30 octobre 2008

La parade des âmes perdues

Ca y est, Hal­lo­ween est de retour, avec ses moultes déco­ra­tions, fes­ti­vi­tés, et, euh, articles de blogs. Parce que mine de rien, plu­sieurs de mes com­pa­triotes blog­gueuses on déjà posté sur le sujet. Et comme elles sont fran­çaises, elles râlent! Habi­tant toutes deux dans Kit­si­lano, elles se plaignent (une semaine à l’avance) de ne pas y voir beau­coup de mai­sons déco­rées… eh bien mes­dames, c’est du côté de Com­mer­cial Drive qu’il faut aller!

La grande faucheuse

Petite remarque sur les pho­tos de cet article: il fai­sait super sombre, il se pas­sait plein de trucs, il y avait plein de gens dans tous les sens… mon appa­reil photo était com­plè­te­ment peaumé, le flash à la ramasse, l’auto-focus dans les choux… désolé pour les flous “artis­tiques” et le bruit sur les images, donc, sans comp­ter les trucs géniaux que je n’ai pas pu prendre en photo et que vous ne ver­rez pas. C’est le signe qu’il me faut un appa­reil tout neuf, tenez. Ca tombe bien, c’est Noël bien­tôt, et avec le contexte éco­no­mique y’en a sûre­ment un parmi vous qui a 5000$ et qui ne sait pas quoi en faire…

Com­mer­cial Drive, c’est à la fois une rue et un quar­tier qui se trouve autour, situés à l’est de Van­cou­ver. Pour faire vite (on essaiera de vous repar­ler de ce quar­tier une autre fois), c’est un lieu qui était appellé à une époque “Lit­tle Italy” (“Petite Ita­lie”), rap­port à la forte concen­tra­tion d’immigrés ita­liens dans les années 50. Rajou­tez au fil des décen­nies sui­vantes une couche d’activisme les­bien, de reven­di­ca­tions pro-marijuana, et plu­sieurs vagues d’immigration sud-américaines et euro­péennes, et vous avez un quar­tier très vivant, sorte d’alternative popu­laire à Kit­si­lano.

Homme à cornes

Chaque année, le quar­tier orga­nise la “Parade of Lost Souls” (“Parade des âmes per­dues”), un peu avant Hal­lo­ween. C’est plus un gros bor­del qu’une parade, soit dit en pas­sant, mais je sup­pose que ça res­pecte plus l’esprit du quar­tier comme ça. Aussi, ne croyez pas qu’il s’agit là d’une célé­bra­tion qui s’inscrit dans “Hal­lo­ween la fête com­mer­ciale”. C’est plu­tôt un évè­ne­ment rela­tif aux vieilles fêtes païennes, dont le but est de “célé­brer la vie et hono­rer les morts” (le crédo de la soirée).

Homme... quelque chose

Pour l’occasion, plu­sieurs quar­tiers de mai­son sont blo­qués à la cir­cu­la­tion, et plein de gens s’entassent autour de Grand­view Park. On trouve des dégui­se­ment en tous genre, cer­tains étant assez éla­bo­rés, comme par exemple cet homme marionnette:

L'homme marionnette

Il y a aussi des petits rigo­los qui ont décidé de faire hon­neur au truc le plus mort de chez mort en ce moment:

Le Dow Jones, complètement moribon

Plu­sieurs groupes de musique aux dégui­se­ments et styles variés défilent dans les rues tem­po­rai­re­ment pié­tonnes, sui­vis par un cor­tège de créa­tures en tous genres éclai­rés à la torche. Ca me fait beau­coup pen­ser à ce que j’imagine être les fêtes des morts en Loui­siane, voire même en amé­rique du sud. Sauf qu’il fait pro­ba­ble­ment beau­coup plus froid ici.

Musique à la torche

Il suf­fit donc de sau­ter de groupe en groupe, cha­cun défi­lant un peu où il veut et dans n’importe quel ordre. La plu­part de ces groupes sont éga­le­ment accom­pa­gnés de grosses mario­nettes bizarres:

Grosse marionette

Tout ça a sûre­ment une signi­fi­ca­tion pro­fonde — l’anthropomorphisation d’un concept phi­lo­so­phique quel­conque — mais pour moi c’est juste une grosse mario­nette qui fout les boules.

Mais reve­nons à nous mou­tons: les mai­sons déco­rées. Parce que là, pour la parade, les gens du quar­tier ils sont à fond. Le mini­mum vital, c’est les déco­ra­tions sur les fenêtres. Ca va de la mai­son avec des yeux (dont l’un est en photo ci-dessous) à la mai­son où on voit des ombres chi­noises inquié­tantes s’animer sur les fenêtres.

L'oeil de la maison

Le niveau d’au-dessus, c’est les ani­ma­tions sur les bal­cons. Vous enten­dez sou­dai­ne­ment un rire stri­dent et sadique sur votre gauche? C’est nor­mal, c’est juste quelques sor­cières qui menacent de s’envoler sur leurs balais du 2ème étage d’une mai­son avoi­si­nante. Vous avez aussi ce gars, ci-dessous, qui, si j’ai tout bien com­pris, est une sorte de Zorro qui tue des enfants avec son épée. Ou un truc dans le genre.

