Cana-quelque-chose Day
Canada Day, la "Fête du Canada", tombe le 1er juillet. C'est comme vous pouvez vous en douter la fête nationale du Canada. Elle marque l'anniversaire du British North America Act, signé le 1er juillet 1867, qui a plus ou moins officialisé l'existence du Canada comme étant une confédération digne de ce nom.
Avant ça, on se contentait de dire "les territoires Anglais d'Amérique du Nord", ou "les territoires au-dessus de ces sales traitres à la Couronne", voire même "qui ça? Oh, non, on s'en fout, d'eux. Remettez-moi un peu de thé, voulez-vous?".
Après, par contre, il s'agissait du "Dominion du Canada", ce qui le fait vachement plus, vous avourez. Pour ceux qui se demandent, un "dominion" est un état autonome au sein d'un empire (et plus particulièrement au sein de l'Empire Britannique, puisque c'est eux qui ont inventé le terme).
Comme le traité a en plus réuni 4 des provinces de l'époque (Ontario, Québec, New-Brunswick et Nova-Scotia) sous un gouvernement fédéral, on peut se la péter en parlant de "dominion fédéral", voire même "dominion fédéral de la mort qui tue". Les autres provinces se sont ramenées un poil plus tard. Ici en Colombie Britannique, par exemple, ils ont signé le traité en 1870 -- ils ont probablement dû attendre d'avoir le train pour aller jusqu'à Ottawa, puis attendre que des immigrés italiens débarquent pour que quelqu'un puisse faire un costume au gars qui irait signer, et enfin apprendre au gars en question à lire et écrire.
Bref, à travers tout le Canada, le 1er juilet, on s'épanche de fierté nationaliste en agitant des drapeaux rouges... enfin... tout le Canada? Non, car une bande d'irréductibles québécois célèbrent leur propre fête nationale le 24 juin pour la Saint Jean-Baptiste. Oui, vous avez bien lu. C'est la fête nationale du Québec... n'importe quoi... et après ils s'étonnent que les trois quarts du reste du Canada ne les aime pas.
Enfin bref, ici à Vancouver, comme il fait beau et qu'il se passe des trucs dehors (une occurence rare!), vous pensez bien que tout le monde est dehors.
Au programme, vous avez toutes les attractions classiques (comprendre: à deux balles), de ce genre d'évènement. Des gens qui vous peignent le visage, des dégustations de pancakes et de sirop d'érable, des défilés et des parades, des démonstrations de l'armée canadienne, des spectacles de danse, des stands de hot-dog, des gamins qui crient, etc. Y'avait un truc rigolo où il fallait mettre un petit caillou sur une carte pour indiquer là d'où on vient. Il n'y avait pas encore beaucoup de caillous car on y est passé pendant la matinée, donc l'un de mes amis a eu l'honneur de placer le premier caillou Kenyan (probablement le seul, aussi). Saurez-vous le trouver sur la photo ci-dessous?
Il y avait aussi quelques concerts en plein air marquant la fin du Festival de Jazz (nous on a principalement écouté Soulstream, sur Robson Street en fin d'après-midi).
Enfin, la journée se termine avec un incontournable feu d'artifice, parce que rien ne permet de traduire la fierté d'appartenir à un pays souverain mieux que de balancer des explosifs en l'air.
Par contre, ça ne serait pas Vancouver s'il n'y avait pas un peu de cannabis quelque part. C'est pourquoi tout un tas de gens se sont réunis autour de la gallerie d'art pour fêter "Cannabis Day" (oui, ils ont de l'humour).
A 4h20 (le chiffre "420" est courant chez les fumeurs de cannabis), c'est la folie: les gens agitent les célèbres drapeaux du Canada faisant figurer une feuille de cannabis à la place de la feuille d'érable (on peut si facilement les confondre après tout), pendant que d'autres balancent des joints sur la foule. J'ai du me sacrifier pour vous, préférant prendre des photos plutôt que d'en attraper au vol.
D'ailleurs, si sur les photos on dirait qu'il y avait du brouillard, eh bien c'est que... euh... oui maman, il y avait du brouillard. Ah là là, la météo à Vancouver, ça change si vite... on sentait le brouillard à 2 pâtés de maison, même.
Une fois la distribution gratuite de joints terminée, les gens se mettent à chanter "Ô Cannabis", une version modifiée de "Ô Canada", l'hymne national. Vous pouvez lire le début des paroles sur la photo précédente.
Que fait la police me demandez-vous? Eh bien ils ont envoyé à tout casser 3 ou 4 gars qui surveillent, apparemment sans trop d'inquiétude, depuis l'autre côté de la rue. Apparemment, c'est plus peinard de surveiller des gens endormis à la marijuana que des gens énervés à la bière.
Quid des protestataires et autres anti-gouvernement, sinon? Eh bien la seule chose qu'on ait vu, c'est un "Canada is stolen land" ("le Canada est une terre volée"), écrit gentiment à la craie par terre, histoire que ça soit facilement lavable le lendemain.
Ils sont cools, au Canada, quand même.




























