dimanche 6 juillet 2008
samedi 10 mai 2008
Super infos du jour
Cette semaine, Vancouver a été nommée "ville canadienne la plus mieux bien pour les piétons" par la Fédération Canadienne De Médecine Pédiatrique. Oui madame. Et si vous êtes toujours pas convaincus que Vancouver c'est vraiment tip top bien, je vais devoir vous déterrer des prix encore plus moisis, genre "meilleure ville pour acheter de la pâtée pour chien", par l'Association Nord Américaine Des Propriétaires de Caniches Nains, ou la "ville la plus agréable quand on a hémorroïdes", par la Fédération Internationale Des Gens Qui Ont Des Hémorroïdes.
Les critères de sélection qui ont placé Vancouver en première place incluent apparemment l'esthétique naturelle de la ville, les parcs, et le système de transports publics. Apparemment, le fait de risquer sa vie à chaque croisement n'a pas joué beaucoup sur la décision finale. En plus, quand on regarde le classement, on ne trouve aucune des autres grandes villes canadiennes dans le top 15. C'est louche. Y'a pas de trottoirs à Montréal ou quoi?
Pendant ce temps, on m'annonce que Pascal Sevran est mort, mais cette fois-ci, c'est pour de vrai, il parait.
Eh ouais, c'est qu'il y a de l'info de qualité sur ce blog, dites donc.
mercredi 7 mai 2008
We are traffic
Critical Mass ("Masse Critique"), c'est un évènement qui se déroule tous les derniers vendredis du mois, à 18h, à la Gallerie d'Art de Vancouver, en centre-ville. Le principe est simple: un tas de gugusses avec des vélos se réunissent et font une petite balade à travers la ville pendant deux ou trois heures.
Le seul hic: le "tas" de gugusse peut parfois atteindre plusieurs centaines de ces gugusses sus-cités.
Démarré à San-Francisco en 1992 avec moins d'une cinquantaine de participants, le mouvement a vite gagné en popularité et le concept s'est exporté dans pratiquement toutes les grandes villes du monde. Puis dans plein de moyennes villes. Et dans les patelins perdus de campagne. Et enfin à Vancouver.
L'organisation, l'ambiance, ainsi que le public type d'une Critical Mass varient grandement d'une ville à l'autre. Outre le dénominateur commun d'aimer faire du vélo, les participants auront pour la plupart des tendances politiques pro-environnementales. Ensuite, selon les cas, il peut y avoir un peu de sensibilisation concernant l'usage du vélo (plutôt que la voiture), un poil de dénonciation des problèmes d'aménagements urbains (manque de pistes cyclables, carrefours dangereux), voire même être un vecteur d'exposition pour les altermondialistes, les anti-OGM, les pro-Tibet-Libre, le fan club de Demis Roussos, et j'en passe et des meilleures. Selon les villes et l'humeur locale, une Critical Mass peut être amicale ou revendicatrice, être une balade à vélo pépère ou une manifestation de désobéissance civile. Rien que pour vos beaux yeux, j'ai donc été m'infiltrer dans ce repaire de communistes anarchistes sournois pour voir ce qu'il en est ici à Vancouver.
D'abord, une Critical Mass, c'est zéro organisation. Enfin en tous cas en apparence. Le principe est tout bêtement de faire du vélo en un gros bloc soudé, histoire de pouvoir profiter de la route sans craindre les voitures qui dépassent, changent de voie, etc. Des "partners" ("partenaires") partent en avance et s'occupent de retenir les voitures le temps que tout le monde passe un croisement, un peu comme s'il s'agissait d'un convoi exceptionnel. A chaque feu, il est donc de bon alloi de crier un "Merci partenaires!" aux quelques cyclistes arrêtés sur les côtés. Il est aussi demandé de laisser passer les piétons qui désirent traverser.
Le trajet emprunté est à priori totalement improvisé. Dans certaines villes, on vote sur internet quelques jours avant, il parait. Moi je me suis contenté de suivre.
Après chaque pont, ou chaque grosse montée, tout le monde s'attend. Le rythme est touristique, mais sans être trop lent. En attendant les retardataires, les gens chantent et papotent et font connaissance. Certains soulèvent leurs vélos en criant pour affirmer leur suprémacie éphémère de la route (et aussi avoir l'air très stupide). Je dois avouer que c'est plaisant de pouvoir foncer sur un gros axe comme Georgia ou Burrard sans se soucier des voitures.
La plupart des gens qui regardent les cyclistes depuis le trottoir affichent, tout comme pratiquement tous les participants, un grand sourire. La plupart ont aussi un regard de totale incompréhension. Les quelques-uns qui crient "Mais qui êtes-vous?" reçoivent bien souvent des réponses troublantes du genre "Des gens qui aiment faire du vélo!". Les gens dans les voitures, à ma grande surprise, sont également globalement contents de voir ce genre de manifestation. Ils doivent attendre quelques minutes que tout le monde passe, mais crient des encouragements ou klaxonnent joyeusement pour soutenir la troupe. Les chauffeurs de taxis ou de bus affichent une lassitude sans fond. Enfin, certains conducteurs klaxonnent d'énèrvement, mais dans le bordel ambiant, ça ne se remarque pas trop.
C'est là où la police entre en jeu. Des agents de police accompagnent les cyclistes afin de régler les problèmes avec les quelques chauffeurs impatients qui sont malheureusement parfois à deux doigts de foncer dans le tas pour gagner trois précieuses minutes sur leur emploi du temps du vendredi soir. Les partenaires se jettent alors sur la voiture dès qu'elle fait mine de démarrer, afin de l'empêcher de mettre en danger les autres cyclistes. La discussion qui suit commence généralement par le conducteur qui crie très fort, puis menace d'appeller la police, et enfin s'empare de son téléphone portable (s'il n'était pas déjà en communication pendant qu'il conduisait). Les agents de police s'approchent alors pour expliquer gentiment au gars que oui, bon, okay, les cyclistes ont pas vraiment spécialement d'autorisation officielle, mais d'un autre côté, c'est pas spécialement illégal, enfin si, peut-être, mais bon, voilà, monsieur, attendez encore deux minutes et on en parle plus, c'est comme ça tous les mois, tenez, prenez un joint, ça vous calmera, par contre, faites-moi le plaisir de cacher cette bière.
