25 octobre 2010

Le lac de l’alouette

Alouette Lake, situé à environ 1 heure et demi de Vancouver, était à l’origine nommé “Lillooet Lake” jusqu’à ce que les gens s’aperçoivent qu’il y avait déjà un lac de ce nom plus au nord. Pas très malin. Afin de garder une sonorité similaire, le lac a été renommé (et francisé) “Alouette Lake” en 1914.

IMG_6734

Le lac est semi-artificiel – il a énormément grossi depuis l’installation d’un barrage à la fin des années 1920 – et fait maintenant presque 10km de long. La Alouette River Management Society s’assure depuis 1993 que les intérêts de BC Hydro (qui possède le barrage) ne piétinent pas trop les plate-bandes des animaux indigènes.

Bref, tout ça c’est bien beau, mais pour les jeunes cadres modernes et urbains que nous sommes, Alouette Lake c’est surtout le coeur du parc provincial Golden Ears, internationalement (in)connu comme le lieu de tournage du premier “Rambo”, et localement plus connu comme destination estivale de week-end. On y trouve principalement des familles (pour le sacro-saint barbecue et la détente au bord de l’eau), et des groups d’adolescents (pour faire les crétins dans l’eau, fumer des joints, et s’adonner aux joies des relations sexuelles non protégées debout contre des cèdres roux tri-centenaires).

IMG_6768

L’endroit où on a été se trouve au milieu de la rive ouest du lac. Une fois garé au parking, vous descendez pendant une dizaine de minutes le long d’un sentier qui mène à la plage en longeant une rivière où vous trouverez les adolescents sus-mentionnés. Contrairement à d’autres endroits autour du lac, cette plage de sable et galets n’a pour seuls aménagements qu’une paire de toilettes turques, ce qui fait qu’il y a sans doute beaucoup moins de monde qu’ailleurs.

IMG_6787

Autour du lac, les montagnes sont magnifiques, s’élevant très haut sur ce qui semble être une distance extrêmement courte. Comme souvent, à Vancouver et dans ses environs, on peut être en short/t-shirt au bord de l’eau et pourtant voir de la neige sur les sommets avoisinnants.

IMG_6742.jpg

Bref, à part l’invention du “bagel burger” (oui, on était à court de buns), pas grand chose de notable: surtout de la glande en écoutant le clapotis de l’eau et la guitare de votre humble serviteur.

Quand je vous disais que j’étais occupé cet été…

IMG_6740

13 septembre 2010

Dog Mountain

IMG_6548

3 août 2010

La plage désastreuse

L’été, quand il fait trop chaud, le plus facile pour se rafraichir c’est d’aller se foutre à poil sur la plage. Si, si, je vous assure, c’est le plus facile.

A Vancouver, Wreck Beach, située à l’extrémité ouest de la ville juste derrière l’Université de Colombie Britannique, vous offre une vue imprenable sur l’Océan Pacifique, les montagnes alentours, et les fesses de vos voisins. C’est une des plus grosses plages nudistes d’Amérique du Nord, mais c’est aussi surtout une plage où les hippies sur le retour et les jeunes homosexuels aiment se libérer des contraintes de la société urbaine moderne. Comprendre: vous verrez plus de bites flétries que de poitrines gonflées par le désir de vivre.

Pour y accéder vous devrez descendre le long de l’un des divers sentiers qui descendent la falaise du campus de UBC jusqu’au bord de mer. Et par “sentier”, je veux plutôt dire “escalier”.

IMG_9518

Après un bon nombre de marches, on arrive à la plage. L’escalier n’est pas énorme (j’veux dire, c’est pas le Grouse Grind, non plus), mais il est quand même assez long pour se dire que ça va être dur de se retaper tout ça après la sieste.

IMG_9519

La plage est litéralement au pied de la falaise. C’est mignonnet.

IMG_9524

Je vous ai épargné les photos de gens prises de près, mais je vous confirme, ils sont tous à poil. Le plus étrange c’est qu’on en a vu certains qui sont certes à poil, mais qui gardent quand même leur sens pratique: des chaussures pour pas se faire mal aux pieds, un chapeau et un court t-shirt pour pas crâmer au soleil, etc… bref, des gens habillés normalement, à l’exception du slip. Dans un autre registre, mention spéciale au petit vieux à poil tout frippé qui vend des boissons fraiches.

IMG_9525

Comme vous pouvez le voir, la plage s’enfonce très lentement dans la mer, ce qui la rend très propice au skimboard.

IMG_9527

Sur la plage, vous pourrez aussi acheter diverses bricoles auprès des quelques hippies honteusement capitalistes qui y sont installés.

IMG_9520

Ah oui, petit avertissement: quand vous faites face à la mer, vous pouvez aller vous balader soit à gauche, soit à droite (il y a de nombreux chemins de balade à travers la foret de UBC). N’ALLEZ PAS A GAUCHE.

