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samedi 5 juillet 2008

Jazz, côté ouest

A Vancouver, y'a pas grand chose à faire, il parait, et les gens regardent bien souvent les activités culturelles des villes des provinces de l'est en soupirant. Mais de temps en temps, miracle, il se passe un truc.

Par exemple, mi-juin, il y a eu le Festival d'Eté Francophone (et par "francophone", on veut dire "québécois"). Pas la peine d'en parler ici, Elodie et Stéphanie s'en sont déjà occupé. Par contre, juste après, c'était le Festival International de Jazz de Vancouver.

Five Alarm Funk

Comme tout le monde connait celui de Montréal (même s'il y en a plein d'autres), je vais vous faire un petit comparatif.

Comme à Montréal, ça dure à peu près 2 semaines (celui de Vancouver est un poil plus court, et commence quelques jours plus tôt), et les organisateurs ont tendance à considérer une définition extrêmement large du terme "jazz". Il y a des scènes gratuites en plein air ou dans des bars, et des concerts payants dans des salles de spectacle ou des clubs. Dans les deux cas, ca fait environ 30 ans que ça dure, et dans les deux cas, l'association qui s'occupe du festival offre également tout un tas d'autres concerts (payants et gratuits) le reste de l'année.

Celui de Montréal est par contre beaucoup plus gros et renommé. 500 concerts cette année pour Montréal contre 400 pour Vancouver, mais (et c'est ça qui nous intéresse parce qu'on est des gros rapiats) 350 gratuits pour Montréal, contre seulement 150 gratuits à Vancouver. Beaucoup plus de scènes en plein air à Montréal, également, et littéralement 5 fois plus de monde!

L'organisation est différente, également. A Montréal, toutes les scènes sont les unes à côté des autres en centre-ville. C'est un bordel infâme et toutes les rues sont bouchées, mais on peut se balader facilement d'une scène à l'autre. C'est aussi pratique de se dire "le festival de jazz, c'est par là", et ne plus se poser de question après.

A Vancouver, le festival de jazz est éclaté dans plusieurs endroits. C'est moins pratique puisque ça empêche les gens de pouvoir se balader simplement d'une scène à l'autre à la recherche d'un truc écoutable. Mais de toutes façons, les scènes gratuites en plein air se succèdent -- elles ne sont actives que quelques jours chacune, donc pas de regrets, on ne peut même pas vraiment se balader voir s'il y a autre chose. On se pose, et si ce qui passe ne nous plait pas, il ne reste plus qu'à se renseigner sur les concerts en intérieur, ou à rentrer chez soi. Par contre, les lieux choisis pour les scènes en plein air se lisent comme un guide touristique de Vancouver. Gastown, Granville Island, Yaletown, Cambie Village, West End, etc. Au moins, on est assis dans un grand parc ou dans un quartier avec un minimum de charme, là où à Montréal on est debout dans la rue au milieu de vieux immeubles moches. Par contre, il faut réfléchir quand on part de chez soi pour savoir où aller en fonction du jour, et ça, réflechir, moi j'aime pas.

Allez hop, l'année prochaine, j'essaierai de vous prendre plus de photos. En attendant, Five Alarm Funk, c'est bon, mangez-en.

lundi 30 juin 2008

"Ben il revient pas, l'oiseau, maman?"

Mouah ha ha, j'adore ce genre de fait divers.

Au zoo de Vancouver, il y a un spectacle de rapaces, avec des aigles et tout. Hier, pendant qu'un des aigles faisait son numéro, un groupe de corbeaux est venu l'emmerder en plein air, ce qui l'a obligé à se poser dans l'enclos le plus proche -- celui des lions.

Et paf l'aigle.

Vous pouvez voir des jolies images d'une lionne avec un aigle dans la gueule un peu partout sur internet, comme par exemple sur le site de la CBC. Clairement moins mignon que les loutres qui se tiennent la main.

A la recherche du nouvel astronaute

Y'a pas longtemps, les gens du CSA1 se sont dit "mince, on a besoin de nouveaux astronautes, ceux qu'on a ils sont trop vieux". Pour en trouver des plus frais, ils ont donc ouvert un grand concours public: envoyez-vos CVs, une vidéo dans laquelle vous chantez et vous dansez, et votre numéro de téléphone (la vidéo est optionelle, mais si vous avez chanté devant un stade hollandais entier, ça peut aider).

C'est la 3ème fois seulement que le CSA recrute, et les fois précédentes, c'était en 1983 et 1992, donc si vous rêvez d'avoir un boulot où on vous fait passer des tests médicaux intrusifs tout le temps, où on vous met dans une centrifugeuse une fois par jour, où on vous apprend à utiliser des toilettes bizarres, et où l'apogée de votre carrière sera de pouvoir vous propulser dans l'air en pétant pour faire rigoler votre collègue Russe (qui se contentera probablement de secouer la tête en mentionant le déclin de la civilisation occidentale), c'est une occasion unique!

Manque de bol, je suis à la bourre dans mes articles, et la date limite pour l'envoi de votre dossier était la semaine dernière, donc, euh... ben voilà. Dommage. Vous avez raté votre vie. Mais attendez dix ou quinze ans, ils devraient réembaucher d'ici là. Si vous êtes à Vancouver, vous êtes dans la province la plus en forme du Canada, de toutes façons, donc vous avez vos chances d'être encore frais!

1 Canadian Space Agency, ou Agence Spatiale Canadienne... les mecs qui mettent des caribous dans l'espace, pas ceux qui sont censés faire en sorte que vous voyez autant la bouille du gars de droite que la bouille du gars de gauche à la télé.

P.S: pour ceux qui se posent la question, le salaire d'un astronaute varie entre $83.300 et $162.700. Pas super démentiel, mais pouvoir se déplacer en pétant, c'est quand même la classe.

dimanche 25 mai 2008

La semaine où Vancouver devient civilisée

Dingue.

Cette semaine ont ouvert, à quelques jours d'intervalle, un magasin H&M et un magasin Apple. L'un à côté de l'autre, en plus. Tous deux au Pacific Centre Mall, en centre ville.

A ma gauche, les filles et petits minets poussent des cris en sautillant, mais attendront probablement les soldes avant d'y aller.

A ma droite, les afficionados d'iPods et de frigos ont fait la queue toute la matinée pour avoir un t-shirt gratuit avec tout achat de plus de 12000$.