Au moins une fois pendant la balade, ça ne rate pas, il y a un gars qui crie quelque chose du genre "Et qui vous donne le droit de bloquer le traffic?!", ce à quoi répondent en coeur les cyclistes "On ne bloque pas le traffic, on est du traffic!".
La Critical Mass de Vancouver semble assez sympathique et innocente. Quelques originaux viennent déguisés ou font la balade sur des drôles d'engins. Il y a assez de monde pour que ça soit notable, mais pas trop non plus, pour pas que le défilé dure 10 minutes, auquel cas tout le monde détesterait les cyclistes, ce qui irait à l'encontre du but recherché. Cela n'empêche pas, au bureau, de trouver quand même des gens qui trouvent ça honteux, et qui vous regarderaient de travers s'ils apprenaient que vous participez à ce genre d'activité méprisable (c'est les mêmes qui viennent au boulot tous seuls dans leur grosse voiture). Ca n'empêche pas non plus de trouver parmi les cyclistes des gens dont l'attitude conquérante vis-à-vis des voitures est tout aussi triste (c'est les mêmes qui vont vous emmerder parce que vous achetez du thon en boite).
Anecdote amusante, l'un des candidats à la mairie de Vancouver (les élections municipales sont en novembre) a participé à la Critical Mass du mois dernier, faisant un petit discours où les promesses sur les aménagements urbains et les transports en commun ont fusé. La semaine suivante, il a sûrement été au salon de la voiture et de la moto pour promettre plus de parkings et de stations essence (ouais, je suis un vieux réac' français cynique, et alors?), mais bon, c'est le geste qui compte (ou pas). Après tout, je m'en fous, j'ai même pas le droit de voter, en fait, je suis un sale étranger qui pique le travail des honnêtes canadiens.
Et voilà. Si le concept vous plait, vous pouvez vous renseigner sur la Critical Mass de votre patelin. Si le concept ne vous plait pas, vous pouvez quand même vous renseigner, et répandre des clous par terre à proximité du lieu de rendez-vous. Ca leur apprendra à ces sales hippies.
vendredi 21 mars 2008
Du déplacement pédestre dans un système routier en grille
Dans un récent article, on a abordé le système routier en grille de Vancouver, ainsi que les avantages que ça apporte. Un avantage que je n'ai pas mentionné est la généricité d'un tel système en ce qui concerne les déplacements.
Par exemple, le déplacement suivant:
...est équivalent au déplacement suivant:
...si on considère que l'important, c'est le point de départ et le point d'arrivée.
Il s'agit alors de trouver, parmi les nombreuses possibilités de déplacement, laquelle sera la plus rapide.
Contexte et postulats
Comme je me déplace principalement à pied personellement, je ne vais parler que de piétons ici. Ensuite, comme on se déplace sur une grille, la distance est la même quelque soit la trajectoire (si on ne prend évidemment en compte que les trajectoires directes qui ne font pas de détour). Si on exclut les considérations telles que les variations de vitesse en fonction de la pente, le seul facteur réellement impactant dans le temps de trajet est le temps d'attente aux feux rouges.
J'ai écrit un petit programme permettant de simuler le trajet d'un pieton à travers une grille, duquel je tire les diagrammes et les chiffres que je donne dans la suite de cet article. Les hypothèses de départ sont les suivantes:
- Du point de vue du piéton, les feux de circulation sont aléatoires. En vérité, ils sont plus ou moins synchronisés, mais comme cette synchronisation est faite pour les voitures, qui se déplacent de manière significativement plus rapide que les piétons, elle est totalement perdue pour une vitesse moyenne de marche. De plus, une différence de quelques pourcents dans la vitesse de marche amène une grande différence dans l'état des feux rencontrés pendant le trajet. Comme il s'agit ici de trouver un algorithme générique qui ne dépend ni du lieu géographique, ni du piéton, j'ai opté pour un modèle aléatoire de feux de circulation.
- Le temps de feu vert et de feu rouge est de 30 secondes chacun. En bon français, on traverse en courant comme un sagouin au feu orange clignotant, donc je compte ça comme un feu vert.
- La grille est uniforme, et chaque intersection est identique. En pratique, il y a sûrement quelques endroits dans votre quartier où la grille est "cassée" d'une manière ou d'une autre. Sur mon trajet journalier pour aller au bureau, par exemple, je sais qu'en longeant le B.C. Stadium, j'avancerai de 3 pâtés de maison sans rencontrer d'intersection, et donc garanti sans feu rouge. J'optimise donc mon trajet matinal en donnant un biais à mon algorithme de manière à passer par là si cela semble bénéfique.
Le but du jeu est, partant d'une intersection donnée, aller à une autre intersection donnée. Disons que cette destination est le croisement de la rue Latitude (qui est "horizontale", orientée d'est en ouest) et de la rue Longitude (qui est "verticale", orientée du nord au sud).
Quelques algorithmes simples
L'aglorithme le plus simple, voire le plus stupide, consiste à aller tout droit en partant de chez soi jusqu'à atteindre la rue Latitude, puis de remonter cette rue jusqu'à atteindre Longitude.
Un algorithme toujours simple, mais un peu plus malin, consiste à traverser systématiquement la rue du côté où on voit un feu vert. Une fois de l'autre côté, on continue sur sa trajectoire. Si on atteint l'une des deux rues terminales (Latitude ou Longitude), on se contente alors d'aller tout droit jusqu'à la destination. J'ai appellé cet algorithme "algorithme opportuniste".
Pour mes tests, j'ai considéré 4 types de trajets: 5x5, 5x10, 10x10 et 10x20, où les deux chiffres correspondent au nombre de pâtés de maison à traverser respectivement vers l'est et vers le nord (on démarre donc "en bas à gauche" et on va "en haut à droite"). Ces 4 trajets sont simulés 100.000 fois pour chacun des algorithmes, et le temps d'attente total de chaque trajet est enregistré (le temps d'attente total d'un trajet étant la somme de toutes les attentes à tous les feux rouges rencontrés). Je n'ai pas été au delà de 10x20 car j'estime qu'une distance plus grande incitera à prendre son vélo ou les transports en commun, à moins qu'on soit en train de se balader, auquel cas on est pas pressé. Pour information, mon trajet pour aller au bureau est de 7x8.
