2 mars 2011

Les pates carbo du caribou

On vous l’a déjà raba­ché plu­sieurs fois mais l’un des sujets de conver­sa­tion prin­ci­paux entre un Fran­çais métro­po­li­tain et un Fran­çais expa­trié est celui de la bouffe. Un l’instar d’un oncle inquiet pour votre santé, le Fran­çais métro­po­li­tain va vous deman­der, les mains trem­blantes, si au Canada on peut trou­ver du fro­mage qui pue ou du vin qui pique ou du foie gras ou des crois­sants ou je sais quoi. Et la réponse sera inva­ria­ble­ment: “oui, on en trouve, c’est juste que ça peut coû­ter par­fois cher”.

Par contre, per­sonne ne nous demande si on trouve du lait UHT. Parce que ça, y’en a pas. Et y’a d’autres trucs aux­quels on ne pense pas du tout…

Tenez, par exemple, vous connais­sez pro­ba­ble­ment tous la recette des “pâtes carbo” que Jean-Kevin nous détaille de manière brillante sur son site (ce qui lui vaut d’ailleurs un pro­cès, puis des expli­ca­tions for­cées). Pour résu­mer, vous met­tez des pâtes à cuire 10 minutes, vous faites reve­nir des petits lar­dons Herta dans une poëlle, et vous rajou­tez des oeufs et de la crème fraiche. Vous avez pro­ba­ble­ment tous fait ça dans votre chambre d’étudiant de 18m2 quand vous étiez jeune (par contre vous avez peut-être pas tous chopé des meufs comme Jean-Kevin, mais c’est pas grave).

Mais au Canada? Hor­reur, mal­heur! Impos­sible de suivre la recette! (com­ment font les étu­diants pour cho­per des meufs? Mystère!)

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D’abord, on ne trouve pas de crème fraîche comme en France. On a plu­sieurs variantes d’un truc qui s’appelle “sour cream” (ou “crème sûre” en qué­be­cois) qui est plus légère que notre crème frâiche nor­male (14% de matières grasses? non mais fran­che­ment?). C’est de la crème fraiche légère, quoi. Le genre de truc que j’essaie d’éviter d’habitude parce que les trucs légers, c’est pas bon pour mon cho­les­té­rol. Ils ont aussi quelques rares trucs nom­més “crème fraîche” avec un taux de matières grasses décent, mais la tex­ture est tou­jours un peu dif­fé­rente… mais c’est pas grave, on s’y fait rapidement.

L’autre grand drame, c’est qu’il n’y a pas de petits lar­dons Herta. Y’a pas de petits lar­dons tout court, d’ailleurs. Les lar­dons, il faut se les faire à la main, avec sa planche à décou­per et tout.

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C’est pas plus mal, remar­quez, puisque ça nous pousse à faire des pâtes carbo cor­rec­te­ment, avec la pan­cetta et tout le bou­sin (ça, y’a aucun pro­blème pour trou­ver de la pan­cetta à Van­cou­ver, y’en a dans toutes les grandes sur­faces au rayon bou­che­rie). Par contre, entre les lar­dons Herta et la pan­cetta, y’a comme une légère dif­fé­rence de goût (genre les lar­dons Herta ils ont pas de goût, alors que la pan­cetta oui, vous voyez?). Du coup, ça peut faire un choc la pre­mière fois. Si vous êtes un peu sen­sible du palais, je recom­mande de mélan­ger la pan­cetta avec du cana­dian bacon, bien moins fort. Visuel­le­ment, vous ver­rez à peine la dif­fé­rence – tous les lar­dons se res­semblent plus ou moins – mais le plat final sera plus doux.

Et voilà com­ment on fait des pâtes carbo au Canada! Fas­ci­nant, non?

17 janvier 2011

En 2011, tout le monde est gentil

Oui, bon, ça com­mence à faire un peu tard pour sou­hai­ter une bonne année, mais on est encore en Jan­vier donc ça marche… et vous savez que pen­dant la sai­son de ski et de cadeaux, il faut pas trop comp­ter sur moi. Enfin bref, bonne année à tout le monde!

Quelle est donc la bonne réso­lu­tion de 2011? J’en sais rien, perso je prend pas de bonnes réso­lu­tions, mais si vous vou­lez ame­ner un peu du Canada dans votre vie, vous pou­vez déci­der de deve­nir plus gen­til! “Gen­til com­ment?”, allez-vous me deman­der… “Gen­til comme un poli­cier Cana­dien” que je vais vous répondre.

