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vendredi 21 mars 2008

Du déplacement pédestre dans un système routier en grille

Dans un récent article, on a abordé le système routier en grille de Vancouver, ainsi que les avantages que ça apporte. Un avantage que je n'ai pas mentionné est la généricité d'un tel système en ce qui concerne les déplacements.

Par exemple, le déplacement suivant:

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...est équivalent au déplacement suivant:

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...si on considère que l'important, c'est le point de départ et le point d'arrivée.

Il s'agit alors de trouver, parmi les nombreuses possibilités de déplacement, laquelle sera la plus rapide.

Contexte et postulats

Comme je me déplace principalement à pied personellement, je ne vais parler que de piétons ici. Ensuite, comme on se déplace sur une grille, la distance est la même quelque soit la trajectoire (si on ne prend évidemment en compte que les trajectoires directes qui ne font pas de détour). Si on exclut les considérations telles que les variations de vitesse en fonction de la pente, le seul facteur réellement impactant dans le temps de trajet est le temps d'attente aux feux rouges.

J'ai écrit un petit programme permettant de simuler le trajet d'un pieton à travers une grille, duquel je tire les diagrammes et les chiffres que je donne dans la suite de cet article. Les hypothèses de départ sont les suivantes:

  • Du point de vue du piéton, les feux de circulation sont aléatoires. En vérité, ils sont plus ou moins synchronisés, mais comme cette synchronisation est faite pour les voitures, qui se déplacent de manière significativement plus rapide que les piétons, elle est totalement perdue pour une vitesse moyenne de marche. De plus, une différence de quelques pourcents dans la vitesse de marche amène une grande différence dans l'état des feux rencontrés pendant le trajet. Comme il s'agit ici de trouver un algorithme générique qui ne dépend ni du lieu géographique, ni du piéton, j'ai opté pour un modèle aléatoire de feux de circulation.
  • Le temps de feu vert et de feu rouge est de 30 secondes chacun. En bon français, on traverse en courant comme un sagouin au feu orange clignotant, donc je compte ça comme un feu vert.
  • La grille est uniforme, et chaque intersection est identique. En pratique, il y a sûrement quelques endroits dans votre quartier où la grille est "cassée" d'une manière ou d'une autre. Sur mon trajet journalier pour aller au bureau, par exemple, je sais qu'en longeant le B.C. Stadium, j'avancerai de 3 pâtés de maison sans rencontrer d'intersection, et donc garanti sans feu rouge. J'optimise donc mon trajet matinal en donnant un biais à mon algorithme de manière à passer par là si cela semble bénéfique.

Le but du jeu est, partant d'une intersection donnée, aller à une autre intersection donnée. Disons que cette destination est le croisement de la rue Latitude (qui est "horizontale", orientée d'est en ouest) et de la rue Longitude (qui est "verticale", orientée du nord au sud).

Quelques algorithmes simples

L'aglorithme le plus simple, voire le plus stupide, consiste à aller tout droit en partant de chez soi jusqu'à atteindre la rue Latitude, puis de remonter cette rue jusqu'à atteindre Longitude.

Un algorithme toujours simple, mais un peu plus malin, consiste à traverser systématiquement la rue du côté où on voit un feu vert. Une fois de l'autre côté, on continue sur sa trajectoire. Si on atteint l'une des deux rues terminales (Latitude ou Longitude), on se contente alors d'aller tout droit jusqu'à la destination. J'ai appellé cet algorithme "algorithme opportuniste".

Pour mes tests, j'ai considéré 4 types de trajets: 5x5, 5x10, 10x10 et 10x20, où les deux chiffres correspondent au nombre de pâtés de maison à traverser respectivement vers l'est et vers le nord (on démarre donc "en bas à gauche" et on va "en haut à droite"). Ces 4 trajets sont simulés 100.000 fois pour chacun des algorithmes, et le temps d'attente total de chaque trajet est enregistré (le temps d'attente total d'un trajet étant la somme de toutes les attentes à tous les feux rouges rencontrés). Je n'ai pas été au delà de 10x20 car j'estime qu'une distance plus grande incitera à prendre son vélo ou les transports en commun, à moins qu'on soit en train de se balader, auquel cas on est pas pressé. Pour information, mon trajet pour aller au bureau est de 7x8.

On peut déjà constater que l'algorithme opportuniste est non seulement nettement plus efficace que l'algorithme stupide, mais aussi plus sûr.

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On constate également que l'algorithme opportuniste rencontre moins d'attente en moyenne pour un trajet 10x10 qu'un trajet 5x10, alors que c'est un trajet plus long. Mon interprétation est que comme 5x10 est un trajet plus "étroit", le piéton peut plus rapidement déboucher sur la rue Longitude, et se retrouver à devoir avancer bêtement tout droit, sans aucun autre choix que d'attendre à chaque feu rouge. Le trajet 10x10, par contre, est "large", et permet au piéton d'avoir plus de "marge de manoeuvre" pour tourner à droite ou à gauche en fonction des feux.

Un peu d'optimisation

On peut légèrement améliorer l'algorithme opportuniste, de manière simple. Lorsqu'on se retrouve à un coin sud-ouest d'un pâté de maison (juste après avoir traversé la rue, donc), plutôt que de continuer dans la direction qu'on suivait précédemment, on se dirigera dans la direction vers laquelle il nous reste le plus de chemin à parcourir. Ainsi, si on est est plus près, en nombre de pâtés de maison, de la rue Longitude que de la rue Latitude, on ira vers le nord. Sinon, on ira vers l'est. Cet algorithme est "l'opportuniste légèrement malin".

Cette optimisation donne des résultats assez frappants:

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Un peu plus d'optimisation (enfin, une tentative)

J'ai ensuite écrit deux nouveaux algorithmes: "l'opportuniste malin", et le "sacrificiel". Ces deux algorithmes ont pour but de corriger le problème que j'ai mentionné à propos des trajets "étroits", et de la situation peu désirable d'aboutir sur une rue terminale alors que l'autre rue terminale est à plusieurs pâtés de maison de là. Il s'agit donc de laisser plus de "marge de manoeuvre" au piéton en essayant d'atteindre les deux rues terminales le plus possible en même temps, même s'il faut sacrifier un peu de temps au milieu du trajet.

