Un vaccin et un kilo de tomates
Par chez nous, y’a pas de bureaux de poste. Et y’a pas de pharmacies non plus.
Vous pouvez vous balader dans la rue autant que vous voulez, vous en trouverez
pas. C’est parce qu’ils sont toujours hébergés dans un autre magasin, la plupart
du temps une grande surface.
En pratique, ça change pas grand chose au schmilblic, vous allez toujours
faire la queue quelque part pour récupérer vos petits médicaments délicatement
dosés… sauf qu’on peut aussi vous y administrer des vaccins, comme
celui contre la grippe. Rajoutez un kilo de tomates et quelques bananes, et hop,
vous avez fini tout ce que vous deviez faire aujourd’hui.
Notez le petit paravent derrière lequel on va vous piquer avec la seringue.
C’est très chou[1]
-
Chou? Legumes? Ho ho? Ha ha? ↩
Barnet Marine Park, l’autre côté
Y’a des plombes, je vous avais montré le Barnet Marine Park, l’une des plages les plus proches de notre nouvelle maison de banlieusards. Mais je vous avais montré le côté “balade”. Voici le côté “plage” à proprement parler.
On a l’impression d’aller visiter une usine désaffectée au début, mais on passe ensuite sur on pont rigolo en spirale:
Arrivés en bas, on tombe en fait sur un parc aménagé classique, avec une aire de pic-nic sous les arbres, la plage, des toilettes, etc.
On trouve aussi divers vestiges de la scierie qui se trouvait sur le site au siècle dernier. Ca fait penser aux blockhaus des plages du Pas-de-Calais, mais avec l’odeur d’urine en moins.
Depuis la plage, on a une jolie vue de la Baie de Burrard et des montagnes de la banlieue nord. On voit aussi passer plein de bateaux — des gros navires de marchandises importées d’Asie (comme de la cocaine par exemple), des bateaux de gardes-côte (qui essaient d’aborder les navires de marchandises), des yachts (depuis où les hauts responsables des Triades vérifient que la cocaine arrive bien au port), des kayaks (dans lequel le mec qui a refilé les infos aux gardes-côtes essaie de s’echapper), ou des bateaux dragon (rien à voir avec tout ça, c’est juste qu’ils s’entrainent dans le coin).
Bref voilà. Faites attention aux ours, aussi.
De retour du vieux monde
Vous avez peut-être remarqué que ce blog n’avait pas été mis à jour depuis 2 mois, et il y a 2 raisons à cela (une par mois!): d’abord, j’étais fénéant, et ensuite, on était en France.
Maintenant qu’on est rentrés, après plus d’un mois à visiter la famille, on va pouvoir revenir à nos moutons Canadiens… mais pas avant l’habituel recapitulatif du séjour.
D’abord, on a pu montrer à nos gamins tous les trucs qu’on ne voit pas dans le nord-ouest Américain: des vieux trucs! Genre, des vieux chateaux et des vieux moulins!
Ensuite, on a pu bouffer plein de trucs genre des gateaux Bretons et des gaufres du Nord et même, incroyable, quoi, des Craquottes!
Et enfin on a pu aller dans des endroits top délire, genre des plages avec des vraies dunes! (un peu sous la pluie, mais ça c’est bon, on en a aussi chez nous).
A force de vivre en dehors de la France, y’a aussi de plus en plus de chocs culturels ou de surprises quand on revient:
- Les routes et les places de parking sont quand même super petites. Ils sont forts pour se garer, les Français.
- Aussi, les rues pas perpendiculaires, c’est beaucoup plus compliqué pour s’y retrouver.
- Il se passe quoi avec la francophonie? J’ai vu plein de panneaux publicitaires avec des slogans à moitié, ou même carrément, en anglais. “Designed for humans”? “Simply clever”? Non mais sérieux. Et c’est sans compter tous les nouveaux “Bidule Market” et “Machin City” et “Rogneugneuh Drive”.
- Les trains qui vont vite, ou même, genre, les trains tout court, c’est quand même pas con comme idée.
- En France, on a pas de pétrole, mais on a une tétrachiée d’éoliennes. Ca a sérieusement poussé depuis la dernière fois qu’on était venus.
- Les magasins fermés le dimanche, ou le lundi, ou entre midi et 14h, ou même tout ça en même temps, c’est dur de s’y réhabituer. Le capitalisme, finalement, c’est pratique.
Et voilà, maintenant il faut recommencer à parler Anglais toute la journée. Après plusieurs semaines sans pratiquer, j’ai toujours l’impression d’avoir du yahout dans la bouche… et d’ailleurs, ça me fait penser que les Petits-Suisse, c’est bon et ça me manque déjà.
Le 20 avril, la journée qui sent bon
La semaine dernière c’était le 20 avril, ce qui correspond (en notation anglo-saxonne où le mois précède le jour) à “4/20”, autrement connu comme “le jour où tout le monde fume des cigarettes rigolotes totalement ouvertement”.
Bon, en fait, c’est un peu tous les jours comme ça à Vancouver (est-ce que vous reconnaissez le monsieur sur l’affiche?), mais d’habitude les gens n’en font pas toute une histoire. Sauf, donc, le 20 avril.
Par contre, comme la fois dernière, j’ai oublié mon appareil photo. C’est dingue, quand même. Du coup, je vais vous le faire façon “Instagram”, avec des photos floues, sur-exposées, sur-vignettées, et toutes vertes. C’est bien, ça fait super méga tendance.
