Il y a à peu près un an, j'arrivais à Vancouver et démarrais ce blog, tout plein de bonnes intentions et d'étoiles dans les yeux. Après un premier contact un peu délicat, et la découverte des joies de la vie dans un hôtel, je me lançais à la découverte de la ville. Un an plus tard, je peux constater que mes prétentions bloguesques d'origine ont finalement été bien remplies. Avec une moyenne de 2 articles par semaine sur la Colombie Britannique et ses étranges habitants1, et des photos pseudo-artistiques2 en plus pour combler les trous, je m'épate moi-même (même si je commence à accumuler du retard dans mes idées d'articles).
Je poste rarement des choses personnelles, mais le premier anniversaire du blog est l'occasion de faire un premier point, de procéder à une introspection du sujet vancouverois, d'analyser mon expérience de 12 mois et d'en tirer des conclusions certes subjectives, mais posées et argumentées.
Donc voilà: Vancouver c'est trop méga bien bien.
(oui c'est ma tronche, je porte une robe de chambre, et je vous emmerde)Non, sérieux, c'est
cool comme ville.
Bon okay, vous voulez peut-être que je développe. D'abord, l'environnement est super joli, la lumière est magnifique, les forêts sont luxuriantes et les écureuils sont sautillants. Les gens sont globalement sympathiques, et proviennent de plein de pays différents, avec les différentes perspectives sur le monde qui vont avec. On a la montagne et la plage à deux pas, ce qui permet de s'adonner aux joies du beach-volley, des barbecues, du kayak ou du ski en prenant un simple bus
3. On trouve des quartiers résidentiels super calmes et mignons à deux pas des quartiers qui bougent. Le marché du travail, en tous cas dans l'informatique, est bouillonant, et plus particulièrement dans mon secteur, les jeux vidéos. Et les vancouveroises sont bien foutues.
Evidemment, si vous êtes anthropologue, que vous n'aimez pas les sushis, que vous détestez les sports d'hiver et que la pluie vous déprime, vous pourrez passer votre chemin... mais en ce qui me concerne,
Vancouver place la barre assez haut en termes d'exigences à remplir pour être mon chez moi.
Bien sûr on peut lui reprocher tout un tas de choses. On aimerait plus de boutiques, plus de restaurants, plus de lieux culturels, plus de festivals, plus de crottes de chien par terre, etc. Mais la ville est encore jeune. Incroyablement jeune, même. Ca ne veut pas dire qu'elle réussira mieux que les autres — probablement l'inverse, même, le temps de commettre quelques erreurs de jeunesse — mais cela veut dire qu'elle bouge, qu'elle se cherche, qu'elle se transforme, qu'elle s'adapte. Il faut bien se dire que
Vancouver n'a même pas 150 ans. Ca veut dire que, pendant que
Paris avait déjà vu passer une bonne dizaine de régimes politiques,
Vancouver était une colline avec de l'herbe et quelques huttes
Musqueam. Ca veut dire que pendant que
Haussman s'attellait à d'impressionnants aménagements urbains, des chercheurs d'or boueux et des bûcherons burinés allaient boire un coup dans la seule taverne du coin. Ca veut dire que pendant que la
Tour Eiffel était en construction, quelques milliers de personnes voyaient arriver la première ligne de chemin de fer dans leur ville nouvellement constituée.
Le chemin qu'a parcouru
Vancouver en à peine plus d'un siècle est incroyable. C'est maintenant la 3ème plus grosse ville du
Canada, et elle continue de se développer de manière vertigineuse, démographiquement et économiquement. Elle est couramment considérée comme l'une des
meilleures villes du monde par divers cabinets d'étude. Elle a tout devant elle, et c'est bien ça son côté fascinant: son potentiel. A quoi va ressembler
Vancouver après les
Jeux Olympiques de 2010, et tous les projets d'urbanisme qu'ils amènent? A quoi va-t-elle ressembler en 2020 avec une population qui devrait quadrupler d'ici là? Comment l'installation toute récente de
Microsoft va-t-elle affecter l'industrie
high-tech locale? Est-ce que
Brad le
Bachelor va finalement rappeller
Jenni?
Vancouver est véritablement une ville vivante en ce sens qu'elle se transforme sous nos yeux. Le résultat sera peut-être décevant — auquel cas on ira tout simplement s'installer ailleurs — mais je sais que les prochaines années seront assurément passionnantes à vivre.
1 Rappellez-vous les
diverses activités
intéressantes des indigènes.
2 Et faisant toutes figurer, de manière fort douteuse, un ciel bleu. La magie de la technologie moderne est probablement à l'oeuvre.
3 Voire même en vélo pour la moitié des endroits.