17 juillet 2010

Viva Espana

Oui, je sais, y’a pas beau­coup de nou­veaux articles ces temps-ci (trop de bou­lot!), mais pen­dant que c’est encore vague­ment d’actualité, voilà quelques pho­tos des gens qui regar­daient, sur un écran géant sur Gran­ville Street, la finale de la coupe du monde foot­ball – ou “soc­cer” comme ils disent ici, parce qu’apparemment y’a plus de bal­lon et de pied dans le foot­ball amé­ri­cain (où on trim­balle un truc ovale sous le bras) que dans le foot­ball du reste du monde (où on tape un bal­lon rond avec le pied)… aaaah là là, voilà encore un exemple de l’influence néfaste et inévi­table des Etats-Unis sur son pauvre voi­sin isolé du nord… enfin non pas que ça me sou­cie, hein. Moi, le foot­ball, je trouve ça inté­res­sant seule­ment quand Nietzsche joue, de toutes façons. Mais y’en a, ça les tra­vaille, on dirait.

Enfin bref , voilà, y’avait plein de monde sur Gran­ville Street, regar­dant un truc chiant sur un écran géant. Allez com­prendre… (de toutes façons, le foot­ball, c’est gay)

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Encore moins com­pré­hen­sible était le petit groupe de pho­to­graphes (y com­pris votre humble ser­vi­teur) qui fai­saient dos à l’écran et qui se cris­paient sur leurs appa­reils dès que la foule s’emballait…

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…parce que les fans de foot, ils sont presque aussi forts pour faire du cinéma que les joueurs professionels.

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Et tout aussi beaux-joueurs!

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Mais le truc le plus rigolo c’était quand, en début de pro­lon­ga­tions, le flux vidéo fourni par Bell s’est arrêté pen­dant plu­sieurs minutes.

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Les fans étaient pani­qués, et un mec bos­sant pour Rogers, debout à côté de moi, me disait “Toutes les pho­tos qui sont prises en ce moment? C’est la meilleure publi­cité dont je puisse rêver”.

Mais bon, fina­le­ment, l’image et le son ont été réta­blis, et peu de temps après les fans espa­gnols se sont mis debout en criant, pour une rai­son qui m’échappe.

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Et pen­dant ce temps-là, devant la gal­le­rie d’art, y’avait des pauvres gens qui essayaient de mani­fes­ter… triste, non?

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Vous trou­ve­rez quelques autres pho­tos de l’évènement dans mon album Fli­ckr. Enjoy!

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1 juin 2010

Cannabis Culture

Cannabis Culture

Puisque Marc Emery vient d’être récem­ment déporté aux USA, voilà une photo de la devan­ture pour­rie du BC Mari­juana Party, qui sent bon quand on passe devant.

22 mai 2010

Nettoyage de printemps

Vous vous rap­pel­lez peut-être qu’on a récem­ment eu à Van­cou­ver des célé­bra­tions spor­tives néces­si­tant moultes ins­tal­la­tions urbaines. Parmi ces ins­tal­la­tions, le chau­dron magique… euh, olym­pique avait eu sa place à côté du nou­veau Centre de Conven­tions.

Chaudron olympique

Je m’aperçois d’ailleurs que j’avais oublié de vous racon­ter à quel point ils sont pas très malin-malin les orga­ni­sa­teurs à Van­cou­ver. Enfin si, je vous l’avais déjà dit, mais j’ai pas parlé de la grande aven­ture du chau­dron à tou­ristes… parce que voyez-vous, lors des pre­miers jours des J.Os, si vous alliez prendre une photo de la flamme, ça don­nait ça:

La super flamme touristique

C’est pas gran­diose, vous avoue­rez. Parce que non, appa­rem­ment, les orga­ni­sa­teurs ne se s’étaient pas spé­cia­le­ment douté que les gens vou­draient venir se prendre en photo devant la flamme. Donc ils ont foutu un gros grillage et quelques contai­ners moches autour. Après quelques jours de mau­vaise presse et un brains­tor­ming pro­ba­ble­ment épique, ils ont décidé de libé­rer un peu la vue et de faire une trouée dans le grillage his­toire que les tou­ristes puissent prendre des pho­tos non-obstruées (voir ci-dessous).

