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mardi 17 juin 2008

Deux poids, deux mesures

Un ancien collègue de France m'a récemment demandé si les canadiens utilisaient des grammes comme unité de mesure pour les recettes de cuisine. La réponse est bien évidemment... "Eh non, les canadiens utilisent... la tasse."

Pour la cuisine, les bouquins achetés sur place ainsi qu'équipements (e.g. le four) et accessoires (e.g. le très utile verre mesureur) indiquent tout en système américain. Les poids sont exprimés en livres ou onces, mais vous trouverez plus souvent des volumes exprimés en tasse, cuiller, et plus rarement cannette. Par exemple, dans mon livre de cuisine acheté sur place, les quantités de beurre sont indiquées en portions de tasses (Note de Ludo: trop pratique de mesurer une quantité de beurre avec une tasse, tiens). Les températures pour le four vont vous être données en degrés Fahrenheit.

Autre fait rigolo: les poids sont affichés en système métrique, mais correspondent à des poids en système impérial. C'est pas clair? Voici un exemple: le beurre s'achète par 454 grammes, ce qui coïncide avec une livre.


Je fais l'envie de mes compatriotes français lorsque je sors le verre mesureur que j'ai pensé à glisser dans les cartons du déménagement, et qui indique les grammes pour un certain volume de farine, sucre, etc. et les millilitres pour le liquide. A bon entendeur...

Verre doseur


Plus généralement, il y a un joyeux mélange dans les unités de mesures utilisées dans diverses situations de la vie courante. Si les panneaux de signalisation indiquent les distances en kilomètres, en revanche toutes les annonces pour les appartements vont vous donner des surfaces en pieds carré. Chez le médecin, taille et poids vous seront donnés en système métrique (mètres et kilogrammes). Par contre, si un collègue vous demande votre taille et que vous répondez "1 mètre 71", vous le verrez cogiter un moment pour faire la conversion en pieds et pouces! (Note de Ludo: comme je suis un gros chieur, à chaque fois qu'un canadien me donne une mesure en système impérial, je lui rétorque un "hey gars, le Canada utilise le système métrique, je sais pas de quoi tu parles"... pour l'instant, ils se contentent tous de sourire et de regarder leurs pieds en rougissant).


Pas de panique, Wikipedia est notre ami et nous aide à faire les conversions... Google est sympa aussi et fait la conversion pour vous... Vous pouvez vous amuser à entrer la requête "50 kg in pounds" dans le champ de recherche... c'est magique (Note de Ludo: ça marche aussi dans Yahoo et Live Search/MSN, mais pas dans Exalead... vive la technologie Française! (je me permets parce que je sais qu'un des ingénieurs d'Exalead lit ce blog... Salut Philippe!)).

samedi 5 avril 2008

Etiquette Canadienne: une fois, mais pas deux

En amérique du nord, on trempe tout un tas de trucs dans tout un tas de sauces: les frites dans le ketchup, les ailes de poulet dans la sauce BBQ, les côtes de porc dans la sauce Ranch, les chips dans la salsa, les légumes crus dans la trempette aux fines herbes, les nachos dans la guacamole, et j'en passe...

Mais attention! Une simple erreur de débutant peut vous faire passer pour un gros rustre de français dégoûtant1 qui vous grillera à jamais auprès des trois quarts de la gente féminine locale.

La photo ci-dessous illustre un geste socialement acceptable:

Good

Par contre, dans la deuxième photo, horreur, infâmie, dégénérescence médiévale! Pourrez-vous trouver l'erreur?

Bad

Le problème est bien sûr que l'ignoble figurant s'adonne à la pratique méprisable du "double dip", ou "double trempette": on sauce une fois, on croque la moitié de son bout de nourriture, et on retrempe avant de finir, contaminant ainsi le bol de sauce avec ses fluides corporels, sous les regards horrifiés de l'assistance.

Bien sûr, les canadiens étant souvent bien polis, personne ne vous reprochera quoique ce soit. Ils se contenteront d'éviter soigneusement les bols de sauce que vous avez bactériologiquement violés, et ajouteront une petite note mentale à côté de votre nom qui dit un truc du genre "salopard de dégueulasseur gaulois".

S'ils vous chopent ensuite deux heures plus tard à sortir des toilettes sans vous être lavé les mans, c'est fini, vous n'aurez probablement plus d'amis sous facebook le lendemain.

