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samedi 5 juillet 2008

Jazz, côté ouest

A Vancouver, y'a pas grand chose à faire, il parait, et les gens regardent bien souvent les activités culturelles des villes des provinces de l'est en soupirant. Mais de temps en temps, miracle, il se passe un truc.

Par exemple, mi-juin, il y a eu le Festival d'Eté Francophone (et par "francophone", on veut dire "québécois"). Pas la peine d'en parler ici, Elodie et Stéphanie s'en sont déjà occupé. Par contre, juste après, c'était le Festival International de Jazz de Vancouver.

Five Alarm Funk

Comme tout le monde connait celui de Montréal (même s'il y en a plein d'autres), je vais vous faire un petit comparatif.

Comme à Montréal, ça dure à peu près 2 semaines (celui de Vancouver est un poil plus court, et commence quelques jours plus tôt), et les organisateurs ont tendance à considérer une définition extrêmement large du terme "jazz". Il y a des scènes gratuites en plein air ou dans des bars, et des concerts payants dans des salles de spectacle ou des clubs. Dans les deux cas, ca fait environ 30 ans que ça dure, et dans les deux cas, l'association qui s'occupe du festival offre également tout un tas d'autres concerts (payants et gratuits) le reste de l'année.

Celui de Montréal est par contre beaucoup plus gros et renommé. 500 concerts cette année pour Montréal contre 400 pour Vancouver, mais (et c'est ça qui nous intéresse parce qu'on est des gros rapiats) 350 gratuits pour Montréal, contre seulement 150 gratuits à Vancouver. Beaucoup plus de scènes en plein air à Montréal, également, et littéralement 5 fois plus de monde!

L'organisation est différente, également. A Montréal, toutes les scènes sont les unes à côté des autres en centre-ville. C'est un bordel infâme et toutes les rues sont bouchées, mais on peut se balader facilement d'une scène à l'autre. C'est aussi pratique de se dire "le festival de jazz, c'est par là", et ne plus se poser de question après.

A Vancouver, le festival de jazz est éclaté dans plusieurs endroits. C'est moins pratique puisque ça empêche les gens de pouvoir se balader simplement d'une scène à l'autre à la recherche d'un truc écoutable. Mais de toutes façons, les scènes gratuites en plein air se succèdent -- elles ne sont actives que quelques jours chacune, donc pas de regrets, on ne peut même pas vraiment se balader voir s'il y a autre chose. On se pose, et si ce qui passe ne nous plait pas, il ne reste plus qu'à se renseigner sur les concerts en intérieur, ou à rentrer chez soi. Par contre, les lieux choisis pour les scènes en plein air se lisent comme un guide touristique de Vancouver. Gastown, Granville Island, Yaletown, Cambie Village, West End, etc. Au moins, on est assis dans un grand parc ou dans un quartier avec un minimum de charme, là où à Montréal on est debout dans la rue au milieu de vieux immeubles moches. Par contre, il faut réfléchir quand on part de chez soi pour savoir où aller en fonction du jour, et ça, réflechir, moi j'aime pas.

Allez hop, l'année prochaine, j'essaierai de vous prendre plus de photos. En attendant, Five Alarm Funk, c'est bon, mangez-en.

mardi 17 juin 2008

Deux poids, deux mesures

Un ancien collègue de France m'a récemment demandé si les canadiens utilisaient des grammes comme unité de mesure pour les recettes de cuisine. La réponse est bien évidemment... "Eh non, les canadiens utilisent... la tasse."

Pour la cuisine, les bouquins achetés sur place ainsi qu'équipements (e.g. le four) et accessoires (e.g. le très utile verre mesureur) indiquent tout en système américain. Les poids sont exprimés en livres ou onces, mais vous trouverez plus souvent des volumes exprimés en tasse, cuiller, et plus rarement cannette. Par exemple, dans mon livre de cuisine acheté sur place, les quantités de beurre sont indiquées en portions de tasses (Note de Ludo: trop pratique de mesurer une quantité de beurre avec une tasse, tiens). Les températures pour le four vont vous être données en degrés Fahrenheit.

Autre fait rigolo: les poids sont affichés en système métrique, mais correspondent à des poids en système impérial. C'est pas clair? Voici un exemple: le beurre s'achète par 454 grammes, ce qui coïncide avec une livre.


Je fais l'envie de mes compatriotes français lorsque je sors le verre mesureur que j'ai pensé à glisser dans les cartons du déménagement, et qui indique les grammes pour un certain volume de farine, sucre, etc. et les millilitres pour le liquide. A bon entendeur...

Verre doseur


Plus généralement, il y a un joyeux mélange dans les unités de mesures utilisées dans diverses situations de la vie courante. Si les panneaux de signalisation indiquent les distances en kilomètres, en revanche toutes les annonces pour les appartements vont vous donner des surfaces en pieds carré. Chez le médecin, taille et poids vous seront donnés en système métrique (mètres et kilogrammes). Par contre, si un collègue vous demande votre taille et que vous répondez "1 mètre 71", vous le verrez cogiter un moment pour faire la conversion en pieds et pouces! (Note de Ludo: comme je suis un gros chieur, à chaque fois qu'un canadien me donne une mesure en système impérial, je lui rétorque un "hey gars, le Canada utilise le système métrique, je sais pas de quoi tu parles"... pour l'instant, ils se contentent tous de sourire et de regarder leurs pieds en rougissant).


Pas de panique, Wikipedia est notre ami et nous aide à faire les conversions... Google est sympa aussi et fait la conversion pour vous... Vous pouvez vous amuser à entrer la requête "50 kg in pounds" dans le champ de recherche... c'est magique (Note de Ludo: ça marche aussi dans Yahoo et Live Search/MSN, mais pas dans Exalead... vive la technologie Française! (je me permets parce que je sais qu'un des ingénieurs d'Exalead lit ce blog... Salut Philippe!)).

jeudi 5 juin 2008

Le jeu des différences pas importantes: 179

Les gens en amérique du nord ils ont un sale travers: ils n'écrivent pas les chiffres comme nous.

Plus précisément, il n'écrivent pas les chiffres 1, 7 et 9 comme nous. Moi, j'écrirais 179 comme ça:

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Mais eux, ils l'écrivent comme ça:

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Du coup, soit il faut s'adapter, soit il faut bien différencier son "1" de leur "7", par exemple en rajoutant une barre à la base:

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C'est con mais un formulaire banquaire mal interprété, ça peut changer pas mal de choses... Il est donc fréquent de voir un gichetier repasser derrière vous sur un papier. Il inspecte tout ce que vous avez rempli, vous demande confirmer certains des chiffres, et rajoute des barres partout en appuyant bien fort, histoire de rendre le tout encore plus illisible. Fabuleux.

Enfin maintenant vous êtes prévenus.