Le grillage olympique

Le pro­blème c’est que le trou dans le grillage était à peu près à hau­teur de tête pour un amé­ri­cain moyen nourri aux hor­mones. Les pauvres petites ado­les­centes japo­naises nour­ries aux algues (et n’importe qui fai­sant moins de 1m75), par contre, se tapaient tou­jours le grillage flou sur leurs pho­tos… donc après encore quelques jours de mau­vaise presse et un der­nier brains­tor­ming où le mot d’ordre devait être “bon les gars, sérieux, faut arrê­ter les conne­ries, là”, ils ont rem­placé le grillage par un mur en plexi­glass, et ouvert au public une plate-forme élevée (qui était là depuis le début) per­mat­tant aux tou­ristes d’avoir une autre vue déga­gée en plon­gée sur le chaudron.

Aaaah là là, ils sont pas très fins ces canadiens.

Enfin bref, qu’ont-ils fait du chau­dron depuis la fin des jeux? Parce que bon, okay, de nuit avec la flamme des­sus, ça passe, mais sinon, c’est pas super beau comme truc… eh bien je vous le donne en mille: ils le gardent! Ils veulent le réal­lu­mer de temps en temps, pour les grandes occa­sions. Le réamé­na­ge­ment de la place est en cours, et vous pou­vez voir sur la deuxième photo ci-dessous ce à quoi ça devrait res­sem­bler quand ça sera fini.

Vestige olympique

L'esprit de la flamme

Ah, et puis ils ont aussi mis une autre oeuvre d’art juste à côté pour faire pas­ser le temps. Ca s’appelle “orque digi­tal”, par Dou­glas Cou­pland, un artiste local sur­tout connu pour ses romans “Gene­ra­tion X” et “JPod”. Je sup­pose que si on aime les Legos

Orc digital

4 mai 2010

Encore dégonflé

Le dôme du B.C. Place s’est encore une fois dégon­flé aujourd’hui, mais contrai­re­ment à la der­nière fois c’est fait exprès.

En fait, il ne sera jamais regon­flé car rem­placé par un toit com­plè­te­ment dif­fé­rent, simi­laire à celui de stade Com­merz­bank de Frank­fort (il semble d’ailleurs qu’il soit fait par le même archi­tecte). En plus de ça, il y aura un cer­tain nombre d’aménagements impor­tants autour du stade. C’est un évène­ment assez impor­tant dans l’esprit des Van­cou­ve­rois car ce dôme blanc “biben­dum” fai­sait par­tie inté­grante de la sky­line van­cou­vé­roise depuis 1983. Il va donc fal­loir s’habituer au nou­veau toit quand il sera prêt autour de l’été 2011!

Miss604 a fait un bon bou­lot en allant dégo­ter toutes les vidéos de dégon­fle­ment du stade, y com­pris la vidéo prise par l’une de mes col­lègues depuis notre lieu de travail:

Ma col­lègue a d’ailleurs son propre blog sur Van­cou­ver, plu­tôt porté sur le snow­board, la cui­sine fusion, le surf, et les trucs qui coûtent cher – bref, un blog très côte ouest. Jettez-y un coup d’oeil si l’anglais ne vous fait pas peur!

