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samedi 19 juillet 2008

Trop dur la vie

Lundi dernier, vers 10h, mon PC de bureau fait "shbbbooouuuwwwww". Et puis "click".

Outre le fait que ça signifie que j'arrive au boulot avant 10h, merci bien, ça signifie aussi qu'il n'y avait plus d'électricité à mon étage. Après les quelques blagues obligatoires, genre "qui a mis en marche la machine à laver en même temps que le sèche linge?!" (oui, on a de l'humour, nous, ingénieurs informaticiens), il semblait évident que tout l'immeuble était dans la même situation. C'est d'autant plus pratique quand toutes les portes sont activées par des badges électroniques.

Après avoir descendu 18 étages à pied, on constate que c'est tout autant le bordel dehors. Il n'y a plus de feux de circulation pour les 3/4 des intersections, et les restaurants sont dans le noir. On trouve même, inversement, des noirs dans un restaurant, mais ça n'a rien à voir (quand je vous disait qu'on avait de l'humour).

De la fumée sort des bouches d'égoût, et les flics et les pompiers sont partout. On s'attendait donc à une invasion de zombies, mais on s'est rapidement rendu compte qu'il s'agissait plus simplement d'une coupure globale d'électricité impactant plusieurs blocs autour du Waterfront. L'incident était causé par un incendie sous-terrain qui a crâmé plusieurs gros cables de BC Hydro, l'EDF local.

La beauté de ce genre de truc, c'est que ça met plusieurs jours à réparer, et l'électricité à mon bureau n'a été rétablie que le jeudi. Trois jours de vacances gratuites, moi je crache pas dessus. Ca me rappelle les RTTs, la gauche plurielle, tout ça. Donc avec des collègues, on a passé 3 jours à sortir à droite et à gauche. Bars, shopping, golf, balades... trop dur la vie.

Indian Arm depuis une ile déserte

Ca me permet du coup de vous parler de Deep Cove, où j'ai été faire du kayak le mercredi. La dernière fois que j'avais posté à propos d'une sortie kayak, c'était à Bowen Island. Deep Cove, c'est de l'autre côté, à 30 minutes en voiture, et y'a pas besoin de prendre un ferry pour y aller.

Kayak à Deep Cove

Et, euh, bah voilà, quoi. L'océan, des arbres, des montagnes. C'est un peu toujours la même chose, hein, de toutes façons (oui, je fais mon blasé si je veux). Occasionnellement, une otarie vient nous emmerder pendant qu'on rame... vivement qu'une industrie polluante vienne s'installer, tiens, qu'on soit tranquilles.

Embouteillage de kayaks

Le truc habituel, avec un kayak, c'est d'aller sur une petite île déserte pour pisser dans les buissons et laisser des emballages de Twix par terre. Pas de confit de canard fait maison comme la dernière fois, mais c'était un peu improvisé ce coup-ci.

Enfin bref, si vous voulez quelques autres photos, il y en a sur Flickr.

dimanche 6 juillet 2008

English Bay en été

C'est l'été, il fait beau, et y'a des gens qui se baignent dans l'océan à 5 minutes en vélo de chez nous...

English Bay en été

Oui, c'est bien Vancouver, non ce n'est pas retouché... dingue non?

mardi 17 juin 2008

Deux poids, deux mesures

Un ancien collègue de France m'a récemment demandé si les canadiens utilisaient des grammes comme unité de mesure pour les recettes de cuisine. La réponse est bien évidemment... "Eh non, les canadiens utilisent... la tasse."

Pour la cuisine, les bouquins achetés sur place ainsi qu'équipements (e.g. le four) et accessoires (e.g. le très utile verre mesureur) indiquent tout en système américain. Les poids sont exprimés en livres ou onces, mais vous trouverez plus souvent des volumes exprimés en tasse, cuiller, et plus rarement cannette. Par exemple, dans mon livre de cuisine acheté sur place, les quantités de beurre sont indiquées en portions de tasses (Note de Ludo: trop pratique de mesurer une quantité de beurre avec une tasse, tiens). Les températures pour le four vont vous être données en degrés Fahrenheit.

Autre fait rigolo: les poids sont affichés en système métrique, mais correspondent à des poids en système impérial. C'est pas clair? Voici un exemple: le beurre s'achète par 454 grammes, ce qui coïncide avec une livre.


Je fais l'envie de mes compatriotes français lorsque je sors le verre mesureur que j'ai pensé à glisser dans les cartons du déménagement, et qui indique les grammes pour un certain volume de farine, sucre, etc. et les millilitres pour le liquide. A bon entendeur...

Verre doseur


Plus généralement, il y a un joyeux mélange dans les unités de mesures utilisées dans diverses situations de la vie courante. Si les panneaux de signalisation indiquent les distances en kilomètres, en revanche toutes les annonces pour les appartements vont vous donner des surfaces en pieds carré. Chez le médecin, taille et poids vous seront donnés en système métrique (mètres et kilogrammes). Par contre, si un collègue vous demande votre taille et que vous répondez "1 mètre 71", vous le verrez cogiter un moment pour faire la conversion en pieds et pouces! (Note de Ludo: comme je suis un gros chieur, à chaque fois qu'un canadien me donne une mesure en système impérial, je lui rétorque un "hey gars, le Canada utilise le système métrique, je sais pas de quoi tu parles"... pour l'instant, ils se contentent tous de sourire et de regarder leurs pieds en rougissant).


Pas de panique, Wikipedia est notre ami et nous aide à faire les conversions... Google est sympa aussi et fait la conversion pour vous... Vous pouvez vous amuser à entrer la requête "50 kg in pounds" dans le champ de recherche... c'est magique (Note de Ludo: ça marche aussi dans Yahoo et Live Search/MSN, mais pas dans Exalead... vive la technologie Française! (je me permets parce que je sais qu'un des ingénieurs d'Exalead lit ce blog... Salut Philippe!)).

jeudi 5 juin 2008

La complainte de l'expat'

Si vous connaissez un expatrié, ou ex-expatrié, vous avez probablement entendu ce genre de remarque: "les XYZ sont durs à se faire comme amis", ou "les XYZ ils ne parlent pas beaucoup culture/histoire/politique", en remplaçant bien sûr le "XYZ" par la nationalité concernée (si vous n'avez jamais entendu un expat' faire ce genre d'affirmation, vous avez bien de la chance). Dans notre cas, il s'agit donc des Canadiens.

Les Canadiens sont durs à se faire comme amis

D'abord, on n'abordera pas la question de savoir si vous êtes quelqu'un d'intéressant, sociable, et qui ne sent pas mauvais de la bouche. Mais brossez-vous bien les dents quand même, on ne sait jamais. Ensuite, on peut se demander comment on définit un ami... est-ce quelqu'un que l'on voit en dehors du travail ou de l'activité à travers laquelle on l'a originalement rencontré? Est-ce quelqu'un que l'on a comme ami sous Facebook? Est-ce quelqu'un avec qui on s'entend tout simplement bien?

Pour des gens de la tranche d'âge 25-35 ans, la majorité des amis sont issus des études (université, lycée, et même collège et école primaire si vous avez gardé contact toutes ces décennies). Ce sont des gens qui étaient dans votre classe ou promo, vos colocataires, ou des membres des mêmes activités étudiantes (clubs de sport, de musique, de cuisine, de reconstitution historique de la bataille de Mouveaux en Bouillonne, etc.). Se faire des amis dans la salle de classe est nettement plus facile et rapide que de se faire des amis dans la salle de réunion de votre boulot actuel. Dans les deux cas, pourtant, on se fait chier et on a pas envie de suivre ce que raconte le gars au tableau, mais c'est seulement dans le premier cas qu'il est possible de discuter avec ses voisins impunément depuis le fond de la pièce. Au bureau, on ne peut que se contenter de faire des gribouillis sur son carnet de notes, ou jouer au bullshit bingo.

