6 juillet 2011

Le lac de monsieur Buntzen

Le Bunt­zen Lake, c’est appa­rem­ment la des­ti­na­tion de week-end d’été pour les ban­lieu­sards de l’est. S’il rap­pelle un peu Alouette Lake, avec des mon­tagnes tout autour de l’eau, il est sur­tout bien plus amé­nagé, et beau­coup moins loin (et du coup les mon­tagnes sont moins hautes donc c’est moins impressionnant).

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Mr. Bunt­zen, c’est le pre­mier direc­teur de BC Hydro (le EDF local) et le lac est uti­lisé par une de leurs cen­trales hydro­élec­triques depuis le tout début du 20ème siècle. Il a depuis été lar­ge­ment amé­nagé avec moultes aires de pique-niques, toi­lettes, sen­tiers de ran­don­née, loca­tions de canoës, aires de jeu pour chiens, et j’en passe. On peut même y accé­der par trans­ports en commun.

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Je vous conseille d’y aller le matin quand il fait encore un peut frais, parce que tout le monde se ramène autour de midi pour faire des bar­be­cues sui­vis d’une bonne sieste. Ca peut rapi­de­ment se rem­plir, sur­tout si vous avez besoin d’une table.

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Le jour où j’ai pris ces pho­tos, d’ailleurs, le lac était plus rem­pli que d’habitude, et cer­taines des tables de pique-nique avaient les pieds dans l’eau. Une par­faite occa­sion pour s’y mettre et s’imaginer pique-niquer en plein milieu du lac.

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(non, c’est pas nous ça… on a pas autant grossi, quand même)

Evi­dem­ment, il faut pas se retour­ner, sinon l’illustion dis­pa­rait aussitôt.

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Vers 13h, ça sent bon la bar­baque qui cuit, y’a des gamins qui braillent, des ado­les­cents qui flirtent, des beaux gosses qui font du foo­ting, et des gens qui savent pas jouer au volley-ball qui jouent au volley-ball.

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Et voilà. De l’eau, des arbres, des mon­tagnes et de la viande qui grille – le passe-temps favori des vancouvérois.

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30 juin 2011

La fête de la musique

La fête de la musique, en France, on connait ça depuis le début des années 80, mais ces der­nières années l’idée s’est répan­due dans un bon nombre d’autres pays à tra­vers le monde. Un peu comme la TVA en son temps, quoi. Ah ça, en France, on a pas de pétrole, mais on a des idées… Mais bref, pour la pre­mière fois dans toute l’histoire de l’univers du monde de Van­cou­ver (pas très long­temps, donc), la fête de la musique est arri­vée chez nous!

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Annon­cée sous le sobri­quet de “Make Music Van­cou­ver” (tra­duc­tion semi-litérale de “Faites de la Musique Van­cou­ver”), ses ori­gines fran­çaises, et donc son choix dans la date, sont lar­ge­ment pas­sés au-dessus de la tête de la moi­tié des indi­gènes. Mes col­lègues s’étonnaient ainsi de voir un fes­ti­val de musique débou­ler un mardi soir en centre-ville… c’est vrai que ça fait un peu arbi­traire si on ne sait pas qu’il est censé être orga­nisé pour le sol­stice d’été. Et vu la météo ces der­niers temps, on peut pas trop leur repro­cher de ne pas avoir fait le rapprochement.

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Situé à Gas­town, le super quar­tier bran­chouille yeah trop cool cen­tré autour de la sta­tue de “Gassy Jack” et de l’horloge à vapeur, le fes­ti­val a appa­rem­ment attiré plus de monde que prévu.

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Par exemple, pour une rai­son incon­nue, les rues n’étaient pas fer­mées pour l’occasion et les nom­breux spec­ta­teurs débor­daient bien sou­vent sur l’enrobé bitu­meux (cer­tains affirment que la mai­rie ne vou­lait pas blo­quer la cir­cu­la­tion 2 semaines de suite, le fes­ti­val de jazz com­men­çant le week-end suivant).

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A part ça, c’est à peu près comme à la mai­son: des groupes super nazes, des groupes nazes, et des groupes pas trop mal.