11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dol­lars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expa­triés et les tou­ristes, l’une des pre­mières dif­fé­rences frap­pantes entre l’Amé­rique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font par­tie de cette mino­rité de pays cré­tins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moi­tié de pays intel­li­gents qui affichent leurs prix hors pour­boires… bref, vous allez payer sacré­ment plus que le prix affi­ché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakis­ta­nais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La rai­son, supre­nante, de cet affi­chage qui ferait hur­ler les asso­cia­tions de consom­ma­teurs fran­çaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gou­ver­ne­ments sou­cieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe exis­tante était une taxe fédé­rale rela­ti­ve­ment obs­cure, la FST (“taxe sur les ventes de pro­duc­teurs”). Le pro­blème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une caté­go­rie rela­ti­ve­ment res­treinte de pro­duits, et seule­ment en amont dans la chaine de pro­duc­tion (elle était invi­sible aux consom­ma­teurs). Cela néces­si­tait donc beau­coup de pape­rasses jus­ti­fi­ca­tives entre pro­duc­teurs, et ren­dait cer­taines indus­tries cana­diennes peu com­pé­ti­tives à l’export. Aussi, son appli­ca­tion non-systématique défor­mait les marchés.

En 1991, par contre, un gou­ver­ne­ment conser­va­teur cen­triste (quoique légè­re­ment à droite sur les sujets écono­miques) se met à intro­duire un sytème de taxe sur la valeur ajou­tée sous la forme de la GST (“taxe sur les pro­duits et ser­vices”), fixée alors à 7%. Le sys­tème de taxe ajou­tée signi­fie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de pro­duc­tion paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la dif­fé­rence (ou “valeur ajou­tée”) à l’état. Vu de loin, ce sys­tème res­semble à notre bien nom­mée TVA natio­nale. De toutes façons, vu de loin, pra­ti­que­ment toutes les taxes sur les ventes appli­quées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont ins­pi­rées de la TVA fran­çaise, intro­duite en 1954 dans une ver­sion un peu plus réduite que celle qu’on connait main­te­nant (elle fut éten­due dans les années 60 par Valéry Gis­card d’Estaing). Encore une grande inven­tion fran­çaise, quoi… pas la peine de nous remer­cier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évène­ment rela­ti­ve­ment récent, et les gens qui se rap­pellent de “l’avant GST” sont nom­breux… vous pou­vez ima­gi­nez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, sur­tout qu’au même moment toutes les pro­vinces, sauf l’Alberta, décident égale­ment d’appliquer une taxe pro­vin­ciale, la PST (“taxe pro­vin­ciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une com­bi­nai­son de TVA fédé­rale (la GST) et de TVA pro­vin­ciale (la PST).

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Fai­sons main­te­nant une brève pause et remon­tons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Consti­tu­tio­nel de 1867 fut signé. C’est un docu­ment extrê­me­ment impor­tant car il fait par­tie des quelques étapes qui uni­fièrent le Canada en un domi­nion fédé­ral avec le sys­tème poli­tique que l’on connait main­te­nant. Le pro­blème c’est que pour uni­fier des ter­ri­toires aussi immenses et éloi­gnés les uns des autres, il était impé­ra­tif de leur lais­ser un mini­mum d’autonomie. Un petit détail de cet acte consti­tu­tio­nel déclare ainsi (allez savoir pour­quoi) que chaque pro­vince déci­dera comme bon lui semble des lois gou­ver­nant le mar­ke­ting et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une cer­taine pro­tec­tion des citoyens contre le bon vou­loir des pro­vinces, une autre clause indique que seul le gou­ver­ne­ment fédé­ral peut mettre en place un quel­conque impôt indi­rect. Si une pro­vince décide d’inventer un nou­vel impôt, il sera obli­ga­toi­re­ment direct afin que les citoyens de cette pro­vince soient plei­ne­ment conscients de la situation.