La socialisation au travail est pourtant très différente entre la France et le Canada, et on reviendra sur le sujet un jour. Mais dans les deux cas, quelqu'un aura-t-il été au cinéma ou au restaurant avec ce gars qui est arrivé d'Ukraine il y a 6 mois? Probablement pas. La socialisation sera restée dans le cadre du bureau, autour du déjeuner de midi ou de la pause café. J'ai pu voir ce genre de situation dans les deux pays avec, heureusement, des exceptions (sinon, le gars repartirait dégoûté en Ukraine).

Les expatriés qui font les remarques du genre "c'est dur d'être ami avec les Canadiens" ont souvent tendance à croire qu'ils peuvent se reconstruire en moins d'un ou deux ans un cercle d'amis similaire à ce qu'ils avaient en France, et qui leur avait pris 10 ou 15 ans à bâtir sans les barrières culturelle et de la langue. Inversement, les indigènes ont déjà leur cercle d'amis bien établi. Vous êtes dans la même situation que l'Ukrainien sus-cité. Vous débarquez, vous ne connaissez pas grand monde, et vous cherchez à vous reconstruire un réseau. Les Canadiens et immigrés de longue date affichant déjà complet dans leur emploi du temps social, les expatriés se retrouvent statistiquement plus souvent entre eux. D'autant plus que l'on est dans la tranche d'âge où les gens déjà bien installés sont soudainement occupés par leur premier enfant, limitant encore plus leur temps libre.

Le plus facile est alors d'entrer en contact avec des expatriés Français puisque vous aurez immédiatement plein de points communs avec eux (principalement: râler sur la France, râler sur le Canada, et s'échanger des addresses pour acheter du fromage qui pue). Un travers courant chez les expatriés est ainsi de rejoindre la communauté Française la plus proche et d'y rester, n'ayant que peu d'amis non-Français, mais ne se gênant pas pour râler à propos de la sociabilité des autres nationalités.

Bref, j'espère que je ne viens pas de vous apprendre que s'intégrer dans un pays et se faire de nouveaux amis sont des procédés qui prennent du temps. Les outils indispensables pour cela sont ici Craigslist et Facebook, pour (re)trouver des groupes ou activités qui vous permettront de rencontrer des gens (clubs de sport, de musique, de cuisine, de reconstitution historique de la bataille de Mouveaux en Bouillonne, etc.).

Les Canadiens ne parlent pas culture/histoire/politique

Ma seule explication pour ce genre de remarque, par contre, est simplement la barrière de la langue. Difficile pour un anglophone d'engager, ou maintenir, une conversation soutenue sur l'histoire des Croisades s'il ne comprend pas la moitié de ce que vous baragouinez (et qu'il est trop poli pour vous le dire).

Evidemment, comme en France, les 3/4 des gens ne sont juste pas intéressés par ces sujets, préférant lire le DaVinci Code et regarder Canadian Idol/La Nouvelle Star (ouais, je fais mon réac' si je veux, c'est mon blog). Mais jusqu'à présent, j'ai trouvé qu'il était par exemple très facile d'engager la plupart des Canadiens sur le sujet de la politique Canadienne ou Américaine. Un nombre étonnant d'entre eux ont suivi, au moins de loin, les élections Françaises. Et ce qui est bienvenu, c'est qu'ils ont chacun leur propre opinion. On est loin des discussions politiques Françaises où les gens regurgitent la moitié du temps ce que les Guignols ont raconté la semaine d'avant, ou évitent totalement le sujet en jouant la carte du réactionnaire cynique.

Une autre différence est que les Canadiens sont beaucoup plus éduqués sur le plan économique. Dans un pays où les lois du marché sont plus présentes, où le seul voisin est les Etats-Unis, et où la paperasse pour la banque ou les impôts est deux fois plus compliquée, il est très courant d'assister à des discussions sur le cours du loonie, sur le NASDAQ, ou sur les conséquences des dernières nouvelles américaines ou (dans une moindre mesure) européennes.

Sur le plan historique, par contre, il est probable qu'un Européen moyen est plus éduqué q'un Canadien moyen, tout simplement parce que l'Histoire (avec un grand H s'il vout plaît) occupe une part plus importante de notre culture et de notre identité, ce qui se retranscrit, par exemple, sur les programmes scolaires.

De toutes façons, il est indéniable que les Canadiens n'ont pas grand chose de local à se mettre sous la dent qui remonte plus loin que le 18ème siècle. En plus, un pionnier, ça prend du temps à construire des maisons et labourer des champs, donc il ne se passe pas beaucoup de trucs super intéressants. Du coup, on constate deux tendances. La première est de s'intéresser plutôt, au choix, à l'histoire de l'Europe, de l'Afrique, ou de l'Asie. C'est assez peu commun. Les nord-Américains se contentent d'avoir les yeux qui brillent quand on parle de Paris ou Barcelone ou Amsterdam, mais n'y connaissent pas grand chose, à part ceux qui y ont été en vacances. La deuxième tendance est de connaitre en détail l'histoire nord-Américaine du 20ème siècle. Je trouve que ce deuxième type de connaissance est assez intéressant car elle permet de mieux comprendre la direction actuelle du pays. En Europe, les gens qui s'intéressent à l'histoire se focalisent généralement sur des périodes lointaines qui, si elles sont souvent passionnantes, ne permettent pas vraiment d'expliquer le problème des banlieues.

 

Bref, voilà mon avis sur la complainte de l'expat'. Je suis sûr que certains ne seront pas d'accord, donc déchaînez-vous dans les commentaires! (je m'en fous, je peux les censurer, mouah ha ha)

dimanche 20 avril 2008

Il pleut des bébés

Au Canada, on fait beaucoup de "Showers". Non, ce n'est pas une référence à l'hygiène corporelle, ni à la météo locale. Ce sont des événements qui présentent les points communs suivants:

  • Ils sont plutôt réservés à un public féminin (quoique les hommes sont de plus en plus souvent invités à participer) ;
  • Il faut se préparer à jouer à des petits jeux (de préférence stupides).

Il en existe plusieurs versions: "Baby Shower" et "Wedding Shower" - également appelées "Bridal Shower".

Le principe d'une "Baby Shower" est le suivant: environ 2 mois avant la naissance d'un enfant, une personne proche de la future maman organise une fête. On invite d'autres copines pour jouer à des jeux parfois éducatifs (genre un quizz sur la sécurité des enfants), et parfois pas (genre faire des relais de changeage de couche sur une poupée) autour du thème du bébé. Le plus important, c'est évidemment la décoration bleue ou rose, les ballons imprimés "It's a Baby Shower", et la collation légère.

C'est également l'occasion de faire les cadeaux à la maman. L'intérêt de faire ça quelque temps avant la naissance, c'est que la mère sait ce qu'elle va avoir comme cadeau et du coup les parents peuvent organiser leurs dépenses en fonction. Pas bête.

La "Wedding Shower", c'est le pendant plus "sérieux" de l'enterrement de vie de jeune fille ("Bachelorette Party"). Disons qu'on va faire un enterrement de vie de jeune fille débridé avec les copines et une "Wedding Shower" plus formelle avec la famille. Là aussi, les cadeaux sont de rigueur, d'après Wikipedia c'est parce qu'à l'origine c'était organisé dans les familles pauvres, lorsque le père ne pouvait (ou ne voulait) pas fournir la dotte.

Par contre, d'où vient le terme "Shower", ça, je sais pas !

vendredi 21 mars 2008

Du déplacement pédestre dans un système routier en grille

Dans un récent article, on a abordé le système routier en grille de Vancouver, ainsi que les avantages que ça apporte. Un avantage que je n'ai pas mentionné est la généricité d'un tel système en ce qui concerne les déplacements.

Par exemple, le déplacement suivant:

image

...est équivalent au déplacement suivant:

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...si on considère que l'important, c'est le point de départ et le point d'arrivée.

Il s'agit alors de trouver, parmi les nombreuses possibilités de déplacement, laquelle sera la plus rapide.