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On a aussi eu droit à un mélange des genres pas tou­jours réussi… par exemple avec le groupe de punk bruyant qui joue juste à côté de la petite vio­lo­niste timide et tota­le­ment naïve (genre “je vais jouer dans la rue sans aucun micro ou ampli”). Heu­reu­se­ment, les artistes jouaient sou­vent plu­sieurs fois à plu­sieurs endroits dif­fé­rents, donc on pou­vait les réécou­ter plus tard poten­tiel­le­ment dans de meilleures conditions.

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Au final, c’était sympa d’avoir un petit fes­ti­val de musique tota­le­ment gra­tuit et dans un cadre mignon­net comme Gas­town. Et j’ai du croi­ser à peu près tous les fran­çais de l’agglomération van­cou­vé­roise, sor­tis en masse pour la soirée.

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Et voilà, a l’année prochaine!

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30 mai 2011

Le jeu des differences pas importantes: les rues et les avenues

Je sais pas vous, mais moi, après toute une enfance pas­sée en France, je me suis habi­tué à cer­tains trucs vis-à-vis de la signi­fi­ca­tion des mots. Par exemple, une “entrée” (en fran­çais dans le texte) désigne le plat qui pré­cède le plat prin­ci­pal, et non pas le plat prin­ci­pal lui-même (les trois quarts des res­tau­rants nord-américains s’entêtent à pen­ser le contraire). Et une douche, c’est ce que tout le monde prend le matin pour être propre et sen­tir bon – c’est pas un truc pour se net­toyer le vagin.

Dans le même genre, quand on me parle de rues et d’avenues, je m’imagine des voies de cir­cu­la­tion urbaines plus ou moins grosses… mais pas ici. Regar­dons rapi­de­ment une carte de Van­cou­ver:

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Voilà, hop, c’est déjà n’importe quoi. Ils ont plein de petites ave­nues (une pour chaque pâté de mai­son) qui croisent une grosse rue. Ca devrait pas être l’inverse?

En fait, au Canada (ainsi que dans d’autres pays comme les Etats-Unis), la plu­part des villes adoptent un sys­tème où les déno­mi­na­tions de “rue” et “ave­nue” sont don­nées aux axes orien­tés dans un sens donné. Ainsi, à Man­hat­tan, les rues sont orien­tées d’Est en Ouest, alors que les ave­nues sont orien­tées du Nord au Sud. A Van­cou­ver, comme vous pou­vez le consta­ter, c’est l’inverse – les ave­nues sont orien­tées Est/Ouest et les rues Nord/Sud (vous vous rap­pel­lez qu’ici on a un sys­tème rou­tier en grille, j’espère?). Il n’y a pas vrai­ment de stan­dard, chaque ville fait ce qu’elle veut (et cer­taines ont un sys­teme encore com­plè­te­ment différent).

Là où ça devient le bor­del, c’est que cer­taines de ces villes (et plus par­ti­cu­liè­re­ment Van­cou­ver) se sont déve­lop­pées en l’espace de quelques décen­nies plu­tôt que quelques siècles. Les res­pon­sables de la pla­ni­fi­ca­tion urbaine n’ont pas tou­jours pris le temps de renom­mer les voies ou de pré­voir de la place dans les numé­ros pour des futurs quar­tiers. Ainsi, vers Stra­th­cona et Grandview-Woodlands, au Nord de la 1ère Ave­nue, toutes les rues sont, euh, des rues (c’était ça ou numé­ro­ter les ave­nues avec des nombres néga­tifs). Et le gros axe qui tra­verse le quar­tier s’appelle “Com­mer­cial Drive”, alors que le suf­fixe “Drive” est d’habitude réservé aux rues semi-privées qui vous amènent chez un particulier.

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Vous avez aussi d’autres sub­ti­li­tés comme les rues inter­rom­pues: si vous avez un obs­tacle, genre un parc, un lac ou je sais quoi, une rue peut se ter­mi­ner en cul-de-sac, et reprendre de l’autre côté. Par exemple, ici, “Osler Street” (orien­tée Nord/Sud, donc… vous sui­vez un peu, oui?) s’arrête devant le Jar­din Bota­nique de Van Dusen et conti­nue vers Sud.

