9 avril 2007

Le jeu des différences pas importantes: l’art d’attendre le bus

Je me rappelle, les yeux emplis de nostalgie, les quelques années pas si lointaines que ça pendant lesquelles je prenais tous les jours le bus 44 de Cergy-Préfecture pour aller à la Z.I. des Beaux Soleils1 ou, avant ça, le bus 65 amenant de République à Marx Dormoy. De cette grande expérience routière, j’ai pu tirer la leçon qu’un arrêt de bus c’est une sorte de champ de bataille quotidien où les héros se créent, les légendes se forgent, et les faibles restent sur le trottoir à attendre le bus suivant lorsqu’il n’y a pas assez de place.

Fort de mon expérience en la matière, j’approche mon premier arrêt de bus Vancouverite d’un pas vif, couvrant tous les angles d’attaque avec des mouvements rapides de la tête, essayant de déterminer, grâce à l’usure du tarmac, l’endroit exact où le bus s’arrête. D’autres personnes viennent de descendre du Skytrain en même temps que moi, mais ma démarche Parisienne me fournit l’accélération suffisante pour les laisser loin derrière. Mouah ah ah, il n’y a qu’une seule personne attendant à côté du panneau Translink, je me poste donc à côté de lui, content d’avoir grugé une dizaine de personnes2.

Mais assez rapidement, je me dis qu’il y a un truc qui cloche… à moins que personne ne fasse la correspondance avec le bus, il devrait y avoir des gens qui viennent s’aglutiner autour du piquet… je me retourne, et je vois un gars qui est planté derrière moi. Je me penche… y’a un autre gars planté derrière lui.

Mais…?!!

L’impensable vérité se présente à moi… les gens font la queue pour le bus les uns derrière les autres! Genre, une vrai queue, quoi! Et quand le bus arrive, ils rentrent tous l’un après l’autre sans doubler! Bordel de phallus d’iguane en bois, c’est quoi ce pays?! Comme le disait je ne sais plus quel autre blogueur français, c’est un peu le pays de Bisounours, ici… enfin quoique… parce qu’apparemment, c’est spécifique à Vancouver. Un ami de Toronto me disait qu’il était également sidéré, et qu’à Toronto, c’était bien le bordel, avec tout le monde qui veut rentrer en même temps dans le bus. Une façon civilisée de faire, quoi. Mais ici, houlà, non, côte ouest oblige, faudrait pas faire pareil que tout le monde.

Moralité, voilà, je suis frustré, et je dois me défouler autrement, comme par exemple en écoutant de la musique sataniste et en sacrifiant des hamsters à Nyarlathothep… (je rigooole, maman, ne t’inquiète pas… j’achète les hamsters déjà morts à un pote zoophile).

1 Berceau d’un des fleurons de l’ingénierie Française.

2 Depuis qu’on s’est fait gruger 2 fois dans la file d’attente du Musée du Vatican à Rome et qu’il s’est avéré les 2 fois que c’était des Français, je me dis que c’est plus la peine d’essayer de donner une bonne image de la France à l’étranger. Je peux me laisser aller à mes instincts les plus vils en tout impunité. D’ailleurs, là, vous le voyez pas, mais je suis à poil devant la fenêtre.

  • Alex

    A Montreal aussi on attend dans « la ligne » !

  • Veronique

    C’est exactement ce que j’allais dire, à Montréal aussi on fait la ligne (et pas la queue ;-). Et mieux qu’ici d’ailleurs. Ici c’est le contraire de la France, c’est à qui montera en dernier dans le bus. C’est parce que les gens sont cool, man, il ne sont pas pressés!

  • Pierre

    Pendant ce temps-là, à Ottawa, quand on est sur la file de gauche juste après une séparation de deux bretelles d’autoroute et que bien sûr la sortie que l’on veut prendre se trouve complètement à droite, on met son clignotant et… les autres voitures te laissent passer… alors que dans n’importe quel pays civilisé il faut sortir son lance-roquettes et conduire un hummer pour faire le moindre changement de file…

    Tout à fait d’accord, c’est le pays des Bisounours 😉

  • ldcha

    je voulais dire la meme chose au sujet de Montreal mais je vais dire a quebec ( la ville) aussi…

  • émilie

    bah au bout d’un an je suis toujours aussi éberluée : à New York aussi on doit se mettre ‘in the line’ et ça rigole pas ici avec les ‘lines’ pas question de gruger ou de l’éviter. La bisounourserie à ses limites chez uncle sam!

  • Naimi

    Mort de rire…à Ottawa c’est un peu pareil et, en plus, ici les gens ne traversent pas la route au rouge, même quand il est 3h du mat et qu’il y a 0 voiture.

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