11 février 2010

Compte à rebours: le chaudron communautaire

Il y a quelques minutes, la flamme olympique est enfin arrivée à Vancouver, au David Lam Park, après plus de 3 mois de voyage depuis la Grèce et à travers tout le Canada. Tout est donc en place pour l’ouverture des jeux demain soir… enfin sauf la neige.

Alors c’est quoi cette histoire de neige dont on vous parle aux infos? Eh bien c’est le truc qu’on essaie de vous dire depuis des plombes: à Vancouver, il fait pas froid et y’a pas de neige! Bon, okay, d’habitude y’a de la neige sur les montagnes de la banlieue nord, mais cet hiver a été exceptionellement doux (un sacré contraste par rapport à l’hiver remarquablement rude que la côte est et l’Europe se tapent en ce moment). Du coup, Cypress Mountain manque de neige pour les 2 épreuves qui doivent s’y dérouler, le ski de bosses freestyle et le snowboard sur half-pipe (les autres épreuves d’extérieur se déroulent à Whistler)… et les organisateurs n’ont rien trouvé de plus simple que de ramener de la neige de Manning Park, un parc provincial situé à 250 kilomètres à l’est de Vancouver… leur promesse d’avoir des jeux olympiques super écologiques me semble un peu foirée…

Enfin bref, la flamme (conçue cette année par Bombardier) est arrivée, donc, et le “chaudron communautaire” a été allumé pour l’héberger pendant la nuit. Notez au passage que la personne qui a allumé le chaudron, choisie par le maire Gregor Robertson, est Ken Lyotier, un ancien SDF et drogué qui a fondé l’association “United We Can” dans le downtown eastside, dont l’activité utilise le recyclage de déchets comme moyen de nettoyer le quartier et de réhabiliter ses habitants les plus démunis – bref, les SDFs qui ramassent les bouteilles, c’est ses potes. C’est particulièrement intéressant puisque la problématique des sans-abris et du downtown eastside était, jusqu’à récemment, l’un des fers de lance de l’opposition aux J.O. En mettant Ken Lyotier en avant, est-ce que le maire espère cloturer le débat? Est-ce que c’est de toutes façons encore à l’ordre du jour maintenant que la controverse sur l’aspect (anti) environnemental des jeux a pris le premier plan? (parce que c’est tellement plus important de compter le nombre d’arbres abattus que de gens vivant sous le seuil de pauvreté).

La surprise, aussi, c’est surtout le nombre de trucs traduits en français… pour Vancouver, une ville qui se trouve aussi loin de Montréal que Paris par rapport à Baghdad, on aurait pu s’attendre à voir le bilinguisme canadien passer à la trappe comme c’est souvent le cas ici (sauf dans les immeubles fédéraux où ils sont obligés). Eh bien il faut croire que la pression québecoise a été assez forte puisque même certaines cérémonies se voient dottées d’un minimum de traduction francophone… presqu’autant que les traductions pour sourds et mal-entendants!

Ceci dit, des fois, on se demande franchement si le double affichage est bien utile… voyez un peu:

Panneau bilingue