1 mai 2007

Oookk-ayyyyyyy

En ce moment, c’est la folie à Vancouver. On pourrait croire que c’est l’imminent concert de Justin Timberlake qui met les gens en émoi, mais non1. Ce sont les playoffs, marquant la fin de la saison de hockey. Mais avant de rentrer dans les détails, il est peut être nécessaire d’expliquer au lectorat globalement footballeux (et un peu rugbyeux aussi) comment fonctionne la NHL.

Malgré le fait qu’elle s’appelle Ligue Nationale de Hockey, la NHL regroupe les équipes Canadiennes et Américaines. Et même si les trois quarts des équipes sont Américaines (sur un total de 30 équipes), la NHL est avant tout Canadienne, et même Québecoise, puisqu’elle a été fondée à Montréal en 1917.

Une partie de hockey est composée de 3 périodes de 20 minutes. Si à la fin des 60 minutes les équipes sont à égalité, c’est la mort subite pendant 5 minutes, à 4 contre 4 (au lieu de 6 contre 6 pendant la partie). Après ça, c’est les tirs au but. Pendant le jeu, chaque infraction au règlement vous exclut du jeu et vous place dans la penalty box pour 2, 4, ou 5 minutes, en fonction de la gravité de la faute. Pas de petits cartons jaunes à la con, d’avertissements, ou d’autres « attention, qu’on vous y reprenne pas« . C’est pas un sport de tapette, ça. Du coup, quitte à se faire pénaliser, autant le faire en beauté… éclater un joueur adverse contre un mur, foutre des coups de coude, voire même jeter les gants pour entamer un match de boxe improvisé… tout est bon dans le cochon.

Les équipes sont divisées en deux conférences (est et ouest). Chaque conférence a trois divisions (atlantique, nord-est, sud-est, et centrale, nord-ouest, pacifique respectivement). Chaque division a 5 équipes.

La saison de hockey commence en octobre et, jusqu’en avril, ça se déroule de manière assez classique, à coups de matches prédéterminés entre les équipes. Mais à partir d’avril commencent les playoffs, qui détermineront le vainqueur de la Coupe Stanley. Les 8 équipes les mieux classées de la saison dans chaque conférence sont organisées par paires, et chaque paire va disputer jusqu’à 7 matches. La première équipe à gagner 4 matches contre l’autre passe au stade suivant (quart de finale, demi-finale, etc.).

Et c’est donc ce qui se passe en ce moment.

Après avoir gagné contre les Stars de Dallas 4 matches à 3, les Canucks de Vancouver sont maintenant opposés aux Ducks de Anaheim. Autant vous dire que le temps de gagner 4 matches contre une équipe donnée, l’esprit de compétition a le temps de bien s’installer. Les restaurants ont donc tendance à proposer beaucoup de canard ces temps-ci.

La dernière victoire contre Dallas nous a valu une bonne demi-heure de cris et de klaxons, sans compter certains endroits totalement immobilisés par plusieurs centaines de personnes qui descendent dans la rue pour boire leur 4ème litre de bière de la soirée. La mairie se tâte pour intervenir, même.

C’est que les Canadiens et le hockey, ça rigole pas.

Dans le genre, on voit plein de voitures avec des drapeaux des Canucks accrochés à la fenêtre. Les gens vous abordent dans la rue ou dans les transports en commun pour discuter du match de la veille (parce qu’évidemment, si vous habitez à Vancouver, vous suivez les matches des Canucks!! Quoi d’autre, sinon?!). Au bureau, ceux qui ne peuvent pas aller à l’un des amphithéâtres où les matches sont diffusés à partir de 17h (avec pizzas et bière à volonté) suivent ça via internet. Ceux qui partent tôt peuvent aller s’entasser dans un bar avant que ceux-ci soient pleins et commencent à refouler les clients. Et les fanatiques qui ont 400$ à claquer dans les billets hors de prix des playoffs vont directement voir le match live lorsque c’est à domicile.

Ceci dit, la fièvre du hockey, c’est quand même plus fun que la fièvre du foot. Même mes collègues Anglais sont d’accord. Ca doit être l’orgue qui fait tou-tou-tou-tou-TOU tou-tou-tou-TOU pendant les temps morts.

C’est trop cool l’orgue qui fait tou-tou-tou-tou-TOU.

1 Enfin dans le doute, j’irai zoner devant la salle de concert… Après tout, on se rappelle du concert de Christina Aguilera.