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mardi 17 juin 2008

Deux poids, deux mesures

Un ancien collègue de France m'a récemment demandé si les canadiens utilisaient des grammes comme unité de mesure pour les recettes de cuisine. La réponse est bien évidemment... "Eh non, les canadiens utilisent... la tasse."

Pour la cuisine, les bouquins achetés sur place ainsi qu'équipements (e.g. le four) et accessoires (e.g. le très utile verre mesureur) indiquent tout en système américain. Les poids sont exprimés en livres ou onces, mais vous trouverez plus souvent des volumes exprimés en tasse, cuiller, et plus rarement cannette. Par exemple, dans mon livre de cuisine acheté sur place, les quantités de beurre sont indiquées en portions de tasses (Note de Ludo: trop pratique de mesurer une quantité de beurre avec une tasse, tiens). Les températures pour le four vont vous être données en degrés Fahrenheit.

Autre fait rigolo: les poids sont affichés en système métrique, mais correspondent à des poids en système impérial. C'est pas clair? Voici un exemple: le beurre s'achète par 454 grammes, ce qui coïncide avec une livre.


Je fais l'envie de mes compatriotes français lorsque je sors le verre mesureur que j'ai pensé à glisser dans les cartons du déménagement, et qui indique les grammes pour un certain volume de farine, sucre, etc. et les millilitres pour le liquide. A bon entendeur...

Verre doseur


Plus généralement, il y a un joyeux mélange dans les unités de mesures utilisées dans diverses situations de la vie courante. Si les panneaux de signalisation indiquent les distances en kilomètres, en revanche toutes les annonces pour les appartements vont vous donner des surfaces en pieds carré. Chez le médecin, taille et poids vous seront donnés en système métrique (mètres et kilogrammes). Par contre, si un collègue vous demande votre taille et que vous répondez "1 mètre 71", vous le verrez cogiter un moment pour faire la conversion en pieds et pouces! (Note de Ludo: comme je suis un gros chieur, à chaque fois qu'un canadien me donne une mesure en système impérial, je lui rétorque un "hey gars, le Canada utilise le système métrique, je sais pas de quoi tu parles"... pour l'instant, ils se contentent tous de sourire et de regarder leurs pieds en rougissant).


Pas de panique, Wikipedia est notre ami et nous aide à faire les conversions... Google est sympa aussi et fait la conversion pour vous... Vous pouvez vous amuser à entrer la requête "50 kg in pounds" dans le champ de recherche... c'est magique (Note de Ludo: ça marche aussi dans Yahoo et Live Search/MSN, mais pas dans Exalead... vive la technologie Française! (je me permets parce que je sais qu'un des ingénieurs d'Exalead lit ce blog... Salut Philippe!)).

samedi 5 janvier 2008

Bonne année, mais pas nécessairement pour tout le monde

Après mon article sur les grosses affaires vancouverites pas joyeuses du moment, je me suis dit que je pourrais bien parler des problèmes locaux plus courants. Déjà, ça vous changera de mes photos traffiquées pour vous faire croire que le ciel est toujours bleu à Vancouver. Ensuite, ça vous gâchera votre euphorie de la nouvelle année. Et puis ça vous changera de la routine habituelle des syndicats et des grèves, de l'Europe, des banlieues, du chomâge, du trou de la sécu, de la gauche, de la droite, du milieu, et autres rangaines socio-politiques françaises. Enfin, ça vous permettra de savoir, en contrepartie, quelles sont les rangaines d'ici.

Contrairement à ce que les mauvaises langues diront, la pluie n'est pas le problème numéro 1 à Vancouver (comme le prouvent mes photos avec des ciels bleus, donc), mais bien les sans-abris et la drogue. Oui, je sais, ça fait théoriquement deux problèmes, mais les deux sont souvent étroitement liés. D'ailleurs, ils sont tous les deux bien correctement rangés dans le Downtown Eastside, situé juste derrière Chinatown et Gastown. D'après certains, c'est carrément le quartier le plus pauvre de tout le Canada (Wouhouh! Allez Vancouver!). Et quand je dis "correctement rangé", c'est vraiment le cas: 2 pâtés de maison avant d'y rentrer, on est encore dans des endroits branchés remplis de gens riches et bien portants. On a vraiment l'impression de traverser un portail inter-dimensionnel, par endroits.

Sans abri

(remarquez au passage l'utilisation judicieuse de filtres de couleur pour faire passer ce qui est probablement un ingénieur d'IBM aux goûts vestimentaires douteux pour un pauvre SDF... c'est ça, la magie des images)

Historiquement, toutes les villes olympiques ont eu un problème avec les sans-abris, car il s'agit de faire bonne figure pour les touristes et les caméras. De Londres à Atlanta en passant par Sydney ou Pékin, seule la méthode change: certains offrent gracieusement un billet de bus pour envoyer les clochards en grande banlieue, d'autres les font fuir en utilisant la police pour faire pression. Les plus gentils ouvrent des foyers d'acceuil, mais prennent bien soin de les placer le plus loin possible. Vancouver ne devrait normalement pas échapper à la règle, mais le problème y est un peu plus complexe.

Piccadilly Pub

Au début des années 90, le Canada était dans une situation économique très difficile, et a été redressé par des coupes budgétaires, un remboursement systématique de la dette nationale1, et diverses autres initiatives issues de gouvernements libérals et social-démocrates. Si l'économie canadienne a très bien récupéré depuis, la théorie selon laquelle la croissance du pays bénéficierait à tout le monde a été infirmée par les inégalités dans les différents secteurs. Ces inégalités ne sont pas significativement pires que dans les autres pays occidentaux, mais particulièrement décriées ici, probablement parce qu'elles incluent par dessus le marché les problèmes d'exclusion des personnes d'origines aborigènes (dont on parlera dans un futur article sur les autres problèmes courants du coin).

Lentement

Les problèmes spécifiquement vancouverois s'ajoutent ensuite aux problèms nationaux. Par exemple, le développement fulgurant de la ville dans certains secteurs (nouvelles technologies et construction, entre autres) aggravent les problèmes d'inégalité mentionnés précédemment. Les nouvelles constructions, les rénovations, les modifications du réseau de transport public, et tous les autres aménagements prévus pour 2010, qu'ils soient à l'initiative de la municipalité ou de compagnies privées, galvanisent le marché immobilier déjà bien en forme grâce, entre autres, aux taux d'emprunt historiquement bas similaires à ce qu'on a connu en France ces quelques dernières années.

