11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dol­lars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expa­triés et les tou­ristes, l’une des pre­mières dif­fé­rences frap­pantes entre l’Amé­rique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font par­tie de cette mino­rité de pays cré­tins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moi­tié de pays intel­li­gents qui affichent leurs prix hors pour­boires… bref, vous allez payer sacré­ment plus que le prix affi­ché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakis­ta­nais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La rai­son, supre­nante, de cet affi­chage qui ferait hur­ler les asso­cia­tions de consom­ma­teurs fran­çaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gou­ver­ne­ments sou­cieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe exis­tante était une taxe fédé­rale rela­ti­ve­ment obs­cure, la FST (“taxe sur les ventes de pro­duc­teurs”). Le pro­blème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une caté­go­rie rela­ti­ve­ment res­treinte de pro­duits, et seule­ment en amont dans la chaine de pro­duc­tion (elle était invi­sible aux consom­ma­teurs). Cela néces­si­tait donc beau­coup de pape­rasses jus­ti­fi­ca­tives entre pro­duc­teurs, et ren­dait cer­taines indus­tries cana­diennes peu com­pé­ti­tives à l’export. Aussi, son appli­ca­tion non-systématique défor­mait les marchés.

En 1991, par contre, un gou­ver­ne­ment conser­va­teur cen­triste (quoique légè­re­ment à droite sur les sujets éco­no­miques) se met à intro­duire un sytème de taxe sur la valeur ajou­tée sous la forme de la GST (“taxe sur les pro­duits et ser­vices”), fixée alors à 7%. Le sys­tème de taxe ajou­tée signi­fie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de pro­duc­tion paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la dif­fé­rence (ou “valeur ajou­tée”) à l’état. Vu de loin, ce sys­tème res­semble à notre bien nom­mée TVA natio­nale. De toutes façons, vu de loin, pra­ti­que­ment toutes les taxes sur les ventes appli­quées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont ins­pi­rées de la TVA fran­çaise, intro­duite en 1954 dans une ver­sion un peu plus réduite que celle qu’on connait main­te­nant (elle fut éten­due dans les années 60 par Valéry Gis­card d’Estaing). Encore une grande inven­tion fran­çaise, quoi… pas la peine de nous remer­cier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évè­ne­ment rela­ti­ve­ment récent, et les gens qui se rap­pellent de “l’avant GST” sont nom­breux… vous pou­vez ima­gi­nez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, sur­tout qu’au même moment toutes les pro­vinces, sauf l’Alberta, décident éga­le­ment d’appliquer une taxe pro­vin­ciale, la PST (“taxe pro­vin­ciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une com­bi­nai­son de TVA fédé­rale (la GST) et de TVA pro­vin­ciale (la PST).

IMG_0983

Fai­sons main­te­nant une brève pause et remon­tons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Consti­tu­tio­nel de 1867 fut signé. C’est un docu­ment extrê­me­ment impor­tant car il fait par­tie des quelques étapes qui uni­fièrent le Canada en un domi­nion fédé­ral avec le sys­tème poli­tique que l’on connait main­te­nant. Le pro­blème c’est que pour uni­fier des ter­ri­toires aussi immenses et éloi­gnés les uns des autres, il était impé­ra­tif de leur lais­ser un mini­mum d’autonomie. Un petit détail de cet acte consti­tu­tio­nel déclare ainsi (allez savoir pour­quoi) que chaque pro­vince déci­dera comme bon lui semble des lois gou­ver­nant le mar­ke­ting et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une cer­taine pro­tec­tion des citoyens contre le bon vou­loir des pro­vinces, une autre clause indique que seul le gou­ver­ne­ment fédé­ral peut mettre en place un quel­conque impôt indi­rect. Si une pro­vince décide d’inventer un nou­vel impôt, il sera obli­ga­toi­re­ment direct afin que les citoyens de cette pro­vince soient plei­ne­ment conscients de la situation.

Reve­nons main­te­nant en 1991. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consom­ma­teurs (par oppo­si­tion à la pré­cé­dente FST). Il sou­haite éga­le­ment rendre le mélange entre taxes fédé­rales et pro­vin­ciales plus simple, en encou­ra­geant les pro­vinces à adop­ter une taxe “har­mo­ni­sée” (HST) qui com­bi­ne­rait GST et PST… mais les pro­vinces ont d’autres idées en tête. Face à une opi­nion publique lar­ge­ment mécon­tente à l’idée d’une hausse des prix, elles pré­fèrent en mettre le plus pos­sible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se pré­sente de déci­der s’il faut impo­ser un affi­chage TTC (“toutes taxes com­prises”), les pro­vinces choi­sissent d’éviter le sujet: toute cette his­toire de taxes est la faute du gou­ver­ne­ment fédé­ral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les pro­vinces n’ont consti­tu­tio­nel­le­ment pas le droit d’imposer un affi­chage des prix avec la PST com­prise car celle-ci devien­drait alors une taxe indi­recte (selon la défi­ni­tion cana­dienne du terme qui dit que la taxe est indi­recte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre tran­sac­tion finan­cière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indi­qué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la ques­tion n’a jamais été sérieu­se­ment étu­diée). Inver­se­ment, le gou­ver­ne­ment fédé­ral ne peut rien impo­ser aux pro­vinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uni­que­ment), tou­jours à cause de la consti­tu­tion. Ils auraient pu en pro­fi­ter pour la chan­ger pour l’occasion, mais je sup­pose que ça aurait décu­plé la com­plexité d’une ini­tia­tive déjà pas super tri­viale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux maga­sins d’adopter l’affichage qu’ils dési­rent… et par souci de com­pé­ti­ti­vité, tout le monde adopte rapi­de­ment l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un pro­duit à $115 alors que le voi­sin l’affiche à $99, même si on met un gros pan­neau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines auto­ma­tiques, les télé­phones publics, cer­tains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figu­rer des prix TTC (pro­ba­ble­ment parce que le gros de la clien­tèle est com­po­sée de tou­ristes qui sup­portent mal l’affichage hors taxes). Bref, bon­jour le bor­del pour le consom­ma­teur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour ter­mi­ner, voilà un petit résumé des évè­ne­ments rela­tifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conser­va­teur qui avait intro­duit la GST était à l’époque bien évi­dem­ment majo­ri­taire dans la Chambre des Com­munes, avec 169 sièges sur 295. Pen­dant les élec­tions de 1993, ils se font détruire par les élec­teurs et se retrouvent avec seule­ment 2 sièges, au pro­fit des libé­raux de Jean Chré­tien. Ouaip. Deux sièges. Avoir intro­duit la GST de manière aussi visible était donc un bon sui­cide poli­tique. Des gens (dont beau­coup de conser­va­teurs même) pensent que ça se serait beau­coup mieux passé s’ils avaient réussi à impo­ser des affi­chages de prix TTC sur le plan fédé­ral, limi­tant ainsi la “mémoire” des cana­diens sur le chan­ge­ment des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en récla­mant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une che­mise à carreaux.
  • En 1992, le Qué­bec intro­duit la QST (“taxe qué­bé­coise sur les ventes”) comme alter­na­tive aux PSTs des autres pro­vinces (parce que le Qué­bec fait jamais comme les autres). Son fonc­tion­ne­ment en rap­port à la GST est proche de la taxe har­mo­ni­sée (HST) vou­lue à l’origine par le gou­ver­ne­ment fédé­ral, mais elle est admi­nis­trée par Revenu Qué­bec (le fisc local), et n’apporte pas vrai­ment d’amélioration sur le plan admi­nis­tra­tif des entre­prises aux autres sys­tèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nou­velle Ecosse, Nou­veau Bruns­wick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Appa­rem­ment, l’accord entre ces pro­vinces et le gou­ver­ne­ment fédé­ral incluait à l’origine des condi­tions sur l’affichage de prix TTC sur cer­tains pro­duits et ser­vices, mais ces clauses ont été com­bat­tues féro­ce­ment par les entre­prises natio­nales, pas très chaudes à l’idée de devoir main­te­nir deux affi­chages de prix dif­fé­rents dans leurs maga­sins, cata­logues, sites inter­net, etc., en fonc­tion de la pro­vince concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gou­ver­ne­ment fédé­ral baisse la GST de 1% (elle est main­te­nant à 5%), prin­ci­pa­le­ment à cause de pro­messes élec­to­rales (comme quoi des fois les poli­ti­ciens les tiennent).
  • Au 1er juillet pro­chain, la Colom­bie Bri­tan­nique et l’Onta­rio vont éga­le­ment mettre en place la HST. L’Onta­rio aura exac­te­ment la même taxa­tion que les autres pro­vinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colom­bie Bri­tan­nique fait sa maline avec une HST de 12%, mais prin­ci­pa­le­ment parce que la PST y était jusqu’à main­te­nant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impo­pu­laire, ça serait encore plus le bor­del si le gou­ver­ne­ment rajou­tait 1% en plus (on en repa­lera, de toutes façons, c’est le genre de bor­del poli­tique fédéral/provincial bien cana­dien qu’on ne connait pas en France, ça vous chan­gera du bou­clier fis­cal et des bur­kas). En tous cas, ça fout la pres­sion sur les quelques pro­vinces res­tantes qui n’ont pas encore har­mo­nisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, main­te­nant (si j’ai dit une conne­rie, insul­tez moi en com­men­taire)… et s’il y a des futurs expa­triés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en maga­sin suit en géné­ral les autres bonnes pra­tiques fran­çaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux com­pa­rer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plu­part des articles de votre panier de courses (nour­ri­ture, bois­sons non-alcoholisées, etc.), les prix affi­chés en super­mar­ché sont effec­ti­ve­ment ceux que vous paie­rez à la caisse.