1 Ou belge dégoûtant, ou suisse dégoûtant, ou, plus généralement, francophone dégoûtant.

samedi 5 janvier 2008

Attention, mouette rieuse

Attention, mouette rieuse

Sur Granville Island, il faut faire gaffe, sinon y'a des mouettes vicieuses qui vous piquent votre bouffe, ou qui chient dessus.

C'est méga dangereux, le Canada.

mardi 2 octobre 2007

Le jeu des différences pas importantes: Got milk?


Le lait U.H.T, c'est quand même pas mal pratique. On achète plein de briques de lait un jour où on se sent courageux, et on peut ensuite garder le lait autant qu'on veut, ou presque. Bon, il faut attendre que la douleur dans les bras disparaisse, parce que 12kgs de lait à ramener du Monoprix du coin, c'est pas rien, mais bon, bref, c'est pratique quand même.

Bizarrement, il n'y a presque pas de lait U.H.T disponible par ici. La seule raison à cela, apparemment, est que les gens ne sont pas confortables à l'idée de boire un truc stérilisé et mis sous vide dans une obscure et lointaine usine... mais ça ne semble pas les déranger pour les fromages, par contre (et tout un tas d'autres aliments), mais passons... Bref, le lait U.H.T est un échec commercial en Amérique, alors qu'il est majoritairement consommé en Europe. Du coup, quand on achète son lait ici, il faut le garder au frigo et ne pas le laisser trainer trop longtemps... ça risque pas d'arriver avec moi puisque je bois religieusement mon demi-litre de lait tous les matins, mais pour les autres méchants qui sautent leurs petits-déjeuners, gare au lait tourné. Ca veut aussi dire que les gros consommateurs doivent aller faire les courses plus souvent.

Et allez, parce que je sais que ma copine adore les pubs "Got Milk?", on finit en images...


dimanche 15 juillet 2007

Le jeu des différences pas importantes: Danone


Le groupe Danone, grand magnat français de la mondialisation des produits laitiers, est connu sous le nom "Dannon" aux Etats-Unis. N'importe quoi.

(Et je rappelle aux gens sur le point de contester l'utilité de cette notule qu'il s'agit ici du jeu des différences pas importantes. Non mais).

dimanche 8 avril 2007

Yaletown, Marinaside

Parmi les diverses marinas de Vancouver, il y a celle qui est pas loin de chez nous, près du pont de Cambie, sur la rive nord de False Creek. Autour d'elle, outre des restaurants tels que Provence Marinaside (dont le brunch est pas donné pour des standards Vancouverites, mais excellent!) et quelques marchés comme Urban Fare (huppé, cher, mais avec pas mal de choix), il y a...

1. Un parc. Encore un. Genre, à Vancouver, y'a un parc tous les 300m, à croire qu'ils ont pas d'idées pour remplir la ville (alors que ça serait bien plus pratique de bétonner tout ça et de foutre des stations de métro, non mais).

David Lam ParkDavid Lam Park Hosted on Zooomr

Autour du parc, les grandes tours de Yaletown (le quartier où nous habitons), récemment construites.

2- Des installations sportives et ludiques, avec des terrains de tennis, de basket, et de football (qu'on appelle "soccer" par ici... pffff).

Yo, man (poum poum tchak)Yo, man (poum poum tchak) Hosted on Zooomr

Uniquement pour les enfantsUniquement pour les enfants Hosted on Zooomr

Soccer fieldSoccer field Hosted on Zooomr

Cette zone d'activités se termine à 2 patés de maison de chez nous, et c'est bien pour ça qu'on y va jamais (ça serait trop facile sinon). Et puis on attend l'été de toutes façons.

vendredi 23 février 2007

Arithmétique

Profitant de nos super installations sportives juste dans l'immeuble, hier je suis allée faire un peu de sport. Hum, le "climbing system" (machine qui simule des marches d'escalier) est libre, je vais tenter. Hop, je choisis le programme "fat burner" pour brûler des calories, 30 minutes ça paraît pas mal comme durée pour commencer, et - honnête - je me choisis une difficulté moyenne.

A la fin de l'exercice, la machine m'indique pas mal de statistiques pour résumer ma séance de travail. 

Résultat des courses : 170 calories brûlées en 30 minutes d'efforts.

Toute fière de mon exploit, je remonte dans notre appartement, prends  une douche et - hum, tout cet exercice m'a donné faim. Allez, je l'ai bien mérité, je vais manger quelques cookies. Deux minutes plus tard, je me suis avalé 4 cookies (et j'ai encore faim !).