Dingue, je vous dis. La chose la plus incroyable qui se passe à Vancouver depuis que Sylvester Stallone a tourné Rambo.

A ce train là, on va peut être commencer à avoir autre chose à faire que de juste glander sur la plage à fumer des cigarettes qui font rigoler.

samedi 10 mai 2008

Super infos du jour

Cette semaine, Vancouver a été nommée "ville canadienne la plus mieux bien pour les piétons" par la Fédération Canadienne De Médecine Pédiatrique. Oui madame. Et si vous êtes toujours pas convaincus que Vancouver c'est vraiment tip top bien, je vais devoir vous déterrer des prix encore plus moisis, genre "meilleure ville pour acheter de la pâtée pour chien", par l'Association Nord Américaine Des Propriétaires de Caniches Nains, ou la "ville la plus agréable quand on a hémorroïdes", par la Fédération Internationale Des Gens Qui Ont Des Hémorroïdes.

Les critères de sélection qui ont placé Vancouver en première place incluent apparemment l'esthétique naturelle de la ville, les parcs, et le système de transports publics. Apparemment, le fait de risquer sa vie à chaque croisement n'a pas joué beaucoup sur la décision finale. En plus, quand on regarde le classement, on ne trouve aucune des autres grandes villes canadiennes dans le top 15. C'est louche. Y'a pas de trottoirs à Montréal ou quoi?

Pendant ce temps, on m'annonce que Pascal Sevran est mort, mais cette fois-ci, c'est pour de vrai, il parait.

Eh ouais, c'est qu'il y a de l'info de qualité sur ce blog, dites donc.

mardi 15 avril 2008

Compte rendu de l'Hollywood du Nord

La dernière fois que j'avais parlé d'Hollywood North, c'était principalement pour vous donner une idée de l'activité cinématographique de Vancouver, avec un échantillon des titres connus tournés dans la région ces 20 dernières années. Cette fois-ci, par contre, on va plutôt parler des oeuvres que vous verrez dans un futur prochain au cinéma ou à la télé, histoire que vous gardiez à l'esprit qu'elles ont été tournées, au moins en partie, dans ce coin du Canada. En plus, si vous connaissez Vancouver, vous pourrez essayer de reconnaitre les environs!

Tout d'abord, on a droit aux séries habituelles et qu'on ne présente plus. Battlestar Galactica se termine avec la saison 4 (si vous ne regardez pas cette série, honte à vous), ce qui veut dire que c'est ma dernière chance de croiser Tricia, Grace ou même Katee au supermarché. Supernatural entame sa saison 3 (si vous regardez cette série, honte à vous), et Stargate Atlantis n'en finit pas avec la saison 5 (bon, vous faites ce que vous voulez avec votre temps temps libre, après tout). En plus, je crois que je suis tombé sur un tournage en cours la semaine dernière et franchement, sans les effets spéciaux, les acteurs ils ont l'air de sacrés crétins. Enfin, Smallville tourne à la Santa Barbara avec la saison 7 (bon, franchement, si vous avez des goûts de chiotte, c'est votre problème, hein), mais c'est bien, ça me laisse encore plein de temps pour rencontrer Kristin, Erica, ou Laura chez mon boulanger. Viennent enfin s'y ajouter de nouvelles séries, dont le sympathique Reaper.

En ce qui concerne les films, on a quelques grosses pointures dans le lot. Le nouveau film X-Files vient de finir d'être tourné par Chris Carter, sur les lieux où la série originale l'avait été en son temps. Chris Columbus, réalisateur des deux premiers Harry Potter, tourne ce qui semble être une comédie romantique à deux balles, avec la charmante (et récemment majeure, merci bien) Hayden Panetierre, que j'aurai peut-être la chance de croiser en achetant du saucisson. Puisqu'on est dans les comédies à deux balles, on peut citer Night At The Museum 2, avec encore une fois Ben Stiller et Owen Wilson, mais rien que d'écrire le titre, j'ai honte, c'est dire... Plus intéressant, Terry Gilliam ramène sa poisse légendaire en tournant The Imaginarium of Doctor Parnassus dans la région. La mort de Heath Ledger, qui devait tenir le rôle principal, a pas mal retardé le projet, mais il a été finalement remplacé par 3 différents acteurs: Johnny Depp, Colin Farell et Jude Law. Eux, je m'en tape de les croiser au rayon boucherie, mais j'entends déjà les troupes de filles hystériques débarquer. Enfin, Zack Snyder, réalisateur de 300 (pas besoin de voir les 299 précédents épisodes pour comprendre l'histoire), a récemment fini de tourner Watchmen, adapté de la bande-dessinée culte du même nom.

Bon, maintenant, excusez-moi mais je dois aller faire mes courses...

dimanche 20 janvier 2008

6 à 5

Le Canada est un pays affreux.

En effet, il fait partie de ces endroits ignobles et infâmes du globe qui osent afficher des prix hors taxes presque partout. Ca veut dire que si vous voulez vous payer un chocolat chaud et une part de gâteau, que le prix annoncé est de $3.50, et que vous avez $3.50 dans la poche, ça ne suffira pas. Pire, si vous avez $3.90, vous ne savez même pas si vous pourrez vous le payer, à moins que vous soyez assez courageux pour faire du calcul mental, alors que, je le rappelle, vous avez faim et soif.

Ignoble et infâme, je vous dis.

Les taxes sont composées de 2 taxes: la GST et la PST. Tout comme notre chère TVA, il y a des taux de taxation différents en fonction de la catégorie d'un produit donné. On va y venir.

La GST (Taxe sur les produits et services), comme son nom l'indique, s'applique à tous les produits et les services, sauf ceux qualifiés d'essentiels comme la nourriture, les loyers, les services médicaux et financiers, etc. Etant issue du gouvernement fédéral, elle s'applique à tout le pays. Elle était de 6% jusqu'à recemment, mais vient d'être abaissée à 5% au 1er janvier dernier. Super... Je sais toujours pas si je peux me payer mon chocolat chaud et ma part de gâteau avec mes $3.90, mais au moins, la probabilité augmente.

S'y ajoute la taxe provinciale (PST, ou "taxe provinciale sur les ventes"), dont le pourcentage varie d'une province à l'autre. Dans notre chère Colombie Britannique, la PST est de 7% (soit une taxe totale de 12% pour les produits n'ayant aucune exemption). Parmis les autres provinces on peut citer le Québec, où elle est à 7.5%, l'Ontario, à 8%, et Alberta qui, avec tout son pétrole, s'offre le luxe de ne pas avoir de PST du tout. D'autres provinces (New Brunswick, Terre-Neuve et Nova-Scotia) ont décidé de tout mettre dans une HST, ou "taxe harmonisée sur les ventes", et ne font pas la différence entre la PST et la GST.

