2 mars 2010

Truc olympiques: voilà c’est fini

La céré­mo­nie de clô­ture des J.O. dimanche soir a ter­miné deux semaines de bor­del pour Van­cou­ver et ses envi­rons, et tout le monde peut main­te­nant reprendre une acti­vité nor­male, lais­sant les Jeux Para­lym­piques se dérou­ler dans une rela­tive indif­fé­rence. Je n’ai pas pu aller vous prendre des pho­tos de la folie cer­taine qui a dû s’emparer des cana­diens après la vic­toire de leur équipe mas­cu­line de hockey sur glace en finale contre les USA puisque je suis parti en France deux jours avant la fin des jeux, mais je peux ima­gi­ner sans pro­blème des hordes de bûche­rons bour­rés à la bière bon mar­ché agi­ter des dra­peaux et des maillots rouges pois­seux en s’écorchant les pou­mons à coups de slo­gans patriotiques.

Quelques remarques, comme pour la céré­mo­nie d’ouverture:

  • On a regardé la céré­mo­nie de clô­ture sur France 3 en dif­féré (elle pas­sait à 3h du mat’ en France) et c’était insup­por­table… les com­men­ta­teurs français n’arrêtaient pas d’étaler leur culture à 2 ronds, nous empê­chant d’écouter ce qui se disait sur scène. C’est bien simple, plu­tôt que de tra­duire cor­rec­te­ment les divers dis­cours de William Shat­ner, Michael J. Fox et autres, ils se conten­taient de vague­ment tra­duire (mal) une phrase sur cinq, pré­fé­rant le reste du temps racon­ter des anec­dotes dont tout le monde se fout (sauf eux, appa­rem­ment). Com­pa­ra­ti­ve­ment, il n’y avait pra­tique­ment aucun com­men­taire sur la télé cana­dienne pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture.
  • Après avoir lu sur inter­net les com­men­taires néga­tifs sur la céré­mo­nie, je m’attendais à un truc affreux, mais c’était en fait potable. Inou­bliable en grande majo­rité, mais potable… à moins que ça soit un effet de com­pen­sa­tion des com­men­ta­teurs de merde sur le contenu.
  • Avril Lavigne, elle était peut-être vague­ment rebelle y’a quelques années, mais main­te­nant elle est molle du cul.
  • Ouf, on a pas eu Céline!
  • Ca se voyait légè­re­ment un peu qu’ils ont voulu sor­tir tous les grands noms pour dire aux gens “vous voyez tous ces gens connus, vous croyiez qu’ils étaient amé­ri­cains, eh beh non ils sont cana­diens, na!”.
  • Rien que pour les 2 pre­mières minutes, ça valait le coup. Entre ça et le numéro super cheesy de Michael Bublé à grands coups de cas­tors et d’orignaux géants, on voit bien que le Canada a une capa­cité d’auto-dérision que la plu­part des autres pays n’ont pas… en tous cas, ça jurait clai­re­ment avec le seg­ment d’introduction de Sochi, ce qui ajoute encore plus à l’aspect comique. Cer­tains de mes amis cana­diens semblent avoir été emba­ras­sés par ce second degré qui, selon eux, tom­bait à plat, mais le public sem­blait en tous cas appré­cier… il faut bien leur don­ner ce qu’ils attendent, aussi.

Voilà, j’espère que ma cou­ver­ture non-sportive de ces Jeux Olym­piques vous aura plu! On va pou­voir main­te­nant reprendre une pro­gram­ma­tion normale.

26 février 2010

Trucs olympiques: du rouge partout

Je l’avais men­tionné dans un pré­cé­dent billet, ces temps-ci les cana­diens affichent leurs cou­leurs natio­nales comme rare­ment avant.

Go Canada!

