30 mai 2011

Le jeu des differences pas importantes: les rues et les avenues

Je sais pas vous, mais moi, après toute une enfance pas­sée en France, je me suis habi­tué à cer­tains trucs vis-à-vis de la signi­fi­ca­tion des mots. Par exemple, une “entrée” (en fran­çais dans le texte) désigne le plat qui pré­cède le plat prin­ci­pal, et non pas le plat prin­ci­pal lui-même (les trois quarts des res­tau­rants nord-américains s’entêtent à pen­ser le contraire). Et une douche, c’est ce que tout le monde prend le matin pour être propre et sen­tir bon – c’est pas un truc pour se net­toyer le vagin.

Dans le même genre, quand on me parle de rues et d’avenues, je m’imagine des voies de cir­cu­la­tion urbaines plus ou moins grosses… mais pas ici. Regar­dons rapi­de­ment une carte de Van­cou­ver:

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Voilà, hop, c’est déjà n’importe quoi. Ils ont plein de petites ave­nues (une pour chaque pâté de mai­son) qui croisent une grosse rue. Ca devrait pas être l’inverse?

En fait, au Canada (ainsi que dans d’autres pays comme les Etats-Unis), la plu­part des villes adoptent un sys­tème où les déno­mi­na­tions de “rue” et “ave­nue” sont don­nées aux axes orien­tés dans un sens donné. Ainsi, à Man­hat­tan, les rues sont orien­tées d’Est en Ouest, alors que les ave­nues sont orien­tées du Nord au Sud. A Van­cou­ver, comme vous pou­vez le consta­ter, c’est l’inverse – les ave­nues sont orien­tées Est/Ouest et les rues Nord/Sud (vous vous rap­pel­lez qu’ici on a un sys­tème rou­tier en grille, j’espère?). Il n’y a pas vrai­ment de stan­dard, chaque ville fait ce qu’elle veut (et cer­taines ont un sys­teme encore com­plè­te­ment différent).

Là où ça devient le bor­del, c’est que cer­taines de ces villes (et plus par­ti­cu­liè­re­ment Van­cou­ver) se sont déve­lop­pées en l’espace de quelques décen­nies plu­tôt que quelques siècles. Les res­pon­sables de la pla­ni­fi­ca­tion urbaine n’ont pas tou­jours pris le temps de renom­mer les voies ou de pré­voir de la place dans les numé­ros pour des futurs quar­tiers. Ainsi, vers Stra­th­cona et Grandview-Woodlands, au Nord de la 1ère Ave­nue, toutes les rues sont, euh, des rues (c’était ça ou numé­ro­ter les ave­nues avec des nombres néga­tifs). Et le gros axe qui tra­verse le quar­tier s’appelle “Com­mer­cial Drive”, alors que le suf­fixe “Drive” est d’habitude réservé aux rues semi-privées qui vous amènent chez un particulier.

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Vous avez aussi d’autres sub­ti­li­tés comme les rues inter­rom­pues: si vous avez un obs­tacle, genre un parc, un lac ou je sais quoi, une rue peut se ter­mi­ner en cul-de-sac, et reprendre de l’autre côté. Par exemple, ici, “Osler Street” (orien­tée Nord/Sud, donc… vous sui­vez un peu, oui?) s’arrête devant le Jar­din Bota­nique de Van Dusen et conti­nue vers Sud.

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C’est super pour trou­ver une addresse non? Et ça c’est sans comp­ter les rares (mais bien réelles) occu­rences de rues et d’avenues por­tant le même nom.

Bref, pre­nez un GPS quand vous par­tez en vadrouille…

1 mai 2011

L’art d’attendre le bus: le retour

Si vous êtes un lec­teur de longue date, vous vous rap­pel­lez peut-être que l’un de mes pre­miers chocs cultu­rels en arri­vant à Van­cou­ver était la décou­verte qu’ici les gens font la queue pour attendre le bus. Genre une vraie queue, l’un der­rière l’autre, et on monte cha­cun à son tour sans essayer de gru­ger. Aujourd’hui, pour vous mon­trer que ça peut prendre des pro­por­tions incroyables, je vous ai fait une petite vidéo:

17 janvier 2011

En 2011, tout le monde est gentil

Oui, bon, ça com­mence à faire un peu tard pour sou­hai­ter une bonne année, mais on est encore en Jan­vier donc ça marche… et vous savez que pen­dant la sai­son de ski et de cadeaux, il faut pas trop comp­ter sur moi. Enfin bref, bonne année à tout le monde!

Quelle est donc la bonne réso­lu­tion de 2011? J’en sais rien, perso je prend pas de bonnes réso­lu­tions, mais si vous vou­lez ame­ner un peu du Canada dans votre vie, vous pou­vez déci­der de deve­nir plus gen­til! “Gen­til com­ment?”, allez-vous me deman­der… “Gen­til comme un poli­cier Cana­dien” que je vais vous répondre.