La PST a évidemment un certain nombre d'exemptions. On peut citer la nourriture, l'eau et autres boissons non-alcoolisées, les habits et chaussures pour enfants, des trucs relatifs à l'habitation (incluant la plupart du matériel électro-ménager), les vélos, la plupart des magazines et des livres, etc. Je me permets de souligner, donc, que tous les repas au restaurant sont taxés uniquement avec la GST (5%), et que la plupart des articles dans votre panier de courses ne sont pas taxés du tout! Ceci dit, pour le restaurant, le service n'est pas inclus, et il est donc de bon alloi d'ajouter un pourboire de 10 à 15%. Et pour tous ceux qui prévoient de vivre le rêve canadien, qui consistent principalement à boire de la bière en regardant des matches de hockey, les boissons alcoolisées ont une magnifique petite PST de 10% (soit un total de 15% de taxes pour votre pack de 12).

Pour information, la TVA en France est de 2.1% pour les médicaments remboursables, de 5.5% pour les produits et services essentiels (nourriture non transformée, certaines catégories de restaurants, etc.), et de 19.6% pour le reste.

Enfin, vous constaterez qu'il y a parfois intérêt à aller dans la province voisine pour acheter certains produits, un peu comme, en France, on irait acheter ses meubles ou sa voiture en Belgique. Sans compter, maintenant que le dollar américain ne vaut plus rien, l'intérêt d'aller acheter des trucs de l'autre côté de la frontière... c'est bizarre, j'ai plein de collègues qui sont revenus de Seattle avec des iPhones après les fêtes...

samedi 5 janvier 2008

Bonne année, mais pas nécessairement pour tout le monde

Après mon article sur les grosses affaires vancouverites pas joyeuses du moment, je me suis dit que je pourrais bien parler des problèmes locaux plus courants. Déjà, ça vous changera de mes photos traffiquées pour vous faire croire que le ciel est toujours bleu à Vancouver. Ensuite, ça vous gâchera votre euphorie de la nouvelle année. Et puis ça vous changera de la routine habituelle des syndicats et des grèves, de l'Europe, des banlieues, du chomâge, du trou de la sécu, de la gauche, de la droite, du milieu, et autres rangaines socio-politiques françaises. Enfin, ça vous permettra de savoir, en contrepartie, quelles sont les rangaines d'ici.

Contrairement à ce que les mauvaises langues diront, la pluie n'est pas le problème numéro 1 à Vancouver (comme le prouvent mes photos avec des ciels bleus, donc), mais bien les sans-abris et la drogue. Oui, je sais, ça fait théoriquement deux problèmes, mais les deux sont souvent étroitement liés. D'ailleurs, ils sont tous les deux bien correctement rangés dans le Downtown Eastside, situé juste derrière Chinatown et Gastown. D'après certains, c'est carrément le quartier le plus pauvre de tout le Canada (Wouhouh! Allez Vancouver!). Et quand je dis "correctement rangé", c'est vraiment le cas: 2 pâtés de maison avant d'y rentrer, on est encore dans des endroits branchés remplis de gens riches et bien portants. On a vraiment l'impression de traverser un portail inter-dimensionnel, par endroits.

Sans abri

(remarquez au passage l'utilisation judicieuse de filtres de couleur pour faire passer ce qui est probablement un ingénieur d'IBM aux goûts vestimentaires douteux pour un pauvre SDF... c'est ça, la magie des images)

Historiquement, toutes les villes olympiques ont eu un problème avec les sans-abris, car il s'agit de faire bonne figure pour les touristes et les caméras. De Londres à Atlanta en passant par Sydney ou Pékin, seule la méthode change: certains offrent gracieusement un billet de bus pour envoyer les clochards en grande banlieue, d'autres les font fuir en utilisant la police pour faire pression. Les plus gentils ouvrent des foyers d'acceuil, mais prennent bien soin de les placer le plus loin possible. Vancouver ne devrait normalement pas échapper à la règle, mais le problème y est un peu plus complexe.

Piccadilly Pub

Au début des années 90, le Canada était dans une situation économique très difficile, et a été redressé par des coupes budgétaires, un remboursement systématique de la dette nationale1, et diverses autres initiatives issues de gouvernements libérals et social-démocrates. Si l'économie canadienne a très bien récupéré depuis, la théorie selon laquelle la croissance du pays bénéficierait à tout le monde a été infirmée par les inégalités dans les différents secteurs. Ces inégalités ne sont pas significativement pires que dans les autres pays occidentaux, mais particulièrement décriées ici, probablement parce qu'elles incluent par dessus le marché les problèmes d'exclusion des personnes d'origines aborigènes (dont on parlera dans un futur article sur les autres problèmes courants du coin).

Lentement

Les problèmes spécifiquement vancouverois s'ajoutent ensuite aux problèms nationaux. Par exemple, le développement fulgurant de la ville dans certains secteurs (nouvelles technologies et construction, entre autres) aggravent les problèmes d'inégalité mentionnés précédemment. Les nouvelles constructions, les rénovations, les modifications du réseau de transport public, et tous les autres aménagements prévus pour 2010, qu'ils soient à l'initiative de la municipalité ou de compagnies privées, galvanisent le marché immobilier déjà bien en forme grâce, entre autres, aux taux d'emprunt historiquement bas similaires à ce qu'on a connu en France ces quelques dernières années.

Un cas courant est ainsi celui où un établissement change de main pour être rénové, réhabilité, voire démoli pour faire place à des logements de meilleure qualité. Les occupants doivent alors trouver une autre habitation, et peuvent se retrouver devant un dilemme budgétaire où toit et nourriture ne peuvent plus cohabiter. Car dans une situation finalement très similaire à certaines région de France, la montée des prix a dépassé la montée des salaires2, et ne pas pouvoir se payer un appartement, même dans les locations à bas prix, est l'une des principales raisons pour rester à la rue. Selon les endroits, on peut trouver jusqu'à un tiers de SDFs qui ont, en fait, un emploi qui les occupe au moins 30h par semaine. Mais l'emploi ne fait généralement pas long feu à partir de là.

