23 février 2007

Show me the money!

En France, les cartes crédit sont principalement des cartes de débit. On va dans un magasin, on file sa carte, on tape son code, et hop, on a moins d’argent sur son compte. Si on a une carte à débit différé, on a encore plein d’argent sur son compte, on achète comme un fou, et à la fin du mois on comprend pas pourquoi le site de la banque affiche des gros chiffres en rouge.

Par ici, c’est assez différent puisqu’ils font la différence entre les cartes de débit et les cartes de crédit.

Une carte de débit, c’est donc un bout de plastique avec une puce et un code à 4 chiffres qu’on file aux caissiers pour qu’ils nous subtilisent une partie, voire l’intégralité, de notre pécule dûment gagné. Bref, ça fonctionne comme une carte de crédit Française à débit immédiat. La seule différence, c’est que ça n’est évidemment pas une carte Visa ou MasterCard, et on ne peut pas acheter sur internet avec (ô rage, ô désespoir, cette poupée gonflable Taïwanaise avait pourtant l’air très bien).

La carte de crédit, elle, prend tout son sens ici. C’est un peu comme une carte à débit différé, sauf que le débit en question n’arrive pas forcément à la fin du mois car on rembourse quand on veut. Deux jours après l’achat, six mois après l’achat… Le hic, comme vous pouvez vous en douter, c’est les intérêts. Pendant un certains temps (couramment un mois), il n’y a aucun intérêt. Si vous remboursez avant la fin du mois, c’est donc comme une carte à débit différé (surtout si on met en place des remboursements automatiques, ce qui est possible auprès de la plupart des établissements bancaires). Après cette période de grâce, les taux varient, mais restent en dessous de 13.9%, qui est un plafond fixé par le FCAC (Agence Financière pour les Consommateurs du Canada).

Aux Etats-Unis, lorqu’on couple ce système à des services similaires où la station service ou le supermarché du coin proposent des cartes de crédit de fidélité, on obtient bien vite un cercle vicieux où les gens peu disciplinés remboursent une carte de crédit avec une autre. Les dettes s’empilent, et on se retrouve à vendre un rein à la mafia la plus proche, entre deux livraisons de cocaïne.

Au Canada, cette tendance est nettement moins prononcée, le Canadien moyen ayant entre 2 et 3 cartes de crédit, là où l’Américain en a entre 4 et 5, mais elle existe sûrement.

Autre différence flagrante, le paiement par carte de crédit se fait uniquement via le numéro de la carte bleue (comme sur internet). Dans le meilleur des cas, le commerçant prend l’empreinte de la carte avec le truc coulissant qui fait tchak tchak devant vous. Mais bien souvent, il part avec la carte et revient 5 minutes après pour vous la rendre, accompagnée du reçu à signer pour autoriser la transaction. Il ne vous reste plus que la confiance envers votre prochain1 pour chasser ces phantasmes où l’ignoble et vil individu crée moultes copies de votre carte afin d’acheter des tronçonneuses et des orphelins Malaisiens sur des sites secrètement surveillés par le FBI[2].

Pour les futurs toursites Vancouverois de notre lectorat, si vous êtes parano, vous pouvez toujours retirer 1000€, les changer en dollars Canadiens, et planquer le tout dans vos sous-vêtements. L’argent n’a pas d’odeur, donc ça passera inaperçu.

1 Ce concept étrange et oublié de l’hexagone.

2 Ce qui arrive, des fois. Heureusement, les banques semblent généralement faire confiance aux clients lors des contestations. Ce qui est beaucoup moins le cas du FBI, il parait.