Dif­fi­cile de dire quelle est la réelle rai­son d’un tel patrio­tisme sou­dain… est-ce un moyen de sou­te­nir les ath­lètes cana­diens? De mon­trer leur joie d’organiser les jeux-olympiques? De prou­ver aux autres pays, pen­dant qu’ils regardent par ici, que le Canada est fier de son iden­tité? Ou est-ce tout sim­ple­ment le moyen le plus évident pour faire la fête et concur­ren­cer les sup­por­ters des autres pays? Ou même la conséquence d’une cam­pagne média­tique, mar­ke­ting, et poli­tique bien rodée au cours des der­niers mois?

USA, Canada, Canada

La fré­né­sie de la pre­mière semaine semble être de toutes façons retom­bée après la défaite de l’équipe cana­dienne de hockey contre les Etats-Unis et la fin du beau temps mira­cu­leux qui avait accueilli les tou­ristes au début des jeux…

En tous cas, voilà quelques pho­tos sup­plé­men­taires pour vous illus­trer l’invasion du rouge et blanc dans les rues du centre ville.

Canada, Canada, borne incendie

Rouge, blanc, et bruit

Canada, au cas où vous l'auriez pas deviné

Vous trou­ve­rez quelques pho­tos sup­plé­men­taires dans un album fli­ckr dédié au phé­no­mène.

Match de hockey dans la rue

16 février 2010

Le billet où c’est trop la honte, et c’est trop nul

Après le billet où tout est super trop bien, voilà le billet où c’est trop la honte. Parce que bon, déjà manquer de neige au Canada, c’est pas foli­chon, sur­tout que les météo­ro­lo­gistes avaient dit au VANOC que c’était risqué d’organiser des épreuves sur Cypress. Ensuite, la mort d’un ath­lète avant le début des jeux, c’est pas génial, et le chau­dron final qui foire à la céré­mo­nie d’ouverture, ça fait pas grandiose…

Eh bien main­te­nant, c’est la honte avec les resur­fa­ceuses de la pati­noire ovale de Rich­mond. Le comité olym­pique vou­lait des jeux aussi écolos que pos­sible, et donc, plu­tôt que d’utiliser des resur­fa­ceuses Zam­boni tour­nant au pro­pane (beuaark), ils ont com­mandé des resur­fa­ceuses éléc­triques chez Olym­pia (yay! woo­hoo!). Manque de bol, elles sont pour­ries du cul, ont foutu en l’air la glace de la pati­noire, et il a fallu une bonne heure (et beau­coup d’engueulades) pour que les épreuves de pati­nage reprennent… et appa­rem­ment, les fameuses Zam­boni pol­luantes seront à Rich­mond à par­tir d’aujourd’hui. Mouah ha ha ha. Moi j’aurais bien pro­posé qu’ils ramènent des mor­ceaux de glace bien lisses par camion depuis de Nuna­vut (après tout, cette tech­nique semble avoir bien mar­ché pour ennei­ger les pistes de Cypress), mais per­sonne m’écoute, moi.

Tenez, et aussi, vous vous rap­pel­lez de ma sur­prise à pro­pos de la pré­sence de la langue française pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture? Eh bien divers offi­ciels et jour­na­listes du Qué­bec ont quand même réussi à cri­tiquer, décla­rant qu’il n’y avait pas eu assez de contenu français… non mais ils se foutent de ma gueule? Pour un pays où seule­ment 22% des gens parlent français (et pas néces­sai­re­ment en tant que langue mater­nelle), ils ont déjà du bol d’avoir eu des tra­duc­tions françaises (par­lées ou affi­chées) du début à la fin. En tout cas, d’après ce que j’en ai vu, c’était plus que ce que les anglo­phones ont eu pen­dant les jeux olym­piques d’été de Mont­réal en 1976. Ils auraient voulu quoi? Des dis­cours en double plu­tôt que tra­duits sur l’écran? (dans le genre chiant, ça aurait été grand) For­cer les peuples des pre­mières nations à dire plus qu’un simple “bien­ne­ve­niou”? (ça aurait été bien vu, tiens, des poli­ti­ciens qué­be­cois qui donnent des ordres aux pre­mières nations de l’ouest) Rame­ner Celion Dion en plus de Garou? (bien sûr, si on veut que la moi­tié de la terre se sui­cide). Ah oui, et alors ma cri­tique pré­fé­rée: il n’y avait que 15% des béné­voles olym­piques qui par­laient français. Ouah. Dingue. Déjà, pour une ville où, genre, 1.5% de la popu­la­tion parle français, c’est déjà incroyable d’avoir trouvé autant de fran­co­phones… mais il en fal­lait plus, de toute évidence! Ca me parait clair: il aurait fallu for­cer plus de fran­co­phones à être béné­voles! Voilà! Ah la la, moi j’aime beau­coup cette vision du bilin­guisme cana­dien qu’ont les inté­gristes qué­be­cois, genre 50/50 c’est le mini­mum accep­table (ça fait très objec­tif et prag­ma­tique, tout ça, sur­tout pour un évène­ment inter­na­tio­nal). Il fau­drait leur dire que le Canada, c’est plus de 3/4 de trucs autres que le Que­bec… mais non, toute occa­sion est bonne pour cri­tiquer. Sur ce plan là, au moins, c’est clair que les qué­be­cois ont des racines françaises. Pfff.