Reve­nons main­te­nant en 1991. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consom­ma­teurs (par oppo­si­tion à la pré­cé­dente FST). Il sou­haite égale­ment rendre le mélange entre taxes fédé­rales et pro­vin­ciales plus simple, en encou­ra­geant les pro­vinces à adop­ter une taxe “har­mo­ni­sée” (HST) qui com­bi­ne­rait GST et PST… mais les pro­vinces ont d’autres idées en tête. Face à une opi­nion publique lar­ge­ment mécon­tente à l’idée d’une hausse des prix, elles pré­fèrent en mettre le plus pos­sible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se pré­sente de déci­der s’il faut impo­ser un affi­chage TTC (“toutes taxes com­prises”), les pro­vinces choi­sissent d’éviter le sujet: toute cette his­toire de taxes est la faute du gou­ver­ne­ment fédé­ral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les pro­vinces n’ont consti­tu­tio­nel­le­ment pas le droit d’imposer un affi­chage des prix avec la PST com­prise car celle-ci devien­drait alors une taxe indi­recte (selon la défi­ni­tion cana­dienne du terme qui dit que la taxe est indi­recte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre tran­sac­tion finan­cière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indi­qué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la ques­tion n’a jamais été sérieu­se­ment étudiée). Inver­se­ment, le gou­ver­ne­ment fédé­ral ne peut rien impo­ser aux pro­vinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uni­que­ment), tou­jours à cause de la consti­tu­tion. Ils auraient pu en pro­fi­ter pour la chan­ger pour l’occasion, mais je sup­pose que ça aurait décu­plé la com­plexité d’une ini­tia­tive déjà pas super tri­viale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux maga­sins d’adopter l’affichage qu’ils dési­rent… et par souci de com­pé­ti­ti­vité, tout le monde adopte rapi­de­ment l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un pro­duit à $115 alors que le voi­sin l’affiche à $99, même si on met un gros pan­neau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines auto­ma­tiques, les télé­phones publics, cer­tains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figu­rer des prix TTC (pro­ba­ble­ment parce que le gros de la clien­tèle est com­po­sée de tou­ristes qui sup­portent mal l’affichage hors taxes). Bref, bon­jour le bor­del pour le consom­ma­teur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour ter­mi­ner, voilà un petit résumé des évène­ments rela­tifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conser­va­teur qui avait intro­duit la GST était à l’époque bien évidem­ment majo­ri­taire dans la Chambre des Com­munes, avec 169 sièges sur 295. Pen­dant les élec­tions de 1993, ils se font détruire par les élec­teurs et se retrouvent avec seule­ment 2 sièges, au pro­fit des libé­raux de Jean Chré­tien. Ouaip. Deux sièges. Avoir intro­duit la GST de manière aussi visible était donc un bon sui­cide poli­tique. Des gens (dont beau­coup de conser­va­teurs même) pensent que ça se serait beau­coup mieux passé s’ils avaient réussi à impo­ser des affi­chages de prix TTC sur le plan fédé­ral, limi­tant ainsi la “mémoire” des cana­diens sur le chan­ge­ment des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en récla­mant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une che­mise à carreaux.
  • En 1992, le Qué­bec intro­duit la QST (“taxe qué­bé­coise sur les ventes”) comme alter­na­tive aux PSTs des autres pro­vinces (parce que le Qué­bec fait jamais comme les autres). Son fonc­tion­ne­ment en rap­port à la GST est proche de la taxe har­mo­ni­sée (HST) vou­lue à l’origine par le gou­ver­ne­ment fédé­ral, mais elle est admi­nis­trée par Revenu Qué­bec (le fisc local), et n’apporte pas vrai­ment d’amélioration sur le plan admi­nis­tra­tif des entre­prises aux autres sys­tèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nou­velle Ecosse, Nou­veau Bruns­wick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Appa­rem­ment, l’accord entre ces pro­vinces et le gou­ver­ne­ment fédé­ral incluait à l’origine des condi­tions sur l’affichage de prix TTC sur cer­tains pro­duits et ser­vices, mais ces clauses ont été com­bat­tues féro­ce­ment par les entre­prises natio­nales, pas très chaudes à l’idée de devoir main­te­nir deux affi­chages de prix dif­fé­rents dans leurs maga­sins, cata­logues, sites inter­net, etc., en fonc­tion de la pro­vince concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gou­ver­ne­ment fédé­ral baisse la GST de 1% (elle est main­te­nant à 5%), prin­ci­pa­le­ment à cause de pro­messes élec­to­rales (comme quoi des fois les poli­ti­ciens les tiennent).
  • Au 1er juillet pro­chain, la Colom­bie Bri­tan­nique et l’Onta­rio vont égale­ment mettre en place la HST. L’Onta­rio aura exac­te­ment la même taxa­tion que les autres pro­vinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colom­bie Bri­tan­nique fait sa maline avec une HST de 12%, mais prin­ci­pa­le­ment parce que la PST y était jusqu’à main­te­nant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impo­pu­laire, ça serait encore plus le bor­del si le gou­ver­ne­ment rajou­tait 1% en plus (on en repa­lera, de toutes façons, c’est le genre de bor­del poli­tique fédéral/provincial bien cana­dien qu’on ne connait pas en France, ça vous chan­gera du bou­clier fis­cal et des bur­kas). En tous cas, ça fout la pres­sion sur les quelques pro­vinces res­tantes qui n’ont pas encore har­mo­nisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, main­te­nant (si j’ai dit une conne­rie, insul­tez moi en com­men­taire)… et s’il y a des futurs expa­triés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en maga­sin suit en géné­ral les autres bonnes pra­tiques fran­çaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux com­pa­rer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plu­part des articles de votre panier de courses (nour­ri­ture, bois­sons non-alcoholisées, etc.), les prix affi­chés en super­mar­ché sont effec­ti­ve­ment ceux que vous paie­rez à la caisse.