Un cas courant est ainsi celui où un établissement change de main pour être rénové, réhabilité, voire démoli pour faire place à des logements de meilleure qualité. Les occupants doivent alors trouver une autre habitation, et peuvent se retrouver devant un dilemme budgétaire où toit et nourriture ne peuvent plus cohabiter. Car dans une situation finalement très similaire à certaines région de France, la montée des prix a dépassé la montée des salaires2, et ne pas pouvoir se payer un appartement, même dans les locations à bas prix, est l'une des principales raisons pour rester à la rue. Selon les endroits, on peut trouver jusqu'à un tiers de SDFs qui ont, en fait, un emploi qui les occupe au moins 30h par semaine. Mais l'emploi ne fait généralement pas long feu à partir de là.

Cuban Cigars

Evidemment, la drogue et les maladies (mentales ou physiques) jouent toujours un rôle important. Sur le plan de la drogue, les Triades, la mafia chinoise, seraient assez actifs dans le coin, rapport au fait que Vancouver est un important port de la côte Pacifique, et le principal accès au territoire canadien depuis l'Asie. Enfin j'ai pas fait un enquête approfondie sur le sujet, hein, remarquez, et comme j'ai pas envie de perdre un doigt, j'irai pas infiltrer les clubs de East Hastings juste pour vos beaux yeux. Mais toujours est-il que le traffic de drogues dures, et plus particulièrement l'héroïne, est important, et touche beaucoup de monde. Vancouver ouvrait ainsi en 2003, et dans le Downtown Eastside, justement, des sites d'injection supervisée (Les premiers d'amérique du nord! Wouhouh! Allez Vancouver!) pour tenter de limiter les problèmes annexes liés à la drogue (principalement la transmission de maladies comme le SIDA par les seringues).

Drugs

On estime entre 2000 et 2300 le nombre de SDFs à Vancouver, ce qui est, en pourcentage de population totale, assez similaire à Paris où les estimations oscillent entre 8000 et 12000. Mais c'est la tendance qui est le problème ici, puisqu'à moins d'une inflection, on dépassera les 3000 sans-abris pour les Jeux Olympiques de 2010. Oui, ça augmente vite. Wouhouh! Allez Vancouver!

Petit vélo

Diverses organisations et associations oeuvrent pour l'amélioration des conditions de vie dans le Downtown Eastside, et pour les gens démunis en général, et il y a pas mal d'attention et d'attentes sur ce que le maire va mettre en place pour régler le problème... mais faudra pas rêver non plus.

Voilà, j'espère que ça vous intéresse, tout ça, et si j'ai dit des conneries (vous savez ce que c'est, la recherche d'infos sur internet...), n'hésitez pas à poster des rectifications dans les commentaires.

Cash

Allez, maintenant que j'ai un nouvel objectif avec un gros zoom (merci Papa Noël... à savoir moi-même), il faudra que j'y retourne pour vous faire de meilleures photos du quartier.

1 Le Canada est l'un des rares pays développés à avoir une dette en baisse et peu, voire pas du tout, de dépassement de son budget fédéral chaque année.

2 Pour vous faire une idée très vague des prix vancouvérois, il faut compter 6000$ (soit 4000€) par mètre carré en centre ville. En comparaison, le prix moyen du mètre carré sur Paris est à un peu plus de 6300€. Cela n'empêche pas les canadiens d'être choqués par les prix de Vancouver qui est maintenant la ville la plus chère du pays en terme de logement (Wouhou! Allez Vancouver!). Il y a quelques années, les provinces de l'est, avec Toronto et Montréal comme villes principales, dominaient le marché, mais le développement des provinces de l'ouest a propulsé Vancouver, Calgary, Edmonton et même Saskatoon vers le haut, parfois de manière totalement obscène, du genre des prix littéralement 2 fois plus cher ici (faut dire qu'on a la ville la plus mieux bien, aussi... Wouhouh! Allez Vancouver!). L'arrivée de nombreux immigrants avec leurs poches pleines d'argent tout neuf n'a pas amélioré la situation, alors que le marché québecois ou ontarien restait relativement sage. De toutes façons, le mieux, c'est d'investir à Iqaluit, une super ville où l'aéroport est plus grand que la ville elle-même.

mercredi 28 novembre 2007

Trois en un

Ca y est, c'est officiel, les mascottes des Jeux Olympiques de 2010 ont été dévoilées! Comme je sais que vous n'aviez que ça en tête depuis au moins une semaine, je vous présente sans plus attendre Miga, Quatchi et Sumi:

Et en bonus, il y a Mukmuk, qui viendra soutenir ses 3 amis pendant toute la durée des jeux!

C'est t'y pas mignon tout ça? Ne vous donnent-ils pas envie de dépenser plein de thunes en gadgets, t-shirts et autres produits dérivés? Ne permettent-ils pas d'intégrer magiquement les enfants à la population ciblée? J'attends avec impatience le dessin-animé qui nous apprend à recycler et à respecter la nature, et bien sûr le CD 2 titres avec les chansons officielles des jeux.

Mais bref, trève de cynisme, je suis sûr que vous voulez en savoir un peu plus sur ces mascottes joviales et entrainantes. D'après leur site officiel, de gauche à droite:

  • Sumi est un esprit animal qui vit dans les montagnes de la Colombie-Britannique. Comme beaucoup de canadiens, les antécédents de Sumi sont nombreux. Il porte le chapeau de l'épaulard, vole avec les ailes du grand Oiseau-Tonnerre et court sur les pattes poilues de l'ours noir.
  • Quatchi est un jeune sasquatch qui vient des forêts mystérieuses du Canada. Quatchi est timide, mais il adore explorer de nouveaux endroits et rencontrer de nouveaux amis. Même si Quatchi aime tous les sports d’hiver, il aime surtout le hockey. Il rêve de devenir un gardien de but célèbre de par le monde.
  • Miga est une jeune ourse de mer qui vit dans l’océan avec sa famille, au large de l’île de Vancouver, près de Tofino, en Colombie-Britannique. Les ours de mer sont en partie épaulard et en partie ours (Miga est en partie ours Kermode, un ours blanc rare qui ne vit qu’en Colombie-Britannique).
  • Mukmuk est une petite marmotte amicale de l’île de Vancouver qui appuie et encourage toujours ses amis pendant leurs parties et leurs courses.
Il devient de plus en plus courant d'avoir plusieurs mascottes. Ca a commencé avec Calgary en 1988, suivi par Séoul la même année, avec chacun 2 mascottes. Dix ans plus tard, Nagano enfonce le clou avec 4 mascottes, et puis c'est la déferlante: Sydney et Salt Lake City en ont 3, Athènes et Turin 2, et Pékin en annonce carrément 5. Celles de Vancouver sont toutes basées sur des légendes aborigènes, le sasquatch étant la plus connue.

