25 septembre 2011

T’as vu tous ces crétins?

Je conti­nue de rat­tra­per mes articles d’été avec l’autre évè­ne­ment que j’aime bien obser­ver: la marche des zom­bies.

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Pour ceux qui débarquent, c’est très simple: il s’agit de cen­taines (voire mil­liers, selon le groupe Face­book) de gens qui se déguisent en zom­bies et qui défilent à tra­vers les rues de Van­cou­ver en grognant.

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Réac­tion d’un gros latino avec la chaine en or autour du cou, croisé sur le trot­toir d’en face:

Non mais t’as vu tous ces cré­tins? Qu’est-ce qu’ils foutent?! C’est com­plè­te­ment débile!

Moi, fran­che­ment, je vois pas du tout ce qu’il y a de débile à s’attacher des faux bébés morts sur le bide…

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…ou à les trim­bal­ler non­cha­lam­ment dans la rue.

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Non fran­che­ment je sais pas. Mais c’est vrai que ça doit rendre le tou­riste sexa­gé­naire moyen assez dubi­ta­tif quand il est pei­nard dans un hôtel à Van­cou­ver et qu’en sor­tant il tombe nez à nez avec ça:

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Heu­reu­se­ment, quelque soit la situa­tion, on peut tou­jours comp­ter sur les tou­ristes Asia­tiques (se faire prendre en photo ne fait pas par­tie des conseils offi­ciels en matière de sur­vie contre les zom­bies, mais ça semble marcher):

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Parmi les nou­veau­tés de cette année on trouve des gros véhi­cules mili­taires, pour don­ner une dimen­sion un peu plus dra­ma­tique et ciné­ma­to­gra­phique à l’affaire.

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On trou­vait aussi plu­sieurs stands de maquillage pour les par­ti­ci­pants de der­nière minute.

Ensuite, y’avait pas mal de cos­plays:

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Mais la grande attrac­tion c’était sur­tout la pré­sence de deux ou trois nym­pho­manes qui se bala­daient pra­ti­que­ment à poil. L’une d’entre elles nous a même offert un petit spec­tacle de nécro­pha­gie sexuelle.

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A part ça, on avait les grands clas­siques comme Jésus, ou les calins gra­tuits en échange de cer­veaux frais.

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Et puis une gal­le­rie habi­tuelle de zom­bies en tous genres:

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La marche s’est ter­mi­née sur English Bay, ce qui veut dire qu’on a encore eu droit à l’excellente ren­contre entre les bobos du centre ville et les gros nerds cou­verts de faux sang.

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Mais cer­tains ont évité la plage et sont res­tés se repo­ser dans les bras des sta­tues de la bien­nale.

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Un seul point néga­tif cette année: il y avait beau­coup plus de glan­dus comme moi qui venaient juste prendre des pho­tos (donc c’est plus com­pli­qué de prendre des pho­tos avec uni­que­ment des zom­bies dans le cadre). J’ai l’impression que l’évènement devient plus connu…

Bref, voilà pour la Zom­bie Walk de 2011. Bon appétit!

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8 septembre 2011

La lumiere est en retard

Et voilà, je suis encore en retard sur plein d’articles. C’est dingue ça quand même. Mais c’est pas grave, j’ai des jolies pho­tos pour vous: c’est la Célé­bra­tion de la Lumière, qui date de plu­sieurs semaines. Chaque année on est pas vrai­ment sûrs que l’évènement aura lieu, puisqu’ils ont tou­jours des pro­blèmes pour récu­pé­rer assez d’investisseurs, mais chaque année ils y arrivent fina­le­ment. C’est que ça serait dom­mage de pas­ser à côté d’une occa­sion de rameu­ter plein de gens en centre ville his­toire de lais­ser plein de détri­tus par terre – ça change de la pro­preté habituelle.

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Cette année je suis allé me pos­ter sur le pont de Bur­rard avec plein d’autres gens pour avoir un point de vue un peu dif­fé­rent. C’est pro­ba­ble­ment pas aussi bien que le point de vue de tous les chan­ceux qui étaient sur des bateaux juste en des­sous des feux d’artifice, mais c’était quand même pas dégueu.

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Enfin sauf que j’avais pas mon tre­pied (et y’avait de toutes façons pas la place), donc les pho­tos ne sont pas opti­males. C’est pas grave. Ima­gi­nez que c’est joli.

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L’année pro­chaine, j’essaie de m’inviter sur un bateau. Qui se dévoue pour en ache­ter un?

6 juillet 2011

Le lac de monsieur Buntzen

Le Bunt­zen Lake, c’est appa­rem­ment la des­ti­na­tion de week-end d’été pour les ban­lieu­sards de l’est. S’il rap­pelle un peu Alouette Lake, avec des mon­tagnes tout autour de l’eau, il est sur­tout bien plus amé­nagé, et beau­coup moins loin (et du coup les mon­tagnes sont moins hautes donc c’est moins impressionnant).

