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lundi 30 juin 2008

A la recherche du nouvel astronaute

Y'a pas longtemps, les gens du CSA1 se sont dit "mince, on a besoin de nouveaux astronautes, ceux qu'on a ils sont trop vieux". Pour en trouver des plus frais, ils ont donc ouvert un grand concours public: envoyez-vos CVs, une vidéo dans laquelle vous chantez et vous dansez, et votre numéro de téléphone (la vidéo est optionelle, mais si vous avez chanté devant un stade hollandais entier, ça peut aider).

C'est la 3ème fois seulement que le CSA recrute, et les fois précédentes, c'était en 1983 et 1992, donc si vous rêvez d'avoir un boulot où on vous fait passer des tests médicaux intrusifs tout le temps, où on vous met dans une centrifugeuse une fois par jour, où on vous apprend à utiliser des toilettes bizarres, et où l'apogée de votre carrière sera de pouvoir vous propulser dans l'air en pétant pour faire rigoler votre collègue Russe (qui se contentera probablement de secouer la tête en mentionant le déclin de la civilisation occidentale), c'est une occasion unique!

Manque de bol, je suis à la bourre dans mes articles, et la date limite pour l'envoi de votre dossier était la semaine dernière, donc, euh... ben voilà. Dommage. Vous avez raté votre vie. Mais attendez dix ou quinze ans, ils devraient réembaucher d'ici là. Si vous êtes à Vancouver, vous êtes dans la province la plus en forme du Canada, de toutes façons, donc vous avez vos chances d'être encore frais!

1 Canadian Space Agency, ou Agence Spatiale Canadienne... les mecs qui mettent des caribous dans l'espace, pas ceux qui sont censés faire en sorte que vous voyez autant la bouille du gars de droite que la bouille du gars de gauche à la télé.

P.S: pour ceux qui se posent la question, le salaire d'un astronaute varie entre $83.300 et $162.700. Pas super démentiel, mais pouvoir se déplacer en pétant, c'est quand même la classe.

dimanche 25 novembre 2007

Bus 44

Message personnel: le mug se porte bien, et voit du paysage.

Bus 44

Pour les autres, c'est la vue depuis la caféteria de mon boulot.

lundi 17 septembre 2007

Tout comme à la maison

Histoire de pas dépayser les français, et plus particulièrement les parisiens, les employés du service public de Vancouver organisent depuis plus de 8 semaines une grande opération urbaine: la grève. Oui oui, vous lisez bien, les fonctionnaires vancouverois sont en grève depuis 2 mois.

Ca veut dire que les Community Centres (pour faire du sport entre autres) sont clos, que certains parcs et aires de divertissement sont fermés (ou au mieux non entretenus), que divers services municipaux sont indisponibles (comme par exemple la bibliothèque municipale), et, cerise sur le gâteau, que le ramassage des ordures ne se fait pas.

Mais remettons tout ça dans son contexte, d'abord.

Au Canada, il n'y a virtuellement qu'un seul syndicat pour les fonctionnaires: CUPE (pour "Canadian Union of Public Employees", ou SCFP, pour "Syndicat Canadien de la Fonction Publique" dans les parties francophones du pays). Avec un logo qui fleure bon la SNCF des années 80, on imagine bien un moustachu bedonnant et cinquantenaire, porte voix à la main, en train d'insulter un quelconque membre du gouvernement, alors que la fumée des saucisses grillées s'élève de la tente où sa femme et son beau frère distribuent des tracts... ...finalement, j'ai presque raison (c'est le présdient de CUPE B.C., lui).

