21 mars 2012

Congé Parental

Et voilà le premier article de la série promise sur les enfants. On va parler du congé parental en Colombie Britannique. Pour les amoureux des détails in English, hop, voici une description complète.

Pour résumer, le congé parental est long et très flexible, mais il faut prévoir une baisse de revenus.

Entre le congé maternel et le congé parental, la maman peut toucher des indemnités pendant un an. Et il est courant pour les mamans de s’arrêter un an ou presque. Moi j’avais pris 11 mois pour bébé #1 et j’ai prévu de prendre 10 mois pour #2.

Le congé maternel (15 semaines) est réservé à la mère biologique. Le congé parental (35 semaines) peut être demandé par la mère, son partenaire, ou encore les parents adoptifs. Les plus observateurs d’entre vous ont déjà remarqué : mais… 15 + 35 semaines, ca fait pas 52 semaines ! Bon, OK, on nous prend une sorte de franchise de deux semaines. C’est pas pour rien que ça s’appelle « assurance emploi ».

Ce que je trouve une super idée, c’est que les deux parents peuvent se partager le congé parental comme ils veulent : à eux de se mettre d’accord sur le nombre de semaines que chacun souhaite prendre. Ils n’arrivent pas à se mettre d’accord ? Pas de problème, le gouvernement canadien a une formule magique secrète. Les parents peuvent prendre leur congé simultanément ou alors l’un après l’autre. J’apprécie que le partenaire ne soit pas laissé pour compte ! Lorsque j’étais en congé maternité pour #1 nous habitions en centre ville de Vancouver. En me promenant en journée je croisais beaucoup de papas qui portaient un nourrisson. Moi je suis une grosse radine et je me prends tout le congé parental pour moi. Enfin… Ludovic peut avoir deux semaines par ci par là. Mais dans les cas où la maman gagne plus d’argent que le papa, c’est bien d’avoir le choix. Et n’oublions pas les papas qui veulent passer du temps avec leur nourrisson ! Là vous allez me demander : « mais avec bébé #2 en banlieue tu vois quoi ? ». Très bonne question. Je croise des petites vieilles qui m’engueulent si mon enfant n’est pas assez couvert (« mais il est où son bonnet ? ») et me donnent des conseils super utiles lorsque bébé se met à pleurer dans les endroits publics (« il a chaud », « il a froid », « il est trop stimulé », « il a faim »). Aaaargh. J’ai hâte de vieillir pour donner des conseils aux jeunes mamans innocentes.

En pratique, je ne suis pas la seule radine qui ne partage pas son congé parental : les données de 2006 de Statistique Canada indiquent que seulement 23% des pères qui ont droit au congé parental le prennent. Mais 55% des pères prennent un congé de quelque sorte. La majorité des pères sont de retour au boulot un mois après la naissance de leur dernier enfant. Cela-dit, entre 2001 et 2006, le nombre de pères qui prenaient un congé suite à une naissance (tous types de congé confondus j’imagine) était en hausse constante, donc on peut penser que ces nombres sont supérieurs en 2012.

Niveau financier, on touche une proportion du salaire mais c’est plafonné à un peu plus de 1600 CAD nets par mois. Pour donner une référence, on louait notre tout premier appartement à Vancouver pour environ 1500 CAD par mois. C’est une somme appréciable et appréciée mais il faut avoir prévu la baisse de revenus !

Certaines boîtes complètent les indemnités gouvernementales de l’employée qui vient d’avoir un enfant. Ca fait partie du « benefit package » propre à chaque employeur. D’après Statistique Canada, en 2008, une femme sur cinq qui bénéficiait des indemnités de congé maternité, obtenait des compléments de la part de son employeur, pendant 19 semaines en moyenne. En retour, la plupart de ces boîtes exigent que leur employée s’engage à retourner auprès de son employeur pour une durée minimale. Moi, pas de chance, je fais partie du 80% !

Autre flexibilité : c’est la maman qui décide quand elle souhaite s’arrêter. On n’est pas mises à la porte du boulot six semaines avant la date de naissance prévue. Pour mes deux enfants, j’avais arrêté le boulot trois semaines avant la date de naissance prévue et j’ai trouvé ça très bien pour #1 (qui est très bien élevé et est arrivé une semaine en avance) et un peu long pour #2 (qui est beaucoup moins gentil avec sa maman et est arrivé plus d’une semaine en retard).