Méchant Zorro

Ensuite viennent les démons­tra­tions pas­sives, comme par exemple cette sorte de famille gothique, ins­tal­lée sur un porche de mai­son avec bou­gies et sque­lettes. Je crois qu’ils étaient en habits des années 20, mais je suis pas sûr.

Famille gothique

Dans la caté­go­rie des démons­tra­tions actives, vous avez ces deux gamins avec des masques blancs qui dan­saient au ralenti, sans rien dire, devant chez eux.

La danse des fantômes

Et alors le top du top, c’est la démons­tra­tion inter­ac­tive à thème. De ce qu’on a vu, la palme revient à “Madame But­ter­fly”. Sa mai­son est déco­rée avec moultes plantes, fleurs, dra­pe­ries et bou­gies, et la musique de l’opéra de Puc­cini passe en fond. La madame, dégui­sée comme vous pou­vez le voir sur la photo sui­vante, marche len­te­ment de gauche à droite sur son porche, se cachant le visage avec un évan­tail en forme de papillon. Puis, elle prend le récép­tacle que vous voyez éga­le­ment sur la photo, et s’approche len­te­ment et gra­cieu­se­ment de son audience, située quelques marches plus bas. Le récep­tacle contient bon­bons et frian­dises qu’elle pro­pose aux enfants qui la fixent bouche ouverte et yeux écar­quillés. Puis, elle remonte et dis­pa­rait der­rière un rideau.

Madame Butterfly

J’ai été vrai­ment épaté par tous les cos­tumes, déco­ra­tions et ani­ma­tions que j’ai vues. Il y avait un mec dans un véhi­cule arai­gnée (trop génial d’avoir pu voir ça en vrai!), des monstres sor­tant de murs qui essaient de vous man­ger, des démons­tra­tions pyro­tech­niques (prin­ci­pa­le­ment des jon­gleurs de feu), des crottes de chien par terre… plein de trucs super et inha­bi­tuels, quoi! Et le jour où vous voyez des flics for­cer la Grande Fau­cheuse à vider sa canette de bière dans un cani­veau, vous m’appellez, parce que ce coup-ci j’ai pas eu le temps de prendre la photo.

Monstre poilu

Il y avait aussi diverses réfé­rences de pop-culture, entre des cos­tumes ins­pi­rés par le Mup­pet Show et un cha­riot de vic­times de la peste direc­te­ment sorti des Monty Pythons (“Bring out yer dead!”).

V for Vendetta

C’est sans aucun doute la meilleure fes­ti­vité d’Hal­lo­ween à laquelle j’ai assisté, et j’ai hâte d’y retour­ner l’année prochaine!

Vous pou­vez aller voir tout un tas d’autres pho­tos prises par d’autres gens sur Fli­ckr.

28 octobre 2008

Spanish Banks

Spa­nish Banks, c’est la plage qui se trouve juste der­rière Jeri­cho Beach, juste avant les falaises de UBC. Si Jeri­cho Beach est sur­tout un parc pro­pice aux siestes sous les arbres, aux bar­be­cues, et aux pique-niques, Spa­nish Banks est une plage prin­ci­pa­le­ment occu­pée par les ter­rains de beach-volley, confir­mant ainsi qu’il s’agit d’une des acti­vi­tés esti­vales van­cou­ve­roises incontournables.

Spanish Banks

Les immeubles du centre ville sont bien loin (comp­tez 30 minutes à vélo), et si on regarde de l’autre côté, on ne voit que l’océan, et les gla­ciers au loin. Y’a pas beau­coup de villes où on peut pro­fi­ter de ce genre de vue.

Y'a pas que l'eau qu'est bonne

Ah oui, on voit des gros bateaux cargo moches, aussi. Mais on fait rapi­de­ment abs­trac­tion grâce aux jolies filles qui tapent dans les ballons.

20 octobre 2008

Siwash Rock

Si vous faites une balade à pied, rol­lers ou vélo tout autour du Stan­ley Park, vous tom­be­rez sur Siwash Rock.

Siwash Rock

Rien de trans­cen­dant, hein, c’est juste un bout de rochet avec un arbre des­sus… quand je vous disais que ces salo­pe­ries poussent par­tout

29 septembre 2008

Les arbres, ces saloperies qui poussent partout

Vous savez, toutes ces his­toires comme quoi il faut sau­ver les arbres? Et la forêt ama­zo­nienne ceci, et gâcher le papier c’est mal, et gna gna gna gna?

C’est que des foutaises.

Ici, des arbres, y’en a par­tout, c’est une vraie salo­pe­rie. Tenez, par exemple:

On manque pas d'arbres, par ici

Voilà. Des mil­lions d’arbres à perte de vue. Tout cet espace, ça pour­rait être des aires de jeux pour les enfants, des éle­vages de poneys, des hopi­taux, des par­kings, des usines Nike, voire même une zone de tests nucléaires… des trucs utiles, quoi. Eh beh non, c’est juste des arbres. Des arbres, des arbres, et encore des arbres.

Les arbres, ces saloperies

Une vraie salo­pe­rie, je vous dis, ça pousse par­tout. Dès qu’il y a plus de 3m2, pouf, devi­nez quoi? Des arbres:

Des arbres sur des rochers

C’est dingue… et per­sonne ne dit rien!