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Mr. Bunt­zen, c’est le pre­mier direc­teur de BC Hydro (le EDF local) et le lac est uti­lisé par une de leurs cen­trales hydro­élec­triques depuis le tout début du 20ème siècle. Il a depuis été lar­ge­ment amé­nagé avec moultes aires de pique-niques, toi­lettes, sen­tiers de ran­don­née, loca­tions de canoës, aires de jeu pour chiens, et j’en passe. On peut même y accé­der par trans­ports en commun.

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Je vous conseille d’y aller le matin quand il fait encore un peut frais, parce que tout le monde se ramène autour de midi pour faire des bar­be­cues sui­vis d’une bonne sieste. Ca peut rapi­de­ment se rem­plir, sur­tout si vous avez besoin d’une table.

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Le jour où j’ai pris ces pho­tos, d’ailleurs, le lac était plus rem­pli que d’habitude, et cer­taines des tables de pique-nique avaient les pieds dans l’eau. Une par­faite occa­sion pour s’y mettre et s’imaginer pique-niquer en plein milieu du lac.

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(non, c’est pas nous ça… on a pas autant grossi, quand même)

Evi­dem­ment, il faut pas se retour­ner, sinon l’illustion dis­pa­rait aussitôt.

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Vers 13h, ça sent bon la bar­baque qui cuit, y’a des gamins qui braillent, des ado­les­cents qui flirtent, des beaux gosses qui font du foo­ting, et des gens qui savent pas jouer au volley-ball qui jouent au volley-ball.

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Et voilà. De l’eau, des arbres, des mon­tagnes et de la viande qui grille – le passe-temps favori des vancouvérois.

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19 mai 2011

Steveston, BC

Depuis le temps que Véro­nique nous en parle, on s’est dit qu’on allait peut-être aller y faire un tour, à Ste­ves­ton.

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Ste­ves­ton, c’est un petit vil­lage de pêcheurs au sud de Rich­mond, elle-même au sud de Van­cou­ver. Mais d’après les incon­tour­nables réfrac­taires habi­tants de longue date (oui, ça existe pas qu’en France ce genre d’animal), il s’agit sur­tout d’un vil­lage pour tou­ristes qui veulent ache­ter du pois­son et prendre des bateaux en pho­tos. Ca tombe bien, j’avais faim et mon appa­reil photo aussi.

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En fait, comme la plu­part des com­mu­nau­tés autour de Van­cou­ver, Ste­ves­ton doit s’adapter aux récents chan­ge­ments socio-économiques (prin­ci­pa­le­ment l’arrivée de plus en plus d’immigrants et d’entreprises dans la pro­vince, ainsi que la mon­tée de la valeur du dol­lar cana­dien par rap­port au dol­lar amé­ri­cain). Ces chan­ge­ments signi­fient, entre autres, une atten­tion plus grande accor­dée au tou­risme, ce qui, selon les réfrac­taires sus-cités, signi­fie une perte de l’ambiance “petit vil­lage de pêcheurs”. Mais bon, vu que j’ai jamais visité Ste­ves­ton avant cette année, je sau­rais pas vous dire… le prin­ci­pal c’est que ça sent le pois­son, qu’on entend les bateaux amar­rés cra­quer, et qu’on voie les mouettes virevolter.

Et si c’est assez “typique” pour y tour­ner X-Files, ça doit bien être assez typique pour deux glan­dus fran­çais en balade.

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Le détail qui tue: le musée du sau­mon en boite. Si, si.

On a pas visité, mais appa­rem­ment le musée vous explique com­ment Ste­ves­ton était, il y a quelques décen­nies, le pre­mier pro­duc­teur de sau­mon en boite en Colom­bie Bri­tan­nique. Pas­sio­nant. Main­te­nant, c’est un site his­to­rique fédéral.

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La pré­sence de diverses eth­nies asia­tiques est très mar­quée à Rich­mond1, donc il ne faut pas vous éton­ner de ren­con­trer des pêcheurs japo­nais ou chi­nois sur le quai.

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Cette fois-ci on s’est conten­tés de se bala­der autour de la marina, donc voilà plein de pho­tos de vieux bateaux sales (mais atten­dez qu’on aille faire un tour à Finn Slough pour des trucs encore plus vieux et sales).

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Et pour copier Véro­nique à fond, on a ter­miné la visite avec des crab-cake ben­nies (oeufs béné­dic­tine sur gateaux de crabe) au Sockeye City Grill. Véro­nique, elle est super cool, elle nous évite de devoir réfle­chir où aller manger!

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1 Blague van­cou­vé­roise: “pour aller en Chine depuis le centre-ville, ça met une tren­taine de minutes et ça coute $2.50”.