Maintenant que vous ne tenez plus en place, vous pouvez aller télécharger les fonds d'écran, faire du coloriage, ou même remplir un quizz pour savoir quelle mascotte vous ressemble le plus. Ouéééé, trop bien.

Je vous préviens, si je ne vois pas un peu plus de commentaires sur ce blog, je vais commencer à envoyer des cartes postales virtuelles avec des mascottes affreusement mignonnes. Vous êtes prévenus.

samedi 24 novembre 2007

Putain, un an

Il y a à peu près un an, j'arrivais à Vancouver et démarrais ce blog, tout plein de bonnes intentions et d'étoiles dans les yeux. Après un premier contact un peu délicat, et la découverte des joies de la vie dans un hôtel, je me lançais à la découverte de la ville. Un an plus tard, je peux constater que mes prétentions bloguesques d'origine ont finalement été bien remplies. Avec une moyenne de 2 articles par semaine sur la Colombie Britannique et ses étranges habitants1, et des photos pseudo-artistiques2 en plus pour combler les trous, je m'épate moi-même (même si je commence à accumuler du retard dans mes idées d'articles).

Je poste rarement des choses personnelles, mais le premier anniversaire du blog est l'occasion de faire un premier point, de procéder à une introspection du sujet vancouverois, d'analyser mon expérience de 12 mois et d'en tirer des conclusions certes subjectives, mais posées et argumentées.

Donc voilà: Vancouver c'est trop méga bien bien.

(oui c'est ma tronche, je porte une robe de chambre, et je vous emmerde)

Non, sérieux, c'est cool comme ville.

Bon okay, vous voulez peut-être que je développe. D'abord, l'environnement est super joli, la lumière est magnifique, les forêts sont luxuriantes et les écureuils sont sautillants. Les gens sont globalement sympathiques, et proviennent de plein de pays différents, avec les différentes perspectives sur le monde qui vont avec. On a la montagne et la plage à deux pas, ce qui permet de s'adonner aux joies du beach-volley, des barbecues, du kayak ou du ski en prenant un simple bus3. On trouve des quartiers résidentiels super calmes et mignons à deux pas des quartiers qui bougent. Le marché du travail, en tous cas dans l'informatique, est bouillonant, et plus particulièrement dans mon secteur, les jeux vidéos. Et les vancouveroises sont bien foutues.

Evidemment, si vous êtes anthropologue, que vous n'aimez pas les sushis, que vous détestez les sports d'hiver et que la pluie vous déprime, vous pourrez passer votre chemin... mais en ce qui me concerne, Vancouver place la barre assez haut en termes d'exigences à remplir pour être mon chez moi.

Bien sûr on peut lui reprocher tout un tas de choses. On aimerait plus de boutiques, plus de restaurants, plus de lieux culturels, plus de festivals, plus de crottes de chien par terre, etc. Mais la ville est encore jeune. Incroyablement jeune, même. Ca ne veut pas dire qu'elle réussira mieux que les autres — probablement l'inverse, même, le temps de commettre quelques erreurs de jeunesse — mais cela veut dire qu'elle bouge, qu'elle se cherche, qu'elle se transforme, qu'elle s'adapte. Il faut bien se dire que Vancouver n'a même pas 150 ans. Ca veut dire que, pendant que Paris avait déjà vu passer une bonne dizaine de régimes politiques, Vancouver était une colline avec de l'herbe et quelques huttes Musqueam. Ca veut dire que pendant que Haussman s'attellait à d'impressionnants aménagements urbains, des chercheurs d'or boueux et des bûcherons burinés allaient boire un coup dans la seule taverne du coin. Ca veut dire que pendant que la Tour Eiffel était en construction, quelques milliers de personnes voyaient arriver la première ligne de chemin de fer dans leur ville nouvellement constituée.

Le chemin qu'a parcouru Vancouver en à peine plus d'un siècle est incroyable. C'est maintenant la 3ème plus grosse ville du Canada, et elle continue de se développer de manière vertigineuse, démographiquement et économiquement. Elle est couramment considérée comme l'une des meilleures villes du monde par divers cabinets d'étude. Elle a tout devant elle, et c'est bien ça son côté fascinant: son potentiel. A quoi va ressembler Vancouver après les Jeux Olympiques de 2010, et tous les projets d'urbanisme qu'ils amènent? A quoi va-t-elle ressembler en 2020 avec une population qui devrait quadrupler d'ici là? Comment l'installation toute récente de Microsoft va-t-elle affecter l'industrie high-tech locale? Est-ce que Brad le Bachelor va finalement rappeller Jenni?

Vancouver est véritablement une ville vivante en ce sens qu'elle se transforme sous nos yeux. Le résultat sera peut-être décevant — auquel cas on ira tout simplement s'installer ailleurs — mais je sais que les prochaines années seront assurément passionnantes à vivre.

1 Rappellez-vous les diverses activités intéressantes des indigènes.

2 Et faisant toutes figurer, de manière fort douteuse, un ciel bleu. La magie de la technologie moderne est probablement à l'oeuvre.

3 Voire même en vélo pour la moitié des endroits.

lundi 27 août 2007

Toujours la plus mieux bien pour vivre

Faisant suite à une étude dont on a précédemment parlé, The Economist a publié les résultats de son étude annuelle sur la qualité de vie dans les grandes villes du monde. Encore une fois, Vancouver se place très bien puisqu'elle est première (yeehah!), devant Melbourne et Vienne. Contrairement à l'étude précédente, le Canada n'a que 2 villes dans le Top 10 (avec Toronto), alors que l'Australie en place pas moins de 4 (avec Perth, Adelaide et Sydney). Pas moyen de savoir où se placent les premières villes françaises, par contre, puisqu'il faut acheter le magazine pour avoir la liste complète.

Une autre étude, dont les lecteurs de l'incontournable blog de Véronique ont déjà entendu parler, menée par Angus Reid uniquement au sein du Canada montre également que Vancouver est la ville la plus mieux bien du pays, malgré le fait que la plupart des canadiens aient voté pour leur propre ville. Pourtant, Vancouver se prend une baffe en ce qui concerne les sorties nocturnes (restos, bars, boîtes de nuit) et le shopping, avec un score abyssal qui la place même derrière des trous de campagne comme Saskatoon (oui, c'est vraiment un nom de ville). Sans grande surprise, Montréal reigne en maître sur le sujet, alors que Toronto remporte la palme en ce qui concerne les activités sportives, l'art, la culture, et le business.

Pour ceux qui ont suivi, donc, à Vancouver on vit super bien, mais sans aller au resto, sans faire la fête, sans rien acheter, sans se cultiver, et sans travailler. Oui, ça veut dire qu'on passe notre temps à glander sur la plage en faisant des barbecues nous mêmes et en fumant de l'herbe...