On peut déjà constater que l'algorithme opportuniste est non seulement nettement plus efficace que l'algorithme stupide, mais aussi plus sûr.
On constate également que l'algorithme opportuniste rencontre moins d'attente en moyenne pour un trajet 10x10 qu'un trajet 5x10, alors que c'est un trajet plus long. Mon interprétation est que comme 5x10 est un trajet plus "étroit", le piéton peut plus rapidement déboucher sur la rue Longitude, et se retrouver à devoir avancer bêtement tout droit, sans aucun autre choix que d'attendre à chaque feu rouge. Le trajet 10x10, par contre, est "large", et permet au piéton d'avoir plus de "marge de manoeuvre" pour tourner à droite ou à gauche en fonction des feux.
Un peu d'optimisation
On peut légèrement améliorer l'algorithme opportuniste, de manière simple. Lorsqu'on se retrouve à un coin sud-ouest d'un pâté de maison (juste après avoir traversé la rue, donc), plutôt que de continuer dans la direction qu'on suivait précédemment, on se dirigera dans la direction vers laquelle il nous reste le plus de chemin à parcourir. Ainsi, si on est est plus près, en nombre de pâtés de maison, de la rue Longitude que de la rue Latitude, on ira vers le nord. Sinon, on ira vers l'est. Cet algorithme est "l'opportuniste légèrement malin".
Cette optimisation donne des résultats assez frappants:
Un peu plus d'optimisation (enfin, une tentative)
J'ai ensuite écrit deux nouveaux algorithmes: "l'opportuniste malin", et le "sacrificiel". Ces deux algorithmes ont pour but de corriger le problème que j'ai mentionné à propos des trajets "étroits", et de la situation peu désirable d'aboutir sur une rue terminale alors que l'autre rue terminale est à plusieurs pâtés de maison de là. Il s'agit donc de laisser plus de "marge de manoeuvre" au piéton en essayant d'atteindre les deux rues terminales le plus possible en même temps, même s'il faut sacrifier un peu de temps au milieu du trajet.
L'opportuniste malin reprend l'algorithme de l'opportuniste légèrement malin, mais y ajoute la variation suivante:
- Si on se trouve plus proche d'une des deux rues terminales par rapport à l'autre (par exemple on est à 2 pâtés de maison de Longitude, et à 5 de Latitude), on peut ignorer un feu vert et préférer, si possible, tourner en restant sur le même bloc afin de se diriger vers la rue terminale la plus lointaine. Par exemple, si on est au coin nord-ouest d'un bloc et que le feu vert nous permettrait de traverser vers le nord, mais qu'on se trouve très proches de Latitude, on ne va pas traverser, et plutôt longer le bloc vers l'est afin de se rapprocher de Longitude.
L'algorithme sacrificiel, lui, va plus loin, acceptant de faire des sacrifices:
- Si on se trouve vraiment très proche d'une des deux rues terminales, on veut absolument continuer vers la rue terminale la plus lointaine, même si cela veut dire qu'on se tape un feu rouge.
- On n'accepte de se taper un feu rouge que si ce feu rouge est "bien mûr", à savoir qu'on ne l'a pas vu passer au rouge alors qu'on approchait. J'estime que si le feu dure 30 secondes, on peut raisonnablement savoir si un feu est rouge depuis au moins 20 secondes, car cela veut dire qu'il est rentré dans le champ de vision du piéton 30 mètres environ avant que celui-ci l'atteigne. Le piéton peut en plus s'aider du feu perpendiculaire, qui devrait clignoter en orange si le croisement va bientôt basculer de sens. J'ai utilisé 2 instances de cet algorithme: un qui accepte de se taper des feux rouges vieux d'au moins 20 secondes, et un qui accepte ceux vieux d'au moins 25 secondes (ce qui veut dire qu'on sacrifie, au plus, 10 et 5 secondes respectivement).
- On n'accepte de se taper un feu rouge que si l'on est significativement plus proche d'une rue terminale que d'une autre. Les 2 instances de l'algorithme utilisent également 2 réglages différents pour cela: une qui accepte de sacrifier du temps si on est 3 fois plus loin d'une rue terminale que d'une autre, et une qui accepte lorsqu'on est 4 fois plus loin.
- Les 2 instances sont nommées, dans les graphes ci-dessous, "Sacrifical 3/-10" (3 fois plus loin, 10 secondes) et "Sacrificial 4/-5" (4 fois plus loin, 5 secondes). Le premier algorithme est donc plus prompt à sacrifier du temps à un feu rouge que le deuxième.
D'abord, on constate que l'opportuniste malin est en fait moins efficace que l'opportuniste légèrement malin. Je pense que c'est tout simplement parce qu'on fait l'erreur de troquer un "gain certain" (un feu vert) pour un "gain hypothétiquement plus grand" (ignorer le feu vert et aller à une autre intersection pour se rapprocher de la rue terminale la plus lointaine, mais s'exposer à la possibilité d'avoir un feu rouge mal placé). Cette erreur est un phénomène assez classique de psychologie humaine, et est bien souvent peu bénéfique, comme on peut le voir également dans des jeux comme "Deal Or No Deal", connu pendant un temps dans l'hexagone sous le titre "A prendre ou a laisser", alias "La Boiboite D'Arthur".
L'algorithme sacrificiel, lui, permet de grapiller quelques secondes dans certains cas, notamment les cas où, justement, il y a peu de marge de manoeuvre dès le depart (trajets courts ou "étroits"), mais perd de son intérêt pour les voyages longs et "larges". De plus, il est légèrement moins sûr que la plupart des autres algorithmes. N'oublions pas également que dans le monde réel l'évaluation de l'âge d'un feu rouge peut être gênée par divers phénomènes, tel que l'obstruction de la vue du piéton, par exemple, ce qui rend l'application de cet algorithme plus délicat.