IMG_5742

IMG_5743

Ca y est, tout le monde est endormi?

6 juillet 2008

Cana-quelque-chose Day

Canada Day, la “Fête du Canada”, tombe le 1er juillet. C’est comme vous pou­vez vous en dou­ter la fête natio­nale du Canada. Elle marque l’anniversaire du Bri­tish North Ame­rica Act, signé le 1er juillet 1867, qui a plus ou moins offi­cia­lisé l’existence du Canada comme étant une confé­dé­ra­tion digne de ce nom.

Drapeau canadien

Avant ça, on se conten­tait de dire “les ter­ri­toires Anglais d’Amérique du Nord”, ou “les ter­ri­toires au-dessus de ces sales traitres à la Cou­ronne”, voire même “qui ça? Oh, non, on s’en fout, d’eux. Remettez-moi un peu de thé, voulez-vous?”.

Après, par contre, il s’agissait du “Domi­nion du Canada”, ce qui le fait vache­ment plus, vous avou­rez. Pour ceux qui se demandent, un “domi­nion” est un état auto­nome au sein d’un empire (et plus par­ti­cu­liè­re­ment au sein de l’Empire Bri­tan­nique, puisque c’est eux qui ont inventé le terme).

Parade canadienne

Comme le traité a en plus réuni 4 des pro­vinces de l’époque (Onta­rio, Qué­bec, New-Brunswick et Nova-Scotia) sous un gou­ver­ne­ment fédé­ral, on peut se la péter en par­lant de “domi­nion fédé­ral”, voire même “domi­nion fédé­ral de la mort qui tue”. Les autres pro­vinces se sont rame­nées un poil plus tard. Ici en Colom­bie Bri­tan­nique, par exemple, ils ont signé le traité en 1870 — ils ont pro­ba­ble­ment dû attendre d’avoir le train pour aller jusqu’à Ottawa, puis attendre que des immi­grés ita­liens débarquent pour que quelqu’un puisse faire un cos­tume au gars qui irait signer, et enfin apprendre au gars en ques­tion à lire et écrire.

Concert canadien

Bref, à tra­vers tout le Canada, le 1er jui­let, on s’épanche de fierté natio­na­liste en agi­tant des dra­peaux rouges… enfin… tout le Canada? Non, car une bande d’irréductibles qué­bé­cois célèbrent leur propre fête natio­nale le 24 juin pour la Saint Jean-Baptiste. Oui, vous avez bien lu. C’est la fête natio­nale du Qué­bec… n’importe quoi… et après ils s’étonnent que les trois quarts du reste du Canada ne les aime pas.

Enfin bref, ici à Van­cou­ver, comme il fait beau et qu’il se passe des trucs dehors (une occu­rence rare!), vous pen­sez bien que tout le monde est dehors.

Tertre de Granville Island

Au pro­gramme, vous avez toutes les attrac­tions clas­siques (com­prendre: à deux balles), de ce genre d’évènement. Des gens qui vous peignent le visage, des dégus­ta­tions de pan­cakes et de sirop d’érable, des défi­lés et des parades, des démons­tra­tions de l’armée cana­dienne, des spec­tacles de danse, des stands de hot-dog, des gamins qui crient, etc. Y’avait un truc rigolo où il fal­lait mettre un petit caillou sur une carte pour indi­quer là d’où on vient. Il n’y avait pas encore beau­coup de caillous car on y est passé pen­dant la mati­née, donc l’un de mes amis a eu l’honneur de pla­cer le pre­mier caillou Kenyan (pro­ba­ble­ment le seul, aussi). Saurez-vous le trou­ver sur la photo ci-dessous?

Il y avait aussi quelques concerts en plein air mar­quant la fin du Fes­ti­val de Jazz (nous on a prin­ci­pa­le­ment écouté Soul­stream, sur Rob­son Street en fin d’après-midi).

Enfin, la jour­née se ter­mine avec un incon­tour­nable feu d’artifice, parce que rien ne per­met de tra­duire la fierté d’appartenir à un pays sou­ve­rain mieux que de balan­cer des explo­sifs en l’air.