Contexte et postulats

Comme je me déplace principalement à pied personellement, je ne vais parler que de piétons ici. Ensuite, comme on se déplace sur une grille, la distance est la même quelque soit la trajectoire (si on ne prend évidemment en compte que les trajectoires directes qui ne font pas de détour). Si on exclut les considérations telles que les variations de vitesse en fonction de la pente, le seul facteur réellement impactant dans le temps de trajet est le temps d'attente aux feux rouges.

J'ai écrit un petit programme permettant de simuler le trajet d'un pieton à travers une grille, duquel je tire les diagrammes et les chiffres que je donne dans la suite de cet article. Les hypothèses de départ sont les suivantes:

  • Du point de vue du piéton, les feux de circulation sont aléatoires. En vérité, ils sont plus ou moins synchronisés, mais comme cette synchronisation est faite pour les voitures, qui se déplacent de manière significativement plus rapide que les piétons, elle est totalement perdue pour une vitesse moyenne de marche. De plus, une différence de quelques pourcents dans la vitesse de marche amène une grande différence dans l'état des feux rencontrés pendant le trajet. Comme il s'agit ici de trouver un algorithme générique qui ne dépend ni du lieu géographique, ni du piéton, j'ai opté pour un modèle aléatoire de feux de circulation.
  • Le temps de feu vert et de feu rouge est de 30 secondes chacun. En bon français, on traverse en courant comme un sagouin au feu orange clignotant, donc je compte ça comme un feu vert.
  • La grille est uniforme, et chaque intersection est identique. En pratique, il y a sûrement quelques endroits dans votre quartier où la grille est "cassée" d'une manière ou d'une autre. Sur mon trajet journalier pour aller au bureau, par exemple, je sais qu'en longeant le B.C. Stadium, j'avancerai de 3 pâtés de maison sans rencontrer d'intersection, et donc garanti sans feu rouge. J'optimise donc mon trajet matinal en donnant un biais à mon algorithme de manière à passer par là si cela semble bénéfique.

Le but du jeu est, partant d'une intersection donnée, aller à une autre intersection donnée. Disons que cette destination est le croisement de la rue Latitude (qui est "horizontale", orientée d'est en ouest) et de la rue Longitude (qui est "verticale", orientée du nord au sud).

Quelques algorithmes simples

L'aglorithme le plus simple, voire le plus stupide, consiste à aller tout droit en partant de chez soi jusqu'à atteindre la rue Latitude, puis de remonter cette rue jusqu'à atteindre Longitude.

Un algorithme toujours simple, mais un peu plus malin, consiste à traverser systématiquement la rue du côté où on voit un feu vert. Une fois de l'autre côté, on continue sur sa trajectoire. Si on atteint l'une des deux rues terminales (Latitude ou Longitude), on se contente alors d'aller tout droit jusqu'à la destination. J'ai appellé cet algorithme "algorithme opportuniste".

Pour mes tests, j'ai considéré 4 types de trajets: 5x5, 5x10, 10x10 et 10x20, où les deux chiffres correspondent au nombre de pâtés de maison à traverser respectivement vers l'est et vers le nord (on démarre donc "en bas à gauche" et on va "en haut à droite"). Ces 4 trajets sont simulés 100.000 fois pour chacun des algorithmes, et le temps d'attente total de chaque trajet est enregistré (le temps d'attente total d'un trajet étant la somme de toutes les attentes à tous les feux rouges rencontrés). Je n'ai pas été au delà de 10x20 car j'estime qu'une distance plus grande incitera à prendre son vélo ou les transports en commun, à moins qu'on soit en train de se balader, auquel cas on est pas pressé. Pour information, mon trajet pour aller au bureau est de 7x8.

On peut déjà constater que l'algorithme opportuniste est non seulement nettement plus efficace que l'algorithme stupide, mais aussi plus sûr.

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On constate également que l'algorithme opportuniste rencontre moins d'attente en moyenne pour un trajet 10x10 qu'un trajet 5x10, alors que c'est un trajet plus long. Mon interprétation est que comme 5x10 est un trajet plus "étroit", le piéton peut plus rapidement déboucher sur la rue Longitude, et se retrouver à devoir avancer bêtement tout droit, sans aucun autre choix que d'attendre à chaque feu rouge. Le trajet 10x10, par contre, est "large", et permet au piéton d'avoir plus de "marge de manoeuvre" pour tourner à droite ou à gauche en fonction des feux.

Un peu d'optimisation

On peut légèrement améliorer l'algorithme opportuniste, de manière simple. Lorsqu'on se retrouve à un coin sud-ouest d'un pâté de maison (juste après avoir traversé la rue, donc), plutôt que de continuer dans la direction qu'on suivait précédemment, on se dirigera dans la direction vers laquelle il nous reste le plus de chemin à parcourir. Ainsi, si on est est plus près, en nombre de pâtés de maison, de la rue Longitude que de la rue Latitude, on ira vers le nord. Sinon, on ira vers l'est. Cet algorithme est "l'opportuniste légèrement malin".

Cette optimisation donne des résultats assez frappants:

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Un peu plus d'optimisation (enfin, une tentative)

J'ai ensuite écrit deux nouveaux algorithmes: "l'opportuniste malin", et le "sacrificiel". Ces deux algorithmes ont pour but de corriger le problème que j'ai mentionné à propos des trajets "étroits", et de la situation peu désirable d'aboutir sur une rue terminale alors que l'autre rue terminale est à plusieurs pâtés de maison de là. Il s'agit donc de laisser plus de "marge de manoeuvre" au piéton en essayant d'atteindre les deux rues terminales le plus possible en même temps, même s'il faut sacrifier un peu de temps au milieu du trajet.

L'opportuniste malin reprend l'algorithme de l'opportuniste légèrement malin, mais y ajoute la variation suivante:

  • Si on se trouve plus proche d'une des deux rues terminales par rapport à l'autre (par exemple on est à 2 pâtés de maison de Longitude, et à 5 de Latitude), on peut ignorer un feu vert et préférer, si possible, tourner en restant sur le même bloc afin de se diriger vers la rue terminale la plus lointaine. Par exemple, si on est au coin nord-ouest d'un bloc et que le feu vert nous permettrait de traverser vers le nord, mais qu'on se trouve très proches de Latitude, on ne va pas traverser, et plutôt longer le bloc vers l'est afin de se rapprocher de Longitude.

L'algorithme sacrificiel, lui, va plus loin, acceptant de faire des sacrifices:

  • Si on se trouve vraiment très proche d'une des deux rues terminales, on veut absolument continuer vers la rue terminale la plus lointaine, même si cela veut dire qu'on se tape un feu rouge.
  • On n'accepte de se taper un feu rouge que si ce feu rouge est "bien mûr", à savoir qu'on ne l'a pas vu passer au rouge alors qu'on approchait. J'estime que si le feu dure 30 secondes, on peut raisonnablement savoir si un feu est rouge depuis au moins 20 secondes, car cela veut dire qu'il est rentré dans le champ de vision du piéton 30 mètres environ avant que celui-ci l'atteigne. Le piéton peut en plus s'aider du feu perpendiculaire, qui devrait clignoter en orange si le croisement va bientôt basculer de sens. J'ai utilisé 2 instances de cet algorithme: un qui accepte de se taper des feux rouges vieux d'au moins 20 secondes, et un qui accepte ceux vieux d'au moins 25 secondes (ce qui veut dire qu'on sacrifie, au plus, 10 et 5 secondes respectivement).
  • On n'accepte de se taper un feu rouge que si l'on est significativement plus proche d'une rue terminale que d'une autre. Les 2 instances de l'algorithme utilisent également 2 réglages différents pour cela: une qui accepte de sacrifier du temps si on est 3 fois plus loin d'une rue terminale que d'une autre, et une qui accepte lorsqu'on est 4 fois plus loin.
  • Les 2 instances sont nommées, dans les graphes ci-dessous, "Sacrifical 3/-10" (3 fois plus loin, 10 secondes) et "Sacrificial 4/-5" (4 fois plus loin, 5 secondes). Le premier algorithme est donc plus prompt à sacrifier du temps à un feu rouge que le deuxième.

