le bloc vers l’est afin de se rapprocher de Longitude.

L’algorithme sacrificiel, lui, va plus loin, acceptant de faire des sacrifices:

  • Si on se trouve vraiment très proche d’une des deux rues terminales, on veut absolument continuer vers la rue terminale la plus lointaine, même si cela veut dire qu’on se tape un feu rouge.
  • On n’accepte de se taper un feu rouge que si ce feu rouge est « bien mûr », à savoir qu’on ne l’a pas vu passer au rouge alors qu’on approchait. J’estime que si le feu dure 30 secondes, on peut raisonnablement savoir si un feu est rouge depuis au moins 20 secondes, car cela veut dire qu’il est rentré dans le champ de vision du piéton 30 mètres environ avant que celui-ci l’atteigne. Le piéton peut en plus s’aider du feu perpendiculaire, qui devrait clignoter en orange si le croisement va bientôt basculer de sens. J’ai utilisé 2 instances de cet algorithme: un qui accepte de se taper des feux rouges vieux d’au moins 20 secondes, et un qui accepte ceux vieux d’au moins 25 secondes (ce qui veut dire qu’on sacrifie, au plus, 10 et 5 secondes respectivement).
  • On n’accepte de se taper un feu rouge que si l’on est significativement plus proche d’une rue terminale que d’une autre. Les 2 instances de l’algorithme utilisent également 2 réglages différents pour cela: une qui accepte de sacrifier du temps si on est 3 fois plus loin d’une rue terminale que d’une autre, et une qui accepte lorsqu’on est 4 fois plus loin.
  • Les 2 instances sont nommées, dans les graphes ci-dessous, « Sacrifical 3/-10 » (3 fois plus loin, 10 secondes) et « Sacrificial 4/-5 » (4 fois plus loin, 5 secondes). Le premier algorithme est donc plus prompt à sacrifier du temps à un feu rouge que le deuxième.

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D’abord, on constate que l’opportuniste malin est en fait moins efficace que l’opportuniste légèrement malin. Je pense que c’est tout simplement parce qu’on fait l’erreur de troquer un « gain certain » (un feu vert) pour un « gain hypothétiquement plus grand » (ignorer le feu vert et aller à une autre intersection pour se rapprocher de la rue terminale la plus lointaine, mais s’exposer à la possibilité d’avoir un feu rouge mal placé). Cette erreur est un phénomène assez classique de psychologie humaine, et est bien souvent peu bénéfique, comme on peut le voir également dans des jeux comme « Deal Or No Deal« , connu pendant un temps dans l’hexagone sous le titre « A prendre ou a laisser« , alias « La Boiboite D’Arthur« .

L’algorithme sacrificiel, lui, permet de grapiller quelques secondes dans certains cas, notamment les cas où, justement, il y a peu de marge de manoeuvre dès le depart (trajets courts ou « étroits »), mais perd de son intérêt pour les voyages longs et « larges ». De plus, il est légèrement moins sûr que la plupart des autres algorithmes. N’oublions pas également que dans le monde réel l’évaluation de l’âge d’un feu rouge peut être gênée par divers phénomènes, tel que l’obstruction de la vue du piéton, par exemple, ce qui rend l’application de cet algorithme plus délicat.

Conclusion

Il me semble que l’algorithme opportuniste légèrement malin est le plus efficace, surtout si on le combine subtilement, ici et là, avec un peu d’algorithme sacrificiel, notamment quand on se retrouve à des distances trop inégales des deux rues terminales, et qu’on est relativement sûr de son évaluation de l’âge d’un feu rouge (la plupart du temps parce que le feu perpendiculaire clignote depuis plusieurs secondes). Enfin, lorsqu’on combine le tout avec une certaine connaissance du quartier, on peut faire des trajets sans aucun temps d’attente à aucun feu rouge dans la majorité des cas!

Si vous avez repéré des erreurs, ou que vous avez des suggestions, n’hésitez pas à poster un commentaire. Et pour ceux qui vont inévitablement me dire que c’est beaucoup s’embêter pour économiser 23 secondes par jour, je leur dis « crotte ». En plus, ces gens là ne sont sans doute pas ingénieurs, donc ils ne peuvent pas comprendre qu’être ingénieur c’est plus qu’une formation, un métier, une passion… c’est un véritable mode vie! La quête du savoir! La soif d’optimisation! La joie de gaspiller du temps et de l’argent à travailler sur des choses inutiles! Sans oublier la compulsion à acheter plein de gadgets hors de prix, et le plaisir de chauffer son appartement uniquement avec leur effet Joule! Rah la la, vous savez pas ce que vous ratez les gars.

9 mars 2008

Les amoureux sur les bancs publics

Les amoureux, c’est bien connu, ils se bécotent sur les bancs publics. Par contre, s’ils sont fénéants, agoraphobes, voire morts, pas de panique, ils peuvent quand même se retrouver sur un banc public sous la forme d’une dédicace.