La complainte de l'expat'

Si vous connaissez un expatrié, ou ex-expatrié, vous avez probablement entendu ce genre de remarque: "les XYZ sont durs à se faire comme amis", ou "les XYZ ils ne parlent pas beaucoup culture/histoire/politique", en remplaçant bien sûr le "XYZ" par la nationalité concernée (si vous n'avez jamais entendu un expat' faire ce genre d'affirmation, vous avez bien de la chance). Dans notre cas, il s'agit donc des Canadiens.

Les Canadiens sont durs à se faire comme amis

D'abord, on n'abordera pas la question de savoir si vous êtes quelqu'un d'intéressant, sociable, et qui ne sent pas mauvais de la bouche. Mais brossez-vous bien les dents quand même, on ne sait jamais. Ensuite, on peut se demander comment on définit un ami... est-ce quelqu'un que l'on voit en dehors du travail ou de l'activité à travers laquelle on l'a originalement rencontré? Est-ce quelqu'un que l'on a comme ami sous Facebook? Est-ce quelqu'un avec qui on s'entend tout simplement bien?

Pour des gens de la tranche d'âge 25-35 ans, la majorité des amis sont issus des études (université, lycée, et même collège et école primaire si vous avez gardé contact toutes ces décennies). Ce sont des gens qui étaient dans votre classe ou promo, vos colocataires, ou des membres des mêmes activités étudiantes (clubs de sport, de musique, de cuisine, de reconstitution historique de la bataille de Mouveaux en Bouillonne, etc.). Se faire des amis dans la salle de classe est nettement plus facile et rapide que de se faire des amis dans la salle de réunion de votre boulot actuel. Dans les deux cas, pourtant, on se fait chier et on a pas envie de suivre ce que raconte le gars au tableau, mais c'est seulement dans le premier cas qu'il est possible de discuter avec ses voisins impunément depuis le fond de la pièce. Au bureau, on ne peut que se contenter de faire des gribouillis sur son carnet de notes, ou jouer au bullshit bingo.

La socialisation au travail est pourtant très différente entre la France et le Canada, et on reviendra sur le sujet un jour. Mais dans les deux cas, quelqu'un aura-t-il été au cinéma ou au restaurant avec ce gars qui est arrivé d'Ukraine il y a 6 mois? Probablement pas. La socialisation sera restée dans le cadre du bureau, autour du déjeuner de midi ou de la pause café. J'ai pu voir ce genre de situation dans les deux pays avec, heureusement, des exceptions (sinon, le gars repartirait dégoûté en Ukraine).

Les expatriés qui font les remarques du genre "c'est dur d'être ami avec les Canadiens" ont souvent tendance à croire qu'ils peuvent se reconstruire en moins d'un ou deux ans un cercle d'amis similaire à ce qu'ils avaient en France, et qui leur avait pris 10 ou 15 ans à bâtir sans les barrières culturelle et de la langue. Inversement, les indigènes ont déjà leur cercle d'amis bien établi. Vous êtes dans la même situation que l'Ukrainien sus-cité. Vous débarquez, vous ne connaissez pas grand monde, et vous cherchez à vous reconstruire un réseau. Les Canadiens et immigrés de longue date affichant déjà complet dans leur emploi du temps social, les expatriés se retrouvent statistiquement plus souvent entre eux. D'autant plus que l'on est dans la tranche d'âge où les gens déjà bien installés sont soudainement occupés par leur premier enfant, limitant encore plus leur temps libre.

Le plus facile est alors d'entrer en contact avec des expatriés Français puisque vous aurez immédiatement plein de points communs avec eux (principalement: râler sur la France, râler sur le Canada, et s'échanger des addresses pour acheter du fromage qui pue). Un travers courant chez les expatriés est ainsi de rejoindre la communauté Française la plus proche et d'y rester, n'ayant que peu d'amis non-Français, mais ne se gênant pas pour râler à propos de la sociabilité des autres nationalités.

Bref, j'espère que je ne viens pas de vous apprendre que s'intégrer dans un pays et se faire de nouveaux amis sont des procédés qui prennent du temps. Les outils indispensables pour cela sont ici Craigslist et Facebook, pour (re)trouver des groupes ou activités qui vous permettront de rencontrer des gens (clubs de sport, de musique, de cuisine, de reconstitution historique de la bataille de Mouveaux en Bouillonne, etc.).

Les Canadiens ne parlent pas culture/histoire/politique

Ma seule explication pour ce genre de remarque, par contre, est simplement la barrière de la langue. Difficile pour un anglophone d'engager, ou maintenir, une conversation soutenue sur l'histoire des Croisades s'il ne comprend pas la moitié de ce que vous baragouinez (et qu'il est trop poli pour vous le dire).

Evidemment, comme en France, les 3/4 des gens ne sont juste pas intéressés par ces sujets, préférant lire le DaVinci Code et regarder Canadian Idol/La Nouvelle Star (ouais, je fais mon réac' si je veux, c'est mon blog). Mais jusqu'à présent, j'ai trouvé qu'il était par exemple très facile d'engager la plupart des Canadiens sur le sujet de la politique Canadienne ou Américaine. Un nombre étonnant d'entre eux ont suivi, au moins de loin, les élections Françaises. Et ce qui est bienvenu, c'est qu'ils ont chacun leur propre opinion. On est loin des discussions politiques Françaises où les gens regurgitent la moitié du temps ce que les Guignols ont raconté la semaine d'avant, ou évitent totalement le sujet en jouant la carte du réactionnaire cynique.

Une autre différence est que les Canadiens sont beaucoup plus éduqués sur le plan économique. Dans un pays où les lois du marché sont plus présentes, où le seul voisin est les Etats-Unis, et où la paperasse pour la banque ou les impôts est deux fois plus compliquée, il est très courant d'assister à des discussions sur le cours du loonie, sur le NASDAQ, ou sur les conséquences des dernières nouvelles américaines ou (dans une moindre mesure) européennes.

Sur le plan historique, par contre, il est probable qu'un Européen moyen est plus éduqué q'un Canadien moyen, tout simplement parce que l'Histoire (avec un grand H s'il vout plaît) occupe une part plus importante de notre culture et de notre identité, ce qui se retranscrit, par exemple, sur les programmes scolaires.

De toutes façons, il est indéniable que les Canadiens n'ont pas grand chose de local à se mettre sous la dent qui remonte plus loin que le 18ème siècle. En plus, un pionnier, ça prend du temps à construire des maisons et labourer des champs, donc il ne se passe pas beaucoup de trucs super intéressants. Du coup, on constate deux tendances. La première est de s'intéresser plutôt, au choix, à l'histoire de l'Europe, de l'Afrique, ou de l'Asie. C'est assez peu commun. Les nord-Américains se contentent d'avoir les yeux qui brillent quand on parle de Paris ou Barcelone ou Amsterdam, mais n'y connaissent pas grand chose, à part ceux qui y ont été en vacances. La deuxième tendance est de connaitre en détail l'histoire nord-Américaine du 20ème siècle. Je trouve que ce deuxième type de connaissance est assez intéressant car elle permet de mieux comprendre la direction actuelle du pays. En Europe, les gens qui s'intéressent à l'histoire se focalisent généralement sur des périodes lointaines qui, si elles sont souvent passionnantes, ne permettent pas vraiment d'expliquer le problème des banlieues.

