16 juillet 2012

De retour du vieux monde

Vous avez peut-être remar­qué que ce blog n’avait pas été mis à jour depuis 2 mois, et il y a 2 rai­sons à cela (une par mois!): d’abord, j’étais fénéant, et ensuite, on était en France.

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Main­te­nant qu’on est ren­trés, après plus d’un mois à visi­ter la famille, on va pou­voir reve­nir à nos mou­tons Cana­diens… mais pas avant l’habituel reca­pi­tu­la­tif du séjour.

D’abord, on a pu mon­trer à nos gamins tous les trucs qu’on ne voit pas dans le nord-ouest Amé­ri­cain: des vieux trucs! Genre, des vieux cha­teaux et des vieux moulins!

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Ensuite, on a pu bouf­fer plein de trucs genre des gateaux Bre­tons et des gaufres du Nord et même, incroyable, quoi, des Craquottes!

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Et enfin on a pu aller dans des endroits top délire, genre des plages avec des vraies dunes! (un peu sous la pluie, mais ça c’est bon, on en a aussi chez nous).

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A force de vivre en dehors de la France, y’a aussi de plus en plus de chocs cultu­rels ou de sur­prises quand on revient:

  • Les routes et les places de par­king sont quand même super petites. Ils sont forts pour se garer, les Français.
  • Aussi, les rues pas per­pen­di­cu­laires, c’est beau­coup plus com­pli­qué pour s’y retrouver.
  • Il se passe quoi avec la fran­co­pho­nie? J’ai vu plein de pan­neaux publi­ci­taires avec des slo­gans à moi­tié, ou même car­ré­ment, en anglais. “Desi­gned for humans”? “Sim­ply cle­ver”? Non mais sérieux. Et c’est sans comp­ter tous les nou­veaux “Bidule Mar­ket” et “Machin City” et “Rogneu­gneuh Drive”.
  • Les trains qui vont vite, ou même, genre, les trains tout court, c’est quand même pas con comme idée.
  • En France, on a pas de pétrole, mais on a une tétra­chiée d’éoliennes. Ca a sérieu­se­ment poussé depuis la der­nière fois qu’on était venus.
  • Les maga­sins fer­més le dimanche, ou le lundi, ou entre midi et 14h, ou même tout ça en même temps, c’est dur de s’y réha­bi­tuer. Le capi­ta­lisme, fina­le­ment, c’est pratique.
On a aussi pris plein de notes auprès de nos amis jeunes parents puisque, d’après quelques livres popu­laires en Amé­rique du Nord, l’éducation Fran­çaise c’est la meilleure du monde (ce qui explique pour­quoi les Fran­çais sont connus pour leur cour­toi­sie, leur pro­preté, et leur civi­lité… hum hum). On verra si on peut impor­ter ça au Canada.

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Et voilà, main­te­nant il faut recom­men­cer à par­ler Anglais toute la jour­née. Après plu­sieurs semaines sans pra­ti­quer, j’ai tou­jours l’impression d’avoir du yahout dans la bouche… et d’ailleurs, ça me fait pen­ser que les Petits-Suisse, c’est bon et ça me manque déjà.

1 mai 2012

Le 20 avril, la journée qui sent bon

La semaine der­nière c’était le 20 avril, ce qui cor­res­pond (en nota­tion anglo-saxonne où le mois pré­cède le jour) à “4/20”, autre­ment connu comme “le jour où tout le monde fume des ciga­rettes rigo­lotes tota­le­ment ouver­te­ment”.

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Bon, en fait, c’est un peu tous les jours comme ça à Van­cou­ver (est-ce que vous recon­nais­sez le mon­sieur sur l’affiche?), mais d’habitude les gens n’en font pas toute une his­toire. Sauf, donc, le 20 avril.

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Par contre, comme la fois der­nière, j’ai oublié mon appa­reil photo. C’est dingue, quand même. Du coup, je vais vous le faire façon “Ins­ta­gram”, avec des pho­tos floues, sur-exposées, sur-vignettées, et toutes vertes. C’est bien, ça fait super méga tendance.

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Cette année, les orga­ni­sa­teurs ont blo­qué la rue qui longe la Gal­le­rie d’Art pour y ins­tal­ler divers stands, ainsi que 2 scènes de concerts – l’une avec un groupe de hip-hop déba­lant des paroles légè­re­ment anar­chistes, et l’autre avec des gens qui repren­naient “Dark Side of the Moon“… on peut dif­fi­ci­le­ment faire plus cliché.

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Je vous avoue qu’en me bala­dant, je me deman­dais bien ce que tous ces gens ven­daient. Des “mas­ter kushis”? Des “bud­ders”? Du “honey oil”? Et des bibe­lots bizarres?

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Heu­reu­se­ment qu’il y avait des gens nor­maux pour vendre des gâteaux et de la limonade!