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Vous vous rap­pel­lez peut-être de cette anec­dote d’il y 2 ans, où un poli­cier, nous voyant pico­ler du vin rouge de manière tota­le­ment illé­gale sur la plage, vient nous voir pour nous dire “his­toire que vous soyez au cou­rant, ça, c’est illé­gal ici” et repart aus­si­tôt. Eh bien je peux vous en racon­ter d’autres, des anec­dotes… par exemple, un ami de Seat­tle qui, un peu fati­gué par la route pour venir à Van­cou­ver par le vol en avion pour Cal­gary, enchaine les bourdes rou­tières les unes après les autres. Un poli­cier l’arrête deux ou trois fois de suite, s’excusant à chaque fois: “excusez-moi, mon­sieur, mais vous sem­blez avoir grillé un feu rouge”. Ou “excusez-moi, mon­sieur, j’ai bien peur que vous ne vous soyez engagé dans une rue à sens unique”. Au final, le poli­cier offre de l’excorter jusqu’à son hotel.

Un autre ami, qui se fait cho­per sans titre de trans­port à la sor­tie du Sky­train, donne un faux nom au poli­cier qui décide ensuite d’appeller le cen­tral pour véri­fier son iden­tité, men­tion­nant que si tout est en ordre, il le lais­sera par­tir sans amende. Mon ami s’enterre dans un gouffre de cor­rec­tions à deux balles (“euh, en fait, mes amis m’appellent John, mais mon vrai nom c’est Ernest”), et le poli­cier, après un sou­pir et une deuxième véri­fi­ca­tion avec le cen­tral, le laisse par­tir avec un avertissement.

En par­lant du métro, d’ailleurs, les control­leurs de Trans­link sont les plus gen­tils du monde. En France, les control­leurs ils sont pas cons, ils contrôlent à la sor­tie du train, pour cho­per les malins qui ont voyagé sans payer. J’ai même vu plu­sieurs fois des control­leurs pos­tés der­rière un tour­nant du cou­loir de sor­tie, pour ne pas que les gens dans le train les aper­çoivent et décident de res­ter dans la rame jusqu’à la sta­tion sui­vante, mais avec des offi­ciers habillés en civil au niveau du quai pour jus­te­ment attra­per les per­sonnes ayant un com­por­te­ment sus­pect, genre “je fais demi-tour au der­nier moment”… mais ici non: ils contrôlent à l’entrée. A l’entrée! Et la moi­tié du temps, juste à côté des machines pour ache­ter les billets! Super intel­li­gent, non?

De temps en temps, ils contrôlent à l’embarquement du train, loin der­rière la ligne de vali­da­tion du titre de trans­port, mais même là il est facile de s’en tirer. Par exemple, l’excuse du “oh mince, par­don, j’ai oublié de vali­der mon ticket, je vais aller le faire tout de suite” marche. Si si, j’ai testé pour vous, et quelques autres per­sonnes m’ont dit que ça avait mar­ché pour eux aussi. Trop gen­tils les control­leurs. Et c’est pas qu’ils sont stu­pides, hein… on voit clai­re­ment sur leur visage qu’ils ne vous croient pas, mais c’est juste que, ben, c’est la west coast, quoi. C’est pas grave… cool, gars. Relax. Pas de pres­sion. Wha­te­ver.

Evi­dem­ment, les poli­ciers et les control­leurs ne sont pas 100% gen­tils, faut pas pous­ser non plus. Le Canada c’est le pays des Bisou­nours, mais même chez les Bisou­nours y’a des méchants. Mais j’ai pour l’instant entendu énor­mé­ment plus d’anecdotes du genre “ils sont soit super gen­tils, soit super cons… peut-être les deux” que des anec­dotes du genre “CRS SS sales encu­lés de leur mère”… donc voilà, en 2011, répan­dez bon­heur et joie autour de vous, soyez gen­til comme un poli­cier Canadien!

20 octobre 2010

Vous avez des raisins?

Il y a plu­sieurs trucs ano­dins qui sur­prennent cer­tains Fran­çais quand on en fait men­tion dans la conver­sa­tion, et pour lequels je ne m’étais jamais posé de ques­tions. Par exemple, si je dis “j’ai été à Ikea dans ma Toyota”, je fais par­fois face à l’étonnement d’apprendre que, oui, il y a des maga­sins Ikea au Canada (et pra­ti­que­ment par­tout ailleurs dans le monde, en fait) et que, oui aussi, on y trouve des voi­tures japo­naises et pas que des amé­ri­caines (et heu­reu­se­ment, vu la qua­lité des voi­tures amé­ri­caines…). Mais rien n’étonne un Fran­çais plus que d’apprendre que les Cana­diens pro­duisent leur propre vin – et c’est géné­ra­le­ment suivi par une ques­tion lourde de sous-entendus: “mais, euh, c’est bon?”.