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Vous vous rap­pel­lez peut-être de cette anec­dote d’il y 2 ans, où un poli­cier, nous voyant pico­ler du vin rouge de manière tota­le­ment illé­gale sur la plage, vient nous voir pour nous dire “his­toire que vous soyez au cou­rant, ça, c’est illé­gal ici” et repart aus­si­tôt. Eh bien je peux vous en racon­ter d’autres, des anec­dotes… par exemple, un ami de Seat­tle qui, un peu fati­gué par la route pour venir à Van­cou­ver par le vol en avion pour Cal­gary, enchaine les bourdes rou­tières les unes après les autres. Un poli­cier l’arrête deux ou trois fois de suite, s’excusant à chaque fois: “excusez-moi, mon­sieur, mais vous sem­blez avoir grillé un feu rouge”. Ou “excusez-moi, mon­sieur, j’ai bien peur que vous ne vous soyez engagé dans une rue à sens unique”. Au final, le poli­cier offre de l’excorter jusqu’à son hotel.

Un autre ami, qui se fait cho­per sans titre de trans­port à la sor­tie du Sky­train, donne un faux nom au poli­cier qui décide ensuite d’appeller le cen­tral pour véri­fier son iden­tité, men­tion­nant que si tout est en ordre, il le lais­sera par­tir sans amende. Mon ami s’enterre dans un gouffre de cor­rec­tions à deux balles (“euh, en fait, mes amis m’appellent John, mais mon vrai nom c’est Ernest”), et le poli­cier, après un sou­pir et une deuxième véri­fi­ca­tion avec le cen­tral, le laisse par­tir avec un avertissement.

En par­lant du métro, d’ailleurs, les control­leurs de Trans­link sont les plus gen­tils du monde. En France, les control­leurs ils sont pas cons, ils contrôlent à la sor­tie du train, pour cho­per les malins qui ont voyagé sans payer. J’ai même vu plu­sieurs fois des control­leurs pos­tés der­rière un tour­nant du cou­loir de sor­tie, pour ne pas que les gens dans le train les aper­çoivent et décident de res­ter dans la rame jusqu’à la sta­tion sui­vante, mais avec des offi­ciers habillés en civil au niveau du quai pour jus­te­ment attra­per les per­sonnes ayant un com­por­te­ment sus­pect, genre “je fais demi-tour au der­nier moment”… mais ici non: ils contrôlent à l’entrée. A l’entrée! Et la moi­tié du temps, juste à côté des machines pour ache­ter les billets! Super intel­li­gent, non?

De temps en temps, ils contrôlent à l’embarquement du train, loin der­rière la ligne de vali­da­tion du titre de trans­port, mais même là il est facile de s’en tirer. Par exemple, l’excuse du “oh mince, par­don, j’ai oublié de vali­der mon ticket, je vais aller le faire tout de suite” marche. Si si, j’ai testé pour vous, et quelques autres per­sonnes m’ont dit que ça avait mar­ché pour eux aussi. Trop gen­tils les control­leurs. Et c’est pas qu’ils sont stu­pides, hein… on voit clai­re­ment sur leur visage qu’ils ne vous croient pas, mais c’est juste que, ben, c’est la west coast, quoi. C’est pas grave… cool, gars. Relax. Pas de pres­sion. Wha­te­ver.

Evi­dem­ment, les poli­ciers et les control­leurs ne sont pas 100% gen­tils, faut pas pous­ser non plus. Le Canada c’est le pays des Bisou­nours, mais même chez les Bisou­nours y’a des méchants. Mais j’ai pour l’instant entendu énor­mé­ment plus d’anecdotes du genre “ils sont soit super gen­tils, soit super cons… peut-être les deux” que des anec­dotes du genre “CRS SS sales encu­lés de leur mère”… donc voilà, en 2011, répan­dez bon­heur et joie autour de vous, soyez gen­til comme un poli­cier Canadien!

24 octobre 2009

Gros bateau

Pen­dant qu’on est sur le sujet, et pour faire un peu contraste avec les petits, voilà une photo des nou­veaux fer­rys construits en pré­vi­sion des jeux olym­piques. Ce sont des bateaux de classe “Super C”, et, dans la bonne tra­di­tion nord-américaine du “on est les meilleurs de notre caté­go­rie, sachant que notre caté­go­rie est tel­le­ment res­tric­tive qu’on est presque les seuls dedans de toutes façons” (encore une façon de se la péter), ce sont les “plus gros tra­ver­siers à double embar­que­ment du monde” (com­prendre: on peut faire ren­trer les véhi­cules par l’avant et l’arrière, et le navire est géné­ra­le­ment sym­mé­trique… ça évite au capi­taine de devoir faire demi-tour, c’est moins compliqué).