Cuban Cigars

Evidemment, la drogue et les maladies (mentales ou physiques) jouent toujours un rôle important. Sur le plan de la drogue, les Triades, la mafia chinoise, seraient assez actifs dans le coin, rapport au fait que Vancouver est un important port de la côte Pacifique, et le principal accès au territoire canadien depuis l'Asie. Enfin j'ai pas fait un enquête approfondie sur le sujet, hein, remarquez, et comme j'ai pas envie de perdre un doigt, j'irai pas infiltrer les clubs de East Hastings juste pour vos beaux yeux. Mais toujours est-il que le traffic de drogues dures, et plus particulièrement l'héroïne, est important, et touche beaucoup de monde. Vancouver ouvrait ainsi en 2003, et dans le Downtown Eastside, justement, des sites d'injection supervisée (Les premiers d'amérique du nord! Wouhouh! Allez Vancouver!) pour tenter de limiter les problèmes annexes liés à la drogue (principalement la transmission de maladies comme le SIDA par les seringues).

Drugs

On estime entre 2000 et 2300 le nombre de SDFs à Vancouver, ce qui est, en pourcentage de population totale, assez similaire à Paris où les estimations oscillent entre 8000 et 12000. Mais c'est la tendance qui est le problème ici, puisqu'à moins d'une inflection, on dépassera les 3000 sans-abris pour les Jeux Olympiques de 2010. Oui, ça augmente vite. Wouhouh! Allez Vancouver!

Petit vélo

Diverses organisations et associations oeuvrent pour l'amélioration des conditions de vie dans le Downtown Eastside, et pour les gens démunis en général, et il y a pas mal d'attention et d'attentes sur ce que le maire va mettre en place pour régler le problème... mais faudra pas rêver non plus.

Voilà, j'espère que ça vous intéresse, tout ça, et si j'ai dit des conneries (vous savez ce que c'est, la recherche d'infos sur internet...), n'hésitez pas à poster des rectifications dans les commentaires.

Cash

Allez, maintenant que j'ai un nouvel objectif avec un gros zoom (merci Papa Noël... à savoir moi-même), il faudra que j'y retourne pour vous faire de meilleures photos du quartier.

1 Le Canada est l'un des rares pays développés à avoir une dette en baisse et peu, voire pas du tout, de dépassement de son budget fédéral chaque année.

2 Pour vous faire une idée très vague des prix vancouvérois, il faut compter 6000$ (soit 4000€) par mètre carré en centre ville. En comparaison, le prix moyen du mètre carré sur Paris est à un peu plus de 6300€. Cela n'empêche pas les canadiens d'être choqués par les prix de Vancouver qui est maintenant la ville la plus chère du pays en terme de logement (Wouhou! Allez Vancouver!). Il y a quelques années, les provinces de l'est, avec Toronto et Montréal comme villes principales, dominaient le marché, mais le développement des provinces de l'ouest a propulsé Vancouver, Calgary, Edmonton et même Saskatoon vers le haut, parfois de manière totalement obscène, du genre des prix littéralement 2 fois plus cher ici (faut dire qu'on a la ville la plus mieux bien, aussi... Wouhouh! Allez Vancouver!). L'arrivée de nombreux immigrants avec leurs poches pleines d'argent tout neuf n'a pas amélioré la situation, alors que le marché québecois ou ontarien restait relativement sage. De toutes façons, le mieux, c'est d'investir à Iqaluit, une super ville où l'aéroport est plus grand que la ville elle-même.

lundi 3 décembre 2007

L'apocalypse bretonne

Et après on se demande pourquoi on a eu une tempête de neige ce week-end...

Pour ceux qui n'ont pas tout suivi, oui, les Spice Girls sont de retour et, tout comme The Police, commencent leur tournée mondiale à Vancouver (pourquoiiiii, oh pourquoiiiii?!).

mercredi 28 novembre 2007

Trois en un

Ca y est, c'est officiel, les mascottes des Jeux Olympiques de 2010 ont été dévoilées! Comme je sais que vous n'aviez que ça en tête depuis au moins une semaine, je vous présente sans plus attendre Miga, Quatchi et Sumi:

Et en bonus, il y a Mukmuk, qui viendra soutenir ses 3 amis pendant toute la durée des jeux!

C'est t'y pas mignon tout ça? Ne vous donnent-ils pas envie de dépenser plein de thunes en gadgets, t-shirts et autres produits dérivés? Ne permettent-ils pas d'intégrer magiquement les enfants à la population ciblée? J'attends avec impatience le dessin-animé qui nous apprend à recycler et à respecter la nature, et bien sûr le CD 2 titres avec les chansons officielles des jeux.

Mais bref, trève de cynisme, je suis sûr que vous voulez en savoir un peu plus sur ces mascottes joviales et entrainantes. D'après leur site officiel, de gauche à droite:

  • Sumi est un esprit animal qui vit dans les montagnes de la Colombie-Britannique. Comme beaucoup de canadiens, les antécédents de Sumi sont nombreux. Il porte le chapeau de l'épaulard, vole avec les ailes du grand Oiseau-Tonnerre et court sur les pattes poilues de l'ours noir.
  • Quatchi est un jeune sasquatch qui vient des forêts mystérieuses du Canada. Quatchi est timide, mais il adore explorer de nouveaux endroits et rencontrer de nouveaux amis. Même si Quatchi aime tous les sports d’hiver, il aime surtout le hockey. Il rêve de devenir un gardien de but célèbre de par le monde.
  • Miga est une jeune ourse de mer qui vit dans l’océan avec sa famille, au large de l’île de Vancouver, près de Tofino, en Colombie-Britannique. Les ours de mer sont en partie épaulard et en partie ours (Miga est en partie ours Kermode, un ours blanc rare qui ne vit qu’en Colombie-Britannique).
  • Mukmuk est une petite marmotte amicale de l’île de Vancouver qui appuie et encourage toujours ses amis pendant leurs parties et leurs courses.
Il devient de plus en plus courant d'avoir plusieurs mascottes. Ca a commencé avec Calgary en 1988, suivi par Séoul la même année, avec chacun 2 mascottes. Dix ans plus tard, Nagano enfonce le clou avec 4 mascottes, et puis c'est la déferlante: Sydney et Salt Lake City en ont 3, Athènes et Turin 2, et Pékin en annonce carrément 5. Celles de Vancouver sont toutes basées sur des légendes aborigènes, le sasquatch étant la plus connue.