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Enfin sauf qu’après en avoir consommé j’avais super chaud, et j’avais encore plus la dalle… allez savoir… et puis je sais plus ce qui s’est passé après, mais je me suis réveillé avec un chat mort dans les mains et un goût bizarre sur la langue. Mais je m’égare, ça n’a rien à voir avec le sujet de cet article.

Comme on pou­vait s’y attendre, la police était pré­sente en force. Des camions entiers de CRS étaient… euh… ah non, y’avait juste 4 ou 5 flics en vélo. Au temps pour moi.

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Ah là là, quelle bande de laxistes de gauche, ces Cana­diens! Quand Sar­kozy sera ré-élu pour un second man­dat, j’éspère bien qu’il va net­toyer tout ça au kär­sher. Lit­té­ra­le­ment, hein, j’veux dire. Parce que les mani­fes­ta­tions comme ça, géné­ra­le­ment, ça laisse plein de déchets par terre.

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Et voilà, c’était 4/20 ver­sion 2012!

8 novembre 2011

Terry qui?

Avec la fin récente des tra­vaux de réno­va­tion du BC Place, le gros stade de Van­cou­ver, la ville a dévoilé une oeuvre d’art vague­ment moche avec un mec qui se court après 3 fois de suite et avec une jambe arti­fi­cielle… et si vous dites exac­te­ment ça à un Cana­dien, il va vous regar­der de tra­vers. Parce qu’au Canada, on rigole pas avec Terry Fox.

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Ce mémo­rial, réa­lisé par Dou­glas Cou­pland, l’un des artistes Van­cou­vé­rois dont on arrive pas à se déba­ras­ser, est donc là en l’honneur de Terry Fox, un mec qui, euh, court avec une jambe arti­fi­cielle. Il court même pas super vite, hein, mais bon, il a un mémorial.

Bon allez, j’arrête de me moquer, c’est moins rigolo quand y’a pas de Cana­dien à côté qui s’offusque… là à côté y’a juste mon chat qui ronfle et qui s’en branle tota­le­ment. Et c’est dom­mage parce que Terry Fox est l’un des grands acteurs de la lutte contre le can­cer (quoique mon chat s’en foute aussi pro­ba­ble­ment bien… appa­rem­ment tout ce qui l’intéresse c’est de fumer des pétards et de jouer au baby­foot).

Amputé de sa jambe droite à 18 ans des suites d’un can­cer, il décide 3 ans plus tard, en 1980, de com­men­cer un “Mara­thon de l’Espoir” pour lever des fonds pour la recherche contre le can­cer: par­tant de la côte Atlan­tique du Canada à Terre-Neuve, il pré­voit de cou­rir à tra­vers tout le pays, jusqu’à la côte Paci­fique en Colombie-Britannique. Mal­heu­reu­se­ment, après avoir par­couru plus de 5000 kilo­mètres, son can­cer revient et le force à inter­rompre son pro­jet. Quelques mois plus tard, il décède dans l’hôpital de New West­mins­ter, dans la ban­lieue Vancouvéroise.

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L’héritage de Terry Fox est énorme en ce qui concerne la lutte contre le can­cer – son mara­thon à lui seul a levé 23 mil­lions de dol­lars – et conti­nue de nos jours avec notam­ment la “Course Terry Fox”, orga­ni­sée annuel­le­ment dans de nom­breux pays… mais pas en France, appa­rem­ment, ce qui explique pour­quoi je ne connais­sais pas du tout le mon­sieur (et puis c’est pas ma faute s’ils ne parlent pas de lui dans Spider-Man ou Call of Duty, mince).

Au Canada, c’est un véri­table héros natio­nal. Il vous suf­fira d’aller faire un tour sur sa page Wiki­pé­dia (en Fran­çais par ici) pour vous rendre compte que c’est pro­ba­ble­ment le gars le plus res­pecté du pays.

Bref, à moins de vou­loir pas­ser pour un gros bar­bare débile, vous n’aurez main­te­nant plus à deman­der: “c’est qui ces qua­dru­plés uni­jam­bistes qui se courent après?” en poin­tant du doigt le mémo­rial. Parce que je vous assure, ça la fout mal en société.

25 juin 2011

Les émeutes, c’est pas bien

Van­cou­ver a un peu de mal à fer­mer le cha­pitre sur les émeutes d’il y a 2 semaines. Les mots d’amour de ses habi­tants sur les pan­neaux en contre-plaqué ou les abris de bus, ça avait de la gueule le len­de­main… mais après 2 semaines, ça com­mence à faire un peu moche.

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C’est un peu comme la neige à Mont­réal qui est jolie en jan­vier, mais fran­che­ment moche en avril. Et du coup il faut attendre que ça dégelle, parce que toutes ces portes en verre faites sur mesure vont mettre encore un peu de temps à être remplacées.

Et pen­dant que la police conti­nue len­te­ment d’arrêter tout le monde, j’invite mes lec­teurs anglo­phones à lire 2 lettres “from the front lines”:

18 juin 2011

Riot 2011

Voilà que s’achève une semaine bien agi­tée pour Van­cou­ver.. si vous n’y habi­tez pas, vous avez pro­ba­ble­ment vu dans les jour­naux ce qui s’y est déroulé mer­credi soir, mais le plus impor­tant est ce qui s’est passé jeudi… mais réca­pi­tu­lons un peu d’abord.