25 octobre 2010

Le lac de l’alouette

Alouette Lake, situé à envi­ron 1 heure et demi de Van­cou­ver, était à l’origine nommé “Lil­looet Lake” jusqu’à ce que les gens s’aperçoivent qu’il y avait déjà un lac de ce nom plus au nord. Pas très malin. Afin de gar­der une sono­rité simi­laire, le lac a été renommé (et fran­cisé) “Alouette Lake” en 1914.

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Le lac est semi-artificiel – il a énor­mé­ment grossi depuis l’installation d’un bar­rage à la fin des années 1920 – et fait main­te­nant presque 10km de long. La Alouette River Mana­ge­ment Society s’assure depuis 1993 que les inté­rêts de BC Hydro (qui pos­sède le bar­rage) ne pié­tinent pas trop les plate-bandes des ani­maux indigènes.

Bref, tout ça c’est bien beau, mais pour les jeunes cadres modernes et urbains que nous sommes, Alouette Lake c’est sur­tout le coeur du parc pro­vin­cial Gol­den Ears, inter­na­tio­na­le­ment (in)connu comme le lieu de tour­nage du pre­mier “Rambo”, et loca­le­ment plus connu comme des­ti­na­tion esti­vale de week-end. On y trouve prin­ci­pa­le­ment des familles (pour le sacro-saint bar­be­cue et la détente au bord de l’eau), et des groups d’adolescents (pour faire les cré­tins dans l’eau, fumer des joints, et s’adonner aux joies des rela­tions sexuelles non pro­té­gées debout contre des cèdres roux tri-centenaires).

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L’endroit où on a été se trouve au milieu de la rive ouest du lac. Une fois garé au par­king, vous des­cen­dez pen­dant une dizaine de minutes le long d’un sen­tier qui mène à la plage en lon­geant une rivière où vous trou­ve­rez les ado­les­cents sus-mentionnés. Contrai­re­ment à d’autres endroits autour du lac, cette plage de sable et galets n’a pour seuls amé­na­ge­ments qu’une paire de toi­lettes turques, ce qui fait qu’il y a sans doute beau­coup moins de monde qu’ailleurs.

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Autour du lac, les mon­tagnes sont magni­fiques, s’élevant très haut sur ce qui semble être une dis­tance extrê­me­ment courte. Comme sou­vent, à Van­cou­ver et dans ses envi­rons, on peut être en short/t-shirt au bord de l’eau et pour­tant voir de la neige sur les som­mets avoisinnants.

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Bref, à part l’invention du “bagel bur­ger” (oui, on était à court de buns), pas grand chose de notable: sur­tout de la glande en écou­tant le cla­po­tis de l’eau et la gui­tare de votre humble serviteur.

Quand je vous disais que j’étais occupé cet été…

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20 octobre 2010

Vous avez des raisins?

Il y a plu­sieurs trucs ano­dins qui sur­prennent cer­tains Fran­çais quand on en fait men­tion dans la conver­sa­tion, et pour lequels je ne m’étais jamais posé de ques­tions. Par exemple, si je dis “j’ai été à Ikea dans ma Toyota”, je fais par­fois face à l’étonnement d’apprendre que, oui, il y a des maga­sins Ikea au Canada (et pra­ti­que­ment par­tout ailleurs dans le monde, en fait) et que, oui aussi, on y trouve des voi­tures japo­naises et pas que des amé­ri­caines (et heu­reu­se­ment, vu la qua­lité des voi­tures amé­ri­caines…). Mais rien n’étonne un Fran­çais plus que d’apprendre que les Cana­diens pro­duisent leur propre vin – et c’est géné­ra­le­ment suivi par une ques­tion lourde de sous-entendus: “mais, euh, c’est bon?”.

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Pour­tant, un peu comme pour les crêpes au sucre, on peut pen­ser que si vous avez des rai­sins, et si vous avez une cave, vous pou­vez faire du vin, non? Mais il faut dire que la binouze, avec le fro­mage qui pue, c’est le truc fran­çais par excel­lence, et vu com­ment on est bien chau­vins, on aura ten­dance à igno­rer ou déni­grer la pro­duc­tion étran­gère. Sans comp­ter que les lob­bys des pro­duc­teurs de vin sont bien effi­caces… et de toutes façons ache­ter une bou­teille aus­tra­lienne ou amé­ri­caine quand on peut ache­ter une bou­teille locale, ça n’a pas beau­coup d’intérêt. Bref, on ne peut pas trop blâ­mer le Fran­çais moyen d’ignorer l’existence de pro­duc­tion viti­cole à l’exterieur de l’hexagone, mais je trouve ça rigolo quand même.