Sûr, à gauche, c’est joli, y’a des petites plages privées et autres coins romantiques avec vue sur la mer… mais bon, moi j’dis ça, j’dis rien, y’a des chances de tomber sur des scènes inavouables. L’étiquette de la plage a beau officiellement condamner ce genre de trucs (point numéro 4), on ne peut de toute évidence pas mettre l’amour en cage… enfin, sauf s’il est en string à l’intérieur de la cage et qu’il y a de la techno à fond la caisse, mais ça c’est une autre histoire.

4 mai 2010

Parce que c’est choli

Je suis en train de trier mes photos pour voir sur quoi je vais poster pendant le printemps, et hop, je tombe sur des photos mignonettes de la vue depuis un télésiège de Cypress, prises y’a pas longtemps lors du dernier jour de la saison (d’où le peu de neige sur les sommets). J’avais déjà posté des photos similaires (et plus jolies) les années précédentes (et prises en milieu de saison avec plein de neige) mais bon, ça fait office de rappel pour les nouveaux lecteurs.

Vue depuis Cypress (2)

Vue depuis Cypress (1)

L’une des nouveautés cette année c’est qu’ils ont laissés les cercles olympiques en haut du half-pipe. On y trouve tout un tas de gens qui font la queue pour grimper dedans et se prendre en photo.

Cercles olympiques

2 avril 2010

C’est l’printemps

C’est le printemps et comme d’hab’ je m’y suis pris trop tard pour aller voir les cerisiers en fleur (surtout les espèces qui fleurissent en premier et qui ont les couleurs roses les plus vibrantes).

Cerisier en fleur

Enfin bon j’ai une excuse cette année vu qu’on était partis en vacances pendant tout le mois de Mars, et qu’avec l’hiver étrange qu’on eu (vous vous rappellez des camions qui amènent la neige?), la plupart des cerisiers ont bourgeonné plusieurs semaines plus tôt que d’habitude. D’ailleurs, si vous voulez vous tenir au courant de l’actualité cerisique (oui j’aime bien inventer des mots), vous pouvez aller sur le site du Vancouver Cherry Blossom Festival qui vous donnera entre autres une carte avec les emplacement des plus jolis cerisiers.

Cerisier au Stanley Park

C’est pas grave, on peut regarder d’autres trucs en fleur, aussi… y’a pas que les cerisiers dans la vie!

Truc en fleur

26 janvier 2010

Pour les pigeons

Le downtown eastside, qu’on trouve dans la partie est du centre ville, est de loin le quartier le plus démuni de Vancouver. Il est aussi l’un des quartiers les plus polémiques avec l’arrivée imminente des jeux olympiques… mais la mairie vient de faire taire (au moins temporairement) certaines mauvaises langues en bouclant les travaux de Pigeon Park, une petite place triangulaire sur Carrall et Hastings.

Pigeon Park (1)

Cette place était jusque récemment principalement occupée par des fournisseurs et consommateurs de drogues dures, et les bancs squattés par des sans-abris. Il n’était pas inhabituel de trouver des seringues usées ou des excréments humains par terre. Le problème c’est qu’à un pâté de maison de là on trouve Gastown, avec ses bars huppés et ses vieux immeubles industriels transformés en lofts bobos, et Chinatown, avec ses jardins, ses marchés, et son festival du nouvel an qui tombera pile pendant les J.O. Et des touristes qui, en se trompant de rue, peuvent tomber sur des drogués et des odeurs de caca, ça fait pas super classe.

Pigeon Park (2)

Lorsque la municipalité avait annoncé le projet de revitalisation du downtown eastside il y a 3 ans, des gens avaient prédit que certains travaux traineraient en longueur histoire de garder les “indésirables” en dehors des zones touristiques. Mais au bout du compte, c’est la municipalité qui a eu le dernier mot… et si la théorie de la vitre brisée est un minimum vraie, ça pourrait être le début d’une réhabilitation pour un quartier malheureusement bien connu.

En retournant dans le downtown eastside avec mon appareil photo, j’ai pu encore une fois constater que ses habitants sont pourtant sympathiques et prompts à engager la conversation. Vous obtiendrez par exemple bien souvent des recommendations de photos ou de balades. J’en profite d’ailleurs pour vous raconter cette rencontre que j’ai eu l’année dernière avec un barbu du quartier:

Le barbu

J’avais discuté avec lui pendant une bonne demi-heure de photographie, d’architecture et de sculpture. Il avait suivi, disait-il, les cours de l’Université Emily Carr en art et design, mais avait ensuite enchainté les problèmes… il ne s’est pas attardé sur le sujet mais avait mentionné de rôle de la drogue, et un accident qui l’a privé de sa main gauche, remplacée par un crochet mécanique. Il semblait toutefois toujours motivé par toute forme de création artistique. Après m’avoir indiqué des endroits intéressants à prendre en photo, il m’a confié qu’il abordait parfois des photographes amateurs pour leur demander de prendre une photo spécifique. Il m’avait ainsi raconté, le sourire aux lèvres, comment il avait repéré une fois un mannequin dans une vitrine de magasin récemment abandonné. Il manquait une main au mannequin. Il avait donc convaincu un passant de le suivre, s’était glissé dans la vitrine à côté du mannequin, enlevant son crochet et prenant la même pose. Il aurait aimé voir la photo finale mais est simplement content d’avoir eu l’idée.