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C’est super pour trou­ver une addresse non? Et ça c’est sans comp­ter les rares (mais bien réelles) occu­rences de rues et d’avenues por­tant le même nom.

Bref, pre­nez un GPS quand vous par­tez en vadrouille…

25 octobre 2010

Le lac de l’alouette

Alouette Lake, situé à envi­ron 1 heure et demi de Van­cou­ver, était à l’origine nommé “Lil­looet Lake” jusqu’à ce que les gens s’aperçoivent qu’il y avait déjà un lac de ce nom plus au nord. Pas très malin. Afin de gar­der une sono­rité simi­laire, le lac a été renommé (et fran­cisé) “Alouette Lake” en 1914.

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Le lac est semi-artificiel – il a énor­mé­ment grossi depuis l’installation d’un bar­rage à la fin des années 1920 – et fait main­te­nant presque 10km de long. La Alouette River Mana­ge­ment Society s’assure depuis 1993 que les inté­rêts de BC Hydro (qui pos­sède le bar­rage) ne pié­tinent pas trop les plate-bandes des ani­maux indigènes.

Bref, tout ça c’est bien beau, mais pour les jeunes cadres modernes et urbains que nous sommes, Alouette Lake c’est sur­tout le coeur du parc pro­vin­cial Gol­den Ears, inter­na­tio­na­le­ment (in)connu comme le lieu de tour­nage du pre­mier “Rambo”, et loca­le­ment plus connu comme des­ti­na­tion esti­vale de week-end. On y trouve prin­ci­pa­le­ment des familles (pour le sacro-saint bar­be­cue et la détente au bord de l’eau), et des groups d’adolescents (pour faire les cré­tins dans l’eau, fumer des joints, et s’adonner aux joies des rela­tions sexuelles non pro­té­gées debout contre des cèdres roux tri-centenaires).

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L’endroit où on a été se trouve au milieu de la rive ouest du lac. Une fois garé au par­king, vous des­cen­dez pen­dant une dizaine de minutes le long d’un sen­tier qui mène à la plage en lon­geant une rivière où vous trou­ve­rez les ado­les­cents sus-mentionnés. Contrai­re­ment à d’autres endroits autour du lac, cette plage de sable et galets n’a pour seuls amé­na­ge­ments qu’une paire de toi­lettes turques, ce qui fait qu’il y a sans doute beau­coup moins de monde qu’ailleurs.

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Autour du lac, les mon­tagnes sont magni­fiques, s’élevant très haut sur ce qui semble être une dis­tance extrê­me­ment courte. Comme sou­vent, à Van­cou­ver et dans ses envi­rons, on peut être en short/t-shirt au bord de l’eau et pour­tant voir de la neige sur les som­mets avoisinnants.

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Bref, à part l’invention du “bagel bur­ger” (oui, on était à court de buns), pas grand chose de notable: sur­tout de la glande en écou­tant le cla­po­tis de l’eau et la gui­tare de votre humble serviteur.

Quand je vous disais que j’étais occupé cet été…

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20 octobre 2010

Vous avez des raisins?

Il y a plu­sieurs trucs ano­dins qui sur­prennent cer­tains Fran­çais quand on en fait men­tion dans la conver­sa­tion, et pour lequels je ne m’étais jamais posé de ques­tions. Par exemple, si je dis “j’ai été à Ikea dans ma Toyota”, je fais par­fois face à l’étonnement d’apprendre que, oui, il y a des maga­sins Ikea au Canada (et pra­ti­que­ment par­tout ailleurs dans le monde, en fait) et que, oui aussi, on y trouve des voi­tures japo­naises et pas que des amé­ri­caines (et heu­reu­se­ment, vu la qua­lité des voi­tures amé­ri­caines…). Mais rien n’étonne un Fran­çais plus que d’apprendre que les Cana­diens pro­duisent leur propre vin – et c’est géné­ra­le­ment suivi par une ques­tion lourde de sous-entendus: “mais, euh, c’est bon?”.