Mer­credi soir, les Canucks de Van­cou­ver affron­taient les Bruins de Bos­ton en finale de la coupe Stan­ley, un des tro­phées les plus impor­tants en hockey sur glace. Les enjeux étaient de taille (pour ceux qui se sou­cient de ce genre de truc), mais je vous redi­ri­ge­rai vers mon article d’il y a 3 jours si vous vou­lez plus de détails. L’important est de savoir que la der­nière fois où les Canucks etaient en finale, en 1994, ils avaient perdu et des émeutes avaient éclaté en centre-ville. Mal­gré l’optimisme ambiant dans la ville depuis le début de la semaine, tout le monde se deman­dait ce qui arri­ve­rait après le match.

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On pou­vait se dire que c’était mal parti en voyant le nombre abher­rant de gens venus regar­der le match dans les “fan-zones” du centre-ville sur écran géant. Là où, pour les matches pré­cé­dents, tout le monde était gen­ti­ment assis par terre, c’était tel­le­ment blindé mer­credi soir que tout le monde était debout, incon­for­ta­ble­ment ser­rés, et avec une vue sou­vent obs­truée de l’écran géant.

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Il y avait aussi plus de cré­tins que d’habitude, entre ceux qui arri­vaient déjà tout exci­tés à coups de “Fuck Bos­ton!”, et ceux qui esca­la­daient tout et n’importe quoi pour mieux voir.

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Il n’y avait pour­tant pas grand monde de bourré, d’après ce que j’ai pu voir. Les maga­sins d’alcohol avaient été for­cés de fer­mer en milieu d’après-midi, et la police contrôl­lait l’entrée des “fan-zones” pour empê­cher l’introduction de bois­sons alcoo­li­sées et d’objets dangereux.

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Assez rapi­de­ment, un doute planne quand même sur la ville. Les Bruins sont clai­re­ment meilleurs, et les Canucks, endor­mis, se font mener 1–0, puis 2–0, puis 3–0… Avant même que le score final ne soit atteint (un hon­teux 4–0), les gens com­men­çaient déjà à par­tir. Cer­tains parce qu’il étaient juste dégoû­tés, mais d’autres (par exemple les familles avec enfants) parce qu’ils crai­gnaient des vio­lences à venir. A la fin du match, cer­tains balancent leurs déchets vers l’écran géant et d’autres com­mencent à s’exciter. Un feu est allumé dans une pou­belle… c’est le début d’une émeute pas comme les autres.

Ima­gi­nez un petit groupe de gens qui font un feu, puis vont ren­ver­ser une voi­ture un peu plus loin…. et des dizaines de mil­liers de gens autour qui regardent et prennent des vidéos avec leur télé­phone (il y avait plus de 100.000 per­sonnes répar­tis sur quelques pâtés de mai­son à l’origine). C’est assez sur­réel. Alors que tout le monde allait par­tir dépité, tout d’un coup il y a un truc exci­tant qui se passe et ils décident de res­ter pour voir. C’est con les gens.

Face à une foule émo­tio­nel­le­ment vola­tile et en quête des sen­sa­tions fortes qui lui ont man­qué pen­dant le match, la police pré­pare l’équipement anti-émeute à quelques blocs de là. Mais un ami raconte comme ça s’est passé: à la simple vue des bou­cliers et des casques, les gens qui s’en allaient changent d’attitude et font demi-tour pour aller voir ce qui se passe! C’est con les gens.

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S’il est facile de décrire à quel point les réels cas­seurs – ceux qui ont brûlé les pre­mières voi­tures, cassé les pre­mières vitrines et déva­li­sés les pre­miers maga­sins – sont des petits cons de racailles qu’on devrait net­toyer au kär­cher (je vous fais un mix sar­ko­ziste pour l’occasion parce que j’ai pas trouvé grand chose dans les dis­cours de Ségo­lène), on ne pourra jamais assez répe­ter à quel point tous ces gens qui sont res­tés plan­tés là comme des mou­tons sont aussi des cré­tins de pre­mier ordre. Entre les gros blai­reaux qui se pre­naient fiè­re­ment en photo devant les voi­tures en feu et ceux qui pous­saient des cris d’encouragement aux cas­seurs, tous ces gens ont lar­ge­ment empê­ché la police de faire son tra­vail. Sans eux, les forces de l’ordre auraient été en mesure d’intervenir immé­dia­te­ment et d’arrêter le petit groupe de van­dales avant qu’ils ne fassent plus de dégâts ou qu’ils motivent d’autres à les rejoindre.

