26 février 2008

Etiquette Canadienne: Pipi, popo, et après, dis "camion"

Aujourd’hui, on va parler de pipi, de caca, et de sexe. Ouais.

C’est pas que ça m’amuse, hein, notez bien1, mais ce blog prétend à documenter les iodiosyncrasies de la culture ouest-canadienne telles que mises à jour par la subjectivité française, via une démarche parajournalistique empirique transpirant de notre quotidien2. C’est pas ma faute si ça inclut aussi le caca, le pipi, et Jessica Alba. Non pas qu’on avait déjà abordé les deux premiers sujets sur ce blog, hein. C’est un hasard. En tous cas, c’est vraiment pas parce que ça me fait glousser comme un débile3.

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En France, quand on veut dire qu’on va faire caca ou pipi mais qu’on veut utiliser des termes « politiquement corrects« , que ce soit à cause de sa propre sensibilité linguisitque ou de celle des autres, on va utiliser les termes « petite commission » ou « grosse commission« . Lorsqu’on parle à un enfant, il est également courant d’utiliser les termes « pipi » et « popo« .

Dans la culture anglo-saxone, on parle de « numéro 1 » et « numéro 2« … Vous avouerez que c’est quand même assez plat. En plus, ça rappelle les restaurants asiatiques, où on commande bien souvent via le numéro du plat dans le menu. Bon appétit.

Pour le sexe, par contre, c’est beaucoup plus rigolo. En France, à ma connaissance, il n’y a pas d’expression consacrée pour désigner les différents stades d’interaction sexuelle. Il y a certes des expressions plus ou moins courantes, de « faire crack-crack » à « conter fleurette » en passant par le « sport en chambre » et la « bête à deux dos« . Mais aucune de ces expressions ne me parait réellement incontournable, et l’usage de tournures imagées est réellement laissé à la discrétion de l’orateur qui pourra, selon sa maîtrise de la métaphore, éblouir son audience avec un « j’lui ai fait bouillir la crevette à en faire une soupe sans rien décortiquer« , ou se contenter d’un simple « j’me la suis faite avec un sachet plastique derrière l’immeuble… j’peux l’prouver, ton frangin a pris des photos avec son portable« . Et encore, notez que toutes ces expressions désignent l’acte sexuel lui-même, sous-entendant bien souvent la pénétration, ce qui montre qu’en bons Gaulois, on ne s’embarasse pas trop de préliminaires, on a pas que ça à foutre de la journée non plus.

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Les américains, par contre, ont une série d’expressions standard empruntées du baseball. Ainsi, la « première base« , c’est quand vous avez réussi à décrocher un baiser, de préférence avec la langue (le fameux « french kiss« ). La « seconde base« , c’est quand vous vous êtes tripotés, mais en restant relativement habillés. Les adolescents y font donc principalement référence pour se targuer d’avoir pu agripper la poitrine de leur petite amie… ce qui nous amène à la « troisième base« , où les choses commencent à devenir intéressantes puisqu’il s’agit ici de masturbation mutuelle, de fellation, ou de cunnilingus. Enfin, le « home run » désigne la pénétration, et plus généralement le fait d’avoir fait toutes les folies de son corps, ce qui permet à tous vos potes de vous faire un « high five » en gloussant et en vous proposant une nouvelle bière. Notez que certains ajoutent une « quatrième base« , qui n’existe pas au baseball, mais permet de désigner la sodomie.

(je sens qu’il va y avoir plein de gens qui vont atterrir ici après une recherche sur Google, et qui vont être très très déçus)

Il n’y a pas à ma connaissance de version un peu plus typique canadienne, basée par exemple sur le hockey. Mais ça que ça ne vous empêche pas de lancer la mode…

Notez qu’il y a de grands débats philosophiques, principalement aux Etats-Unis, sur la classification des différentes activités sexuelles vis à vis des 3 bases et du home run. Cela vient principalement du fait qu’on considère que la perte de la virginité s’effectue lors du home run. La fellation devrait-elle donc être déplacée de la troisième base au home run? Ca dépend évidemment de la personne à qui vous posez la question (indice: si la personne prend un air choqué quand vous dites le mot « fellation« , il est fort probable que, pour elle, la perte de la virginité se place déjà en deuxième base de toutes façons, et qu’en plus, elle ne suit pas la saison de baseball, et ne sais du coup pas du tout de quoi vous parlez).

Moi, ce qui m’amuse dans cette histoire, c’est que les américains aient choisi le baseball pour leur métaphores sexuelles. Rien de plus approprié, si vous êtes francophone, vous ne trouvez pas?

1 Bon en fait si, ça m’amuse beaucoup.

2 Je vais encore me faire engueuler par ma copine parce que j’écris des phrases qui veulent rien dire, moi…

3 Hu hu hu.

  • Romain

    Excellent!!

  • Futur Pika

    Le sexe ca vend. Bien joue, ca m’a meme fait lacher un com.

  • Ludovic

    Bof, 2 petits commentaires, ça vend pas tant que ça on dirait… j’aurais du mettre plus de photos à-propos, tiens!