15 février 2010

Le billet où tout est super trop bien

Alors atten­tion:

  • Van­cou­ver est encore une fois la meilleure plus bien bien ville du monde, pile à temps pour le début des jeux olym­piques. Le truc c’est que d’habitude, les gens de par le monde qui lisent le rap­port se disent “Hein? Van­cou­ver? N’importe quoi, ça doit être une erreur, je sais même pas où c’est de toutes façons”, et donc on pou­vait res­ter pei­nards tranquilles chez nous. Mais cette fois-ci, y’a je sais pas com­bien de mil­lions de tou­ristes qui sont là et peuvent témoi­gner que quand même c’est assez mignon­net, et y’en a dans le tas qui pour­raient avoir l’idée à la con de s’y expa­trier. Ah merde.
  • Le super trop bien docu­men­taire “Ouest qu’on parle français?” de Radio Canada est dis­po­nible en entier sur inter­net. Comme son nom l’indique, il parle des fran­co­phones dans l’ouest du Canada, et plus par­ti­cu­liè­re­ment autour de Van­cou­ver. Et pourquoi il est trop bien ce docu­men­taire? Eh bien parce que vous me ver­rez pen­dant, houlà, au moins 6 ou 7 secondes. Mais c’est les secondes les plus dra­ma­tique­ment magni­fiques de l’histoire télé­vi­suelle. On pour­rait croire que la star du docu­men­taire c’est Véro­nique, qu’on voit pen­dant une bonne dizaine de minutes et tout, mais non.
  • Et enfin, pour vrai­ment prou­ver à quel point je suis fabu­leux, ce blog a été gen­tie­ment nommé “blog du mois” par Expat-Blog (merci Oli­vier!), un site qui aide les gens avec des envies d’expatriation à savoir ce qui les attend (enfin sauf si vous vous expa­triez au Vati­cany’a pas de blog­geurs là bas on dirait).

Voilà, j’espère que vous êtes main­te­nant convain­cus que moi, Van­cou­ver et le Vati­can sommes tous fabuleux.

Trucs olympiques: c’est n’importnawak dans la rue

Pour ceux qui viennent de sor­tir de leur cave, ou un truc du genre, les jeux olym­piques d’hiver ont démarré depuis samedi à Van­cou­ver, et c’est n’importnawak dans la rue.

D’abord, évidem­ment, il y a eu quelques pro­tes­ta­tions, dont une qui a dégé­néré “à la cana­dienne”, à savoir qu’il y a eu exac­te­ment une vitrine de maga­sin cas­sée, deux boites aux lettres endom­ma­gées, et tout au plus six ou sept de coups échan­gés entre la police et la foule qui comp­tait, houlà, une soixan­taine de soit-disant “anar­chistes” (le genre qui a 17 ans, est né au Canada et uti­lise un iPod, mais se déclare anti-capitaliste et défen­seur des droits ter­ri­to­riaux pre­mières nations).