Feux d'artifice depuis Canada Place

Par contre, ça ne serait pas Van­cou­ver s’il n’y avait pas un peu de can­na­bis quelque part. C’est pour­quoi tout un tas de gens se sont réunis autour de la gal­le­rie d’art pour fêter “Can­na­bis Day” (oui, ils ont de l’humour).

Cannabis Day devant la gallerie d'art

A 4h20 (le chiffre “420″ est cou­rant chez les fumeurs de can­na­bis), c’est la folie: les gens agitent les célèbres dra­peaux du Canada fai­sant figu­rer une feuille de can­na­bis à la place de la feuille d’érable (on peut si faci­le­ment les confondre après tout), pen­dant que d’autres balancent des joints sur la foule. J’ai du me sacri­fier pour vous, pré­fé­rant prendre des pho­tos plu­tôt que d’en attra­per au vol.

D’ailleurs, si sur les pho­tos on dirait qu’il y avait du brouillard, eh bien c’est que… euh… oui maman, il y avait du brouillard. Ah là là, la météo à Van­cou­ver, ça change si vite… on sen­tait le brouillard à 2 pâtés de mai­son, même.

Une fois la dis­tri­bu­tion gra­tuite de joints ter­mi­née, les gens se mettent à chan­ter “Ô Can­na­bis”, une ver­sion modi­fiée de “Ô Canada”, l’hymne natio­nal. Vous pou­vez lire le début des paroles sur la photo précédente.

Que fait la police me demandez-vous? Eh bien ils ont envoyé à tout cas­ser 3 ou 4 gars qui sur­veillent, appa­rem­ment sans trop d’inquiétude, depuis l’autre côté de la rue. Appa­rem­ment, c’est plus pei­nard de sur­veiller des gens endor­mis à la mari­juana que des gens éner­vés à la bière.

Quid des pro­tes­ta­taires et autres anti-gouvernement, sinon? Eh bien la seule chose qu’on ait vu, c’est un “Canada is sto­len land” (“le Canada est une terre volée”), écrit gen­ti­ment à la craie par terre, his­toire que ça soit faci­le­ment lavable le lendemain.

Ils sont cools, au Canada, quand même.

5 juin 2008

La complainte de l’expat’

Si vous connais­sez un expa­trié, ou ex-expatrié, vous avez pro­ba­ble­ment entendu ce genre de remarque: “les XYZ sont durs à se faire comme amis”, ou “les XYZ ils ne parlent pas beau­coup culture/histoire/politique”, en rem­pla­çant bien sûr le “XYZ” par la natio­na­lité concer­née (si vous n’avez jamais entendu un expat’ faire ce genre d’affirmation, vous avez bien de la chance). Dans notre cas, il s’agit donc des Canadiens.

Les Cana­diens sont durs à se faire comme amis

D’abord, on n’abordera pas la ques­tion de savoir si vous êtes quelqu’un d’intéressant, sociable, et qui ne sent pas mau­vais de la bouche. Mais brossez-vous bien les dents quand même, on ne sait jamais. Ensuite, on peut se deman­der com­ment on défi­nit un ami… est-ce quelqu’un que l’on voit en dehors du tra­vail ou de l’activité à tra­vers laquelle on l’a ori­gi­na­le­ment ren­con­tré? Est-ce quelqu’un que l’on a comme ami sous Face­book? Est-ce quelqu’un avec qui on s’entend tout sim­ple­ment bien?

Pour des gens de la tranche d’âge 25–35 ans, la majo­rité des amis sont issus des études (uni­ver­sité, lycée, et même col­lège et école pri­maire si vous avez gardé contact toutes ces décen­nies). Ce sont des gens qui étaient dans votre classe ou promo, vos colo­ca­taires, ou des membres des mêmes acti­vi­tés étu­diantes (clubs de sport, de musique, de cui­sine, de recons­ti­tu­tion his­to­rique de la bataille de Mou­veaux en Bouillonne, etc.). Se faire des amis dans la salle de classe est net­te­ment plus facile et rapide que de se faire des amis dans la salle de réunion de votre bou­lot actuel. Dans les deux cas, pour­tant, on se fait chier et on a pas envie de suivre ce que raconte le gars au tableau, mais c’est seule­ment dans le pre­mier cas qu’il est pos­sible de dis­cu­ter avec ses voi­sins impu­né­ment depuis le fond de la pièce. Au bureau, on ne peut que se conten­ter de faire des gri­bouillis sur son car­net de notes, ou jouer au bull­shit bingo.

La socia­li­sa­tion au tra­vail est pour­tant très dif­fé­rente entre la France et le Canada, et on revien­dra sur le sujet un jour. Mais dans les deux cas, quelqu’un aura-t-il été au cinéma ou au res­tau­rant avec ce gars qui est arrivé d’Ukraine il y a 6 mois? Pro­ba­ble­ment pas. La socia­li­sa­tion sera res­tée dans le cadre du bureau, autour du déjeu­ner de midi ou de la pause café. J’ai pu voir ce genre de situa­tion dans les deux pays avec, heu­reu­se­ment, des excep­tions (sinon, le gars repar­ti­rait dégoûté en Ukraine).

Les expa­triés qui font les remarques du genre “c’est dur d’être ami avec les Cana­diens” ont sou­vent ten­dance à croire qu’ils peuvent se recons­truire en moins d’un ou deux ans un cercle d’amis simi­laire à ce qu’ils avaient en France, et qui leur avait pris 10 ou 15 ans à bâtir sans les bar­rières cultu­relle et de la langue. Inver­se­ment, les indi­gènes ont déjà leur cercle d’amis bien éta­bli. Vous êtes dans la même situa­tion que l’Ukrainien sus-cité. Vous débar­quez, vous ne connais­sez pas grand monde, et vous cher­chez à vous recons­truire un réseau. Les Cana­diens et immi­grés de longue date affi­chant déjà com­plet dans leur emploi du temps social, les expa­triés se retrouvent sta­tis­ti­que­ment plus sou­vent entre eux. D’autant plus que l’on est dans la tranche d’âge où les gens déjà bien ins­tal­lés sont sou­dai­ne­ment occu­pés par leur pre­mier enfant, limi­tant encore plus leur temps libre.

Le plus facile est alors d’entrer en contact avec des expa­triés Fran­çais puisque vous aurez immé­dia­te­ment plein de points com­muns avec eux (prin­ci­pa­le­ment: râler sur la France, râler sur le Canada, et s’échanger des addresses pour ache­ter du fro­mage qui pue). Un tra­vers cou­rant chez les expa­triés est ainsi de rejoindre la com­mu­nauté Fran­çaise la plus proche et d’y res­ter, n’ayant que peu d’amis non-Français, mais ne se gênant pas pour râler à pro­pos de la socia­bi­lité des autres nationalités.