Gros bateau

Voilà.

Mmh? Quoi? “Il va où le bateau”?

Ben il va dans ton cul.

Bon okay, il va vers Nanaimo, sur l’Île de Van­cou­ver. Mais bon, c’est pas comme si c’était très inté­res­sant tout ça.

4 septembre 2009

La ligne du Canada

Canada Line

Parmi les nom­breux amé­na­ge­ments que nous amènent les imi­nents Jeux Olym­piques d’Hiver on trouve Canada Line, une nou­velle ligne de métro qui relie le centre-ville de Van­cou­ver à l’aéroport et à Rich­mond, en ban­lieue sud. Elle vient d’ouvrir mi-Août donc ça sent encore le neuf! Et pour une rai­son qui me dépasse, le pre­mier jour, il y avait des files d’attente pour mon­ter dans les rames! A croire qu’il y a rien de bien plus inté­res­sant à faire en été…

Tout comme les deux autres lignes, les rames sont cli­ma­ti­sées, auto­ma­tiques et sans chauf­feurs, et on peut faci­le­ment essayer de se sui­ci­der en sau­tant sur les voies depuis le quai (par contre le train arrive rela­ti­ve­ment len­te­ment donc je ne garan­tis pas le suc­cès de l’opération). Il y a quelques nou­veau­tés, par contre: des indi­ca­tions en temps réel du traf­fic dans les sta­tions, des rames conçues pour des voya­geurs encom­brés de nom­breux bag­gages, une cou­ver­ture réseau télé­pho­nique sur l’intégralité de la ligne pour que les hommes d’affaires impor­tants et les ado­les­centes éner­vantes puissent res­ter en com­mu­ni­ca­tion avec leurs potes, et des amé­na­ge­ments pour les vélos à la fois dans les sta­tions et dans les rames.

Si per­so­nel­le­ment je suis bien content de l’arrivée de cette nou­velle ligne, avec quelques sta­tions qui me ser­vi­ront bien, vous pou­vez bien vous dou­ter que sa construc­tion ne s’est pas dérou­lée sans protestations…

Déjà, n’importe quel pro­jet rela­tif de près ou de loin aux J.O. va atti­rer moultes détrac­teurs, et le dis­cours d’origine du conseil muni­ci­pal (“non non non, on vous assure, ça n’a rien à voir avec les jeux”) n’a sans doute pas arrangé les choses. C’est que Trans­Link, la com­pa­gnie de trans­ports publics locale, avait dans ses plans deux autres exten­sions, la Ever­green Line (pour des­ser­vir le “Tri­City Area” en ban­lieue est, main­te­nant pré­vue pour 2014), et une conti­nua­tion de la Mil­le­nium Line le long de Broad­way jusqu’à UBC (pré­vue d’ici 2020). Ces De nom­breuses per­sonnes pensent qu’il aurait été net­te­ment plus pro­duc­tif de construire l’une de ces 2 lignes en pre­mier, mais que la ligne en direc­tion de l’aéroport a été mise en avant dans l’espoir de faire plai­sir aux tou­ristes pen­dant la période des jeux. D’autres pensent que des inves­tis­se­ments dans le réseau de bus serait plus béné­fique. Cer­tains ont accusé Trans­Link d’avoir mani­pulé les pro­jec­tions d’usagers pour jus­ti­fier la construc­tion de la ligne, ou d’avoir mis en place des par­te­na­riats louches entre fonds publics et privés.

Le seg­ment de ligne le long de Cam­bie Street a été l’un des plus cri­ti­qués. Pen­dant la durée des tra­vaux, les plaintes de la part des habi­tants et des com­mer­çants ont été nom­breuses. Des bou­tiques et res­tau­rants ont mis la clé sous la porte en accu­sant les chan­tiers de construc­tion d’avoir tari leur clien­tèle, et ce mal­gré des cam­pagnes mar­ke­ting menées par Trans­Link pour pous­ser les gens à sou­te­nir leur quar­tier. Divers pro­cès ont été lan­cés, quelques-uns s’achevant avec une vic­toire de la part des com­mer­çants, et des larges sommes d’argent versées.

Et évi­dem­ment, les dépas­se­ments de coûts et l’impact de la ligne de métro sur les taxes locales ou les valeurs immo­bi­lières garan­tissent que la Canada Line sera le bouc émis­saire de bien des maux, à tort ou a rai­son, pen­dant quelques années. Si j’ai le temps et le cou­rage, je vous par­le­rai d’ailleurs de l’autre bonne source de cri­tiques, à savoir le Vil­lage Olym­pique, qui déchaine d’ailleurs encore plus les passions.