Maintenant que vous ne tenez plus en place, vous pouvez aller télécharger les fonds d'écran, faire du coloriage, ou même remplir un quizz pour savoir quelle mascotte vous ressemble le plus. Ouéééé, trop bien.

Je vous préviens, si je ne vois pas un peu plus de commentaires sur ce blog, je vais commencer à envoyer des cartes postales virtuelles avec des mascottes affreusement mignonnes. Vous êtes prévenus.

mardi 20 novembre 2007

Vancouver, son accueuil chaleureux, sa nourriture saine...

En ce moment, vous entendez peut-être parler de Vancouver et de la Colombie Britannique un peu plus que d'habitude dans les journaux papiers, télévisuels ou internautiques. C'est vraiment super puisque ça risque de se traduire en une augmentation de l'afflux touristique provincial... car les attraits du "plus bel endroit du monde" sont indéniables:

1) On a des professeurs d'anglais pédophiles. Certes, celui-là exerçait en Thaïlande, mais il vient de Maple Ridge. Il avait posté des photos de ses exploits sur internet, pensant qu'un petit tourbillon pour cacher son visage suffirait à garder l'anonymat. Mais c'était sans compter sur la magie de la technologie moderne, l'acharnement d'Interpol, et la participation de tout plein de gens à travers le monde pour l'identifier.

2) On a des tueurs en série. En ce moment se déroule le procès du (s'il est déclaré coupable) plus prolifique de toute1 l'histoire du Canada. Malgré un nombre estimé de 26 victimes (toutes des femmes, et toutes des prostituées ou des consommatrices de drogue issues du Downtown Eastside), le procès en cours se concentre sur les 6 premiers meurtres, de manière à rendre le tout plus gérable (mais ça durera quand même une bonne année). Il y aura ensuite d'autres procès pour les 20 autres meurtres, voire plus puisque Robert William Pickton aurait avoué à un policier se faisant passer pour son compagnon de cellule qu'il a en fait égorgé 49 femmes.

Là où ça devient croustillant2, c'est qu'il aurait prétendument donné les cadavres à manger aux cochons de la ferme qu'il possède avec son frère et sa soeur. Heureusement, tout ça ne s'est pas retrouvé dans le commerce, mais les voisins et la famille à qui il donnait régulièrement du jambon et du saucisson fait maison doivent être végétariens depuis peu.

3) Enfin, et probablement le plus médiatisé du moment (à confirmer par toi, cher public, dans les commentaires), on a des policiers qui tuent des gens avec des tasers dans les salles d'attente d'aéroports. Ca n'est pas la première fois qu'une personne meurt des suites d'un choc électrique4 normalement conçu pour être non-léthifère, mais tout un tas de choses en font la goutte d'eau qui fait déborder le vase.

Déjà, la scène d'intervention policière a été filmée par un témoin. La vidéo fut tout d'abord confisquée par la police et placée avec les autres pièces du dossier, mais après une poursuite judiciaire engagée et gagnée par le témoin en question, elle a été restituée et postée sur YouTube. Difficile de déduire grand chose de cette vidéo (sauf pour ceux qui ont déjà leur conclusions toutes faites), mais elle a au moins permis de "corriger" les "erreurs" dans le premier communiqué de presse du RCMP (Royal Canadian Mounted Police, ou, donc, la police montée canadienne, surnommé "mounties" ici).

Ce qu'on ne voit pas sur la vidéo c'est bien sûr le contexte de l'affaire. Pour vous résumer ça grossièrement (avec donc toutes les approximations qui vont avec), on sait que Robert Dziekanski, un immigré polonais de 40 ans et sosie de Eduardo Pisani, venait en Colombie Britannique pour vivre avec sa mère. Cette dernière s'est gourré en lui disant d'attendre au niveau de la récupération des baggages, car, pour les vols internationaux, cette zone n'est pas accessible aux visiteurs. Ne parlant pas un mot d'anglais, il a donc poireauté comme un con pendant 10 heures sur place (oui, ça fait long). Après quelques heures, sa mère est rentrée chez elle, pensant que son fils avait raté son avion. Robert, lui, a commencé à s'agiter au bout d'un moment. Difficile de dire ce qui s'est vraiment passé, mais il parait clair qu'il a fait fuir le personnel des douanes, probablement lorsqu'il a commencé à bouger des meubles et balancer des chaises par terre pour ouvrir la porte donnant sur la salle d'attente publique. Personne n'a pu communiquer avec lui (personne n'a même peut-être essayé), et la police a finalement été appellée. Entre deux (version officielle) et quatre (pour certains témoins) coups de taser plus tard, Robert est par terre, mort d'un arrêt cardiaque.

Evidemment, les doigts sont pointés vivement un peu partout. Aux 4 intervenants mounties tout d'abord5, qui auraient mieux dû gérer l'incident sans avoir recours tout de suite aux tasers, surtout que la plupart des témoignages mentionnent que la victime s'était calmée à la vue des policiers. Au RCMP ensuite, qui a essayé d'embrouiller le public en altérant subtilement les faits. A l'aéroport, dont les caméras de sécurité auraient dû permettre de voir qu'un gars poireautait depuis 10 heures à côté des carousels. Au personnel de l'aéroport, qui aurait dû pouvoir communiquer avec le voyageur. Aux gardes de sécurité qui auraient pu s'occuper du problème en premier, aux techniciens de surface qui auraient du mieux nettoyer par terre, aux fabriquants de meubles, qui ne fabriquent pas des meubles facilement empilables, et j'en passe... Et avec une moyenne de 4 morts par taser par an au Canada, les associations telles qu'Amnesty International réitèrent leur appel à la suspension de l'utilisation des tasers, au moins jusqu'à ce que la qualité de l'équipement soit controllée et que les agents soient correctement entrainés à les utiliser.

C'est un incident vraiment énorme ici, et certains parlent de "honte sur le pays". Surtout qu'à peine une semaine après, c'est le Québec qui en remet une couche avec une autre victime de taser policier à Montréal. J'ai comme l'impression que les fabriquants de tasers vont perdre pas mal de contrats juteux avec le gouvernement, sauf lobbying efficace ou désintéressement du public pour cause de divorce entre Tom et Katie ou autre évènement important du même genre.


