5 novembre 2008

Une saison qui n’existe que dans le nord de l’amérique

Sacré Joe. Grâce à lui, tout le monde en France connaît l’été indien, sait que ça existe seulement dans le nord de l’amérique, et sait, que, euh, avec ta robe longue tu ressemblais à une aquarelle de Marie Laurencin.

Mais c’est quoi, en fait, l’été indien? Qui est Marie Laurencin? Et, la question que tout le monde se pose: comment est-ce qu’on peut encore s’aimer quand l’amour sera mort? Bref, des questions ma foi fort passionnantes, mais comme seule la première est vraiment pertinente pour ce blog, on va rapidement passer sur les 2 autres:

  • Marie Laurencin, c’est cette vieille madame. Et voilà une de ses aquarelles. J’en déduis donc que la copine de Joe Dassin était à moitié à poil et affligée d’une difformité mammaire caractérisée par l’absence de tétons.
  • On peut s’aimer après que l’amour soit mort à condition de s’être préalablement enfermés dans un véhicule qui, avant la mort de l’amour, est accéléré de manière à approcher la vitesse de la lumière, créant ainsi un système isolé dans lequel l’écoulement ralenti du temps permettra de finir sa vie en profitant des avantages procurés par le concept, encore bien vivant dans le système sus-défini, d’amour. J’en déduis donc que Joe Dassin était super riche, parce que ça coûte quand même la peau des fesses de se faire construire un truc pareil dans sa cave, surtout vu le prix du baril de pétrole et du mètre carré.

Voilà, maintenant que tout cela est réglé, on va pouvoir passer aux choses sérieuses, à savoir: kezako l’été indien?

L’été indien, c’est un bref sursaut dans les températures, accompagné d’une baisse des précipitations, et qui débarque généralement entre fin septembre et mi-octobre. Les semaines précédentes ayant souvent marqué la fin de l’été avec des jours de pluie froids, ces 2 ou 3 semaines de beau temps renouvelés sont toujours bienvenues.

C’est assez difficile de définir si oui ou non on peut parler d’été indien pour d’autres régions que le nord-est américain. Le terme trouve ses origines en Nouvelle Angleterre au 18ème siècle, et certains estiment que le phénomène est unique à cette région… enfin sauf si des gens de la région des grands lacs se mèlent à la conversation, auquel cas on aura tendance à élargir la zone pour englober le Québec, l’Ontario, le Michigan, l’état de New-York, etc. D’autres ajoutent qu’un véritable été indien survient après une première vague de gel.

Par ces standards, on ne peut pas vraiment parler d’été indien pour la côte ouest, mais comme notre ami Joe il était à fond sur la Californie, on peut peut-être faire une petite entorse à la règle… si vous faites partie des élitistes de l’été indien, vous pourrez m’insulter dans les commentaires, c’est fait pour ça.

Grâce au site des statistiques météorologiques du Canada, voici quelques jolis diagrammes qui vous permettront de faire croire à votre boss que vous êtes en train de travailler…

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Vous pouvez y reconnaitre l’été indien facilement. Cette année, il a duré un peu moins de 2 semaines à partir des tous derniers jours de septembre. L’année dernière, des amis en visite avaient pu en profiter pour un voyage à Tofino à peu près à la même époque.

Pour comparer, voici les statistiques météorologiques de Montréal:

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L’été indien y est passé un peu plus tard que chez nous, mais avec des températures très similaires. La vague de froid précédent l’été indien y était un peu plus marquée, par contre. Notez au passage la différence de tendances entre la fin des étés montréalais et vancouverois.

Je vous aurais bien montré les statistiques pour Paris, mais les données téléchargeables sur le site de Météo France sont assez pourries, et pour avoir celles qui sont réellement utiles, il faut apparemment payer… merci Météo France.

En amérique du nord, l’été indien est très prisé principalement à cause de la combinaison entre le beau temps et les jolies couleurs d’automne. C’est d’autant plus notable sur la côte est, comme par exemple aux Laurentides, au Québec, où les érables rouges sont légion, ce qui donne de magnifiques paysages. Pour vos vacances d’octobre, vous pouvez de toutes façons aller dans n’importe quelle région du nord-est américain et vous y trouverez de jolis coins.

En Colombie Britannique, le problème c’est d’abord qu’on a très peu d’érables rouges. Les arbres locaux sont principalement jaunes. Ensuite, on a des grosses montagnes partout. C’est sympa l’hiver, mais mine de rien, au dessus d’une certaine altitude, les arbres, ils ont pas que ça à foutre d’avoir des couleurs chatoyantes pendant un mois de l’année.

Harrisson Lake

Comme vous pouvez le voir, tous les arbres jaunes sont entassés en bas.

Malheureusement, cette année, on a pas eu l’occasion de se balader beaucoup pendant l’été indien, d’où le manque crucial de photos. On va s’arrêter donc là sur le sujet de l’été indien. En attendant, Flickr viendra à la rescousse, permettant au passage de repérer les coins intéressants pour l’année prochaine…

Bref, cette année, on a travaillé la théorie… En 2009 on travaillera la pratique!

  • oursonne libre

    et oui l’ete indien, en septembre on etait rentré à paris pour un mois, alors on a pas tout vu et puis apres en octobre à seattle on a eu de la chance tout de meme mais là pluie pluie pluie on est bien partie on dirait
    j’aime bien tes comparaisons sur Vancouver et Montréal
    nous sommes montés une journée à Vancouver il y a 15 jours, grand beau soleil à Seattle, sale temps a Vancouver, pas de pot
    on y retourne le week end du 15 si il fait beau
    amitiés

  • stephanie

    merci pour ces graphiques fort interessants… J’ai fait une viree fin octobre sur King Edward, en haut des collines de Kits (genre Blenheim) ou de magnifiques arbres tronent, paradis des peintres… oranges, rouges, jaunes, c’est beauuuu !

  • Virginie

    En gratuit y a MSN Meteo, c’est vraiment bien !

  • ldcha

    salut
    petite précision pour compléter ce superbe article. C’est une erreur française de dire l’été indiens; nous devrions dire l’été des indiens. Ce changement de température indiquait aux amérindiens d’ installer leurs campement d’ hiver.
    Pour info, il existe une forte similitude entre l’été des indiens et une période aux conditions similaires dans les alpes; si je ne me trompe pas elle s’ appelle l’ été de la Saint Martin.