En tous cas, moi je m’en fous, main­te­nant je peux aller chez Best Buy et Cana­dian Tire en métro et ça c’est cool.

MàJ: notez que la branche du métro qui va à l’aéroport éco­pera d’une sur­taxe à par­tir, nor­ma­le­ment, de Jan­vier pro­chain. L’augmentation tari­faire devrait per­mettre à la fois à Trans­Link de rem­bour­ser ses dettes plus rapi­de­ment, mais aussi de cal­mer les autres com­pa­gnies de trans­ports (taxis, navettes, etc.) qui ne voient pas toute cette affaire d’un très bon oeil.

3 mars 2009

Le jeu des différences pas importantes: les carrefours

Et je parle pas des super-marchés, hein. Je parle des vrais car­re­fours, ceux aux­quels vous ris­quez de mour­rir dans d’atroces souf­frances rien qu’en y met­tant un pied des­sus. Sauf qu’aujourd’hui on va par­ler du point de vue du conducteur.

En France, quand on s’arrête à un feu rouge, c’est simple: on avance, et quand on arrive devant le feu rouge, on s’arrête. On s’arrête au feu rouge, donc. Simple. Efficace.

Au Canada, c’est plus com­pli­qué. Si vous essayez de vous arrê­ter au feu rouge, vous êtes dans la merde. Voyez plutôt:

Illustration

Si vous venez d’en bas à droite et que vous vou­lez conti­nuer à tra­vers le car­re­four, il faut vous arrê­ter à la ligne rouge. Le point rouge sur le côté de la route, de l’autre côté du croi­se­ment, c’est l’endroit où se trouve le poteau pour le feu de cir­cu­la­tion. Il y a en fait dans ce cas 3 feux (un pour chaque voie), qui pen­douillent à quelques mètres du sol. Je vous ai entouré l’ombre de ces feux avec le cercle rouge.

Vous com­pren­drez donc que si vous vou­lez vous arrê­ter au feu rouge comme en France, vous vous arrê­tez en fait au milieu du croi­se­ment, ce qui est assez moyen­ne­ment recom­mandé par les dépar­te­ments de la sécu­rité rou­tière des deux pays.

Un des avan­tages de ce sys­tème, tou­te­fois, est de ne pas néces­si­ter de feu secon­daire en bas du poteau pour la pre­mière voi­ture qui attend, comme c’est le cas en France. Ca fait tou­jours ça en moins à entre­te­nir et à ali­men­ter en énergie…

Les plus obser­va­teurs remar­que­ront éga­le­ment qu’en plus des 3 ombres des 3 feux, on peut voir l’ombre d’un pan­neau rec­tan­gu­laire hori­zo­nal. Ce pan­neau est une idée gran­diose: y figure en effet le nom de la rue que vous croi­sez à ce car­re­four. Plus besoin de se repé­rer en essayant de trou­ver un pan­neau minus­cule accro­ché quelque part au mur d’un bâti­ment du coin!

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Et le pre­mier qui me dit qu’on a qu’à ache­ter un GPS, je lui en colle une.

22 mars 2008

Du déplacement pédestre dans un système routier en grille

Dans un récent article, on a abordé le sys­tème rou­tier en grille de Van­cou­ver, ainsi que les avan­tages que ça apporte. Un avan­tage que je n’ai pas men­tionné est la géné­ri­cité d’un tel sys­tème en ce qui concerne les déplacements.

Par exemple, le dépla­ce­ment suivant:

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…est équi­valent au dépla­ce­ment suivant:

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…si on consi­dère que l’important, c’est le point de départ et le point d’arrivée.

Il s’agit alors de trou­ver, parmi les nom­breuses pos­si­bi­li­tés de dépla­ce­ment, laquelle sera la plus rapide.

Contexte et postulats

Comme je me déplace prin­ci­pa­le­ment à pied per­so­nel­le­ment, je ne vais par­ler que de pié­tons ici. Ensuite, comme on se déplace sur une grille, la dis­tance est la même quelque soit la tra­jec­toire (si on ne prend évi­dem­ment en compte que les tra­jec­toires directes qui ne font pas de détour). Si on exclut les consi­dé­ra­tions telles que les varia­tions de vitesse en fonc­tion de la pente, le seul fac­teur réel­le­ment impac­tant dans le temps de tra­jet est le temps d’attente aux feux rouges.