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D'abord, on constate que l'opportuniste malin est en fait moins efficace que l'opportuniste légèrement malin. Je pense que c'est tout simplement parce qu'on fait l'erreur de troquer un "gain certain" (un feu vert) pour un "gain hypothétiquement plus grand" (ignorer le feu vert et aller à une autre intersection pour se rapprocher de la rue terminale la plus lointaine, mais s'exposer à la possibilité d'avoir un feu rouge mal placé). Cette erreur est un phénomène assez classique de psychologie humaine, et est bien souvent peu bénéfique, comme on peut le voir également dans des jeux comme "Deal Or No Deal", connu pendant un temps dans l'hexagone sous le titre "A prendre ou a laisser", alias "La Boiboite D'Arthur".

L'algorithme sacrificiel, lui, permet de grapiller quelques secondes dans certains cas, notamment les cas où, justement, il y a peu de marge de manoeuvre dès le depart (trajets courts ou "étroits"), mais perd de son intérêt pour les voyages longs et "larges". De plus, il est légèrement moins sûr que la plupart des autres algorithmes. N'oublions pas également que dans le monde réel l'évaluation de l'âge d'un feu rouge peut être gênée par divers phénomènes, tel que l'obstruction de la vue du piéton, par exemple, ce qui rend l'application de cet algorithme plus délicat.

Conclusion

Il me semble que l'algorithme opportuniste légèrement malin est le plus efficace, surtout si on le combine subtilement, ici et là, avec un peu d'algorithme sacrificiel, notamment quand on se retrouve à des distances trop inégales des deux rues terminales, et qu'on est relativement sûr de son évaluation de l'âge d'un feu rouge (la plupart du temps parce que le feu perpendiculaire clignote depuis plusieurs secondes). Enfin, lorsqu'on combine le tout avec une certaine connaissance du quartier, on peut faire des trajets sans aucun temps d'attente à aucun feu rouge dans la majorité des cas!

Si vous avez repéré des erreurs, ou que vous avez des suggestions, n'hésitez pas à poster un commentaire. Et pour ceux qui vont inévitablement me dire que c'est beaucoup s'embêter pour économiser 23 secondes par jour, je leur dis "crotte". En plus, ces gens là ne sont sans doute pas ingénieurs, donc ils ne peuvent pas comprendre qu'être ingénieur c'est plus qu'une formation, un métier, une passion... c'est un véritable mode vie! La quête du savoir! La soif d'optimisation! La joie de gaspiller du temps et de l'argent à travailler sur des choses inutiles! Sans oublier la compulsion à acheter plein de gadgets hors de prix, et le plaisir de chauffer son appartement uniquement avec leur effet Joule! Rah la la, vous savez pas ce que vous ratez les gars.

Grillé

Vancouver, comme pratiquement toutes les villes d'amérique du nord, possède un système routier en grille. C'est ça les villes fondées après l'invention de l'équerre et du compas, et aussi après la découverte des problèmes de traffic routier... on se retrouve avec ça:

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...ce qui est quand même beaucoup moins fun que ça:

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Notez la différence dans le nombre de sens interdits!

Mais malgré le côté "mauvais joueur" du système routier en grille, il y a quand même quelques avantages pratiques...

L'avantage le plus évident, c'est que pratiquement chaque route est une route alternative pour se rendre où vous voulez. Une rue est trop encombrée à votre goût? Elle est bouchée par des travaux? Il suffit de prendre la parallèle, à droite ou à gauche! C'est particulièrement sympathique quand on est en vélo, et qu'on peut ainsi totalement éviter de rouler sur les grandes avenues, choisissant plutôt les parallèles qui traversent les quartiers résidentiels calmes.

Un autre avantage, c'est qu'il est virtuellement impossible de se perdre: il suffit d'aller tout droit jusqu'à atteindre sa rue de destination, et ensuite de descendre ou remonter cette rue jusqu'à être arrivé. Pour se perdre, il faudrait donc soit partir carrément dans l'autre sens, ou alors être tellement la tête dans le cul qu'on passe à côté de sa maison sans s'en rendre compte.

Et enfin, l'avantage, c'est qu'on peut chercher à optimiser ses trajets de manière générique! On va voir ça dans le prochain article...

vendredi 29 février 2008

Le jeu des différences pas importantes: la lettre au format lettre

En France, on utilise le format A4 pour le papier quotidien. Non, pas le papier toilette, hein, mais le papier pour les lettres. Genre les lettres des impôts, ou les factures de la banque. Bref, des trucs avec lesquels on se torcherait bien, mais qu'en pratique, non. Et puis ça serait assez rèche, quand même.

En amérique du nord, ils sont pas cons. Pour les lettres, il utilisent... le format lettre.

Wouah, dingue, pourquoi on y avait pas pensé avant? C'est si évident, pourtant! C'est comme appeller un parc d'attraction "Playland". C'est juste logique, on peut pas arguer.

En fait, le Canada (et le Mexique, pour le coup) se contente de suivre les Etats-Unis, et utilise leur format "Letter", qui fait 8 pouces et demi par 11 pouces. Dans un système de mesure civilisé, ça fait grosso-modo 215x219mm. Comparé au A4 (210x297mm), c'est donc plus large, et un peu moins haut.

Et là, c'est le drame: vous mettez vos bouquins européens à côté de vos bouquins américains dans votre bibliothèque, et ça s'aligne pas bien. Y'a des livres qui dépassent. Nggghhh.

(oui, je suis maniaque)

Mais c'est encore mieux parce qu'au Canada ils ont la série "P", avec les formats P1, P2, P3, etc., qui correspondent aux formats américains, mais arrondis à des valeurs métriques vaguement rondes. Nggggghhh. Ca dépasse juste un poil. Nnggggghhh. Je vous laisse caser vous-même une blague sur le format P4.

Pour être honnête, la série "A" de format papier, introduit en Allemagne dans les années 20, n'est arrivée qu'à la fin des années 60 en France. A cette époque, les Etats-Unis avaient déjà plus ou moins standardisé leurs formats papier. Mais bon, ça fait quand même tâche, quand le monde entier adopte un standard donné, de bouder dans son coin. Surtout, en plus, quand c'est un format défini avec des pouces, des pieds, et, limite, aussi, mon cul.

En attendant, j'ai des bouquins mal alignés dans ma bibliothèque. Nnngggggh.

samedi 23 février 2008

Loonie Tunes

Les anglo-saxons ont une tradition étrange: ils donnent des petits noms à leurs pièces de monnaie. Les mauvaises langues vont dire que c'est à cause des américains qui sont si amoureux de leur argent, mais la pratique vient en fait d'Angleterre, et remonte à assez loin.

Quand on habite dans un pays anglo-saxon, il est bon de connaître au moins vaguement le nom des pièces de monnaie car les commerçants locaux vont souvent vous parler en ces termes ("vous n'avez pas un quarter pour arrondir?"), plutôt qu'en termes de valeurs ("vous n'auriez pas 25 centimes pour arrondir?"). Voilà donc un petit guide illustré qui vous permettra de ne pas passer pour un touriste idiot à la caisse.

Canadian Loonie

La pièce la plus commune, et la plus connue, est le "loonie", la pièce de 1 dollar. Elle tient son nom de l'oiseau représenté sur une des 2 faces, un Grand Plongeur du Nord (Gavia Immer de son nom scientifique), et plus communément appellé "Common Loon". On voit cet oiseau tout le temps dans le coin. C'est aussi un jeu de mots puisque "looney" en anglais désigne une personne mentalement déficiente, ou plus généralement quelque chose de complètement loufoque. Encore une preuve que les canadiens ne se prennent pas vraiment au sérieux, et une occasion de plus pour nos voisins du sud de se moquer...

Notez que le terme "loonie" est réellement institutionnel, à tel point que les journaux économiques font état du "cours du loonie" pour désigner la valeur courante du dollar canadien.

