17 juillet 2010

Viva Espana

Oui, je sais, y’a pas beau­coup de nou­veaux articles ces temps-ci (trop de bou­lot!), mais pen­dant que c’est encore vague­ment d’actualité, voilà quelques pho­tos des gens qui regar­daient, sur un écran géant sur Gran­ville Street, la finale de la coupe du monde foot­ball – ou “soc­cer” comme ils disent ici, parce qu’apparemment y’a plus de bal­lon et de pied dans le foot­ball amé­ri­cain (où on trim­balle un truc ovale sous le bras) que dans le foot­ball du reste du monde (où on tape un bal­lon rond avec le pied)… aaaah là là, voilà encore un exemple de l’influence néfaste et inévi­table des Etats-Unis sur son pauvre voi­sin isolé du nord… enfin non pas que ça me sou­cie, hein. Moi, le foot­ball, je trouve ça inté­res­sant seule­ment quand Nietzsche joue, de toutes façons. Mais y’en a, ça les tra­vaille, on dirait.

Enfin bref , voilà, y’avait plein de monde sur Gran­ville Street, regar­dant un truc chiant sur un écran géant. Allez com­prendre… (de toutes façons, le foot­ball, c’est gay)

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Encore moins com­pré­hen­sible était le petit groupe de pho­to­graphes (y com­pris votre humble ser­vi­teur) qui fai­saient dos à l’écran et qui se cris­paient sur leurs appa­reils dès que la foule s’emballait…

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…parce que les fans de foot, ils sont presque aussi forts pour faire du cinéma que les joueurs professionels.

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Et tout aussi beaux-joueurs!

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Mais le truc le plus rigolo c’était quand, en début de pro­lon­ga­tions, le flux vidéo fourni par Bell s’est arrêté pen­dant plu­sieurs minutes.

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Les fans étaient pani­qués, et un mec bos­sant pour Rogers, debout à côté de moi, me disait “Toutes les pho­tos qui sont prises en ce moment? C’est la meilleure publi­cité dont je puisse rêver”.

Mais bon, fina­le­ment, l’image et le son ont été réta­blis, et peu de temps après les fans espa­gnols se sont mis debout en criant, pour une rai­son qui m’échappe.

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Et pen­dant ce temps-là, devant la gal­le­rie d’art, y’avait des pauvres gens qui essayaient de mani­fes­ter… triste, non?

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Vous trou­ve­rez quelques autres pho­tos de l’évènement dans mon album Fli­ckr. Enjoy!

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22 mai 2010

Nettoyage de printemps

Vous vous rap­pel­lez peut-être qu’on a récem­ment eu à Van­cou­ver des célé­bra­tions spor­tives néces­si­tant moultes ins­tal­la­tions urbaines. Parmi ces ins­tal­la­tions, le chau­dron magique… euh, olym­pique avait eu sa place à côté du nou­veau Centre de Conven­tions.

Chaudron olympique

Je m’aperçois d’ailleurs que j’avais oublié de vous racon­ter à quel point ils sont pas très malin-malin les orga­ni­sa­teurs à Van­cou­ver. Enfin si, je vous l’avais déjà dit, mais j’ai pas parlé de la grande aven­ture du chau­dron à tou­ristes… parce que voyez-vous, lors des pre­miers jours des J.Os, si vous alliez prendre une photo de la flamme, ça don­nait ça:

La super flamme touristique

C’est pas gran­diose, vous avoue­rez. Parce que non, appa­rem­ment, les orga­ni­sa­teurs ne se s’étaient pas spé­cia­le­ment douté que les gens vou­draient venir se prendre en photo devant la flamme. Donc ils ont foutu un gros grillage et quelques contai­ners moches autour. Après quelques jours de mau­vaise presse et un brains­tor­ming pro­ba­ble­ment épique, ils ont décidé de libé­rer un peu la vue et de faire une trouée dans le grillage his­toire que les tou­ristes puissent prendre des pho­tos non-obstruées (voir ci-dessous).

Le grillage olympique

Le pro­blème c’est que le trou dans le grillage était à peu près à hau­teur de tête pour un amé­ri­cain moyen nourri aux hor­mones. Les pauvres petites ado­les­centes japo­naises nour­ries aux algues (et n’importe qui fai­sant moins de 1m75), par contre, se tapaient tou­jours le grillage flou sur leurs pho­tos… donc après encore quelques jours de mau­vaise presse et un der­nier brains­tor­ming où le mot d’ordre devait être “bon les gars, sérieux, faut arrê­ter les conne­ries, là”, ils ont rem­placé le grillage par un mur en plexi­glass, et ouvert au public une plate-forme élevée (qui était là depuis le début) per­mat­tant aux tou­ristes d’avoir une autre vue déga­gée en plon­gée sur le chaudron.