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Pour­tant, un peu comme pour les crêpes au sucre, on peut pen­ser que si vous avez des rai­sins, et si vous avez une cave, vous pou­vez faire du vin, non? Mais il faut dire que la binouze, avec le fro­mage qui pue, c’est le truc fran­çais par excel­lence, et vu com­ment on est bien chau­vins, on aura ten­dance à igno­rer ou déni­grer la pro­duc­tion étran­gère. Sans comp­ter que les lob­bys des pro­duc­teurs de vin sont bien effi­caces… et de toutes façons ache­ter une bou­teille aus­tra­lienne ou amé­ri­caine quand on peut ache­ter une bou­teille locale, ça n’a pas beau­coup d’intérêt. Bref, on ne peut pas trop blâ­mer le Fran­çais moyen d’ignorer l’existence de pro­duc­tion viti­cole à l’exterieur de l’hexagone, mais je trouve ça rigolo quand même.

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Les deux régions pro­duc­trices de vin les plus connues dans ce coin d’amérique du nord sont la val­lée de Napa en Cali­for­nie, avec plus de 300 vignobles, et la val­lée de Oka­na­gan, à 5 heures de route envi­ron de Van­cou­ver, qui héberge plus de 200 vignobles. Dans les deux cas, on y trouve des vignobles de toutes tailles, allant de la petite bou­tique fami­liale à la grande entre­prise, mais la val­lée de Napa fait sor­tir un nombre de bou­teilles bien supé­rieur, par­ti­ci­pant gran­de­ment au Etats-Unis déte­nant le titre de 4ème pro­duc­teur de vin der­rière la France, l’Ita­lie et l’Espagne. Le Canada, lui, est bien loin dans le clas­se­ment (quelque part entre la 20ème et la 30ème place selon l’année et les cri­tères consi­dé­rés). Même ici, la part de mar­ché de vin local (prin­ci­pa­le­ment ori­gi­naire de Colom­bie Bri­tan­nique et d’Onta­rio) est légè­re­ment mino­ri­taire, les gens pré­fé­rant ache­ter du vin issu de ter­roirs étran­gers plus prestigieux.

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Les varié­tés de vin local vont du Pinot Noir au Char­don­nay en pas­sant par le Gewürz­tra­mi­ner et autres varié­tés com­munes, mais les pro­duc­teurs pren­dront bien le temps de vous expli­quer les dif­fé­rences de goût auquelles vous pou­vez vous attendre par rap­port au vin fran­çais étant don­nées les dif­fé­rences de météo, de ter­rain, de fûts, ou sim­ple­ment de procédés.

Pour un Fran­çais en visite dans la région, outre goû­ter aux vins fami­liers et se plaindre qu’ils ne sont pas aussi bons que chez nous, il sera typique de goû­ter au “ice wine” (“vin de glace”). On peut aussi en trou­ver en Alle­magne appa­rem­ment, mais vous avoue­rez que ça sonne quand même bien Cana­dien. Comme son nom l’indique, il s’agit de vin fait à par­tir de vignes ayant gelé (il est donc géné­ra­le­ment cueuilli et mis en bou­teille bien plus tard que les autres vins). Le résul­tat est un vin sucré géné­ra­le­ment servi en accom­pa­gne­ment du dessert.

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La val­lée de Oka­na­gan se trouve sur les rives du lac Oka­na­gan, et d’une dizaine d’autres lacs plus petits. M’enfin quand je dis “petits”, c’est à l’échelle cana­dienne, hein. Le lac Oka­na­gan fait par exemple 135km de long, soit le double du lac Léman.

Le lac est d’ailleurs soit-disant la demeure d’un monstre marin, Ogo­pogo, un ser­pent de mer de 15 mètres de long, pro­ba­ble­ment “vu” ori­gi­nel­le­ment par des indiens bour­rés au whisky écos­sais bon mar­ché. Désolé, j’ai pas de pho­tos à vous mon­trer, j’étais non seule­ment sobre, mais mon appa­reil photo aussi.