J’ai écrit un petit pro­gramme per­met­tant de simu­ler le tra­jet d’un pie­ton à tra­vers une grille, duquel je tire les dia­grammes et les chiffres que je donne dans la suite de cet article. Les hypo­thèses de départ sont les suivantes:

  • Du point de vue du pié­ton, les feux de cir­cu­la­tion sont aléa­toires. En vérité, ils sont plus ou moins syn­chro­ni­sés, mais comme cette syn­chro­ni­sa­tion est faite pour les voi­tures, qui se déplacent de manière signi­fi­ca­ti­ve­ment plus rapide que les pié­tons, elle est tota­le­ment per­due pour une vitesse moyenne de marche. De plus, une dif­fé­rence de quelques pour­cents dans la vitesse de marche amène une grande dif­fé­rence dans l’état des feux ren­con­trés pen­dant le tra­jet. Comme il s’agit ici de trou­ver un algo­rithme géné­rique qui ne dépend ni du lieu géo­gra­phique, ni du pié­ton, j’ai opté pour un modèle aléa­toire de feux de circulation.
  • Le temps de feu vert et de feu rouge est de 30 secondes cha­cun. En bon fran­çais, on tra­verse en cou­rant comme un sagouin au feu orange cli­gno­tant, donc je compte ça comme un feu vert.
  • La grille est uni­forme, et chaque inter­sec­tion est iden­tique. En pra­tique, il y a sûre­ment quelques endroits dans votre quar­tier où la grille est “cas­sée” d’une manière ou d’une autre. Sur mon tra­jet jour­na­lier pour aller au bureau, par exemple, je sais qu’en lon­geant le B.C. Sta­dium, j’avancerai de 3 pâtés de mai­son sans ren­con­trer d’intersection, et donc garanti sans feu rouge. J’optimise donc mon tra­jet mati­nal en don­nant un biais à mon algo­rithme de manière à pas­ser par là si cela semble bénéfique.

Le but du jeu est, par­tant d’une inter­sec­tion don­née, aller à une autre inter­sec­tion don­née. Disons que cette des­ti­na­tion est le croi­se­ment de la rue Lati­tude (qui est “hori­zon­tale”, orien­tée d’est en ouest) et de la rue Lon­gi­tude (qui est “ver­ti­cale”, orien­tée du nord au sud).

Quelques algo­rithmes simples

L’aglorithme le plus simple, voire le plus stu­pide, consiste à aller tout droit en par­tant de chez soi jusqu’à atteindre la rue Lati­tude, puis de remon­ter cette rue jusqu’à atteindre Lon­gi­tude.

Un algo­rithme tou­jours simple, mais un peu plus malin, consiste à tra­ver­ser sys­té­ma­ti­que­ment la rue du côté où on voit un feu vert. Une fois de l’autre côté, on conti­nue sur sa tra­jec­toire. Si on atteint l’une des deux rues ter­mi­nales (Lati­tude ou Lon­gi­tude), on se contente alors d’aller tout droit jusqu’à la des­ti­na­tion. J’ai appellé cet algo­rithme “algo­rithme opportuniste”.

Pour mes tests, j’ai consi­déré 4 types de tra­jets: 5x5, 5x10, 10x10 et 10x20, où les deux chiffres cor­res­pondent au nombre de pâtés de mai­son à tra­ver­ser res­pec­ti­ve­ment vers l’est et vers le nord (on démarre donc “en bas à gauche” et on va “en haut à droite”). Ces 4 tra­jets sont simu­lés 100.000 fois pour cha­cun des algo­rithmes, et le temps d’attente total de chaque tra­jet est enre­gis­tré (le temps d’attente total d’un tra­jet étant la somme de toutes les attentes à tous les feux rouges ren­con­trés). Je n’ai pas été au delà de 10x20 car j’estime qu’une dis­tance plus grande inci­tera à prendre son vélo ou les trans­ports en com­mun, à moins qu’on soit en train de se bala­der, auquel cas on est pas pressé. Pour infor­ma­tion, mon tra­jet pour aller au bureau est de 7x8.

On peut déjà consta­ter que l’algorithme oppor­tu­niste est non seule­ment net­te­ment plus effi­cace que l’algorithme stu­pide, mais aussi plus sûr.

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On constate éga­le­ment que l’algorithme oppor­tu­niste ren­contre moins d’attente en moyenne pour un tra­jet 10x10 qu’un tra­jet 5x10, alors que c’est un tra­jet plus long. Mon inter­pré­ta­tion est que comme 5x10 est un tra­jet plus “étroit”, le pié­ton peut plus rapi­de­ment débou­cher sur la rue Lon­gi­tude, et se retrou­ver à devoir avan­cer bête­ment tout droit, sans aucun autre choix que d’attendre à chaque feu rouge. Le tra­jet 10x10, par contre, est “large”, et per­met au pié­ton d’avoir plus de “marge de manoeuvre” pour tour­ner à droite ou à gauche en fonc­tion des feux.