Aaaah là là, ils sont pas très fins ces canadiens.

Enfin bref, qu’ont-ils fait du chau­dron depuis la fin des jeux? Parce que bon, okay, de nuit avec la flamme des­sus, ça passe, mais sinon, c’est pas super beau comme truc… eh bien je vous le donne en mille: ils le gardent! Ils veulent le réal­lu­mer de temps en temps, pour les grandes occa­sions. Le réamé­na­ge­ment de la place est en cours, et vous pou­vez voir sur la deuxième photo ci-dessous ce à quoi ça devrait res­sem­bler quand ça sera fini.

Vestige olympique

L'esprit de la flamme

Ah, et puis ils ont aussi mis une autre oeuvre d’art juste à côté pour faire pas­ser le temps. Ca s’appelle “orque digi­tal”, par Dou­glas Cou­pland, un artiste local sur­tout connu pour ses romans “Gene­ra­tion X” et “JPod”. Je sup­pose que si on aime les Legos

Orc digital

4 mai 2010

Expo 86

Expo 86, don't miss it for the world!

On trouve ces temps-ci des affiches ori­gi­nales d’Expo 86, le pre­mier évène­ment qui a réel­le­ment fait connaitre Van­cou­ver sur le plan inter­na­tio­nal, à l’occasion de son cen­te­naire (on vous l’avait dit qu’elle était pas très vieille cette ville!). Notez l’absence totale d’immeubles sur la moi­tié du centre-ville, et Yale­town encore tota­le­ment indus­triel, avec des entre­pots par­tout mais aucun bobo en vue.

2 mars 2010

Truc olympiques: voilà c’est fini

La céré­mo­nie de clô­ture des J.O. dimanche soir a ter­miné deux semaines de bor­del pour Van­cou­ver et ses envi­rons, et tout le monde peut main­te­nant reprendre une acti­vité nor­male, lais­sant les Jeux Para­lym­piques se dérou­ler dans une rela­tive indif­fé­rence. Je n’ai pas pu aller vous prendre des pho­tos de la folie cer­taine qui a dû s’emparer des cana­diens après la vic­toire de leur équipe mas­cu­line de hockey sur glace en finale contre les USA puisque je suis parti en France deux jours avant la fin des jeux, mais je peux ima­gi­ner sans pro­blème des hordes de bûche­rons bour­rés à la bière bon mar­ché agi­ter des dra­peaux et des maillots rouges pois­seux en s’écorchant les pou­mons à coups de slo­gans patriotiques.

Quelques remarques, comme pour la céré­mo­nie d’ouverture:

  • On a regardé la céré­mo­nie de clô­ture sur France 3 en dif­féré (elle pas­sait à 3h du mat’ en France) et c’était insup­por­table… les com­men­ta­teurs fran­çais n’arrêtaient pas d’étaler leur culture à 2 ronds, nous empê­chant d’écouter ce qui se disait sur scène. C’est bien simple, plu­tôt que de tra­duire cor­rec­te­ment les divers dis­cours de William Shat­ner, Michael J. Fox et autres, ils se conten­taient de vague­ment tra­duire (mal) une phrase sur cinq, pré­fé­rant le reste du temps racon­ter des anec­dotes dont tout le monde se fout (sauf eux, appa­rem­ment). Com­pa­ra­ti­ve­ment, il n’y avait pra­ti­que­ment aucun com­men­taire sur la télé cana­dienne pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture.
  • Après avoir lu sur inter­net les com­men­taires néga­tifs sur la céré­mo­nie, je m’attendais à un truc affreux, mais c’était en fait potable. Inou­bliable en grande majo­rité, mais potable… à moins que ça soit un effet de com­pen­sa­tion des com­men­ta­teurs de merde sur le contenu.
  • Avril Lavigne, elle était peut-être vague­ment rebelle y’a quelques années, mais main­te­nant elle est molle du cul.
  • Ouf, on a pas eu Céline!
  • Ca se voyait légè­re­ment un peu qu’ils ont voulu sor­tir tous les grands noms pour dire aux gens “vous voyez tous ces gens connus, vous croyiez qu’ils étaient amé­ri­cains, eh beh non ils sont cana­diens, na!”.
  • Rien que pour les 2 pre­mières minutes, ça valait le coup. Entre ça et le numéro super cheesy de Michael Bublé à grands coups de cas­tors et d’orignaux géants, on voit bien que le Canada a une capa­cité d’auto-dérision que la plu­part des autres pays n’ont pas… en tous cas, ça jurait clai­re­ment avec le seg­ment d’introduction de Sochi, ce qui ajoute encore plus à l’aspect comique. Cer­tains de mes amis cana­diens semblent avoir été emba­ras­sés par ce second degré qui, selon eux, tom­bait à plat, mais le public sem­blait en tous cas appré­cier… il faut bien leur don­ner ce qu’ils attendent, aussi.