D'après l'étiquette, ça nous fait du 150 calories pour 2 cookies, soit 300 calories en 2 minutes d'intense mais coupable plaisir.

Un petit exercice d'arithmétique vous permettra de trouver que :

Climbing System    -->  5,67 calories par minute

Cookies               --> 150 calories par minute

Y a pas à dire, c'est un combat perdu d'avance...Si vous estimez que je me suis trompée dans mes calculs, s'il vous plaît, dîtes-le moi ! (il va sans dire que ceux qui m'écrivent pour me dire que je me suis trompée à la baisse pour les cookies seront bannis de ce site !

vendredi 16 février 2007

Et mon béret alors?

Comme le dit mon pote Alexis, il faut parler de bouffe à un moment ou un autre. La France étant le pays auto-proclamé de la bonne bouffe1, c’était une considération très importante pour tous les gens qui nous ont vu partir à l’étranger. Ainsi, beaucoup se sont inquiétés de la disponibilité du camembert ou de la baguette dans les lointaines contrées Canadiennes2.

Je me demande d’ailleurs si cette frayeur alimentaire collective s’est manifestée parce qu’on est partis dans une région largement Américanisée (“ils savent rien bouffer d’autre que des burger ces ricains!”), ou si on obtiendrait le même résultat avec n’importe quel autre pays… Genre: “Tiens, je pars pour 2 ans au Tibet”... “Ah cool, mais tu trouveras du foie gras là-bas?”... Ou encore: “Je vais rejoindre un contingent scientifique en Antarctique”... “Oh, j’espère que tu pourras trouver du Reblochon”.

Enfin bref, revenons à nos moutons (en brochette) et commençons cette série culinaire avec l’un des endroits incontournables pour se procurer des produits frais, à savoir le Granville Market (Marché de Granville), situé sur l’île de Granville à environ 10 minutes en vélo de chez nous.

Au Granville Market on trouve tout un tas de fruits et légumes dont la majorité proviennent de l’agriculture biologique équitable bidule machin. En plus des produits habituels, on trouve énormément de fruits et légumes d’Amérique Centrale ou d’Asie.

Mais qu'est-ce que c'est?Mais qu'est-ce que c'est? Hosted on Zooomr

C’est clair qu’avec plus de Chinois que de Canadiens à Vancouver, la présence Asiatique se fait sentir, et on trouve couramment du fruit du dragon à côté de ses bananes dans la supérette du coin.

L’autre grande présence, c’est les fruits de mer, proximité de la mer oblige.

AppetissantAppetissant Hosted on Zooomr

Pour le reste, c’est des bouchers, des boulangeries (dont l’une essaie, de manière moyennement convaincante, de se faire passer pour une boulangerie Française), un ou deux fromagers (avec des fromages coulants qui puent sous plastique… étrange), des étalages de grains, de pâtes, etc.

Des pates, mais pas des PanzzaniDes pates, mais pas des Panzzani Hosted on Zooomr

Mais sur Granville Island, il n’y a pas que le marché. On y trouve tout un tas d’artisans tels que des luthiers, des cordonniers, des potiers, ou des souffleurs de verre. Plusieurs ateliers d’artistes sont installés également, un institut d’art et design, un théâtre, divers autres machins culturels, et bien sûr quelques boutiques qui gravitent au milieu de tout ça. Sans compter une petite marina, et des promenades pour les courageux qui font leur jogging dehors. Les touristes et les locaux se croisent donc ici au son des musiciens qui rivalisent avec les mouettes criardes.

Notez enfin que Granville Island était au début du 20ème siècle une zone industrielle. Granville était même le nom de Vancouver jusqu’à la fin du 19ème siècle. Après la Seconde Guerre Mondiale, l’activité de l’île a rapidement décliné. Elle a donc été transformée via un grand programme de rénovation pendant les années 70 en un lieu intégré à la vie quotidienne des citoyens. Quelques vestiges de son passé sont donc visibles ça et là.

Grue de GranvilleGrue de Granville Hosted on Zooomr

Enfin remarquez, ça peut juste être un dispositif servant à ramener des trucs lourds au milieu du marché, hein, mais ça fait plus touristique de penser que c'est un vieux truc historique3.

Une fois la visite terminée, il suffit d’aller se chercher quelques beignets et donuts sur l’un des étalages de sucreries du marché... parce que mine de rien, il faut récupérer des forces avant de reprendre son vélo pour le chemin du retour!