Mais bon, revenons à nos moutons contextuels. En 2003, le taux de syndiqués au canada tournait autour des 35%, avec un fulgurant 73% pour la fonction publique (merci Statistics Canada). Comparativement, en France, d'après ce que j'ai pu trouver, il y a en moyenne moins de 10% de syndiqués (entre 5% et 8% selon les sources). Et pour le syndicalisme dans la fonction publique française, si y'en a qui peuvent me donner des chiffres avec leurs sources, ça m'arrangerait parce que je trouve des études qui se contredisent entre elles, et qui contredisent les chiffres avancés par les syndicats... m'enfin bref, de toutes façons, il est clair que la France fait partie des pays les moins syndiqués comparés au reste de l'Europe ou à l'Amérique. Les syndicats français sont également notablement idiosyncrasiques. Par exemple, ils obtiennent leurs revendications pour tout le monde (le bon vieux "on fait ça aussi pour vous autres!"), alors qu'ici (et bon nombre d'autres pays) les négociations ne concernent que les gens syndiqués dans l'organisation concernée.

CUPE est organisé en tout un tas de "locaux" à travers le pays. Par exemple, CUPE Local 15 concerne les employés municipaux de Vancouver reliés aux services communautaires ou à l'éducation, alors que CUPE Local 391 représente les employés des bibliothèques municipales. Chaque local est représenté au niveau provincial et national, mais garde son organisation interne propre, soit un système décentralisé qui ressemble à la façon dont marche le pays lui-même. Ainsi, par exemple, CUPE 391 a rejoint la grève 2 semaines après les autres locaux de la région.

Mais pourquoi ils font la grève, alors? Déjà, avec les Jeux Olympiques, et une promesse en jeu de ne pas faire de remous avec, oh, je sais pas moi, une grève, par exemple, les salariés sont théoriquement en position de force pour négocier des avantages. Mais ça n'est pas dans les habitudes locales de faire grève à la légère. Il s'agit ici (d'après les syndicats) d'accumulations d'inégalités, de promesses non-tenues, et autres complaintes habituelles. Ainsi, sont en jeu, entre autres, l'amélioration des couvertures sociales, l'égalité des paies entre hommes et femmes, la sécurité de l'emploi, et bien sûr l'augmentation des salaires.

Le problème, c'est que si les négociations ont abouti dans certaines banlieues comme North Vancouver, Vancouver même, ainsi que certaines autres villes avoisinantes, reste bloquée. Comme on peut s'en douter, la mairie et CUPE se pointent tous les deux du doigt en dénonçant un refus de négocier de la part de l'autre. Des offres similaires à celles qui ont satisfait les locaux qui ont stoppé la grève n'ont pas suffi, et les grevistes semblent déterminés à obtenir plus d'engagements de la part de la mairie.

Mais si la mobilisation est massive, vous ne verrez pas 2000 personnes dans la rue en train de bloquer la circulation. La grève à la canadienne se fait de manière posée, avec un petit tabouret, quelques pancartes, et un café chaud à la main. La grande majorité des grevistes restent autour de leur lieu de travail afin de sensibiliser les passants à la situation. Pour ceux qui se posent la question, les 10 premiers jours de grève ne sont pas payés, et sont uniquement couverts par CUPE. Après, un pécule gouvernemental s'ajoute. Le tout est détaillé sur le site de CUPE.

Si vous voulez vous amuser, il est rigolo de comparer les 2 versions de l'histoire, d'après CUPE d'un côté, et Sam Sullivan de l'autre. Le site de la ville présente un détail des offres. Vous pouvez aussi en profiter pour aller lire une nouvelle venue dans l'univers des bloggeurs francouverois, qui vient de débarquer de sa bretagne natale. Bah, au moins il fait beau, elle peut pas totalement se plaindre.

Pour l'instant, pas d'espoir de fin de grève à l'horizon, ce qui plait sûrement beaucoup aux entreprises privées de ramassage d'ordures qui font leurs choux gras depuis quelques semaines...

jeudi 15 février 2007

J'ai trouvé un boulot

Et voilà, après environ un mois et demi de recherches actives, je viens de signer une promesse d'embauche.

Conclusion de cette recherche : à Vancouver, pour trouver du boulot, il faut soit passer par les agences de recrutement, soit activer son réseau social. Les boîtes font beaucoup appel aux agences de recrutement, que ce soit pour trouver des prestataires, ou des employés "permanents". Pour ma part, j'ai trouvé par mon réseau social (eh oui, messieurs dames, j'ai un réseau social figurez-vous). Il est beaucoup plus rare de trouver en passant par les sites des boîtes (quoique j'ai obtenu un entretien comme ça), et Monster et Workopolis m'ont uniquement permis d'être contactée par des boîtes à la moralité douteuse qui vous proposent de devenir telemarketeur...