L’émeute en elle-même était ensuite très clas­sique – mais sim­ple­ment à une échelle van­cou­vé­roise: une quin­zaine de voi­tures retour­nées et brû­lées, une dizaine de maga­sins van­da­li­sés, et la police mon­tée cana­dienne sur leurs beaux che­vaux. Men­tion spé­ciale pour la police, d’ailleurs, qui est res­tée tota­le­ment de marbre face aux déluges d’insultes, de débris, et de gens qui s’embrassent par terre (oui, je sais, cette photo a été expli­quée et c’est pas vrai­ment ça qui se passe, mais bon…).

Tout ça nous amène donc à ce qui est le plus inté­res­sant, et qui ne sera pro­ba­ble­ment pas relayé dans les jour­naux étrangers.

Comme d’habitude de nos jours (et d’autant plus sur la west coast), ça com­mence sur Twit­ter et Face­book. Pen­dant la nuit, des mil­liers et des mil­liers de van­cou­vé­rois font part de leur indi­gna­tion face aux évè­ne­ments qui se déroulent en direct sur les télé­vi­sions locales. C’est qu’en France on est bla­sés, mais pour les gens de Van­cou­ver, c’est du jamais vu. Enfin, du très rare­ment vu. Genre une fois tous les 15 ans (chez nous en France c’est limite une fois tous les 15 jours…). Et c’est pro­ba­ble­ment incon­ce­vable pour des fran­çais, mais les van­cou­vé­rois sont réel­le­ment atta­chés à leur ville – sa beauté, sa pro­preté, la civi­lité bien cana­dienne de ses habi­tants, leur sens com­mu­nau­taire, leur com­mu­nion avec la nature, leur yoga, leurs petits chiens dans des pous­settes, leur maga­sins de pro­duits orga­niques hors de prix, leur… euh, je m’emballe un peu mais bon, vous voyez le topo. Voir des émeutes pareilles se dérou­ler au coeur de leur ville était un réel choc. Ils étaient si fiers d’avoir pu mon­trer leur belle ville au monde entier pen­dant les Jeux Olym­piques – c’était pas pour qu’une bande de voyous lui détruise sa répu­ta­tion en une soi­rée. Beau­coup de van­cou­vé­rois étaient donc moti­vés pour réta­blir l’image de marque de leur ville le plus vite possible.

Avant minuit déjà des groupes de volon­taires s’organisent pour venir net­toyer le centre ville. D’autres groupes, sur Face­book ou Tum­blr, essaient de tra­quer les pho­tos et vidéos pos­tées par les mil­liers de couillons dont on a parlé pré­cé­dem­ment, et qui per­met­tront au moins d’identifier un bon nombre de van­dales, pilleurs, pyro­manes… ou juste de rigo­ler un peu. Le nombre de pho­tos dis­po­nibles est ahu­ris­sant, la traque est sans pitié, mais la tâche est bien facile puisque ces idiots vont pour la plu­part se van­ter de leurs actions sur leur pro­fil Face­book, dont des cap­tures d’écran seront rapi­de­ment pos­tées sur inter­net et envoyées à la police. Enfin, une ten­dance nait consis­tant à pos­ter articles, pho­tos ou vidéos qui montrent com­ment Van­cou­ver c’est pas du tout des gens qui pètent des vitrines et qui gueulent, mais bel et bien tou­jours l’un des meilleurs endroit où vivre au monde grâce à la civi­lité bien cana­dienne de ses habi­tants, sa nature, son yoga, ses petits chiens dans… euh… enfin bref, que c’est top moumoute.

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A 10h le len­de­main matin la ville est déjà com­plè­te­ment net­toyée par les ser­vices muni­ci­paux aidés de cen­taines de volon­taires. Ces volon­taires auront d’ailleurs quelques jours plus tard droit à un petit déjeu­ner offert par The Bay ainsi que quelques autres cadeaux de remer­cie­ment de la part des com­merces du quar­tier. Les seuls indices des émeutes de la nuit sont les abris de bus endom­ma­gés et les vitrines des maga­sins rem­pla­cées par du contre-plaqué.

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Des van­cou­vé­rois decident alors d’ecrire sur les pan­neaux de The Bay (un équi­valent cana­dien des Gal­le­ries Lafayettes): mes­sages de sou­tien pour les Canucks, mes­sages d’excuses pour les pro­prié­taires de maga­sins ou pour le monde entier, mots d’amour pour Van­cou­ver, sa nature, son yoga, ses petits chiens dans des… MERDE, c’est dingue ça, désolé, je sais pas, ça vient tout seul. Bref. Tout le monde y va de son petit mot sentimental.

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En fin d’après-midi, il est dif­fi­cile de trou­ver une seule planche vierge en centre-ville.

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Une voi­ture de police, dont Véro­nique a des pho­tos, est éga­le­ment sou­dai­ne­ment recou­verte de post-its de remer­cie­ments à la police van­cou­vé­roise qui, si on peut lui repro­cher un cer­tain manque de pré­pa­ra­tion et de pré­ven­tion, a quand même très bien géré la situation.