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Les deux régions pro­duc­trices de vin les plus connues dans ce coin d’amérique du nord sont la val­lée de Napa en Cali­for­nie, avec plus de 300 vignobles, et la val­lée de Oka­na­gan, à 5 heures de route envi­ron de Van­cou­ver, qui héberge plus de 200 vignobles. Dans les deux cas, on y trouve des vignobles de toutes tailles, allant de la petite bou­tique fami­liale à la grande entre­prise, mais la val­lée de Napa fait sor­tir un nombre de bou­teilles bien supé­rieur, par­ti­ci­pant gran­de­ment au Etats-Unis déte­nant le titre de 4ème pro­duc­teur de vin der­rière la France, l’Ita­lie et l’Espagne. Le Canada, lui, est bien loin dans le clas­se­ment (quelque part entre la 20ème et la 30ème place selon l’année et les cri­tères consi­dé­rés). Même ici, la part de mar­ché de vin local (prin­ci­pa­le­ment ori­gi­naire de Colom­bie Bri­tan­nique et d’Onta­rio) est légè­re­ment mino­ri­taire, les gens pré­fé­rant ache­ter du vin issu de ter­roirs étran­gers plus prestigieux.

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Les varié­tés de vin local vont du Pinot Noir au Char­don­nay en pas­sant par le Gewürz­tra­mi­ner et autres varié­tés com­munes, mais les pro­duc­teurs pren­dront bien le temps de vous expli­quer les dif­fé­rences de goût auquelles vous pou­vez vous attendre par rap­port au vin fran­çais étant don­nées les dif­fé­rences de météo, de ter­rain, de fûts, ou sim­ple­ment de procédés.

Pour un Fran­çais en visite dans la région, outre goû­ter aux vins fami­liers et se plaindre qu’ils ne sont pas aussi bons que chez nous, il sera typique de goû­ter au “ice wine” (“vin de glace”). On peut aussi en trou­ver en Alle­magne appa­rem­ment, mais vous avoue­rez que ça sonne quand même bien Cana­dien. Comme son nom l’indique, il s’agit de vin fait à par­tir de vignes ayant gelé (il est donc géné­ra­le­ment cueuilli et mis en bou­teille bien plus tard que les autres vins). Le résul­tat est un vin sucré géné­ra­le­ment servi en accom­pa­gne­ment du dessert.

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La val­lée de Oka­na­gan se trouve sur les rives du lac Oka­na­gan, et d’une dizaine d’autres lacs plus petits. M’enfin quand je dis “petits”, c’est à l’échelle cana­dienne, hein. Le lac Oka­na­gan fait par exemple 135km de long, soit le double du lac Léman.

Le lac est d’ailleurs soit-disant la demeure d’un monstre marin, Ogo­pogo, un ser­pent de mer de 15 mètres de long, pro­ba­ble­ment “vu” ori­gi­nel­le­ment par des indiens bour­rés au whisky écos­sais bon mar­ché. Désolé, j’ai pas de pho­tos à vous mon­trer, j’étais non seule­ment sobre, mais mon appa­reil photo aussi.

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Outre la pro­duc­tion de vin, la val­lée de Oka­na­gan est aussi grande pro­duc­trice de fruits, notam­ment les pêches et nec­ta­rines, et une des­ti­na­tion esti­vale très pri­sée des Van­cou­vé­rois. La route pour s’y rendre est très jolie (on passe tour à tour à tra­vers la cam­pagne, le désert, les mon­tagnes et les immenses forêts), et on y trouve moultes petits cha­lets et B&Bs à louer pour le week-end afin de s’adonner aux joies des sports nau­tiques, du golf, de la ran­don­née, et bien évi­dem­ment de la tour­née des caves. Région tou­ris­tique oblige, il fau­dra faire atten­tion aux prix par­fois abu­sifs pour une visite ou une attrac­tion qui s’avère déce­vante. Et moi, pour un truc à deux balles, je veux pas payer plus que deux balles.

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Après tout ça, vous allez me dire “mais alors, sérieux, il est bon leur vin?”. Eh ben ça, j’en ai fran­che­ment aucune idée parce que, voyez-vous, j’aime pas le vin (mais je vous invite à dis­cu­ter des mérites et défauts du vin cana­dien dans les com­men­taires). Je trouve ça dégueu­lasse, ça a un goût de moi­sis­sure (ce qui est assez logique vu le pro­cédé). Vous pou­vez ima­gi­ner que ça trau­ma­tise les Amé­ri­cains, ça, un Fran­çais qui n’aime pas le vin. Et en plus je fume pas et j’aime pas le foot… Mais je leur réponds que je me suis fait foutre dehors, ça les rassure.

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3 août 2010

La plage désastreuse

L’été, quand il fait trop chaud, le plus facile pour se rafrai­chir c’est d’aller se foutre à poil sur la plage. Si, si, je vous assure, c’est le plus facile.

A Van­cou­ver, Wreck Beach, située à l’extrémité ouest de la ville juste der­rière l’Uni­ver­sité de Colom­bie Bri­tan­nique, vous offre une vue impre­nable sur l’Océan Paci­fique, les mon­tagnes alen­tours, et les fesses de vos voi­sins. C’est une des plus grosses plages nudistes d’Amé­rique du Nord, mais c’est aussi sur­tout une plage où les hip­pies sur le retour et les jeunes homo­sexuels aiment se libé­rer des contraintes de la société urbaine moderne. Com­prendre: vous ver­rez plus de bites flé­tries que de poi­trines gon­flées par le désir de vivre.