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Pour­tant, un peu comme pour les crêpes au sucre, on peut pen­ser que si vous avez des rai­sins, et si vous avez une cave, vous pou­vez faire du vin, non? Mais il faut dire que la binouze, avec le fro­mage qui pue, c’est le truc fran­çais par excel­lence, et vu com­ment on est bien chau­vins, on aura ten­dance à igno­rer ou déni­grer la pro­duc­tion étran­gère. Sans comp­ter que les lob­bys des pro­duc­teurs de vin sont bien effi­caces… et de toutes façons ache­ter une bou­teille aus­tra­lienne ou amé­ri­caine quand on peut ache­ter une bou­teille locale, ça n’a pas beau­coup d’intérêt. Bref, on ne peut pas trop blâ­mer le Fran­çais moyen d’ignorer l’existence de pro­duc­tion viti­cole à l’exterieur de l’hexagone, mais je trouve ça rigolo quand même.

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Les deux régions pro­duc­trices de vin les plus connues dans ce coin d’amérique du nord sont la val­lée de Napa en Cali­for­nie, avec plus de 300 vignobles, et la val­lée de Oka­na­gan, à 5 heures de route envi­ron de Van­cou­ver, qui héberge plus de 200 vignobles. Dans les deux cas, on y trouve des vignobles de toutes tailles, allant de la petite bou­tique fami­liale à la grande entre­prise, mais la val­lée de Napa fait sor­tir un nombre de bou­teilles bien supé­rieur, par­ti­ci­pant gran­de­ment au Etats-Unis déte­nant le titre de 4ème pro­duc­teur de vin der­rière la France, l’Ita­lie et l’Espagne. Le Canada, lui, est bien loin dans le clas­se­ment (quelque part entre la 20ème et la 30ème place selon l’année et les cri­tères consi­dé­rés). Même ici, la part de mar­ché de vin local (prin­ci­pa­le­ment ori­gi­naire de Colom­bie Bri­tan­nique et d’Onta­rio) est légè­re­ment mino­ri­taire, les gens pré­fé­rant ache­ter du vin issu de ter­roirs étran­gers plus prestigieux.

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Les varié­tés de vin local vont du Pinot Noir au Char­don­nay en pas­sant par le Gewürz­tra­mi­ner et autres varié­tés com­munes, mais les pro­duc­teurs pren­dront bien le temps de vous expli­quer les dif­fé­rences de goût auquelles vous pou­vez vous attendre par rap­port au vin fran­çais étant don­nées les dif­fé­rences de météo, de ter­rain, de fûts, ou sim­ple­ment de procédés.

Pour un Fran­çais en visite dans la région, outre goû­ter aux vins fami­liers et se plaindre qu’ils ne sont pas aussi bons que chez nous, il sera typique de goû­ter au “ice wine” (“vin de glace”). On peut aussi en trou­ver en Alle­magne appa­rem­ment, mais vous avoue­rez que ça sonne quand même bien Cana­dien. Comme son nom l’indique, il s’agit de vin fait à par­tir de vignes ayant gelé (il est donc géné­ra­le­ment cueuilli et mis en bou­teille bien plus tard que les autres vins). Le résul­tat est un vin sucré géné­ra­le­ment servi en accom­pa­gne­ment du dessert.

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La val­lée de Oka­na­gan se trouve sur les rives du lac Oka­na­gan, et d’une dizaine d’autres lacs plus petits. M’enfin quand je dis “petits”, c’est à l’échelle cana­dienne, hein. Le lac Oka­na­gan fait par exemple 135km de long, soit le double du lac Léman.

Le lac est d’ailleurs soit-disant la demeure d’un monstre marin, Ogo­pogo, un ser­pent de mer de 15 mètres de long, pro­ba­ble­ment “vu” ori­gi­nel­le­ment par des indiens bour­rés au whisky écos­sais bon mar­ché. Désolé, j’ai pas de pho­tos à vous mon­trer, j’étais non seule­ment sobre, mais mon appa­reil photo aussi.

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Outre la pro­duc­tion de vin, la val­lée de Oka­na­gan est aussi grande pro­duc­trice de fruits, notam­ment les pêches et nec­ta­rines, et une des­ti­na­tion esti­vale très pri­sée des Van­cou­vé­rois. La route pour s’y rendre est très jolie (on passe tour à tour à tra­vers la cam­pagne, le désert, les mon­tagnes et les immenses forêts), et on y trouve moultes petits cha­lets et B&Bs à louer pour le week-end afin de s’adonner aux joies des sports nau­tiques, du golf, de la ran­don­née, et bien évi­dem­ment de la tour­née des caves. Région tou­ris­tique oblige, il fau­dra faire atten­tion aux prix par­fois abu­sifs pour une visite ou une attrac­tion qui s’avère déce­vante. Et moi, pour un truc à deux balles, je veux pas payer plus que deux balles.