Bref, voilà. J'espère que je vous ai donné envie de nous rendre visite à Vancouver! L'accueil y est chalereux, la nourriture est saine... n'oubliez pas non plus de prendre un bon imperméable et des chaussures de rechange parce qu'il pleut tout le temps au début de l'hiver. Et un bon livre, aussi, parce que rappellez-vous qu'il n'y a rien à faire, ici.



1 Oui oui, le siècle et demi entier.

2 C'est un jeu de mots de mauvais goût3, vous allez comprendre juste après.

3 Et ça aussi c'est un autre jeu de mots malsain. J'ai mangé du clown, ce matin, moi.

4 D'ailleurs, vous connaissez la différence entre Claude François et Ayrton Senna? Claude était meilleur conducteur...

5 Et non, au risque de casser les clichés habituels, ils n'ont pas nécessairement le chapeau et l'uniforme rouge, ou même un étalon entre les jambes (insérer ici blague gauloise).

mardi 16 octobre 2007

This is the end

Ceux qui se rappellent de la grève à Vancouver, ainsi que ceux qui vivent à Vancouver, seront heureux de savoir qu'elle est presque finie. La semaine dernière, CUPE 15 acceptait les offres de la mairie. Cette semaine, c'est le tour de CUPE 1004, dont font partie les éboueurs. Ca veut dire qu'il ne reste plus que CUPE 391 en grève... la bibliothèque municipale restera donc fermée encore quelques temps.

lundi 17 septembre 2007

Tout comme à la maison

Histoire de pas dépayser les français, et plus particulièrement les parisiens, les employés du service public de Vancouver organisent depuis plus de 8 semaines une grande opération urbaine: la grève. Oui oui, vous lisez bien, les fonctionnaires vancouverois sont en grève depuis 2 mois.

Ca veut dire que les Community Centres (pour faire du sport entre autres) sont clos, que certains parcs et aires de divertissement sont fermés (ou au mieux non entretenus), que divers services municipaux sont indisponibles (comme par exemple la bibliothèque municipale), et, cerise sur le gâteau, que le ramassage des ordures ne se fait pas.

Mais remettons tout ça dans son contexte, d'abord.

Au Canada, il n'y a virtuellement qu'un seul syndicat pour les fonctionnaires: CUPE (pour "Canadian Union of Public Employees", ou SCFP, pour "Syndicat Canadien de la Fonction Publique" dans les parties francophones du pays). Avec un logo qui fleure bon la SNCF des années 80, on imagine bien un moustachu bedonnant et cinquantenaire, porte voix à la main, en train d'insulter un quelconque membre du gouvernement, alors que la fumée des saucisses grillées s'élève de la tente où sa femme et son beau frère distribuent des tracts... ...finalement, j'ai presque raison (c'est le présdient de CUPE B.C., lui).

Mais bon, revenons à nos moutons contextuels. En 2003, le taux de syndiqués au canada tournait autour des 35%, avec un fulgurant 73% pour la fonction publique (merci Statistics Canada). Comparativement, en France, d'après ce que j'ai pu trouver, il y a en moyenne moins de 10% de syndiqués (entre 5% et 8% selon les sources). Et pour le syndicalisme dans la fonction publique française, si y'en a qui peuvent me donner des chiffres avec leurs sources, ça m'arrangerait parce que je trouve des études qui se contredisent entre elles, et qui contredisent les chiffres avancés par les syndicats... m'enfin bref, de toutes façons, il est clair que la France fait partie des pays les moins syndiqués comparés au reste de l'Europe ou à l'Amérique. Les syndicats français sont également notablement idiosyncrasiques. Par exemple, ils obtiennent leurs revendications pour tout le monde (le bon vieux "on fait ça aussi pour vous autres!"), alors qu'ici (et bon nombre d'autres pays) les négociations ne concernent que les gens syndiqués dans l'organisation concernée.

CUPE est organisé en tout un tas de "locaux" à travers le pays. Par exemple, CUPE Local 15 concerne les employés municipaux de Vancouver reliés aux services communautaires ou à l'éducation, alors que CUPE Local 391 représente les employés des bibliothèques municipales. Chaque local est représenté au niveau provincial et national, mais garde son organisation interne propre, soit un système décentralisé qui ressemble à la façon dont marche le pays lui-même. Ainsi, par exemple, CUPE 391 a rejoint la grève 2 semaines après les autres locaux de la région.

Mais pourquoi ils font la grève, alors? Déjà, avec les Jeux Olympiques, et une promesse en jeu de ne pas faire de remous avec, oh, je sais pas moi, une grève, par exemple, les salariés sont théoriquement en position de force pour négocier des avantages. Mais ça n'est pas dans les habitudes locales de faire grève à la légère. Il s'agit ici (d'après les syndicats) d'accumulations d'inégalités, de promesses non-tenues, et autres complaintes habituelles. Ainsi, sont en jeu, entre autres, l'amélioration des couvertures sociales, l'égalité des paies entre hommes et femmes, la sécurité de l'emploi, et bien sûr l'augmentation des salaires.

Le problème, c'est que si les négociations ont abouti dans certaines banlieues comme North Vancouver, Vancouver même, ainsi que certaines autres villes avoisinantes, reste bloquée. Comme on peut s'en douter, la mairie et CUPE se pointent tous les deux du doigt en dénonçant un refus de négocier de la part de l'autre. Des offres similaires à celles qui ont satisfait les locaux qui ont stoppé la grève n'ont pas suffi, et les grevistes semblent déterminés à obtenir plus d'engagements de la part de la mairie.

Mais si la mobilisation est massive, vous ne verrez pas 2000 personnes dans la rue en train de bloquer la circulation. La grève à la canadienne se fait de manière posée, avec un petit tabouret, quelques pancartes, et un café chaud à la main. La grande majorité des grevistes restent autour de leur lieu de travail afin de sensibiliser les passants à la situation. Pour ceux qui se posent la question, les 10 premiers jours de grève ne sont pas payés, et sont uniquement couverts par CUPE. Après, un pécule gouvernemental s'ajoute. Le tout est détaillé sur le site de CUPE.

Si vous voulez vous amuser, il est rigolo de comparer les 2 versions de l'histoire, d'après CUPE d'un côté, et Sam Sullivan de l'autre. Le site de la ville présente un détail des offres. Vous pouvez aussi en profiter pour aller lire une nouvelle venue dans l'univers des bloggeurs francouverois, qui vient de débarquer de sa bretagne natale. Bah, au moins il fait beau, elle peut pas totalement se plaindre.