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Ca y est, tout le monde est endormi?

8 avril 2010

C’est encore balaud, tout ça

Appa­rem­ment les gens s’emmerdent à Van­cou­ver et n’ont pas beau­coup de sujets de dis­cus­sion parce que ce matin tout le monde par­lait de la récente tem­pête noc­turne qui a vu des vents allant de 90km/h à 150km/h selon les sources (en fait, la météo en géné­ral est un grand sujet de dis­cus­sion van­cou­ve­rois… fau­dra que je vous en reparle). En tout cas, c’était assez violent pour abattre des arbres qui à leur tour ont arra­ché des lignes élec­triques, pri­vant tout un tas de gens d’énergie dans la ban­lieue nord et est de Van­cou­ver (enfin bon, si ces bran­qui­gnoles de cana­diens enter­raient leurs lignes comme des gens civi­li­sés, ça arri­ve­rait pas, tout ça).

Bref, comme d’habitude, quand y’a du vent, y’a des bateaux qui s’échouent sur la plage. L’année der­nière y’en avait un sur Kits Beach. Cette année, y’en a au moins cinq…

Der­rière le musée mari­time on en trouve deux, dont un qui est, euh, ben, moyen récupérable.

Encore un bateau

Moyen recuperable

Un peu plus loin sur Kits Beach, on en trouve trois autres…

3 bateaux

C'est encore balaud

…dont un sur lequel le pro­prié­taire dor­mait, semble-t-il, lorsque c’est arrivé.

Sympa.

30 mars 2010

Le problème du croissant

Les bou­lan­ge­ries fran­çaises sont rela­ti­ve­ment cou­rantes à Van­cou­ver. Le pro­blème c’est que si la plu­part des vitrines, de loin, ont l’air fran­co­pho­ne­ment allé­chantes, quand on rentre dedans c’est une autre his­toire. A “La Bou­lan­ge­rie” on se fait ser­vir par une indienne bizarre, et à la “Baguet­te­rie Pari­sienne” il s’agit de deux japo­naises, par exemple. Bref, comme bien sou­vent en amé­rique du nord, on use et abuse de la France pour atti­rer sans honte et à grands coups de pho­tos de la Tour Eif­fel le client vers des pro­duits qu’on pro­met de qua­lité, mais qui sont en réa­lité bien moyens, voire pire. Alors oui, OK, la natio­na­lité des cais­sières n’a géné­ra­le­ment pas d’impact sur la qua­lité des pro­duits, mais quand même si je vais dans un res­tau­rant à sushis et que tout le monde a l’air pakis­ta­nais, j’ai des doutes. Les bonnes sur­prises sont rares.