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Après tout ça, vous allez me dire “mais alors, sérieux, il est bon leur vin?”. Eh ben ça, j’en ai fran­che­ment aucune idée parce que, voyez-vous, j’aime pas le vin (mais je vous invite à dis­cu­ter des mérites et défauts du vin cana­dien dans les com­men­taires). Je trouve ça dégueu­lasse, ça a un goût de moi­sis­sure (ce qui est assez logique vu le pro­cédé). Vous pou­vez ima­gi­ner que ça trau­ma­tise les Amé­ri­cains, ça, un Fran­çais qui n’aime pas le vin. Et en plus je fume pas et j’aime pas le foot… Mais je leur réponds que je me suis fait foutre dehors, ça les rassure.

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17 septembre 2010

Le jeu des différences pas importantes: les prises électriques polarisées

Y’en a cer­tains parmi vous qui m’ont dit que, en effet, mon article pré­cedent était long et chiant… alors voilà, je me venge. J’écris un truc sur les prises élec­triques. Parce que y’a pas grand chose à dire des­sus. Et en plus c’est chiant aussi. Non mais.

Prise 110V

Vous savez déjà pro­ba­ble­ment que la France uti­lise du 220V, et que les pays d’amérique du nord uti­lisent du 110V. Et tout comme la France, il existe des prises à 2 branches (ci-dessus) et des prises à 3 branches (ci-dessous) qui pola­risent la prise et la rendent un peu plus sécu­ri­sée en obli­geant l’utilisateur à l’insérer dans un sens prédéfini.

Prise 110V a trois branches

Mais il y a aussi une variante de la prise à 2 branches où l’une des branches est plus grosse que l’autre. Oui, c’est tota­le­ment dingue, je sais.

Prise 110V polarisee

Les mai­sons et appar­te­ments construits après les années 60 (ce qui inclut à peu près l’intégralité de Van­cou­ver) sont ainsi équi­pées de prises murales accep­tant l’une ou l’autre ver­sion des prises à 2 branches. Pen­dant vos pre­miers jours en amé­rique du nord, il y a donc de fortes chances que vous essayiez de bran­cher une lampe dans une prise murale, et vous aper­ce­voir que ça rentre pas… pas de panique, pas la peine de for­cer, il faut juste bran­cher dans l’autre sens.

Comme sou­vent dans la vie, si ça rentre pas dans le trou d’un côté, il suf­fit juste d’essayer le trou de l’autre côté.

9 juin 2010

Des fruits bizarres

Il y a très très long­temps, j’avais men­tionné la pré­sence de plein de fruits bizarres sur les mar­chés van­cou­vé­rois. La proxi­mité (toute rela­tive) de l’amérique cen­trale ainsi que la forte popu­la­tion asia­tique (et part “forte” je veux pas dire qu’ils sont gros… juste qu’ils sont nom­breux) font que même les mar­chés pour petit occi­den­taux blancs et gras­souillets auront un mini­mum de fruits exo­tiques dis­po­nibles (mais vous en trou­ve­rez bien plus dans les maga­sin asia­tiques, bien sûr, si jamais vous y com­pre­nez quelque chose). Rien que pour vous, j’ai décidé d’en tes­ter 3.

Fruits exotiques

Vous recon­nais­sez peut-être la banane plan­tain, le fruit du dra­gon (devant à gauche), et le kiwano, ou “melon cornu” comme ils disent ici (à droite).

La banane plan­tain est rela­ti­ve­ment bien connue en France donc on va pas­ser rapi­de­ment des­sus: c’est une banane fade.

Le fruit du dra­gon, par contre, c’est bizarre. Laure en avait goûté au Viet­nam et avait trouvé ça pas génial, sauf si c’est en smoo­thie avec plein de sucre. Et je confirme, c’est pas folichon.

Fruit du dragon

Ca a un peu la consis­tance du kiwi, mais en plus gluant. Le goût est assez fade, très très légè­re­ment sucré. Mais sur­tout fade. Et gluant.

Le kiwano, par contre, c’était la grosse sur­prise: je m’attendais pas à trou­ver un truc pareil à l’interieur.

Kiwano

On dirait du faux sang d’extra-terrestre issu d’un mau­vais film TV. C’est vert fla­shy, gluant à sou­hait, avec des graines jaunes. On est censé appa­rem­ment aspi­rer tout ça direc­te­ment avec la bouche… c’est rigolo les 2 pre­mières minutes. Le goût est proche du kiwi dans le genre acide. Cer­tains disent aussi que le goût se rap­proche du concombre. Si si.