Bref, j’espère que je ne viens pas de vous apprendre que s’intégrer dans un pays et se faire de nou­veaux amis sont des pro­cé­dés qui prennent du temps. Les outils indis­pen­sables pour cela sont ici Craig­slist et Face­book, pour (re)trouver des groupes ou acti­vi­tés qui vous per­met­tront de ren­con­trer des gens (clubs de sport, de musique, de cui­sine, de recons­ti­tu­tion his­to­rique de la bataille de Mou­veaux en Bouillonne, etc.).

Les Cana­diens ne parlent pas culture/histoire/politique

Ma seule expli­ca­tion pour ce genre de remarque, par contre, est sim­ple­ment la bar­rière de la langue. Dif­fi­cile pour un anglo­phone d’engager, ou main­te­nir, une conver­sa­tion sou­te­nue sur l’histoire des Croi­sades s’il ne com­prend pas la moi­tié de ce que vous bara­goui­nez (et qu’il est trop poli pour vous le dire).

Evi­dem­ment, comme en France, les 3/4 des gens ne sont juste pas inté­res­sés par ces sujets, pré­fé­rant lire le DaVinci Code et regar­der Cana­dian Idol/La Nou­velle Star (ouais, je fais mon réac’ si je veux, c’est mon blog). Mais jusqu’à pré­sent, j’ai trouvé qu’il était par exemple très facile d’engager la plu­part des Cana­diens sur le sujet de la poli­tique Cana­dienne ou Amé­ri­caine. Un nombre éton­nant d’entre eux ont suivi, au moins de loin, les élec­tions Fran­çaises. Et ce qui est bien­venu, c’est qu’ils ont cha­cun leur propre opi­nion. On est loin des dis­cus­sions poli­tiques Fran­çaises où les gens regur­gitent la moi­tié du temps ce que les Gui­gnols ont raconté la semaine d’avant, ou évitent tota­le­ment le sujet en jouant la carte du réac­tion­naire cynique.

Une autre dif­fé­rence est que les Cana­diens sont beau­coup plus édu­qués sur le plan éco­no­mique. Dans un pays où les lois du mar­ché sont plus pré­sentes, où le seul voi­sin est les Etats-Unis, et où la pape­rasse pour la banque ou les impôts est deux fois plus com­pli­quée, il est très cou­rant d’assister à des dis­cus­sions sur le cours du loo­nie, sur le NASDAQ, ou sur les consé­quences des der­nières nou­velles amé­ri­caines ou (dans une moindre mesure) européennes.

Sur le plan his­to­rique, par contre, il est pro­bable qu’un Euro­péen moyen est plus édu­qué q’un Cana­dien moyen, tout sim­ple­ment parce que l’Histoire (avec un grand H s’il vout plaît) occupe une part plus impor­tante de notre culture et de notre iden­tité, ce qui se retrans­crit, par exemple, sur les pro­grammes scolaires.

De toutes façons, il est indé­niable que les Cana­diens n’ont pas grand chose de local à se mettre sous la dent qui remonte plus loin que le 18ème siècle. En plus, un pion­nier, ça prend du temps à construire des mai­sons et labou­rer des champs, donc il ne se passe pas beau­coup de trucs super inté­res­sants. Du coup, on constate deux ten­dances. La pre­mière est de s’intéresser plu­tôt, au choix, à l’histoire de l’Europe, de l’Afrique, ou de l’Asie. C’est assez peu com­mun. Les nord-Américains se contentent d’avoir les yeux qui brillent quand on parle de Paris ou Bar­ce­lone ou Amster­dam, mais n’y connaissent pas grand chose, à part ceux qui y ont été en vacances. La deuxième ten­dance est de connaitre en détail l’histoire nord-Américaine du 20ème siècle. Je trouve que ce deuxième type de connais­sance est assez inté­res­sant car elle per­met de mieux com­prendre la direc­tion actuelle du pays. En Europe, les gens qui s’intéressent à l’histoire se foca­lisent géné­ra­le­ment sur des périodes loin­taines qui, si elles sont sou­vent pas­sion­nantes, ne per­mettent pas vrai­ment d’expliquer le pro­blème des banlieues.

 

Bref, voilà mon avis sur la com­plainte de l’expat’. Je suis sûr que cer­tains ne seront pas d’accord, donc déchaînez-vous dans les com­men­taires! (je m’en fous, je peux les cen­su­rer, mouah ha ha)

26 janvier 2008

Le parc de la Reine mère

Le Queen Eli­za­beth Park est situé à une quin­zaine de minutes du centre-ville, sur une petite col­line de 160m d’altitude, sur­nom­mée “Lit­tle Moun­tain” au 19ème siècle. Trans­for­mée en car­rière au tout début du 20ème siècle lorsqu’il a fallu trou­ver des pierres pour poser les pre­mières routes pavées de Van­cou­ver, elle est ensuite res­tée à l’abandon pen­dant les années 30 jusqu’à ce que le ter­rain soit placé dans les mains du Comité des Parcs Van­cou­ve­rois, qui se tatait alors pour trans­for­mer toutes les car­rières du coin en jar­dins muni­ci­paux. Après la visite royale de 1939 du Roi George VI et madame la Reine mère, c’était enfin offi­ciel, le Queen Eli­za­beth Park pré­sen­tait aux visi­teurs le pre­mier arbo­re­tum muni­ci­pal du Canada, avec des échan­tillons des divers arbres qu’on trouve en Colom­bie Bri­tan­nique.

Queen Elizabeth Park (1)

On y trouve aussi plein de fleurs, des petits ponts, des che­mins secrets, des cours de golf, ten­nis, et bas­ket­ball, et des grandes éten­dues d’herbe pour pic-niquer1.

Fleurs au Queen Elizabeth Park

Avec un cadre mignon comme ça, il est cou­rant de croi­ser des gens en cos­tards et grandes robes blanches en train de se faire prendre en photo.

 Queen Elizabeth Park (2)

A part ça, il y a le Bloe­del Flo­ral Conser­va­tory, qui contient sous son dôme géo­dé­sique une serre et une volière, où les oiseaux peuvent voler librement.

Géodesie

Et… euh… bah voilà, quoi. C’est un parc, mince, qu’est-ce que vous vou­lez que je vous dise de plus, moi? Y’a des parcs à tous les coins de rue, de toutes façons, en Amé­rique du Nord… Bon, allez, en cher­chant bien, celui-là, il a des jets d’eau. Hop. Ouais. Incroyable.

Jets d'eau au Queen Elizabeth Park

Et on peut avoir des jolies vues sur la ville, avec les mon­tagnes au fond. Hop. Ouais. Incroyable aussi. Genre on voit pas ça déjà à tous les coins de rue.

Queen Elizabeth Park (3)

Et… euh… c’est tout. Okay, c’est joli, c’est calme, c’est vert, et ça manque de crottes de chien… C’est un parc, quoi…

Ouais, incroyable.

1 Ou niquer tout court, si c’est votre truc (allez, pas la peine de faire genre vous êtes cho­qués, je suis sûr que vous y pen­siez, à celle là).