Je plaisante, maman... tu te doutes bien que je laisse les autres s'occuper du barbecue.

samedi 25 août 2007

La plus connue des inconnues

Vancouver (et plus généralement la Colombie Britannique) fait partie des endroits les plus fréquement représentés à la télévision ou au cinéma, avec New York, Los-Angeles, San-Francisco, et Aubervilliers1. Si, si. C'est pas la peine de froncer les sourcils en essayant de vous rappeller, à part cet épisode de Thalassa vieux d'un an, quelle émission aurait pu faire figurer la magnifique métropole vancouverite... c'est comme ça.

Observez la photo suivante, qui m'a été gentiment fournie par Jacques, le maintenant célèbre préparateur de confits de canard:



En regardant de près, on voit des gens qui protestent, agitant le slogan "Oui à la seringue". Une voiture du SFPD (Département de Police de San-Francisco) est garée devant les barrières.

Vous pouvez vous douter, si je vous montre cette photo sur ce blog, qu'elle a été prise à Vancouver. Les lecteurs les plus cinévores rempliront les blancs en se rappellant d'une scène de X-Men 3, se passant soit-disant à San-Francisco, donc, et faisant figurer une manifestation en faveur de l'injection obligatoire qui priverait les mutants de leurs pouvoirs.

Outre illustrer l'un des thèmes scénaristiques les plus profonds de la trilogie qui remis les super-héros au goût du jour (au grand dam de certains de mes amis), vous pouvez vous rendre compte que le lieu où se déroule une histoire est souvent bien différent du lieu où elle est tournée.



Cette fois-ci, la photo pourrie prise avec mon téléphone portable montre une scène de série policière quelconque qui vous fera passer un magasin de centre-ville pour un tribunal de Washington (encore une fois, la voiture de police est utile pour situer l'action). Et on va tout gober sans se poser de questions.

En fait, l'industrie du cinéma est l'un des secteurs d'activité principaux de la Colombie Britannique. Entre l'accès rapide à tout un tas de paysages variés (plage, montagne, forêt, ville, campagne, etc.), la relative proximité (sur une échelle américaine!) avec Hollywood (3 heures d'avion), des avantages fiscaux très compétitifs, et de nombreuses écoles formant les métiers concernés, Vancouver a acquis le surnom de "Hollywood North". Bon okay, généralement, ce genre de surnom à deux balles est totalement surfait et auto-attribué, un peu comme Berck Plage dans le Pas-De-Calais, probablement surnommée "Le Saint-Tropez du Nord" parce qu'il a fait soleil une fois et que Johnny Halliday, qui était tombé en panne sur l'A16, a dû y passer la nuit du 18 au 19 septembre 1987... mais là, non, on peut quand même placer un bon nombre de titres connus dans la région. Et fait, Vancouver est le 3ème centre d'activité cinématographique d'amérique du nord derrière Los Angeles et New York.

X-Files, et sa petite soeur Millenium, sont sans doute les premières séries TV à avoir donné à Vancouver un peu de renommée internationale. Pourtant, entre MacGyver, 21 Jump Street2 et les épisodes américains de Highlander3, il y avait déjà de quoi faire de la publicité avant. Pour ce qui est des séries plus récentes, on trouve, sans ordre particulier, et parmi beaucoup d'autres, Les 4400, Taken (Disparition en VF), Stargate (mince, MacGyver encore!) et compagnie, Smallville, Battlestar Galactica (euh non, la nouvelle série4), Jeremiah (oui, Luke Perry trouve toujours du travail on dirait) Dead Like Me (mouarf), The L Word, ou encore les Masters of Horror. On peut même retrouver des vieilles séries plus ou moins ringuardes comme Sentinel, Sliders, Dark Angel, Dead Zone ou Poltergeist (alors celui là il est tellement moisi que personne s'est pris la peine de mettre le générique sur YouTube, tiens). Et pour ce qui est des inédits, les premiers épisodes de Aliens in America (qui surfe apparemment sur le succès de La Petite Mosquée dans la Prairie) ou de Bionic Woman (ah non merde, encore la nouvelle série... on arrête pas le progrès) sont en tournage ici.

Pour ce qui est du grand écran, on peut citer, non sans honte, la série des Police Academy au palmarès local. On se tournera ensuite rapidement vers tout un tas d'autres productions hollywoodiennes pas forcément toutes glorieuses, mais bon, rappellez-vous que comparé à Police Academy 5, même, euh, disons, Police Academy 2 fait office de chef d'oeuvre. Citons donc Les Quatres Fantastiques, X-Men, L'Effet Papillon, Shooter, Insomnia, Destination Finale, Underworld, Scary Movie, I Robot, et même (ose-je?) Elektra, Catwoman (vive la France), Aliens vs. Predator, et, non des moindres, Freddy contre Jason (bon, je sais, les liens ça devient n'importe quoi mais faut bien vous tenir occupés, aussi). Bref, que du bon. Ces temps-ci, on a droit, entre autres, à 2 adaptations de films asiatiques (The Eye et A Tale of Two Sisters), et à l'adaptation par Zack "300" Snyder de Watchmen, un des chef d'oeuvre de la BD anglo-saxone (j'ai peur). Sans compter les équipes qui ne font que passer brièvement pour tourner quelques scènes, ce qui nous permet d'avoir, par exemple, Penelope Cruz de passage dans notre quartier pour du shopping et quelques restos.

Enfin en tous cas, moi, j'attends toujours de croiser Jessica Alba ou Kristin Kreuk chez mon fromager... mais me connaissant, si je voyais quelqu'un de connu dans la rue, je me dirais juste "tiens, c'est bizarre, il me rappelle quelqu'un lui" ou, au mieux, "wouah, c'est rigolo, il ressemble vachement à Tom Cruise, lui, là-bas... enfin... en plus petit".

Pour ceux qui veulent se tenir au courant, le site de la British Columbia Film Commission tient mensuellement à jour (c'est rigolo, ça, "mensuellement à jour") une liste des productions en cours dans la province.

Et pour finir, en exclusivité, voici la technique secrète pour se déplacer en centre-ville quand y'a des bouchons!



Ah non, merde, c'est une autre photo du tournage des X-Men. N'importe quoi.