 

Bref, voilà mon avis sur la complainte de l'expat'. Je suis sûr que certains ne seront pas d'accord, donc déchaînez-vous dans les commentaires! (je m'en fous, je peux les censurer, mouah ha ha)

vendredi 2 mai 2008

On sait qu'on est à Vancouver...

...quand, dans les concerts de hard-rock, les gens vous proposent amicalement de partager un joint alors que la police est en poste quelques mètres plus loin, et que par contre, pour boire de la bière, il faut prouver sa majorité et aller boire son verre dans la zone d'exemption des lois d'interdiction de consommation d'alcool sur les lieux publics.

Pendant ce temps, les deux gugusses qui essaient de déclencher des pogos echouent lamentablement à éveiller les instincts belligérants des spectateurs.

dimanche 20 avril 2008

Il pleut des bébés

Au Canada, on fait beaucoup de "Showers". Non, ce n'est pas une référence à l'hygiène corporelle, ni à la météo locale. Ce sont des événements qui présentent les points communs suivants:

  • Ils sont plutôt réservés à un public féminin (quoique les hommes sont de plus en plus souvent invités à participer) ;
  • Il faut se préparer à jouer à des petits jeux (de préférence stupides).

Il en existe plusieurs versions: "Baby Shower" et "Wedding Shower" - également appelées "Bridal Shower".

Le principe d'une "Baby Shower" est le suivant: environ 2 mois avant la naissance d'un enfant, une personne proche de la future maman organise une fête. On invite d'autres copines pour jouer à des jeux parfois éducatifs (genre un quizz sur la sécurité des enfants), et parfois pas (genre faire des relais de changeage de couche sur une poupée) autour du thème du bébé. Le plus important, c'est évidemment la décoration bleue ou rose, les ballons imprimés "It's a Baby Shower", et la collation légère.

C'est également l'occasion de faire les cadeaux à la maman. L'intérêt de faire ça quelque temps avant la naissance, c'est que la mère sait ce qu'elle va avoir comme cadeau et du coup les parents peuvent organiser leurs dépenses en fonction. Pas bête.

La "Wedding Shower", c'est le pendant plus "sérieux" de l'enterrement de vie de jeune fille ("Bachelorette Party"). Disons qu'on va faire un enterrement de vie de jeune fille débridé avec les copines et une "Wedding Shower" plus formelle avec la famille. Là aussi, les cadeaux sont de rigueur, d'après Wikipedia c'est parce qu'à l'origine c'était organisé dans les familles pauvres, lorsque le père ne pouvait (ou ne voulait) pas fournir la dotte.

Par contre, d'où vient le terme "Shower", ça, je sais pas !

samedi 5 avril 2008

Etiquette Canadienne: une fois, mais pas deux

En amérique du nord, on trempe tout un tas de trucs dans tout un tas de sauces: les frites dans le ketchup, les ailes de poulet dans la sauce BBQ, les côtes de porc dans la sauce Ranch, les chips dans la salsa, les légumes crus dans la trempette aux fines herbes, les nachos dans la guacamole, et j'en passe...

Mais attention! Une simple erreur de débutant peut vous faire passer pour un gros rustre de français dégoûtant1 qui vous grillera à jamais auprès des trois quarts de la gente féminine locale.

La photo ci-dessous illustre un geste socialement acceptable:

Good

Par contre, dans la deuxième photo, horreur, infâmie, dégénérescence médiévale! Pourrez-vous trouver l'erreur?

Bad

Le problème est bien sûr que l'ignoble figurant s'adonne à la pratique méprisable du "double dip", ou "double trempette": on sauce une fois, on croque la moitié de son bout de nourriture, et on retrempe avant de finir, contaminant ainsi le bol de sauce avec ses fluides corporels, sous les regards horrifiés de l'assistance.

Bien sûr, les canadiens étant souvent bien polis, personne ne vous reprochera quoique ce soit. Ils se contenteront d'éviter soigneusement les bols de sauce que vous avez bactériologiquement violés, et ajouteront une petite note mentale à côté de votre nom qui dit un truc du genre "salopard de dégueulasseur gaulois".

S'ils vous chopent ensuite deux heures plus tard à sortir des toilettes sans vous être lavé les mans, c'est fini, vous n'aurez probablement plus d'amis sous facebook le lendemain.

1 Ou belge dégoûtant, ou suisse dégoûtant, ou, plus généralement, francophone dégoûtant.

vendredi 21 mars 2008

Grillé

Vancouver, comme pratiquement toutes les villes d'amérique du nord, possède un système routier en grille. C'est ça les villes fondées après l'invention de l'équerre et du compas, et aussi après la découverte des problèmes de traffic routier... on se retrouve avec ça:

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...ce qui est quand même beaucoup moins fun que ça:

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Notez la différence dans le nombre de sens interdits!

Mais malgré le côté "mauvais joueur" du système routier en grille, il y a quand même quelques avantages pratiques...

L'avantage le plus évident, c'est que pratiquement chaque route est une route alternative pour se rendre où vous voulez. Une rue est trop encombrée à votre goût? Elle est bouchée par des travaux? Il suffit de prendre la parallèle, à droite ou à gauche! C'est particulièrement sympathique quand on est en vélo, et qu'on peut ainsi totalement éviter de rouler sur les grandes avenues, choisissant plutôt les parallèles qui traversent les quartiers résidentiels calmes.

Un autre avantage, c'est qu'il est virtuellement impossible de se perdre: il suffit d'aller tout droit jusqu'à atteindre sa rue de destination, et ensuite de descendre ou remonter cette rue jusqu'à être arrivé. Pour se perdre, il faudrait donc soit partir carrément dans l'autre sens, ou alors être tellement la tête dans le cul qu'on passe à côté de sa maison sans s'en rendre compte.

Et enfin, l'avantage, c'est qu'on peut chercher à optimiser ses trajets de manière générique! On va voir ça dans le prochain article...

samedi 8 mars 2008

Les amoureux sur les bancs publics

Les amoureux, c'est bien connu, ils se bécotent sur les bancs publics. Par contre, s'ils sont fénéants, agoraphobes, voire morts, pas de panique, ils peuvent quand même se retrouver sur un banc public sous la forme d'une dédicace.

Banc dédicacé

Pratiquement tous les bancs publics dans l'agglomération de Vancouver ont des dédicaces de ce genre incrustées sur leur dossier. En fait, j'ai l'impression que c'est assez courant dans les villes d'amérique du nord en général. Je n'avais jamais vraiment remarqué ça en France, donc je ne sais pas si ça existe... quelques fidèles commentateurs habitant l'hexagone pourront peut-être aller vérifier dans le parc public le plus proche?