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Comme le disait la même Véro­nique, qui m’a ôté les mots des doigts, ça montre à quel point le Canada, et par­ti­cu­liè­re­ment Van­cou­ver, est bel et bien le “pays des bisou­nours”, comme on aime à l’appeller. Et en tant que gros fran­çais cynique poilu, je ne me lasse pas de m’extasier sar­cas­ti­que­ment devant ces dif­fé­rences de men­ta­lité… mais ça me rap­pelle aussi pour­quoi j’ai quitté la France, et pour­quoi je me suis ins­tallé ici.

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6 avril 2011

Joyeux Anniversaire Vancouver

Aujourd’hui c’est le 125ème anni­ver­saire de Van­cou­ver. En ce jour de 1886, le cam­pe­ment de “Gran­ville”, issu du cam­pe­ment ori­gi­nal de “Gas­town” construit autour de la scie­rie du coin, décide de deve­nir une ville digne de ce nom à l’occasion de l’arrivée de la ligne de che­min de fer trans­con­ti­nen­tale cana­dienne. Il y a seule­ment un mil­lier de per­sonnes vivant sur le site à l’époque.

Deux mois plus tard, pra­ti­que­ment toute la ville est détruite par le feu.

Juste après, les pre­miers van­cou­vé­rois se disent que, hé, ça serait pas con d’investir dans une caserne de pom­piers. Et aussi un poste de police. Et un hopi­tal. Enfin bref tous ces trucs qui font une ville, quoi.

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Vue du centre-ville, d’une par­tie du Stan­ley Park, et des mon­tagnes au nord, orien­tée nord-ouest depuis Geor­gia et Hornby (1898?).

Et pen­dant ce temps, à Paris, fon­dée plus de 1500 ans plus tôt, on pré­pare la construc­tion de la Tour Eif­fel. Eh ouais, c’est quand même pas tout à fait pareil… mais comme je le disais dès ma pre­mière année pas­sée à Van­cou­ver, l’un des aspects fas­ci­nants de la ville c’est bien sa jeu­nesse – le fait que c’est encore une ville qui cherche son image, son ambiance et ses points forts. C’est pas for­cé­ment une ville qui bouge comme Ibiza, mais c’est une des rares villes du monde occi­den­tal qui bouge phy­si­que­ment, men­ta­le­ment, urbai­ne­ment. C’est très inté­res­sant de suivre ces chan­ge­ments, et encore plus inté­res­sant de par­ler aux gens qui ont suivi ces chan­ge­ments depuis leur enfance (et la plu­part du temps ils vous diront que c’était mieux avant, évidemment!).

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Ouver­ture du Pont de Bur­rard (1932)

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Cri­tial Mass Bike Ride, Pont de Gran­ville (2008)

Pour ceux qui veulent voir l’évolution en pho­tos de Van­cou­ver pen­dant ces petites 125 années, je recom­mande le site des archives de la ville de Van­cou­ver (fil­trez la recherche par “digi­ti­zed pho­to­graphs”), ou le site de l’incontournable Miss604 qui vous en fait une très bonne sélec­tion avec com­pa­ra­tifs “avant / après”.

13 septembre 2010

L’harmonie, le bonheur, les taxes

Oui je sais, ça fait des plombes que j’ai pas posté. Entre les acti­vi­tés esti­vales, beau­coup de bou­lot, et une fénéan­tise sans nom dans le peu de temps libre res­tant, mes blogs se sont retrou­vés délais­sés. Mais pas de panique, je reviens avec un bon article bien chiant et bien long, mais que je vous avais pro­mis il y a quelques mois: une petite expli­ca­tion de la grande saga poli­tique de l’été en Colom­bie Bri­tan­nique.

Pour ceux qui avaient raté l’épisode pré­cé­dent, il s’agit de l’introduction de la Taxe Har­mo­ni­sée sur les Ventes, ou HST (Har­mo­ni­zed Sales Tax). Et atten­tion, c’est du jamais vu en termes de revolte citoyenne, embro­glio poli­tique, et cou­ver­ture média­tique, ma bonne dame! Enfin… sur une échelle cana­dienne, hein. Vous verrez.