Encore des arbres sur des rochers

Bon blague à part, tout ça, c’est des pho­tos aériennes des envi­rons de Tofino, une petite ville de la cote ouest de l’Ile de Van­cou­ver. La côte y est incroya­ble­ment écor­chée, avec moultes petites îles comme ça qui dépassent un peu par­tout de l’eau.

Non aux arbres

Moi je trouve ça super rigolo, toutes ces îles… non?

Encore des arbres au bord de l'eau

17 septembre 2008

Davie Street, le glamour et la mode

Le Davie Vil­lage, qui est un cou­loir situé autour de Davie Street, est le quar­tier gay de Van­cou­ver. Son emblême est, sans grande sur­prise, un dra­peau arc-en-ciel accro­ché à tous les poteaux et lam­pa­daires des environs.

Drapeau de Davie Village

Les sym­boles de la gay pride se retrouvent éga­le­ment sur la plu­part des devan­tures de maga­sins, sur les pou­belles, et, sans doute le plus emblé­ma­tique de Davie Street, sur les arrêts de bus, com­plè­te­ment peints en rose. Je vous laisse juger par vous-même…

Arrêt de bus gai

Eh ouais, Van­cou­ver, ça bouge, c’est jeune, c’est gai, c’est à la mode… tout ça, quoi. Hein? Non?

22 mars 2008

Du déplacement pédestre dans un système routier en grille

Dans un récent article, on a abordé le sys­tème rou­tier en grille de Van­cou­ver, ainsi que les avan­tages que ça apporte. Un avan­tage que je n’ai pas men­tionné est la géné­ri­cité d’un tel sys­tème en ce qui concerne les déplacements.

Par exemple, le dépla­ce­ment suivant:

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…est équi­valent au dépla­ce­ment suivant:

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…si on consi­dère que l’important, c’est le point de départ et le point d’arrivée.

Il s’agit alors de trou­ver, parmi les nom­breuses pos­si­bi­li­tés de dépla­ce­ment, laquelle sera la plus rapide.

Contexte et postulats

Comme je me déplace prin­ci­pa­le­ment à pied per­so­nel­le­ment, je ne vais par­ler que de pié­tons ici. Ensuite, comme on se déplace sur une grille, la dis­tance est la même quelque soit la tra­jec­toire (si on ne prend évi­dem­ment en compte que les tra­jec­toires directes qui ne font pas de détour). Si on exclut les consi­dé­ra­tions telles que les varia­tions de vitesse en fonc­tion de la pente, le seul fac­teur réel­le­ment impac­tant dans le temps de tra­jet est le temps d’attente aux feux rouges.

J’ai écrit un petit pro­gramme per­met­tant de simu­ler le tra­jet d’un pie­ton à tra­vers une grille, duquel je tire les dia­grammes et les chiffres que je donne dans la suite de cet article. Les hypo­thèses de départ sont les suivantes:

  • Du point de vue du pié­ton, les feux de cir­cu­la­tion sont aléa­toires. En vérité, ils sont plus ou moins syn­chro­ni­sés, mais comme cette syn­chro­ni­sa­tion est faite pour les voi­tures, qui se déplacent de manière signi­fi­ca­ti­ve­ment plus rapide que les pié­tons, elle est tota­le­ment per­due pour une vitesse moyenne de marche. De plus, une dif­fé­rence de quelques pour­cents dans la vitesse de marche amène une grande dif­fé­rence dans l’état des feux ren­con­trés pen­dant le tra­jet. Comme il s’agit ici de trou­ver un algo­rithme géné­rique qui ne dépend ni du lieu géo­gra­phique, ni du pié­ton, j’ai opté pour un modèle aléa­toire de feux de circulation.
  • Le temps de feu vert et de feu rouge est de 30 secondes cha­cun. En bon fran­çais, on tra­verse en cou­rant comme un sagouin au feu orange cli­gno­tant, donc je compte ça comme un feu vert.
  • La grille est uni­forme, et chaque inter­sec­tion est iden­tique. En pra­tique, il y a sûre­ment quelques endroits dans votre quar­tier où la grille est “cas­sée” d’une manière ou d’une autre. Sur mon tra­jet jour­na­lier pour aller au bureau, par exemple, je sais qu’en lon­geant le B.C. Sta­dium, j’avancerai de 3 pâtés de mai­son sans ren­con­trer d’intersection, et donc garanti sans feu rouge. J’optimise donc mon tra­jet mati­nal en don­nant un biais à mon algo­rithme de manière à pas­ser par là si cela semble bénéfique.

Le but du jeu est, par­tant d’une inter­sec­tion don­née, aller à une autre inter­sec­tion don­née. Disons que cette des­ti­na­tion est le croi­se­ment de la rue Lati­tude (qui est “hori­zon­tale”, orien­tée d’est en ouest) et de la rue Lon­gi­tude (qui est “ver­ti­cale”, orien­tée du nord au sud).

Quelques algo­rithmes simples

L’aglorithme le plus simple, voire le plus stu­pide, consiste à aller tout droit en par­tant de chez soi jusqu’à atteindre la rue Lati­tude, puis de remon­ter cette rue jusqu’à atteindre Lon­gi­tude.