L'opportuniste malin reprend l'algorithme de l'opportuniste légèrement malin, mais y ajoute la variation suivante:

  • Si on se trouve plus proche d'une des deux rues terminales par rapport à l'autre (par exemple on est à 2 pâtés de maison de Longitude, et à 5 de Latitude), on peut ignorer un feu vert et préférer, si possible, tourner en restant sur le même bloc afin de se diriger vers la rue terminale la plus lointaine. Par exemple, si on est au coin nord-ouest d'un bloc et que le feu vert nous permettrait de traverser vers le nord, mais qu'on se trouve très proches de Latitude, on ne va pas traverser, et plutôt longer le bloc vers l'est afin de se rapprocher de Longitude.

L'algorithme sacrificiel, lui, va plus loin, acceptant de faire des sacrifices:

  • Si on se trouve vraiment très proche d'une des deux rues terminales, on veut absolument continuer vers la rue terminale la plus lointaine, même si cela veut dire qu'on se tape un feu rouge.
  • On n'accepte de se taper un feu rouge que si ce feu rouge est "bien mûr", à savoir qu'on ne l'a pas vu passer au rouge alors qu'on approchait. J'estime que si le feu dure 30 secondes, on peut raisonnablement savoir si un feu est rouge depuis au moins 20 secondes, car cela veut dire qu'il est rentré dans le champ de vision du piéton 30 mètres environ avant que celui-ci l'atteigne. Le piéton peut en plus s'aider du feu perpendiculaire, qui devrait clignoter en orange si le croisement va bientôt basculer de sens. J'ai utilisé 2 instances de cet algorithme: un qui accepte de se taper des feux rouges vieux d'au moins 20 secondes, et un qui accepte ceux vieux d'au moins 25 secondes (ce qui veut dire qu'on sacrifie, au plus, 10 et 5 secondes respectivement).
  • On n'accepte de se taper un feu rouge que si l'on est significativement plus proche d'une rue terminale que d'une autre. Les 2 instances de l'algorithme utilisent également 2 réglages différents pour cela: une qui accepte de sacrifier du temps si on est 3 fois plus loin d'une rue terminale que d'une autre, et une qui accepte lorsqu'on est 4 fois plus loin.
  • Les 2 instances sont nommées, dans les graphes ci-dessous, "Sacrifical 3/-10" (3 fois plus loin, 10 secondes) et "Sacrificial 4/-5" (4 fois plus loin, 5 secondes). Le premier algorithme est donc plus prompt à sacrifier du temps à un feu rouge que le deuxième.

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D'abord, on constate que l'opportuniste malin est en fait moins efficace que l'opportuniste légèrement malin. Je pense que c'est tout simplement parce qu'on fait l'erreur de troquer un "gain certain" (un feu vert) pour un "gain hypothétiquement plus grand" (ignorer le feu vert et aller à une autre intersection pour se rapprocher de la rue terminale la plus lointaine, mais s'exposer à la possibilité d'avoir un feu rouge mal placé). Cette erreur est un phénomène assez classique de psychologie humaine, et est bien souvent peu bénéfique, comme on peut le voir également dans des jeux comme "Deal Or No Deal", connu pendant un temps dans l'hexagone sous le titre "A prendre ou a laisser", alias "La Boiboite D'Arthur".

L'algorithme sacrificiel, lui, permet de grapiller quelques secondes dans certains cas, notamment les cas où, justement, il y a peu de marge de manoeuvre dès le depart (trajets courts ou "étroits"), mais perd de son intérêt pour les voyages longs et "larges". De plus, il est légèrement moins sûr que la plupart des autres algorithmes. N'oublions pas également que dans le monde réel l'évaluation de l'âge d'un feu rouge peut être gênée par divers phénomènes, tel que l'obstruction de la vue du piéton, par exemple, ce qui rend l'application de cet algorithme plus délicat.

Conclusion

Il me semble que l'algorithme opportuniste légèrement malin est le plus efficace, surtout si on le combine subtilement, ici et là, avec un peu d'algorithme sacrificiel, notamment quand on se retrouve à des distances trop inégales des deux rues terminales, et qu'on est relativement sûr de son évaluation de l'âge d'un feu rouge (la plupart du temps parce que le feu perpendiculaire clignote depuis plusieurs secondes). Enfin, lorsqu'on combine le tout avec une certaine connaissance du quartier, on peut faire des trajets sans aucun temps d'attente à aucun feu rouge dans la majorité des cas!

Si vous avez repéré des erreurs, ou que vous avez des suggestions, n'hésitez pas à poster un commentaire. Et pour ceux qui vont inévitablement me dire que c'est beaucoup s'embêter pour économiser 23 secondes par jour, je leur dis "crotte". En plus, ces gens là ne sont sans doute pas ingénieurs, donc ils ne peuvent pas comprendre qu'être ingénieur c'est plus qu'une formation, un métier, une passion... c'est un véritable mode vie! La quête du savoir! La soif d'optimisation! La joie de gaspiller du temps et de l'argent à travailler sur des choses inutiles! Sans oublier la compulsion à acheter plein de gadgets hors de prix, et le plaisir de chauffer son appartement uniquement avec leur effet Joule! Rah la la, vous savez pas ce que vous ratez les gars.

Grillé

Vancouver, comme pratiquement toutes les villes d'amérique du nord, possède un système routier en grille. C'est ça les villes fondées après l'invention de l'équerre et du compas, et aussi après la découverte des problèmes de traffic routier... on se retrouve avec ça:

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...ce qui est quand même beaucoup moins fun que ça:

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Notez la différence dans le nombre de sens interdits!

Mais malgré le côté "mauvais joueur" du système routier en grille, il y a quand même quelques avantages pratiques...

L'avantage le plus évident, c'est que pratiquement chaque route est une route alternative pour se rendre où vous voulez. Une rue est trop encombrée à votre goût? Elle est bouchée par des travaux? Il suffit de prendre la parallèle, à droite ou à gauche! C'est particulièrement sympathique quand on est en vélo, et qu'on peut ainsi totalement éviter de rouler sur les grandes avenues, choisissant plutôt les parallèles qui traversent les quartiers résidentiels calmes.

Un autre avantage, c'est qu'il est virtuellement impossible de se perdre: il suffit d'aller tout droit jusqu'à atteindre sa rue de destination, et ensuite de descendre ou remonter cette rue jusqu'à être arrivé. Pour se perdre, il faudrait donc soit partir carrément dans l'autre sens, ou alors être tellement la tête dans le cul qu'on passe à côté de sa maison sans s'en rendre compte.