Protestation anarchiste

Il fau­drait que quelqu’un aille leur apprendre à balan­cer des briques et crâ­mer des bus à ces p’tits jeunes…

Mais bon, ça c’est pas trop le bor­del, c’est pas comme-ci Van­cou­ver était la capi­tale des mani­fes­ta­tions publiques et de la déso­béis­sance civile. Par contre, Van­cou­ver, c’est la côte ouest, et donc c’est des flash mobs. Et comme la cir­cu­la­tion est bloquée dans la moi­tié du centre-ville, les gens s’en donnent à coeur joie.

imagine1day’s Offi­cial Dan­cing in the Streets flash­mob | Van­cou­ver Canada from Jered Love on Vimeo.

Tenez, vous avez même des gens qui se réunissent pour chan­ter l’hymne cana­dien, là, pouf, comme ça. Venant d’un pays où le sen­ti­ment patrio­tique ne fait réel­le­ment sur­face que pen­dant les matches de hockey, ou quand quelqu’un cri­tique la bière locale, c’est assez sidérant.

true patriot love from lulu­le­mon ath­le­tica on Vimeo.

En fait, d’après les quelques locaux auxquels j’ai posé la ques­tion, on aurait pas vu autant de patrio­tisme à Van­cou­ver depuis l’Expo ‘86. N’importe quoi, hein… on serait en France on clas­si­fie­rait tous ces gens de sales natio­na­listes d’extrême droite, ça leur fou­trait bien la honte, ça leur appren­drait la vie, et ça les for­ce­rait à voter socia­liste. Non mais.

13 février 2010

Compte à rebours terminé!

Et voilà, on y est, les jeux olym­piques sont lan­cés. Pfiou… y’a plus qu’à attendre qu’ils retombent.

Si ce n’est déjà fait vous devriez bien­tôt voir, au moins, un réca­pi­tu­la­tif de la céré­mo­nie d’ouverture qui s’est tenue hier soir au BC Sta­dium (on verra ce qu’ils en disent au jour­nal de France2 plus tard dans la jour­née). Perso, je vou­lais aller la voir sur un écran géant au Live­City Yale­town, his­toire d’observer un peu l’ambiance géné­rale, mais entre la pluie, la foule débor­dante, et ma pauvre femme malade, j’ai fini par la regar­der bien au chaud à la télé, avec la pos­si­bi­lité de faire “pause” pour aller aux toi­lettes (c’est beau le luxe engen­dré par la tech­no­lo­gie moderne).

Quelques remarques:

  • Après la céré­mo­nie d’ouverture des J.O. d’été à Pékin c’était dur de faire quelque chose d’un tant soit peu impres­sion­nant… mais je trouve qu’on s’en est pas trop mal sor­tis. Là où les chi­nois avaient accom­pli une prouesse tech­nique assez déshu­ma­ni­sée, les orga­ni­sa­teurs cana­diens ont opté pour un spec­tacle plu­tôt inti­miste et cha­leu­reux, avec quelques bonnes idées et sur­tout beau­coup de bonne humeur. J’ai par­ti­cu­liè­re­ment appré­cié l’utilisation du public – c’est ce genre d’aspect par­ti­ci­pa­tif qui donne envie d’y avoir assisté en vrai.
  • Comme vous avez du l’entendre déjà un peu par­tout, l’ambiance de la jour­née avait été un peu plom­bée par la mort d’un ath­lète geor­gien le matin même. Moi ce qui me sidère, sur­tout, c’est que le cir­cuit de bobs­leigh soit bordé de poteaux en métal non rem­bour­rés. Appa­rem­ment c’est super ultra com­plè­te­ment rare qu’une luge sorte du cir­cuit, mais quand même… Peut-être que l’incident d’hier va, comme avec la For­mule 1 en 1994, pro­voquer des chan­ge­ments dras­tiques dans les mesures de sécurité.
  • Comme le dit ma femme: “pour les fran­cais qui regardent la cere­mo­nie d’ouverture, le truc que la fille en rouge (Nikki) elle chante, ca res­semble pas, mais alors pas du tout a l’hymne cana­dien. Ah ouais… et le truc au milieu, la, c’etait du français. C’est bien, conti­nue d’y croire, Nikki”.
  • Bryan Adams et Nelly Fur­tado ils savent vrai­ment pas chan­ter en play­back. De toutes façons la chan­son était assez pour­rave, et d’après ce que j’ai pu com­prendre, les cana­diens ils en ont un peu marre de voir Bryan dès qu’il s’agit de repré­sen­ter leur pays inter­na­tio­nal­le­ment. Les autres chan­teurs de la céré­mo­nie chan­taient en direct, au moins (enfin on dirait). Garou a même été jusqu’à chan­ter mal pour prou­ver qu’il fai­sait ça en live… à moins qu’il soit super fourbe et qu’il ait enre­gis­tré un truc légè­re­ment faux pour gru­ger tout le monde. Sacré Garou, va. Pen­dant ce temps là, c’est Rock Voi­sine qui doit être dég’ d’être un pauvre com­men­ta­teur sur les chaînes françaises.
  • En par­lant de Garou, d’ailleurs, les orga­ni­sa­teurs se sont bien for­cés à inclure autant de langue française que pos­sible, en allant jusqu’à faire pas­ser la pré­sen­ta­trice fran­co­phone avant son homo­logue anglo­phone, genre “on pré­sente la céré­mo­nie en français, et on tra­duit en anglais der­rière”. Mais c’était sur­tout mignon d’entendre les non-francophones dire “bien­ne­ve­nou” devant un mil­liard de gens.
  • Vous vous rap­pel­lez des divers sujets de pro­tes­ta­tion des J.O.? Notam­ment celui à pro­pos des méchants impé­ria­listes blancs qui volent leurs terres aux pre­mières nations et invitent ensuite les tou­ristes du monde entier à faire une grosse teuf pol­luante des­sus? Eh bien je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un petit rica­ne­ment en voyant que non seule­ment les chefs des tri­bus locales (Squa­mish, Musqueam, Lil’wat, et Tsleil-Waututh) étaient recon­nus comme chefs d’états et avaient leur place dans la tri­bune offi­cielle avec les hommes poli­tiques cana­diens, mais aussi que la céré­mo­nie d’ouverture débu­tait avec ces 4 tri­bus sou­hai­tant la bien­ve­nue sur leurs terres aux visi­teurs du monde entier. Marf. C’est des petits rigo­los les organisateurs.
  • Comme d’habitude, l’identité du por­teur de la flamme olym­pique qui allu­me­rait le chau­dron final était res­tée secrète jusqu’au der­nier moment, et les rumeurs les plus folles cir­cu­laient depuis quelques jours. Le sus­pect le plus pro­bable, Wayne Gretzky, l’un des meilleurs joueurs de hockey de l’histoire de l’univers du monde (ce qui lui confère pra­tique­ment un sta­tut de dieu au Canada), avait été démenti par le comité olym­pique… mais c’est parce que ces petits malins avaient en fait pré­paré un sale coup: le chau­dron serait allumé par 4 per­sonnes! Wayne Gretzky, donc, mais aussi Rick Han­sen, un ath­lète para­plé­gique, Catriona LeMay Doan, une pati­neuse de vitesse, et Steve Nash, une star du bas­ket­ball. Dom­mage qu’un pro­blème tech­nique avec le sys­tème hydrau­lique du chau­dron ait un peu foutu en l’air la scène – seule­ment 3 des 4 “jambes” du chau­dron sont sor­ties du sol, et seule­ment 3 des 4 ath­lètes l’ont donc allumé…
  • Et alors si je com­prends bien, le Canada, c’est: un ours géant, des punks qui font des claquettes et du vio­lon, de la danse contem­po­raine d’interprétation, un gamin qui vole, des gens qui font du ski, et de la poé­sie slam pour dire que les cana­diens sont polis et cool. Okay, c’est bon, j’ai tout com­pris, merci.
  • Aussi, c’était sympa de savoir qu’on avait une amie sur scène… on l’a pas vue, mais on s’est deman­dés toutes les 30 secondes si elle était à l’image… une fille danse dans un coin? “Eh, c’est peut-être Sté­pha­nie, là, à gauche!” Une fille qui court à tra­vers un champ? “Eh, c’est peut-être Sté­pha­nie, là, à droite!” Un gros noir qui porte un pan­neau? “Eh, c’est peut-être Sté­pha­nie, là, au milieu!”. Ah là là, des heures d’amusement.