Conclusion
Il me semble que l'algorithme opportuniste légèrement malin est le plus efficace, surtout si on le combine subtilement, ici et là, avec un peu d'algorithme sacrificiel, notamment quand on se retrouve à des distances trop inégales des deux rues terminales, et qu'on est relativement sûr de son évaluation de l'âge d'un feu rouge (la plupart du temps parce que le feu perpendiculaire clignote depuis plusieurs secondes). Enfin, lorsqu'on combine le tout avec une certaine connaissance du quartier, on peut faire des trajets sans aucun temps d'attente à aucun feu rouge dans la majorité des cas!
Si vous avez repéré des erreurs, ou que vous avez des suggestions, n'hésitez pas à poster un commentaire. Et pour ceux qui vont inévitablement me dire que c'est beaucoup s'embêter pour économiser 23 secondes par jour, je leur dis "crotte". En plus, ces gens là ne sont sans doute pas ingénieurs, donc ils ne peuvent pas comprendre qu'être ingénieur c'est plus qu'une formation, un métier, une passion... c'est un véritable mode vie! La quête du savoir! La soif d'optimisation! La joie de gaspiller du temps et de l'argent à travailler sur des choses inutiles! Sans oublier la compulsion à acheter plein de gadgets hors de prix, et le plaisir de chauffer son appartement uniquement avec leur effet Joule! Rah la la, vous savez pas ce que vous ratez les gars.
samedi 8 mars 2008
Les amoureux sur les bancs publics
Les amoureux, c'est bien connu, ils se bécotent sur les bancs publics. Par contre, s'ils sont fénéants, agoraphobes, voire morts, pas de panique, ils peuvent quand même se retrouver sur un banc public sous la forme d'une dédicace.
Pratiquement tous les bancs publics dans l'agglomération de Vancouver ont des dédicaces de ce genre incrustées sur leur dossier. En fait, j'ai l'impression que c'est assez courant dans les villes d'amérique du nord en général. Je n'avais jamais vraiment remarqué ça en France, donc je ne sais pas si ça existe... quelques fidèles commentateurs habitant l'hexagone pourront peut-être aller vérifier dans le parc public le plus proche?
En tous cas, si vous avez des thunes à balancer par la fen... investir dans un cadeau romantique, il suffit de faire un don généreux à la ville, dont la valeur dépendra du type d'installation sur laquelle la dédicace sera inscrite. Par contre, comme je le disais, il ne reste plus beaucoup de bancs encore vierges, donc il se peut qu'il ne vous reste plus que celui de l'arrêt du bus 4 sur Powell et Columbia, ou celui de l'ère de pique-nique du Lynn Canyon Park où un couple et leur enfant ont été déchiquetés puis violés par un ours bourré.
samedi 26 janvier 2008
Le parc de la Reine mère
Le Queen Elizabeth Park est situé à une quinzaine de minutes du centre-ville, sur une petite colline de 160m d'altitude, surnommée "Little Mountain" au 19ème siècle. Transformée en carrière au tout début du 20ème siècle lorsqu'il a fallu trouver des pierres pour poser les premières routes pavées de Vancouver, elle est ensuite restée à l'abandon pendant les années 30 jusqu'à ce que le terrain soit placé dans les mains du Comité des Parcs Vancouverois, qui se tatait alors pour transformer toutes les carrières du coin en jardins municipaux. Après la visite royale de 1939 du Roi George VI et madame la Reine mère, c'était enfin officiel, le Queen Elizabeth Park présentait aux visiteurs le premier arboretum municipal du Canada, avec des échantillons des divers arbres qu'on trouve en Colombie Britannique.
On y trouve aussi plein de fleurs, des petits ponts, des chemins secrets, des cours de golf, tennis, et basketball, et des grandes étendues d'herbe pour pic-niquer1.
Avec un cadre mignon comme ça, il est courant de croiser des gens en costards et grandes robes blanches en train de se faire prendre en photo.
A part ça, il y a le Bloedel Floral Conservatory, qui contient sous son dôme géodésique une serre et une volière, où les oiseaux peuvent voler librement.
Et... euh... bah voilà, quoi. C'est un parc, mince, qu'est-ce que vous voulez que je vous dise de plus, moi? Y'a des parcs à tous les coins de rue, de toutes façons, en Amérique du Nord... Bon, allez, en cherchant bien, celui-là, il a des jets d'eau. Hop. Ouais. Incroyable.
Et on peut avoir des jolies vues sur la ville, avec les montagnes au fond. Hop. Ouais. Incroyable aussi. Genre on voit pas ça déjà à tous les coins de rue.
Et... euh... c'est tout. Okay, c'est joli, c'est calme, c'est vert, et ça manque de crottes de chien... C'est un parc, quoi...
Ouais, incroyable.
1 Ou niquer tout court, si c'est votre truc (allez, pas la peine de faire genre vous êtes choqués, je suis sûr que vous y pensiez, à celle là).mercredi 16 janvier 2008
Grouse by night
Après Cypress de nuit voici Grouse Mountain de nuit. Cette fois-ci, je ne suis pas monté à pied, j'ai plutôt pris le Skyride comme tout le monde (de toutes façons, le sentier du Grouse Grind est officiellement fermé l'hiver).
Donc voilà, vous aviez vu les photos des lumières de Grouse vues depuis le centre ville, et maintenant, vous voyez les lumières du centre ville1 vues depuis Grouse! Si c'est pas une mise en abyme profonde de la quintessence luminique futile de notre perception humaine, je sais pas ce que c'est2.
Normalement, histoire d'être complet, il faudrait que j'aille à Mount Seymour, le mont le plus à l'est, mais il parait que c'est assez plat, et qu'on y trouve que des pistes bleues et vertes. C'est par contre parfait pour faire du ski de fond, des randonnées en raquettes, ou pour apprendre à skier.
Moi je me contenterai d'alterner entre Cypress et Grouse. En plus, quand je suis tout seul, je peux utiliser la fameuse file d'attente pour les gens qui n'ont pas d'amis. Et même qu'après, je rentre en bus et en métro avec tous les autres skieurs, et ça sent bon la transpiration givrée dans la rame. Ca change des odeurs habituelles, remarquez.