Un peu d’optimisation

On peut légè­re­ment amé­lio­rer l’algorithme oppor­tu­niste, de manière simple. Lorsqu’on se retrouve à un coin sud-ouest d’un pâté de mai­son (juste après avoir tra­versé la rue, donc), plu­tôt que de conti­nuer dans la direc­tion qu’on sui­vait pré­cé­dem­ment, on se diri­gera dans la direc­tion vers laquelle il nous reste le plus de che­min à par­cou­rir. Ainsi, si on est est plus près, en nombre de pâtés de mai­son, de la rue Lon­gi­tude que de la rue Lati­tude, on ira vers le nord. Sinon, on ira vers l’est. Cet algo­rithme est “l’opportuniste légè­re­ment malin”.

Cette opti­mi­sa­tion donne des résul­tats assez frappants:

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Un peu plus d’optimisation (enfin, une tentative)

J’ai ensuite écrit deux nou­veaux algo­rithmes: “l’opportuniste malin”, et le “sacri­fi­ciel”. Ces deux algo­rithmes ont pour but de cor­ri­ger le pro­blème que j’ai men­tionné à pro­pos des tra­jets “étroits”, et de la situa­tion peu dési­rable d’aboutir sur une rue ter­mi­nale alors que l’autre rue ter­mi­nale est à plu­sieurs pâtés de mai­son de là. Il s’agit donc de lais­ser plus de “marge de manoeuvre” au pié­ton en essayant d’atteindre les deux rues ter­mi­nales le plus pos­sible en même temps, même s’il faut sacri­fier un peu de temps au milieu du trajet.

L’opportuniste malin reprend l’algorithme de l’opportuniste légè­re­ment malin, mais y ajoute la varia­tion suivante:

  • Si on se trouve plus proche d’une des deux rues ter­mi­nales par rap­port à l’autre (par exemple on est à 2 pâtés de mai­son de Lon­gi­tude, et à 5 de Lati­tude), on peut igno­rer un feu vert et pré­fé­rer, si pos­sible, tour­ner en res­tant sur le même bloc afin de se diri­ger vers la rue ter­mi­nale la plus loin­taine. Par exemple, si on est au coin nord-ouest d’un bloc et que le feu vert nous per­met­trait de tra­ver­ser vers le nord, mais qu’on se trouve très proches de Lati­tude, on ne va pas tra­ver­ser, et plu­tôt lon­ger le bloc vers l’est afin de se rap­pro­cher de Lon­gi­tude.

L’algorithme sacri­fi­ciel, lui, va plus loin, accep­tant de faire des sacrifices:

  • Si on se trouve vrai­ment très proche d’une des deux rues ter­mi­nales, on veut abso­lu­ment conti­nuer vers la rue ter­mi­nale la plus loin­taine, même si cela veut dire qu’on se tape un feu rouge.
  • On n’accepte de se taper un feu rouge que si ce feu rouge est “bien mûr”, à savoir qu’on ne l’a pas vu pas­ser au rouge alors qu’on appro­chait. J’estime que si le feu dure 30 secondes, on peut rai­son­na­ble­ment savoir si un feu est rouge depuis au moins 20 secondes, car cela veut dire qu’il est ren­tré dans le champ de vision du pié­ton 30 mètres envi­ron avant que celui-ci l’atteigne. Le pié­ton peut en plus s’aider du feu per­pen­di­cu­laire, qui devrait cli­gno­ter en orange si le croi­se­ment va bien­tôt bas­cu­ler de sens. J’ai uti­lisé 2 ins­tances de cet algo­rithme: un qui accepte de se taper des feux rouges vieux d’au moins 20 secondes, et un qui accepte ceux vieux d’au moins 25 secondes (ce qui veut dire qu’on sacri­fie, au plus, 10 et 5 secondes respectivement).
  • On n’accepte de se taper un feu rouge que si l’on est signi­fi­ca­ti­ve­ment plus proche d’une rue ter­mi­nale que d’une autre. Les 2 ins­tances de l’algorithme uti­lisent éga­le­ment 2 réglages dif­fé­rents pour cela: une qui accepte de sacri­fier du temps si on est 3 fois plus loin d’une rue ter­mi­nale que d’une autre, et une qui accepte lorsqu’on est 4 fois plus loin.
  • Les 2 ins­tances sont nom­mées, dans les graphes ci-dessous, “Sacri­fi­cal 3/-10″ (3 fois plus loin, 10 secondes) et “Sacri­fi­cial 4/-5″ (4 fois plus loin, 5 secondes). Le pre­mier algo­rithme est donc plus prompt à sacri­fier du temps à un feu rouge que le deuxième.