1 Ben oui, c'est que 14 saisons de Julie Lescaut, ça fait remonter les statistiques, hein.

2 Habitants de Vancouver, faites particulièrement attention au bus au début du générique!

3 Aaaah, Queen, on s'en lasse pas tiens. Si si, Jérôme, je t'assure, on s'en lasse pas.

4 Mais moi j'adore la musique de la série originale (moins que celle de Cosmos 1999, mais pas mal quand même). Et puis les Cylons qui sont super propres et bien briqués, ça m'a toujours intrigué... est-ce qu'ils se frottent entre eux tous les soirs, dans les quartiers du vaisseau amiral?

mardi 31 juillet 2007

Le jeu des différences pas importantes: vocabulaire et mentalité

Il existe 2 termes anglais qui n'ont pas, à ma connaissance, d'équivalence en français: jaywalking et littering. Leur absence dans la langue de Racine1 est pour moi assez révélatrice de la mentalité française.

To Jaywalk, c'est le verbe décrivant l'action de traverser en dehors des passages piétons, ou lorsque le feu est rouge. Là où en France la plupart des gens (moi y compris) se contenteront de regarder distraitement à droite (peut-être à gauche s'ils sont particulièrement prudents ce jour là) pour traverser une rue, indépendemment de la présence de peinture blanche au sol ou de la couleur courante du petit bonhomme (dans les cas où il y en a un à proximité), à Vancouver, on respecte scrupuleusement le code de la route. Notez le "scrupuleusement". On peut même remplacer "scrupuleusement" par "extrêmement stupidement", si vous voulez vraiment savoir. Donc oui, ça veut dire que si vous êtes sur une rue déserte, avec 3km de chaque côté sans une voiture en vue, 90% des gens attendront quand même que le petit bonhomme passe au vert (enfin au blanc, ici). Et dans les 90%, vous pouvez compter Laure, ma chère compagne, qui a le don de me forcer à respecter les lois. Apparemment, c'est nettement moins extrême dans le reste du Canada, mais on notera quand même que le canadien moyen est un peu moins téméraire que le français moyen sur le sujet.

To litter, c'est le verbe décrivant l'action de laisser ses détritus par terre. Ainsi, lorsqu'un français quitte la plage et laisse des canettes de bière, des emballages plastiques et des crottes de chien sur le sable, on ne sait pas trop comment décrire ça à part en disant, assez généralement, qu'il salit la plage. Quand un canadien fait pareil, par contre, hop, il litter. On ne peut nier que cette avancée linguistique fulgurante est remarquablement pratique. Mais sinon, oui, les rues, les parcs et les plages de Vancouver sont pratiquement immaculées, que ce soit par leur absence de détritus, ou par leur absence de déjections canines.

Que peut-on donc conclure de tout ceci? Eh bien outre le fait que les français sont des barbares qui traversent n'importe où et n'importe quand tout en balançant leurs saloperies par terre, on peut en conclure que les passages piétons en France sont finalement assez propres. C'est pas fabuleux ça, hein? Vive la France!

1 Bah oui, merde, y'a pas que Molière qui parle français, bordel de chiotte.

dimanche 15 juillet 2007

Le jeu des différences pas importantes: comment se la péter sur les plaques d'immatriculation

Les plaques d'immatriculation canadiennes font toutes figurer un petit slogan provincial, écrit au dessus ou en dessous du numéro d'immatriculation de la voiture. Et parce qu'ici, on sait se la péter1, on a droit à "Beautiful British Columbia" ("Magnifique British Columbia"). Mais c'est encore rien face au deuxième slogan du coin, visible sur le site du gouvernement provincial: "The Best Place On Earth" ("Le Meilleur Endroit Au Monde"). Si vous êtes pas convaincus, vous pouvez toujours prendre une petite cigarette qui faire rigoler, ça vous permettra de mieux vous rendre compte2.

Un détail intéressant est la plaque québecoise. Au moment où la grande majorité des provinces commençait à ajouter un slogan à leurs plaques (au début des années 60), le québec optait pour "La Belle Province" (eux aussi ils savent se la péter). Mais ils changent d'avis en 78, suite à l'arrivée au pouvoir du Parti Québécois3 (favorable à la souveraineté du Québec, et donc une manière nettement plus sérieuse de se la péter). Depuis, le slogan officiel est l'énigmatique "Je me souviens". Enigmatique, donc, car personne ne, euh, se souvient réellement de ce dont il faut se souvenir. Mince alors.

Du coup, tout le monde y va de sa petite interprétation, allant des gentilles ("Je me souviens de mon héritage français"), aux un peu plus méchantes ("Je me souviens de ce que les anglais ont fait aux français ici"), voire aux carrément pas contentes du tout ("Je me souviens de ce que nous ont fait les français"4). En pratique, il est probable que le gars qui a écrit le slogan à l'origine l'ait simplement repris de l'une de ces plus célèbres citations: "Je me souviens que né sous le lys, je croîs sous la rose", qui se réfère, respectivement, aux emblêmes français et anglais de l'époque. Nettement moins rigolo, mais ô combien plus consensuel5.

Mais bon, nous on s'en fout de tout ça. Après tout, c'est loin, et on est trop occupés à faire des saloperies d'activités physiques dehors... parce que c'est joli, quand même, la Colombie Britannique... Si si, même que c'est marqué sur les plaques d'immatriculation, donc c'est sûrement vrai...

1 Mais de manière cool, hein, parce que c'est la côte ouest, quand même.

2 Comme le disait un collègue, dans "Colombie Britannique", y'a "Colombie", c'est pas pour rien.

3 Oui, le "P.Q.". Difficile de lire un article politique sans ricaner bêtement.

4 Dans la série "ça n'arrange pas l'image anglo-saxonne des français qui laissent tomber tout le monde à chaque guerre", je vous présente la Bataille des Plaines d'Abraham, où l'armée française, après une escarmouche contre l'armée anglaise, s'est bravement retirée, laissant le Québec (et tous les français y vivant) tomber sous le contrôle anglais. Bon, okay, ça c'est la version méchante. Dans la version gentille, on passe juste pour des demeurés qui, malgré une meilleure position stratégique et plus de soldats, arrivent quand même à perdre. Ah non, merde, c'est méchant aussi ça. Euh, on va juste dire que les conditions pour une victoire n'étaient pas favorables.

5 Enfin on pourrait toujours objecter qu'il y avait de la croissance également du temps où on contrôlait la région, non mais.

vendredi 6 avril 2007

Vancouver, la ville d'où qu'il fait vachement bon vivre sa vie peinard

Tous les ans, Mercer Human Resources conduit une étude sur la qualité de vie dans toutes les grandes villes du monde. Vancouver est régulièrement dans le top 5, et cette année ne fait pas exception à la règle puisqu'elle finit 3ème, partageant le podium avec Zurich, Genève, et Vienne (avec qui elle est ex-aequo).

L'étude porte sur tout un tas de considérations: taux de criminalité, stabilité politique, environnement économique et socio-culturel, libertés individuelles, pollution, statistiques sur la santé, la propreté et l'hygiène, niveau des écoles et universités, services publics, divertissements, activités sportives, coût de la vie, traffic routier, logement, climat, etc.