Voilà, j’espère que ma cou­ver­ture non-sportive de ces Jeux Olym­piques vous aura plu! On va pou­voir main­te­nant reprendre une pro­gram­ma­tion normale.

28 février 2010

Trucs olympiques: des concerts d’où que t’as pas à aligner des thunes

Alors que le Canada mène en nombre de médailles d’or, ce qui ne man­quera pas de revi­go­rer les locaux dans leurs débal­lages patrio­tiques, j’aimerais vous par­ler du truc qui a peut-être convaincu les gens peu pas­sion­nés par le sport que fina­le­ment, héber­ger les J.O. c’est pas si mal… je veux bien sur par­ler des concerts gra­tuits d’où que vous avez pas à ali­gner des thunes!

Concert sur GE Plaza

En fait, une van­cou­vé­roise qui avait voté “non” au réfe­ren­dum olym­pique de février 2003 (où le “oui” l’avait emporté à 64% pour 50% de par­ti­ci­pa­tion) nous avait ensuite avoué que c’était pas si mal, en fait, les jeux.

LiveCity Yaletown

Pour les concerts, il y avait diverses scènes autour de Van­cou­ver et à Rich­mond — le “Live­City Van­cou­ver” (“Ville Vivante Van­cou­ver”, ci-dessus), mais aussi d’autres scènes comme la GE Plaza (celle où y’a la pati­noire, et en pre­mière photo), ou la Place de la Fran­co­pho­nie qui, comme son nom l’indique, fait figu­rer des artistes fran­co­phones. D’ailleurs, cette place était bien déserte la plu­part des soirs, preuve encore que la com­mu­nauté fran­co­phone à Van­cou­ver est bien petite.

Plastic "Gros Naze" Bertrand

Le plus pitoyable des soirs était sans doute celui de Plas­tic “Gros Naze” Ber­trand (ci-dessus), pré­senté comme un “chan­teur légen­daire de la pop fran­çaise des années 80 qui sait faire bou­ger et ani­mer une foule comme pas un!”. Soit disant, “avec sa voix unique et un son qui dégage, il vous fera pla­ner dans son uni­vers fan­tas­ma­go­rique rem­pli de sur­prises et de folies”. Genre. Style. En fait, non, il s’est contenté de faire DJ pen­dant 1 ou 2 heures (enfin j’en sais rien je suis parti au bout de 15 minutes)… et encore, DJ c’est un grand mot. Il sait même pas mixer (y’avait des blancs entre la plu­part des chan­sons et il déclen­chait des supers effets sonores genre reverb ou flan­ger à des endroits tota­le­ment inap­pro­priés), et la cin­quan­taine de per­sonnes qui avaient fait le dépla­ce­ment étaient immo­biles et muettes de stu­peur. Un grand moment de soli­tude (merci Syl­vain!).

Eric Lapointe à la guitare électrique

D’autres artistes un peu plus péchus ont vague­ment réussi à rem­plir la place (avec genre 1 mètre d’espace entre chaque per­sonne), mais on sent que la fran­co­pho­nie ne déplace pas les foules quand on est de l’autre côté du globe. Eric Lapointe, le Johnny Hal­li­day qué­be­cois, ci-dessus, a du mal à com­bler les trous (“en venant ici, on savait pas trop à quoi s’attendre, mais fina­le­ment c’est pas si pire” nous avoue-t-il après quelques chan­sons)… pas trop éton­nant non plus puisqu’il est rela­ti­ve­ment inconnu en dehors du Qué­bec. D’autres artistes un peu plus (inter)nationaux comme les Cow­boy Frin­guants ou Garou (qui avait chanté pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture) font un peu plus de chiffre mais on est loin des divers groupes qui rem­plissent les sites Live­City à bloc, lais­sant des foules entières et frus­trées à l’entrée, condam­nées à écou­ter les basses loin­taines émanant de la scène.