Pour l'instant, pas d'espoir de fin de grève à l'horizon, ce qui plait sûrement beaucoup aux entreprises privées de ramassage d'ordures qui font leurs choux gras depuis quelques semaines...

lundi 27 août 2007

Toujours la plus mieux bien pour vivre

Faisant suite à une étude dont on a précédemment parlé, The Economist a publié les résultats de son étude annuelle sur la qualité de vie dans les grandes villes du monde. Encore une fois, Vancouver se place très bien puisqu'elle est première (yeehah!), devant Melbourne et Vienne. Contrairement à l'étude précédente, le Canada n'a que 2 villes dans le Top 10 (avec Toronto), alors que l'Australie en place pas moins de 4 (avec Perth, Adelaide et Sydney). Pas moyen de savoir où se placent les premières villes françaises, par contre, puisqu'il faut acheter le magazine pour avoir la liste complète.

Une autre étude, dont les lecteurs de l'incontournable blog de Véronique ont déjà entendu parler, menée par Angus Reid uniquement au sein du Canada montre également que Vancouver est la ville la plus mieux bien du pays, malgré le fait que la plupart des canadiens aient voté pour leur propre ville. Pourtant, Vancouver se prend une baffe en ce qui concerne les sorties nocturnes (restos, bars, boîtes de nuit) et le shopping, avec un score abyssal qui la place même derrière des trous de campagne comme Saskatoon (oui, c'est vraiment un nom de ville). Sans grande surprise, Montréal reigne en maître sur le sujet, alors que Toronto remporte la palme en ce qui concerne les activités sportives, l'art, la culture, et le business.

Pour ceux qui ont suivi, donc, à Vancouver on vit super bien, mais sans aller au resto, sans faire la fête, sans rien acheter, sans se cultiver, et sans travailler. Oui, ça veut dire qu'on passe notre temps à glander sur la plage en faisant des barbecues nous mêmes et en fumant de l'herbe...

Je plaisante, maman... tu te doutes bien que je laisse les autres s'occuper du barbecue.

samedi 25 août 2007

La plus connue des inconnues

Vancouver (et plus généralement la Colombie Britannique) fait partie des endroits les plus fréquement représentés à la télévision ou au cinéma, avec New York, Los-Angeles, San-Francisco, et Aubervilliers1. Si, si. C'est pas la peine de froncer les sourcils en essayant de vous rappeller, à part cet épisode de Thalassa vieux d'un an, quelle émission aurait pu faire figurer la magnifique métropole vancouverite... c'est comme ça.

Observez la photo suivante, qui m'a été gentiment fournie par Jacques, le maintenant célèbre préparateur de confits de canard:



En regardant de près, on voit des gens qui protestent, agitant le slogan "Oui à la seringue". Une voiture du SFPD (Département de Police de San-Francisco) est garée devant les barrières.

Vous pouvez vous douter, si je vous montre cette photo sur ce blog, qu'elle a été prise à Vancouver. Les lecteurs les plus cinévores rempliront les blancs en se rappellant d'une scène de X-Men 3, se passant soit-disant à San-Francisco, donc, et faisant figurer une manifestation en faveur de l'injection obligatoire qui priverait les mutants de leurs pouvoirs.

Outre illustrer l'un des thèmes scénaristiques les plus profonds de la trilogie qui remis les super-héros au goût du jour (au grand dam de certains de mes amis), vous pouvez vous rendre compte que le lieu où se déroule une histoire est souvent bien différent du lieu où elle est tournée.



Cette fois-ci, la photo pourrie prise avec mon téléphone portable montre une scène de série policière quelconque qui vous fera passer un magasin de centre-ville pour un tribunal de Washington (encore une fois, la voiture de police est utile pour situer l'action). Et on va tout gober sans se poser de questions.

En fait, l'industrie du cinéma est l'un des secteurs d'activité principaux de la Colombie Britannique. Entre l'accès rapide à tout un tas de paysages variés (plage, montagne, forêt, ville, campagne, etc.), la relative proximité (sur une échelle américaine!) avec Hollywood (3 heures d'avion), des avantages fiscaux très compétitifs, et de nombreuses écoles formant les métiers concernés, Vancouver a acquis le surnom de "Hollywood North". Bon okay, généralement, ce genre de surnom à deux balles est totalement surfait et auto-attribué, un peu comme Berck Plage dans le Pas-De-Calais, probablement surnommée "Le Saint-Tropez du Nord" parce qu'il a fait soleil une fois et que Johnny Halliday, qui était tombé en panne sur l'A16, a dû y passer la nuit du 18 au 19 septembre 1987... mais là, non, on peut quand même placer un bon nombre de titres connus dans la région. Et fait, Vancouver est le 3ème centre d'activité cinématographique d'amérique du nord derrière Los Angeles et New York.

X-Files, et sa petite soeur Millenium, sont sans doute les premières séries TV à avoir donné à Vancouver un peu de renommée internationale. Pourtant, entre MacGyver, 21 Jump Street2 et les épisodes américains de Highlander3, il y avait déjà de quoi faire de la publicité avant. Pour ce qui est des séries plus récentes, on trouve, sans ordre particulier, et parmi beaucoup d'autres, Les 4400, Taken (Disparition en VF), Stargate (mince, MacGyver encore!) et compagnie, Smallville, Battlestar Galactica (euh non, la nouvelle série4), Jeremiah (oui, Luke Perry trouve toujours du travail on dirait) Dead Like Me (mouarf), The L Word, ou encore les Masters of Horror. On peut même retrouver des vieilles séries plus ou moins ringuardes comme Sentinel, Sliders, Dark Angel, Dead Zone ou Poltergeist (alors celui là il est tellement moisi que personne s'est pris la peine de mettre le générique sur YouTube, tiens). Et pour ce qui est des inédits, les premiers épisodes de Aliens in America (qui surfe apparemment sur le succès de La Petite Mosquée dans la Prairie) ou de Bionic Woman (ah non merde, encore la nouvelle série... on arrête pas le progrès) sont en tournage ici.