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Outre la pro­duc­tion de vin, la val­lée de Oka­na­gan est aussi grande pro­duc­trice de fruits, notam­ment les pêches et nec­ta­rines, et une des­ti­na­tion esti­vale très pri­sée des Van­cou­vé­rois. La route pour s’y rendre est très jolie (on passe tour à tour à tra­vers la cam­pagne, le désert, les mon­tagnes et les immenses forêts), et on y trouve moultes petits cha­lets et B&Bs à louer pour le week-end afin de s’adonner aux joies des sports nau­tiques, du golf, de la ran­don­née, et bien évi­dem­ment de la tour­née des caves. Région tou­ris­tique oblige, il fau­dra faire atten­tion aux prix par­fois abu­sifs pour une visite ou une attrac­tion qui s’avère déce­vante. Et moi, pour un truc à deux balles, je veux pas payer plus que deux balles.

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Après tout ça, vous allez me dire “mais alors, sérieux, il est bon leur vin?”. Eh ben ça, j’en ai fran­che­ment aucune idée parce que, voyez-vous, j’aime pas le vin (mais je vous invite à dis­cu­ter des mérites et défauts du vin cana­dien dans les com­men­taires). Je trouve ça dégueu­lasse, ça a un goût de moi­sis­sure (ce qui est assez logique vu le pro­cédé). Vous pou­vez ima­gi­ner que ça trau­ma­tise les Amé­ri­cains, ça, un Fran­çais qui n’aime pas le vin. Et en plus je fume pas et j’aime pas le foot… Mais je leur réponds que je me suis fait foutre dehors, ça les rassure.

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3 août 2010

La plage désastreuse

L’été, quand il fait trop chaud, le plus facile pour se rafrai­chir c’est d’aller se foutre à poil sur la plage. Si, si, je vous assure, c’est le plus facile.

A Van­cou­ver, Wreck Beach, située à l’extrémité ouest de la ville juste der­rière l’Uni­ver­sité de Colom­bie Bri­tan­nique, vous offre une vue impre­nable sur l’Océan Paci­fique, les mon­tagnes alen­tours, et les fesses de vos voi­sins. C’est une des plus grosses plages nudistes d’Amé­rique du Nord, mais c’est aussi sur­tout une plage où les hip­pies sur le retour et les jeunes homo­sexuels aiment se libé­rer des contraintes de la société urbaine moderne. Com­prendre: vous ver­rez plus de bites flé­tries que de poi­trines gon­flées par le désir de vivre.

Pour y accé­der vous devrez des­cendre le long de l’un des divers sen­tiers qui des­cendent la falaise du cam­pus de UBC jusqu’au bord de mer. Et par “sen­tier”, je veux plu­tôt dire “escalier”.

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Après un bon nombre de marches, on arrive à la plage. L’escalier n’est pas énorme (j’veux dire, c’est pas le Grouse Grind, non plus), mais il est quand même assez long pour se dire que ça va être dur de se reta­per tout ça après la sieste.

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La plage est lité­ra­le­ment au pied de la falaise. C’est mignonnet.

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Je vous ai épar­gné les pho­tos de gens prises de près, mais je vous confirme, ils sont tous à poil. Le plus étrange c’est qu’on en a vu cer­tains qui sont certes à poil, mais qui gardent quand même leur sens pra­tique: des chaus­sures pour pas se faire mal aux pieds, un cha­peau et un court t-shirt pour pas crâ­mer au soleil, etc… bref, des gens habillés nor­ma­le­ment, à l’exception du slip. Dans un autre registre, men­tion spé­ciale au petit vieux à poil tout frippé qui vend des bois­sons fraiches.

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Comme vous pou­vez le voir, la plage s’enfonce très len­te­ment dans la mer, ce qui la rend très pro­pice au skim­board.

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Sur la plage, vous pour­rez aussi ache­ter diverses bri­coles auprès des quelques hip­pies hon­teu­se­ment capi­ta­listes qui y sont installés.

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Ah oui, petit aver­tis­se­ment: quand vous faites face à la mer, vous pou­vez aller vous bala­der soit à gauche, soit à droite (il y a de nom­breux che­mins de balade à tra­vers la foret de UBC). N’ALLEZ PAS A GAUCHE.