LiveCity Yaletown, feux d'artifice

Live­City Yale­town avait même un feu d’artifice dou­blé d’une pro­jec­tion d’images olym­piques du jour sur un écran d’eau à la fin des concerts. La GE Plaza avait aussi des feux d’artifice, ainsi que des gens dégui­sés en spor­tifs qui des­cendent le long de la tyro­lienne de Rob­son Square.

Surfeur volant

Des divers artistes cana­diens que j’ai pu voir, j’ai sur­tout appris une chose: l’existence de la coun­try cana­dienne. Eh ouais. Tenez, ça me parait assez évident:

Corb Lund at LiveCity Yaletown

Là où le chan­teur de coun­try amé­ri­caine vous parle de son ranch, de sa femme (morte ou divor­cée), de son chien et de la guerre civile, le chan­teur de coun­try cana­dienne vous parle de son camion (coincé dans la boue), de sa prai­rie (et des méchants qui veulent aller y creu­ser des puits de pétrole), de ses bottes (toutes sales), et du fait que le meilleur truc au monde c’est de boire de l’alcool (de pré­fé­rence du whisky). Tout un pro­gramme… Tenez, j’ai même une blague coun­try pour vous, racon­tée par le chan­teur de Corb Lund (ça fai­sait long­temps que je vous avais pas raconté une blague cana­dienne):

Dans un bar du Texas, deux cow-boys boivent un verre au bar. Ils dis­cutent comme d’habitude, et le bar est plus ou moins désert… quand deux per­sonnes entrent, et vont s’asseoir à une table dans un coin…

  • Hey, Jimmy, ces deux gars ont pas l’air d’être du coin… tu crois qu’ils viennent d’où?”
  • Ch’sais pas… mais pour sûr ils sont pas du coin” répond Jimmy. “Attends là, je vais aller leur demander”.

Jimmy se lève, s’approche de la table, fait un signe de salu­ta­tion avec son cha­peau, et demande:

  • Dites-moi, les gars, vous avez pas l’air d’être du coin… vous venez d’où au juste?”
  • Sas­ka­toon, Sas­kat­che­wan”, lui répond l’un des deux personnages.

Jimmy fait un signe de tête, puis demi-tour, et retourne au bar.

  • Alors, ils viennent d’où?” lui demande son pote.
  • Aucune idée… ils parlent même pas anglais”.

Rire. Humour. Hila­rité… Et si vous ne com­pre­nez pas la blague, je vous recom­mande de révi­ser votre géo­gra­phie cana­dienne.

Allez hop, je vous laisse avec plein de pho­tos.

Concert au LiveCity Yaletown

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LiveCity Yaletown, feux d'artifice (suite)

Concert au GE Plaza

Eric Lapointe, Québecois

26 février 2010

Trucs olympiques: du rouge partout

Je l’avais men­tionné dans un pré­cé­dent billet, ces temps-ci les cana­diens affichent leurs cou­leurs natio­nales comme rare­ment avant.

Go Canada!

Dif­fi­cile de dire quelle est la réelle rai­son d’un tel patrio­tisme sou­dain… est-ce un moyen de sou­te­nir les ath­lètes cana­diens? De mon­trer leur joie d’organiser les jeux-olympiques? De prou­ver aux autres pays, pen­dant qu’ils regardent par ici, que le Canada est fier de son iden­tité? Ou est-ce tout sim­ple­ment le moyen le plus évident pour faire la fête et concur­ren­cer les sup­por­ters des autres pays? Ou même la consé­quence d’une cam­pagne média­tique, mar­ke­ting, et poli­tique bien rodée au cours des der­niers mois?

USA, Canada, Canada

La fré­né­sie de la pre­mière semaine semble être de toutes façons retom­bée après la défaite de l’équipe cana­dienne de hockey contre les Etats-Unis et la fin du beau temps mira­cu­leux qui avait accueilli les tou­ristes au début des jeux…

En tous cas, voilà quelques pho­tos sup­plé­men­taires pour vous illus­trer l’invasion du rouge et blanc dans les rues du centre ville.