En tous cas, si vous avez des thunes à balancer par la fen... investir dans un cadeau romantique, il suffit de faire un don généreux à la ville, dont la valeur dépendra du type d'installation sur laquelle la dédicace sera inscrite. Par contre, comme je le disais, il ne reste plus beaucoup de bancs encore vierges, donc il se peut qu'il ne vous reste plus que celui de l'arrêt du bus 4 sur Powell et Columbia, ou celui de l'ère de pique-nique du Lynn Canyon Park où un couple et leur enfant ont été déchiquetés puis violés par un ours bourré.

vendredi 29 février 2008

Le jeu des différences pas importantes: la lettre au format lettre

En France, on utilise le format A4 pour le papier quotidien. Non, pas le papier toilette, hein, mais le papier pour les lettres. Genre les lettres des impôts, ou les factures de la banque. Bref, des trucs avec lesquels on se torcherait bien, mais qu'en pratique, non. Et puis ça serait assez rèche, quand même.

En amérique du nord, ils sont pas cons. Pour les lettres, il utilisent... le format lettre.

Wouah, dingue, pourquoi on y avait pas pensé avant? C'est si évident, pourtant! C'est comme appeller un parc d'attraction "Playland". C'est juste logique, on peut pas arguer.

En fait, le Canada (et le Mexique, pour le coup) se contente de suivre les Etats-Unis, et utilise leur format "Letter", qui fait 8 pouces et demi par 11 pouces. Dans un système de mesure civilisé, ça fait grosso-modo 215x219mm. Comparé au A4 (210x297mm), c'est donc plus large, et un peu moins haut.

Et là, c'est le drame: vous mettez vos bouquins européens à côté de vos bouquins américains dans votre bibliothèque, et ça s'aligne pas bien. Y'a des livres qui dépassent. Nggghhh.

(oui, je suis maniaque)

Mais c'est encore mieux parce qu'au Canada ils ont la série "P", avec les formats P1, P2, P3, etc., qui correspondent aux formats américains, mais arrondis à des valeurs métriques vaguement rondes. Nggggghhh. Ca dépasse juste un poil. Nnggggghhh. Je vous laisse caser vous-même une blague sur le format P4.

Pour être honnête, la série "A" de format papier, introduit en Allemagne dans les années 20, n'est arrivée qu'à la fin des années 60 en France. A cette époque, les Etats-Unis avaient déjà plus ou moins standardisé leurs formats papier. Mais bon, ça fait quand même tâche, quand le monde entier adopte un standard donné, de bouder dans son coin. Surtout, en plus, quand c'est un format défini avec des pouces, des pieds, et, limite, aussi, mon cul.

En attendant, j'ai des bouquins mal alignés dans ma bibliothèque. Nnngggggh.

lundi 25 février 2008

Etiquette Canadienne: Pipi, popo, et après, dis "camion"

Aujourd'hui, on va parler de pipi, de caca, et de sexe. Ouais.

C'est pas que ça m'amuse, hein, notez bien1, mais ce blog prétend à documenter les iodiosyncrasies de la culture ouest-canadienne telles que mises à jour par la subjectivité française, via une démarche parajournalistique empirique transpirant de notre quotidien2. C'est pas ma faute si ça inclut aussi le caca, le pipi, et Jessica Alba. Non pas qu'on avait déjà abordé les deux premiers sujets sur ce blog, hein. C'est un hasard. En tous cas, c'est vraiment pas parce que ça me fait glousser comme un débile3.

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En France, quand on veut dire qu'on va faire caca ou pipi mais qu'on veut utiliser des termes "politiquement corrects", que ce soit à cause de sa propre sensibilité linguisitque ou de celle des autres, on va utiliser les termes "petite commission" ou "grosse commission". Lorsqu'on parle à un enfant, il est également courant d'utiliser les termes "pipi" et "popo".

Dans la culture anglo-saxone, on parle de "numéro 1" et "numéro 2"... Vous avouerez que c'est quand même assez plat. En plus, ça rappelle les restaurants asiatiques, où on commande bien souvent via le numéro du plat dans le menu. Bon appétit.

Pour le sexe, par contre, c'est beaucoup plus rigolo. En France, à ma connaissance, il n'y a pas d'expression consacrée pour désigner les différents stades d'interaction sexuelle. Il y a certes des expressions plus ou moins courantes, de "faire crack-crack" à "conter fleurette" en passant par le "sport en chambre" et la "bête à deux dos". Mais aucune de ces expressions ne me parait réellement incontournable, et l'usage de tournures imagées est réellement laissé à la discrétion de l'orateur qui pourra, selon sa maîtrise de la métaphore, éblouir son audience avec un "j'lui ai fait bouillir la crevette à en faire une soupe sans rien décortiquer", ou se contenter d'un simple "j'me la suis faite avec un sachet plastique derrière l'immeuble... j'peux l'prouver, ton frangin a pris des photos avec son portable". Et encore, notez que toutes ces expressions désignent l'acte sexuel lui-même, sous-entendant bien souvent la pénétration, ce qui montre qu'en bons Gaulois, on ne s'embarasse pas trop de préliminaires, on a pas que ça à foutre de la journée non plus.

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Les américains, par contre, ont une série d'expressions standard empruntées du baseball. Ainsi, la "première base", c'est quand vous avez réussi à décrocher un baiser, de préférence avec la langue (le fameux "french kiss"). La "seconde base", c'est quand vous vous êtes tripotés, mais en restant relativement habillés. Les adolescents y font donc principalement référence pour se targuer d'avoir pu agripper la poitrine de leur petite amie... ce qui nous amène à la "troisième base", où les choses commencent à devenir intéressantes puisqu'il s'agit ici de masturbation mutuelle, de fellation, ou de cunnilingus. Enfin, le "home run" désigne la pénétration, et plus généralement le fait d'avoir fait toutes les folies de son corps, ce qui permet à tous vos potes de vous faire un "high five" en gloussant et en vous proposant une nouvelle bière. Notez que certains ajoutent une "quatrième base", qui n'existe pas au baseball, mais permet de désigner la sodomie.

(je sens qu'il va y avoir plein de gens qui vont atterrir ici après une recherche sur Google, et qui vont être très très déçus)

Il n'y a pas à ma connaissance de version un peu plus typique canadienne, basée par exemple sur le hockey. Mais ça que ça ne vous empêche pas de lancer la mode...