1 En pratique, on voit jusqu'à Surrey et Richmond en grand banlieue.
2 La bonne réponse était bien sûr: "c'est rien du tout, ta phrase c'est du flan qui veut rien dire". Ma copine ajouterait aussi sans doute "pauvre naze". Elle est gentille, ma copine.
samedi 5 janvier 2008
Attention, mouette rieuse
Sur Granville Island, il faut faire gaffe, sinon y'a des mouettes vicieuses qui vous piquent votre bouffe, ou qui chient dessus.
C'est méga dangereux, le Canada.
dimanche 4 novembre 2007
Ca balance à Vancouver
De la forêt, à Vancouver, on en a plein. Ah ça, ouais, ça pousse partout cette saloperie. Ca doit être la pluie, vu qu'en plus c'est une variété de forêt qui s'appelle "rain forest". Mais bon, le truc, c'est qu'au bout d'un moment, la forêt, ça devient répétitif. Un arbre par-ci, un arbre par-là... sûr, y'a de la mousse et des champignons pour ajouter une touche créative, mais même ça, finalement, on en devient blasé assez rapidement.
Heureusement, y'en a qui ont pensé à mettre des trucs plus inventifs de temps en temps, comme des petits canyons et des rivières sautillantes.
Le Lynn Canyon Park est situé à North Vancouver, et est accessible en un peu moins d'une heure depuis le centre ville via le Seabus, puis un bus normal1. La grande attraction est le pont suspendu qui, à la différence du pont suspendu voisin de Capilano, a le bon goût d'être gratuit. Bon, il est aussi 3 fois moins grand, mais on a pas que ça à faire de débourser 25$ (oui oui) pour traverser un pont et choper la gerbe.
Le pont est rigolo, ça balance bien, on s'amuse à 50m au dessus des rapides, mais y'a pas que ça à faire. Il y a aussi plusieurs petites balades sympathiques le long du canyon.
Il y a plusieurs "petites" cascades sur le chemin, qui sont quand même assez grandes pour se dire que les jeunes (et moins jeunes) courageux qui se jettent dedans sont tarés2.
On a par exemple vu plusieurs personnes plonger depuis le petit plateau de terre en haut à gauche de la photo, qui doit se trouver à une dizaine de mètres au-dessus du bassin, où il faudra bien sûr éviter de se viander sur des rochers. Des panneaux d'information se trouvent d'ailleurs à l'entrée du parc, décrivant la quinzaine de façons suivant lesquelles vous pourrez mourir de manière horrible et douloureuse si vous mettez un seul pied dans l'eau. Pfiou, moi maintenant j'ai peur de prendre mon bain, c'est malin.
Pour permettre de se reposer de ses émotions, on débouche aussi sur des endroits "mignonets", comme dirait un ami récemment venu nous rendre visite.
Ah là, tout de suite, la baignade semble beaucoup plus paisible... enfin en fait je sais pas. Il pourrait y avoir des saumons tueurs. Des araignées d'eau empoisonnées. Voire même des algues qui vous attrapent les chevilles et vous noient pour ensuite vous sucer le cerveau par les yeux...
Houuuuulà, je vais peut être pas me laver, aujourd'hui, dites donc.
1 Ou en 30 minutes en voiture si vous êtes riches, que vous aimez polluer, et que vous voulez un peu salir les pneus de votre 4x4 immaculé que vous utilisez uniquement pour aller au boulot et faire les courses.
2 Et je suis aussi un gros pantouflard peureux. Mais c'est parce que je me fais vieux. Dans ma jeunesse, j'étais téméraire, ah ça oui. Par exemple, une fois, j'ai écouté un CD de Lara Fabian avec un casque. Complètement fou, je vous dis.
lundi 20 août 2007
Bouba, faut pas l'énerver
Les lecteurs réguliers se rappellent de Grouse Mountain, qui nous a valu son pesant de transpiration et de courbatures, et des différentes activités fascinantes qu'on peut y faire.
Ce qu'on peut y faire, aussi, c'est rien du tout. Comme dans, par exemple, roupiller peinard sur la pelouse, à l'ombre d'un gros arbre non-identifié mais indubitablement canadien, ou au pied d'une statue vaguement aborigènisante (et problablement fabriquée dans une usine coréenne à plusieurs exemplaires).

Un autre truc pas trop crevant, c'est d'aller voir l'un des refuges pour les animaux sauvages en danger. Et part "animal sauvage en danger", ils parlent bien sûr de grizzlis de 300kgs qui peuvent vous arracher la tête rien qu'en vous caressant la nuque.
Evidemment, les 2 grizzlis visibles de près (Grinder et Coola) avaient été receuillis lorsqu'ils étaient des pauvres bébés maigrichons, mais bon, quand même. On nous dit qu'ils sont maintenant trop gentils pour être relâchés dans la nature (contrairement à d'autres qui sont soignés et pris en charge à part), mais j'irai pas trop me frotter à un animal dont les griffes font 30cm.
Ah ça, Bouba, faut pas l'énerver, hein.
dimanche 5 août 2007
Moi et ma squaw
Vancouver Island, on en a déjà parlé, c'est la grosse île qui se trouve entre Vancouver et l'immensité tumultueuse de l'Océan Pacifique. L'une des conséquences de cette particularité géographique est qu'il n'y a que très peu de vagues le long des plages vancouverites... d'où une activité très courante chez les habitants du coin: le kayak de mer.
Pour tester ça, on est allés à Bowen Island, à 20 minutes en voiture puis 20 minutes en ferry du centre ville. Après avoir loués les kayaks pour la journée et pris une leçon express de pilotage, nous voici partis pour un périple d'environ 2h30 jusqu'à une île déserte voisine où on a prévu de pique-niquer.
La première moitié du trajet, longeant la côte, est peinarde, et nous permet d'admirer des maisons dont on aimerait bien hériter d'un oncle lointain.
Avec le doux bruits des clapotis de l'eau, la pagaie dans les mains, les montagnes au loin, on se sent comme un aborigène qui recherche des nouveaux terrains de chasse... bon okay, un aborigène débutant. Avec un kayak de location. Et un gilet de sauvetage, un appareil photo numérique, des baskets Adidas, et... bon, merde, si j'ai envie de me prendre pour un aborigène, je me prendrai pour un aborigène! Non mais.