Canada, Canada, borne incendie

Rouge, blanc, et bruit

Canada, au cas où vous l'auriez pas deviné

Vous trou­ve­rez quelques pho­tos sup­plé­men­taires dans un album fli­ckr dédié au phé­no­mène.

Match de hockey dans la rue

21 février 2010

Trucs olympiques: c’est dingue ce qui se passe dans la rue

Comme le dit Véro­nique, en ce moment, il se passe des trucs incroyables qu’on ne reverra pro­ba­ble­ment jamais à Van­cou­ver… et comme il ne me semble pas que les médias fran­çais y apportent une quel­conque atten­tion, voilà rien que pour vous un petit aperçu de l’atmosphère urbaine de ces der­niers jours.

D’abord, c’est blindé de monde. Tenez, ça, c’est Gran­ville Street un ven­dredi soir.

Granville Street during the olympics (2)

Sûr, il peut éven­tuel­le­ment y avoir une foule simi­laire à ce point pré­cis pen­dant un autre évène­ment bien ponc­tuel, mais là, c’est comme ça presque tous les soirs. En plus, dans une moindre mesure, y’a aussi plein de monde le long de plu­sieurs autres grands axes du centre ville, dont la plu­part sont fer­més à la cir­cu­la­tion… et moi, un centre ville à moi­tié pié­ton, ça me plait, ça me rap­pelle mon Lille natal.

Le truc bien, aussi, c’est que c’est pas blindé genre “t’avances à 1km/h et tu te fais écra­ser les pieds” – il y a tou­jours de la place pour navi­guer. Par contre, il faut s’attendre à voir des cana­diens bour­rés vous taper dans la main en criant “Go Canada Go!” tous les 50 mètres. En fait, en moins de 30 minutes de pro­me­nade en centre ville, un soir où le Canada a récu­péré une médaille d’or, j’ai eu droit, sans deman­der rien à personne, à:

  • 5 ou 6 “high five” et divers cris de ral­lie­ment patrio­tiques atten­dant de moi une réponse non moins enga­gée et exstatique.
  • 4 com­pli­ments sur ma coif­fure, dont 2 venant de per­sonnes qui ont abso­lu­ment voulu tou­cher mes che­veux (je suis bon pour les laver en ren­trant maintenant).
  • 1 mec qui me demande si je sais où on peut “trou­ver du fun”. Je lui demande ce qu’il veut dire (j’ai peur qu’il me pro­pose une par­touze homo), et, affi­chant un gros sou­rire, il me dit “ben, de la drogue, quoi”.
  • 3 groupes de per­sonnes qui me demandent de les prendre en photo.
  • 1 fille qui, me voyant prendre des pho­tos, s’empare de mon appa­reil en me disant qu’il faut abso­lu­ment que j’aie une photo de moi au milieu de la foule. Pen­dant qu’elle me prend en photo, un groupe de gars pas­sant par là s’incruste dans le plan et tout le monde fait des “thumbs up”. Ils repartent ensuite en criant divers trucs vague­ment olympiques.
  • Quelques per­sonnes qui engagent la conver­sa­tion, au moins pour une minute, qu’ils soient tou­ristes ou locaux. D’ailleurs, un gars me demande une fois d’où je viens… je réponds “je suis fran­çais, mais j’habite à Van­cou­ver depuis 3 ans”. “Ah, ben t’es van­cou­vé­rois, alors”. Euuuh… ben ouais, je sup­pose (c’est beau les dilemmes iden­ti­taires des expatriés).

Granville Street during the olympics (1)

Le sol de la rue est col­lant, et la plu­part des gens bour­rés… et ceux qui ne le sont pas encore (ainsi qu’une par­tie de ceux qui le sont déjà) font la queue devant chaque reven­deur de bois­sons alcoo­li­sées du centre ville.

On voit d’ailleurs des files d’attente un peu par­tout. Par­fois on sait pour quoi c’est (l’entrée du très popu­laire et bruyant pavillon irlan­dais, l’entrée d’un club chic où un célé­brité quel­conque va y faire une appa­rence ou un concert privé, etc.), mais par­fois on ne sait pas trop… dans tous les cas, n’oubliez pas qu’ici, ils ont des vraies files d’attente, alors atten­tion à vos ins­tincts sau­vages de fran­çais qui gruge.