Dans le cas des bou­lan­ge­ries fran­çaises d’ici, le bât blesse prin­ci­pa­le­ment au niveau des crois­sants. Les crois­sants à Van­cou­ver sont tout sim­ple­ment rare­ment bons. Ils sont tout secs, genre ils ont oublié de mettre le beurre (ce qui est un comble quand on fait des crois­sants au beurre). Ca doit être l’effet west-coast, c’est des crois­sants dié­té­tiques, peut-être. En tous cas, je sais pas vous, mais moi, si j’ai pas besoin de m’essuyer les mains après avoir mangé un crois­sant, c’est qu’il y a un pro­blème… le pain est vague­ment man­geable, mais vous vous en sor­ti­rez géné­ra­le­ment mieux (et pour moins cher) en allant dans d’autres bou­lan­ge­ries euro­péennes (prin­ci­pa­le­ment ita­liennes ou grecques… mais il faut aimer le pain ita­lien ou grec!), ou en allant dans celles qui ne se reven­diquent d’aucune natio­na­lité par­ti­cu­lière, genre Terra Breads (parce que c’est pas sous pré­texte qu’un pain n’est pas fait exac­te­ment à la fran­çaise qu’il n’est pas bon).

Terra Breads at Granville Market

On trouve aussi du bon pain dans les endroits les plus sur­pre­nants, mais le sujet a l’air plus dis­cu­table auprès des expa­triés van­cou­vé­rois (le pain de Costco, le pain de l’épicerie asia­tique de Stra­th­cona, etc…). Enfin le prin­ci­pal c’est que cha­cun trouve du pain qui lui plaise…

Terra Breads at Granville Market (close up)

…ce qui nous laisse quand même avec le pro­blème du croissant.

Eh bien la bonne nou­velle, pour les ama­teurs de vien­noi­se­ries de qua­lité, c’est qu’une vraie boulangerie/patisserie fran­çaise ouvre cette semaine! Avec des crois­sants blin­dés de beurre! (dont on me dit qu’il est néo-zélandais, d’ailleurs).

Croissants au beurre

Ca s’appelle “Baguette & Co”, c’est tenu par des amis, et ça ouvre le 1er avril à Kit­si­lano au milieu des bou­lan­ge­ries grecques de Greek­town. En bon busi­ness van­cou­vé­rois, B&C a sa page face­book avec toutes les infor­ma­tions néces­saires. La “french bakery with a twist” (c’est leur slo­gan) offrira même à ses sym­pa­thiques clients un espace avec tables et cana­pés pour dégus­ter ses pro­duits avec un petit café ou un thé… une expé­rience très Kits, quoi.

Patisseries francaises

Main­te­nant, on peut pas­ser au pro­blème sui­vant, celui du sirop de gre­na­dine, dont je soup­çonne qu’il sera poten­tiel­le­ment bien­tôt réglé… stay tuned.

Mise à Jour: la méga classe, William Gib­son aime les crois­sants de Baguette & Co, apparemment.

2 mars 2010

Truc olympiques: voilà c’est fini

La céré­mo­nie de clô­ture des J.O. dimanche soir a ter­miné deux semaines de bor­del pour Van­cou­ver et ses envi­rons, et tout le monde peut main­te­nant reprendre une acti­vité nor­male, lais­sant les Jeux Para­lym­piques se dérou­ler dans une rela­tive indif­fé­rence. Je n’ai pas pu aller vous prendre des pho­tos de la folie cer­taine qui a dû s’emparer des cana­diens après la vic­toire de leur équipe mas­cu­line de hockey sur glace en finale contre les USA puisque je suis parti en France deux jours avant la fin des jeux, mais je peux ima­gi­ner sans pro­blème des hordes de bûche­rons bour­rés à la bière bon mar­ché agi­ter des dra­peaux et des maillots rouges pois­seux en s’écorchant les pou­mons à coups de slo­gans patriotiques.