Les français canadiens parleront de "piastres" (prononcez "piasses"), même si le terme francophone officiel est le "huard".

Canadian Toonie

De manière peu surprenante, la pièce de 2 dollars est appellée le "toonie", soit une fusion de "two" ("deux") et "loonie". On peut aussi apprécier la référence aux "toons" (diminutif de "cartoons", soit "dessin animés", et principalement utilisé pour désigner un personnage issu de ce médium), qui était déjà présente avec le "loonie", via les "looney tunes" qu'on ne présente plus. Le terme "toonie" est toutefois très rarement utilisé.

Canadian Quarter

La pièce de 25 centimes de dollar est appellée le "quarter", ce qui est, vous avouerez, assez convenu étant donné sa valeur.

Les français canadiens ne doivent pas savoir compter puisqu'il parait qu'ils appellent cette pièce "trente sous" (pour des raisons historiques, soit)... mais je ne me souviens pas avoir entendu ça du temps ou on était à Montréal, donc je doute que ça soit vraiment utilisé. Les lecteurs résidant au Québec pourront confirmer ou infirmer tout ça dans les commentaires...

Canadian Dime

La pièce de 10 centimes de dollar est appellé "dime". Et personnellement, je trouve que le fait qu'elle soit plus petite que la pièce de 5 centimes est très déconcertant, surtout au début. De toutes façons, seule la taille des pièces permet de différencier le quarter, le dime et le nickel dans le porte-monnaie, ce qui est moins efficace que les pièces d'euro, qui utilisent aussi différentes épaisseurs et différentes textures de tranche.

Canadian Nickel

La pièce de 5 centimes de dollar est appellé "nickel", mais il n'y a presque plus de nickel dedans depuis le début du siècle1.

Canadian Penny

Enfin, la pièce de 1 centime de dollar est appellée "penny".

Notez que les termes "quarter", "dime", "nickel" ou "penny" se retrouvent dans la plupart des pays anglophones, de l'Angleterre à l'Australie en passant par l'Amérique du Nord.

Maintenant, avant qu'on me pose la question, non, à ma connaissance, les billets n'ont pas de petit nom. Par contre, il existe des termes comme "grand", qui désigne un multiple de 1000. Ainsi, si vous achetez 2kgs de cocaïne, ou louez les services de 3 prostituées de luxe pour la soirée, vous devrez aligner 12 grands, soit 12000 dollars. Enfin non pas que j'y connaisse quoique ce soit en drogue ou en prostituées, hein, c'était juste un exemple comme ça. Surtout qu'en plus, y'a toujours un gars qui vient vous tabasser à la fin de la soirée pour vous demander le double, juste comme ça, parce qu'il est méchant... alors bon, franchement...

Voilà, vous êtes maintenant parés pour faire l'appoint!

1 Le 21ème. Vous savez? Celui dans lequel on est maintenant?

samedi 9 février 2008

Etiquette Canadienne: Distances de sécurité

Vous le savez déjà probablement, mais les anglo-saxons ont des comportements sociaux grandement différents des comportements français. Le phénomène le plus connu est le "hug", cette embrassade que vous voyez régulièrement dans les films et séries américains. Y'en a même qui en offrent gratuitement dans la rue...

Free Hugs

Mais bon, récapitulons d'abord la situation telle qu'elle est en France. Quand vous êtes un mec, et que vous dites bonjour, vous serrez la main aux mecs et vous faites la bises aux filles. Sauf pour les amis très proches et la famille, là vous faites la bise. Si vous êtes une fille, vous faites la bise à tout le monde. Sauf au bureau. Au bureau, tout le monde se serre la main. Sauf les collègues hommes/femmes qui sont assez proches pour se faire la bise, ce qui permet d'assister à ces petits moments légèrements tendancieux autour de la machine à café où une fille fera la bise à certains et serrera la main à d'autres. Rajoutez à cela les gens qui font 2, 3, voire (les fous) 4 bises, et c'est le bordel.

A Vancouver, c'est à la fois plus simple, et à la fois plus compliqué.

Entre le spectre du harcèlement sexuel qui plane au Sud du pays, la chaleureuse et gauloise tradition Anglaise comme parenté, les gens ont simplement tendance à se dire "Hey" de loin pour se dire bonjour au bureau. Les poignées de main sont rares, réservées aux occasions comme un retour de vacances ou un client important. Par contre, vous pouvez tout d'un coup vous retrouver embarqué dans un hug avec un ou une collègue pour les occasions exceptionnelles, genre la fête de Noël ou le Nouvel-An. Hop, interro surprise: votre chef revenu de vacances veut vous souhaiter la bonne année, que faites vous? Vous avez 2 secondes pour vous décider, tic tac tic tac!

En privé, c'est plus compliqué. Y'a les Canadiens vaguement Québecois sur les bords, ou les amoureux de la France, qui vont s'empresser de vous faire la bise. Y'a les anglo-saxons émotifs qui vont vous faire des hugs. Et y'a toutes les autres nationalités qui, de toutes façons, ne savent pas vraiment comment ça se passe dans votre culture et gardent donc leurs distances pour ne pas vous mettre mal à l'aise, se rendant compte 2 minutes plus tard qu'en fait, vous faites la bise comme chez eux. Interro surprise: votre ami Danois vous présente sa femme, que faites vous? Tic tac tic tac.

Maintenant, il s'agit de se rappeller comme fonctionne tout le monde...

Nos amis turcs ils font la bise ou ils serrent la main déjà? Merde, non, le Kenyan il serre la main, par contre, et ses copines elles font des hugs. Enfin seulement les Américaines. L'Israëlienne, non, je crois. Elle fait 3 bises. Ou 2. Merde. Bordel... Bon, écoute, on se ramène, on fait "Salut tout l'monde!" de loin, et on fonce sur les petits fours. On va pas s'emmerder non plus, de toutes façons les Français sont censés être malpolis, alors voilà.

Non sérieux, c'est compliqué la vie à Vancouver... surtout qu'en plus, on sait très bien comment il faudrait se dire bonjour...

lundi 28 janvier 2008

Le matin (en si bémol)

Je vous avais déjà montré des photos matinales du centre ville, mais on va en remettre une couche avec, cette fois-ci, quelques levers de soleil (et un coucher).

Mont Baker, le matin

Ces photos sont prises depuis chez nous... au début, on s'extasiait 1 jour sur 3 devant la beauté de la vue, mais maintenant, c'est plutôt "chérie, ferme les rideaux, j'ai des reflets oranges partout sur mon épisode de SpongeBob, j'vois rien".

Ouais, je sais, on fait nos blasés, mais c'est parce qu'on est à Yaletown, donc on doit se la jouer yuppies méprisants.

Trainées matinales

Voilà. Reflets oranges de merde. Et je rappelle que SpongeBob, il est tout jaune.

Des fois, y'a des reflets mauves, pour changer. Ca dérange moins. C'est mieux.

Violet céleste

Allez, et histoire de clôturer cet article, je vous mets un coucher de soleil sur False Creek, pris depuis un des petits bateaux qui peut nous emmener jusqu'à Granville Island (entre autres).

Coucher de soleil sur False Creek

Et sur ce, je m'en vais prendre mon petit déjeuner avec SpongeBob, il fait moche ce matin, au moins (et oui, la première chose que je fais en me levant, c'est poster sur le blog... j'espère que vous appréciez la dévotion!).

dimanche 20 janvier 2008

6 à 5

Le Canada est un pays affreux.

En effet, il fait partie de ces endroits ignobles et infâmes du globe qui osent afficher des prix hors taxes presque partout. Ca veut dire que si vous voulez vous payer un chocolat chaud et une part de gâteau, que le prix annoncé est de $3.50, et que vous avez $3.50 dans la poche, ça ne suffira pas. Pire, si vous avez $3.90, vous ne savez même pas si vous pourrez vous le payer, à moins que vous soyez assez courageux pour faire du calcul mental, alors que, je le rappelle, vous avez faim et soif.