Notez qu'il y a de grands débats philosophiques, principalement aux Etats-Unis, sur la classification des différentes activités sexuelles vis à vis des 3 bases et du home run. Cela vient principalement du fait qu'on considère que la perte de la virginité s'effectue lors du home run. La fellation devrait-elle donc être déplacée de la troisième base au home run? Ca dépend évidemment de la personne à qui vous posez la question (indice: si la personne prend un air choqué quand vous dites le mot "fellation", il est fort probable que, pour elle, la perte de la virginité se place déjà en deuxième base de toutes façons, et qu'en plus, elle ne suit pas la saison de baseball, et ne sais du coup pas du tout de quoi vous parlez).

Moi, ce qui m'amuse dans cette histoire, c'est que les américains aient choisi le baseball pour leur métaphores sexuelles. Rien de plus approprié, si vous êtes francophone, vous ne trouvez pas?

1 Bon en fait si, ça m'amuse beaucoup.

2 Je vais encore me faire engueuler par ma copine parce que j'écris des phrases qui veulent rien dire, moi...

3 Hu hu hu.

samedi 23 février 2008

Loonie Tunes

Les anglo-saxons ont une tradition étrange: ils donnent des petits noms à leurs pièces de monnaie. Les mauvaises langues vont dire que c'est à cause des américains qui sont si amoureux de leur argent, mais la pratique vient en fait d'Angleterre, et remonte à assez loin.

Quand on habite dans un pays anglo-saxon, il est bon de connaître au moins vaguement le nom des pièces de monnaie car les commerçants locaux vont souvent vous parler en ces termes ("vous n'avez pas un quarter pour arrondir?"), plutôt qu'en termes de valeurs ("vous n'auriez pas 25 centimes pour arrondir?"). Voilà donc un petit guide illustré qui vous permettra de ne pas passer pour un touriste idiot à la caisse.

Canadian Loonie

La pièce la plus commune, et la plus connue, est le "loonie", la pièce de 1 dollar. Elle tient son nom de l'oiseau représenté sur une des 2 faces, un Grand Plongeur du Nord (Gavia Immer de son nom scientifique), et plus communément appellé "Common Loon". On voit cet oiseau tout le temps dans le coin. C'est aussi un jeu de mots puisque "looney" en anglais désigne une personne mentalement déficiente, ou plus généralement quelque chose de complètement loufoque. Encore une preuve que les canadiens ne se prennent pas vraiment au sérieux, et une occasion de plus pour nos voisins du sud de se moquer...

Notez que le terme "loonie" est réellement institutionnel, à tel point que les journaux économiques font état du "cours du loonie" pour désigner la valeur courante du dollar canadien.

Les français canadiens parleront de "piastres" (prononcez "piasses"), même si le terme francophone officiel est le "huard".

Canadian Toonie

De manière peu surprenante, la pièce de 2 dollars est appellée le "toonie", soit une fusion de "two" ("deux") et "loonie". On peut aussi apprécier la référence aux "toons" (diminutif de "cartoons", soit "dessin animés", et principalement utilisé pour désigner un personnage issu de ce médium), qui était déjà présente avec le "loonie", via les "looney tunes" qu'on ne présente plus. Le terme "toonie" est toutefois très rarement utilisé.

Canadian Quarter

La pièce de 25 centimes de dollar est appellée le "quarter", ce qui est, vous avouerez, assez convenu étant donné sa valeur.

Les français canadiens ne doivent pas savoir compter puisqu'il parait qu'ils appellent cette pièce "trente sous" (pour des raisons historiques, soit)... mais je ne me souviens pas avoir entendu ça du temps ou on était à Montréal, donc je doute que ça soit vraiment utilisé. Les lecteurs résidant au Québec pourront confirmer ou infirmer tout ça dans les commentaires...

Canadian Dime

La pièce de 10 centimes de dollar est appellé "dime". Et personnellement, je trouve que le fait qu'elle soit plus petite que la pièce de 5 centimes est très déconcertant, surtout au début. De toutes façons, seule la taille des pièces permet de différencier le quarter, le dime et le nickel dans le porte-monnaie, ce qui est moins efficace que les pièces d'euro, qui utilisent aussi différentes épaisseurs et différentes textures de tranche.

Canadian Nickel

La pièce de 5 centimes de dollar est appellé "nickel", mais il n'y a presque plus de nickel dedans depuis le début du siècle1.

Canadian Penny

Enfin, la pièce de 1 centime de dollar est appellée "penny".

Notez que les termes "quarter", "dime", "nickel" ou "penny" se retrouvent dans la plupart des pays anglophones, de l'Angleterre à l'Australie en passant par l'Amérique du Nord.

Maintenant, avant qu'on me pose la question, non, à ma connaissance, les billets n'ont pas de petit nom. Par contre, il existe des termes comme "grand", qui désigne un multiple de 1000. Ainsi, si vous achetez 2kgs de cocaïne, ou louez les services de 3 prostituées de luxe pour la soirée, vous devrez aligner 12 grands, soit 12000 dollars. Enfin non pas que j'y connaisse quoique ce soit en drogue ou en prostituées, hein, c'était juste un exemple comme ça. Surtout qu'en plus, y'a toujours un gars qui vient vous tabasser à la fin de la soirée pour vous demander le double, juste comme ça, parce qu'il est méchant... alors bon, franchement...

Voilà, vous êtes maintenant parés pour faire l'appoint!

1 Le 21ème. Vous savez? Celui dans lequel on est maintenant?

samedi 9 février 2008

Etiquette Canadienne: Distances de sécurité

Vous le savez déjà probablement, mais les anglo-saxons ont des comportements sociaux grandement différents des comportements français. Le phénomène le plus connu est le "hug", cette embrassade que vous voyez régulièrement dans les films et séries américains. Y'en a même qui en offrent gratuitement dans la rue...

Free Hugs

Mais bon, récapitulons d'abord la situation telle qu'elle est en France. Quand vous êtes un mec, et que vous dites bonjour, vous serrez la main aux mecs et vous faites la bises aux filles. Sauf pour les amis très proches et la famille, là vous faites la bise. Si vous êtes une fille, vous faites la bise à tout le monde. Sauf au bureau. Au bureau, tout le monde se serre la main. Sauf les collègues hommes/femmes qui sont assez proches pour se faire la bise, ce qui permet d'assister à ces petits moments légèrements tendancieux autour de la machine à café où une fille fera la bise à certains et serrera la main à d'autres. Rajoutez à cela les gens qui font 2, 3, voire (les fous) 4 bises, et c'est le bordel.

A Vancouver, c'est à la fois plus simple, et à la fois plus compliqué.

Entre le spectre du harcèlement sexuel qui plane au Sud du pays, la chaleureuse et gauloise tradition Anglaise comme parenté, les gens ont simplement tendance à se dire "Hey" de loin pour se dire bonjour au bureau. Les poignées de main sont rares, réservées aux occasions comme un retour de vacances ou un client important. Par contre, vous pouvez tout d'un coup vous retrouver embarqué dans un hug avec un ou une collègue pour les occasions exceptionnelles, genre la fête de Noël ou le Nouvel-An. Hop, interro surprise: votre chef revenu de vacances veut vous souhaiter la bonne année, que faites vous? Vous avez 2 secondes pour vous décider, tic tac tic tac!