Un algo­rithme tou­jours simple, mais un peu plus malin, consiste à tra­ver­ser sys­té­ma­ti­que­ment la rue du côté où on voit un feu vert. Une fois de l’autre côté, on conti­nue sur sa tra­jec­toire. Si on atteint l’une des deux rues ter­mi­nales (Lati­tude ou Lon­gi­tude), on se contente alors d’aller tout droit jusqu’à la des­ti­na­tion. J’ai appellé cet algo­rithme “algo­rithme opportuniste”.

Pour mes tests, j’ai consi­déré 4 types de tra­jets: 5x5, 5x10, 10x10 et 10x20, où les deux chiffres cor­res­pondent au nombre de pâtés de mai­son à tra­ver­ser res­pec­ti­ve­ment vers l’est et vers le nord (on démarre donc “en bas à gauche” et on va “en haut à droite”). Ces 4 tra­jets sont simu­lés 100.000 fois pour cha­cun des algo­rithmes, et le temps d’attente total de chaque tra­jet est enre­gis­tré (le temps d’attente total d’un tra­jet étant la somme de toutes les attentes à tous les feux rouges ren­con­trés). Je n’ai pas été au delà de 10x20 car j’estime qu’une dis­tance plus grande inci­tera à prendre son vélo ou les trans­ports en com­mun, à moins qu’on soit en train de se bala­der, auquel cas on est pas pressé. Pour infor­ma­tion, mon tra­jet pour aller au bureau est de 7x8.

On peut déjà consta­ter que l’algorithme oppor­tu­niste est non seule­ment net­te­ment plus effi­cace que l’algorithme stu­pide, mais aussi plus sûr.

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On constate éga­le­ment que l’algorithme oppor­tu­niste ren­contre moins d’attente en moyenne pour un tra­jet 10x10 qu’un tra­jet 5x10, alors que c’est un tra­jet plus long. Mon inter­pré­ta­tion est que comme 5x10 est un tra­jet plus “étroit”, le pié­ton peut plus rapi­de­ment débou­cher sur la rue Lon­gi­tude, et se retrou­ver à devoir avan­cer bête­ment tout droit, sans aucun autre choix que d’attendre à chaque feu rouge. Le tra­jet 10x10, par contre, est “large”, et per­met au pié­ton d’avoir plus de “marge de manoeuvre” pour tour­ner à droite ou à gauche en fonc­tion des feux.

Un peu d’optimisation

On peut légè­re­ment amé­lio­rer l’algorithme oppor­tu­niste, de manière simple. Lorsqu’on se retrouve à un coin sud-ouest d’un pâté de mai­son (juste après avoir tra­versé la rue, donc), plu­tôt que de conti­nuer dans la direc­tion qu’on sui­vait pré­cé­dem­ment, on se diri­gera dans la direc­tion vers laquelle il nous reste le plus de che­min à par­cou­rir. Ainsi, si on est est plus près, en nombre de pâtés de mai­son, de la rue Lon­gi­tude que de la rue Lati­tude, on ira vers le nord. Sinon, on ira vers l’est. Cet algo­rithme est “l’opportuniste légè­re­ment malin”.

Cette opti­mi­sa­tion donne des résul­tats assez frappants:

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Un peu plus d’optimisation (enfin, une tentative)

J’ai ensuite écrit deux nou­veaux algo­rithmes: “l’opportuniste malin”, et le “sacri­fi­ciel”. Ces deux algo­rithmes ont pour but de cor­ri­ger le pro­blème que j’ai men­tionné à pro­pos des tra­jets “étroits”, et de la situa­tion peu dési­rable d’aboutir sur une rue ter­mi­nale alors que l’autre rue ter­mi­nale est à plu­sieurs pâtés de mai­son de là. Il s’agit donc de lais­ser plus de “marge de manoeuvre” au pié­ton en essayant d’atteindre les deux rues ter­mi­nales le plus pos­sible en même temps, même s’il faut sacri­fier un peu de temps au milieu du trajet.

L’opportuniste malin reprend l’algorithme de l’opportuniste légè­re­ment malin, mais y ajoute la varia­tion suivante:

  • Si on se trouve plus proche d’une des deux rues ter­mi­nales par rap­port à l’autre (par exemple on est à 2 pâtés de mai­son de Lon­gi­tude, et à 5 de Lati­tude), on peut igno­rer un feu vert et pré­fé­rer, si pos­sible, tour­ner en res­tant sur le même bloc afin de se diri­ger vers la rue ter­mi­nale la plus loin­taine. Par exemple, si on est au coin nord-ouest d’un bloc et que le feu vert nous per­met­trait de tra­ver­ser vers le nord, mais qu’on se trouve très proches de Lati­tude, on ne va pas tra­ver­ser, et plu­tôt lon­ger le bloc vers l’est afin de se rap­pro­cher de Lon­gi­tude.