Evidemment, ce ne sont là que des facteurs assez "impersonnels", et on ne peut pas quantifier l'ambiance et l'athmosphère d'une ville. Ainsi, une ville avec plein de clubs de country, des concours de bingo chaque semaine, des musées sur l'histoire de la saucisse, et un jumelage avec Charleville-Mézières, mais où il n'y a jamais d'embouteillage, d'infarctus, ou d'inflation des prix du logement, va sûrement avoir un score démentiel. Il est possible, donc, que vous vous fassiez grave chier à Vancouver, mais le principal c'est que vous vous y ferez chier longtemps, en bonne santé, et pour pas cher! Ouaiiiis, super hein?

Pour ceux qui ont la flemme d'aller voir les résultats, on peut constater que la Suisse et l'Allemagne sont très bien positionnées, avec chacun 3 villes dans le top 10. Les 4 villes principales du Canada (Toronto, Montréal, Vancouver, et Ottawa) sont dans le top 30. La première ville Américaine apparait en 27ème position (Honolulu, suivie immédiatement par San Francisco). Paris déboule en 33ème position (merde, j'ai l'impression d'être Marc Toesca sur Canal+), suivie par Lyon pas loin derrière. Nos amis Tokyoïtes sont au 35ème rang, Harry Potter le Londonien est au 39ème, et mon pote Bill Gates habite dans une ville qu'on retrouve au 49ème rang. Ah oui, et bizarrement, c'est Baghdad qui est dernière du classement. Bon, voilà, si vous voulez plus de détails, allez sur le site de Mercer.

Notez également qu'une autre étude est publiée en même temps, cette fois-ci sur le coût de la vie (disponible au même endroit). Moscou, Séoul et Tokyo sont apparemment les villes les plus chères du monde. Londres, fidèle à sa réputation, est 5ème, et Paris est 15ème. Toronto est la première ville Canadienne à apparaître, en 47ème position.



Allez hop, moi je retourne profiter de ma qualité de vie fabuleuse en glandant sur le canapé en pyjama.

jeudi 22 février 2007

Kung Hei Fat Choi

Et voui, c’est l’année du cochon qui commence, et d’après tout un tas de gens cette année devrait apporter paix, bonheur et surtout plein plein d’argent. Personellement, ça me va, je suis pas contre. D’ailleurs, c’est peut-être le moment de vous renseigner sur votre signe zodiacal Chinois (moi je suis Serpent de Feu, c’est pas la classe ça?).

Comme je le mentionnais dans un billet précédent, la présence Asiatique à Vancouver est très marquée, ce qui se traduit par la deuxième plus grosse Chinatown d’Amérique du Nord (derrière celle de San Francisco). Difficile donc de rater le défilé du nouvel an Chinois, en tous cas pas pendant qu’on est encore nouveaux dans le coin, et le torse gonflé de véléités touristiques de base.

Après un petit brunch avec des amis dans Gastown (un des quartiers très sympathiques de Vancouver, et dont on reparlera plus tard), direction l’arche d’entrée de Chinatown, où déjà plein de monde regardent le début du défilé.

Arche de ChinatownArche de Chinatown Hosted on Zooomr

Nous, on va se mettre vers la fin, pas loin de la tribune officielle où, entre autres, siège Sam Sullivan, le maire de Vancouver

IMG_4453Sam Sullivan Hosted on Zooomr

Enfin remarquez, il siège tout le temps puisque, comme vous pouvez le constater, il est l’un des rares politiciens paraplégiques (en fait, il est même partiellement tetraplégique, étant immobilisé jusqu’au cou, mais ayant le contrôle de ses mains). On reparlera de lui quand on abordera le sujet des aménagements pour handicapés, qui sont considérables à Vancouver.

Mais revenons au défilé. Qui est, euh… ben en fait, c’est un défilé, quoi. Avec des gens qui défilent. Pendant longtemps.

IMG_4456Franc-maçons Chinois Hosted on Zooomr

Conversation authentique entre deux spectateurs:

  • C’est qui les franc-maçons?
  • Oh, c’est une sorte de société secrète pour riches.
  • Mmmh, euh, ils doivent pas être si secrets que ça s’ils défilent en public…
  • Euuuh… ouais…
GnnnnhGnnnnh Hosted on Zooomr

Le club des gens qui essaient de faire caca tout habillés.

C'est longC'est long Hosted on Zooomr

Eh ouais, défiler pendant une heure, c’est chiant, à la longue.

Bon ben voilà, quoi. Si vous voulez des photos un peu plus classiques, avec moultes lions danseurs, dragons colorés, et même un boulier géant, vous trouverez votre bonheur dans la gallerie dédiée au défilé. Il y a aussi d'autres photos chez Angelique et JB.

Allez hop, et bonne année Charles!

vendredi 26 janvier 2007

Home Sweet Home (partie 3)

Après quelques détours vers d’autres sujets, revenons à notre appartement… ou plus précisément à notre immeuble. Car à Vancouver, bien des immeubles ne sont pas simplement une grosse caisse en béton dans laquelle on range des habitations de taille variable.

Ainsi, voici ce qu’on peut trouver au 3ème étage de “The Max”, le doux nom de notre résidence.

IMG_4336IMG_4336 Hosted on Zooomr

La salle de fitness, avec plein de trucs bizarres qui font mal à des endoits insoupçonnés au bout de quelques minutes d’utilisation. Heureusement, pour s’occuper l’esprit pendant qu’on court, rien de mieux que la bonne vieille technique qui consiste à prendre un lecteur vidéo portable avec soi (à moins qu’on veuille regarder les infos ou le sport sur les TVs accrochées au mur). En fonction du temps de course visé, on peut regarder un épisode d’animé Japonais1 (20 minutes), de série à format court2 (30 minutes), de série normale3 (50 minutes) ou (mais faut vraiment en vouloir), de série longue4. Les films, ça sera pour plus tard.

IMG_4339IMG_4339 Hosted on Zooomr

La piscine, avec également (non visibles sur la photo), un jacuzzi et un sauna.

En plus de ces installations on a à notre disposition diverses autres salles, comme une salle multimédia pour regarder des DVDs avec plein d’amis (mais les amis ne sont pas fournis avec), une salle de récéption pour faire des grosses fêtes (cuisine, barbecue, terrasse et installation sonore), et d’autres trucs moins intéressants comme une salle de yoga.

Ce genre d’accomodation n’est pas exceptionnel. Bien des immeubles à Vancouver ont des services similaires. J’ai même visité une résidence qui offrait un court de Squash.