En privé, c'est plus compliqué. Y'a les Canadiens vaguement Québecois sur les bords, ou les amoureux de la France, qui vont s'empresser de vous faire la bise. Y'a les anglo-saxons émotifs qui vont vous faire des hugs. Et y'a toutes les autres nationalités qui, de toutes façons, ne savent pas vraiment comment ça se passe dans votre culture et gardent donc leurs distances pour ne pas vous mettre mal à l'aise, se rendant compte 2 minutes plus tard qu'en fait, vous faites la bise comme chez eux. Interro surprise: votre ami Danois vous présente sa femme, que faites vous? Tic tac tic tac.

Maintenant, il s'agit de se rappeller comme fonctionne tout le monde...

Nos amis turcs ils font la bise ou ils serrent la main déjà? Merde, non, le Kenyan il serre la main, par contre, et ses copines elles font des hugs. Enfin seulement les Américaines. L'Israëlienne, non, je crois. Elle fait 3 bises. Ou 2. Merde. Bordel... Bon, écoute, on se ramène, on fait "Salut tout l'monde!" de loin, et on fonce sur les petits fours. On va pas s'emmerder non plus, de toutes façons les Français sont censés être malpolis, alors voilà.

Non sérieux, c'est compliqué la vie à Vancouver... surtout qu'en plus, on sait très bien comment il faudrait se dire bonjour...

dimanche 20 janvier 2008

6 à 5

Le Canada est un pays affreux.

En effet, il fait partie de ces endroits ignobles et infâmes du globe qui osent afficher des prix hors taxes presque partout. Ca veut dire que si vous voulez vous payer un chocolat chaud et une part de gâteau, que le prix annoncé est de $3.50, et que vous avez $3.50 dans la poche, ça ne suffira pas. Pire, si vous avez $3.90, vous ne savez même pas si vous pourrez vous le payer, à moins que vous soyez assez courageux pour faire du calcul mental, alors que, je le rappelle, vous avez faim et soif.

Ignoble et infâme, je vous dis.

Les taxes sont composées de 2 taxes: la GST et la PST. Tout comme notre chère TVA, il y a des taux de taxation différents en fonction de la catégorie d'un produit donné. On va y venir.

La GST (Taxe sur les produits et services), comme son nom l'indique, s'applique à tous les produits et les services, sauf ceux qualifiés d'essentiels comme la nourriture, les loyers, les services médicaux et financiers, etc. Etant issue du gouvernement fédéral, elle s'applique à tout le pays. Elle était de 6% jusqu'à recemment, mais vient d'être abaissée à 5% au 1er janvier dernier. Super... Je sais toujours pas si je peux me payer mon chocolat chaud et ma part de gâteau avec mes $3.90, mais au moins, la probabilité augmente.

S'y ajoute la taxe provinciale (PST, ou "taxe provinciale sur les ventes"), dont le pourcentage varie d'une province à l'autre. Dans notre chère Colombie Britannique, la PST est de 7% (soit une taxe totale de 12% pour les produits n'ayant aucune exemption). Parmis les autres provinces on peut citer le Québec, où elle est à 7.5%, l'Ontario, à 8%, et Alberta qui, avec tout son pétrole, s'offre le luxe de ne pas avoir de PST du tout. D'autres provinces (New Brunswick, Terre-Neuve et Nova-Scotia) ont décidé de tout mettre dans une HST, ou "taxe harmonisée sur les ventes", et ne font pas la différence entre la PST et la GST.

La PST a évidemment un certain nombre d'exemptions. On peut citer la nourriture, l'eau et autres boissons non-alcoolisées, les habits et chaussures pour enfants, des trucs relatifs à l'habitation (incluant la plupart du matériel électro-ménager), les vélos, la plupart des magazines et des livres, etc. Je me permets de souligner, donc, que tous les repas au restaurant sont taxés uniquement avec la GST (5%), et que la plupart des articles dans votre panier de courses ne sont pas taxés du tout! Ceci dit, pour le restaurant, le service n'est pas inclus, et il est donc de bon alloi d'ajouter un pourboire de 10 à 15%. Et pour tous ceux qui prévoient de vivre le rêve canadien, qui consistent principalement à boire de la bière en regardant des matches de hockey, les boissons alcoolisées ont une magnifique petite PST de 10% (soit un total de 15% de taxes pour votre pack de 12).

Pour information, la TVA en France est de 2.1% pour les médicaments remboursables, de 5.5% pour les produits et services essentiels (nourriture non transformée, certaines catégories de restaurants, etc.), et de 19.6% pour le reste.

Enfin, vous constaterez qu'il y a parfois intérêt à aller dans la province voisine pour acheter certains produits, un peu comme, en France, on irait acheter ses meubles ou sa voiture en Belgique. Sans compter, maintenant que le dollar américain ne vaut plus rien, l'intérêt d'aller acheter des trucs de l'autre côté de la frontière... c'est bizarre, j'ai plein de collègues qui sont revenus de Seattle avec des iPhones après les fêtes...

lundi 14 janvier 2008

Le dessous des cartes

Après vous avoir fait peur sur la magie de l'hiver local (qui a quand même ses bon côtés), il faut que je rétablisse la vérité sur la météo de Vancouver... parce que bon, c'est rigolo de faire des blagues sur la pluie et tout ça, mais on voudrait quand même avoir des gens qui nous rendent visite, des fois.

En regardant les statistiques sur les 30 dernières années, on peut voir qu'il tombe en effet énormément d'eau1: 1160mm par an en moyenne, soit presque 80% de plus qu'à Paris (650mm), 20% de plus qu'à Montréal (950mm), et juste un poil plus qu'à Brest (1120mm). La surprise, c'est Londres, qui ne reçoit finalement pas beaucoup de volume (752mm). Par contre, il faut se rappeller que ce n'est ici qu'un total de précipitations. Il y par exemple une grande différence entre un endroit où il bruine tout l'année, et un endroit où il y a un déluge pendant 2 mois et un grand soleil le reste du temps.

Pour s'en rendre compte, on peut regarder les statistiques d'ensoleillement direct. En faisant la moyenne sur les 30 dernières années, on constate qu'on a autant de soleil qu'à Montréal, 10% de plus qu'à Paris, plus de 40% de plus qu'à Londres, et juste 5% de moins qu'à Toulouse! Au passage, on peut se rassurer en se disant que la réputation de Londres vient du smog et de la pluie fine, phénomènes générant peu de volume d'eau mais déprimant les gens photosensibles tout de même.