Pour y accé­der vous devrez des­cendre le long de l’un des divers sen­tiers qui des­cendent la falaise du cam­pus de UBC jusqu’au bord de mer. Et par “sen­tier”, je veux plu­tôt dire “escalier”.

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Après un bon nombre de marches, on arrive à la plage. L’escalier n’est pas énorme (j’veux dire, c’est pas le Grouse Grind, non plus), mais il est quand même assez long pour se dire que ça va être dur de se reta­per tout ça après la sieste.

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La plage est lité­ra­le­ment au pied de la falaise. C’est mignonnet.

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Je vous ai épar­gné les pho­tos de gens prises de près, mais je vous confirme, ils sont tous à poil. Le plus étrange c’est qu’on en a vu cer­tains qui sont certes à poil, mais qui gardent quand même leur sens pra­tique: des chaus­sures pour pas se faire mal aux pieds, un cha­peau et un court t-shirt pour pas crâ­mer au soleil, etc… bref, des gens habillés nor­ma­le­ment, à l’exception du slip. Dans un autre registre, men­tion spé­ciale au petit vieux à poil tout frippé qui vend des bois­sons fraiches.

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Comme vous pou­vez le voir, la plage s’enfonce très len­te­ment dans la mer, ce qui la rend très pro­pice au skim­board.

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Sur la plage, vous pour­rez aussi ache­ter diverses bri­coles auprès des quelques hip­pies hon­teu­se­ment capi­ta­listes qui y sont installés.

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Ah oui, petit aver­tis­se­ment: quand vous faites face à la mer, vous pou­vez aller vous bala­der soit à gauche, soit à droite (il y a de nom­breux che­mins de balade à tra­vers la foret de UBC). N’ALLEZ PAS A GAUCHE.

Sûr, à gauche, c’est joli, y’a des petites plages pri­vées et autres coins roman­tiques avec vue sur la mer… mais bon, moi j’dis ça, j’dis rien, y’a des chances de tom­ber sur des scènes inavouables. L’éti­quette de la plage a beau offi­ciel­le­ment condam­ner ce genre de trucs (point numéro 4), on ne peut de toute évi­dence pas mettre l’amour en cage… enfin, sauf s’il est en string à l’intérieur de la cage et qu’il y a de la techno à fond la caisse, mais ça c’est une autre histoire.

22 mai 2010

Nettoyage de printemps

Vous vous rap­pel­lez peut-être qu’on a récem­ment eu à Van­cou­ver des célé­bra­tions spor­tives néces­si­tant moultes ins­tal­la­tions urbaines. Parmi ces ins­tal­la­tions, le chau­dron magique… euh, olym­pique avait eu sa place à côté du nou­veau Centre de Conven­tions.

Chaudron olympique

Je m’aperçois d’ailleurs que j’avais oublié de vous racon­ter à quel point ils sont pas très malin-malin les orga­ni­sa­teurs à Van­cou­ver. Enfin si, je vous l’avais déjà dit, mais j’ai pas parlé de la grande aven­ture du chau­dron à tou­ristes… parce que voyez-vous, lors des pre­miers jours des J.Os, si vous alliez prendre une photo de la flamme, ça don­nait ça:

La super flamme touristique

C’est pas gran­diose, vous avoue­rez. Parce que non, appa­rem­ment, les orga­ni­sa­teurs ne se s’étaient pas spé­cia­le­ment douté que les gens vou­draient venir se prendre en photo devant la flamme. Donc ils ont foutu un gros grillage et quelques contai­ners moches autour. Après quelques jours de mau­vaise presse et un brains­tor­ming pro­ba­ble­ment épique, ils ont décidé de libé­rer un peu la vue et de faire une trouée dans le grillage his­toire que les tou­ristes puissent prendre des pho­tos non-obstruées (voir ci-dessous).

Le grillage olympique

Le pro­blème c’est que le trou dans le grillage était à peu près à hau­teur de tête pour un amé­ri­cain moyen nourri aux hor­mones. Les pauvres petites ado­les­centes japo­naises nour­ries aux algues (et n’importe qui fai­sant moins de 1m75), par contre, se tapaient tou­jours le grillage flou sur leurs pho­tos… donc après encore quelques jours de mau­vaise presse et un der­nier brains­tor­ming où le mot d’ordre devait être “bon les gars, sérieux, faut arrê­ter les conne­ries, là”, ils ont rem­placé le grillage par un mur en plexi­glass, et ouvert au public une plate-forme éle­vée (qui était là depuis le début) per­mat­tant aux tou­ristes d’avoir une autre vue déga­gée en plon­gée sur le chaudron.

Aaaah là là, ils sont pas très fins ces canadiens.