En comparant grossièrement avec une copine en France, j’avais eu l’impression que le système français est plus avantageux financièrement si les mamans veulent retourner rapidement au travail (genre dans les quatre mois) mais que les deux systèmes se valent à peu de chose près si la maman souhaite prendre un congé de presque un an. De ce que je peux constater, les mamans reprennent le travail rapidement en France. Initialement, pour bébé # 1 j’avais dit à mon employeur que je retournerais travailler après six mois. Mon chef m’avait répondu avec un petit sourire en coin « OK je note, mais on en reparlera dans six mois ». Evidemment, quand les six mois sont passés, j’ai demandé à prolonger : je ne me voyais pas du tout abandonner mon pauvre petit chéri aux soins de quelqu’un d’autre ! Par contre, quand il avait un peu plus de 10 mois, j’étais bien contente de reprendre le travail.

Si vous avez une expérience différente à partager, que ce soit au Canada, en France ou même ailleurs, n’hésitez pas à commenter !

Edité le 22 mars 2012 – statistiques sur les pères.

  • Au Québec, c’est à peu près la même chose mais 50 semaines « seulement ». Par contre, il faut effectivement prévoir la baisse de revenu parce que ça fait quand même mal! Mais je ne me voyais pas « abandonner » ma fille plus tôt non plus et moi je me suis arrêtée 1 mois avant sa naissance à cause du temps de transport en plein été mais comme elle est arrivée une semaine en retard, j’ai trouvé le temps long!

  • laure

    J’avais lu aussi qu’au Quebec, le montant des indemnites decroit – on recoit plus pendant les premieres semaines et plus on reste en conge, moins on recoit d’indemnites. J’avais trouve ca interessant comme systeme !
    Je te comprends – un mois + 1 semaine a attendre ca fait long. Avec #2, je commencais a lire tous les trucs de grand-mere pour declencher « naturellement » l’accouchement.

  • ça marche aussi pour les parents qui adoptent. Je connais deux couples à Vancouver qui ont adopté et dans les deux cas ils se sont partagés le congé parental à peu près à 50/50 entre le père et la mère.

  • laure

    Apparemment les couples qui adoptent sont plus egalitaires que les parents biologiques !

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  • Au Québec si tu prends 50 semaines, les 25 premières sont à 70% (18 maternité+7 parentale), les 25 suivantes à 55%.
    Si tu prends « que » 40 semaines, c’est 75% tout le long (15 semaine de maternité et 25 de parentale), par contre le père n’a que 3 semaines de paternité contre 5 si la mère prend le long congé…

  • laure

    Ah, au Quebec, le pere a des semaines rien que pour lui alors ?

  • Le père a un congé paternité de 3 ou 5 semaines selon ce que la mère prend. Il n’y a rien de propre au père an BC?

  • laure

    Pas a ma connaissance (j’aurais loupe un truc ?). Le pere prend son conge sur le conge parental.

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  • Marie

    Bonjour,
    Merci pour votre blog. Il décrit la vie en Colombie-Britannique d’une façon plus juste que ce que j’ai pu lire dans mes recherches. je suis du Québec et me demande depuis un an si je devrais faire le saut vers la C.-B., là où l’hiver semble moins pénible qu’ici. Je me demande comment fonctionne les garderies là-bas. Est-ce qu’il faut réserver sa place longtemps en avance? Je dois m’attendre à payer combien, en tenant compte des programmes de remboursement offerts par le gouvernement?
    Merci de partager votre vécu avec nous!

  • Comme dans la plupart des pays, il faut reserver sa place en creche
    limite avant d’avoir concu l’enfant! Ca coute dans les 1100$ au debut
    (quand l’enfant a environ 1 an), et ca tombe dans les 800$ (entre 3 et
    5ans) juste avant d’aller a l’ecole… en tous cas pour les creches de
    groupe, pour lesquelles les places sont limitees (sinon c’est des prix
    similaires pour les nounous).