Banc dédicacé

Pratiquement tous les bancs publics dans l’agglomération de Vancouver ont des dédicaces de ce genre incrustées sur leur dossier. En fait, j’ai l’impression que c’est assez courant dans les villes d’amérique du nord en général. Je n’avais jamais vraiment remarqué ça en France, donc je ne sais pas si ça existe… quelques fidèles commentateurs habitant l’hexagone pourront peut-être aller vérifier dans le parc public le plus proche?

En tous cas, si vous avez des thunes à balancer par la fen… investir dans un cadeau romantique, il suffit de faire un don généreux à la ville, dont la valeur dépendra du type d’installation sur laquelle la dédicace sera inscrite. Par contre, comme je le disais, il ne reste plus beaucoup de bancs encore vierges, donc il se peut qu’il ne vous reste plus que celui de l’arrêt du bus 4 sur Powell et Columbia, ou celui de l’ère de pique-nique du Lynn Canyon Park où un couple et leur enfant ont été déchiquetés puis violés par un ours bourré.

26 janvier 2008

Le parc de la Reine mère

Le Queen Elizabeth Park est situé à une quinzaine de minutes du centre-ville, sur une petite colline de 160m d’altitude, surnommée "Little Mountain" au 19ème siècle. Transformée en carrière au tout début du 20ème siècle lorsqu’il a fallu trouver des pierres pour poser les premières routes pavées de Vancouver, elle est ensuite restée à l’abandon pendant les années 30 jusqu’à ce que le terrain soit placé dans les mains du Comité des Parcs Vancouverois, qui se tatait alors pour transformer toutes les carrières du coin en jardins municipaux. Après la visite royale de 1939 du Roi George VI et madame la Reine mère, c’était enfin officiel, le Queen Elizabeth Park présentait aux visiteurs le premier arboretum municipal du Canada, avec des échantillons des divers arbres qu’on trouve en Colombie Britannique.

Queen Elizabeth Park (1)

On y trouve aussi plein de fleurs, des petits ponts, des chemins secrets, des cours de golf, tennis, et basketball, et des grandes étendues d’herbe pour pic-niquer1.

Fleurs au Queen Elizabeth Park

Avec un cadre mignon comme ça, il est courant de croiser des gens en costards et grandes robes blanches en train de se faire prendre en photo.

 Queen Elizabeth Park (2)

A part ça, il y a le Bloedel Floral Conservatory, qui contient sous son dôme géodésique une serre et une volière, où les oiseaux peuvent voler librement.

Géodesie

Et… euh… bah voilà, quoi. C’est un parc, mince, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise de plus, moi? Y’a des parcs à tous les coins de rue, de toutes façons, en Amérique du Nord… Bon, allez, en cherchant bien, celui-là, il a des jets d’eau. Hop. Ouais. Incroyable.

Jets d'eau au Queen Elizabeth Park

Et on peut avoir des jolies vues sur la ville, avec les montagnes au fond. Hop. Ouais. Incroyable aussi. Genre on voit pas ça déjà à tous les coins de rue.

Queen Elizabeth Park (3)

Et… euh… c’est tout. Okay, c’est joli, c’est calme, c’est vert, et ça manque de crottes de chien… C’est un parc, quoi…

Ouais, incroyable.

1 Ou niquer tout court, si c’est votre truc (allez, pas la peine de faire genre vous êtes choqués, je suis sûr que vous y pensiez, à celle là).

16 janvier 2008

Grouse by night

Après Cypress de nuit voici Grouse Mountain de nuit. Cette fois-ci, je ne suis pas monté à pied, j’ai plutôt pris le Skyride comme tout le monde (de toutes façons, le sentier du Grouse Grind est officiellement fermé l’hiver).

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Donc voilà, vous aviez vu les photos des lumières de Grouse vues depuis le centre ville, et maintenant, vous voyez les lumières du centre ville1 vues depuis Grouse! Si c’est pas une mise en abyme profonde de la quintessence luminique futile de notre perception humaine, je sais pas ce que c’est2.

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Normalement, histoire d’être complet, il faudrait que j’aille à Mount Seymour, le mont le plus à l’est, mais il parait que c’est assez plat, et qu’on y trouve que des pistes bleues et vertes. C’est par contre parfait pour faire du ski de fond, des randonnées en raquettes, ou pour apprendre à skier.

Moi je me contenterai d’alterner entre Cypress et Grouse. En plus, quand je suis tout seul, je peux utiliser la fameuse file d’attente pour les gens qui n’ont pas d’amis. Et même qu’après, je rentre en bus et en métro avec tous les autres skieurs, et ça sent bon la transpiration givrée dans la rame. Ca change des odeurs habituelles, remarquez.

1 En pratique, on voit jusqu’à Surrey et Richmond en grand banlieue.

2 La bonne réponse était bien sûr: « c’est rien du tout, ta phrase c’est du flan qui veut rien dire« . Ma copine ajouterait aussi sans doute « pauvre naze« . Elle est gentille, ma copine.