Tatouage discret

On croise dans la rue des musi­ciens en tout genre, des rap­peurs et des poètes, des magi­ciens et acro­bates, des cra­cheurs de feu, des dan­seurs de cla­quettes, et j’en passe. On trouve des camé­ras de télé­vi­sion, des micros de radio, et, pro­ba­ble­ment, des sty­los de jour­na­listes (mais ils sont moins visibles ceux là, à moins d’avoir un gros stylo). Les gens semblent heu­reux et arborent un nombre impres­sion­nant de vête­ments à l’effigie cana­dienne. C’est bien simple: au mini­mum, vous avez un t-shirt ou un pull qui dit “Canada”. Au mieux, toute votre famille porte les maillots de l’équipe de hockey cana­dienne, des bon­nets Canada, des écharpes Canada, et des tatouages du dra­peau cana­dien sur les joues. Le tout en rouge et blanc, bien sûr. La pauvre Véro­nique (oui, encore elle!) va nous faire une crise d’épilepsie, pen­dant que Miss 604 semble assez fière de ses com­pa­triotes. Ben voui, c’est pas tous les jours qu’on voit les cana­diens être plus patrio­tiques que leurs voi­sins du sud… enfin ces temps-ci, oui, c’est tous les jours qu’on le voit, mais bon vous voyez ce que je veux dire.

Explosions au dessus de GE Plaza

Ajou­tez à tout cela les rayons lumi­neux de Vec­to­rial Ele­va­tion qui balaient le ciel noc­turne, des images gigan­tesques pro­je­tées sur des façades d’immeubles pour encou­ra­ger ou féli­ci­ter les ath­lètes cana­diens, diverses explo­sions et feux d’artifices, des gens qui vous passent en criant au-dessus de la tête le long de la tyro­lienne de Rob­son Square

Tyrolienne de Robson Square

Attack Ice, Defend Turf

Tout cela crée une ambiance très sur­pre­nante, voire même très pre­nante tout court. En fait, tous les soirs, on a l’impression que les Van­cou­ver Canucks viennent de se qua­li­fier pour la finale de la coupe Stan­ley, un jour de fête natio­nale, pen­dant un fes­ti­val de Jazz (parce que oui, ces temps-ci on a un autre truc rare: des concerts gra­tuits… mais ça, j’en repar­le­rai un peu plus en détail dans un autre billet).

Bref, en réumé: woo­hoo, go Canada go, yeah, tout ça tout ça, avec de la bière s’il vous plait. Je me demande si y’en a qui sont encore assez frais le len­de­main pour aller voir les épreuves, dites donc… enfin bof, on regar­dera juste les résu­més en fin de jour­née… on va pas regar­der le cur­ling en direct, non plus, si?

16 février 2010

La saint-valentin chinoise du nouvel-an

Je vous avais pas parlé de la parade du nou­vel an chi­nois depuis ma pre­mière année à Van­cou­ver parce que, bon, c’est un peu tou­jours pareil, mais cette année, c’est légè­re­ment dif­fé­rent. Genre y’a une poi­louille plus de monde à cause des jeux olympiques.

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Cette année, c’est l’année du tigre, alors c’est le moment de man­ger des Fros­ties au petit dej’.

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Enfin bon, à part une foule dif­fé­rente et un horaire légè­re­ment décalé, c’était comme d’habitude, en fait. Voilà quelques pho­tos en vrac et après vous pou­vez reprendre une acti­vité productive.

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13 février 2010

Compte à rebours terminé!

Et voilà, on y est, les jeux olym­piques sont lan­cés. Pfiou… y’a plus qu’à attendre qu’ils retombent.

Si ce n’est déjà fait vous devriez bien­tôt voir, au moins, un réca­pi­tu­la­tif de la céré­mo­nie d’ouverture qui s’est tenue hier soir au BC Sta­dium (on verra ce qu’ils en disent au jour­nal de France2 plus tard dans la jour­née). Perso, je vou­lais aller la voir sur un écran géant au Live­City Yale­town, his­toire d’observer un peu l’ambiance géné­rale, mais entre la pluie, la foule débor­dante, et ma pauvre femme malade, j’ai fini par la regar­der bien au chaud à la télé, avec la pos­si­bi­lité de faire “pause” pour aller aux toi­lettes (c’est beau le luxe engen­dré par la tech­no­lo­gie moderne).