Pour ce qui est du grand écran, on peut citer, non sans honte, la série des Police Academy au palmarès local. On se tournera ensuite rapidement vers tout un tas d'autres productions hollywoodiennes pas forcément toutes glorieuses, mais bon, rappellez-vous que comparé à Police Academy 5, même, euh, disons, Police Academy 2 fait office de chef d'oeuvre. Citons donc Les Quatres Fantastiques, X-Men, L'Effet Papillon, Shooter, Insomnia, Destination Finale, Underworld, Scary Movie, I Robot, et même (ose-je?) Elektra, Catwoman (vive la France), Aliens vs. Predator, et, non des moindres, Freddy contre Jason (bon, je sais, les liens ça devient n'importe quoi mais faut bien vous tenir occupés, aussi). Bref, que du bon. Ces temps-ci, on a droit, entre autres, à 2 adaptations de films asiatiques (The Eye et A Tale of Two Sisters), et à l'adaptation par Zack "300" Snyder de Watchmen, un des chef d'oeuvre de la BD anglo-saxone (j'ai peur). Sans compter les équipes qui ne font que passer brièvement pour tourner quelques scènes, ce qui nous permet d'avoir, par exemple, Penelope Cruz de passage dans notre quartier pour du shopping et quelques restos.

Enfin en tous cas, moi, j'attends toujours de croiser Jessica Alba ou Kristin Kreuk chez mon fromager... mais me connaissant, si je voyais quelqu'un de connu dans la rue, je me dirais juste "tiens, c'est bizarre, il me rappelle quelqu'un lui" ou, au mieux, "wouah, c'est rigolo, il ressemble vachement à Tom Cruise, lui, là-bas... enfin... en plus petit".

Pour ceux qui veulent se tenir au courant, le site de la British Columbia Film Commission tient mensuellement à jour (c'est rigolo, ça, "mensuellement à jour") une liste des productions en cours dans la province.

Et pour finir, en exclusivité, voici la technique secrète pour se déplacer en centre-ville quand y'a des bouchons!



Ah non, merde, c'est une autre photo du tournage des X-Men. N'importe quoi.

1 Ben oui, c'est que 14 saisons de Julie Lescaut, ça fait remonter les statistiques, hein.

2 Habitants de Vancouver, faites particulièrement attention au bus au début du générique!

3 Aaaah, Queen, on s'en lasse pas tiens. Si si, Jérôme, je t'assure, on s'en lasse pas.

4 Mais moi j'adore la musique de la série originale (moins que celle de Cosmos 1999, mais pas mal quand même). Et puis les Cylons qui sont super propres et bien briqués, ça m'a toujours intrigué... est-ce qu'ils se frottent entre eux tous les soirs, dans les quartiers du vaisseau amiral?

lundi 30 juillet 2007

Okay, alors c'est qu'on va se calmer vite fait, là, maintenant

Il y a à peine 2 mois, The Police, groupe anglais de multi-milliardaires en recherche de nouveaux investissements, se reformait après un hiatus de plusieurs décennies, et commençait sa tournée mondiale à Vancouver. Les chanceux qui ont pu assister aux quelques concerts de rue improvisés par le trio avant leur premier spectacle au GM Place on d'ailleurs pu économiser plusieurs dizaines de dollars par rapport à tous les moutons (dont nous) qui ont été voir le show.

Maintenant, un autre groupe anglais sur le retour veut se reformer et, histoire de pas faire comme les autres, commencer leur tournée mondiale à Vancouver. Il s'agit donc cette fois-ci des filles épicées. On espère qu'elles vont également faire quelques concerts de rue improvisés avant le premier soir, histoire qu'on puisse leur lancer un camion-poubelles dessus. Avec un peu de chance, seule Mel C survivra (c'est la "Sporty Spice", je rappelle).

Donc bon, il va falloir se calmer, hein, sinon Vancouver va devenir la ville des réunions de groupes has-been, et d'ici l'année prochaine on aura vu passer des concerts de Vanilla Ice, Début de Soirée, voire même une super combo-come-back Images/GOLD. Ah non, merde, ils l'ont déjà tenté, ça. Bon, alors George Michael qui reforme Wham! alors (comment ça serait trop bon quand même...).

samedi 10 février 2007

Par ici, ça dénonce

Le Georgia Straight, c’est un hebdomadaire gratuit de Vancouver où on trouve toutes les sorties possibles pour la semaine. La liste des expositions, concerts, et spectacles est accompagnée des sorties de livres et de films, saupoudrée avec des articles sur les choses qui bougent en ville, une pincée de petites annonces, et le tout baignant dans une marre de publicités.

Allez hop, je ne resiste pas a l’envie de vous montrer la couverture du numéro de la semaine dernière (merci à Laurence pour l'image). C’est que ça dénonce sec, hein, madame, ici on a pas peur de vous dire ce que vous savez déjà.


Georgia StraightGeorgia Straight Hosted on Zooomr

Parmi les autres journaux gratuits, on trouve Metro (oui, celui-la même), et 24 Hours (dont le format et la charte graphique rappellent étrangement un 20 Minutes chromatiquement altéré).

Moralité, hop, je vous mets quelques nouvelles du jour:

  • Les étudiants continuent leurs actions pour forcer le gouvernement à baisser les frais de scolarité. La différence avec les étudiants Français étant qu’ici, ils font des jolis sites ouaib pour promouvoir leur action.
  • Anna Nicole Smith est morte. Les médecins légistes ont de la chance.
  • Plusieurs centres de logements temporaires viennent d’ouvrir en centre-ville1. Du coup, il y aura peut-être des coupes de budget sur les centres de soutien pour les aborigènes2. Bah, c’est pas grave, s’ils deviennent SDF, ils auront justement des logements temporaires… ils sont pas cons ces Canadiens, quand même.
  • Après les beuveries macho du Super Bowl du week-end dernier, tout le monde se prépare pour une soirée pleines de guimauve avec l’imminente Saint Valentin. Personnellement, je me prépare pour mon anti-Saint Valentin habituelle qui consiste à amener à Laure un menu BigMac du MacDo le plus proche.

Enfin peut-être que cette année j’irai au Fatburger d’où qu’on peut se faire son sandwich sur commande… et puis parce que mine de rien, la graisse, c’est bon.

1 L’un des problèmes sociaux principaux de Vancouver est les sans-abris… notamment parce que ça risque de faire mauvais genre pour tous les gens qui vont se pointer dans trois ans.

2 En fait, c’est aboriginals en anglais, mais ça semble se traduire amérindiens ou peuple indigène du Canada. Vous pouvez les appeller indiens mais vous passerez pour un con. Le plus classe, c’est de les appeller “first nation” (première nation), ou, mieux, ne pas les appeller du tout, sinon ils essaient de vous vendre des colliers et autres conneries3.

3 Je rigoooooole. En fait ils vendent des petites statuettes en bois.