Avant le 1er juillet der­nier, la plu­part des ventes étaient taxées via 2 taxes: la PST, une taxe pro­vin­ciale, et la GST, une taxe fédé­rale. La HST “har­mo­nise” les 2 taxes en les fusion­nant en une taxe unique et fédé­rale, déjà en place dans plu­sieurs autres pro­vinces. En théo­rie, le but est de sim­pli­fier le pro­ces­sus de ges­tion des taxes. Le total pré­levé serait le même qu’avant (12% au lieu de 5% + 7%), mais les entre­prises n’auraient qu’un paquet de pape­rasse à rem­plir plu­tôt que deux. De plus, les entre­prises, qui avant n’étaient exemptes que de la GST sur leurs achats pro­fes­sio­nels, devien­draient exempts de la HST, géné­rant des eco­no­mies qui se tra­dui­raient, tou­jours en théo­rie, en une crois­sance éco­no­mique sur les années à venir, avec des affaires flo­ris­santes, des emplois en pagaille, des salaires à la hausse, des oiseaux qui vire­voltent et des matins qui chantent. La pro­vince, elle, éco­no­mi­se­rait sur tout le per­son­nel néces­saire pour gérer le pré­lè­ve­ment des taxes, le trai­te­ment du paquet de pape­rasse sus-cité, les audits, les redres­se­ments, les sai­sies, le mar­chan­dage avec la mafia, les pots de vins, et les détour­ne­ments de fond, puisque tous ces fonc­tion­naires pro­vin­ciaux ver­raient leur loyauté se recen­trer sur Ottawa, et payés sur le bud­get fédé­ral. Enfin, les diverses taxes annexes, comme l’obscure taxe sur les chambres d’hotel (oui, ça a l’air un peu cochon) ou les taxes variables sur les achats de voi­ture, dis­pa­rai­traient et seraient éga­le­ment “har­mo­ni­sées” avec la HST.

Vous allez me dire “oh bah ça a l’air très bien ça, pour­quoi les gens ils râlent?”. C’est très simple: c’est parce que c’est pas si simple.

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Avant la HST, tout un tas de pro­duits et ser­vices n’étaient pas taxés avec la PST – ils avaient uni­que­ment les 5% de la GST. Mais avec la HST, une grande majo­rité de ces ser­vices et pro­duits voient leur taxes aug­men­ter à 12%, la HST entière leur étant appli­quée. Cela inclut les res­tau­rants et bars, les jour­naux et maga­zines, les taxis, les ins­crip­tions aux clubs de gym, les for­faits de ski, le mignon petit coach per­so­nel bré­si­lien de votre voi­sine, et j’en passe. Les fumeurs fran­çais seront d’ailleurs hor­ri­fiés de savoir que les ciga­rettes n’étaient taxées qu’à 5% jusqu’à récem­ment. Mais main­te­nant, c’est 12%, donc ça va un peu mieux (et puis de toutes façons, c’est pas vrai­ment du tabac qu’on fume, ici). Il y a des excep­tions, comme les livres, les habits pour enfants, les sièges auto, les couches, les ser­viettes hygié­niques et tam­pons, ou l’essence, qui res­tent à 5%. Et même des baisses de taxes, comme l’alcool (oui oui), les couches pour bébés, l’électricité, le chauf­fage, et les chambres d’hotel… mais évi­dem­ment, le nombre ahu­ris­sant de ser­vices qui subissent une hausse de taxes a de quoi trau­ma­ti­ser la popu­la­tion. Et contrai­re­ment à ce que les fran­çais peuvent pen­ser, les cana­diens sont en grande majo­rité des cyniques, convain­cus que si jamais la HST crée réel­le­ment des eco­no­mies pour les entre­prises, celles-ci empo­che­ront cer­tai­ne­ment les béné­fices et ne chan­ge­ront rien.

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Que fait la popu­la­tion, alors? Les chauf­feurs de bus font-ils une “grève de soli­da­rité”? Les étu­diants bloquent-ils les portes des salles de cours? Les gens descendent-ils dans la rue pour crier dans des méga­phones et faire griller des sau­cisses? Bien sûr que non! Ce qu’ils font, c’est don­ner cal­me­ment des pros­pec­tus infor­ma­tifs et pro­po­ser aux pas­sants de signer une péti­tion. Oui, oui. Une péti­tion. C’est la RE-VO-LU-TION, que je vous dis. C’est chaud comme une bar­raque à frites, comme on dit chez moi dans le ch’Nord. Mais atten­tion, c’est qu’ils sont beau­coups à la signer, en plus. Plus de 700000 signa­tures, sur une popu­la­tion de 4,5 mil­lions, ça fait pas mal. Enfin en fait si, ça fait mal, sur­tout pour le gou­ver­ne­ment en place. Et c’est lar­ge­ment assez pour mettre en place un pro­ces­sus légis­la­tif de retrait de la HST, et un réfé­ren­dum est prévu pour l’année pro­chaine sur le sujet.

Bon, tout ça c’est bien gen­til, mais ce qui nous inté­resse, sur­tout, c’est les ragôts, non?

Ca com­mence avec Gor­don Camp­bell, l’actuel pre­mier ministre de Colom­bie Bri­tan­nique. Iro­ni­que­ment élu à son poste en 2001 sur des pro­messes de réduc­tion d’impôts (qu’il a tenues), il perd en popu­la­rité au fil des années à cause d’une poli­tique ultra-libérale. Mais bon, en tant que pré­sident du Parti Libé­ral de Colom­bie Bri­tan­nique, il fal­lait un peu s’en dou­ter. Ré-élu mal­gré tout en 2005 puis en 2009, il est à pré­sent accusé d’avoir hon­teu­se­ment menti (nooooon, c’est-il tu pas vrai?) pen­dant sa der­nière cam­pagne élec­to­rale, où il avait dit qu’une har­mo­ni­sa­tion des taxes n’était pas pré­vue. Dom­mage, quelques mois plus tard il annonce l’introduction de la HST, et des jour­na­listes mettent la main sur des mémos et études internes mon­trant que la chose était bel et bien envi­sa­gée depuis quelques temps.

