16 février 2007

J’ai trouvé un boulot

Et voilà, après environ un mois et demi de recherches actives, je viens de signer une promesse d’embauche.

Conclusion de cette recherche : à Vancouver, pour trouver du boulot, il faut soit passer par les agences de recrutement, soit activer son réseau social. Les boîtes font beaucoup appel aux agences de recrutement, que ce soit pour trouver des prestataires, ou des employés « permanents ». Pour ma part, j’ai trouvé par mon réseau social (eh oui, messieurs dames, j’ai un réseau social figurez-vous). Il est beaucoup plus rare de trouver en passant par les sites des boîtes (quoique j’ai obtenu un entretien comme ça), et Monster et Workopolis m’ont uniquement permis d’être contactée par des boîtes à la moralité douteuse qui vous proposent de devenir telemarketeur…

Voilà, sinon je peux profiter de ce billet pour évoquer les différences que j’ai observées entre les processus de recrutement ici et en France, ainsi que les différences entre nos SSII et leurs « staffing agencies ». Enfin, je ne le répèterai jamais assez, mais il s’agit de mon avis, basé sur mon expérience, et pas du résultat d’une étude sérieuse validée sur des milliers de sujets, hein…

Les « staffing agencies » – ou agences de recrutement pour les francophones – vont vous permettre de trouver un job, au choix « contract » (prestation d’une durée déterminée à l’avance, éventuellement renouvelable selon les besoins de l’entreprise) ou « permanent » (l’équivalent américanisé de notre cher CDI). Dans les deux cas, le rôle de la boîte de recrutement est d’établir un premier contact avec les candidats, de vérifier leurs références (à savoir, envoyer un mail ou téléphoner à vos anciens chefs pour leur demander si vous ne mangez pas des enfants au petit déjeûner), et éventuellement vous faire passer des « skill test » en ligne pour vérifier que vous êtes vraiment une daube en J2EE, comme vous leur avez dit pendant l’entretien. Ensuite, ils présentent une sélection de leurs candidats à la boîte, qui vous fait passer un entretien si votre CV lui plaît.

Il faut savoir que lorsque vous êtes prestataire à Vancouver, en fait, vous n’êtes pas en CDI chez la boîte de recrutement, mais plutôt en intérim. En gros, si vous avez un contrat, tant mieux pour vous, mais sinon, vous n’êtes pas payé. Il faut savoir aussi qu’en tant que prestataire, vous ne recevez pas de la part de la boîte de « benefits » (complémentaire santé, assurance-vie). Autant de facteurs qui jouent sur le salaire (horaire) que vous allez devoir demander : en gros, diviser le salaire que vous voulez par 2000, qui est le nombre d’heures qu’un salarié permanent ferait dans l’année, ajouter 10% pour les périodes où vous ne travaillerez pas pour cause de vacances ou pas de contrat, et ajouter de nouveau 10% pour vous payer un « benefit package » vous-mêmes. Là encore, deux possibilités : soit vous demandez à la boîte de recrutement de travailler pour elle, dans ce cas vous recevez votre paie par la boîte de recrutement, et la boîte chez qui vous travaillez la paie elle (comme en France, quoi), soit vous vous mettez à votre compte, auquel cas la boîte de recrutement récupère une prime pour vous avoir placé, et vous vous débrouillez avec les lois locales pour être dans la légalité.

Lorsque vous devenez « permanent« , la boîte de recrutement se contente de toucher une prime, et vous n’entendez plus parler d’elle jusqu’à votre prochaine recherche d’emploi. Enfin, il est possible que la boîte qui vous embauche négocie que vous fassiez un contrat à durée déterminée pour remplacer la période d’essai, mais après ça, vous n’avez plus rien à faire avec elle.

Pour ce qui est des entretiens d’embauche sur place (demander à Ludo comment ça se passe quand la boîte vous fait venir de France…), le processus est plus orienté technique qu’en France (enfin, toujours selon mon expérience). En général, la boîte va établir un premier contact, en général assez informel, par téléphone (« phone screening »). Il s’agit essentiellement de vérifier votre motivation pour bosser dans la boîte (oui, ici il faut montrer qu’on est motivé et qu’on n’a pas juste besoin de gagner de l’argent en faisant un truc pas trop chiant), et de vérifier que ce que vous voulez est vaguement lié à ce que la boîte peut vous offrir comme environnement de travail (est-ce que vous préférez bosser dans une grande ou petite structure, quelle est votre expérience passée, etc.). Si vous faites bonne impression, c’est l’entretien en personne. Là, on vous questionne pendant 1 heure sur des questions du style « qu’est-ce que l’encapsulation », « quelle est la différence entre une ArrayList et une LinkedList », ou bien sur des problèmes plus concrets, du style leur faire le diagramme de classe d’une application. L’entretien peut également se prolonger avec des questions plus « RH », du style « quelles sont les leçons que vous avez retenues de telle expérience » ou bien « racontez-moi une situation qui était stressante pour vous dans votre expérience professionnelle et comment vous y avez fait face ». Puis vous pouvez poser des questions et rappeler votre motivation pour la boîte (très important, la motivation). Ensuite, si vous leur plaisez, ils vérifient vos références, et vous font éventuellement une offre. Et là, bah je vais découvrir bientôt …