Cette année, les organisateurs ont bloqué la rue qui longe la Gallerie d’Art pour y installer divers stands, ainsi que 2 scènes de concerts – l’une avec un groupe de hip-hop débalant des paroles légèrement anarchistes, et l’autre avec des gens qui reprennaient “Dark Side of the Moon“… on peut difficilement faire plus cliché.
Je vous avoue qu’en me baladant, je me demandais bien ce que tous ces gens vendaient. Des “master kushis”? Des “budders”? Du “honey oil”? Et des bibelots bizarres?
Heureusement qu’il y avait des gens normaux pour vendre des gâteaux et de la limonade!
Enfin sauf qu’après en avoir consommé j’avais super chaud, et j’avais encore plus la dalle… allez savoir… et puis je sais plus ce qui s’est passé après, mais je me suis réveillé avec un chat mort dans les mains et un goût bizarre sur la langue. Mais je m’égare, ça n’a rien à voir avec le sujet de cet article.
Comme on pouvait s’y attendre, la police était présente en force. Des camions entiers de CRS étaient… euh… ah non, y’avait juste 4 ou 5 flics en vélo. Au temps pour moi.
Ah là là, quelle bande de laxistes de gauche, ces Canadiens! Quand Sarkozy sera ré-élu pour un second mandat, j’éspère bien qu’il va nettoyer tout ça au kärsher. Littéralement, hein, j’veux dire. Parce que les manifestations comme ça, généralement, ça laisse plein de déchets par terre.
Et voilà, c’était 4/20 version 2012!
Le PMU du coin
Pendant que ma femme vous écrit des articles super informatifs à propos de trucs super sérieux, je me suis aperçu que je ne vous ai jamais parlé d’un sujet qui vous brûle la moustache depuis plusieurs années: “c’est quoi l’équivalent du bar PMU au Canada?”
(oui, je sais, c’est totalement sidérant comment j’arrive à deviner les questions de mon lectorat)
La réponse, aussi incroyable que ça puisse paraître, est que, euh, il n’y a pas d’équivalent. Désolé. Déjà, les courses de chevaux, c’est pas trop le dada des Canadiens. Ensuite, sur un continent où les établissements franchisés sont ultra-majoritaires, on ne trouve malheureusement pas autant de petits bars du coin où le proprio vous garde votre ardoise jusqu’à la fin du mois et vous interpelle par votre surnom avec un accent régional amusant. Et enfin, dans une province où les réglementations sur la consommation d’alcool sont drastiques, trouver un lieu où on peut s’enfiler un p’tit jaune à 15h30 peinard avec ses potes relève du défi.
Mais ça ne veut pas dire qu’il n’existe pas un lieu typique où les pauvres vont pour discuter du dernier match de foot en buvant des bières dégueulasses et en mangeant des cacahuètes couvertes d’urine des 12 précédents clients. Enfin sauf qu’ici ça sera plutôt, dans l’ordre: hockey sur glace, café jus-de-chaussette, et beignets. Pas d’urine, à priori, donc c’est déjà ça de gagné.
Vous avez déjà vu ces gobelets remplis de café brûlant? Non? Eh ben soit vous n’habitez pas au Canada, soit vous êtes aveugle – on en voit partout ici. Et ça vient de chez Tim Hortons, une véritable institution Canadienne (vous pensez bien, la chaîne a été fondée par un ancien joueur de hockey).
Evidemment, ils vous font croire que le café est préparé sur place, un peu comme chez Starbucks, mais on ne me la fait pas, je sais que c’est une immense machination.
L’autre grande tradition, chez Tim Hortons, c’est les beignets. Ca, les Canadiens ils les aiment leurs beignets… mais je vais pas trop me plaindre vu qu’il est courant que quelqu’un au boulot en ramène une boite de temps en temps pour partager avec ses collègues. Et moi, du sucre plein de gras couvert de gratuité, je suis pour.
Le pire, chez Tim Hortons, c’est qu’il se passe généralement un truc comme ça à la caisse:
- “Bonjour monsieur, que puis-je pour vous aujourd’hui?”
- “Bonjour madame, je voudrais une boite de 12 Timbits, 2 beignets au chocolat, un beignet avec le sorte de pus jaunatre dedans, et un beignet avec des petits bidules arc-en-ciel dessus qui font joli.”
- “Bien sûr. Une boisson avec cela?”
- “Euh oui, je vais prendre un café moyen et un chocolat chaud de daube. Et mettez moi un de vos croissants aussi. Ils sont pourris mais j’ai faim.”
- “Pas de problème. Ca vous fera deux dollars quarante cinq.”
- “Euh… $2.45? Pour tout ça?”
- “Oui monsieur, tout est là sur la facture. Vous voulez donner $1 en plus pour des orphelins malades unijambistes?”
- “UN DOLLAR? Non mais ça va pas, pour ce prix là je peux me reprendre deux douzaines de beignets en plus! D’ailleurs, hop, ajoutez-les moi tout de suite.”
Bon, le dialogue n’est peut-être pas ultra fidèle (à part la fin), mais tout ça pour dire que Tim Hortons, c’est tellement pas cher que ça m’a troué le cul les 2 fois où j’y ai été. Comparez ça à un café super tendance frenchouille du quartier bobo avec la déco industrio-Européenne où pour juste le même chocolat chaud de daube et le même croissant moisi vous en avez pour $32 (avant taxes et pourboire)…
Bref:Tim Hortons. Allez-y, sinon vous n’avez pas eu l’expérience Canadienne complète.







