Et enfin, l'avantage, c'est qu'on peut chercher à optimiser ses trajets de manière générique! On va voir ça dans le prochain article...

vendredi 1 février 2008

Cypress by day

Ouais, encore un article sur le ski, je sais, mais bon, ne pas poster sur le ski à Vancouver, ça serait comme ne pas poster sur le surf à Sydney, ou les petites culottes à Tokyo. Et puis je vous avais seulement montré le ski de nuit, par temps dégagé et par temps couvert, donc il fallait bien que je vous poste les photos de jour.

Raven Ridge sur Cypress

Sans grande surprise, on a rapidement une vue sur la ville.

Vancouver depuis Cypress

Par contre, l'intérêt du ski de jour, c'est surtout qu'on peut voir l'océan.

Ski devant l'océan

Franchement, skier avec une vue sur le Pacifique, c'est quand même la belle vie.

Mais la bonne surprise, c'est la vue qu'on a de l'autre côté, lorsqu'on est en haut des pistes. En effet, on y voit les Lions (Bowen Island, Gambier Island, et autres petites îles) dans le Détroit de Howe, c'est très mignon.

Le détroit de Howe

Et voilà ce qu'on voit quand on est tout en haut de la station.

Le détroit de Howe, encore

C'est plus intéressant que l'océan, parce que bon, finalement, l'océan c'est vide est plat, quoi. Là y'a des trucs à regarder, c'est mieux.

Et puis sinon, je trouve que c'est aussi migon quand on est tout en bas.

En bas de la station

Ah ça, non, on manque pas d'arbres dans la région.

samedi 26 janvier 2008

Le parc de la Reine mère

Le Queen Elizabeth Park est situé à une quinzaine de minutes du centre-ville, sur une petite colline de 160m d'altitude, surnommée "Little Mountain" au 19ème siècle. Transformée en carrière au tout début du 20ème siècle lorsqu'il a fallu trouver des pierres pour poser les premières routes pavées de Vancouver, elle est ensuite restée à l'abandon pendant les années 30 jusqu'à ce que le terrain soit placé dans les mains du Comité des Parcs Vancouverois, qui se tatait alors pour transformer toutes les carrières du coin en jardins municipaux. Après la visite royale de 1939 du Roi George VI et madame la Reine mère, c'était enfin officiel, le Queen Elizabeth Park présentait aux visiteurs le premier arboretum municipal du Canada, avec des échantillons des divers arbres qu'on trouve en Colombie Britannique.

Queen Elizabeth Park (1)

On y trouve aussi plein de fleurs, des petits ponts, des chemins secrets, des cours de golf, tennis, et basketball, et des grandes étendues d'herbe pour pic-niquer1.

Fleurs au Queen Elizabeth Park

Avec un cadre mignon comme ça, il est courant de croiser des gens en costards et grandes robes blanches en train de se faire prendre en photo.

 Queen Elizabeth Park (2)

A part ça, il y a le Bloedel Floral Conservatory, qui contient sous son dôme géodésique une serre et une volière, où les oiseaux peuvent voler librement.

Géodesie

Et... euh... bah voilà, quoi. C'est un parc, mince, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus, moi? Y'a des parcs à tous les coins de rue, de toutes façons, en Amérique du Nord... Bon, allez, en cherchant bien, celui-là, il a des jets d'eau. Hop. Ouais. Incroyable.

Jets d'eau au Queen Elizabeth Park

Et on peut avoir des jolies vues sur la ville, avec les montagnes au fond. Hop. Ouais. Incroyable aussi. Genre on voit pas ça déjà à tous les coins de rue.

Queen Elizabeth Park (3)

Et... euh... c'est tout. Okay, c'est joli, c'est calme, c'est vert, et ça manque de crottes de chien... C'est un parc, quoi...

Ouais, incroyable.

1 Ou niquer tout court, si c'est votre truc (allez, pas la peine de faire genre vous êtes choqués, je suis sûr que vous y pensiez, à celle là).

samedi 5 janvier 2008

Bonne année, mais pas nécessairement pour tout le monde

Après mon article sur les grosses affaires vancouverites pas joyeuses du moment, je me suis dit que je pourrais bien parler des problèmes locaux plus courants. Déjà, ça vous changera de mes photos traffiquées pour vous faire croire que le ciel est toujours bleu à Vancouver. Ensuite, ça vous gâchera votre euphorie de la nouvelle année. Et puis ça vous changera de la routine habituelle des syndicats et des grèves, de l'Europe, des banlieues, du chomâge, du trou de la sécu, de la gauche, de la droite, du milieu, et autres rangaines socio-politiques françaises. Enfin, ça vous permettra de savoir, en contrepartie, quelles sont les rangaines d'ici.

Contrairement à ce que les mauvaises langues diront, la pluie n'est pas le problème numéro 1 à Vancouver (comme le prouvent mes photos avec des ciels bleus, donc), mais bien les sans-abris et la drogue. Oui, je sais, ça fait théoriquement deux problèmes, mais les deux sont souvent étroitement liés. D'ailleurs, ils sont tous les deux bien correctement rangés dans le Downtown Eastside, situé juste derrière Chinatown et Gastown. D'après certains, c'est carrément le quartier le plus pauvre de tout le Canada (Wouhouh! Allez Vancouver!). Et quand je dis "correctement rangé", c'est vraiment le cas: 2 pâtés de maison avant d'y rentrer, on est encore dans des endroits branchés remplis de gens riches et bien portants. On a vraiment l'impression de traverser un portail inter-dimensionnel, par endroits.

Sans abri

(remarquez au passage l'utilisation judicieuse de filtres de couleur pour faire passer ce qui est probablement un ingénieur d'IBM aux goûts vestimentaires douteux pour un pauvre SDF... c'est ça, la magie des images)

Historiquement, toutes les villes olympiques ont eu un problème avec les sans-abris, car il s'agit de faire bonne figure pour les touristes et les caméras. De Londres à Atlanta en passant par Sydney ou Pékin, seule la méthode change: certains offrent gracieusement un billet de bus pour envoyer les clochards en grande banlieue, d'autres les font fuir en utilisant la police pour faire pression. Les plus gentils ouvrent des foyers d'acceuil, mais prennent bien soin de les placer le plus loin possible. Vancouver ne devrait normalement pas échapper à la règle, mais le problème y est un peu plus complexe.

