21 février 2010

Trucs olympiques: c’est dingue ce qui se passe dans la rue

Comme le dit Véronique, en ce moment, il se passe des trucs incroyables qu’on ne reverra probablement jamais à Vancouver… et comme il ne me semble pas que les médias français y apportent une quelconque attention, voilà rien que pour vous un petit aperçu de l’atmosphère urbaine de ces derniers jours.

D’abord, c’est blindé de monde. Tenez, ça, c’est Granville Street un vendredi soir.

Granville Street during the olympics (2)

Sûr, il peut éventuellement y avoir une foule similaire à ce point précis pendant un autre évènement bien ponctuel, mais là, c’est comme ça presque tous les soirs. En plus, dans une moindre mesure, y’a aussi plein de monde le long de plusieurs autres grands axes du centre ville, dont la plupart sont fermés à la circulation… et moi, un centre ville à moitié piéton, ça me plait, ça me rappelle mon Lille natal.

Le truc bien, aussi, c’est que c’est pas blindé genre “t’avances à 1km/h et tu te fais écraser les pieds” – il y a toujours de la place pour naviguer. Par contre, il faut s’attendre à voir des canadiens bourrés vous taper dans la main en criant “Go Canada Go!” tous les 50 mètres. En fait, en moins de 30 minutes de promenade en centre ville, un soir où le Canada a récupéré une médaille d’or, j’ai eu droit, sans demander rien à personne, à:

  • 5 ou 6 “high five” et divers cris de ralliement patriotiques attendant de moi une réponse non moins engagée et exstatique.
  • 4 compliments sur ma coiffure, dont 2 venant de personnes qui ont absolument voulu toucher mes cheveux (je suis bon pour les laver en rentrant maintenant).
  • 1 mec qui me demande si je sais où on peut “trouver du fun”. Je lui demande ce qu’il veut dire (j’ai peur qu’il me propose une partouze homo), et, affichant un gros sourire, il me dit “ben, de la drogue, quoi”.
  • 3 groupes de personnes qui me demandent de les prendre en photo.
  • 1 fille qui, me voyant prendre des photos, s’empare de mon appareil en me disant qu’il faut absolument que j’aie une photo de moi au milieu de la foule. Pendant qu’elle me prend en photo, un groupe de gars passant par là s’incruste dans le plan et tout le monde fait des “thumbs up”. Ils repartent ensuite en criant divers trucs vaguement olympiques.
  • Quelques personnes qui engagent la conversation, au moins pour une minute, qu’ils soient touristes ou locaux. D’ailleurs, un gars me demande une fois d’où je viens… je réponds “je suis français, mais j’habite à Vancouver depuis 3 ans”. “Ah, ben t’es vancouvérois, alors”. Euuuh… ben ouais, je suppose (c’est beau les dilemmes identitaires des expatriés).

Granville Street during the olympics (1)

Le sol de la rue est collant, et la plupart des gens bourrés… et ceux qui ne le sont pas encore (ainsi qu’une partie de ceux qui le sont déjà) font la queue devant chaque revendeur de boissons alcoolisées du centre ville.

On voit d’ailleurs des files d’attente un peu partout. Parfois on sait pour quoi c’est (l’entrée du très populaire et bruyant pavillon irlandais, l’entrée d’un club chic où un célébrité quelconque va y faire une apparence ou un concert privé, etc.), mais parfois on ne sait pas trop… dans tous les cas, n’oubliez pas qu’ici, ils ont des vraies files d’attente, alors attention à vos instincts sauvages de français qui gruge.

Tatouage discret

On croise dans la rue des musiciens en tout genre, des rappeurs et des poètes, des magiciens et acrobates, des cracheurs de feu, des danseurs de claquettes, et j’en passe. On trouve des caméras de télévision, des micros de radio, et, probablement, des stylos de journalistes (mais ils sont moins visibles ceux là, à moins d’avoir un gros stylo). Les gens semblent heureux et arborent un nombre impressionnant de vêtements à l’effigie canadienne. C’est bien simple: au minimum, vous avez un t-shirt ou un pull qui dit “Canada”. Au mieux, toute votre famille porte les maillots de l’équipe de hockey canadienne, des bonnets Canada, des écharpes Canada, et des tatouages du drapeau canadien sur les joues. Le tout en rouge et blanc, bien sûr. La pauvre Véronique (oui, encore elle!) va nous faire une crise d’épilepsie, pendant que Miss 604 semble assez fière de ses compatriotes. Ben voui, c’est pas tous les jours qu’on voit les canadiens être plus patriotiques que leurs voisins du sud… enfin ces temps-ci, oui, c’est tous les jours qu’on le voit, mais bon vous voyez ce que je veux dire.

Explosions au dessus de GE Plaza

Ajoutez à tout cela les rayons lumineux de Vectorial Elevation qui balaient le ciel nocturne, des images gigantesques projetées sur des façades d’immeubles pour encourager ou féliciter les athlètes canadiens, diverses explosions et feux d’artifices, des gens qui vous passent en criant au-dessus de la tête le long de la tyrolienne de Robson Square

Tyrolienne de Robson Square

Attack Ice, Defend Turf

Tout cela crée une ambiance très surprenante, voire même très prenante tout court. En fait, tous les soirs, on a l’impression que les Vancouver Canucks viennent de se qualifier pour la finale de la coupe Stanley, un jour de fête nationale, pendant un festival de Jazz (parce que oui, ces temps-ci on a un autre truc rare: des concerts gratuits… mais ça, j’en reparlerai un peu plus en détail dans un autre billet).

Bref, en réumé: woohoo, go Canada go, yeah, tout ça tout ça, avec de la bière s’il vous plait. Je me demande si y’en a qui sont encore assez frais le lendemain pour aller voir les épreuves, dites donc… enfin bof, on regardera juste les résumés en fin de journée… on va pas regarder le curling en direct, non plus, si?