1 C’est qu’on aime bien s’auto-proclamer plein de trucs chez nous.

2 Personne n’a demandé si on pouvait acheter des bérets, par contre. C’est dingue, les plus anciennes institutions de notre grand pays se perdent!

3 Par ici, on trouve de l'histoire où on peut, hein, faut pas être regardant.

mercredi 13 décembre 2006

La ville ville dans la cité ville urbaine

Ce week-end j’ai été visiter Metrotown (plus exactement connu sous le nom bizarrement redondant de “Metropolis at Metrotown”, mais bon, passons). Il s’agit d’une énorme gallerie commerciale (un mall comme ils disent ici) accessible directement depuis la station bien nommée “Metrotown” du SkyTrain (le RER/Métro local). Au programme: moultes magasins, un gros cinéma, des restaurants, et des jeunes qui glandent. Oui, parce qu’ici, comme dans les séries américaines à 2 dollars, les jeunes glandent dans des centres commerciaux.

Je m’étais souvent dis que c’était franchement naze d’aller zoner dans des endroits pareils, limite glauque, mais bon, admettons. Mais c’est surtout que par ici, les centres commerciaux, ils sont plein de canapés et de fauteuils, de fontaines et de plantes, et plus généralement d’endroits où on peut se reposer en sirotant un milkshake1. Tout de suite, c’est plus sympa… enfin en tous cas pour des adolescents fauchés qui veulent un endroit gratuit pour s’affaler.

Mais bref, revenons à Metrotown. La première chose qui choque, c’est que c’est grand. Mais genre, très grand (apparemment le 2ème plus grand du Canada, derrière celui d’Edmonton). A vue de nez, ça fait entre 2 et 3 fois la taille des Quatre Temps de La Défense, et 4 fois la taille des Halles (à Paris). Seul l’unique cinéma fait pâle figure au milieu de ce titanesque dédale de mercantilisme moderne, avec un vingtaine de salles. Pas d’inquiétude, on peut acheter des énormes quantités de pop-corn pour s’occuper pendant les bandes-annonces.

A l’approche des fêtes, on croise l’incontournable Santa Claus (Père Noël en VO), avec sa file de bambins qui, moyennant quelques dollars, auront la joie de sauter sur les genoux du plus célèbre pédophile platonique2 de ces 2 derniers siècles. Quand on passe à côté de ça, on a bien envie de gueuler “Le Père Noël existe pas, bande de sales gosses, c’est vos parents qui vous mentent!”, mais une rapide analyse de la situation montre qu’une foule de parents en colère est, par définition, en très nette supériorité numérique par rapport à, disons, moi tout seul.

Déçu de rater une occasion de tester le système judiciaire Canadien, je me suis mis en quête de l’élément indispensable au bon équilibre alimentaire de tout ingénieur français digne de ce nom: un pot familial de Nutella. Mon plan est simple: essayer d’abord dans les 2 gros supermarchés (à peu près de la taille d’un gros Auchan) de Metrotown.

Dans le premier, au bout de 5 minutes, je me dis qu’il y a un truc bizarre. Premièrement, je ne reconnais pas la moitié des fruits et légumes qui sont sur les étalages. Deuxièmement, je n’arrive pas à lire les étiquettes sur les articles proposés. Troisièmement, tous les clients ont les yeux bridés. Ah tiens, c’est un supermarché Asiatique. Fort de mon expérience culturelle relative à ces gens là[3], je me décide à passer au 2ème supermarché (nommé pompeusement “The Real Canadian Store”). Après quelques minutes de recherche, joie, bonheur, des pots de Nutella de taille respectable!

Mon butin sous le bras, je rentre chez moi pour une petite dégustation privée, ce qui me permettra par exemple de savoir si le Nutella canadien est différent du français4.

Miam.

1 Sont pas cons ces capitalistes libéraux: si les gens peuvent se reposer en faisant leurs courses, ils peuvent tenir plus longtemps, et donc acheter plus!

2 Enfin remarquez, on sait pas ce qu’il fait avec les enfants pas sages.

3 Je ne crois jamais avoir vu un personnage de manga manger du Nutella.

4 Parce que, par exemple, le Nutella français est plus mou que le Nutella allemand. Les théories abondent à propos de cet étrange mystère, mais la plus populaire (relayée par Arte) concerne la différence de consistence moyenne entre la mie du pain des 2 pays.