Sûr, à gauche, c’est joli, y’a des petites plages pri­vées et autres coins roman­tiques avec vue sur la mer… mais bon, moi j’dis ça, j’dis rien, y’a des chances de tom­ber sur des scènes inavouables. L’éti­quette de la plage a beau offi­ciel­le­ment condam­ner ce genre de trucs (point numéro 4), on ne peut de toute évi­dence pas mettre l’amour en cage… enfin, sauf s’il est en string à l’intérieur de la cage et qu’il y a de la techno à fond la caisse, mais ça c’est une autre histoire.

11 avril 2010

Prout

Prout

(c’est le mont Saint-Helens, dans l’état de Washing­ton, à quelques heures de route de Van­cou­ver… avant 1980, il était tri­an­gu­laire…)

28 février 2010

Trucs olympiques: des concerts d’où que t’as pas à aligner des thunes

Alors que le Canada mène en nombre de médailles d’or, ce qui ne man­quera pas de revi­go­rer les locaux dans leurs débal­lages patrio­tiques, j’aimerais vous par­ler du truc qui a peut-être convaincu les gens peu pas­sion­nés par le sport que fina­le­ment, héber­ger les J.O. c’est pas si mal… je veux bien sur par­ler des concerts gra­tuits d’où que vous avez pas à ali­gner des thunes!

Concert sur GE Plaza

En fait, une van­cou­vé­roise qui avait voté “non” au réfe­ren­dum olym­pique de février 2003 (où le “oui” l’avait emporté à 64% pour 50% de par­ti­ci­pa­tion) nous avait ensuite avoué que c’était pas si mal, en fait, les jeux.

LiveCity Yaletown

Pour les concerts, il y avait diverses scènes autour de Van­cou­ver et à Rich­mond — le “Live­City Van­cou­ver” (“Ville Vivante Van­cou­ver”, ci-dessus), mais aussi d’autres scènes comme la GE Plaza (celle où y’a la pati­noire, et en pre­mière photo), ou la Place de la Fran­co­pho­nie qui, comme son nom l’indique, fait figu­rer des artistes fran­co­phones. D’ailleurs, cette place était bien déserte la plu­part des soirs, preuve encore que la com­mu­nauté fran­co­phone à Van­cou­ver est bien petite.

Plastic "Gros Naze" Bertrand

Le plus pitoyable des soirs était sans doute celui de Plas­tic “Gros Naze” Ber­trand (ci-dessus), pré­senté comme un “chan­teur légen­daire de la pop fran­çaise des années 80 qui sait faire bou­ger et ani­mer une foule comme pas un!”. Soit disant, “avec sa voix unique et un son qui dégage, il vous fera pla­ner dans son uni­vers fan­tas­ma­go­rique rem­pli de sur­prises et de folies”. Genre. Style. En fait, non, il s’est contenté de faire DJ pen­dant 1 ou 2 heures (enfin j’en sais rien je suis parti au bout de 15 minutes)… et encore, DJ c’est un grand mot. Il sait même pas mixer (y’avait des blancs entre la plu­part des chan­sons et il déclen­chait des supers effets sonores genre reverb ou flan­ger à des endroits tota­le­ment inap­pro­priés), et la cin­quan­taine de per­sonnes qui avaient fait le dépla­ce­ment étaient immo­biles et muettes de stu­peur. Un grand moment de soli­tude (merci Syl­vain!).

Eric Lapointe à la guitare électrique

D’autres artistes un peu plus péchus ont vague­ment réussi à rem­plir la place (avec genre 1 mètre d’espace entre chaque per­sonne), mais on sent que la fran­co­pho­nie ne déplace pas les foules quand on est de l’autre côté du globe. Eric Lapointe, le Johnny Hal­li­day qué­be­cois, ci-dessus, a du mal à com­bler les trous (“en venant ici, on savait pas trop à quoi s’attendre, mais fina­le­ment c’est pas si pire” nous avoue-t-il après quelques chan­sons)… pas trop éton­nant non plus puisqu’il est rela­ti­ve­ment inconnu en dehors du Qué­bec. D’autres artistes un peu plus (inter)nationaux comme les Cow­boy Frin­guants ou Garou (qui avait chanté pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture) font un peu plus de chiffre mais on est loin des divers groupes qui rem­plissent les sites Live­City à bloc, lais­sant des foules entières et frus­trées à l’entrée, condam­nées à écou­ter les basses loin­taines éma­nant de la scène.