Piccadilly Pub

Au début des années 90, le Canada était dans une situation économique très difficile, et a été redressé par des coupes budgétaires, un remboursement systématique de la dette nationale1, et diverses autres initiatives issues de gouvernements libérals et social-démocrates. Si l'économie canadienne a très bien récupéré depuis, la théorie selon laquelle la croissance du pays bénéficierait à tout le monde a été infirmée par les inégalités dans les différents secteurs. Ces inégalités ne sont pas significativement pires que dans les autres pays occidentaux, mais particulièrement décriées ici, probablement parce qu'elles incluent par dessus le marché les problèmes d'exclusion des personnes d'origines aborigènes (dont on parlera dans un futur article sur les autres problèmes courants du coin).

Lentement

Les problèmes spécifiquement vancouverois s'ajoutent ensuite aux problèms nationaux. Par exemple, le développement fulgurant de la ville dans certains secteurs (nouvelles technologies et construction, entre autres) aggravent les problèmes d'inégalité mentionnés précédemment. Les nouvelles constructions, les rénovations, les modifications du réseau de transport public, et tous les autres aménagements prévus pour 2010, qu'ils soient à l'initiative de la municipalité ou de compagnies privées, galvanisent le marché immobilier déjà bien en forme grâce, entre autres, aux taux d'emprunt historiquement bas similaires à ce qu'on a connu en France ces quelques dernières années.

Un cas courant est ainsi celui où un établissement change de main pour être rénové, réhabilité, voire démoli pour faire place à des logements de meilleure qualité. Les occupants doivent alors trouver une autre habitation, et peuvent se retrouver devant un dilemme budgétaire où toit et nourriture ne peuvent plus cohabiter. Car dans une situation finalement très similaire à certaines région de France, la montée des prix a dépassé la montée des salaires2, et ne pas pouvoir se payer un appartement, même dans les locations à bas prix, est l'une des principales raisons pour rester à la rue. Selon les endroits, on peut trouver jusqu'à un tiers de SDFs qui ont, en fait, un emploi qui les occupe au moins 30h par semaine. Mais l'emploi ne fait généralement pas long feu à partir de là.

Cuban Cigars

Evidemment, la drogue et les maladies (mentales ou physiques) jouent toujours un rôle important. Sur le plan de la drogue, les Triades, la mafia chinoise, seraient assez actifs dans le coin, rapport au fait que Vancouver est un important port de la côte Pacifique, et le principal accès au territoire canadien depuis l'Asie. Enfin j'ai pas fait un enquête approfondie sur le sujet, hein, remarquez, et comme j'ai pas envie de perdre un doigt, j'irai pas infiltrer les clubs de East Hastings juste pour vos beaux yeux. Mais toujours est-il que le traffic de drogues dures, et plus particulièrement l'héroïne, est important, et touche beaucoup de monde. Vancouver ouvrait ainsi en 2003, et dans le Downtown Eastside, justement, des sites d'injection supervisée (Les premiers d'amérique du nord! Wouhouh! Allez Vancouver!) pour tenter de limiter les problèmes annexes liés à la drogue (principalement la transmission de maladies comme le SIDA par les seringues).

Drugs

On estime entre 2000 et 2300 le nombre de SDFs à Vancouver, ce qui est, en pourcentage de population totale, assez similaire à Paris où les estimations oscillent entre 8000 et 12000. Mais c'est la tendance qui est le problème ici, puisqu'à moins d'une inflection, on dépassera les 3000 sans-abris pour les Jeux Olympiques de 2010. Oui, ça augmente vite. Wouhouh! Allez Vancouver!

Petit vélo

Diverses organisations et associations oeuvrent pour l'amélioration des conditions de vie dans le Downtown Eastside, et pour les gens démunis en général, et il y a pas mal d'attention et d'attentes sur ce que le maire va mettre en place pour régler le problème... mais faudra pas rêver non plus.

Voilà, j'espère que ça vous intéresse, tout ça, et si j'ai dit des conneries (vous savez ce que c'est, la recherche d'infos sur internet...), n'hésitez pas à poster des rectifications dans les commentaires.

Cash

Allez, maintenant que j'ai un nouvel objectif avec un gros zoom (merci Papa Noël... à savoir moi-même), il faudra que j'y retourne pour vous faire de meilleures photos du quartier.

1 Le Canada est l'un des rares pays développés à avoir une dette en baisse et peu, voire pas du tout, de dépassement de son budget fédéral chaque année.

2 Pour vous faire une idée très vague des prix vancouvérois, il faut compter 6000$ (soit 4000€) par mètre carré en centre ville. En comparaison, le prix moyen du mètre carré sur Paris est à un peu plus de 6300€. Cela n'empêche pas les canadiens d'être choqués par les prix de Vancouver qui est maintenant la ville la plus chère du pays en terme de logement (Wouhou! Allez Vancouver!). Il y a quelques années, les provinces de l'est, avec Toronto et Montréal comme villes principales, dominaient le marché, mais le développement des provinces de l'ouest a propulsé Vancouver, Calgary, Edmonton et même Saskatoon vers le haut, parfois de manière totalement obscène, du genre des prix littéralement 2 fois plus cher ici (faut dire qu'on a la ville la plus mieux bien, aussi... Wouhouh! Allez Vancouver!). L'arrivée de nombreux immigrants avec leurs poches pleines d'argent tout neuf n'a pas amélioré la situation, alors que le marché québecois ou ontarien restait relativement sage. De toutes façons, le mieux, c'est d'investir à Iqaluit, une super ville où l'aéroport est plus grand que la ville elle-même.

jeudi 3 janvier 2008

Récursion des iles

Ceux qui lisent mon flux de lecture partagée l'ont déjà vu (merci Google Sightseeing), mais le Canada possède des records géographiques relativement intéressants.

Ainsi, l'Île Manitoulin en Ontario est la plus grande île dans un lac au monde. Bon okay c'est facile, c'est dans la région des Grands Lacs.


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Mais cette île contient des lacs. Et l'un de ces lacs contient une autre île. Eh bien c'est la plus grande île au monde à être sur un lac qui est sur une île qui est sur un lac. Si si. Dingue, je vous dis.


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Mais on peut faire mieux! Ainsi, Newfoundland Island, le bout de terre canadien le plus à l'est, est donc une île. D'ailleurs, elle est plus proche de l'Angleterre que de l'autre bout du Canada. Mais bref.


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On y trouve bien évidemment un lac, avec une île dessus.


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Et sur cette île, on trouve un lac, avec d'autres îles!


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Eh bien oui, je vous le donne en mille: parmi ces bouts de terre de quelques milliers de mètres carrés se trouve la plus grand île sur un lac sur une île sur un lac sur une île!