L’algorithme sacri­fi­ciel, lui, va plus loin, accep­tant de faire des sacrifices:

  • Si on se trouve vrai­ment très proche d’une des deux rues ter­mi­nales, on veut abso­lu­ment conti­nuer vers la rue ter­mi­nale la plus loin­taine, même si cela veut dire qu’on se tape un feu rouge.
  • On n’accepte de se taper un feu rouge que si ce feu rouge est “bien mûr”, à savoir qu’on ne l’a pas vu pas­ser au rouge alors qu’on appro­chait. J’estime que si le feu dure 30 secondes, on peut rai­son­na­ble­ment savoir si un feu est rouge depuis au moins 20 secondes, car cela veut dire qu’il est ren­tré dans le champ de vision du pié­ton 30 mètres envi­ron avant que celui-ci l’atteigne. Le pié­ton peut en plus s’aider du feu per­pen­di­cu­laire, qui devrait cli­gno­ter en orange si le croi­se­ment va bien­tôt bas­cu­ler de sens. J’ai uti­lisé 2 ins­tances de cet algo­rithme: un qui accepte de se taper des feux rouges vieux d’au moins 20 secondes, et un qui accepte ceux vieux d’au moins 25 secondes (ce qui veut dire qu’on sacri­fie, au plus, 10 et 5 secondes respectivement).
  • On n’accepte de se taper un feu rouge que si l’on est signi­fi­ca­ti­ve­ment plus proche d’une rue ter­mi­nale que d’une autre. Les 2 ins­tances de l’algorithme uti­lisent éga­le­ment 2 réglages dif­fé­rents pour cela: une qui accepte de sacri­fier du temps si on est 3 fois plus loin d’une rue ter­mi­nale que d’une autre, et une qui accepte lorsqu’on est 4 fois plus loin.
  • Les 2 ins­tances sont nom­mées, dans les graphes ci-dessous, “Sacri­fi­cal 3/-10″ (3 fois plus loin, 10 secondes) et “Sacri­fi­cial 4/-5″ (4 fois plus loin, 5 secondes). Le pre­mier algo­rithme est donc plus prompt à sacri­fier du temps à un feu rouge que le deuxième.

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D’abord, on constate que l’opportuniste malin est en fait moins effi­cace que l’opportuniste légè­re­ment malin. Je pense que c’est tout sim­ple­ment parce qu’on fait l’erreur de tro­quer un “gain cer­tain” (un feu vert) pour un “gain hypo­thé­ti­que­ment plus grand” (igno­rer le feu vert et aller à une autre inter­sec­tion pour se rap­pro­cher de la rue ter­mi­nale la plus loin­taine, mais s’exposer à la pos­si­bi­lité d’avoir un feu rouge mal placé). Cette erreur est un phé­no­mène assez clas­sique de psy­cho­lo­gie humaine, et est bien sou­vent peu béné­fique, comme on peut le voir éga­le­ment dans des jeux comme “Deal Or No Deal”, connu pen­dant un temps dans l’hexagone sous le titre “A prendre ou a lais­ser”, alias “La Boi­boite D’Arthur”.

L’algorithme sacri­fi­ciel, lui, per­met de gra­piller quelques secondes dans cer­tains cas, notam­ment les cas où, jus­te­ment, il y a peu de marge de manoeuvre dès le depart (tra­jets courts ou “étroits”), mais perd de son inté­rêt pour les voyages longs et “larges”. De plus, il est légè­re­ment moins sûr que la plu­part des autres algo­rithmes. N’oublions pas éga­le­ment que dans le monde réel l’évaluation de l’âge d’un feu rouge peut être gênée par divers phé­no­mènes, tel que l’obstruction de la vue du pié­ton, par exemple, ce qui rend l’application de cet algo­rithme plus délicat.

Conclu­sion

Il me semble que l’algorithme oppor­tu­niste légè­re­ment malin est le plus effi­cace, sur­tout si on le com­bine sub­ti­le­ment, ici et là, avec un peu d’algorithme sacri­fi­ciel, notam­ment quand on se retrouve à des dis­tances trop inégales des deux rues ter­mi­nales, et qu’on est rela­ti­ve­ment sûr de son éva­lua­tion de l’âge d’un feu rouge (la plu­part du temps parce que le feu per­pen­di­cu­laire cli­gnote depuis plu­sieurs secondes). Enfin, lorsqu’on com­bine le tout avec une cer­taine connais­sance du quar­tier, on peut faire des tra­jets sans aucun temps d’attente à aucun feu rouge dans la majo­rité des cas!

Si vous avez repéré des erreurs, ou que vous avez des sug­ges­tions, n’hésitez pas à pos­ter un com­men­taire. Et pour ceux qui vont inévi­ta­ble­ment me dire que c’est beau­coup s’embêter pour éco­no­mi­ser 23 secondes par jour, je leur dis “crotte”. En plus, ces gens là ne sont sans doute pas ingé­nieurs, donc ils ne peuvent pas com­prendre qu’être ingé­nieur c’est plus qu’une for­ma­tion, un métier, une pas­sion… c’est un véri­table mode vie! La quête du savoir! La soif d’optimisation! La joie de gas­piller du temps et de l’argent à tra­vailler sur des choses inutiles! Sans oublier la com­pul­sion à ache­ter plein de gad­gets hors de prix, et le plai­sir de chauf­fer son appar­te­ment uni­que­ment avec leur effet Joule! Rah la la, vous savez pas ce que vous ratez les gars.

Grillé

Van­cou­ver, comme pra­ti­que­ment toutes les villes d’amérique du nord, pos­sède un sys­tème rou­tier en grille. C’est ça les villes fon­dées après l’invention de l’équerre et du com­pas, et aussi après la décou­verte des pro­blèmes de traf­fic rou­tier… on se retrouve avec ça:

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…ce qui est quand même beau­coup moins fun que ça:

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Notez la dif­fé­rence dans le nombre de sens interdits!