LiveCity Yaletown, feux d'artifice

Live­City Yale­town avait même un feu d’artifice dou­blé d’une pro­jec­tion d’images olym­piques du jour sur un écran d’eau à la fin des concerts. La GE Plaza avait aussi des feux d’artifice, ainsi que des gens dégui­sés en spor­tifs qui des­cendent le long de la tyro­lienne de Rob­son Square.

Surfeur volant

Des divers artistes cana­diens que j’ai pu voir, j’ai sur­tout appris une chose: l’existence de la coun­try cana­dienne. Eh ouais. Tenez, ça me parait assez évident:

Corb Lund at LiveCity Yaletown

Là où le chan­teur de coun­try amé­ri­caine vous parle de son ranch, de sa femme (morte ou divor­cée), de son chien et de la guerre civile, le chan­teur de coun­try cana­dienne vous parle de son camion (coincé dans la boue), de sa prai­rie (et des méchants qui veulent aller y creu­ser des puits de pétrole), de ses bottes (toutes sales), et du fait que le meilleur truc au monde c’est de boire de l’alcool (de pré­fé­rence du whisky). Tout un pro­gramme… Tenez, j’ai même une blague coun­try pour vous, racon­tée par le chan­teur de Corb Lund (ça fai­sait long­temps que je vous avais pas raconté une blague cana­dienne):

Dans un bar du Texas, deux cow-boys boivent un verre au bar. Ils dis­cutent comme d’habitude, et le bar est plus ou moins désert… quand deux per­sonnes entrent, et vont s’asseoir à une table dans un coin…

  • Hey, Jimmy, ces deux gars ont pas l’air d’être du coin… tu crois qu’ils viennent d’où?”
  • Ch’sais pas… mais pour sûr ils sont pas du coin” répond Jimmy. “Attends là, je vais aller leur demander”.

Jimmy se lève, s’approche de la table, fait un signe de salu­ta­tion avec son cha­peau, et demande:

  • Dites-moi, les gars, vous avez pas l’air d’être du coin… vous venez d’où au juste?”
  • Sas­ka­toon, Sas­kat­che­wan”, lui répond l’un des deux personnages.

Jimmy fait un signe de tête, puis demi-tour, et retourne au bar.

  • Alors, ils viennent d’où?” lui demande son pote.
  • Aucune idée… ils parlent même pas anglais”.

Rire. Humour. Hila­rité… Et si vous ne com­pre­nez pas la blague, je vous recom­mande de révi­ser votre géo­gra­phie cana­dienne.

Allez hop, je vous laisse avec plein de pho­tos.

Concert au LiveCity Yaletown

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LiveCity Yaletown, feux d'artifice (suite)

Concert au GE Plaza

Eric Lapointe, Québecois

14 septembre 2009

Eau ambrée

Vu sur une plage de Tofino, mais pro­ba­ble­ment exis­tant ailleurs: de l’eau ambrée.

Eau ambrée (2)

Il semble que l’eau de pluie ruis­selle à tra­vers la foret et prend sa cou­leur des cèdres roux typiques de la région. L’eau arrive donc sur la plage toute tein­tée et stagne dans des creux du sable.

Le ruis­sel­le­ment, le vent et le soleil créent de jolies caus­tiques.

Eau ambrée

11 février 2009

Vancouver en 3D

Si, comme moi, ça fait un moment que vous n’avez pas lancé Google Earth, je vous invite à retour­ner y faire un tour. Van­cou­ver vient en effet d’être peu­plée avec tout un tas d’immeubles en 3D. Si vous habi­tez ici, ça vous per­met­tra de perdre 15 minutes de votre temps à regar­der les divers bâti­ments de votre quo­ti­dien. Sinon, ça vous per­met­tra de, euh, perdre 15 minutes a regar­der divers bâti­ments que vous ne connais­sez pas du tout.

GoogleEarthVancouver

Merci Alexandre!