Voilà… main­te­nant il ne reste plus que le petit détail insi­gni­fiant des épreuves sportives.

26 janvier 2010

Pour les pigeons

Le down­town east­side, qu’on trouve dans la par­tie est du centre ville, est de loin le quar­tier le plus démuni de Van­cou­ver. Il est aussi l’un des quar­tiers les plus polé­miques avec l’arrivée immi­nente des jeux olym­piques… mais la mai­rie vient de faire taire (au moins tem­po­rai­re­ment) cer­taines mau­vaises langues en bou­clant les tra­vaux de Pigeon Park, une petite place tri­an­gu­laire sur Car­rall et Has­tings.

Pigeon Park (1)

Cette place était jusque récem­ment prin­ci­pa­le­ment occu­pée par des four­nis­seurs et consom­ma­teurs de drogues dures, et les bancs squat­tés par des sans-abris. Il n’était pas inha­bi­tuel de trou­ver des seringues usées ou des excré­ments humains par terre. Le pro­blème c’est qu’à un pâté de mai­son de là on trouve Gas­town, avec ses bars hup­pés et ses vieux immeubles indus­triels trans­for­més en lofts bobos, et Chi­na­town, avec ses jar­dins, ses mar­chés, et son fes­ti­val du nou­vel an qui tom­bera pile pen­dant les J.O. Et des tou­ristes qui, en se trom­pant de rue, peuvent tom­ber sur des dro­gués et des odeurs de caca, ça fait pas super classe.

Pigeon Park (2)

Lorsque la muni­ci­pa­lité avait annoncé le projet de revi­ta­li­sa­tion du down­town east­side il y a 3 ans, des gens avaient pré­dit que cer­tains tra­vaux trai­ne­raient en lon­gueur his­toire de gar­der les “indé­si­rables” en dehors des zones tou­ris­tiques. Mais au bout du compte, c’est la muni­ci­pa­lité qui a eu le der­nier mot… et si la théo­rie de la vitre bri­sée est un mini­mum vraie, ça pour­rait être le début d’une réha­bi­li­ta­tion pour un quar­tier mal­heu­reu­se­ment bien connu.

En retour­nant dans le down­town east­side avec mon appa­reil photo, j’ai pu encore une fois consta­ter que ses habi­tants sont pour­tant sym­pa­thiques et prompts à enga­ger la conver­sa­tion. Vous obtien­drez par exemple bien sou­vent des recom­men­da­tions de pho­tos ou de balades. J’en pro­fite d’ailleurs pour vous racon­ter cette ren­contre que j’ai eu l’année der­nière avec un barbu du quartier:

Le barbu

J’avais dis­cuté avec lui pen­dant une bonne demi-heure de pho­to­gra­phie, d’architecture et de sculp­ture. Il avait suivi, disait-il, les cours de l’Uni­ver­sité Emily Carr en art et design, mais avait ensuite enchainté les pro­blèmes… il ne s’est pas attardé sur le sujet mais avait men­tionné de rôle de la drogue, et un acci­dent qui l’a privé de sa main gauche, rem­pla­cée par un cro­chet méca­nique. Il sem­blait tou­te­fois toujours motivé par toute forme de créa­tion artis­tique. Après m’avoir indiqué des endroits inté­res­sants à prendre en photo, il m’a confié qu’il abor­dait par­fois des pho­to­graphes ama­teurs pour leur deman­der de prendre une photo spé­ci­fique. Il m’avait ainsi raconté, le sou­rire aux lèvres, com­ment il avait repéré une fois un man­nequin dans une vitrine de maga­sin récem­ment aban­donné. Il manquait une main au man­nequin. Il avait donc convaincu un pas­sant de le suivre, s’était glissé dans la vitrine à côté du man­nequin, enle­vant son cro­chet et pre­nant la même pose. Il aurait aimé voir la photo finale mais est sim­ple­ment content d’avoir eu l’idée.