Alors, c'est-y pas génial le Canada? Hein? Mmmh? Ouais bon, okay, on fait avec ce qu'on a, hein.

mardi 27 novembre 2007

Arrière plan

Comme vous devez déjà le savoir depuis le temps, Vancouver est bordé par les montagnes au nord et par l'océan à l'ouest. Cela veut dire qu'il y a de grandes chances pour que vous voyiez l'un ou l'autre quand vous vous baladez en ville1. Evidemment, le plus probable est d'apercevoir l'un des membres du triplet montagneux le plus proche, le plus souvent dans l'alignement d'une rue. Comme je suis super gentil, voilà des photos du centre ville pour illustrer tout ça:

Arrière plan montagneux (1)

Arrière plan montagneux (2)

Maintenant, avec la perspective, les immeubles, tout ça, on a tendance à oublier à quel point les montagnes dominent bien la ville. Voilà donc une photo prise d'un peu plus loin:

Arrière plan montagneux (3)

Le truc épatant, c'est la vitesse à laquelle je me suis attaché à cet arrière-plan. Lors de nos vacances à Montréal, sur le chemin entre l'aéroport et le centre-ville, j'étais tout perdu sans quelque chose pour marquer le "bout" du paysage. Où est le nord? Où se termine la ville?

C'est d'autant plus épatant que je suis un gars du ch'Nord, le plat pays par excellence.

1 C'est comme ça qu'on détermine s'il fait moche ou pas. Si on voit les montagnes, c'est qu'il fait beau. Aucune exception.

dimanche 5 août 2007

Moi et ma squaw

Vancouver Island, on en a déjà parlé, c'est la grosse île qui se trouve entre Vancouver et l'immensité tumultueuse de l'Océan Pacifique. L'une des conséquences de cette particularité géographique est qu'il n'y a que très peu de vagues le long des plages vancouverites... d'où une activité très courante chez les habitants du coin: le kayak de mer.

Pour tester ça, on est allés à Bowen Island, à 20 minutes en voiture puis 20 minutes en ferry du centre ville. Après avoir loués les kayaks pour la journée et pris une leçon express de pilotage, nous voici partis pour un périple d'environ 2h30 jusqu'à une île déserte voisine où on a prévu de pique-niquer.

Départ de la journée kayak

La première moitié du trajet, longeant la côte, est peinarde, et nous permet d'admirer des maisons dont on aimerait bien hériter d'un oncle lointain.

Mer calme, kayak peinard

Avec le doux bruits des clapotis de l'eau, la pagaie dans les mains, les montagnes au loin, on se sent comme un aborigène qui recherche des nouveaux terrains de chasse... bon okay, un aborigène débutant. Avec un kayak de location. Et un gilet de sauvetage, un appareil photo numérique, des baskets Adidas, et... bon, merde, si j'ai envie de me prendre pour un aborigène, je me prendrai pour un aborigène! Non mais.

(la prochaine fois j'irai faire du canoë sur une rivière avec ma squaw, tiens)

Enfin bref, on a vu quelques animaux, aussi, comme des daims et des gros oiseaux, ou, dans l'eau, des otaries... même si moi j'en ai vu aucune (sniff).

Un gros oiseau

La partie un peu difficile, par contre, c'est la traversée pour aller de Bowen Island à Gambier Island. Elle dure entre 30 et 40 minutes, et nous place sur la route des ferries. Et le problème d'un ferry, c'est que c'est quand meme assez symmétrique, donc pour savoir dans quel sens ils vont (et donc savoir si on doit s'arrêter ou pas), c'est un peu chaud. Ajoutez des grosses vagues et vous aurez une idée du truc. Bon, ça ferait rigoler n'importe qui avec un peu d'expérience de kayak de mer, mais pour des débutants moyennement motivés à l'idée de se retrouver à l'eau, c'était, euh, instructif.

Enfin bref, on est quand même arrivés sans problèmes à la plage sur laquelle on a eu droit à un repas royal: l'autre français du groupe avait préparé un confit de canard qu'il a fait cuire grâce à un petit réchaud à gaz.

Confit de canard improvisé

mercredi 4 juillet 2007

Pote lâche indien

Quand on s'embête le week-end, et qu'il n'y a pas de conneries assez connes à la télé, c'est l'occasion d'aller se cultiver la tronche dans un musée.

Le Musée d'Anthropologie est situé sur le campus de l'Université de British Columbia. Au passage, vous pourrez remarquer que les universités américaines sont peut-être plus chères que les universités françaises1, mais elles ne plaisantent pas sur la taille des installations. Le musée lui même est d'ailleurs hébergé dans un bâtiment fort joli.

Trois Trucs

Le musée se focalise sur les aborigènes, également appelés premières nations, également appelés amérindiens, également appelés gens qui étaient là les premiers mais qu'avaient que des sagaies moisies alors que nous on avait des gros trucs en métal qui font vachement mal.

Au bout d'une heure à tourner et à écouter la guide, je comprends maintenant pourquoi la plupart des européens rejetent bien souvent l'idée que l'Amérique a une histoire longue de plusieurs milliers d'années:

  1. C'est méga compliqué: y'a plein de petites tribus éparpillées un peu partout, et chacun a ses rites, ses légendes, et bien souvent sa langue. Ca me semble assez similaire aux nombreuses tribus africaines, à la différence près qu'ils étaient moins noirs, et disaient probablement "ah non, merde, pas encore" lorsqu'il pleuvait. Et contrairement à l'Afrique, depuis la fin du 18ème siècle l'Europe a plus des masses de raisons de s'intéresser de près à l'histoire de l'Amérique.
  2. On sait pas grand chose: ces petits malins d'aborigènes, ils faisaient pratiquement tout avec le bois des cèdres roux du coin. L'avantage, c'est que c'est un bois mou facile à sculpter. Le problème, c'est que c'est un bois mou facile à bousiller. Donc au bout d'un siècle, rien qu'avec la pluie, il reste plus grand chose du super totem que Jean-Paul il s'est fait chier à faire pendant 6 mois avec ses petits doigts boudinés.
  3. Ils savent pas grand chose non plus: les aborigènes transmettent le gros de leur savoir par le bouche à oreille, l'apprentissage, les histoires qu'ils se racontent au coin du feu, et les séries télévisées. L'avantage, ceci dit, c'est que leur société pouvait apparemment s'adapter extrêmement facilement aux changements, contrairement à d'autres qui devaient attendre que des gens à Rome changent des trucs dans des vieux bouquins poussiéreux en Latin. Le problème, c'est que certaines histoires appartenaient à une famille donnée, "gardienne" de l'histoire en question. Je vous laisse imaginer le nombre d'histoires perdues ou totalement déformées que ça donne. Finalement, quelques vieux bouquins poussiéreux, ç'eût été utile aussi.