(la prochaine fois j'irai faire du canoë sur une rivière avec ma squaw, tiens)
Enfin bref, on a vu quelques animaux, aussi, comme des daims et des gros oiseaux, ou, dans l'eau, des otaries... même si moi j'en ai vu aucune (sniff).
La partie un peu difficile, par contre, c'est la traversée pour aller de Bowen Island à Gambier Island. Elle dure entre 30 et 40 minutes, et nous place sur la route des ferries. Et le problème d'un ferry, c'est que c'est quand meme assez symmétrique, donc pour savoir dans quel sens ils vont (et donc savoir si on doit s'arrêter ou pas), c'est un peu chaud. Ajoutez des grosses vagues et vous aurez une idée du truc. Bon, ça ferait rigoler n'importe qui avec un peu d'expérience de kayak de mer, mais pour des débutants moyennement motivés à l'idée de se retrouver à l'eau, c'était, euh, instructif.
Enfin bref, on est quand même arrivés sans problèmes à la plage sur laquelle on a eu droit à un repas royal: l'autre français du groupe avait préparé un confit de canard qu'il a fait cuire grâce à un petit réchaud à gaz.
dimanche 22 juillet 2007
Vue au mérite
Des trois montagnes qui surplombent Vancouver au nord, Grouse Mountain est la seule dotée d'une télécabine permettant de s'y rendre. Gentiment appellée "Skyride", elle permet aux touristes estivaux de base d'atteindre le sommet, où moultes aventures les attendent, comme par exemple le fabuleux spectacle de bûcherons internationalement connu (et non, moi non plus j'en avais jamais entendu parler).
Par contre, pour les touristes moins de base, il y a le Grouse Grind.
Le Grouse Grind, c'est un truc totalement crétin: plutôt que de prendre le Skyride, on vous propose de monter comme des grands avec vos pieds. Mais attention, hein, c'est pas de la balade en forêt. Enfin si. Sauf que la forêt, elle est quasiment verticale. Et 3km à la verticale, c'est assez violent, surtout pour des grosses larves comme nous. Mais comme on a un blog à remplir, des amis à épater, et un besoin de se prouver quelque chose à l'approche de la trentaine, on est partis courageusement (et masochistiquement) à 8h du mat' un samedi pour se taper les 850m de dénivelé nécessaire pour arriver en haut. Ca fait pratiquement 3 tours Eiffel. Un énorme escalier où, quand les marches sont espacées d'un mètre ou plus, on se dit "ah, cool, c'est quasiment plat, ça repose".
Le Grouse Grind, c'est presqu'une institution, en fait. Pour vous donner une idée, on connait déjà deux personnes qui le font de manière régulière (une à plusieurs fois par semaine pendant l'été). Certains le font tous les jours, voire plusieurs fois par jour pour un mystérieux retraité de 90 ans qui, je présume, doit déjà avoir vu tous les épisodes de Matlock, et se fait donc grave chier chez lui. Pour ces habitués, donc, il y a un système de badge magnétique qu'on passe devant un détecteur au départ et à l'arrivée afin d'enregistrer son temps de parcours. Un site web permet ensuite de consulter les statistiques des randonneurs. On peut également voir les meilleurs temps de la journée, de la semaine ou du mois, qui sont affichés sur des panneaux d'information à l'arrivée... histoire de bien vous dégoûter.
Maintenant, vous commencez à vous demander quel est le record, et combien de temps on a mis. Bande de petits mesquins... Bon allez, c'est bien parce que je suis de bonne humeur. Le record masculin est de 26 minutes, et le record féminin est de 34 minutes. Nous on a mis environ 1h10. C'est pas trop mal, puisque des personnes relativement athlétiques doivent théoriquement tourner autour d'une heure (on passera sous silence l'état dans lequel on était pour le reste de la journée, par contre). Les bons randonneurs seront entre 45 minutes et une heure. Si vous mettez plus d'1h30, par contre, c'est qu'il vaut mieux prendre le Skyride la prochaine fois.
Et tout ça pour quoi?
Eh bien c'était la première fois qu'on montait à Grouse Mountain, et après une heure passée à monter sous les arbres, découvrir la vue au sommet est d'autant plus sympathique qu'on peut se dire "j'ai monté tout ça comme un grand, et j'ai même pas pleuré!".
Ou alors "putain j'suis con, y'avait une télécabine!", ça dépend.
lundi 11 juin 2007
Art populaire
Le long de la promenade côtière du Stanley Park qui suit English Bay, on trouve des sortes d'oeuvres d'art rudimentaires apparemment conçues par les gens qui passent.
Chacune est composée de plusieurs rochers, empilés les uns sur les autres.
Mais sauf qu'il y en a plein sur une centaine de mètres.
Bizarre.
mardi 5 juin 2007
Petit scarabée
A Vancouver, pour savoir si on est à Chinatown, c'est simple, il suffit de regarder les panneaux.
Si vous voyez un boulier géant, ça marche aussi.
Mais y'a mieux à voir. Par exemple, le Jardin du Dr. Sun-Yat-Sen.
Attention, c'est pas son jardin, à lui, hein. Le monsieur, il est mort depuis longtemps, c'était le premier président de la République Chinoise, réputé être "le fondateur de la Chine moderne" (rien que ça). Il avait pas trop le temps de faire du jardinage au Canada, donc.
Une partie du jardin est gratuite, une autre est payante. Dans la partie payante, il y a parfois des visites guidées gratuites où on vous explique comment le jardin a été conçu en utilisant les techniques ancestrales Chinoises. Il faut donc équilibrer le yin et le yang, la lumière et l'ombre, le féminin et le masculin, la choucroute et le Nutella, la XBox360 et la copine, les poils dans la baignoire et les poils dans le lavabo... tout ça, quoi. C'est fou, l'art du Feng Shuitm.
(ils ont même été jusqu'à méticuleusement placer des Immeubles Feng Shuitm là où les lignes d'énergies se croisent... dingue).
Il vaut mieux y aller quand il fait beau, histoire de se faire aggresser les yeux par les Couleurs Vives Feng Shuitm.
L'eau est volontairement sombre et trouble, de manière à créer des Reflexions Feng Shuitm.