Le truc con c’est que j’ai oublié de lui deman­der son nom.

22 décembre 2009

Vancouver Biennale

Ca y est, le mys­tère des oeuvres de… euh, d’art… a été résolu. Il s’agit d’une exhi­bi­tion bi-annuelle bien nom­mée “Van­cou­ver Bien­nale”. Sur le site offi­ciel, on peut trou­ver les noms, auteurs, et des­crip­tions de chaque oeuvre. Celles dont on avait parlé ici sont par exemple “Mee­ting”, de Wang Shu­gang, et “Pillows”, de Liu Jian­hua. Les pan­neaux “stop” men­tion­nés dans les com­men­taires sont pro­ba­ble­ment “The Stop”, the Michael Zheng.

L’itération cou­rante de l’exposition a été lan­cée offi­ciel­le­ment mi-Novembre, ce qui explique pourquoi on voit plein de truc bizarres autour de chez nous depuis quelques temps, et devrait durer jusqu’en 2011 avec une tren­taine de sculp­tures et le double d’oeuvres dites “nou­veaux médias”.

21 décembre 2009

Pas chère, ma patinoire

En face de la Gal­le­rie d’Art, et en des­sous de la rue Rob­son, se trouve le Rob­son Square, une place sou­ter­raine qui abrite prin­ci­pa­le­ment une exten­sion de UBC (Uni­ver­sité de Colom­bie Bri­tan­nique), mais aussi quelques autres services.

Robson Square et Gallerie d'Art

Depuis les années 80, et jusqu’en 2004, il y avait aussi une pati­noire, mais divers pro­blèmes struc­tu­rels et un manque d’investisseurs avait forcé sa fermeture…

Cette année, avec l’approche des Jeux Olym­piques et l’affluence de moultes spon­sors aux poches pleines d’argent, le Rob­son Square a été rénové en pro­fon­deur et la pati­noire dont les van­cou­vé­rois par­laient avec nos­tal­gie ouvre à nou­veau ses portes sous le nom de “GE Plaza Ice Rink” (“Pati­noire de la Place Gene­ral Elec­tric”). Enfin elle a pas de portes puisqu’elle est tech­nique­ment en plein air…

GE Plaza Ice Rink

Et pour ceux qui s’inquiètent de voir un truc en plein air ouvrir en hiver à Van­cou­ver, pas d’inquiétude, la pati­noire est cou­verte, bien à l’abri de la pluie qui en tombe jamais ici.

Robson Square et patinoire

La pati­noire elle-même est gra­tuite si vous avez vos propres patins, et coûte 3$ si vous devez louer des patins sur place, plus encore quelques dol­lars si vous vou­lez d’autres acces­soires, par exemple pour les enfants. Elle est un tiers plus grande que l’ancienne, mais impos­sible de savoir quelle taille exacte elle fait main­te­nant, les dimen­sions ne semblent pas dis­po­nibles en ligne… cer­tains disent qu’elle est 20 à 30% plus petite que la célèbre (et payante!) pati­noire du Rocke­fel­ler Cen­ter à New-York.

Bref, voilà, merci à GE, ils sont trop gen­tils (oui, Guillaume, c’est pour toi si tu nous lis).