6 janvier 2008

Bonne année, mais pas nécessairement pour tout le monde

Après mon article sur les grosses affaires van­cou­ve­rites pas joyeuses du moment, je me suis dit que je pour­rais bien par­ler des pro­blèmes locaux plus cou­rants. Déjà, ça vous chan­gera de mes pho­tos traf­fi­quées pour vous faire croire que le ciel est tou­jours bleu à Van­cou­ver. Ensuite, ça vous gâchera votre eupho­rie de la nou­velle année. Et puis ça vous chan­gera de la rou­tine habi­tuelle des syn­di­cats et des grèves, de l’Europe, des ban­lieues, du cho­mâge, du trou de la sécu, de la gauche, de la droite, du milieu, et autres ran­gaines socio-politiques fran­çaises. Enfin, ça vous per­met­tra de savoir, en contre­par­tie, quelles sont les ran­gaines d’ici.

Contrai­re­ment à ce que les mau­vaises langues diront, la pluie n’est pas le pro­blème numéro 1 à Van­cou­ver (comme le prouvent mes pho­tos avec des ciels bleus, donc), mais bien les sans-abris et la drogue. Oui, je sais, ça fait théo­ri­que­ment deux pro­blèmes, mais les deux sont sou­vent étroi­te­ment liés. D’ailleurs, ils sont tous les deux bien cor­rec­te­ment ran­gés dans le Down­town East­side, situé juste der­rière Chi­na­town et Gas­town. D’après cer­tains, c’est car­ré­ment le quar­tier le plus pauvre de tout le Canada (Wou­houh! Allez Van­cou­ver!). Et quand je dis “cor­rec­te­ment rangé”, c’est vrai­ment le cas: 2 pâtés de mai­son avant d’y ren­trer, on est encore dans des endroits bran­chés rem­plis de gens riches et bien por­tants. On a vrai­ment l’impression de tra­ver­ser un por­tail inter-dimensionnel, par endroits.

Sans abri

(remar­quez au pas­sage l’utilisation judi­cieuse de filtres de cou­leur pour faire pas­ser ce qui est pro­ba­ble­ment un ingé­nieur d’IBM aux goûts ves­ti­men­taires dou­teux pour un pauvre SDF… c’est ça, la magie des images)

His­to­ri­que­ment, toutes les villes olym­piques ont eu un pro­blème avec les sans-abris, car il s’agit de faire bonne figure pour les tou­ristes et les camé­ras. De Londres à Atlanta en pas­sant par Syd­ney ou Pékin, seule la méthode change: cer­tains offrent gra­cieu­se­ment un billet de bus pour envoyer les clo­chards en grande ban­lieue, d’autres les font fuir en uti­li­sant la police pour faire pres­sion. Les plus gen­tils ouvrent des foyers d’acceuil, mais prennent bien soin de les pla­cer le plus loin pos­sible. Van­cou­ver ne devrait nor­ma­le­ment pas échap­per à la règle, mais le pro­blème y est un peu plus complexe.

Piccadilly Pub

Au début des années 90, le Canada était dans une situa­tion éco­no­mique très dif­fi­cile, et a été redressé par des coupes bud­gé­taires, un rem­bour­se­ment sys­té­ma­tique de la dette natio­nale1, et diverses autres ini­tia­tives issues de gou­ver­ne­ments libé­rals et social-démocrates. Si l’économie cana­dienne a très bien récu­péré depuis, la théo­rie selon laquelle la crois­sance du pays béné­fi­cie­rait à tout le monde a été infir­mée par les inéga­li­tés dans les dif­fé­rents sec­teurs. Ces inéga­li­tés ne sont pas signi­fi­ca­ti­ve­ment pires que dans les autres pays occi­den­taux, mais par­ti­cu­liè­re­ment décriées ici, pro­ba­ble­ment parce qu’elles incluent par des­sus le mar­ché les pro­blèmes d’exclusion des per­sonnes d’origines abo­ri­gènes (dont on par­lera dans un futur article sur les autres pro­blèmes cou­rants du coin).

Lentement

Les pro­blèmes spé­ci­fi­que­ment van­cou­ve­rois s’ajoutent ensuite aux pro­blèms natio­naux. Par exemple, le déve­lop­pe­ment ful­gu­rant de la ville dans cer­tains sec­teurs (nou­velles tech­no­lo­gies et construc­tion, entre autres) aggravent les pro­blèmes d’inégalité men­tion­nés pré­cé­dem­ment. Les nou­velles construc­tions, les réno­va­tions, les modi­fi­ca­tions du réseau de trans­port public, et tous les autres amé­na­ge­ments pré­vus pour 2010, qu’ils soient à l’initiative de la muni­ci­pa­lité ou de com­pa­gnies pri­vées, gal­va­nisent le mar­ché immo­bi­lier déjà bien en forme grâce, entre autres, aux taux d’emprunt his­to­ri­que­ment bas simi­laires à ce qu’on a connu en France ces quelques der­nières années.

Un cas cou­rant est ainsi celui où un éta­blis­se­ment change de main pour être rénové, réha­bi­lité, voire démoli pour faire place à des loge­ments de meilleure qua­lité. Les occu­pants doivent alors trou­ver une autre habi­ta­tion, et peuvent se retrou­ver devant un dilemme bud­gé­taire où toit et nour­ri­ture ne peuvent plus coha­bi­ter. Car dans une situa­tion fina­le­ment très simi­laire à cer­taines région de France, la mon­tée des prix a dépassé la mon­tée des salaires2, et ne pas pou­voir se payer un appar­te­ment, même dans les loca­tions à bas prix, est l’une des prin­ci­pales rai­sons pour res­ter à la rue. Selon les endroits, on peut trou­ver jusqu’à un tiers de SDFs qui ont, en fait, un emploi qui les occupe au moins 30h par semaine. Mais l’emploi ne fait géné­ra­le­ment pas long feu à par­tir de là.

Cuban Cigars

Evi­dem­ment, la drogue et les mala­dies (men­tales ou phy­siques) jouent tou­jours un rôle impor­tant. Sur le plan de la drogue, les Triades, la mafia chi­noise, seraient assez actifs dans le coin, rap­port au fait que Van­cou­ver est un impor­tant port de la côte Paci­fique, et le prin­ci­pal accès au ter­ri­toire cana­dien depuis l’Asie. Enfin j’ai pas fait un enquête appro­fon­die sur le sujet, hein, remar­quez, et comme j’ai pas envie de perdre un doigt, j’irai pas infil­trer les clubs de East Has­tings juste pour vos beaux yeux. Mais tou­jours est-il que le traf­fic de drogues dures, et plus par­ti­cu­liè­re­ment l’héroïne, est impor­tant, et touche beau­coup de monde. Van­cou­ver ouvrait ainsi en 2003, et dans le Down­town East­side, jus­te­ment, des sites d’injection super­vi­sée (Les pre­miers d’amérique du nord! Wou­houh! Allez Van­cou­ver!) pour ten­ter de limi­ter les pro­blèmes annexes liés à la drogue (prin­ci­pa­le­ment la trans­mis­sion de mala­dies comme le SIDA par les seringues).