En fait, le pro­blème avec ces fruits exo­tiques, c’est que j’ai aucune idée s’ils sont mûrs ou comme il faut. J’veux dire, le mec qui a jamais mangé une pomme, il pour­rait en bouf­fer une trop mûre et tota­le­ment fari­neuse et déci­der que c’est naze… donc si vous savez com­ment choi­sir vos fruits du dra­gon ou vos kiwano, pos­tez les ins­truc­tions en com­men­taires! Je vais pro­ba­ble­ment re-essayer une ou deux autres fois, et ensuite pas­ser à d’autres fruits encore plus bizarres! Ouais!

1 juin 2010

Le jeu des differences pas importantes: interdit de fumer

Il y a quelques temps, on avait men­tionné l’interdiction (rela­tive) de boire de l’alcool dans les lieux publics. Vous pou­vez vous dou­ter qu’il est éga­le­ment inter­dit de fumer… enfin, en tous cas, en ce qui concerne le tabac

Tout comme l’Europe, le Canada a mis en place ses lois anti-fumeurs grosso-modo entre 2004 et 2008. Ca a com­mencé au Nuna­vut (pro­ba­ble­ment parce que les 2 habi­tants non-fumeurs ne sup­por­taient plus le 3ème), et les autres pro­vinces ont plus ou moins suivi les unes après les autres (avec quand même quelques petites dif­fé­rences légis­la­tives parce qu’il fau­drait pas non plus que tout le monde fasse pareil, ça serait pas rigolo).

La Colom­bie Bri­tan­nique a mis en place ses lois actuelles à peu près en même temps que la France, début 2008, mais même avant ça les fumeurs dans les res­tau­rants et bars étaient vir­tuel­le­ment inexis­tants… ça fai­sait par­tie des sur­prises agréables lors de notre arri­vée à Van­cou­ver, sur­tout que je suis aller­gique à la fumée de ciga­rette. Le deuxième effet Kiss-Cool, par contre, c’est qu’en plus de ne pas avoir le droit de fumer dans les lieux publics, les fumeurs d’ici n’ont pas le droit de fumer dehors dans la rue non plus. Enfin, pas trop  près, en tous cas.

Smoking is Prohibited

Ainsi, à Van­cou­ver, il est inter­dit de fumer à moins de 6 mètres d’une fenêtre, d’une porte, ou d’une bouche d’aération d’un endroit non fumeur. Là où ça devient com­pli­qué, c’est que la dis­tance est de seule­ment 3 mètres en dehors de Van­cou­ver, comme par exemple en ban­lieue… bref, j’espère que vous avez une carte, un ruban à mesu­rer, et que vous savez recon­naitre les bouches d’aération.

Ou alors vous pou­vez juste fumer de la beuh, c’est plus facile.

27 avril 2010

Le hors piste, c’est par là

Ca y est, la sai­son de ski est plus ou moins ter­mi­née, et il faut dire que cette année c’était un peu la dèche. Entre la météo de merde pen­dant les pre­miers mois (pile poil pour se taper la honte pen­dant des J.O.), mon gamin qui me ramène toutes les salo­pe­ries de la crèche (his­toire d’être sûr que je sois malade tous les week-ends), et un mois com­plet de vacances, j’ai pas eu beau­coup d’occasions pour aller tâter la pou­dreuse… mais bon, j’ai quand même pu me rat­tra­per assez pour vous par­ler de quelques petits trucs.

Whistler (encore)

Pour ceux qui ont raté les épi­sodes pré­cé­dents, Whist­ler c’est la sta­tion de ski la plus connue de Colom­bie Bri­tan­nique, située main­te­nant à, genre, 1h30 du centre ville de Van­cou­ver, vu que pour les J.O. ils ont détruit la moi­tié des mon­tagnes pour construire une auto­route.

Vue sur la vallee de Whistler

J’avais posté pré­cé­dem­ment sur divers sujets rela­tifs au ski, comme par exemple les dif­fé­rences dans les files d’attente aux remon­tées méca­niques, mais j’ai oublié de men­tion­ner les bases.

En France, les pistes sont décrites par 4 cou­leurs, vert, bleu, rouge et noir par ordre de dif­fi­culté. Ici, on uti­lise à la place des sym­boles colo­rés, pour faire plai­sir aux 3 dal­to­niens du fond: le rond vert, le carré bleu, le dia­mant noir et le double dia­mant noir. Bref, c’est à peu près comme chez nous sauf qu’il n’y a pas de rouge. Ensuite, à part pour les pistes vertes, il uti­lisent assez peu de dam­meuses – en tous cas, à vue de nez, moins que dans les sta­tions équi­va­lentes des Alpes. Y’a pas mal de pou­dreuse sur les rouges et les noires, donc, sur­tout si vous avez la chance d’arriver un len­de­main de bonnes chutes de neige.