Quelques remarques, comme pour la céré­mo­nie d’ouverture:

  • On a regardé la céré­mo­nie de clô­ture sur France 3 en dif­féré (elle pas­sait à 3h du mat’ en France) et c’était insup­por­table… les com­men­ta­teurs fran­çais n’arrêtaient pas d’étaler leur culture à 2 ronds, nous empê­chant d’écouter ce qui se disait sur scène. C’est bien simple, plu­tôt que de tra­duire cor­rec­te­ment les divers dis­cours de William Shat­ner, Michael J. Fox et autres, ils se conten­taient de vague­ment tra­duire (mal) une phrase sur cinq, pré­fé­rant le reste du temps racon­ter des anec­dotes dont tout le monde se fout (sauf eux, appa­rem­ment). Com­pa­ra­ti­ve­ment, il n’y avait pra­ti­que­ment aucun com­men­taire sur la télé cana­dienne pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture.
  • Après avoir lu sur inter­net les com­men­taires néga­tifs sur la céré­mo­nie, je m’attendais à un truc affreux, mais c’était en fait potable. Inou­bliable en grande majo­rité, mais potable… à moins que ça soit un effet de com­pen­sa­tion des com­men­ta­teurs de merde sur le contenu.
  • Avril Lavigne, elle était peut-être vague­ment rebelle y’a quelques années, mais main­te­nant elle est molle du cul.
  • Ouf, on a pas eu Céline!
  • Ca se voyait légè­re­ment un peu qu’ils ont voulu sor­tir tous les grands noms pour dire aux gens “vous voyez tous ces gens connus, vous croyiez qu’ils étaient amé­ri­cains, eh beh non ils sont cana­diens, na!”.
  • Rien que pour les 2 pre­mières minutes, ça valait le coup. Entre ça et le numéro super cheesy de Michael Bublé à grands coups de cas­tors et d’orignaux géants, on voit bien que le Canada a une capa­cité d’auto-dérision que la plu­part des autres pays n’ont pas… en tous cas, ça jurait clai­re­ment avec le seg­ment d’introduction de Sochi, ce qui ajoute encore plus à l’aspect comique. Cer­tains de mes amis cana­diens semblent avoir été emba­ras­sés par ce second degré qui, selon eux, tom­bait à plat, mais le public sem­blait en tous cas appré­cier… il faut bien leur don­ner ce qu’ils attendent, aussi.

Voilà, j’espère que ma cou­ver­ture non-sportive de ces Jeux Olym­piques vous aura plu! On va pou­voir main­te­nant reprendre une pro­gram­ma­tion normale.

26 février 2010

Trucs olympiques: du rouge partout

Je l’avais men­tionné dans un pré­cé­dent billet, ces temps-ci les cana­diens affichent leurs cou­leurs natio­nales comme rare­ment avant.

Go Canada!

Dif­fi­cile de dire quelle est la réelle rai­son d’un tel patrio­tisme sou­dain… est-ce un moyen de sou­te­nir les ath­lètes cana­diens? De mon­trer leur joie d’organiser les jeux-olympiques? De prou­ver aux autres pays, pen­dant qu’ils regardent par ici, que le Canada est fier de son iden­tité? Ou est-ce tout sim­ple­ment le moyen le plus évident pour faire la fête et concur­ren­cer les sup­por­ters des autres pays? Ou même la consé­quence d’une cam­pagne média­tique, mar­ke­ting, et poli­tique bien rodée au cours des der­niers mois?

USA, Canada, Canada

La fré­né­sie de la pre­mière semaine semble être de toutes façons retom­bée après la défaite de l’équipe cana­dienne de hockey contre les Etats-Unis et la fin du beau temps mira­cu­leux qui avait accueilli les tou­ristes au début des jeux…

En tous cas, voilà quelques pho­tos sup­plé­men­taires pour vous illus­trer l’invasion du rouge et blanc dans les rues du centre ville.

Canada, Canada, borne incendie

Rouge, blanc, et bruit

Canada, au cas où vous l'auriez pas deviné

Vous trou­ve­rez quelques pho­tos sup­plé­men­taires dans un album fli­ckr dédié au phé­no­mène.