Pen­dant ce temps, un ancien pre­mier ministre de la pro­vince, Bill Van­der Zalm, socia­liste conser­va­teur, décide de sor­tir de sa tor­peur poli­tique en s’impliquant dans la lutte contre la HST. Il devient rapi­de­ment la figure de proue du mou­ve­ment, et sym­bole de l’opposition contre Gor­don Camp­bell. Est-ce là une tac­tique poli­tique pour remettre son parti poli­tique, le Social Cre­dit Union, sur la scène poli­tique? Dif­fi­cile à dire, mais c’est de toute évi­dence un retour extrê­me­ment bien exe­cuté. Zalm avait en effet dû démis­sio­ner de son poste de pre­mier ministre pro­vin­cial en 1991 après un scan­dale incluant un conflit d’intérêts entre sa fonc­tion publique et des tran­sac­tions avec des entre­prises pri­vées. Après cela, son parti ne s’est jamais vrai­ment remis, et est pra­ti­que­ment mort depuis 2000. En tous cas, jusqu’à maintenant.

Le réfé­ren­dum prévu pour l’année pro­chaine est éga­le­ment mis en cause sur divers détails légis­la­tifs, comme par exemple les condi­tions exactes pour que la HST soit effec­ti­ve­ment reti­rée, ou le choix de la ques­tion finale telle qu’elle appa­rai­tra sur les bul­le­tins de vote. Il est main­te­nant cer­tain qu’on va se taper un jeu de va et viens entre Camp­bell et Zalm pen­dant les mois qui viennent, avec moultes “il a dit patati, mais en fait c’est patata”. L’opposition va conti­nuer son refrain à pro­pos des méchants libé­raux qui mangent des enfants (parce qu’aller man­ger au res­tau­rant est devenu trop cher!), pen­dant que le gou­ver­ne­ment en place essaiera de décou­ra­ger les gens de voter contre la HST, uti­li­sant diverses menaces comme la néces­sité de rem­bour­ser Ottawa pour tout le tra­vail de trans­fert admi­nis­tra­tif, ou l’arrêt de moultes cré­dits d’impôts intro­duits pour contre-balancer l’effet de la HST dans les foyers modestes. On va aussi pro­ba­ble­ment avoir droit à diverses annonces de la part de telle ou telle indus­trie, pour dire à quel point la HST est trop bien ou trop pour­rie pour leurs affaires. C’est déjà le cas avec quelques grandes chaines de maga­sin, et quelques stu­dios de pro­duc­tion de cinéma/TV, qui ont déclaré que la HST leur per­met­trait de déve­lop­per leur pré­sence en Colom­bie Bri­tan­nique, alors que les asso­cia­tions de res­tau­ra­teurs se plaignent d’une baisse de la clien­tèle. Les études de cabi­nets de finance indé­pen­dants seront aussi pro­ba­ble­ment bran­dies de chaque côté, entre celles qui pré­disent une conti­nua­tion de la crois­sance éco­no­mique de la pro­vince si la HST est main­te­nue, et celles qui disent que la HST aurait d’abord un effet néga­tif pen­dant envi­ron 5 ans avant de géné­rer un quel­conque effet positif.

Ah oui, et c’est encore moins bien barré vu que les gens sont stu­pides. Par exemple, d’après un récent son­dage, 67% des per­sonnes inter­ro­gées accusent la HST d’avoir fait grim­per le prix des courses, et 63% disent que leur fac­ture de télé­phone por­table a aug­menté, alors que ces deux choses n’ont pas eu de chan­ge­ment d’imposition…

Nous, de toutes façons, on s’en fout vu qu’on peut pas voter, alors bon…

17 juillet 2010

Viva Espana

Oui, je sais, y’a pas beau­coup de nou­veaux articles ces temps-ci (trop de bou­lot!), mais pen­dant que c’est encore vague­ment d’actualité, voilà quelques pho­tos des gens qui regar­daient, sur un écran géant sur Gran­ville Street, la finale de la coupe du monde foot­ball – ou “soc­cer” comme ils disent ici, parce qu’apparemment y’a plus de bal­lon et de pied dans le foot­ball amé­ri­cain (où on trim­balle un truc ovale sous le bras) que dans le foot­ball du reste du monde (où on tape un bal­lon rond avec le pied)… aaaah là là, voilà encore un exemple de l’influence néfaste et inévi­table des Etats-Unis sur son pauvre voi­sin isolé du nord… enfin non pas que ça me sou­cie, hein. Moi, le foot­ball, je trouve ça inté­res­sant seule­ment quand Nietzsche joue, de toutes façons. Mais y’en a, ça les tra­vaille, on dirait.