Voilà, sinon je peux profiter de ce billet pour évoquer les différences que j'ai observées entre les processus de recrutement ici et en France, ainsi que les différences entre nos SSII et leurs "staffing agencies". Enfin, je ne le répèterai jamais assez, mais il s'agit de mon avis, basé sur mon expérience, et pas du résultat d'une étude sérieuse validée sur des milliers de sujets, hein...

Les "staffing agencies" - ou agences de recrutement pour les francophones - vont vous permettre de trouver un job, au choix "contract" (prestation d'une durée déterminée à l'avance, éventuellement renouvelable selon les besoins de l'entreprise) ou "permanent" (l'équivalent américanisé de notre cher CDI). Dans les deux cas, le rôle de la boîte de recrutement est d'établir un premier contact avec les candidats, de vérifier leurs références (à savoir, envoyer un mail ou téléphoner à vos anciens chefs pour leur demander si vous ne mangez pas des enfants au petit déjeûner), et éventuellement vous faire passer des "skill test" en ligne pour vérifier que vous êtes vraiment une daube en J2EE, comme vous leur avez dit pendant l'entretien. Ensuite, ils présentent une sélection de leurs candidats à la boîte, qui vous fait passer un entretien si votre CV lui plaît.

Il faut savoir que lorsque vous êtes prestataire à Vancouver, en fait, vous n'êtes pas en CDI chez la boîte de recrutement, mais plutôt en intérim. En gros, si vous avez un contrat, tant mieux pour vous, mais sinon, vous n'êtes pas payé. Il faut savoir aussi qu'en tant que prestataire, vous ne recevez pas de la part de la boîte de "benefits" (complémentaire santé, assurance-vie). Autant de facteurs qui jouent sur le salaire (horaire) que vous allez devoir demander : en gros, diviser le salaire que vous voulez par 2000, qui est le nombre d'heures qu'un salarié permanent ferait dans l'année, ajouter 10% pour les périodes où vous ne travaillerez pas pour cause de vacances ou pas de contrat, et ajouter de nouveau 10% pour vous payer un "benefit package" vous-mêmes. Là encore, deux possibilités : soit vous demandez à la boîte de recrutement de travailler pour elle, dans ce cas vous recevez votre paie par la boîte de recrutement, et la boîte chez qui vous travaillez la paie elle (comme en France, quoi), soit vous vous mettez à votre compte, auquel cas la boîte de recrutement récupère une prime pour vous avoir placé, et vous vous débrouillez avec les lois locales pour être dans la légalité.

Lorsque vous devenez "permanent", la boîte de recrutement se contente de toucher une prime, et vous n'entendez plus parler d'elle jusqu'à votre prochaine recherche d'emploi. Enfin, il est possible que la boîte qui vous embauche négocie que vous fassiez un contrat à durée déterminée pour remplacer la période d'essai, mais après ça, vous n'avez plus rien à faire avec elle.

Pour ce qui est des entretiens d'embauche sur place (demander à Ludo comment ça se passe quand la boîte vous fait venir de France...), le processus est plus orienté technique qu'en France (enfin, toujours selon mon expérience). En général, la boîte va établir un premier contact, en général assez informel, par téléphone ("phone screening"). Il s'agit essentiellement de vérifier votre motivation pour bosser dans la boîte (oui, ici il faut montrer qu'on est motivé et qu'on n'a pas juste besoin de gagner de l'argent en faisant un truc pas trop chiant), et de vérifier que ce que vous voulez est vaguement lié à ce que la boîte peut vous offrir comme environnement de travail (est-ce que vous préférez bosser dans une grande ou petite structure, quelle est votre expérience passée, etc.). Si vous faites bonne impression, c'est l'entretien en personne. Là, on vous questionne pendant 1 heure sur des questions du style "qu'est-ce que l'encapsulation", "quelle est la différence entre une ArrayList et une LinkedList", ou bien sur des problèmes plus concrets, du style leur faire le diagramme de classe d'une application. L'entretien peut également se prolonger avec des questions plus "RH", du style "quelles sont les leçons que vous avez retenues de telle expérience" ou bien "racontez-moi une situation qui était stressante pour vous dans votre expérience professionnelle et comment vous y avez fait face". Puis vous pouvez poser des questions et rappeler votre motivation pour la boîte (très important, la motivation). Ensuite, si vous leur plaisez, ils vérifient vos références, et vous font éventuellement une offre. Et là, bah je vais découvrir bientôt ...