Ignoble et infâme, je vous dis.

Les taxes sont composées de 2 taxes: la GST et la PST. Tout comme notre chère TVA, il y a des taux de taxation différents en fonction de la catégorie d'un produit donné. On va y venir.

La GST (Taxe sur les produits et services), comme son nom l'indique, s'applique à tous les produits et les services, sauf ceux qualifiés d'essentiels comme la nourriture, les loyers, les services médicaux et financiers, etc. Etant issue du gouvernement fédéral, elle s'applique à tout le pays. Elle était de 6% jusqu'à recemment, mais vient d'être abaissée à 5% au 1er janvier dernier. Super... Je sais toujours pas si je peux me payer mon chocolat chaud et ma part de gâteau avec mes $3.90, mais au moins, la probabilité augmente.

S'y ajoute la taxe provinciale (PST, ou "taxe provinciale sur les ventes"), dont le pourcentage varie d'une province à l'autre. Dans notre chère Colombie Britannique, la PST est de 7% (soit une taxe totale de 12% pour les produits n'ayant aucune exemption). Parmis les autres provinces on peut citer le Québec, où elle est à 7.5%, l'Ontario, à 8%, et Alberta qui, avec tout son pétrole, s'offre le luxe de ne pas avoir de PST du tout. D'autres provinces (New Brunswick, Terre-Neuve et Nova-Scotia) ont décidé de tout mettre dans une HST, ou "taxe harmonisée sur les ventes", et ne font pas la différence entre la PST et la GST.

La PST a évidemment un certain nombre d'exemptions. On peut citer la nourriture, l'eau et autres boissons non-alcoolisées, les habits et chaussures pour enfants, des trucs relatifs à l'habitation (incluant la plupart du matériel électro-ménager), les vélos, la plupart des magazines et des livres, etc. Je me permets de souligner, donc, que tous les repas au restaurant sont taxés uniquement avec la GST (5%), et que la plupart des articles dans votre panier de courses ne sont pas taxés du tout! Ceci dit, pour le restaurant, le service n'est pas inclus, et il est donc de bon alloi d'ajouter un pourboire de 10 à 15%. Et pour tous ceux qui prévoient de vivre le rêve canadien, qui consistent principalement à boire de la bière en regardant des matches de hockey, les boissons alcoolisées ont une magnifique petite PST de 10% (soit un total de 15% de taxes pour votre pack de 12).

Pour information, la TVA en France est de 2.1% pour les médicaments remboursables, de 5.5% pour les produits et services essentiels (nourriture non transformée, certaines catégories de restaurants, etc.), et de 19.6% pour le reste.

Enfin, vous constaterez qu'il y a parfois intérêt à aller dans la province voisine pour acheter certains produits, un peu comme, en France, on irait acheter ses meubles ou sa voiture en Belgique. Sans compter, maintenant que le dollar américain ne vaut plus rien, l'intérêt d'aller acheter des trucs de l'autre côté de la frontière... c'est bizarre, j'ai plein de collègues qui sont revenus de Seattle avec des iPhones après les fêtes...

mercredi 16 janvier 2008

Grouse by night

Après Cypress de nuit voici Grouse Mountain de nuit. Cette fois-ci, je ne suis pas monté à pied, j'ai plutôt pris le Skyride comme tout le monde (de toutes façons, le sentier du Grouse Grind est officiellement fermé l'hiver).

Grouse by night (1)

Donc voilà, vous aviez vu les photos des lumières de Grouse vues depuis le centre ville, et maintenant, vous voyez les lumières du centre ville1 vues depuis Grouse! Si c'est pas une mise en abyme profonde de la quintessence luminique futile de notre perception humaine, je sais pas ce que c'est2.

Grouse by night (2)

Normalement, histoire d'être complet, il faudrait que j'aille à Mount Seymour, le mont le plus à l'est, mais il parait que c'est assez plat, et qu'on y trouve que des pistes bleues et vertes. C'est par contre parfait pour faire du ski de fond, des randonnées en raquettes, ou pour apprendre à skier.

Moi je me contenterai d'alterner entre Cypress et Grouse. En plus, quand je suis tout seul, je peux utiliser la fameuse file d'attente pour les gens qui n'ont pas d'amis. Et même qu'après, je rentre en bus et en métro avec tous les autres skieurs, et ça sent bon la transpiration givrée dans la rame. Ca change des odeurs habituelles, remarquez.

1 En pratique, on voit jusqu'à Surrey et Richmond en grand banlieue.

2 La bonne réponse était bien sûr: "c'est rien du tout, ta phrase c'est du flan qui veut rien dire". Ma copine ajouterait aussi sans doute "pauvre naze". Elle est gentille, ma copine.

lundi 14 janvier 2008

Le dessous des cartes

Après vous avoir fait peur sur la magie de l'hiver local (qui a quand même ses bon côtés), il faut que je rétablisse la vérité sur la météo de Vancouver... parce que bon, c'est rigolo de faire des blagues sur la pluie et tout ça, mais on voudrait quand même avoir des gens qui nous rendent visite, des fois.

En regardant les statistiques sur les 30 dernières années, on peut voir qu'il tombe en effet énormément d'eau1: 1160mm par an en moyenne, soit presque 80% de plus qu'à Paris (650mm), 20% de plus qu'à Montréal (950mm), et juste un poil plus qu'à Brest (1120mm). La surprise, c'est Londres, qui ne reçoit finalement pas beaucoup de volume (752mm). Par contre, il faut se rappeller que ce n'est ici qu'un total de précipitations. Il y par exemple une grande différence entre un endroit où il bruine tout l'année, et un endroit où il y a un déluge pendant 2 mois et un grand soleil le reste du temps.

Pour s'en rendre compte, on peut regarder les statistiques d'ensoleillement direct. En faisant la moyenne sur les 30 dernières années, on constate qu'on a autant de soleil qu'à Montréal, 10% de plus qu'à Paris, plus de 40% de plus qu'à Londres, et juste 5% de moins qu'à Toulouse! Au passage, on peut se rassurer en se disant que la réputation de Londres vient du smog et de la pluie fine, phénomènes générant peu de volume d'eau mais déprimant les gens photosensibles tout de même.

On se rend également compte, en suivant à la fois l'évolution des précipitations et du taux d'ensoleillement au fil des mois de l'année, qu'il y a de grandes différences dans la répartition des jours de beau et de mauvais temps. Ainsi, à Paris, il pleut à peu près pareil tout l'année (entre 50 et 60mm par mois tous les mois). A Montréal, ils se tapent de la neige l'hiver (entre 60 et 90mm par mois2), et de la pluie l'été3 (entre 80 et 100mm)! Comparativement, Vancouver se prend peut-être gavasse de pluie et de neige en hiver (entre 100 et 180mm!), mais l'été y est le plus beau (entre 35 et 45mm, et plus de jours d'ensoleillement que tous les autres)!

Bon, moi j'dis ça, j'dis rien, hein, mais vous savez maintenant quel est le bon choix pour vos prochaines vacances d'été...4

1On prend ici les précipitations générales, soit la pluie, la neige, la rosée matinale, le brouillard, les gens qui pissent depuis leur balcon, et autres formes d'humidité ambiante.

2 Je rappelle que le taux de précipitation mesure l'humidité globale. Il ne s'agit donc pas de 60 à 90mm de neige (tout Montréalais sait bien qu'il en tombe bien plus!) mais 60 à 90mm d'équivalent en eau.

3 L'été Montréalais est relativement caniculaire, avec des périodes de gros soleil et hautes températures, et des périodes d'orage.

4 La bonne réponse était bien sûr "Hawaii".

samedi 12 janvier 2008

Le million! Le million!

Bon, en fait, c'est pas vraiment le million qu'on vise, mais, plus modestement, 31.