GE Place Ice Rink (2)

30 septembre 2009

Des nouvelles de Hollywoord North

Eh hop, revoilà votre rap­port irré­gu­lier sur ce qui se tourne à Van­cou­ver et alen­tours. Est-ce que vous avez vu cer­tains des films ou épisodes de séries men­tion­nés pré­cé­dem­ment? J’espère que vous faites bien attention…

Main­te­nant que Bat­tles­tar Galac­tica est ter­mi­née (merci pour la fin de daube, les gars), c’est au tour de Caprica d’être pro­duit ici. C’est un spin-off qui se déroule presque 60 ans avant le début de la pre­mière série, et qui vous don­nera l’occasion de voir un peu plus Van­cou­ver puisque tout ne se passe pas sur un vais­seau spa­tial pour une fois. Super­na­tu­ral et Small­ville conti­nuent, de même que la fran­chise Star­gate avec Star­gate Uni­verse.

Parmi les nou­veaux venus on trouve Fringe, la der­nière série de J.J. “j’ai du suc­cès avec de la daube” Abrams, qui démé­nage chez nous pour sa 2ème sai­son parce que tour­ner à New York c’était trop cher. La pre­mière sai­son de Human Tar­get est aussi en pro­duc­tion, et si c’est aussi bon que la BD sur laquelle c’est basé, ça pro­met… mais bon, ça sera sûre­ment nul, c’est pas la peine de se faire de faux espoirs non plus.

Zack Sny­der, après Watch­men, conti­nue de tour­ner à Van­cou­ver avec Sucker Punch, qu’il qua­li­fie de “Alice au Pays des Mer­veilles, mais avec des fusils auto­ma­tiques, des dra­gons, et des putes”. Euh… okay.

Main­te­nant on peut attaquer les gros mor­ceaux… d’abord, Tron Legacy, la suite que per­sonne n’attendait de Tron, vieux film culte des années 80. Ouais. Mmmmh. Bon.

Ensuite, le film The A-Team, plus connu en France sous le nom de L’Agence Tous Risques. Oui oui, ils en font un film, ces cons… enfin moi, tant qu’il y a des explo­sions et la musique du géné­rique, je m’en fous, j’y vais. Allez hop, d’ailleurs, on se le refait un coup:

Et pour finir, la pro­duc­tion du remake de V, cette série égale­ment issue des années 80, a com­mencé à Van­cou­ver. Aaah, V. Entre les maquillages d’extra-terrestre moi­sis et les effets spé­ciaux de navettes volantes à 2 balles d’un côté, Marc Sin­ger en jeans mou­lants et Robert Englund en alien com­plè­te­ment con d’un autre côté, et, en face, l’inégalable Michael Iron­side en ce qu’il fait de mieux (un gros salaud) et Jane Bad­ler qui joue l’ultime salope qui bouffe des arai­gnées et des sou­ris en pré­pa­rant l’asservissement de l’humanité, je sais même pas si cette série est géniale ou nulle à chier. Allez hop, encore une séquence nostalgie:

Voilà, bon vision­nage, et res­tez atten­tifs, comme par exemple avec Jackie Chan dans le Bronx, où vous ver­rez New York comme jamais: avec des mon­tagnes en fond!

Mise à jour: comme Nol­wenn me le fait pré­ci­ser, on a eu aussi récem­ment droit au tour­nage d’une par­tie de New Moon (“Twi­light: Ten­ta­tion” en VF), le 2ème cha­pitre de la série Twi­light… vous savez, ce truc pour gon­zesses avec des vam­pires qui sortent le jour, et qui prône l’abstinence, le voyeu­risme et le har­cè­le­ment (les filles trouvent ça super roman­tique dans les bouquins et les films, mais appel­le­ront les flics si vous essayez de faire pareil en vrai). Le tour­nage d’Eclipse (“Twi­light: Hési­ta­tion” en VF… moi j’hésite sur­tout à aller le voir, ho ho ha ha), la 3ème par­tie, est aussi en pré­pa­ra­tion dans les envi­rons de Van­cou­ver. Désolé d’avoir oublié ça, mais bon, d’un autre côté, je suis un mec de 31 ans alors mon cer­veau a des prio­ri­tés dif­fe­rentes… comme par exemple une bon­nasse en cuir mou­lant qui mange des arai­gnées et des sou­ris (d’ailleurs, si jamais une fille de l’audience veut faire ça en vrai, je suis preneur).