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D’abord, on constate que l’opportuniste malin est en fait moins effi­cace que l’opportuniste légè­re­ment malin. Je pense que c’est tout sim­ple­ment parce qu’on fait l’erreur de tro­quer un “gain cer­tain” (un feu vert) pour un “gain hypo­thé­ti­que­ment plus grand” (igno­rer le feu vert et aller à une autre inter­sec­tion pour se rap­pro­cher de la rue ter­mi­nale la plus loin­taine, mais s’exposer à la pos­si­bi­lité d’avoir un feu rouge mal placé). Cette erreur est un phé­no­mène assez clas­sique de psy­cho­lo­gie humaine, et est bien sou­vent peu béné­fique, comme on peut le voir éga­le­ment dans des jeux comme “Deal Or No Deal”, connu pen­dant un temps dans l’hexagone sous le titre “A prendre ou a lais­ser”, alias “La Boi­boite D’Arthur”.

L’algorithme sacri­fi­ciel, lui, per­met de gra­piller quelques secondes dans cer­tains cas, notam­ment les cas où, jus­te­ment, il y a peu de marge de manoeuvre dès le depart (tra­jets courts ou “étroits”), mais perd de son inté­rêt pour les voyages longs et “larges”. De plus, il est légè­re­ment moins sûr que la plu­part des autres algo­rithmes. N’oublions pas éga­le­ment que dans le monde réel l’évaluation de l’âge d’un feu rouge peut être gênée par divers phé­no­mènes, tel que l’obstruction de la vue du pié­ton, par exemple, ce qui rend l’application de cet algo­rithme plus délicat.

Conclu­sion

Il me semble que l’algorithme oppor­tu­niste légè­re­ment malin est le plus effi­cace, sur­tout si on le com­bine sub­ti­le­ment, ici et là, avec un peu d’algorithme sacri­fi­ciel, notam­ment quand on se retrouve à des dis­tances trop inégales des deux rues ter­mi­nales, et qu’on est rela­ti­ve­ment sûr de son éva­lua­tion de l’âge d’un feu rouge (la plu­part du temps parce que le feu per­pen­di­cu­laire cli­gnote depuis plu­sieurs secondes). Enfin, lorsqu’on com­bine le tout avec une cer­taine connais­sance du quar­tier, on peut faire des tra­jets sans aucun temps d’attente à aucun feu rouge dans la majo­rité des cas!

Si vous avez repéré des erreurs, ou que vous avez des sug­ges­tions, n’hésitez pas à pos­ter un com­men­taire. Et pour ceux qui vont inévi­ta­ble­ment me dire que c’est beau­coup s’embêter pour éco­no­mi­ser 23 secondes par jour, je leur dis “crotte”. En plus, ces gens là ne sont sans doute pas ingé­nieurs, donc ils ne peuvent pas com­prendre qu’être ingé­nieur c’est plus qu’une for­ma­tion, un métier, une pas­sion… c’est un véri­table mode vie! La quête du savoir! La soif d’optimisation! La joie de gas­piller du temps et de l’argent à tra­vailler sur des choses inutiles! Sans oublier la com­pul­sion à ache­ter plein de gad­gets hors de prix, et le plai­sir de chauf­fer son appar­te­ment uni­que­ment avec leur effet Joule! Rah la la, vous savez pas ce que vous ratez les gars.

Grillé

Van­cou­ver, comme pra­ti­que­ment toutes les villes d’amérique du nord, pos­sède un sys­tème rou­tier en grille. C’est ça les villes fon­dées après l’invention de l’équerre et du com­pas, et aussi après la décou­verte des pro­blèmes de traf­fic rou­tier… on se retrouve avec ça:

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…ce qui est quand même beau­coup moins fun que ça:

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Notez la dif­fé­rence dans le nombre de sens interdits!

Mais mal­gré le côté “mau­vais joueur” du sys­tème rou­tier en grille, il y a quand même quelques avan­tages pratiques…

L’avantage le plus évident, c’est que pra­ti­que­ment chaque route est une route alter­na­tive pour se rendre où vous vou­lez. Une rue est trop encom­brée à votre goût? Elle est bou­chée par des tra­vaux? Il suf­fit de prendre la paral­lèle, à droite ou à gauche! C’est par­ti­cu­liè­re­ment sym­pa­thique quand on est en vélo, et qu’on peut ainsi tota­le­ment évi­ter de rou­ler sur les grandes ave­nues, choi­sis­sant plu­tôt les paral­lèles qui tra­versent les quar­tiers rési­den­tiels calmes.