Albator version aborigène

Enfin bref, je vais pas tout vous raconter non plus, je vous laisserai découvrir tout ça pendant votre visite. Sachez quand même que vous y apprendrez comment faire une boite avec un seul bout de bois et aucun clou. Vous comprendrez aussi au passage le jeu de mots pourri (et assez approximatif) du titre de ce billet.

L'exposition temporaire, pendant notre visite, concernait les masques Africains, et leur signification artistique et sociale. Très intéressante, mais malheureusement trop courte.

Masque africain

Mais le musée est en pleine expansion, et va doubler de taille au cours de l'année. On peut donc espérer plein de bonnes choses dans un futur proche.

Enfin, le clou du spectacle, c'est la très médiatisée sculpture du Corbeau et des Premiers Hommes, réalisée par Bill Reid. Je vous avais dit qu'on le recroiserait celui-là.

Le corbeau et les premiers hommes

La statue, réalisée d'un bloc, représente une scène issue d'une légende Haida (un des peuples aborigènes du coin) qui décrit comment les premiers hommes ont été découverts sur une plage de Colombie Britannique par le Corbeau, un dieu facécieux. Eh ouais, non seulement par ici on a inventé Greenpeace et Starbucks2, mais aussi carrément l'humanité. On fait pas les choses à moitié.

Bref, voilà. Maintenant qu'on s'est bien cultivés la tronche, on peut retourner se vautrer dans un train de vie de débauche grasse et commerciale typiquement américaine, un burger dans la main gauche, et la télécommande dans la main droite... ah merde, on a que du tofu et des frisbees. Saleté de côte ouest...

1 Le Canada est moins cher que les Etats-Unis, mais vous pouvez quand même compter dans les 7000$ (4800€) pour une année d'ingénierie appliquée à UBC. Evidemment, une comparaison aussi simpliste n'a aucun sens puisque les vies étudiantes américaine/canadienne et française n'ont pas grand chose à voir, et les programmes de bourses d'études sont bien plus développés ici, et tout ce sujet est bien plus compliqué que ça, mais ça vous donne un ordre d'idée quand même. Si vous voulez plus d'infos là-dessus, vous trouverez votre bonheur par ici.

2 Oui, bon, Starbucks ça vient de Seattle, normalement, mais du temps des premiers hommes, y'avait pas de frontières.

mercredi 9 mai 2007

Les maisons de Vancouver: Kitsilano

Kitsilano, c'est le quartier mi-résidentiel, mi-branché de Vancouver. Pas trop loin du centre ville, alternant entre rues calmes et rues animées, et doté de plages et des parcs à deux pas, c'est par là que la plupart des gens qui en ont les moyens veulent habiter.

Historiquement parlant, le quartier, dont le nom vient des aborigènes Squamish qui vivaient là depuis plusieurs milliers d'années avant la colonisation, était assez populaire jusque dans les années 60, lorsqu'une invasion de bobos a fait grimper les prix et le standing général. On y trouve depuis un tas de maisons de riches de toutes tailles et formes. L'ancienne enclave des immigrants grecs forme maintenant Greektown, le quartier à pitas, et divers clubs, bar et restaurants à la mode viennent compléter le tableau.

En ce qui concerne les habitations elles-mêmes (puisque c'est le thème de l'article), on trouve des rues typiquement anglo-saxonnes.

Les maisons de Kitsilano (1)Les maisons de Kitsilano (1) Hosted on Zooomr

Mais ce qui est plus intéressant, c'est toutes les maisons uniques en leur genre. Ca va du plutôt moche...

Les maisons de Kitsilano (2)Les maisons de Kitsilano (2) Hosted on Zooomr

...au mélange des genres...

Les maisons de Kitsilano (3)Les maisons de Kitsilano (3) Hosted on Zooomr

...en passant par le classique efficace.

Les maisons de Kitsilano (4)Les maisons de Kitsilano (4) Hosted on Zooomr

Il y beaucoup d'autres maisons très différentes à Kitsilano, surtout près de la plage où les villas ont apparemment toutes été construites par un architecte étranger différent, avec un budget non négligeable. Je ferai quelques autres photos la prochaine fois qu'on s'y baladera.

D'ici un an, on fera nos comptes, et si on détermine qu'on est riches, on bougera peut-être dans le coin...

jeudi 3 mai 2007

Timber!

Mes plus anciens lecteurs se rappellent peut-être que j'étais arrivé à Vancouver en plein pendant des énormes tempêtes hivernales qui ont donné lieu à diverses anecdotes plus ou moins rigolotes. Leurs ravages (aux tempêtes, hein, pas aux anecdotes) sont encore visibles à plusieurs endroits, et plus particulièrement au Stanley Park.

Et voilà, c'est le bordelEt voilà, c'est le bordel Hosted on Zooomr

Le Stanley Park, c'est le plus gros parc municipal du Canada, et le 3ème dans l'Amérique du Nord (derrière le Golden Gate National Recreation Area de San Francisco (pratiquement 7 fois plus grand!) et le Chapultepec Park à Mexico). Outre quelques rares vestiges aborigènes1, c'est surtout les 200km et des brouettes de sentiers qui attirent les gens au milieu de ce gros paquet d'arbres. En plus, dans le paquet d'arbres en question, y'en a plein de gros qui ont été arrachés par les tempêtes dont je parlais précédemment, ce qui ajoute une attraction supplémentaire2.

Mûs (mentalement parlant) par notre esprit d'aventure blogo-journalistique et (mécaniquement parlant) par nos fidèles vélos, nous sommes allés voir ça de plus près, ramenant bien sûr avec nous des photos d'un esthétisme indiscutable3.

Cassé (1)Cassé (1) Hosted on Zooomr

Donc, ben voilà. Des photos d'arbres cassés. Notez la présence de ma fidèle assistante qui vous donne une idée de l'échelle.

Cassé (2)Cassé (2) Hosted on Zooomr

Celui là était tombé en plein milieu d'un chemin, et a donc été tronçonné en deux. Avec l'intérieur du tronc visible, on peut compter le nombre de cercles, ce que les gardes forestiers ont fait. Comme ils sont sympas, ils ont marqué les cercles. Ca evite a des milliers de gens de se faire chier à compter des minuscules lignes pendant 20 minutes en bloquant le passage. L'arbre avait apparemment autour de 800 ans. C'est triste, non?