Quelques remarques:

  • Après la céré­mo­nie d’ouverture des J.O. d’été à Pékin c’était dur de faire quelque chose d’un tant soit peu impres­sion­nant… mais je trouve qu’on s’en est pas trop mal sor­tis. Là où les chi­nois avaient accom­pli une prouesse tech­nique assez déshu­ma­ni­sée, les orga­ni­sa­teurs cana­diens ont opté pour un spec­tacle plu­tôt inti­miste et cha­leu­reux, avec quelques bonnes idées et sur­tout beau­coup de bonne humeur. J’ai par­ti­cu­liè­re­ment appré­cié l’utilisation du public – c’est ce genre d’aspect par­ti­ci­pa­tif qui donne envie d’y avoir assisté en vrai.
  • Comme vous avez du l’entendre déjà un peu par­tout, l’ambiance de la jour­née avait été un peu plom­bée par la mort d’un ath­lète geor­gien le matin même. Moi ce qui me sidère, sur­tout, c’est que le cir­cuit de bobs­leigh soit bordé de poteaux en métal non rem­bour­rés. Appa­rem­ment c’est super ultra com­plè­te­ment rare qu’une luge sorte du cir­cuit, mais quand même… Peut-être que l’incident d’hier va, comme avec la For­mule 1 en 1994, pro­vo­quer des chan­ge­ments dras­tiques dans les mesures de sécurité.
  • Comme le dit ma femme: “pour les fran­cais qui regardent la cere­mo­nie d’ouverture, le truc que la fille en rouge (Nikki) elle chante, ca res­semble pas, mais alors pas du tout a l’hymne cana­dien. Ah ouais… et le truc au milieu, la, c’etait du fran­çais. C’est bien, conti­nue d’y croire, Nikki”.
  • Bryan Adams et Nelly Fur­tado ils savent vrai­ment pas chan­ter en play­back. De toutes façons la chan­son était assez pour­rave, et d’après ce que j’ai pu com­prendre, les cana­diens ils en ont un peu marre de voir Bryan dès qu’il s’agit de repré­sen­ter leur pays inter­na­tio­nal­le­ment. Les autres chan­teurs de la céré­mo­nie chan­taient en direct, au moins (enfin on dirait). Garou a même été jusqu’à chan­ter mal pour prou­ver qu’il fai­sait ça en live… à moins qu’il soit super fourbe et qu’il ait enre­gis­tré un truc légè­re­ment faux pour gru­ger tout le monde. Sacré Garou, va. Pen­dant ce temps là, c’est Rock Voi­sine qui doit être dég’ d’être un pauvre com­men­ta­teur sur les chaînes françaises.
  • En par­lant de Garou, d’ailleurs, les orga­ni­sa­teurs se sont bien for­cés à inclure autant de langue fran­çaise que pos­sible, en allant jusqu’à faire pas­ser la pré­sen­ta­trice fran­co­phone avant son homo­logue anglo­phone, genre “on pré­sente la céré­mo­nie en fran­çais, et on tra­duit en anglais der­rière”. Mais c’était sur­tout mignon d’entendre les non-francophones dire “bien­ne­ve­nou” devant un mil­liard de gens.
  • Vous vous rap­pel­lez des divers sujets de pro­tes­ta­tion des J.O.? Notam­ment celui à pro­pos des méchants impé­ria­listes blancs qui volent leurs terres aux pre­mières nations et invitent ensuite les tou­ristes du monde entier à faire une grosse teuf pol­luante des­sus? Eh bien je n’ai pas pu m’empêcher d’avoir un petit rica­ne­ment en voyant que non seule­ment les chefs des tri­bus locales (Squa­mish, Mus­queam, Lil’wat, et Tsleil-Waututh) étaient recon­nus comme chefs d’états et avaient leur place dans la tri­bune offi­cielle avec les hommes poli­tiques cana­diens, mais aussi que la céré­mo­nie d’ouverture débu­tait avec ces 4 tri­bus sou­hai­tant la bien­ve­nue sur leurs terres aux visi­teurs du monde entier. Marf. C’est des petits rigo­los les organisateurs.
  • Comme d’habitude, l’identité du por­teur de la flamme olym­pique qui allu­me­rait le chau­dron final était res­tée secrète jusqu’au der­nier moment, et les rumeurs les plus folles cir­cu­laient depuis quelques jours. Le sus­pect le plus pro­bable, Wayne Gretzky, l’un des meilleurs joueurs de hockey de l’histoire de l’univers du monde (ce qui lui confère pra­ti­que­ment un sta­tut de dieu au Canada), avait été démenti par le comité olym­pique… mais c’est parce que ces petits malins avaient en fait pré­paré un sale coup: le chau­dron serait allumé par 4 per­sonnes! Wayne Gretzky, donc, mais aussi Rick Han­sen, un ath­lète para­plé­gique, Catriona LeMay Doan, une pati­neuse de vitesse, et Steve Nash, une star du bas­ket­ball. Dom­mage qu’un pro­blème tech­nique avec le sys­tème hydrau­lique du chau­dron ait un peu foutu en l’air la scène – seule­ment 3 des 4 “jambes” du chau­dron sont sor­ties du sol, et seule­ment 3 des 4 ath­lètes l’ont donc allumé…
  • Et alors si je com­prends bien, le Canada, c’est: un ours géant, des punks qui font des cla­quettes et du vio­lon, de la danse contem­po­raine d’interprétation, un gamin qui vole, des gens qui font du ski, et de la poé­sie slam pour dire que les cana­diens sont polis et cool. Okay, c’est bon, j’ai tout com­pris, merci.
  • Aussi, c’était sympa de savoir qu’on avait une amie sur scène… on l’a pas vue, mais on s’est deman­dés toutes les 30 secondes si elle était à l’image… une fille danse dans un coin? “Eh, c’est peut-être Sté­pha­nie, là, à gauche!” Une fille qui court à tra­vers un champ? “Eh, c’est peut-être Sté­pha­nie, là, à droite!” Un gros noir qui porte un pan­neau? “Eh, c’est peut-être Sté­pha­nie, là, au milieu!”. Ah là là, des heures d’amusement.