Match de hockey dans la rue

16 février 2010

Le billet où c’est trop la honte, et c’est trop nul

Après le billet où tout est super trop bien, voilà le billet où c’est trop la honte. Parce que bon, déjà man­quer de neige au Canada, c’est pas foli­chon, sur­tout que les météo­ro­lo­gistes avaient dit au VANOC que c’était ris­qué d’organiser des épreuves sur Cypress. Ensuite, la mort d’un ath­lète avant le début des jeux, c’est pas génial, et le chau­dron final qui foire à la céré­mo­nie d’ouverture, ça fait pas grandiose…

Eh bien main­te­nant, c’est la honte avec les resur­fa­ceuses de la pati­noire ovale de Rich­mond. Le comité olym­pique vou­lait des jeux aussi écolos que pos­sible, et donc, plu­tôt que d’utiliser des resur­fa­ceuses Zam­boni tour­nant au pro­pane (beuaark), ils ont com­mandé des resur­fa­ceuses éléc­triques chez Olym­pia (yay! woo­hoo!). Manque de bol, elles sont pour­ries du cul, ont foutu en l’air la glace de la pati­noire, et il a fallu une bonne heure (et beau­coup d’engueulades) pour que les épreuves de pati­nage reprennent… et appa­rem­ment, les fameuses Zam­boni pol­luantes seront à Rich­mond à par­tir d’aujourd’hui. Mouah ha ha ha. Moi j’aurais bien pro­posé qu’ils ramènent des mor­ceaux de glace bien lisses par camion depuis de Nuna­vut (après tout, cette tech­nique semble avoir bien mar­ché pour ennei­ger les pistes de Cypress), mais per­sonne m’écoute, moi.

Tenez, et aussi, vous vous rap­pel­lez de ma sur­prise à pro­pos de la pré­sence de la langue fran­çaise pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture? Eh bien divers offi­ciels et jour­na­listes du Qué­bec ont quand même réussi à cri­ti­quer, décla­rant qu’il n’y avait pas eu assez de contenu fran­çais… non mais ils se foutent de ma gueule? Pour un pays où seule­ment 22% des gens parlent fran­çais (et pas néces­sai­re­ment en tant que langue mater­nelle), ils ont déjà du bol d’avoir eu des tra­duc­tions fran­çaises (par­lées ou affi­chées) du début à la fin. En tout cas, d’après ce que j’en ai vu, c’était plus que ce que les anglo­phones ont eu pen­dant les jeux olym­piques d’été de Mont­réal en 1976. Ils auraient voulu quoi? Des dis­cours en double plu­tôt que tra­duits sur l’écran? (dans le genre chiant, ça aurait été grand) For­cer les peuples des pre­mières nations à dire plus qu’un simple “bien­ne­ve­niou”? (ça aurait été bien vu, tiens, des poli­ti­ciens qué­be­cois qui donnent des ordres aux pre­mières nations de l’ouest) Rame­ner Celion Dion en plus de Garou? (bien sûr, si on veut que la moi­tié de la terre se sui­cide). Ah oui, et alors ma cri­tique pré­fé­rée: il n’y avait que 15% des béné­voles olym­piques qui par­laient fran­çais. Ouah. Dingue. Déjà, pour une ville où, genre, 1.5% de la popu­la­tion parle fran­çais, c’est déjà incroyable d’avoir trouvé autant de fran­co­phones… mais il en fal­lait plus, de toute évidence! Ca me parait clair: il aurait fallu for­cer plus de fran­co­phones à être béné­voles! Voilà! Ah la la, moi j’aime beau­coup cette vision du bilin­guisme cana­dien qu’ont les inté­gristes qué­be­cois, genre 50/50 c’est le mini­mum accep­table (ça fait très objec­tif et prag­ma­tique, tout ça, sur­tout pour un évène­ment inter­na­tio­nal). Il fau­drait leur dire que le Canada, c’est plus de 3/4 de trucs autres que le Que­bec… mais non, toute occa­sion est bonne pour cri­ti­quer. Sur ce plan là, au moins, c’est clair que les qué­be­cois ont des racines fran­çaises. Pfff.