12 avril 2012

Commander un café Starbucks : le tutoriel utile

Vous êtes fraîchement débarqué de France, c’est votre première balade dans les rues de Vancouver. Un peu dépaysé, vous cherchez une enseigne familière. Starbucks vous saute à l’œil et vous rentrez pour commander un café.
Short Blonde with a Double Chocolate Brownie
Quelle chance, il n’y a personne. Vous vous dirigez vers la caisse et demandez « a coffee please » à la serveuse, dynamique et souriante. La jeune femme ne semble pas satisfaite, elle baragouine quelque chose. Votre anglais est un peu rouillé mais vous avez assez compris pour reconnaître qu’on vous demande quelle taille de café. D’un ton confiant, vous répondez :

– Small please

– OK tall coffee [baragouine très vite]

– Euh no, SMALL please

– Yes tall [baragouine encore plus vite]

Le client derrière vous vient à votre secours. Il vous rassure que oui oui, tall c’est la plus petite taille de café. La serveuse confirme. Ah OK, bizarre. Bon. Vous sortez votre carte bleue. « On visa, please« . La serveuse recommence à vous parler très très vite. La file derrière vous s’allonge. A tout hasard, vous articulez un timide « Yes ». Clairement ce n’était pas une option valide. La serveuse n’en a pas fini avec vous, mais on arrive quelque part. Vous reconnaissez « medium » et « dark« . Ah bah « medium » alors.

Vous ressortez finalement avec votre café en main. Mais tout penaud. Et un peu triste de constater l’énorme queue qui s’est accumulée pendant que vous commandiez. Tout ce stress aurait pu être évité avec un peu de préparation. Voici en trois étapes comment commander comme un pro chez Starbucks.

Etape 1 : Je me familiarise avec les tailles

Starbucks, ils se la pètent avec des tailles qui sonnent italien. Enfin certaines. Mais pas toutes. Selon votre manque de sommeil, vous allez donc commander, du plus petit au plus grand :

  • Tall
  • Grande
  • Venti

Attention, pour un expresso on vous demandera si vous voulez 1 ou 2 shots.

Plus avancé : il y a aussi la taille short qui n’est pas annoncée sur le menu mais que l’on peut commander pour se la péter. Short c’est plus petit que tall. Logique, pour une fois.

Etape 2 : Je révise mes classiques

Entre les types de boissons que vous pouvez choisir, les tailles, et les modifications possibles (ajouter du sirop, du caramel, remplacer le lait de vache par du lait de soja, se faire la version skinny…), il y a des milliers de combinaisons possibles. On ne va parler que des classiques, et vous aurez bien l’occasion d’explorer les boissons et options plus farfelues du menu Starbucks lorsque vous vous sentirez en confiance.

Expresso

Si vous voulez une boisson qui ressemble à ce que vous dégusteriez au bar PMU du coin, vous avez probablement intérêt à demander un expresso. Attention à bien préciser 1 ou 2 shots.

Americano

Moi ce que j’aime c’est le jus de chaussette. Un americano, c’est ce qui ressemble le plus à notre café allongé : on prend un expresso et on rajoute de l’eau.

Coffee

Une autre version du jus de chaussette. On vous demandera la torréfaction : blonde, medium ou dark roast.

Latte

Alors on pourrait penser qu’il s’agit d’une façon prout-prout de décrire le café au lait. Pas du tout. Si vous voulez un café au lait, demandez un café simple, et vous pourrez ajouter lait, crème et sucre à volonté vous-même. Ils sont en libre service sur une table séparée, avec les touillettes, les gaines en carton pour pas se brûler les doigts, et les couvercles pour pas renverser son café sur un bébé en le buvant dans les transports en commun.

Déjà le latte, c’est fait avec de l’expresso. Il y a bien du lait. Mais pour justifier la différence de prix, le lait est chauffé à la vapeur en mousse très légère puis versé dans l’expresso. Ca donne une consistance différente et assez sympa. Ca équilibre très bien le riche brownie double chocolat qui vous tentait dans la vitrine.

Macchiato

Attention, rien à voir avec le café latte. Là, on verse d’abord la mousse de lait et après on ajoute l’expresso. Je vous le disais, rien à voir donc. Du coup Starbucks ils ajoutent du caramel et pour se faire comprendre il faudra demander un « caramel macchiato ». Bien que ce soit au menu, celui-là, j’ai eu un peu de mal à le commander. Je le mettrais donc dans la catégorie « avancé ».

Je vous invite à jeter un coup d’œil sur Wikipedia pour plus de détails sur le latte et la différence avec le macchiato.

Cappuccino

Alors moi j’ai vécu dans l’erreur pendant très longtemps. Lorsque je commandais un cappuccino en France, je m’attendais à déguster un mélange de café avec du chocolat et de la crème chantilly. Et c’est d’ailleurs bien souvent ce que j’obtenais.

Il se trouve qu’en fait le cappuccino, c’est une variante subtile du latte. Certaines sources disent que la différence est dans les proportions. D’autres dans le type de lait. D’autres que le cappuccino est saupoudré de chocolat. Dans tous les cas, je vous invite à plutôt commander un latte ou un mocha.

Mocha

Ce que j’ai appelé cappuccino pendant les trente premières années de ma vie est en fait un mocha. C’est ça le fameux mélange d’expresso, chocolat et crème chantilly. Miam.