Un autre avan­tage, c’est qu’il est vir­tuel­le­ment impos­sible de se perdre: il suf­fit d’aller tout droit jusqu’à atteindre sa rue de des­ti­na­tion, et ensuite de des­cendre ou remon­ter cette rue jusqu’à être arrivé. Pour se perdre, il fau­drait donc soit par­tir car­ré­ment dans l’autre sens, ou alors être tel­le­ment la tête dans le cul qu’on passe à côté de sa mai­son sans s’en rendre compte.

Et enfin, l’avantage, c’est qu’on peut cher­cher à opti­mi­ser ses tra­jets de manière géné­rique! On va voir ça dans le pro­chain article…

9 novembre 2007

Bah on m’avait pas prévenue

Rien que pour réga­ler les lec­teurs de ce blog1, j’ai vécu l’expérience trau­ma­ti­sante d’être pié­tonne dans les rues de Vancouver.

A pre­mière vue, comme ça, on se dit que Van­cou­ver c’est le para­dis des pié­tons: des trot­toirs nets et déga­gés de toute déjec­tion canine, une pol­lu­tion qui ne se fait pas sen­tir, très peu de coups de klaxon. Mais tout ça, c’est uni­que­ment une conspi­ra­tion des conduc­teurs et cyclistes van­cou­ve­rois, visant à nous don­ner un faux sen­ti­ment de sécu­rité afin de mieux nous avoir dès qu’on a le mal­heur de mettre un pied sur le goudron!

La triste vérité, c’est qu’en moins d’un an, j’ai failli me faire écra­ser 4 fois, juste en bas de chez nous, et à chaque fois sur un pas­sage pié­ton, alors que je pas­sais au feu vert2.

Afin que nos futurs visi­teurs soient pré­ve­nus et ne fassent pas les même erreurs que moi, voici donc un petit compte-rendu sur les tech­niques favo­rites de sélec­tion auto­mo­bile pra­ti­quées par les conduc­teurs locaux. C’est que du vécu.

  1. Clas­sique, mais marche à tous les coups: je brûle le feu alors qu’une pitéonne est enga­gée sur le pas­sage pié­ton. Notez l’habile variante: je m’arrête, mais APRES l’intersection.
  2. Je suis un cycliste, il fait nuit, j’ai pas de lumière (oui mais je porte mes jolies bandes jaunes fluo qui SERAIENT réflé­chis­santes à proxi­mité d’une source de lumière) — pour­quoi est-ce que je m’arrêterais au feu, d’abord? Cf. méthode n°1. Variante: j’en pro­fite pour engueu­ler la piétonne (!?)
  3. La pré­fé­rée des conduc­teurs ici. Petite pré­ci­sion pour nos lec­teurs fran­çais, d’abord: ici on a le droit de tour­ner à droite au feu rouge, après avoir véri­fié que l’intersection était déga­gée de tout conduc­teur, cycliste, ou pié­ton. Je tourne au feu rouge. Je skippe la par­tie écrite en tout petit. Variante: je suis un conduc­teur de bus — royal, je klaxonne pour pré­ve­nir les pié­tons enga­gés sur le pas­sage que je vais tour­ner.

Bon, voilà, c’est la fran­çaise refou­lée en moi qui avait besoin de pous­ser un coup de gueule. Faut dire qu’avec la pluie, on se fait — en plus — arro­ser par les bus lorsqu’on marche trop près de la chaus­sée, ça met pas de bonne humeur le matin.

1Oui, bon, aussi parce que j’ai tou­jours pas repassé le per­mis, OK.

2 Plus pré­ci­sé­ment: blanc

11 septembre 2007

Le jeu des différences pas importantes: le bus

Bus pour UBC

Ici, il y a plein de vieux bus moches. Ils sont pro­ba­ble­ment moins renou­ve­lés qu’en France à cause du manque de jeunes de ban­lieues éner­vés pour les brû­ler. Heu­reu­se­ment, avec les machins olym­piques de dans 3 ans, on va avoir plein de nou­veaux bus et plein de nou­velles lignes.

Enfin bref, l’une des dif­fé­rences pas impor­tantes, c’est la façon de deman­der l’arrêt du bus. On tire une corde qui court le long des parois.

Corde d'appel

Dans les bus récents, il y a aussi des bou­tons comme on a l’habitude dans l’hexagone, mais la corde est quand même là.

A part ça, ils sont super radins en termes de plans. Pas de plan aux arrêts de bus. Pas de plan dans le bus. Rien. Il faut soit avoir foi en son des­tin, soit connaitre un mini­mum de géo­gra­phie van­cou­ve­roise, soit, et c’est le plus cou­rant, se ren­sei­gner auprès du chauf­feur. Et Glo­ria Hosanna, à part quelques rares excep­tions, j’ai tou­jours vu des chauf­feurs sym­pa­thiques qui aident de manière fort pro­fes­sion­nelle les pas­sa­gers inquisiteurs.