Enfin bref, qu’ont-ils fait du chau­dron depuis la fin des jeux? Parce que bon, okay, de nuit avec la flamme des­sus, ça passe, mais sinon, c’est pas super beau comme truc… eh bien je vous le donne en mille: ils le gardent! Ils veulent le réal­lu­mer de temps en temps, pour les grandes occa­sions. Le réamé­na­ge­ment de la place est en cours, et vous pou­vez voir sur la deuxième photo ci-dessous ce à quoi ça devrait res­sem­bler quand ça sera fini.

Vestige olympique

L'esprit de la flamme

Ah, et puis ils ont aussi mis une autre oeuvre d’art juste à côté pour faire pas­ser le temps. Ca s’appelle “orque digi­tal”, par Dou­glas Cou­pland, un artiste local sur­tout connu pour ses romans “Gene­ra­tion X” et “JPod”. Je sup­pose que si on aime les Legos

Orc digital

27 avril 2010

Le hors piste, c’est par là

Ca y est, la sai­son de ski est plus ou moins ter­mi­née, et il faut dire que cette année c’était un peu la dèche. Entre la météo de merde pen­dant les pre­miers mois (pile poil pour se taper la honte pen­dant des J.O.), mon gamin qui me ramène toutes les salo­pe­ries de la crèche (his­toire d’être sûr que je sois malade tous les week-ends), et un mois com­plet de vacances, j’ai pas eu beau­coup d’occasions pour aller tâter la pou­dreuse… mais bon, j’ai quand même pu me rat­tra­per assez pour vous par­ler de quelques petits trucs.

Whistler (encore)

Pour ceux qui ont raté les épi­sodes pré­cé­dents, Whist­ler c’est la sta­tion de ski la plus connue de Colom­bie Bri­tan­nique, située main­te­nant à, genre, 1h30 du centre ville de Van­cou­ver, vu que pour les J.O. ils ont détruit la moi­tié des mon­tagnes pour construire une auto­route.

Vue sur la vallee de Whistler

J’avais posté pré­cé­dem­ment sur divers sujets rela­tifs au ski, comme par exemple les dif­fé­rences dans les files d’attente aux remon­tées méca­niques, mais j’ai oublié de men­tion­ner les bases.

En France, les pistes sont décrites par 4 cou­leurs, vert, bleu, rouge et noir par ordre de dif­fi­culté. Ici, on uti­lise à la place des sym­boles colo­rés, pour faire plai­sir aux 3 dal­to­niens du fond: le rond vert, le carré bleu, le dia­mant noir et le double dia­mant noir. Bref, c’est à peu près comme chez nous sauf qu’il n’y a pas de rouge. Ensuite, à part pour les pistes vertes, il uti­lisent assez peu de dam­meuses – en tous cas, à vue de nez, moins que dans les sta­tions équi­va­lentes des Alpes. Y’a pas mal de pou­dreuse sur les rouges et les noires, donc, sur­tout si vous avez la chance d’arriver un len­de­main de bonnes chutes de neige.

Whistler

Mais le truc qui est sur­tout sym­pa­thique, c’est les “bowls”. Tenez, voilà ci-dessous la photo de l’un d’entre eux:

Un bowl

Je sais pas trop si c’est le terme offi­ciel, mais c’est comme ça qu’ils s’appellent, pour la plu­part, à Whist­ler. Il s’agit plus ou moins de hors piste flê­ché comme une piste noire. La zone de glisse a été sécu­ri­sée contre les ava­lanches, et est déli­mi­tée natu­rel­le­ment par des forêts ou des crêtes… Par exemple, dans la photo ci-dessus, le télé-siège vous laisse tout en haut un peu sur la gauche, et vous des­cen­dez comme vous vou­lez (ou comme vous pou­vez, c’est selon). La topo­lo­gie du ter­rain vous ramène vers le domaine “nor­mal”, à moins de vrai­ment pous­ser pour aller plus loin sur les côtés.

Voilà un mor­ceau d’un autre “bowl”:

Un autre bowl

Si y’a pas eu trop de monde avant vous, vous pou­vez avoir, sans trop d’effort ni de risques, cette sen­sa­tion de faire sa propre trace dans la neige vierge, perdu dans la mon­tagne. Bon, ok, c’est pas non plus tout à fait comme mon­ter avec ses petites jambes pour aller cher­cher de la vraie pou­dreuse imma­cu­lée, mais pour les gros fénéants comme moi, c’est déjà pas mal du tout.

J’avais vu ce genre de truc qu’une seule fois en France, mais des gens m’ont souf­flé que cer­taines petites sta­tions des Alpes uti­lisent un concept simi­laire pour se démar­quer des gros domaines et atti­rer une clien­tèle dif­fé­rente… donc si vous avez des bonnes réfé­rences, je suis pre­neur, ça peut tou­jours servir.