"31 quoi", me demandez-vous? Eh bien attention gens du sud, amoureux des climats méditerranéens, lézardeurs au soleil, vous feriez mieux de vous asseoir. Et ceux qui dépriment après 2 jours de ciel gris (j'en connais), vous feriez mieux de vous sauver avant de lire la suite... parce que oui, 31 jours consécutifs de pluie, ça arrive, et c'est le record qu'on essaie de battre chaque année dans un grand esprit de camaraderie compétitive avec Seattle.

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Dans les 2 villes, il s'agit de mesurer le taux de pluvimétrie dans les aéroports respectifs, où se trouve les stations de collecte météorologique. S'il y a plus de 0.2mm de précipitation1 en une journée, ça compte comme un jour de pluie. Le record a été établi en 1953, quand Seattle a donc passé 31 jours avec des chaussettes mouillées, alors que Vancouver s'est arrêté après seulement 27 ou 28 jours selon les sources. Notez, ceci dit, que j'ai du mal à trouver des informations relatives à l'hiver dernier, pendant lequel on a eu droit à des tempêtes de bonne envergure. Certains disent qu'à cette occasion, le record vancouverois aurait été battu avec 29 jours, mais je n'ai pas pu vérifier ça de manière satisfaisante.

Décembre et Janvier sont les mois les plus humides de l'année et, en excluant les quelques jours qui ne sont pas techniquement des jours de pluie mais qui sont quand même des jours où il fait moche, on peut dire qu'on a un temps de merde pendant 2 mois, pratiquement non-stop. C'est dès lors assez facile de tracer l'origine de la réputation pluvieuse de Vancouver...

Vent, couvert

Ce qui est rigolo, c'est la réaction des gens sur le sujet. Le fatalisme est sous-jacent chez tout le monde puisqu'après tout, à part déménager ailleurs, on peut pas y faire grand chose, mais c'est tinté par ici d'une touche d'esprit sportif ("ça fait 22 jours qu'il pleut, alors autant que ça continue encore une semaine et qu'on batte le record"), par là d'un soupçon d'énervement ("je sais que c'est comme ça tous les hivers, ça fait 10 ans que j'habite ici, mais ça commence quand même à me les briser"), parfois d'un peu d'avis comparatif ("c'est quand même moins pire que s'il neigeait, croyez-moi"), voire d'une bonne dose de désespoir ("je suis arrivé y'a 2 mois... on m'avait pas prévenu... je peux plus le supporter... tu peux me tenir le tabouret pendant que je fais le noeud?").

Comme le disait mon ancien collègue, l'incontournable Charles, "Vancouver, rien que le nom, ça donne pas envie".

Pour finir, voilà une blague locale:

Un gars vient pour la première fois à Vancouver pour s'installer. Il emménage sous la pluie. Le lendemain, il se lève et va à la fenêtre, et s'aperçoit qu'il pleut toujours. Le jour d'après, et le surlendemain, il pleut toujours. Depuis la fenêtre de son bureau, il voit qu'il pleut toute la semaine. Il va au cinéma, et il pleut. Il va au restaurant, et il pleut.

Finalement, il arrête un gamin dans la rue, et lui demande: "Dis-moi, est-ce qu'il s'arrête de pleuvoir, des fois, ici?". Le gamin lui répond: "J'en sais rien, j'ai seulement 6 ans".

Et vous, est-ce que la pluie ça vous dérange beaucoup?2

1 La mesure de précipitation est différente de la mesure de pluie elle-même. Perso, je trouve que c'est un peu de l'abus d'avoir un palier aussi bas. C'est juste pour gonfler les chiffres du nombre de jours de pluie et se la péter, encore une fois.

2 Oui, ceci est une tentative désespérée pour avoir des commentaires. Rappellez-vous, il pleut tout le temps en ce moment, on a besoin de lecture3.

3 Oui, je suis fourbe, j'essaie de vous faire pitié pour vous forcer à poster.

samedi 5 janvier 2008

Bonne année, mais pas nécessairement pour tout le monde

Après mon article sur les grosses affaires vancouverites pas joyeuses du moment, je me suis dit que je pourrais bien parler des problèmes locaux plus courants. Déjà, ça vous changera de mes photos traffiquées pour vous faire croire que le ciel est toujours bleu à Vancouver. Ensuite, ça vous gâchera votre euphorie de la nouvelle année. Et puis ça vous changera de la routine habituelle des syndicats et des grèves, de l'Europe, des banlieues, du chomâge, du trou de la sécu, de la gauche, de la droite, du milieu, et autres rangaines socio-politiques françaises. Enfin, ça vous permettra de savoir, en contrepartie, quelles sont les rangaines d'ici.

Contrairement à ce que les mauvaises langues diront, la pluie n'est pas le problème numéro 1 à Vancouver (comme le prouvent mes photos avec des ciels bleus, donc), mais bien les sans-abris et la drogue. Oui, je sais, ça fait théoriquement deux problèmes, mais les deux sont souvent étroitement liés. D'ailleurs, ils sont tous les deux bien correctement rangés dans le Downtown Eastside, situé juste derrière Chinatown et Gastown. D'après certains, c'est carrément le quartier le plus pauvre de tout le Canada (Wouhouh! Allez Vancouver!). Et quand je dis "correctement rangé", c'est vraiment le cas: 2 pâtés de maison avant d'y rentrer, on est encore dans des endroits branchés remplis de gens riches et bien portants. On a vraiment l'impression de traverser un portail inter-dimensionnel, par endroits.

Sans abri

(remarquez au passage l'utilisation judicieuse de filtres de couleur pour faire passer ce qui est probablement un ingénieur d'IBM aux goûts vestimentaires douteux pour un pauvre SDF... c'est ça, la magie des images)

Historiquement, toutes les villes olympiques ont eu un problème avec les sans-abris, car il s'agit de faire bonne figure pour les touristes et les caméras. De Londres à Atlanta en passant par Sydney ou Pékin, seule la méthode change: certains offrent gracieusement un billet de bus pour envoyer les clochards en grande banlieue, d'autres les font fuir en utilisant la police pour faire pression. Les plus gentils ouvrent des foyers d'acceuil, mais prennent bien soin de les placer le plus loin possible. Vancouver ne devrait normalement pas échapper à la règle, mais le problème y est un peu plus complexe.

Piccadilly Pub

Au début des années 90, le Canada était dans une situation économique très difficile, et a été redressé par des coupes budgétaires, un remboursement systématique de la dette nationale1, et diverses autres initiatives issues de gouvernements libérals et social-démocrates. Si l'économie canadienne a très bien récupéré depuis, la théorie selon laquelle la croissance du pays bénéficierait à tout le monde a été infirmée par les inégalités dans les différents secteurs. Ces inégalités ne sont pas significativement pires que dans les autres pays occidentaux, mais particulièrement décriées ici, probablement parce qu'elles incluent par dessus le marché les problèmes d'exclusion des personnes d'origines aborigènes (dont on parlera dans un futur article sur les autres problèmes courants du coin).

Lentement

Les problèmes spécifiquement vancouverois s'ajoutent ensuite aux problèms nationaux. Par exemple, le développement fulgurant de la ville dans certains secteurs (nouvelles technologies et construction, entre autres) aggravent les problèmes d'inégalité mentionnés précédemment. Les nouvelles constructions, les rénovations, les modifications du réseau de transport public, et tous les autres aménagements prévus pour 2010, qu'ils soient à l'initiative de la municipalité ou de compagnies privées, galvanisent le marché immobilier déjà bien en forme grâce, entre autres, aux taux d'emprunt historiquement bas similaires à ce qu'on a connu en France ces quelques dernières années.

Un cas courant est ainsi celui où un établissement change de main pour être rénové, réhabilité, voire démoli pour faire place à des logements de meilleure qualité. Les occupants doivent alors trouver une autre habitation, et peuvent se retrouver devant un dilemme budgétaire où toit et nourriture ne peuvent plus cohabiter. Car dans une situation finalement très similaire à certaines région de France, la montée des prix a dépassé la montée des salaires2, et ne pas pouvoir se payer un appartement, même dans les locations à bas prix, est l'une des principales raisons pour rester à la rue. Selon les endroits, on peut trouver jusqu'à un tiers de SDFs qui ont, en fait, un emploi qui les occupe au moins 30h par semaine. Mais l'emploi ne fait généralement pas long feu à partir de là.