Vieil arbreVieil arbre Hosted on Zooomr

Une partie du tronc avait été bouffée par je sais pas quoi, et il était à moitié creux, ce qui explique à priori pourquoi l'arbre a succombé au vent. Mais bon, c'était quand même pas de la tempête de gnognotte pour arracher un tel monstre.

Fsssshioouuu, fssshhhhiiiouuu. C'est fort, le vent, en fait.

1 Dont la moitié sont en fait des reconstitutions, vu que les Européens qui sont arrivés en premier y'a quelques siècles ont un peu eu tendance à tout péter avec leurs gros souliers... quand on vous dit que tout est la faute à l'Europe, en fait, des fois, c'est vrai.

2 Oui, y'a pas besoin de grand chose pour faire une attraction.

3 Je dis ça passkeu y'a ma copine sur les photos, alors bon.

mercredi 18 avril 2007

Fin de saison

Non, je ne parle pas ici des diverses séries télé qui s'achèvent ces temps-ci, mais de la fin de la saison de ski! Le week-end dernier, on est allés visiter Whistler pour deux jours de glisse folle1.

O Canada...O Canada... Hosted on Zooomr

La station est divisée en deux avec Whistler d'un côté, et Blackcomb de l'autre. Les vrais gars qui sont pas des neuneus, ils vont plutôt du côté de Blackcomb, vu qu'il y a un glacier. La vue satellite vous permettra de mieux cerner le coin.

Ma cabane au CanadaMa cabane au Canada Hosted on Zooomr

Qui dit montagne au Canada dit petite cabane en bois. Hop, ça a pas raté, on s'en est loué une avec un couple d'amis. Parmi les conseils du jour, ne pas laisser trainer de la bouffe dehors, ou faire cuire des trucs sur la terrasse avant d'aller se coucher, ça peut attirer des ours. Ah ouais. C'est la nature, quoi. Enfin on nous rassure bien en nous disant que c'est "au cas où", et qu'il n'y a jamais eu d'attaque d'ours à Whistler. Je suppose donc que les ours ont jusqu'à présent plaidé la légitime défense ou l'aliénation mentale. A moins que la frontière du comté voisin se trouve habilement à 50m à gauche de la cabane. Enfin bref.

BlackcombBlackcomb Hosted on Zooomr

A part le nombre incroyable de surfeurs par rapport à la France, c'est une station de ski tout ce qu'il y a de plus classique, à part peut-être un village plus vivant et doté de plus de restaurants. Du coup, le samedi soir, nos amis nous ont donc dégoté un restaurant franco -bavarois-je-sais-pas-quoi, où un serveur provençal nous a tué à coups de fondues. Au pluriel. Savoyarde et au chocolat. Pour digérer, rien de mieux que de rester dans le froid et de profiter des concerts en plein air du Telus Ski & Snowboard Festival. On laisse l'estomac se tasser, on fait échapper quelques flatulences, et hop, on est prêt pour aller au dodo, parce que le lendemain, il faut être sur les pistes à l'ouverture, non mais.

Whistler (1)Whistler (1) Hosted on Zooomr

Une fois la deuxième journée de ski finie, on fonce vers la bagnole pour rentrer à Vancouver. Ca met autour de 2 heures de route pour faire le trajet le long de la "Sea to Sky Highway" ("autoroute de la mer au ciel"). Bon, c'est pas encore vraiment une autoroute, mais y'en a qui y travaillent. C'est que pour 2010, il faut un minimum d'aménagements, dites donc. Le problème, c'est que pour rajouter 2 voies, plus bas-côtés, plus terre-plein central, à une route qui est coincée entre l'eau et la roche sur la moitié du chemin, il faut péter pas mal de morceaux de montagne. Du coup, les environnementalistes râlent (un peu), et demandent que des tunnels soient creusés à la place, il parait que c'est plus écolo. En tous cas, quand on roupille pas parce qu'on est crevé, la vue du Détroit de Howe est très jolie.

Allez hop, une dernière photo de paysage enneigé, avant l'année prochaine!

Whistler (3)Whistler (3) Hosted on Zooomr


1 Enfin moi, surtout. Laure, elle a rapidement abandonné pour aller faire des balades en raquettes avec, soit-disant, "un moniteur super mignon". Pfff, un moniteur qu'a trop peur d'aller sur des double black diamond2, ouais!!

2 Ici, y'a des pistes vertes, des pistes bleues, mais pas de rouges ou de noires. A la place, il y a des diamants noirs, et des double diamants noirs. Le bleues et les rouges sont également associées à des icônes, le rond et le carré. C'est qu'il faut penser aux daltoniens, quand même, ma bonne dame.

dimanche 8 avril 2007

Yaletown, Marinaside

Parmi les diverses marinas de Vancouver, il y a celle qui est pas loin de chez nous, près du pont de Cambie, sur la rive nord de False Creek. Autour d'elle, outre des restaurants tels que Provence Marinaside (dont le brunch est pas donné pour des standards Vancouverites, mais excellent!) et quelques marchés comme Urban Fare (huppé, cher, mais avec pas mal de choix), il y a...

1. Un parc. Encore un. Genre, à Vancouver, y'a un parc tous les 300m, à croire qu'ils ont pas d'idées pour remplir la ville (alors que ça serait bien plus pratique de bétonner tout ça et de foutre des stations de métro, non mais).

David Lam ParkDavid Lam Park Hosted on Zooomr

Autour du parc, les grandes tours de Yaletown (le quartier où nous habitons), récemment construites.

2- Des installations sportives et ludiques, avec des terrains de tennis, de basket, et de football (qu'on appelle "soccer" par ici... pffff).

Yo, man (poum poum tchak)Yo, man (poum poum tchak) Hosted on Zooomr

Uniquement pour les enfantsUniquement pour les enfants Hosted on Zooomr

Soccer fieldSoccer field Hosted on Zooomr

Cette zone d'activités se termine à 2 patés de maison de chez nous, et c'est bien pour ça qu'on y va jamais (ça serait trop facile sinon). Et puis on attend l'été de toutes façons.

mercredi 28 mars 2007

Vite, tous dehors! (Partie 2)

Suite de notre balade côtière du week-end dernier (c'est dingue comment c'est intéressant ce blog)...

Une fois le Pont de Burrard passé, ayé, on voit l'océan!1

L'océan (presque)L'océan (presque) Hosted on Zooomr

A l'horizon, on distingue des gros cargos, probablement chargés de cocaïne en provenance d'un quelconque pays d'Asie. Plus près, les chiens s'éclatent commes des fous puisqu'en ces temps encore frais la plage est entièrement à eux.