Whistler

Mais le truc qui est sur­tout sym­pa­thique, c’est les “bowls”. Tenez, voilà ci-dessous la photo de l’un d’entre eux:

Un bowl

Je sais pas trop si c’est le terme offi­ciel, mais c’est comme ça qu’ils s’appellent, pour la plu­part, à Whist­ler. Il s’agit plus ou moins de hors piste flê­ché comme une piste noire. La zone de glisse a été sécu­ri­sée contre les ava­lanches, et est déli­mi­tée natu­rel­le­ment par des forêts ou des crêtes… Par exemple, dans la photo ci-dessus, le télé-siège vous laisse tout en haut un peu sur la gauche, et vous des­cen­dez comme vous vou­lez (ou comme vous pou­vez, c’est selon). La topo­lo­gie du ter­rain vous ramène vers le domaine “nor­mal”, à moins de vrai­ment pous­ser pour aller plus loin sur les côtés.

Voilà un mor­ceau d’un autre “bowl”:

Un autre bowl

Si y’a pas eu trop de monde avant vous, vous pou­vez avoir, sans trop d’effort ni de risques, cette sen­sa­tion de faire sa propre trace dans la neige vierge, perdu dans la mon­tagne. Bon, ok, c’est pas non plus tout à fait comme mon­ter avec ses petites jambes pour aller cher­cher de la vraie pou­dreuse imma­cu­lée, mais pour les gros fénéants comme moi, c’est déjà pas mal du tout.

J’avais vu ce genre de truc qu’une seule fois en France, mais des gens m’ont souf­flé que cer­taines petites sta­tions des Alpes uti­lisent un concept simi­laire pour se démar­quer des gros domaines et atti­rer une clien­tèle dif­fé­rente… donc si vous avez des bonnes réfé­rences, je suis pre­neur, ça peut tou­jours servir.

Surf a Whistler

11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dol­lars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expa­triés et les tou­ristes, l’une des pre­mières dif­fé­rences frap­pantes entre l’Amé­rique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font par­tie de cette mino­rité de pays cré­tins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moi­tié de pays intel­li­gents qui affichent leurs prix hors pour­boires… bref, vous allez payer sacré­ment plus que le prix affi­ché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakis­ta­nais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La rai­son, supre­nante, de cet affi­chage qui ferait hur­ler les asso­cia­tions de consom­ma­teurs fran­çaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gou­ver­ne­ments sou­cieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe exis­tante était une taxe fédé­rale rela­ti­ve­ment obs­cure, la FST (“taxe sur les ventes de pro­duc­teurs”). Le pro­blème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une caté­go­rie rela­ti­ve­ment res­treinte de pro­duits, et seule­ment en amont dans la chaine de pro­duc­tion (elle était invi­sible aux consom­ma­teurs). Cela néces­si­tait donc beau­coup de pape­rasses jus­ti­fi­ca­tives entre pro­duc­teurs, et ren­dait cer­taines indus­tries cana­diennes peu com­pé­ti­tives à l’export. Aussi, son appli­ca­tion non-systématique défor­mait les marchés.

En 1991, par contre, un gou­ver­ne­ment conser­va­teur cen­triste (quoique légè­re­ment à droite sur les sujets éco­no­miques) se met à intro­duire un sytème de taxe sur la valeur ajou­tée sous la forme de la GST (“taxe sur les pro­duits et ser­vices”), fixée alors à 7%. Le sys­tème de taxe ajou­tée signi­fie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de pro­duc­tion paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la dif­fé­rence (ou “valeur ajou­tée”) à l’état. Vu de loin, ce sys­tème res­semble à notre bien nom­mée TVA natio­nale. De toutes façons, vu de loin, pra­ti­que­ment toutes les taxes sur les ventes appli­quées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont ins­pi­rées de la TVA fran­çaise, intro­duite en 1954 dans une ver­sion un peu plus réduite que celle qu’on connait main­te­nant (elle fut éten­due dans les années 60 par Valéry Gis­card d’Estaing). Encore une grande inven­tion fran­çaise, quoi… pas la peine de nous remer­cier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évè­ne­ment rela­ti­ve­ment récent, et les gens qui se rap­pellent de “l’avant GST” sont nom­breux… vous pou­vez ima­gi­nez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, sur­tout qu’au même moment toutes les pro­vinces, sauf l’Alberta, décident éga­le­ment d’appliquer une taxe pro­vin­ciale, la PST (“taxe pro­vin­ciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une com­bi­nai­son de TVA fédé­rale (la GST) et de TVA pro­vin­ciale (la PST).