Le tout est enfin agrémenté d'Animaux Feng Shui(tm), parmi lesquels on trouve des Tortues Feng Shuitm.
Voilà, j'espère que cet article vous a bien Feng Shuisé la gueule. Vous devriez maintenant être méga zens, super relaxés à donf, à la limite de l'incontinence. Bonne journée!
jeudi 3 mai 2007
Timber!
Mes plus anciens lecteurs se rappellent peut-être que j'étais arrivé à Vancouver en plein pendant des énormes tempêtes hivernales qui ont donné lieu à diverses anecdotes plus ou moins rigolotes. Leurs ravages (aux tempêtes, hein, pas aux anecdotes) sont encore visibles à plusieurs endroits, et plus particulièrement au Stanley Park.
Le Stanley Park, c'est le plus gros parc municipal du Canada, et le 3ème dans l'Amérique du Nord (derrière le Golden Gate National Recreation Area de San Francisco (pratiquement 7 fois plus grand!) et le Chapultepec Park à Mexico). Outre quelques rares vestiges aborigènes1, c'est surtout les 200km et des brouettes de sentiers qui attirent les gens au milieu de ce gros paquet d'arbres. En plus, dans le paquet d'arbres en question, y'en a plein de gros qui ont été arrachés par les tempêtes dont je parlais précédemment, ce qui ajoute une attraction supplémentaire2.
Mûs (mentalement parlant) par notre esprit d'aventure blogo-journalistique et (mécaniquement parlant) par nos fidèles vélos, nous sommes allés voir ça de plus près, ramenant bien sûr avec nous des photos d'un esthétisme indiscutable3.
Donc, ben voilà. Des photos d'arbres cassés. Notez la présence de ma fidèle assistante qui vous donne une idée de l'échelle.
Celui là était tombé en plein milieu d'un chemin, et a donc été tronçonné en deux. Avec l'intérieur du tronc visible, on peut compter le nombre de cercles, ce que les gardes forestiers ont fait. Comme ils sont sympas, ils ont marqué les cercles. Ca evite a des milliers de gens de se faire chier à compter des minuscules lignes pendant 20 minutes en bloquant le passage. L'arbre avait apparemment autour de 800 ans. C'est triste, non?
Une partie du tronc avait été bouffée par je sais pas quoi, et il était à moitié creux, ce qui explique à priori pourquoi l'arbre a succombé au vent. Mais bon, c'était quand même pas de la tempête de gnognotte pour arracher un tel monstre.
Fsssshioouuu, fssshhhhiiiouuu. C'est fort, le vent, en fait.
1 Dont la moitié sont en fait des reconstitutions, vu que les Européens qui sont arrivés en premier y'a quelques siècles ont un peu eu tendance à tout péter avec leurs gros souliers... quand on vous dit que tout est la faute à l'Europe, en fait, des fois, c'est vrai.
2 Oui, y'a pas besoin de grand chose pour faire une attraction.
3 Je dis ça passkeu y'a ma copine sur les photos, alors bon.
lundi 30 avril 2007
Cycle mensuel
Depuis un mois et des brouettes, on a la chance d'avoir des week-ends ensoleillés, même si la semaine est souvent plus tristounette. Du coup, on continue de rentabiliser nos vélos Français1 en passant le plus clair de nos dimanches à pédaler à droite et à gauche. Car ce qui est pratique en centre-ville, c'est qu'il y a pas mal de pistes cyclables.
Pour aller plus loin, c'est possible aussi. Les bus sont équipés de porte-vélos, mais seulement pour deux. On a le droit de monter avec dans le Skytrain, ceci dit, et on peut les emporter sur les petits bateaux qui traversent le Burrard Inlet.
Du coup, avec tout ça, on bronze! En avril! Au Canada! Si c'est pas un comble...
1 Le truc cool quand on a un vélo Français (ou un vélo tout sauf anglo-saxon, en fait), c'est que les dimensions des roues sont en centimètres. Normal, me direz-vous. Mais c'est sans compter sur le fait qu'une petite partie du monde continue de résister encore et toujours à l'envahisseur métrique, s'accrochant comme une moule à un vieux rocher d'unités débiles et réminiscentes d'un temps où, justement, le vélo n'existait pas. Bref, tout ça pour dire que quand on doit acheter une nouvelle chambre à air, les diamètres en inches ("pouces") c'est pas top. Heureusement que Laure a une vision perçante lui permettant de repérer les petites boites dans un coin où c'est marqué en centimètres.
mercredi 18 avril 2007
Fin de saison
Non, je ne parle pas ici des diverses séries télé qui s'achèvent ces temps-ci, mais de la fin de la saison de ski! Le week-end dernier, on est allés visiter Whistler pour deux jours de glisse folle1.
La station est divisée en deux avec Whistler d'un côté, et Blackcomb de l'autre. Les vrais gars qui sont pas des neuneus, ils vont plutôt du côté de Blackcomb, vu qu'il y a un glacier. La vue satellite vous permettra de mieux cerner le coin.
Qui dit montagne au Canada dit petite cabane en bois. Hop, ça a pas raté, on s'en est loué une avec un couple d'amis. Parmi les conseils du jour, ne pas laisser trainer de la bouffe dehors, ou faire cuire des trucs sur la terrasse avant d'aller se coucher, ça peut attirer des ours. Ah ouais. C'est la nature, quoi. Enfin on nous rassure bien en nous disant que c'est "au cas où", et qu'il n'y a jamais eu d'attaque d'ours à Whistler. Je suppose donc que les ours ont jusqu'à présent plaidé la légitime défense ou l'aliénation mentale. A moins que la frontière du comté voisin se trouve habilement à 50m à gauche de la cabane. Enfin bref.
A part le nombre incroyable de surfeurs par rapport à la France, c'est une station de ski tout ce qu'il y a de plus classique, à part peut-être un village plus vivant et doté de plus de restaurants. Du coup, le samedi soir, nos amis nous ont donc dégoté un restaurant franco -bavarois-je-sais-pas-quoi, où un serveur provençal nous a tué à coups de fondues. Au pluriel. Savoyarde et au chocolat. Pour digérer, rien de mieux que de rester dans le froid et de profiter des concerts en plein air du Telus Ski & Snowboard Festival. On laisse l'estomac se tasser, on fait échapper quelques flatulences, et hop, on est prêt pour aller au dodo, parce que le lendemain, il faut être sur les pistes à l'ouverture, non mais.