Mais mal­gré le côté “mau­vais joueur” du sys­tème rou­tier en grille, il y a quand même quelques avan­tages pratiques…

L’avantage le plus évident, c’est que pra­ti­que­ment chaque route est une route alter­na­tive pour se rendre où vous vou­lez. Une rue est trop encom­brée à votre goût? Elle est bou­chée par des tra­vaux? Il suf­fit de prendre la paral­lèle, à droite ou à gauche! C’est par­ti­cu­liè­re­ment sym­pa­thique quand on est en vélo, et qu’on peut ainsi tota­le­ment évi­ter de rou­ler sur les grandes ave­nues, choi­sis­sant plu­tôt les paral­lèles qui tra­versent les quar­tiers rési­den­tiels calmes.

Un autre avan­tage, c’est qu’il est vir­tuel­le­ment impos­sible de se perdre: il suf­fit d’aller tout droit jusqu’à atteindre sa rue de des­ti­na­tion, et ensuite de des­cendre ou remon­ter cette rue jusqu’à être arrivé. Pour se perdre, il fau­drait donc soit par­tir car­ré­ment dans l’autre sens, ou alors être tel­le­ment la tête dans le cul qu’on passe à côté de sa mai­son sans s’en rendre compte.

Et enfin, l’avantage, c’est qu’on peut cher­cher à opti­mi­ser ses tra­jets de manière géné­rique! On va voir ça dans le pro­chain article…

1 février 2008

Cypress by day

Ouais, encore un article sur le ski, je sais, mais bon, ne pas pos­ter sur le ski à Van­cou­ver, ça serait comme ne pas pos­ter sur le surf à Syd­ney, ou les petites culottes à Tokyo. Et puis je vous avais seule­ment mon­tré le ski de nuit, par temps dégagé et par temps cou­vert, donc il fal­lait bien que je vous poste les pho­tos de jour.

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Sans grande sur­prise, on a rapi­de­ment une vue sur la ville.

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Par contre, l’intérêt du ski de jour, c’est sur­tout qu’on peut voir l’océan.

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Fran­che­ment, skier avec une vue sur le Paci­fique, c’est quand même la belle vie.

Mais la bonne sur­prise, c’est la vue qu’on a de l’autre côté, lorsqu’on est en haut des pistes. En effet, on y voit les Lions (Bowen Island, Gam­bier Island, et autres petites îles) dans le Détroit de Howe, c’est très mignon.

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Et voilà ce qu’on voit quand on est tout en haut de la station.

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C’est plus inté­res­sant que l’océan, parce que bon, fina­le­ment, l’océan c’est vide et plat, quoi. Là y’a des trucs à regar­der, c’est mieux.

Et puis sinon, je trouve que c’est aussi migon quand on est tout en bas.

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Ah ça, non, on manque pas d’arbres dans la région.

26 janvier 2008

Le parc de la Reine mère

Le Queen Eli­za­beth Park est situé à une quin­zaine de minutes du centre-ville, sur une petite col­line de 160m d’altitude, sur­nom­mée “Lit­tle Moun­tain” au 19ème siècle. Trans­for­mée en car­rière au tout début du 20ème siècle lorsqu’il a fallu trou­ver des pierres pour poser les pre­mières routes pavées de Van­cou­ver, elle est ensuite res­tée à l’abandon pen­dant les années 30 jusqu’à ce que le ter­rain soit placé dans les mains du Comité des Parcs Van­cou­ve­rois, qui se tatait alors pour trans­for­mer toutes les car­rières du coin en jar­dins muni­ci­paux. Après la visite royale de 1939 du Roi George VI et madame la Reine mère, c’était enfin offi­ciel, le Queen Eli­za­beth Park pré­sen­tait aux visi­teurs le pre­mier arbo­re­tum muni­ci­pal du Canada, avec des échan­tillons des divers arbres qu’on trouve en Colom­bie Bri­tan­nique.

Queen Elizabeth Park (1)

On y trouve aussi plein de fleurs, des petits ponts, des che­mins secrets, des cours de golf, ten­nis, et bas­ket­ball, et des grandes éten­dues d’herbe pour pic-niquer1.

Fleurs au Queen Elizabeth Park

Avec un cadre mignon comme ça, il est cou­rant de croi­ser des gens en cos­tards et grandes robes blanches en train de se faire prendre en photo.

 Queen Elizabeth Park (2)

A part ça, il y a le Bloe­del Flo­ral Conser­va­tory, qui contient sous son dôme géo­dé­sique une serre et une volière, où les oiseaux peuvent voler librement.

Géodesie

Et… euh… bah voilà, quoi. C’est un parc, mince, qu’est-ce que vous vou­lez que je vous dise de plus, moi? Y’a des parcs à tous les coins de rue, de toutes façons, en Amé­rique du Nord… Bon, allez, en cher­chant bien, celui-là, il a des jets d’eau. Hop. Ouais. Incroyable.

Jets d'eau au Queen Elizabeth Park

Et on peut avoir des jolies vues sur la ville, avec les mon­tagnes au fond. Hop. Ouais. Incroyable aussi. Genre on voit pas ça déjà à tous les coins de rue.