Drugs

On estime entre 2000 et 2300 le nombre de SDFs à Van­cou­ver, ce qui est, en pour­cen­tage de popu­la­tion totale, assez simi­laire à Paris où les esti­ma­tions oscil­lent entre 8000 et 12000. Mais c’est la ten­dance qui est le pro­blème ici, puisqu’à moins d’une inflec­tion, on dépas­sera les 3000 sans-abris pour les Jeux Olym­piques de 2010. Oui, ça aug­mente vite. Wou­houh! Allez Van­cou­ver!

Petit vélo

Diverses orga­ni­sa­tions et asso­cia­tions oeuvrent pour l’amélioration des condi­tions de vie dans le Down­town East­side, et pour les gens dému­nis en géné­ral, et il y a pas mal d’attention et d’attentes sur ce que le maire va mettre en place pour régler le pro­blème… mais fau­dra pas rêver non plus.

Voilà, j’espère que ça vous inté­resse, tout ça, et si j’ai dit des conne­ries (vous savez ce que c’est, la recherche d’infos sur inter­net…), n’hésitez pas à pos­ter des rec­ti­fi­ca­tions dans les commentaires.

Cash

Allez, main­te­nant que j’ai un nou­vel objec­tif avec un gros zoom (merci Papa Noël… à savoir moi-même), il fau­dra que j’y retourne pour vous faire de meilleures pho­tos du quartier.

1 Le Canada est l’un des rares pays déve­lop­pés à avoir une dette en baisse et peu, voire pas du tout, de dépas­se­ment de son bud­get fédé­ral chaque année.

2 Pour vous faire une idée très vague des prix van­cou­vé­rois, il faut comp­ter 6000$ (soit 4000€) par mètre carré en centre ville. En com­pa­rai­son, le prix moyen du mètre carré sur Paris est à un peu plus de 6300€. Cela n’empêche pas les cana­diens d’être cho­qués par les prix de Van­cou­ver qui est main­te­nant la ville la plus chère du pays en terme de loge­ment (Wou­hou! Allez Van­cou­ver!). Il y a quelques années, les pro­vinces de l’est, avec Toronto et Mont­réal comme villes prin­ci­pales, domi­naient le mar­ché, mais le déve­lop­pe­ment des pro­vinces de l’ouest a pro­pulsé Van­cou­ver, Cal­gary, Edmon­ton et même Sas­ka­toon vers le haut, par­fois de manière tota­le­ment obs­cène, du genre des prix lit­té­ra­le­ment 2 fois plus cher ici (faut dire qu’on a la ville la plus mieux bien, aussi… Wou­houh! Allez Van­cou­ver!). L’arrivée de nom­breux immi­grants avec leurs poches pleines d’argent tout neuf n’a pas amé­lioré la situa­tion, alors que le mar­ché qué­be­cois ou onta­rien res­tait rela­ti­ve­ment sage. De toutes façons, le mieux, c’est d’investir à Iqa­luit, une super ville où l’aéroport est plus grand que la ville elle-même.

16 juillet 2007

Le jeu des différences pas importantes: comment se la péter sur les plaques d’immatriculation

Les plaques d’immatriculation cana­diennes font toutes figu­rer un petit slo­gan pro­vin­cial, écrit au des­sus ou en des­sous du numéro d’immatriculation de la voi­ture. Et parce qu’ici, on sait se la péter1, on a droit à “Beau­ti­ful Bri­tish Colum­bia” (“Magni­fique Bri­tish Colum­bia”). Mais c’est encore rien face au deuxième slo­gan du coin, visible sur le site du gou­ver­ne­ment pro­vin­cial: “The Best Place On Earth” (“Le Meilleur Endroit Au Monde”). Si vous êtes pas convain­cus, vous pou­vez tou­jours prendre une petite ciga­rette qui faire rigo­ler, ça vous per­met­tra de mieux vous rendre compte2.

Un détail inté­res­sant est la plaque qué­be­coise. Au moment où la grande majo­rité des pro­vinces com­men­çait à ajou­ter un slo­gan à leurs plaques (au début des années 60), le qué­bec optait pour “La Belle Pro­vince” (eux aussi ils savent se la péter). Mais ils changent d’avis en 78, suite à l’arrivée au pou­voir du Parti Qué­bé­cois3 (favo­rable à la sou­ve­rai­neté du Qué­bec, et donc une manière net­te­ment plus sérieuse de se la péter). Depuis, le slo­gan offi­ciel est l’énigmatique “Je me sou­viens”. Enig­ma­tique, donc, car per­sonne ne, euh, se sou­vient réel­le­ment de ce dont il faut se sou­ve­nir. Mince alors.

Du coup, tout le monde y va de sa petite inter­pré­ta­tion, allant des gen­tilles (“Je me sou­viens de mon héri­tage fran­çais”), aux un peu plus méchantes (“Je me sou­viens de ce que les anglais ont fait aux fran­çais ici”), voire aux car­ré­ment pas contentes du tout (“Je me sou­viens de ce que nous ont fait les fran­çais4). En pra­tique, il est pro­bable que le gars qui a écrit le slo­gan à l’origine l’ait sim­ple­ment repris de l’une de ces plus célèbres cita­tions: “Je me sou­viens que né sous le lys, je croîs sous la rose”, qui se réfère, res­pec­ti­ve­ment, aux emblêmes fran­çais et anglais de l’époque. Net­te­ment moins rigolo, mais ô com­bien plus consen­suel5.

Mais bon, nous on s’en fout de tout ça. Après tout, c’est loin, et on est trop occu­pés à faire des salo­pe­ries d’activités phy­siques dehors… parce que c’est joli, quand même, la Colom­bie Bri­tan­nique… Si si, même que c’est mar­qué sur les plaques d’immatriculation, donc c’est sûre­ment vrai…

1 Mais de manière cool, hein, parce que c’est la côte ouest, quand même.

2 Comme le disait un col­lègue, dans “Colom­bie Bri­tan­nique”, y’a “Colom­bie”, c’est pas pour rien.

3 Oui, le “P.Q.”. Dif­fi­cile de lire un article poli­tique sans rica­ner bêtement.

4 Dans la série “ça n’arrange pas l’image anglo-saxonne des fran­çais qui laissent tom­ber tout le monde à chaque guerre”, je vous pré­sente la Bataille des Plaines d’Abraham, où l’armée fran­çaise, après une escar­mouche contre l’armée anglaise, s’est bra­ve­ment reti­rée, lais­sant le Qué­bec (et tous les fran­çais y vivant) tom­ber sous le contrôle anglais. Bon, okay, ça c’est la ver­sion méchante. Dans la ver­sion gen­tille, on passe juste pour des demeu­rés qui, mal­gré une meilleure posi­tion stra­té­gique et plus de sol­dats, arrivent quand même à perdre. Ah non, merde, c’est méchant aussi ça. Euh, on va juste dire que les condi­tions pour une vic­toire n’étaient pas favorables.