Cuban Cigars

Evidemment, la drogue et les maladies (mentales ou physiques) jouent toujours un rôle important. Sur le plan de la drogue, les Triades, la mafia chinoise, seraient assez actifs dans le coin, rapport au fait que Vancouver est un important port de la côte Pacifique, et le principal accès au territoire canadien depuis l'Asie. Enfin j'ai pas fait un enquête approfondie sur le sujet, hein, remarquez, et comme j'ai pas envie de perdre un doigt, j'irai pas infiltrer les clubs de East Hastings juste pour vos beaux yeux. Mais toujours est-il que le traffic de drogues dures, et plus particulièrement l'héroïne, est important, et touche beaucoup de monde. Vancouver ouvrait ainsi en 2003, et dans le Downtown Eastside, justement, des sites d'injection supervisée (Les premiers d'amérique du nord! Wouhouh! Allez Vancouver!) pour tenter de limiter les problèmes annexes liés à la drogue (principalement la transmission de maladies comme le SIDA par les seringues).

Drugs

On estime entre 2000 et 2300 le nombre de SDFs à Vancouver, ce qui est, en pourcentage de population totale, assez similaire à Paris où les estimations oscillent entre 8000 et 12000. Mais c'est la tendance qui est le problème ici, puisqu'à moins d'une inflection, on dépassera les 3000 sans-abris pour les Jeux Olympiques de 2010. Oui, ça augmente vite. Wouhouh! Allez Vancouver!

Petit vélo

Diverses organisations et associations oeuvrent pour l'amélioration des conditions de vie dans le Downtown Eastside, et pour les gens démunis en général, et il y a pas mal d'attention et d'attentes sur ce que le maire va mettre en place pour régler le problème... mais faudra pas rêver non plus.

Voilà, j'espère que ça vous intéresse, tout ça, et si j'ai dit des conneries (vous savez ce que c'est, la recherche d'infos sur internet...), n'hésitez pas à poster des rectifications dans les commentaires.

Cash

Allez, maintenant que j'ai un nouvel objectif avec un gros zoom (merci Papa Noël... à savoir moi-même), il faudra que j'y retourne pour vous faire de meilleures photos du quartier.

1 Le Canada est l'un des rares pays développés à avoir une dette en baisse et peu, voire pas du tout, de dépassement de son budget fédéral chaque année.

2 Pour vous faire une idée très vague des prix vancouvérois, il faut compter 6000$ (soit 4000€) par mètre carré en centre ville. En comparaison, le prix moyen du mètre carré sur Paris est à un peu plus de 6300€. Cela n'empêche pas les canadiens d'être choqués par les prix de Vancouver qui est maintenant la ville la plus chère du pays en terme de logement (Wouhou! Allez Vancouver!). Il y a quelques années, les provinces de l'est, avec Toronto et Montréal comme villes principales, dominaient le marché, mais le développement des provinces de l'ouest a propulsé Vancouver, Calgary, Edmonton et même Saskatoon vers le haut, parfois de manière totalement obscène, du genre des prix littéralement 2 fois plus cher ici (faut dire qu'on a la ville la plus mieux bien, aussi... Wouhouh! Allez Vancouver!). L'arrivée de nombreux immigrants avec leurs poches pleines d'argent tout neuf n'a pas amélioré la situation, alors que le marché québecois ou ontarien restait relativement sage. De toutes façons, le mieux, c'est d'investir à Iqaluit, une super ville où l'aéroport est plus grand que la ville elle-même.

vendredi 21 décembre 2007

Le jeu des différences pas importantes: la brique de lait

Et oui, on reparle de lait dans la chronique des différences car ici, non seulement le lait est différent, mais les briques de lait son différentes aussi!

En France, la brique de lait en carton est simple: on lève le bec replié et on découpe (voire on arrache à la main si on est fort) en suivant les pointillés. Ici, houlà, non, c'est toute une autre histoire... et je sais pas si je suis stupide, ou alors s'il faut être ingénieur pour comprendre comment ça marche1, mais il m'a bien fallu 2 ou 3 essais avant de comprendre comment on fait pour ouvrir une brique de lait américaine. Voilà donc, rien que pour vous, un mode d'emploi illustré!

On commence avec une brique de lait. On remarque des flêches, avec un label "poussez pour ouvrir".

Ouverture de brique de lait (1)

Par "pousser", ils veulent bien sûr dire "écarter".

Ouverture de brique de lait (2)
(pour ceux qui se poseraient la question en voyant ces mains magnifiques, non je n'ai pas engagé un modèle, ce sont les miennes, et encore, le matin, au réveil, avant mon petit-déjeuner, et sans maquillage)

Ah non, en fait, le label nouvellement découvert indique bien qu'il faut "écarter". C'est juste que pour savoir qu'il faut écarter, il ne faut pas pousser, il faut, justement, écarter. Ils poussent un peu, je trouve. Au passage, remarquez toutes les nouvelles flêches qui se présentent à vous, chacun indiquant une direction subtilement différente de ses voisines.

Il faut bien sûr comprendre qu'il faut appuyer à fond sur les coins.

Ouverture de brique de lait (3)

Ensuite, il faut tirer les coins en question vers vous. Je suppose qu'ils appellent ça "pousser". Ca doit être leurs origines anglaises. Ca les pousse à faire l'inverse de tout le monde.

Ouverture de brique de lait (4)

Magie, les 2 parties du carton se décollent et un embryon de bec apparait! Il ne reste plus qu'à mettre son doigt dans l'orifice2 et de tirer, afin d'achever l'ouverture de la brique.

Ouverture de brique de lait (5)

Et voilà, stupéfaction, bonheur et réjouissances, le secret de la brique mystérieuse a été percé et son trésor laiteux est prêt à être déversé dans votre récipient matinal favori!

Ouverture de brique de lait (6)

Il ne reste plus qu'à ajouter du chocolat, et voilà!


1 Les plus perspicaces (et renseignés) d'entre vous, sachant que je suis ingénieur, seront déjà arrivés à leurs conclusions quand à mes capacités mentales.

2 J'espère que vous ricanez bêtement à la vue de cette perche gauloise subtilement insérée dans le texte.

samedi 15 décembre 2007

Le matin (en ré majeur)

Les vieux lecteurs de ce blog se rappellent peut-être de la photo de la grue dépassant au-dessus du brouillard matinal, prise depuis mon salon. Ce phénomène météorologique arrive relativement souvent à Vancouver pendant le printemps et l'automne. Quand on sort de chez soi on ne voit rien à plus de 50 mètres, mais une ou deux heures plus tard, c'est le ciel bleu. Pendant ce temps, si vous avez accès à un quinzième ou vingtième étage d'un immeuble, la vue est toujours intéressante.

Au dessus du ciel (2)

Dans la rue, c'est du brouillard classique...

Urbanisation voilée

...mais il y a des endroits magiques. En effet, les rayons du soleil sont diffusés dans toutes les directions par le brouillard, créant des zones d'intense lumière.

Urbanisation lumineuse (1)

(et non, ça n'est pas dû à de la sur-exposition lors de la prise de la photo, bande de petits malins).

Urbanisation Lumineuse (2)

Urbanisation lumineuse (3)

En fin de matinée, il ne reste plus que quelques nuages accrochés à l'océan, dissimulant presqu'entièrement North Vancouver lorsqu'observé depuis le Waterfront.

Tapis de nuages

Parmi les autres phénomènes matinaux notables, on peut noter les différents jeux de lumière au dessus du Mont Baker, comme par exemple celui-ci:

Annonciation du jour nouveau

Quand on vous dit que la Colombie Britannique c'est Beautiful...

mardi 27 novembre 2007