15 juin 2007

Petit bateau!

False Creek, c’est le petit bout d’eau salée qui passe sous les 3 ponts (Bur­rard, Gran­ville et Cam­bie) qui mènent au centre-ville quand on vient du sud (comme par exemple depuis l’aéroport).

Pour ceux qui ne veulent pas se taper des détours pour aller d’une rive à l’autre, il existe un sys­tème de fer­ry­boats. Les deux com­pa­gnies qui se par­tagent le busi­ness vous per­mettent de tra­ver­ser pour 2 à 8$, en fonc­tion de la lon­gueur du tra­jet. C’est plus cher que le bus, et pas for­cé­ment plus rapide, mais se lais­ser conduire à tra­vers False Creek au bruit des cla­po­te­ments de l’eau1, ça fait plai­sir de temps en temps.

Ferryboat

1 Et du gros moteur à essence, aussi.

9 avril 2007

Le jeu des différences pas importantes: l’art d’attendre le bus

Je me rap­pelle, les yeux emplis de nos­tal­gie, les quelques années pas si loin­taines que ça pen­dant les­quelles je pre­nais tous les jours le bus 44 de Cergy-Préfecture pour aller à la Z.I. des Beaux Soleils1 ou, avant ça, le bus 65 ame­nant de Répu­blique à Marx Dor­moy. De cette grande expé­rience rou­tière, j’ai pu tirer la leçon qu’un arrêt de bus c’est une sorte de champ de bataille quo­ti­dien où les héros se créent, les légendes se forgent, et les faibles res­tent sur le trot­toir à attendre le bus sui­vant lorsqu’il n’y a pas assez de place.

Fort de mon expé­rience en la matière, j’approche mon pre­mier arrêt de bus Van­cou­ve­rite d’un pas vif, cou­vrant tous les angles d’attaque avec des mou­ve­ments rapides de la tête, essayant de déter­mi­ner, grâce à l’usure du tar­mac, l’endroit exact où le bus s’arrête. D’autres per­sonnes viennent de des­cendre du Sky­train en même temps que moi, mais ma démarche Pari­sienne me four­nit l’accélération suf­fi­sante pour les lais­ser loin der­rière. Mouah ah ah, il n’y a qu’une seule per­sonne atten­dant à côté du pan­neau Trans­link, je me poste donc à côté de lui, content d’avoir grugé une dizaine de per­sonnes2.

Mais assez rapi­de­ment, je me dis qu’il y a un truc qui cloche… à moins que per­sonne ne fasse la cor­res­pon­dance avec le bus, il devrait y avoir des gens qui viennent s’aglutiner autour du piquet… je me retourne, et je vois un gars qui est planté der­rière moi. Je me penche… y’a un autre gars planté der­rière lui.

Mais…?!!

L’impensable vérité se pré­sente à moi… les gens font la queue pour le bus les uns der­rière les autres! Genre, une vrai queue, quoi! Et quand le bus arrive, ils rentrent tous l’un après l’autre sans dou­bler! Bor­del de phal­lus d’iguane en bois, c’est quoi ce pays?! Comme le disait je ne sais plus quel autre blo­gueur fran­çais, c’est un peu le pays de Bisou­nours, ici… enfin quoique… parce qu’apparemment, c’est spé­ci­fique à Van­cou­ver. Un ami de Toronto me disait qu’il était éga­le­ment sidéré, et qu’à Toronto, c’était bien le bor­del, avec tout le monde qui veut ren­trer en même temps dans le bus. Une façon civi­li­sée de faire, quoi. Mais ici, houlà, non, côte ouest oblige, fau­drait pas faire pareil que tout le monde.

Mora­lité, voilà, je suis frus­tré, et je dois me défou­ler autre­ment, comme par exemple en écou­tant de la musique sata­niste et en sacri­fiant des ham­sters à Nyar­la­tho­thep… (je rigooole, maman, ne t’inquiète pas… j’achète les ham­sters déjà morts à un pote zoophile).

1 Ber­ceau d’un des fleu­rons de l’ingénierie Française.

2 Depuis qu’on s’est fait gru­ger 2 fois dans la file d’attente du Musée du Vati­can à Rome et qu’il s’est avéré les 2 fois que c’était des Fran­çais, je me dis que c’est plus la peine d’essayer de don­ner une bonne image de la France à l’étranger. Je peux me lais­ser aller à mes ins­tincts les plus vils en tout impu­nité. D’ailleurs, là, vous le voyez pas, mais je suis à poil devant la fenêtre.