5 Enfin on pour­rait tou­jours objec­ter qu’il y avait de la crois­sance éga­le­ment du temps où on contrô­lait la région, non mais.

5 juillet 2007

Pote lâche indien

Quand on s’embête le week-end, et qu’il n’y a pas de conne­ries assez connes à la télé, c’est l’occasion d’aller se culti­ver la tronche dans un musée.

Le Musée d’Anthropologie est situé sur le cam­pus de l’Uni­ver­sité de Bri­tish Colum­bia. Au pas­sage, vous pour­rez remar­quer que les uni­ver­si­tés amé­ri­caines sont peut-être plus chères que les uni­ver­si­tés fran­çaises1, mais elles ne plai­santent pas sur la taille des ins­tal­la­tions. Le musée lui même est d’ailleurs hébergé dans un bâti­ment fort joli.

Trois Trucs

Le musée se foca­lise sur les abo­ri­gènes, éga­le­ment appe­lés pre­mières nations, éga­le­ment appe­lés amé­rin­diens, éga­le­ment appe­lés gens qui étaient là les pre­miers mais qu’avaient que des sagaies moi­sies alors que nous on avait des gros trucs en métal qui font vache­ment mal.

Au bout d’une heure à tour­ner et à écou­ter la guide, je com­prends main­te­nant pour­quoi la plu­part des euro­péens rejetent bien sou­vent l’idée que l’Amé­rique a une his­toire longue de plu­sieurs mil­liers d’années:

  1. C’est méga com­pli­qué: y’a plein de petites tri­bus épar­pillées un peu par­tout, et cha­cun a ses rites, ses légendes, et bien sou­vent sa langue. Ca me semble assez simi­laire aux nom­breuses tri­bus afri­caines, à la dif­fé­rence près qu’ils étaient moins noirs, et disaient pro­ba­ble­ment “ah non, merde, pas encore” lorsqu’il pleu­vait. Et contrai­re­ment à l’Afrique, depuis la fin du 18ème siècle l’Europe a plus des masses de rai­sons de s’intéresser de près à l’histoire de l’Amé­rique.
  2. On sait pas grand chose: ces petits malins d’aborigènes, ils fai­saient pra­ti­que­ment tout avec le bois des cèdres roux du coin. L’avantage, c’est que c’est un bois mou facile à sculp­ter. Le pro­blème, c’est que c’est un bois mou facile à bou­siller. Donc au bout d’un siècle, rien qu’avec la pluie, il reste plus grand chose du super totem que Jean-Paul il s’est fait chier à faire pen­dant 6 mois avec ses petits doigts boudinés.
  3. Ils savent pas grand chose non plus: les abo­ri­gènes trans­mettent le gros de leur savoir par le bouche à oreille, l’apprentissage, les his­toires qu’ils se racontent au coin du feu, et les séries télé­vi­sées. L’avantage, ceci dit, c’est que leur société pou­vait appa­rem­ment s’adapter extrê­me­ment faci­le­ment aux chan­ge­ments, contrai­re­ment à d’autres qui devaient attendre que des gens à Rome changent des trucs dans des vieux bou­quins pous­sié­reux en Latin. Le pro­blème, c’est que cer­taines his­toires appar­te­naient à une famille don­née, “gar­dienne” de l’histoire en ques­tion. Je vous laisse ima­gi­ner le nombre d’histoires per­dues ou tota­le­ment défor­mées que ça donne. Fina­le­ment, quelques vieux bou­quins pous­sié­reux, ç’eût été utile aussi.

Albator version aborigène

Enfin bref, je vais pas tout vous racon­ter non plus, je vous lais­se­rai décou­vrir tout ça pen­dant votre visite. Sachez quand même que vous y appren­drez com­ment faire une boite avec un seul bout de bois et aucun clou. Vous com­pren­drez aussi au pas­sage le jeu de mots pourri (et assez approxi­ma­tif) du titre de ce billet.

L’exposition tem­po­raire, pen­dant notre visite, concer­nait les masques Afri­cains, et leur signi­fi­ca­tion artis­tique et sociale. Très inté­res­sante, mais mal­heu­reu­se­ment trop courte.

Masque africain

Mais le musée est en pleine expan­sion, et va dou­bler de taille au cours de l’année. On peut donc espé­rer plein de bonnes choses dans un futur proche.

Enfin, le clou du spec­tacle, c’est la très média­ti­sée sculp­ture du Cor­beau et des Pre­miers Hommes, réa­li­sée par Bill Reid. Je vous avais dit qu’on le recroi­se­rait celui-là.

Le corbeau et les premiers hommes

La sta­tue, réa­li­sée d’un bloc, repré­sente une scène issue d’une légende Haida (un des peuples abo­ri­gènes du coin) qui décrit com­ment les pre­miers hommes ont été décou­verts sur une plage de Colom­bie Bri­tan­nique par le Cor­beau, un dieu facé­cieux. Eh ouais, non seule­ment par ici on a inventé Green­peace et Star­bucks2, mais aussi car­ré­ment l’humanité. On fait pas les choses à moitié.

Bref, voilà. Main­te­nant qu’on s’est bien culti­vés la tronche, on peut retour­ner se vau­trer dans un train de vie de débauche grasse et com­mer­ciale typi­que­ment amé­ri­caine, un bur­ger dans la main gauche, et la télé­com­mande dans la main droite… ah merde, on a que du tofu et des fris­bees. Saleté de côte ouest…

1 Le Canada est moins cher que les Etats-Unis, mais vous pou­vez quand même comp­ter dans les 7000$ (4800€) pour une année d’ingénierie appli­quée à UBC. Evi­dem­ment, une com­pa­rai­son aussi sim­pliste n’a aucun sens puisque les vies étu­diantes américaine/canadienne et fran­çaise n’ont pas grand chose à voir, et les pro­grammes de bourses d’études sont bien plus déve­lop­pés ici, et tout ce sujet est bien plus com­pli­qué que ça, mais ça vous donne un ordre d’idée quand même. Si vous vou­lez plus d’infos là-dessus, vous trou­ve­rez votre bon­heur par ici.

2 Oui, bon, Star­bucks ça vient de Seat­tle, nor­ma­le­ment, mais du temps des pre­miers hommes, y’avait pas de frontières.

17 février 2007

Et mon béret alors?

Comme le dit mon pote Alexis, il faut par­ler de bouffe à un moment ou un autre. La France étant le pays auto-proclamé de la bonne bouffe1, c’était une consi­dé­ra­tion très impor­tante pour tous les gens qui nous ont vu par­tir à l’étranger. Ainsi, beau­coup se sont inquié­tés de la dis­po­ni­bi­lité du camem­bert ou de la baguette dans les loin­taines contrées Cana­diennes2.