On se rend également compte, en suivant à la fois l'évolution des précipitations et du taux d'ensoleillement au fil des mois de l'année, qu'il y a de grandes différences dans la répartition des jours de beau et de mauvais temps. Ainsi, à Paris, il pleut à peu près pareil tout l'année (entre 50 et 60mm par mois tous les mois). A Montréal, ils se tapent de la neige l'hiver (entre 60 et 90mm par mois2), et de la pluie l'été3 (entre 80 et 100mm)! Comparativement, Vancouver se prend peut-être gavasse de pluie et de neige en hiver (entre 100 et 180mm!), mais l'été y est le plus beau (entre 35 et 45mm, et plus de jours d'ensoleillement que tous les autres)!

Bon, moi j'dis ça, j'dis rien, hein, mais vous savez maintenant quel est le bon choix pour vos prochaines vacances d'été...4

1On prend ici les précipitations générales, soit la pluie, la neige, la rosée matinale, le brouillard, les gens qui pissent depuis leur balcon, et autres formes d'humidité ambiante.

2 Je rappelle que le taux de précipitation mesure l'humidité globale. Il ne s'agit donc pas de 60 à 90mm de neige (tout Montréalais sait bien qu'il en tombe bien plus!) mais 60 à 90mm d'équivalent en eau.

3 L'été Montréalais est relativement caniculaire, avec des périodes de gros soleil et hautes températures, et des périodes d'orage.

4 La bonne réponse était bien sûr "Hawaii".

jeudi 10 janvier 2008

Le jeu des différences pas importantes: sorties cinéma

Ici, les nouveaux films sortent le vendredi au cinéma.

Voilà. C'est tout.

(eh, on a jamais dit que tous mes articles devaient être super profonds et recherchés, hein)

jeudi 3 janvier 2008

Retour à l'ouest

S'il n'y a pas eu de mises à jour sur ce blog pendant les vacances, c'est parce qu'on était de retour dans la première destination touristique au monde1. De quoi courir dans tous les sens pendant 2 semaines pour revenir plus crevés qu'avant de partir, sans avoir le temps de faire plus de 10 minutes de tourisme.

10 Minutes de Tourisme

Après un an dans le nouveau monde2, ce séjour nous a permis de nous rappeller tout un tas de trucs qui sont pas pareils en France par rapport au Canada3:

  • Les trottoirs sont étroits, et il faut regarder où on marche.
  • Y'a des petites rues à 1 voie à sens unique. Voire même à 1 voie et pas à sens unique. Avec des camions de livraison qui bloquent la circulation et des gens qui klaxonnent.
  • Y'a des rues qui font des angles différents de 90°. Plein. Partout.
  • Y'a des bâtiments qui remontent à plus loin que 1995.
  • Y'a des monuments. Genre des vrais, avec bouts d'histoire chiadée et tout.
  • On traverse où on veut.
  • Il y a toujours au moins une personne qui veut gruger dans les files d'attente. A moins qu'il n'y ait carrément pas de file d'attente parce que tout le monde veut gruger. Non mais sérieux, c'est dingue. On croyait qu'on exagérait les choses en blaguant, mais en fait, non.
  • Y'a encore des gens qui fument au restaurant, et on a les fringues qui puent quand on rentre chez soi.
  • On mange comme des porcs, et super plus gras. Si, si, j'vous jure. Bon okay, c'est les fêtes, et les gens étaient contents de nous avoir chez eux. Mais quand même.
  • Y'a des rues piétonnes.
  • On va dans des pharmacies pour acheter des médicaments, et dans des postes pour poster des lettres. Oui je sais ça a l'air con dit comme ça.
  • Avec le nombre de gens qui nous demandent si -30° ça fait pas trop froid (que ce soit ceux qui blaguent ou ceux qui sont sérieux), on se demande si on ne va pas laisser tomber et déménager au Québec. Et oui, il fait quelques degrés de plus ici.
  • Y'a moins de publicités à la télé. Par contre on peut pas faire avance rapide.
  • Les affaires de coeur du Président font la une des journaux, malgré le fait que c'est pas super intéressant.
  • Enfin (et non des moindres) on a découvert la tecktonik. On a prévenu les autorités d'immigration canadiennes, au cas où.
Certaines de ces différences ont déjà été abordées sur ce site. D'autres sont sur ma liste d'articles à faire... en tous cas, il y a encore plein de sujets pour 2008!

Bonne année à tous, et surtout merci de venir sur notre humble blog!


1 Vive la République.

2 Celui des ours de Kermode, pas celui de Gérard Depardieu.

3 Bon, en fait, entre Vancouver et Lille/Paris.

vendredi 21 décembre 2007

Le jeu des différences pas importantes: la brique de lait

Et oui, on reparle de lait dans la chronique des différences car ici, non seulement le lait est différent, mais les briques de lait son différentes aussi!

En France, la brique de lait en carton est simple: on lève le bec replié et on découpe (voire on arrache à la main si on est fort) en suivant les pointillés. Ici, houlà, non, c'est toute une autre histoire... et je sais pas si je suis stupide, ou alors s'il faut être ingénieur pour comprendre comment ça marche1, mais il m'a bien fallu 2 ou 3 essais avant de comprendre comment on fait pour ouvrir une brique de lait américaine. Voilà donc, rien que pour vous, un mode d'emploi illustré!

On commence avec une brique de lait. On remarque des flêches, avec un label "poussez pour ouvrir".

Ouverture de brique de lait (1)

Par "pousser", ils veulent bien sûr dire "écarter".

Ouverture de brique de lait (2)
(pour ceux qui se poseraient la question en voyant ces mains magnifiques, non je n'ai pas engagé un modèle, ce sont les miennes, et encore, le matin, au réveil, avant mon petit-déjeuner, et sans maquillage)

Ah non, en fait, le label nouvellement découvert indique bien qu'il faut "écarter". C'est juste que pour savoir qu'il faut écarter, il ne faut pas pousser, il faut, justement, écarter. Ils poussent un peu, je trouve. Au passage, remarquez toutes les nouvelles flêches qui se présentent à vous, chacun indiquant une direction subtilement différente de ses voisines.

Il faut bien sûr comprendre qu'il faut appuyer à fond sur les coins.

Ouverture de brique de lait (3)

Ensuite, il faut tirer les coins en question vers vous. Je suppose qu'ils appellent ça "pousser". Ca doit être leurs origines anglaises. Ca les pousse à faire l'inverse de tout le monde.

Ouverture de brique de lait (4)

Magie, les 2 parties du carton se décollent et un embryon de bec apparait! Il ne reste plus qu'à mettre son doigt dans l'orifice2 et de tirer, afin d'achever l'ouverture de la brique.

Ouverture de brique de lait (5)

Et voilà, stupéfaction, bonheur et réjouissances, le secret de la brique mystérieuse a été percé et son trésor laiteux est prêt à être déversé dans votre récipient matinal favori!

Ouverture de brique de lait (6)

Il ne reste plus qu'à ajouter du chocolat, et voilà!


1 Les plus perspicaces (et renseignés) d'entre vous, sachant que je suis ingénieur, seront déjà arrivés à leurs conclusions quand à mes capacités mentales.