Queen Elizabeth Park (3)

Et… euh… c’est tout. Okay, c’est joli, c’est calme, c’est vert, et ça manque de crottes de chien… C’est un parc, quoi…

Ouais, incroyable.

1 Ou niquer tout court, si c’est votre truc (allez, pas la peine de faire genre vous êtes cho­qués, je suis sûr que vous y pen­siez, à celle là).

6 janvier 2008

Bonne année, mais pas nécessairement pour tout le monde

Après mon article sur les grosses affaires van­cou­ve­rites pas joyeuses du moment, je me suis dit que je pour­rais bien par­ler des pro­blèmes locaux plus cou­rants. Déjà, ça vous chan­gera de mes pho­tos traf­fi­quées pour vous faire croire que le ciel est tou­jours bleu à Van­cou­ver. Ensuite, ça vous gâchera votre eupho­rie de la nou­velle année. Et puis ça vous chan­gera de la rou­tine habi­tuelle des syn­di­cats et des grèves, de l’Europe, des ban­lieues, du cho­mâge, du trou de la sécu, de la gauche, de la droite, du milieu, et autres ran­gaines socio-politiques fran­çaises. Enfin, ça vous per­met­tra de savoir, en contre­par­tie, quelles sont les ran­gaines d’ici.

Contrai­re­ment à ce que les mau­vaises langues diront, la pluie n’est pas le pro­blème numéro 1 à Van­cou­ver (comme le prouvent mes pho­tos avec des ciels bleus, donc), mais bien les sans-abris et la drogue. Oui, je sais, ça fait théo­ri­que­ment deux pro­blèmes, mais les deux sont sou­vent étroi­te­ment liés. D’ailleurs, ils sont tous les deux bien cor­rec­te­ment ran­gés dans le Down­town East­side, situé juste der­rière Chi­na­town et Gas­town. D’après cer­tains, c’est car­ré­ment le quar­tier le plus pauvre de tout le Canada (Wou­houh! Allez Van­cou­ver!). Et quand je dis “cor­rec­te­ment rangé”, c’est vrai­ment le cas: 2 pâtés de mai­son avant d’y ren­trer, on est encore dans des endroits bran­chés rem­plis de gens riches et bien por­tants. On a vrai­ment l’impression de tra­ver­ser un por­tail inter-dimensionnel, par endroits.

Sans abri

(remar­quez au pas­sage l’utilisation judi­cieuse de filtres de cou­leur pour faire pas­ser ce qui est pro­ba­ble­ment un ingé­nieur d’IBM aux goûts ves­ti­men­taires dou­teux pour un pauvre SDF… c’est ça, la magie des images)

His­to­ri­que­ment, toutes les villes olym­piques ont eu un pro­blème avec les sans-abris, car il s’agit de faire bonne figure pour les tou­ristes et les camé­ras. De Londres à Atlanta en pas­sant par Syd­ney ou Pékin, seule la méthode change: cer­tains offrent gra­cieu­se­ment un billet de bus pour envoyer les clo­chards en grande ban­lieue, d’autres les font fuir en uti­li­sant la police pour faire pres­sion. Les plus gen­tils ouvrent des foyers d’acceuil, mais prennent bien soin de les pla­cer le plus loin pos­sible. Van­cou­ver ne devrait nor­ma­le­ment pas échap­per à la règle, mais le pro­blème y est un peu plus complexe.

Piccadilly Pub

Au début des années 90, le Canada était dans une situa­tion éco­no­mique très dif­fi­cile, et a été redressé par des coupes bud­gé­taires, un rem­bour­se­ment sys­té­ma­tique de la dette natio­nale1, et diverses autres ini­tia­tives issues de gou­ver­ne­ments libé­rals et social-démocrates. Si l’économie cana­dienne a très bien récu­péré depuis, la théo­rie selon laquelle la crois­sance du pays béné­fi­cie­rait à tout le monde a été infir­mée par les inéga­li­tés dans les dif­fé­rents sec­teurs. Ces inéga­li­tés ne sont pas signi­fi­ca­ti­ve­ment pires que dans les autres pays occi­den­taux, mais par­ti­cu­liè­re­ment décriées ici, pro­ba­ble­ment parce qu’elles incluent par des­sus le mar­ché les pro­blèmes d’exclusion des per­sonnes d’origines abo­ri­gènes (dont on par­lera dans un futur article sur les autres pro­blèmes cou­rants du coin).

Lentement

Les pro­blèmes spé­ci­fi­que­ment van­cou­ve­rois s’ajoutent ensuite aux pro­blèms natio­naux. Par exemple, le déve­lop­pe­ment ful­gu­rant de la ville dans cer­tains sec­teurs (nou­velles tech­no­lo­gies et construc­tion, entre autres) aggravent les pro­blèmes d’inégalité men­tion­nés pré­cé­dem­ment. Les nou­velles construc­tions, les réno­va­tions, les modi­fi­ca­tions du réseau de trans­port public, et tous les autres amé­na­ge­ments pré­vus pour 2010, qu’ils soient à l’initiative de la muni­ci­pa­lité ou de com­pa­gnies pri­vées, gal­va­nisent le mar­ché immo­bi­lier déjà bien en forme grâce, entre autres, aux taux d’emprunt his­to­ri­que­ment bas simi­laires à ce qu’on a connu en France ces quelques der­nières années.