Chien aimer eauChien aimer eau Hosted on Zooomr

Entièrement? Non, car d'irréductibles sportifs comptent bien profiter du beau temps pour dépoussiérer les installations municipales.

Homme aimer ballonHomme aimer ballon Hosted on Zooomr

Le sable de la plage de Kitsilano était donc foulé par un nombre raisonnable de paires de chaussures, voire même de pneus de VTTs. Et pour ceux qui préfèrent le gazon un peu boueux, moultes parcs sont accessibles le long du chemin, avec des jeux pour les gamins, des vendeurs de glaces ou de hot-dogs pour les affamés, et des terrasses de bars ou de restos avec une jolie vue pour les fatigués.

Les futurs touristes de mon estimé auditoire noteront que cet itinéraire nous fait passer à proximité du MacMillan Space Center (dont le site est méga moche), un musée sur l'espace et les trucs du futur des années 90. Pas grand chose de transcendant à voir, mais on peut y sauver la Terre d'une menace venue de l'espace, et le planétarium est très joli.

MacMillan Space CentreMacMillan Space Centre Hosted on Zooomr

(Notez au passage la preuve photographique qu'on a bien sorti nos vélos).

Après tous ces efforts, il ne restait finalement plus qu'à prendre des photos pseudo-artistiques2 pour reposer vos yeux entre les articles les plus verbeux de ce blog, et à refaire le chemin dans l'autre sens, cette fois ci en faisant un petit détour par le joli quartier de Kitsilano, histoire de varier les plaisirs et aussi d'éviter le nombre croissant de promeneurs et joggeurs du dimanche arpentant la côte.

Et pour se récompenser de cette sortie sportive3, rien de tel qu'un chocolat chaud et d'un bon gros plat de cuisine fusion chez un thaïlandais du quartier.

1 Enfin bon, c'est plutôt la Baie de Burrard, et, plus loin, le Détroit de Georgia, mais c'est tout comme.

2 La plupart religieusement cadrées 2/3, 1/3 pour faire plaisir à Charles.

3 Des fois, ça montait.

mardi 27 mars 2007

Vite, tous dehors! (Partie 1)

Comme je le disais dans un article précédent, le week-end dernier c'était l'arrivée du printemps avec moultes tâches bleues dans le ciel, une bizarre absence d'eau qui tombe, et une envie d'aller se balader dehors qui a réussi à conquir...conquérir même les plus pantouflards des expatriés Français1. Muni de nos fidèles vélos Parisiens, nous sommes donc partis en direction de Granville Island, dont j'avais déjà parlé pour cause de marché couvert, afin d'entamer un grand périple côtier (oui, bon, tout est relatif).

En arrivant par ce côté de la presqu'île, on traverse le False Creek Community Centre, où les enfants braillent en descendant les toboggans, les femmes papotent en laissant leurs chiens se renifler les parties génitales avant de retourner lécher la main de leur maitresse, et les hommes nettoient leurs kayaks colorés. Pas loin, on aperçoit les premières boutiques.

Crystal ArkCrystal Ark Hosted on Zooomr

Au environs de midi, l'île est remplie de gens qui viennent prendre leur repas à l'air libre.

Granville Island au Printemps (1)Granville Island au Printemps (1) Hosted on Zooomr

On croise plusieurs artistes, devant lesquels s'amassent des pigeons (des vrais). Les mouettes, elles, restent perchées dans les hauteurs.

Granville Island au Printemps (2)Granville Island au Printemps (2) Hosted on Zooomr

Ceux qui veulent éviter le soleil peuvent toujours se mettre à l'ombre du Pont de Granville.

Granville BridgeGranville Bridge Hosted on Zooomr

Les autres se contenteront de regarder de loin l'autre pont, celui de Burrard, en s'enfilant des slouvakis à emporter.

Burrard Bridge depuis GranvilleBurrard Bridge depuis Granville Hosted on Zooomr

Si on a un bateau, on peut profiter de la météo pour le sortir, mais, euh, bonne chance quoi... je conseille d'aller garer son bateau dans une des autres marinas du coin un peu moins peuplées.

Marina de GranvilleMarina de Granville Hosted on Zooomr

Sinon, le mieux est encore de glander.

Farniente canineFarniente canine Hosted on Zooomr

Mais nous, on a pas sorti nos vélos pour des prunes, donc on se remet en route vers l'ouest, sans même prendre le temps de manger un morceau... à suivre!

1 Et non, je ne suis même pas sorti en pantoufles... surtout parce que ça me les aurait salies, et du coup ça aurait sali la moquette, et du coup il aurait fallu faire le ménage.

mercredi 21 mars 2007

Les lumières sur la ville

Dans mon article sur Cypress Mountain, je vous avais mentionné que les pistes de ski des 3 stations autour de Vancouver étaient illuminées la nuit. Les soirs où les nuages s'accrochent à la montagne, ça fait des lumières vraiment bizarres.

Voilà ce que ça donne en photo, par temps clair:

Lumieres sur la ville (1)Lumieres sur la ville (1) Hosted on Zooomr

Ici, on ne voit que 2 des 3 stations, à savoir Cypress et Grouse.

Lumières sur la ville (2)Lumières sur la ville (2) Hosted on Zooomr

Et voilà Grouse en plus grand.

jeudi 22 février 2007

Kung Hei Fat Choi

Et voui, c’est l’année du cochon qui commence, et d’après tout un tas de gens cette année devrait apporter paix, bonheur et surtout plein plein d’argent. Personellement, ça me va, je suis pas contre. D’ailleurs, c’est peut-être le moment de vous renseigner sur votre signe zodiacal Chinois (moi je suis Serpent de Feu, c’est pas la classe ça?).

Comme je le mentionnais dans un billet précédent, la présence Asiatique à Vancouver est très marquée, ce qui se traduit par la deuxième plus grosse Chinatown d’Amérique du Nord (derrière celle de San Francisco). Difficile donc de rater le défilé du nouvel an Chinois, en tous cas pas pendant qu’on est encore nouveaux dans le coin, et le torse gonflé de véléités touristiques de base.

Après un petit brunch avec des amis dans Gastown (un des quartiers très sympathiques de Vancouver, et dont on reparlera plus tard), direction l’arche d’entrée de Chinatown, où déjà plein de monde regardent le début du défilé.

Arche de ChinatownArche de Chinatown Hosted on Zooomr