Je me demande d’ailleurs si cette frayeur ali­men­taire col­lec­tive s’est mani­fes­tée parce qu’on est par­tis dans une région lar­ge­ment Amé­ri­ca­ni­sée (“ils savent rien bouf­fer d’autre que des bur­ger ces ricains!”), ou si on obtien­drait le même résul­tat avec n’importe quel autre pays… Genre: “Tiens, je pars pour 2 ans au Tibet”… “Ah cool, mais tu trou­ve­ras du foie gras là-bas?”… Ou encore: “Je vais rejoindre un contin­gent scien­ti­fique en Antarc­tique”… “Oh, j’espère que tu pour­ras trou­ver du Reblochon”.

Enfin bref, reve­nons à nos mou­tons (en bro­chette) et com­men­çons cette série culi­naire avec l’un des endroits incon­tour­nables pour se pro­cu­rer des pro­duits frais, à savoir le Gran­ville Mar­ket (Mar­ché de Gran­ville), situé sur l’île de Gran­ville à envi­ron 10 minutes en vélo de chez nous.

Au Gran­ville Mar­ket on trouve tout un tas de fruits et légumes dont la majo­rité pro­viennent de l’agriculture bio­lo­gique équi­table bidule machin. En plus des pro­duits habi­tuels, on trouve énor­mé­ment de fruits et légumes d’Amé­rique Cen­trale ou d’Asie.

Mais qu'est-ce que c'est?Mais qu’est-ce que c’est? Hos­ted on Zooomr

C’est clair qu’avec plus de Chi­nois que de Cana­diens à Van­cou­ver, la pré­sence Asia­tique se fait sen­tir, et on trouve cou­ram­ment du fruit du dra­gon à côté de ses bananes dans la supé­rette du coin.

L’autre grande pré­sence, c’est les fruits de mer, proxi­mité de la mer oblige.

AppetissantAppe­tis­sant Hos­ted on Zooomr

Pour le reste, c’est des bou­chers, des bou­lan­ge­ries (dont l’une essaie, de manière moyen­ne­ment convain­cante, de se faire pas­ser pour une bou­lan­ge­rie Fran­çaise), un ou deux fro­ma­gers (avec des fro­mages cou­lants qui puent sous plas­tique… étrange), des éta­lages de grains, de pâtes, etc.

Des pates, mais pas des PanzzaniDes pates, mais pas des Panz­zani Hos­ted on Zooomr

Mais sur Gran­ville Island, il n’y a pas que le mar­ché. On y trouve tout un tas d’artisans tels que des luthiers, des cor­don­niers, des potiers, ou des souf­fleurs de verre. Plu­sieurs ate­liers d’artistes sont ins­tal­lés éga­le­ment, un ins­ti­tut d’art et design, un théâtre, divers autres machins cultu­rels, et bien sûr quelques bou­tiques qui gra­vitent au milieu de tout ça. Sans comp­ter une petite marina, et des pro­me­nades pour les cou­ra­geux qui font leur jog­ging dehors. Les tou­ristes et les locaux se croisent donc ici au son des musi­ciens qui riva­lisent avec les mouettes criardes.

Notez enfin que Gran­ville Island était au début du 20ème siècle une zone indus­trielle. Gran­ville était même le nom de Van­cou­ver jusqu’à la fin du 19ème siècle. Après la Seconde Guerre Mon­diale, l’activité de l’île a rapi­de­ment décliné. Elle a donc été trans­for­mée via un grand pro­gramme de réno­va­tion pen­dant les années 70 en un lieu inté­gré à la vie quo­ti­dienne des citoyens. Quelques ves­tiges de son passé sont donc visibles ça et là.

Grue de GranvilleGrue de Gran­ville Hos­ted on Zooomr

Enfin remar­quez, ça peut juste être un dis­po­si­tif ser­vant à rame­ner des trucs lourds au milieu du mar­ché, hein, mais ça fait plus tou­ris­tique de pen­ser que c’est un vieux truc his­to­rique3.

Une fois la visite ter­mi­née, il suf­fit d’aller se cher­cher quelques bei­gnets et donuts sur l’un des éta­lages de sucre­ries du mar­ché… parce que mine de rien, il faut récu­pé­rer des forces avant de reprendre son vélo pour le che­min du retour!

1 C’est qu’on aime bien s’auto-proclamer plein de trucs chez nous.

2 Per­sonne n’a demandé si on pou­vait ache­ter des bérets, par contre. C’est dingue, les plus anciennes ins­ti­tu­tions de notre grand pays se perdent!

3 Par ici, on trouve de l’histoire où on peut, hein, faut pas être regardant.

15 novembre 2006

Les bases (partie 2)

Mes­dames, mes­de­moi­selles, mes­sieurs, voici Van­cou­ver. En haut et à droite, des mon­tagnes. En bas et à gauche, la mer. Qu’est-ce que ça nous donne? Des nuages gor­gés de pluie qui arrivent du Paci­fique, et qui butent contre les mon­tagnes. Oui, c’est à dire juste au-dessus de la ville. Un grand clas­sique Cana­dien est donc de se moquer des Van­cou­ve­rites, de la même façon qu’on se moque du brouillard Lon­do­nien ou de la gri­saille du Nord-Pas-de-Calais. Les Van­cou­ve­rites se vengent en se moquant de la neige et du froid qui sévissent de l’autre côté du conti­nent, notam­ment au Qué­bec, mais bon, il vaut mieux res­ter en dehors de tout ça. On se conten­tera sim­ple­ment de citer un ami de Seat­tle qui a dit un jour: ”[par ici] il n’y a que deux sai­sons: l’hiver, et le mois d’août”. Vous pou­vez faci­le­ment devi­ner que le jour en ques­tion était au coeur de l’hiver, pen­dant une cou­pure d’électricité, après s’être enfermé dehors par erreur. Mais il y a sans doute du vrai là dedans.

En face de Van­cou­ver, à l’ouest, se dresse l’Île de Van­cou­ver qui pour­rait blo­quer les nuages et les empê­cher d’arriver jusqu’à la ville, mais non, même pas. Enfin si, un peu, mais pas assez, vrai­sem­bla­ble­ment. Et pas ques­tion d’imaginer, dans un futur proche, la construc­tion de, je sais pas moi, des sortes de gros bou­cliers en métal ou des déflec­teurs laser à par­ti­cules actives. L’Île de Van­cou­ver est rem­plie de parcs natu­rels, et la variété de sa flore est célèbre. Pas ques­tion d’y tou­cher, soit-disant. Admettons.

Oh, et non, Van­cou­ver n’est pas sur l’Île de Van­cou­ver, ça serait trop simple. En fait, leur nom vient du Capi­taine George Van­cou­ver, de la Marine Royale Anglaise, qui, autour de 1790, est venu dans le coin accom­pa­gné de quelques amis Espa­gnols pour foutre dehors les indiens qui étaient là depuis plus de 5000 ans et nom­mer divers endroits notables avec, au choix, son propre nom, ou le nom de ses potes.

On espère qu’il a au moins accom­pli tout ça avec un mini­mum de flegme Britannique.