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Fai­sons main­te­nant une brève pause et remon­tons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Consti­tu­tio­nel de 1867 fut signé. C’est un docu­ment extrê­me­ment impor­tant car il fait par­tie des quelques étapes qui uni­fièrent le Canada en un domi­nion fédé­ral avec le sys­tème poli­tique que l’on connait main­te­nant. Le pro­blème c’est que pour uni­fier des ter­ri­toires aussi immenses et éloi­gnés les uns des autres, il était impé­ra­tif de leur lais­ser un mini­mum d’autonomie. Un petit détail de cet acte consti­tu­tio­nel déclare ainsi (allez savoir pour­quoi) que chaque pro­vince déci­dera comme bon lui semble des lois gou­ver­nant le mar­ke­ting et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une cer­taine pro­tec­tion des citoyens contre le bon vou­loir des pro­vinces, une autre clause indique que seul le gou­ver­ne­ment fédé­ral peut mettre en place un quel­conque impôt indi­rect. Si une pro­vince décide d’inventer un nou­vel impôt, il sera obli­ga­toi­re­ment direct afin que les citoyens de cette pro­vince soient plei­ne­ment conscients de la situation.

Reve­nons main­te­nant en 1991. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consom­ma­teurs (par oppo­si­tion à la pré­cé­dente FST). Il sou­haite éga­le­ment rendre le mélange entre taxes fédé­rales et pro­vin­ciales plus simple, en encou­ra­geant les pro­vinces à adop­ter une taxe “har­mo­ni­sée” (HST) qui com­bi­ne­rait GST et PST… mais les pro­vinces ont d’autres idées en tête. Face à une opi­nion publique lar­ge­ment mécon­tente à l’idée d’une hausse des prix, elles pré­fèrent en mettre le plus pos­sible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se pré­sente de déci­der s’il faut impo­ser un affi­chage TTC (“toutes taxes com­prises”), les pro­vinces choi­sissent d’éviter le sujet: toute cette his­toire de taxes est la faute du gou­ver­ne­ment fédé­ral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les pro­vinces n’ont consti­tu­tio­nel­le­ment pas le droit d’imposer un affi­chage des prix avec la PST com­prise car celle-ci devien­drait alors une taxe indi­recte (selon la défi­ni­tion cana­dienne du terme qui dit que la taxe est indi­recte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre tran­sac­tion finan­cière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indi­qué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la ques­tion n’a jamais été sérieu­se­ment étu­diée). Inver­se­ment, le gou­ver­ne­ment fédé­ral ne peut rien impo­ser aux pro­vinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uni­que­ment), tou­jours à cause de la consti­tu­tion. Ils auraient pu en pro­fi­ter pour la chan­ger pour l’occasion, mais je sup­pose que ça aurait décu­plé la com­plexité d’une ini­tia­tive déjà pas super tri­viale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux maga­sins d’adopter l’affichage qu’ils dési­rent… et par souci de com­pé­ti­ti­vité, tout le monde adopte rapi­de­ment l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un pro­duit à $115 alors que le voi­sin l’affiche à $99, même si on met un gros pan­neau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines auto­ma­tiques, les télé­phones publics, cer­tains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figu­rer des prix TTC (pro­ba­ble­ment parce que le gros de la clien­tèle est com­po­sée de tou­ristes qui sup­portent mal l’affichage hors taxes). Bref, bon­jour le bor­del pour le consom­ma­teur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour ter­mi­ner, voilà un petit résumé des évè­ne­ments rela­tifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conser­va­teur qui avait intro­duit la GST était à l’époque bien évi­dem­ment majo­ri­taire dans la Chambre des Com­munes, avec 169 sièges sur 295. Pen­dant les élec­tions de 1993, ils se font détruire par les élec­teurs et se retrouvent avec seule­ment 2 sièges, au pro­fit des libé­raux de Jean Chré­tien. Ouaip. Deux sièges. Avoir intro­duit la GST de manière aussi visible était donc un bon sui­cide poli­tique. Des gens (dont beau­coup de conser­va­teurs même) pensent que ça se serait beau­coup mieux passé s’ils avaient réussi à impo­ser des affi­chages de prix TTC sur le plan fédé­ral, limi­tant ainsi la “mémoire” des cana­diens sur le chan­ge­ment des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en récla­mant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une che­mise à carreaux.
  • En 1992, le Qué­bec intro­duit la QST (“taxe qué­bé­coise sur les ventes”) comme alter­na­tive aux PSTs des autres pro­vinces (parce que le Qué­bec fait jamais comme les autres). Son fonc­tion­ne­ment en rap­port à la GST est proche de la taxe har­mo­ni­sée (HST) vou­lue à l’origine par le gou­ver­ne­ment fédé­ral, mais elle est admi­nis­trée par Revenu Qué­bec (le fisc local), et n’apporte pas vrai­ment d’amélioration sur le plan admi­nis­tra­tif des entre­prises aux autres sys­tèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nou­velle Ecosse, Nou­veau Bruns­wick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Appa­rem­ment, l’accord entre ces pro­vinces et le gou­ver­ne­ment fédé­ral incluait à l’origine des condi­tions sur l’affichage de prix TTC sur cer­tains pro­duits et ser­vices, mais ces clauses ont été com­bat­tues féro­ce­ment par les entre­prises natio­nales, pas très chaudes à l’idée de devoir main­te­nir deux affi­chages de prix dif­fé­rents dans leurs maga­sins, cata­logues, sites inter­net, etc., en fonc­tion de la pro­vince concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gou­ver­ne­ment fédé­ral baisse la GST de 1% (elle est main­te­nant à 5%), prin­ci­pa­le­ment à cause de pro­messes élec­to­rales (comme quoi des fois les poli­ti­ciens les tiennent).
  • Au 1er juillet pro­chain, la Colom­bie Bri­tan­nique et l’Onta­rio vont éga­le­ment mettre en place la HST. L’Onta­rio aura exac­te­ment la même taxa­tion que les autres pro­vinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colom­bie Bri­tan­nique fait sa maline avec une HST de 12%, mais prin­ci­pa­le­ment parce que la PST y était jusqu’à main­te­nant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impo­pu­laire, ça serait encore plus le bor­del si le gou­ver­ne­ment rajou­tait 1% en plus (on en repa­lera, de toutes façons, c’est le genre de bor­del poli­tique fédéral/provincial bien cana­dien qu’on ne connait pas en France, ça vous chan­gera du bou­clier fis­cal et des bur­kas). En tous cas, ça fout la pres­sion sur les quelques pro­vinces res­tantes qui n’ont pas encore har­mo­nisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, main­te­nant (si j’ai dit une conne­rie, insul­tez moi en com­men­taire)… et s’il y a des futurs expa­triés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en maga­sin suit en géné­ral les autres bonnes pra­tiques fran­çaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux com­pa­rer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plu­part des articles de votre panier de courses (nour­ri­ture, bois­sons non-alcoholisées, etc.), les prix affi­chés en super­mar­ché sont effec­ti­ve­ment ceux que vous paie­rez à la caisse.