Surf a Whistler

11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dol­lars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expa­triés et les tou­ristes, l’une des pre­mières dif­fé­rences frap­pantes entre l’Amé­rique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font par­tie de cette mino­rité de pays cré­tins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moi­tié de pays intel­li­gents qui affichent leurs prix hors pour­boires… bref, vous allez payer sacré­ment plus que le prix affi­ché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakis­ta­nais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La rai­son, supre­nante, de cet affi­chage qui ferait hur­ler les asso­cia­tions de consom­ma­teurs fran­çaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gou­ver­ne­ments sou­cieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe exis­tante était une taxe fédé­rale rela­ti­ve­ment obs­cure, la FST (“taxe sur les ventes de pro­duc­teurs”). Le pro­blème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une caté­go­rie rela­ti­ve­ment res­treinte de pro­duits, et seule­ment en amont dans la chaine de pro­duc­tion (elle était invi­sible aux consom­ma­teurs). Cela néces­si­tait donc beau­coup de pape­rasses jus­ti­fi­ca­tives entre pro­duc­teurs, et ren­dait cer­taines indus­tries cana­diennes peu com­pé­ti­tives à l’export. Aussi, son appli­ca­tion non-systématique défor­mait les marchés.

En 1991, par contre, un gou­ver­ne­ment conser­va­teur cen­triste (quoique légè­re­ment à droite sur les sujets éco­no­miques) se met à intro­duire un sytème de taxe sur la valeur ajou­tée sous la forme de la GST (“taxe sur les pro­duits et ser­vices”), fixée alors à 7%. Le sys­tème de taxe ajou­tée signi­fie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de pro­duc­tion paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la dif­fé­rence (ou “valeur ajou­tée”) à l’état. Vu de loin, ce sys­tème res­semble à notre bien nom­mée TVA natio­nale. De toutes façons, vu de loin, pra­ti­que­ment toutes les taxes sur les ventes appli­quées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont ins­pi­rées de la TVA fran­çaise, intro­duite en 1954 dans une ver­sion un peu plus réduite que celle qu’on connait main­te­nant (elle fut éten­due dans les années 60 par Valéry Gis­card d’Estaing). Encore une grande inven­tion fran­çaise, quoi… pas la peine de nous remer­cier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évè­ne­ment rela­ti­ve­ment récent, et les gens qui se rap­pellent de “l’avant GST” sont nom­breux… vous pou­vez ima­gi­nez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, sur­tout qu’au même moment toutes les pro­vinces, sauf l’Alberta, décident éga­le­ment d’appliquer une taxe pro­vin­ciale, la PST (“taxe pro­vin­ciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une com­bi­nai­son de TVA fédé­rale (la GST) et de TVA pro­vin­ciale (la PST).

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Fai­sons main­te­nant une brève pause et remon­tons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Consti­tu­tio­nel de 1867 fut signé. C’est un docu­ment extrê­me­ment impor­tant car il fait par­tie des quelques étapes qui uni­fièrent le Canada en un domi­nion fédé­ral avec le sys­tème poli­tique que l’on connait main­te­nant. Le pro­blème c’est que pour uni­fier des ter­ri­toires aussi immenses et éloi­gnés les uns des autres, il était impé­ra­tif de leur lais­ser un mini­mum d’autonomie. Un petit détail de cet acte consti­tu­tio­nel déclare ainsi (allez savoir pour­quoi) que chaque pro­vince déci­dera comme bon lui semble des lois gou­ver­nant le mar­ke­ting et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une cer­taine pro­tec­tion des citoyens contre le bon vou­loir des pro­vinces, une autre clause indique que seul le gou­ver­ne­ment fédé­ral peut mettre en place un quel­conque impôt indi­rect. Si une pro­vince décide d’inventer un nou­vel impôt, il sera obli­ga­toi­re­ment direct afin que les citoyens de cette pro­vince soient plei­ne­ment conscients de la situation.