Etape 3 : Je répète pour le grand jour

La clé pour éviter les questions piège c’est de donner d’emblée le plus d’information possible à la serveuse. Alors choisissez votre boisson et entraînez vous à bien articuler…

– Hello, I would like an expresso please. 2 shots.

– Can I get a tall Americano please?

– Short blonde please.

– I’d like a grande latte with one of your delicious double chocolate
brownies.

La serveuse peut décider de vous piéger au dernier moment avec des questions inattendues ou un commentaire sur le temps, mais vous devriez obtenir vaguement ce que vous vouliez.

Et si je veux pas aller chez Starbucks ?

Starbucks se distingue par ses noms de tailles farfelus et sa sélection de boissons. Et aussi son personnel lavé du cerveau qui ne comprend pas lorsque vous parlez anglais (genre small, medium, large). Mais quelle que soit l’enseigne, « a coffee please » n’est pas une option valide à Vancouver. On va vous demander au moins la taille, combien de sucres/laits dans certains endroits, et la torréfaction.

Ce qui est rigolo c’est qu’apparemment les américains ont aussi des problèmes pour commander leur café en France, comme en témoigne le blog de Véronique à Seattle (ne pas confondre avec notre Véronique habituelle de Vancouver).

 

Eh bien voilà, vous êtes prêt à commander votre café Starbucks. A vous de jouer !

  • Élodie

    Ah, dites-donc, moi je suis à l’opposé extrême de vous, je rencontre les mêmes problèmes!

    Pis ce soir, je vais au… Starbuck et… je bois pas de café! La première fois que j’y suis allée (y’a deux mois), ma copine à commandé un « chocolat au lait de soja » pour moi (je bois pas de lait — ouais je sais, je cumule!) et quand est venu la question de la taille, je me suis faite avoir pareil! J’ai effectivement eu l’air d’une sous-dév fraîchement débarquée. Donc ce soir, soit je fais style que je sais commander, soit je fais la muette et je montre avec les doigts, soit je laisse ma copine commander pour moi (Question subsidiaire : ma maman ne comprend pas pourquoi on lui a mis du sucre dans son café alors qu’elle n’en a pas demandé! Moi je ne comprends non plus!)

    Bien le bonjour chez vous 🙂

  • laure

    Merci Elodie et bonne chance pour ce soir !

  • Ah ah, voilà un article qui devrait figurer dans tous les guides touristiques du monde ! Même sans la barrière de la langue, le Starbuck est un temple dont le dieu aurait besoin d’une bible !

    En Belgique d’où je viens, il y a trois Starbucks, dont deux à l’aéroport national. Alors en y passant un jour j’ai voulu entrer dans ce temple du café. J’ai passé dix minutes devant les « cartes » à chercher le mode d’emploi et puis j’ai renoncé.

    Au deuxième essai (des mois plus tard), j’étais accompagnée alors je n’ai pas pu faire ma lâche. J’ai choisi un macchiato caramel, complètement au hasard. Et c’était tellement bon que je l’ai imité chez moi et j’en bois souvent.

    En Finlande, ma patrie d’adoption, où la consommation de café est paraît-il de huit tasses par personne et par jour, on ne boit qu’un seule type de café, pas de choix et pas d’ennuis. Le problème c’est que c’est un jus de chaussette immonde. On ne peut pas tout avoir.

  • Laurent

    Ahah tout à fait ça.
    Parfois je prend un Frappuccino, mais je ne sais pas vraiment ce qu’il y a dedans…

  • laure

    Nathalie : Oui le macchiato c’etait pas mal ! Pour les besoins de l’article, je me suis fait une petite degustation quotidienne des boissons mentionnees plus haut. Et le macchiato caramel fait partie des bonnes surprises.

    Laurent : je me suis contentee des basiques. Mais la prochaine fois je tente le frapuccino !

    Je ne suis encore jamais allee dans un Starbucks en France, mais j’aurai peut-etre l’occasion d’y remedier lors de mon prochain passage. Lorsque nous sommes partis, Starbucks venait tout juste de debarquer sur le territoire francais. Je me demande bien s’ils sont entres dans les moeurs en 5 ans.

  • Laurence

    À noter que ce genre de problèmes arrivent aussi dans certains snacks ou petits restaus. Je me rappelle encore du premier petit-déjeuner que j’ai voulu commander : et vos oeufs vous les voulez comment « scrambled, over easy, poached, sunny side up, sunny side down… and your toast « white, brown, whole grain, whole wheat, with herbs, poppy seeds… » Argh!

    Toujours être préparé. Toujours observer avant de se lancer.

    PS: Et le jour où dans un « vrai restau » vous comprenez les plats du jour qui vous sont annoncés par une serveuse sous stéroïdes, dans une ambiance de boite de nuit, vous savez que ça y est, la phase d’adaptation est terminée. L’assimilation vous guette.

  • Laurence

    … et soeury for les fôtes.

  • laure

    Laurence : quelles fautes ? J’avais meme pas remarque… Sinon tres bonne idee de post, commander des oeufs dans un restaurant. Avec photos a l’appui ca peut faire un tres bon tutoriel ca 😉

  • excellent tuto, beaucoup d’esprit et beaucoup de style: merci!

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