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Ca y est, tout le monde est endormi?

5 avril 2010

Le jeu des différences pas importantes: le petit bonhomme

En France, le petit bon­homme qui indique quand on peut tra­ver­ser la rue (pour ceux qui le res­pectent) est rouge et vert, comme les feux de cir­cu­la­tion pour voi­tures (logique, quoi). A Van­cou­ver, et parce que les gens des ponts et chaus­sées cana­diens se croient plus malins que tout le monde, il est blanc et orange. Et en fait, c’est même pas un bon­homme orange, c’est une main.

Le petit bonhomme

Par contre, le bon­homme blanc cli­gnote avant de pas­ser à la main orange. En France il passe direc­te­ment au rouge.

Ah la la, des fois je m’épate moi même à quel point mes articles sont pas­sio­nants et plein d’informations cruciales.

MàJ: j’ai oublié d’ajouter cette fabu­leuse photo de Guyan­court (dans les Yve­lines), qui donne elle aussi des infor­ma­tions cruciales:

Petit rappel

3 avril 2010

Mais qui donc amène les oeufs de Pâques?

En France, ce sont les cloches de Pâques qui amènent les oeufs de Pâques. Genre elles partent à Rome sur leurs petites jambes qu’elles n’ont pas, et reviennent quelques jours plus tard avec des oeufs colorés.

Le Lapin de Paques

Dans le genre “pas vrai­ment plus con, mais pas beau­coup mieux dans l’absolu”, l’amérique du nord ne jure que par le lapin de Pâques, inventé il y a quelques siècles vers l’Alsace et l’Alle­magne du sud-ouest. Un peu comme le Père Noël, il apporte les oeufs dans un panier la veille de Pâques, pen­dant la nuit. Par contre, à la dif­fé­rence de son confrère hiver­nal, il s’amuse à tout plan­quer, le petit sali­gaud. Du coup, toutes les conne­ries pas­cales que vous trou­ve­rez au Canada se rap­portent aux lapins, avec par exemple des lapins (sans blague) et des car­rottes en chocolat.

Notez qu’on trouve aussi en France des poules en cho­co­lat, ce qui me parais­sait au début beau­coup plus logique… mais en fait non. Une poule qui pond des oeufs colo­rés en cho­co­lats enro­bés dans du papier alu­mi­nium, c’est cré­tin aussi… à moins qu’elle ait des gnomes comme le Père Noël pour l’aider à peindre et embal­ler ses oeufs (mais là, ça pose des pro­blèmes éthiques sur l’avortement et les condi­tions infan­tiles chez les volailles).

Enfin bon, moi, je m’en fous du moment que j’ai du cho­co­lat à chercher.