Le truc con c’est que j’ai oublié de lui demander son nom.

22 décembre 2009

Les piverts c’est méchant

Ben oui, c’est méchant, ça défonce complètement les arbres.

Arbre defonce

Et voilà le coupable. Il est loin parce que j’avais pas mon zoom ce jour-là.

Pivert

Vancouver Biennale

Ca y est, le mystère des oeuvres de… euh, d’art… a été résolu. Il s’agit d’une exhibition bi-annuelle bien nommée “Vancouver Biennale”. Sur le site officiel, on peut trouver les noms, auteurs, et descriptions de chaque oeuvre. Celles dont on avait parlé ici sont par exemple “Meeting”, de Wang Shugang, et “Pillows”, de Liu Jianhua. Les panneaux “stop” mentionnés dans les commentaires sont probablement “The Stop”, the Michael Zheng.

L’itération courante de l’exposition a été lancée officiellement mi-Novembre, ce qui explique pourquoi on voit plein de truc bizarres autour de chez nous depuis quelques temps, et devrait durer jusqu’en 2011 avec une trentaine de sculptures et le double d’oeuvres dites “nouveaux médias”.

8 décembre 2009

“Si tu sais pas ce que c’est, c’est probablement de l’art”

Tout est dans le titre pour expliquer ces trucs qu’on trouve le long de la promenade du front de mer entre Canada Place et le Stanley Park.

Par exemple, on trouve des coussins, et des monsieurs qui semblent faire caca.

Coussins par terre

Messieurs qui font caca

Monsieur qui fait caca

Donc oui, c’est probablement de l’art.

7 novembre 2009

Le saumon c’est pas beau, mais les aigles, oui

C’est super bon (surtout fumé), mais c’est pas beau. Voyez un peu:

Saumon mort

La photo a été prise au bord de la rivière Harrisson, à environ 1h de voiture à l’est de Vancouver. Et c’était la loose:

  1. Pour des gens qui habitent dans une région avec autant de saumons, et qui en plus en bouffent abondamment dès que l’occasion se présente, c’était un peu la honte de pas savoir à quoi ça ressemble en vrai (parce qu’entre les dessins qu’on nous montre dans les livres, et un gros truc moche mort par terre à moitié bouffé, y’a une sacrée différence). Ca nous a pris bien 10 minutes de discussion profonde pour se rendre compte que, euh, qu’en fait y’avait un panneau explicatif 30 mètres derrière nous. Merci BC Parks.
  2. Avec une cinquantaine de ces gros bestiaux échoués sur une plage de 200 mètres de long, et à force d’être bombardés de messages écologistes sensationalistes par les médias, notre premier réflexe était de chercher une grosse usine polluante capitaliste. Mais non, en fait, le même panneau explicatif nous informe que c’est bien en octobre/novembre que les saumons finissent leur migration. Vous savez, le truc où ils remontent les rivières pour aller baiser comme des fous avec plein d’étrangers, et ensuite, pour la plupart, mourir de fatigue avec le sourire aux lèvres. De toute évidence, on était tombés sur un lendemain de partouze.
  3. Le mois de novembre est, du coup, une super occasion de voir des aigles de près parce qu’ils viennent bouffer les cadavres échoués des saumons. Sauf, bien évidemment, ce jour là. Pas un seul aigle en vue. La dèche. Et c’était, genre, 5 jours avant le début du Festival de l’Aigle Chauve de la Vallée Fraser. Genre, style, genre. Merci bien, les aigles.

Mais bon, c’est pas grave, pas besoin de se taper 1h de voiture pour aller voir des aigles, on en a en centre ville. Eh ouais, c’est le Canada, ma bonne dame. Le pays où la nature chie sur votre voiture et essaie de tuer votre chat.

Du coup, hop:

Aigle chauve

Je sais pas ce que vous en pensez, mais c’est tout de suite un peu plus classe, je trouve. Il s’agit d’un pygarge à tête blanche, plus connu sous le nom d’“aigle chauve”, et encore plus connu comme l’emblème national des Etats-Unis. Il s’agit d’ailleurs là d’une autre source de raillerie entre le Canada et nos voisins du sud puisqu’on observe généralement plus d’aigles chauves par ici que par chez eux. Mwouah ha ha, les cons.

La photo a été prise cet été à côté de Vanier Park, où un couple d’aigles a fait son nid. On peut y voir les parents aller et venir, s’occuper de leurs deux petits, et tenir les corbeaux à distance. La Société Ecologique de Stanley Park recense les nids d’aigles de Vancouver et les surveille de près. Par exemple, si un aiglon tombe du nid et se blesse gravement, il sera probablement rapatrié chez la Société de Réhabilitation de Vie Sauvage, à Delta. Parce que ouais, c’est con un aiglon.