En fait, les habitants de Vancouver sont très portés sur le sport, et plus généralement la santé. Les salles de fitness sont ainsi disponibles bien souvent à domicile, mais aussi au travail puisque beaucoup d’immeubles d’affaires sont équipés de mainère similaire. Les pistes de ski, de VTT, de randonnée ou d’escalade sont accessibles à 20 ou 30 minutes du centre-ville, et le Stanley Park, en plein coeur de la ville, offre aux cyclistes et aux joggers un énorme paradis à quelques minutes de chez eux. Même au niveau alimentaire, les fast-foods “bio” sont très courants, avec moultes salades, fruits et autres bidules frais qui sont bons pour le ventre et le caca. Mais on reviendra sur tous ces sujets plus tard, photos à l’appui5.

L’une des conséquences de cet aspect de la vie ici est que les personnes obèses sont rares. Le cliché traditionnel de l’Amérique chez les Français6, et on l’a entendu plusieurs fois avant de partir, c’est qu’on sera entouré de gros qui bouffent des hamburgers vautrés comme des otaries bourrées sur le premier canapé venu. Eh bien surprise, j’ai pu compter les jours avant de croiser mon premier obèse.

Ce qui est intéressant dans tout ça, c’est que les filles sont athlétiques et jolies à regarder. Ca me fait beaucoup penser à Amsterdam où, dans mes souvenirs, la pratique du vélo semblait donner de belles jambes aux autochtones… Vivement l’été, qu’on puisse… euh, qu’on puisse se baigner sur la plage, Laure. Ouais, qu’on puisse se baigner. He he.

1 Peu pratique, notamment à cause des sous-titres, difficiles à lire quand on court.

2 Pas assez long si on veut vraiment transpirer un minimum, mais on peut par exemple se faire 2 épisodes de “My name is Earl” à la suite, ça marche aussi.

3 Pratique quand on veut regarder des séries “interdites à la maison pour cause de copine incompatible”, comme “Nip/Tuck” ou “The 4400”.

4 Plus rare, comme “Taken”.

5 Des photos du Stanley Park et des restaurants, hein. Pas du caca. Enfin à moins que vous le demandiez expressément.

6 Oui, parce que le Français moyen, il ne distingue pas des masses le Canada des Etats-Unis quand il s’agit des clichés. Ni le Québec du reste du Canada d’ailleurs.

lundi 22 janvier 2007

Qu'une chose soit claire...

...de manière générale, l'architecture de Vancouver accomplit la prouesse d'être quasi-inexistante et moche.

Downtown VancouverDowntown Vancouver Hosted on Zooomr

C'est assez commun pour les villes du "Nouveau Monde" (comme dirait Charles1), où seuls quelques buildings sont architecurellement dignes d'intérêt, mais c'est d'autant plus flagrant pour Vancouver qui n'a même pas 200 ans derrière elle. Heureusement, l'intérieur est le plus important2, et on est très contents sur ce plan là3.

Et puis la vue des montagnes et de la mer compense largement!

1 Vous risquez d'entendre parler de Charles régulièrement ici. Sachez juste que c'est une sorte de chef spirituel incontournable, et que bien des ingénieurs dans le domaine de la simulation sont devenus des adeptes de sa bonne parole.

2 Sauf si on s'appelle Spider-Man, mais l'esthetisme n'a de toutes façons rien à voir avec l'adhérence.

3 C'est qu'on en avait marre des jolis immeubles Haussmaniens en pierre de taille qui cachent des installations electriques douteuses, des problèmes d'humidité récurrents, et une absence totale de réseaux ethernet muraux. Vive les immeubles moches et récents.

mercredi 17 janvier 2007

Adieu les complexes

Pour ceux qui ne le savent pas, Vancouver est presque exclusivement anglophone. Disons qu'en théorie, c'est censé être bilingue avec le français, mais en pratique, c'est pas réellement le cas : les distributeurs ont beau pratiquer le double affichage sur leurs étiquettes (j'ai mis longtemps à me rappeler qu'en vrai français de la France, "broadband" se traduit "haut débit" et non "large bande" comme indiqué sur notre routeur tout neuf...), à l'arrivée au Canada, l'agent de l'immigration vous dit "Bonjour, Hello" mais continue l'entretien exclusivement en anglais même si vous avez répondu "Bonjour" ... On parle donc anglais.

Au début, ça me faisait un peu peur : en effet, suite à un traumatisme subi pendant mon année d'échange à Montréal, je ne suis pas très confiante quant à la capacité qu'ont les anglophones à comprendre mon gros accent frenchy. Mais mes premiers échanges à Vancouver ont totalement dissipé ce complexe : ici, il y a plein de personnes qui ont des accents plus exotiques les uns que les autres, et même, oserai-je dire, plus exotique que le mien. Résultat : on dirait que tous les habitants ont développé une tolérance incroyable vis-à-vis des accents. Bref, j'arrive à avoir des échanges où les gens sur place comprennent tout de suite ce que je dis, sans me faire répéter trois fois pour finir par me demander d'épeler.

 Comme c'est agréable !
 

samedi 25 novembre 2006

Les bases (partie 4)

Pour cette dernière partie de présentation générale de Vancouver, je vais devoir briser un mythe coriace dans l’hexagone: non, il ne fait pas -40° partout au Canada pendant l’hiver. A Vancouver, il fait entre -5° et 10° pendant les derniers mois de l’année, avec quelques pointes aux alentours de -10°. Mais ça n’est certainement pas ici que vous expérimenterez le cliché Québecois des 1,50 mètres de neige qu’il faut déblayer devant chez soi1.

L’été, il fait bon, voire chaud, avec des températures moyennes aux alentours de 23°, et des pointes à presque 30°. Les courageux (et les gamins) se baignent dans la baie de Burrard, pendant que les autres les regardent depuis Sunset Beach, ou une quelconque autre plage municipale. Pas besoin d’organiser un “Vancouver Plage” par ici!

Voilà pour la présentation générale de Vancouver.

1 Ce qui de toutes façons, est totalement phantasmé à moins d’habiter dans la cambrousse. Les villes comme Montréal sont tellement bien préparées que, le matin venu, la neige a déjà été ratissée par les engins municipaux. C’était une de nos grandes déceptions pendant notre séjour Montréalais.

lundi 20 novembre 2006

Les bases (partie 3)

Malgré sa proximité avec les Etats-Unis, Vancouver est plus ou moins organisée comme une ville Européenne. Ainsi, si le centre-ville abrite un certain nombre d’infâmes sociétés capitalistes dans des grandes tours de métal et de verre, on y trouve surtout beaucoup de bars, de restaurants et de boutiques1. Le quartier reste très animé jusqu’aux dernières heures de la nuit.