Enfin bref , voilà, y’avait plein de monde sur Gran­ville Street, regar­dant un truc chiant sur un écran géant. Allez com­prendre… (de toutes façons, le foot­ball, c’est gay)

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Encore moins com­pré­hen­sible était le petit groupe de pho­to­graphes (y com­pris votre humble ser­vi­teur) qui fai­saient dos à l’écran et qui se cris­paient sur leurs appa­reils dès que la foule s’emballait…

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…parce que les fans de foot, ils sont presque aussi forts pour faire du cinéma que les joueurs professionels.

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Et tout aussi beaux-joueurs!

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Mais le truc le plus rigolo c’était quand, en début de pro­lon­ga­tions, le flux vidéo fourni par Bell s’est arrêté pen­dant plu­sieurs minutes.

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Les fans étaient pani­qués, et un mec bos­sant pour Rogers, debout à côté de moi, me disait “Toutes les pho­tos qui sont prises en ce moment? C’est la meilleure publi­cité dont je puisse rêver”.

Mais bon, fina­le­ment, l’image et le son ont été réta­blis, et peu de temps après les fans espa­gnols se sont mis debout en criant, pour une rai­son qui m’échappe.

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Et pen­dant ce temps-là, devant la gal­le­rie d’art, y’avait des pauvres gens qui essayaient de mani­fes­ter… triste, non?

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Vous trou­ve­rez quelques autres pho­tos de l’évènement dans mon album Fli­ckr. Enjoy!

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1 juin 2010

Cannabis Culture

Cannabis Culture

Puisque Marc Emery vient d’être récem­ment déporté aux USA, voilà une photo de la devan­ture pour­rie du BC Mari­juana Party, qui sent bon quand on passe devant.

22 mai 2010

Nettoyage de printemps

Vous vous rap­pel­lez peut-être qu’on a récem­ment eu à Van­cou­ver des célé­bra­tions spor­tives néces­si­tant moultes ins­tal­la­tions urbaines. Parmi ces ins­tal­la­tions, le chau­dron magique… euh, olym­pique avait eu sa place à côté du nou­veau Centre de Conven­tions.

Chaudron olympique

Je m’aperçois d’ailleurs que j’avais oublié de vous racon­ter à quel point ils sont pas très malin-malin les orga­ni­sa­teurs à Van­cou­ver. Enfin si, je vous l’avais déjà dit, mais j’ai pas parlé de la grande aven­ture du chau­dron à tou­ristes… parce que voyez-vous, lors des pre­miers jours des J.Os, si vous alliez prendre une photo de la flamme, ça don­nait ça:

La super flamme touristique

C’est pas gran­diose, vous avoue­rez. Parce que non, appa­rem­ment, les orga­ni­sa­teurs ne se s’étaient pas spé­cia­le­ment douté que les gens vou­draient venir se prendre en photo devant la flamme. Donc ils ont foutu un gros grillage et quelques contai­ners moches autour. Après quelques jours de mau­vaise presse et un brains­tor­ming pro­ba­ble­ment épique, ils ont décidé de libé­rer un peu la vue et de faire une trouée dans le grillage his­toire que les tou­ristes puissent prendre des pho­tos non-obstruées (voir ci-dessous).

Le grillage olympique

Le pro­blème c’est que le trou dans le grillage était à peu près à hau­teur de tête pour un amé­ri­cain moyen nourri aux hor­mones. Les pauvres petites ado­les­centes japo­naises nour­ries aux algues (et n’importe qui fai­sant moins de 1m75), par contre, se tapaient tou­jours le grillage flou sur leurs pho­tos… donc après encore quelques jours de mau­vaise presse et un der­nier brains­tor­ming où le mot d’ordre devait être “bon les gars, sérieux, faut arrê­ter les conne­ries, là”, ils ont rem­placé le grillage par un mur en plexi­glass, et ouvert au public une plate-forme éle­vée (qui était là depuis le début) per­mat­tant aux tou­ristes d’avoir une autre vue déga­gée en plon­gée sur le chaudron.

Aaaah là là, ils sont pas très fins ces canadiens.

Enfin bref, qu’ont-ils fait du chau­dron depuis la fin des jeux? Parce que bon, okay, de nuit avec la flamme des­sus, ça passe, mais sinon, c’est pas super beau comme truc… eh bien je vous le donne en mille: ils le gardent! Ils veulent le réal­lu­mer de temps en temps, pour les grandes occa­sions. Le réamé­na­ge­ment de la place est en cours, et vous pou­vez voir sur la deuxième photo ci-dessous ce à quoi ça devrait res­sem­bler quand ça sera fini.

Vestige olympique

L'esprit de la flamme

Ah, et puis ils ont aussi mis une autre oeuvre d’art juste à côté pour faire pas­ser le temps. Ca s’appelle “orque digi­tal”, par Dou­glas Cou­pland, un artiste local sur­tout connu pour ses romans “Gene­ra­tion X” et “JPod”. Je sup­pose que si on aime les Legos

Orc digital