Un cas cou­rant est ainsi celui où un éta­blis­se­ment change de main pour être rénové, réha­bi­lité, voire démoli pour faire place à des loge­ments de meilleure qua­lité. Les occu­pants doivent alors trou­ver une autre habi­ta­tion, et peuvent se retrou­ver devant un dilemme bud­gé­taire où toit et nour­ri­ture ne peuvent plus coha­bi­ter. Car dans une situa­tion fina­le­ment très simi­laire à cer­taines région de France, la mon­tée des prix a dépassé la mon­tée des salaires2, et ne pas pou­voir se payer un appar­te­ment, même dans les loca­tions à bas prix, est l’une des prin­ci­pales rai­sons pour res­ter à la rue. Selon les endroits, on peut trou­ver jusqu’à un tiers de SDFs qui ont, en fait, un emploi qui les occupe au moins 30h par semaine. Mais l’emploi ne fait géné­ra­le­ment pas long feu à par­tir de là.

Cuban Cigars

Evi­dem­ment, la drogue et les mala­dies (men­tales ou phy­siques) jouent tou­jours un rôle impor­tant. Sur le plan de la drogue, les Triades, la mafia chi­noise, seraient assez actifs dans le coin, rap­port au fait que Van­cou­ver est un impor­tant port de la côte Paci­fique, et le prin­ci­pal accès au ter­ri­toire cana­dien depuis l’Asie. Enfin j’ai pas fait un enquête appro­fon­die sur le sujet, hein, remar­quez, et comme j’ai pas envie de perdre un doigt, j’irai pas infil­trer les clubs de East Has­tings juste pour vos beaux yeux. Mais tou­jours est-il que le traf­fic de drogues dures, et plus par­ti­cu­liè­re­ment l’héroïne, est impor­tant, et touche beau­coup de monde. Van­cou­ver ouvrait ainsi en 2003, et dans le Down­town East­side, jus­te­ment, des sites d’injection super­vi­sée (Les pre­miers d’amérique du nord! Wou­houh! Allez Van­cou­ver!) pour ten­ter de limi­ter les pro­blèmes annexes liés à la drogue (prin­ci­pa­le­ment la trans­mis­sion de mala­dies comme le SIDA par les seringues).

Drugs

On estime entre 2000 et 2300 le nombre de SDFs à Van­cou­ver, ce qui est, en pour­cen­tage de popu­la­tion totale, assez simi­laire à Paris où les esti­ma­tions oscil­lent entre 8000 et 12000. Mais c’est la ten­dance qui est le pro­blème ici, puisqu’à moins d’une inflec­tion, on dépas­sera les 3000 sans-abris pour les Jeux Olym­piques de 2010. Oui, ça aug­mente vite. Wou­houh! Allez Van­cou­ver!

Petit vélo

Diverses orga­ni­sa­tions et asso­cia­tions oeuvrent pour l’amélioration des condi­tions de vie dans le Down­town East­side, et pour les gens dému­nis en géné­ral, et il y a pas mal d’attention et d’attentes sur ce que le maire va mettre en place pour régler le pro­blème… mais fau­dra pas rêver non plus.

Voilà, j’espère que ça vous inté­resse, tout ça, et si j’ai dit des conne­ries (vous savez ce que c’est, la recherche d’infos sur inter­net…), n’hésitez pas à pos­ter des rec­ti­fi­ca­tions dans les commentaires.

Cash

Allez, main­te­nant que j’ai un nou­vel objec­tif avec un gros zoom (merci Papa Noël… à savoir moi-même), il fau­dra que j’y retourne pour vous faire de meilleures pho­tos du quartier.

1 Le Canada est l’un des rares pays déve­lop­pés à avoir une dette en baisse et peu, voire pas du tout, de dépas­se­ment de son bud­get fédé­ral chaque année.

2 Pour vous faire une idée très vague des prix van­cou­vé­rois, il faut comp­ter 6000$ (soit 4000€) par mètre carré en centre ville. En com­pa­rai­son, le prix moyen du mètre carré sur Paris est à un peu plus de 6300€. Cela n’empêche pas les cana­diens d’être cho­qués par les prix de Van­cou­ver qui est main­te­nant la ville la plus chère du pays en terme de loge­ment (Wou­hou! Allez Van­cou­ver!). Il y a quelques années, les pro­vinces de l’est, avec Toronto et Mont­réal comme villes prin­ci­pales, domi­naient le mar­ché, mais le déve­lop­pe­ment des pro­vinces de l’ouest a pro­pulsé Van­cou­ver, Cal­gary, Edmon­ton et même Sas­ka­toon vers le haut, par­fois de manière tota­le­ment obs­cène, du genre des prix lit­té­ra­le­ment 2 fois plus cher ici (faut dire qu’on a la ville la plus mieux bien, aussi… Wou­houh! Allez Van­cou­ver!). L’arrivée de nom­breux immi­grants avec leurs poches pleines d’argent tout neuf n’a pas amé­lioré la situa­tion, alors que le mar­ché qué­be­cois ou onta­rien res­tait rela­ti­ve­ment sage. De toutes façons, le mieux, c’est d’investir à Iqa­luit, une super ville où l’aéroport est plus grand que la ville elle-même.