Bizarrement, il y a également une sorte de deuxième centre-ville à Vancouver, principalement axé autour de Broadway et Main Street. On y trouve tout un tas d’autres restaurants, services et boutiques, notamment (yahouuu!) des magasins d’informatique spécialisée.

Enfin, Amérique oblige, il y a aussi d’énormes centres commerciaux situés en banlieue plus ou moins lointaine, dont certains sont, bonne nouvelle, accessibles en transports en commun.

1 Dans des, euh, petites tours de métal et de verre.

vendredi 17 novembre 2006

Harbour Centre

Harbour Centre, l'immeuble le plus reconnaissable de Vancouver.


Harbour CentreHarbour Centre Hosted on Zooomr


La tour habite, de manière peu surprenante, un restaurant chic pratiquant des prix dépassant nettement ses qualités culinaires, sous prétexte d'une vue majestueuse du centre-ville. Enfin c'est ce que tout le monde dit, moi j'y suis pas encore allé.
 

mercredi 15 novembre 2006

Les bases (partie 2)

Mesdames, mesdemoiselles, messieurs, voici Vancouver. En haut et à droite, des montagnes. En bas et à gauche, la mer. Qu’est-ce que ça nous donne? Des nuages gorgés de pluie qui arrivent du Pacifique, et qui butent contre les montagnes. Oui, c’est à dire juste au-dessus de la ville. Un grand classique Canadien est donc de se moquer des Vancouverites, de la même façon qu’on se moque du brouillard Londonien ou de la grisaille du Nord-Pas-de-Calais. Les Vancouverites se vengent en se moquant de la neige et du froid qui sévissent de l’autre côté du continent, notamment au Québec, mais bon, il vaut mieux rester en dehors de tout ça. On se contentera simplement de citer un ami de Seattle qui a dit un jour: ”[par ici] il n’y a que deux saisons: l’hiver, et le mois d’août”. Vous pouvez facilement deviner que le jour en question était au coeur de l’hiver, pendant une coupure d’électricité, après s’être enfermé dehors par erreur. Mais il y a sans doute du vrai là dedans.

En face de Vancouver, à l’ouest, se dresse l’Île de Vancouver qui pourrait bloquer les nuages et les empêcher d’arriver jusqu’à la ville, mais non, même pas. Enfin si, un peu, mais pas assez, vraisemblablement. Et pas question d’imaginer, dans un futur proche, la construction de, je sais pas moi, des sortes de gros boucliers en métal ou des déflecteurs laser à particules actives. L’Île de Vancouver est remplie de parcs naturels, et la variété de sa flore est célèbre. Pas question d’y toucher, soit-disant. Admettons.

Oh, et non, Vancouver n’est pas sur l’Île de Vancouver, ça serait trop simple. En fait, leur nom vient du Capitaine George Vancouver, de la Marine Royale Anglaise, qui, autour de 1790, est venu dans le coin accompagné de quelques amis Espagnols pour foutre dehors les indiens qui étaient là depuis plus de 5000 ans et nommer divers endroits notables avec, au choix, son propre nom, ou le nom de ses potes.

On espère qu’il a au moins accompli tout ça avec un minimum de flegme Britannique.

mardi 14 novembre 2006

Les bases (partie 1)

Complètement à l’ouest du pays, Vancouver est totalement peaumée. La seule grande ville notable aux alentours est Seattle, de l’autre côté de la frontière Américaine. On imagine aisément les adolescents Seattleites prenant un bus Greyhound pour, un peu plus de 3h plus tard, se regrouper dans un bar Canadien où ils peuvent profiter de l’âge légal d’accès aux boissons alchoolisées (18 ans en Colombie-Britannique, contre 21 dans l’état de Washington). Les adolescents Vancouverites, eux, se contentent sûrement d’aller dans l’une des stations de ski avoisinantes, dont quelques unes ont des pistes visibles depuis le centre ville.

Mais revenons à notre sujet du jour.

(attention, ça va être un peu académiquement violent, mais il faut passer par là pour situer un peu les choses)

Vancouver est à peu près de la même taille que Paris, avec 115km2 de superficie contre 104km2 pour la capitale Française. L’agglomération Vancouverite s’étend sur presque 2900km2, ce qui est comparable à la Grande Couronne Parisienne (2700km2). Par contre, il y a littéralement 5 fois moins de monde à Vancouver. En fait, on pourrait mettre toute la ville, banlieue comprise (2,8 millions d’habitants) à l’intérieur de Paris intra-muros (2,1 millions d’habitants). Ainsi, là où Paris condense plus de 20000 personnes au kilomètre carré, Vancouver se la coule douce avec une petite densité de 5000, et même pas 600000 habitants dans la ville elle-même.

De manière générale, le Canada est vide, de toutes façons. Avec 32 millions d’habitants, et une densité de 3 habitants au kilomètre carré, ça fait vide comparé aux plus de 63 millions de Français, entassés à 112 par kilomètre carré en moyenne dans un pays 15 fois plus petit.

Forcément, avec autant de place, certains problèmes comme l’immigration et l’immobilier n’en sont plus vraiment.

lundi 13 novembre 2006

Ah non, merde, pas encore un!

Ah non merde, pas encore un”, entends-je parmis l’assemblée.

Eh bien si, voilà un autre blog qui vient polluer le cyberspace avec sa prose douteuse, ses sujets inintéressants et son auteur exhibitioniste. Mais pas de panique, vous pouvez toujours retourner sur des sites plus utiles, comme celui de votre journal préféré.

Pour ceux qui sont encore là, quelques présentations sont de rigueur. Ce blog est centré autour de, euh, bah autour de moi, quoi. J’ai quitté le plat pays qui est le mien1 pour venir au pays des caribous, de la neige, et du sirop d’érable. Et pour les 2 du fond qui ont pas suivi, je parle bien sûr du Canada. Enfin sauf que moi je suis pluôt du côté des ours, de la pluie, et de Battlestar Galactica, à savoir Vancouver.

Ce blog consistera donc à décrire les aventures d’un pauvre Frenchie perdu parmi tout un tas de gens dont les accents sont tous plus improbables les uns que les autres, et tentera de répondre à la question qui brûle toutes les lèvres mâles de l’assistance: pourquoi les filles de Vancouver sont-elles aussi bonnes? (afin de m’assurer un audimat futur non nul, je me dois de promettre des sujets attractifs sur la faune féminine locale). Outre permettre aux gens de découvrir cette partie peu connue du Canada, j’espère que ça servira aussi de source d’information pour les Français qui veulent émigrer dans la région.

Stay tuned.

1 Sauf que c’est pas tout à fait le même que Jacques Brel. Le mien c’est les Flandres Françaises. Mais bon c’est pas loin.