mardi 14 novembre 2006

Obtenir un Visa de travail

Pour trouver un boulot par ici, vous avez 2 solutions:

  1. Obtenir un Visa de travail et venir chercher un boulot sur place.
  2. Trouver un boulot depuis chez vous et vous faire sponsoriser par votre nouvel employeur.

La première solution demande de suivre de longues démarches (un peu plus d’un an), et peut vous vider votre compte en banque, selon le temps que vous mettrez à trouver un boulot. Un chauffeur de taxi Pakistanais me racontait, avec son accent à couper à la hache de bûcheron, qu’il était venu chercher du travail en tant que technicien en informatique. Ca n’était pas la première fois que j’entendais parler de désillusions d’immigrés Canadiens, mais vu ce qu’il m’a dit quelques minutes plus tard (“méfiez-vous des Asiatiques. Mafia Asiatique mauvaise! Très mauvaise!”), je ne sais pas trop si c’est vraiment la faute au marché de l’emloi… enfin bref.

La deuxième solution est plus sécurisante et pratique, mais ne marche que si vous trouvez un emploi dans une société qui est prête à sponsoriser un étranger pour un Visa. La plupart du temps, ça veut dire une grosse société, bien qu’il y ait quelques exceptions. Le principe est ici d’envoyer des CVs jusqu’à décrocher des entretiens téléphoniques, puis éventuellement d’aller sur place quelques jours pour des entretiens en personne1. Si tout se passe bien, vous signez un contrat de travail et vous envoyez une copie de votre passeport. Ensuite, vous n’avez plus qu’à attendre la confirmation que votre Visa a été approuvé par le gouvernement Canadien. Cela prend entre 4 et 10 semaines, sauf pour le Québec où des accords spécifiques avec la France facilitent grandement les choses.

J’ai suivi la deuxième solution, ayant signé mon contrat début Septembre 2006, et déménagé mi-Novembre 2006. Le Visa de travail est valable 3 ans, et est bien sûr renouvelable, ou transformable en Résidence Permanente sous certaines conditions.

Une bonne nouvelle pour les couples (hétéro et homosexuels) est que le conjoint est normalement éligible pour un Visa de travail “ouvert” (“Open Work Permit”) lui permettant de chercher du travail sur place. Il suffit pour cela de justifier que vous êtes amoureux. Pour l’administration Canadienne, ça veut dire justifier d’une vie commune de plus d’un an (via des justificatifs de domicile, des comptes banquaires communs, etc.).

Un détail amusant est qu’il existe certaines situations exceptionnelles qui permettent d’expliquer pourquoi, malgré un amour infini et inconditionnel, deux personnes peuvent ne pas habiter ensemble. Si, toutefois, vous ne pouvez pas produire de preuves vous plaçant dans ces cas, vous n’êtes de toute évidence pas amoureux. Le site du gouvernement Canadien vous fait alors la morale, vous expliquant que l’absence de vie commune traduit un manque de maturité dans votre relation amoureuse, et que la force de vos sentiments ne résistera probablement pas à un changement aussi drastique qu’un déménagement à l’étranger.

Et non, faire l’amour sur le bureau de l’agent d’immigration n’arrangerait pas du tout votre dossier.

1 Ce qui veut dire se taper 11 heures d’avion pour parler boulot en anglais avec 9 heures de décalage horaire dans la tête. Fun, fun, fun.