Reve­nons main­te­nant en 1991. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consom­ma­teurs (par oppo­si­tion à la pré­cé­dente FST). Il sou­haite éga­le­ment rendre le mélange entre taxes fédé­rales et pro­vin­ciales plus simple, en encou­ra­geant les pro­vinces à adop­ter une taxe “har­mo­ni­sée” (HST) qui com­bi­ne­rait GST et PST… mais les pro­vinces ont d’autres idées en tête. Face à une opi­nion publique lar­ge­ment mécon­tente à l’idée d’une hausse des prix, elles pré­fèrent en mettre le plus pos­sible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se pré­sente de déci­der s’il faut impo­ser un affi­chage TTC (“toutes taxes com­prises”), les pro­vinces choi­sissent d’éviter le sujet: toute cette his­toire de taxes est la faute du gou­ver­ne­ment fédé­ral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les pro­vinces n’ont consti­tu­tio­nel­le­ment pas le droit d’imposer un affi­chage des prix avec la PST com­prise car celle-ci devien­drait alors une taxe indi­recte (selon la défi­ni­tion cana­dienne du terme qui dit que la taxe est indi­recte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre tran­sac­tion finan­cière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indi­qué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la ques­tion n’a jamais été sérieu­se­ment étu­diée). Inver­se­ment, le gou­ver­ne­ment fédé­ral ne peut rien impo­ser aux pro­vinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uni­que­ment), tou­jours à cause de la consti­tu­tion. Ils auraient pu en pro­fi­ter pour la chan­ger pour l’occasion, mais je sup­pose que ça aurait décu­plé la com­plexité d’une ini­tia­tive déjà pas super tri­viale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux maga­sins d’adopter l’affichage qu’ils dési­rent… et par souci de com­pé­ti­ti­vité, tout le monde adopte rapi­de­ment l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un pro­duit à $115 alors que le voi­sin l’affiche à $99, même si on met un gros pan­neau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines auto­ma­tiques, les télé­phones publics, cer­tains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figu­rer des prix TTC (pro­ba­ble­ment parce que le gros de la clien­tèle est com­po­sée de tou­ristes qui sup­portent mal l’affichage hors taxes). Bref, bon­jour le bor­del pour le consom­ma­teur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour ter­mi­ner, voilà un petit résumé des évè­ne­ments rela­tifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conser­va­teur qui avait intro­duit la GST était à l’époque bien évi­dem­ment majo­ri­taire dans la Chambre des Com­munes, avec 169 sièges sur 295. Pen­dant les élec­tions de 1993, ils se font détruire par les élec­teurs et se retrouvent avec seule­ment 2 sièges, au pro­fit des libé­raux de Jean Chré­tien. Ouaip. Deux sièges. Avoir intro­duit la GST de manière aussi visible était donc un bon sui­cide poli­tique. Des gens (dont beau­coup de conser­va­teurs même) pensent que ça se serait beau­coup mieux passé s’ils avaient réussi à impo­ser des affi­chages de prix TTC sur le plan fédé­ral, limi­tant ainsi la “mémoire” des cana­diens sur le chan­ge­ment des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en récla­mant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une che­mise à carreaux.
  • En 1992, le Qué­bec intro­duit la QST (“taxe qué­bé­coise sur les ventes”) comme alter­na­tive aux PSTs des autres pro­vinces (parce que le Qué­bec fait jamais comme les autres). Son fonc­tion­ne­ment en rap­port à la GST est proche de la taxe har­mo­ni­sée (HST) vou­lue à l’origine par le gou­ver­ne­ment fédé­ral, mais elle est admi­nis­trée par Revenu Qué­bec (le fisc local), et n’apporte pas vrai­ment d’amélioration sur le plan admi­nis­tra­tif des entre­prises aux autres sys­tèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nou­velle Ecosse, Nou­veau Bruns­wick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Appa­rem­ment, l’accord entre ces pro­vinces et le gou­ver­ne­ment fédé­ral incluait à l’origine des condi­tions sur l’affichage de prix TTC sur cer­tains pro­duits et ser­vices, mais ces clauses ont été com­bat­tues féro­ce­ment par les entre­prises natio­nales, pas très chaudes à l’idée de devoir main­te­nir deux affi­chages de prix dif­fé­rents dans leurs maga­sins, cata­logues, sites inter­net, etc., en fonc­tion de la pro­vince concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gou­ver­ne­ment fédé­ral baisse la GST de 1% (elle est main­te­nant à 5%), prin­ci­pa­le­ment à cause de pro­messes élec­to­rales (comme quoi des fois les poli­ti­ciens les tiennent).
  • Au 1er juillet pro­chain, la Colom­bie Bri­tan­nique et l’Onta­rio vont éga­le­ment mettre en place la HST. L’Onta­rio aura exac­te­ment la même taxa­tion que les autres pro­vinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colom­bie Bri­tan­nique fait sa maline avec une HST de 12%, mais prin­ci­pa­le­ment parce que la PST y était jusqu’à main­te­nant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impo­pu­laire, ça serait encore plus le bor­del si le gou­ver­ne­ment rajou­tait 1% en plus (on en repa­lera, de toutes façons, c’est le genre de bor­del poli­tique fédéral/provincial bien cana­dien qu’on ne connait pas en France, ça vous chan­gera du bou­clier fis­cal et des bur­kas). En tous cas, ça fout la pres­sion sur les quelques pro­vinces res­tantes qui n’ont pas encore har­mo­nisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, main­te­nant (si j’ai dit une conne­rie, insul­tez moi en com­men­taire)… et s’il y a des futurs expa­triés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en maga­sin suit en géné­ral les autres bonnes pra­tiques fran­çaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux com­pa­rer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plu­part des articles de votre panier de courses (nour­ri­ture, bois­sons non-alcoholisées, etc.), les prix affi­chés en super­mar­ché sont effec­ti­ve­ment ceux que vous paie­rez à la caisse.

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Ca y est, tout le monde est endormi?