Une fois la deuxième journée de ski finie, on fonce vers la bagnole pour rentrer à Vancouver. Ca met autour de 2 heures de route pour faire le trajet le long de la "Sea to Sky Highway" ("autoroute de la mer au ciel"). Bon, c'est pas encore vraiment une autoroute, mais y'en a qui y travaillent. C'est que pour 2010, il faut un minimum d'aménagements, dites donc. Le problème, c'est que pour rajouter 2 voies, plus bas-côtés, plus terre-plein central, à une route qui est coincée entre l'eau et la roche sur la moitié du chemin, il faut péter pas mal de morceaux de montagne. Du coup, les environnementalistes râlent (un peu), et demandent que des tunnels soient creusés à la place, il parait que c'est plus écolo. En tous cas, quand on roupille pas parce qu'on est crevé, la vue du Détroit de Howe est très jolie.
Allez hop, une dernière photo de paysage enneigé, avant l'année prochaine!
1 Enfin moi, surtout. Laure, elle a rapidement abandonné pour aller faire des balades en raquettes avec, soit-disant, "un moniteur super mignon". Pfff, un moniteur qu'a trop peur d'aller sur des double black diamond2, ouais!!
2 Ici, y'a des pistes vertes, des pistes bleues, mais pas de rouges ou de noires. A la place, il y a des diamants noirs, et des double diamants noirs. Le bleues et les rouges sont également associées à des icônes, le rond et le carré. C'est qu'il faut penser aux daltoniens, quand même, ma bonne dame.
Posté par Ludovic à 23:09
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mercredi 28 mars 2007
Vite, tous dehors! (Partie 2)
Suite de notre balade côtière du week-end dernier (c'est dingue comment c'est intéressant ce blog)...
Une fois le Pont de Burrard passé, ayé, on voit l'océan!1
A l'horizon, on distingue des gros cargos, probablement chargés de cocaïne en provenance d'un quelconque pays d'Asie. Plus près, les chiens s'éclatent commes des fous puisqu'en ces temps encore frais la plage est entièrement à eux.
Entièrement? Non, car d'irréductibles sportifs comptent bien profiter du beau temps pour dépoussiérer les installations municipales.
Le sable de la plage de Kitsilano était donc foulé par un nombre raisonnable de paires de chaussures, voire même de pneus de VTTs. Et pour ceux qui préfèrent le gazon un peu boueux, moultes parcs sont accessibles le long du chemin, avec des jeux pour les gamins, des vendeurs de glaces ou de hot-dogs pour les affamés, et des terrasses de bars ou de restos avec une jolie vue pour les fatigués.
Les futurs touristes de mon estimé auditoire noteront que cet itinéraire nous fait passer à proximité du MacMillan Space Center (dont le site est méga moche), un musée sur l'espace et les trucs du futur des années 90. Pas grand chose de transcendant à voir, mais on peut y sauver la Terre d'une menace venue de l'espace, et le planétarium est très joli.
(Notez au passage la preuve photographique qu'on a bien sorti nos vélos).
Après tous ces efforts, il ne restait finalement plus qu'à prendre des photos pseudo-artistiques2 pour reposer vos yeux entre les articles les plus verbeux de ce blog, et à refaire le chemin dans l'autre sens, cette fois ci en faisant un petit détour par le joli quartier de Kitsilano, histoire de varier les plaisirs et aussi d'éviter le nombre croissant de promeneurs et joggeurs du dimanche arpentant la côte.
Et pour se récompenser de cette sortie sportive3, rien de tel qu'un chocolat chaud et d'un bon gros plat de cuisine fusion chez un thaïlandais du quartier.
1 Enfin bon, c'est plutôt la Baie de Burrard, et, plus loin, le Détroit de Georgia, mais c'est tout comme.
2 La plupart religieusement cadrées 2/3, 1/3 pour faire plaisir à Charles.
3 Des fois, ça montait.
mardi 27 mars 2007
Vite, tous dehors! (Partie 1)
Comme je le disais dans un article précédent, le week-end dernier c'était l'arrivée du printemps avec moultes tâches bleues dans le ciel, une bizarre absence d'eau qui tombe, et une envie d'aller se balader dehors qui a réussi à conquir...conquérir même les plus pantouflards des expatriés Français1. Muni de nos fidèles vélos Parisiens, nous sommes donc partis en direction de Granville Island, dont j'avais déjà parlé pour cause de marché couvert, afin d'entamer un grand périple côtier (oui, bon, tout est relatif).
En arrivant par ce côté de la presqu'île, on traverse le False Creek Community Centre, où les enfants braillent en descendant les toboggans, les femmes papotent en laissant leurs chiens se renifler les parties génitales avant de retourner lécher la main de leur maitresse, et les hommes nettoient leurs kayaks colorés. Pas loin, on aperçoit les premières boutiques.
Au environs de midi, l'île est remplie de gens qui viennent prendre leur repas à l'air libre.
On croise plusieurs artistes, devant lesquels s'amassent des pigeons (des vrais). Les mouettes, elles, restent perchées dans les hauteurs.
Ceux qui veulent éviter le soleil peuvent toujours se mettre à l'ombre du Pont de Granville.
Les autres se contenteront de regarder de loin l'autre pont, celui de Burrard, en s'enfilant des slouvakis à emporter.
Si on a un bateau, on peut profiter de la météo pour le sortir, mais, euh, bonne chance quoi... je conseille d'aller garer son bateau dans une des autres marinas du coin un peu moins peuplées.
Sinon, le mieux est encore de glander.
Mais nous, on a pas sorti nos vélos pour des prunes, donc on se remet en route vers l'ouest, sans même prendre le temps de manger un morceau... à suivre!
1 Et non, je ne suis même pas sorti en pantoufles... surtout parce que ça me les aurait salies, et du coup ça aurait sali la moquette, et du coup il aurait fallu faire le ménage.







