2 J'espère que vous ricanez bêtement à la vue de cette perche gauloise subtilement insérée dans le texte.

mardi 2 octobre 2007

Le jeu des différences pas importantes: Got milk?


Le lait U.H.T, c'est quand même pas mal pratique. On achète plein de briques de lait un jour où on se sent courageux, et on peut ensuite garder le lait autant qu'on veut, ou presque. Bon, il faut attendre que la douleur dans les bras disparaisse, parce que 12kgs de lait à ramener du Monoprix du coin, c'est pas rien, mais bon, bref, c'est pratique quand même.

Bizarrement, il n'y a presque pas de lait U.H.T disponible par ici. La seule raison à cela, apparemment, est que les gens ne sont pas confortables à l'idée de boire un truc stérilisé et mis sous vide dans une obscure et lointaine usine... mais ça ne semble pas les déranger pour les fromages, par contre (et tout un tas d'autres aliments), mais passons... Bref, le lait U.H.T est un échec commercial en Amérique, alors qu'il est majoritairement consommé en Europe. Du coup, quand on achète son lait ici, il faut le garder au frigo et ne pas le laisser trainer trop longtemps... ça risque pas d'arriver avec moi puisque je bois religieusement mon demi-litre de lait tous les matins, mais pour les autres méchants qui sautent leurs petits-déjeuners, gare au lait tourné. Ca veut aussi dire que les gros consommateurs doivent aller faire les courses plus souvent.

Et allez, parce que je sais que ma copine adore les pubs "Got Milk?", on finit en images...


lundi 17 septembre 2007

Tout comme à la maison

Histoire de pas dépayser les français, et plus particulièrement les parisiens, les employés du service public de Vancouver organisent depuis plus de 8 semaines une grande opération urbaine: la grève. Oui oui, vous lisez bien, les fonctionnaires vancouverois sont en grève depuis 2 mois.

Ca veut dire que les Community Centres (pour faire du sport entre autres) sont clos, que certains parcs et aires de divertissement sont fermés (ou au mieux non entretenus), que divers services municipaux sont indisponibles (comme par exemple la bibliothèque municipale), et, cerise sur le gâteau, que le ramassage des ordures ne se fait pas.

Mais remettons tout ça dans son contexte, d'abord.

Au Canada, il n'y a virtuellement qu'un seul syndicat pour les fonctionnaires: CUPE (pour "Canadian Union of Public Employees", ou SCFP, pour "Syndicat Canadien de la Fonction Publique" dans les parties francophones du pays). Avec un logo qui fleure bon la SNCF des années 80, on imagine bien un moustachu bedonnant et cinquantenaire, porte voix à la main, en train d'insulter un quelconque membre du gouvernement, alors que la fumée des saucisses grillées s'élève de la tente où sa femme et son beau frère distribuent des tracts... ...finalement, j'ai presque raison (c'est le présdient de CUPE B.C., lui).

Mais bon, revenons à nos moutons contextuels. En 2003, le taux de syndiqués au canada tournait autour des 35%, avec un fulgurant 73% pour la fonction publique (merci Statistics Canada). Comparativement, en France, d'après ce que j'ai pu trouver, il y a en moyenne moins de 10% de syndiqués (entre 5% et 8% selon les sources). Et pour le syndicalisme dans la fonction publique française, si y'en a qui peuvent me donner des chiffres avec leurs sources, ça m'arrangerait parce que je trouve des études qui se contredisent entre elles, et qui contredisent les chiffres avancés par les syndicats... m'enfin bref, de toutes façons, il est clair que la France fait partie des pays les moins syndiqués comparés au reste de l'Europe ou à l'Amérique. Les syndicats français sont également notablement idiosyncrasiques. Par exemple, ils obtiennent leurs revendications pour tout le monde (le bon vieux "on fait ça aussi pour vous autres!"), alors qu'ici (et bon nombre d'autres pays) les négociations ne concernent que les gens syndiqués dans l'organisation concernée.

CUPE est organisé en tout un tas de "locaux" à travers le pays. Par exemple, CUPE Local 15 concerne les employés municipaux de Vancouver reliés aux services communautaires ou à l'éducation, alors que CUPE Local 391 représente les employés des bibliothèques municipales. Chaque local est représenté au niveau provincial et national, mais garde son organisation interne propre, soit un système décentralisé qui ressemble à la façon dont marche le pays lui-même. Ainsi, par exemple, CUPE 391 a rejoint la grève 2 semaines après les autres locaux de la région.

Mais pourquoi ils font la grève, alors? Déjà, avec les Jeux Olympiques, et une promesse en jeu de ne pas faire de remous avec, oh, je sais pas moi, une grève, par exemple, les salariés sont théoriquement en position de force pour négocier des avantages. Mais ça n'est pas dans les habitudes locales de faire grève à la légère. Il s'agit ici (d'après les syndicats) d'accumulations d'inégalités, de promesses non-tenues, et autres complaintes habituelles. Ainsi, sont en jeu, entre autres, l'amélioration des couvertures sociales, l'égalité des paies entre hommes et femmes, la sécurité de l'emploi, et bien sûr l'augmentation des salaires.

Le problème, c'est que si les négociations ont abouti dans certaines banlieues comme North Vancouver, Vancouver même, ainsi que certaines autres villes avoisinantes, reste bloquée. Comme on peut s'en douter, la mairie et CUPE se pointent tous les deux du doigt en dénonçant un refus de négocier de la part de l'autre. Des offres similaires à celles qui ont satisfait les locaux qui ont stoppé la grève n'ont pas suffi, et les grevistes semblent déterminés à obtenir plus d'engagements de la part de la mairie.

Mais si la mobilisation est massive, vous ne verrez pas 2000 personnes dans la rue en train de bloquer la circulation. La grève à la canadienne se fait de manière posée, avec un petit tabouret, quelques pancartes, et un café chaud à la main. La grande majorité des grevistes restent autour de leur lieu de travail afin de sensibiliser les passants à la situation. Pour ceux qui se posent la question, les 10 premiers jours de grève ne sont pas payés, et sont uniquement couverts par CUPE. Après, un pécule gouvernemental s'ajoute. Le tout est détaillé sur le site de CUPE.

Si vous voulez vous amuser, il est rigolo de comparer les 2 versions de l'histoire, d'après CUPE d'un côté, et Sam Sullivan de l'autre. Le site de la ville présente un détail des offres. Vous pouvez aussi en profiter pour aller lire une nouvelle venue dans l'univers des bloggeurs francouverois, qui vient de débarquer de sa bretagne natale. Bah, au moins il fait beau, elle peut pas totalement se plaindre.

Pour l'instant, pas d'espoir de fin de grève à l'horizon, ce qui plait sûrement beaucoup aux entreprises privées de ramassage d'ordures qui font leurs choux gras depuis quelques semaines...