Voilà… main­te­nant il ne reste plus que le petit détail insi­gni­fiant des épreuves sportives.

12 février 2010

Compte à rebours: comment bien se faire torcher

Avec la céré­mo­nie d’ouverture des J.O. dans seule­ment quelques heures, la torche olym­pique faire un der­nier petit tour à tra­vers Van­cou­ver, où elle vient d’arriver hier soir.

La torche olympique

Por­tée ce matin par Arnold Schwar­ze­neg­ger à tra­vers un bout du Stan­ley Park, elle a ensuite suivi le front de mer, tra­versé le centre-ville, et par­tie en direc­tion du down­town east­side. A chaque étape, le nombre de gens ammas­sés était impres­sion­nant… et devi­nez qui s’est retrouvé coincé avec une pous­sette au milieu de la foule alors qu’il était en route pour faire des courses pour sa femme malade? Heu­reu­se­ment, j’avais mon appa­reil photo dans mon sac à dos…

Et pour ajou­ter au bor­del géné­ral, c’était pile le moment et l’endroit où divers groupes de contes­ta­taires avaient décidé de mani­fes­ter, cer­tains allant jusqu’à blo­quer le convoi.

Pas de jeux olympiques sur une terre volée

Alors voyons… dans l’ordre, on avait: les gens qui veulent léga­li­ser le can­na­bis et faire libé­rer Marc Emery, qui était d’ailleurs can­di­dat à la mai­rie de Van­cou­ver en 2008.

Free Marc

Ensuite, on avait ceux qui pro­testent contre les dépenses faites pour les jeux par rap­port aux moyens enga­gés dans la lutte contre la pauvreté.

Homes, not games

Après, il y avait ceux qui pro­testent contre l’extraction de pétrole sur les terres d’Alberta, et plus géné­ra­le­ment sur la tenue des jeux olym­piques sur les terres qui appar­tiennent “nor­ma­le­ment” aux pre­mières nations.

No tar sand on native land

Enfin, le groupe le plus actif (et celui qui a blo­qué le convoi pen­dant une bonne demi-heure) était non iden­ti­fié, mais décla­rait au méga­phone que le Canada est un pays raciste parce que, euh, je sais plus… y’avait une his­toire avec les sol­dats cana­diens en Afgha­nis­tan, des men­tions de la fameuse “terre volée” cana­dienne, et d’autres trucs. La plu­part des gens étaient de toutes façons trop sidé­rés pour écou­ter quoique ce soit après avoir appris qu’ils habi­taient au “KKKa­nada”.

Le canada est un pays raciste?

D’ailleurs, pour ceux qui se demandent, l’histoire de “terre volée”, c’est rela­tif aux euro­péens (prin­ci­pa­le­ment les méchants impé­ria­listes fran­çais et anglais) qui ont volé leur terre aux pre­mières nations amérindiennes.

Enfin bref, c’était rigolo, et j’ai pu voir la flamme olym­pique en vrai!

Le porteur de la flamme