8 décembre 2010

C’est local, ma bonne dame

A Van­cou­ver, outre la pres­sion pour faire du foo­ting, du yoga, et man­ger du tofu et des légumes locaux, il y a aussi la pres­sion pour sou­te­nir les petits arti­sans locaux. Ca fait bien deux ans que je me dis qu’il fau­drait que je m’y mette, his­toire de pos­ter un article sur le sujet, mais bon, la flemme, tout ça… et voilà que Véro­nique s’y met (et à tour de bras en plus), alors bon, je me suis bougé les fesses ce week-end en allant au craft show que j’avais en ligne de mire depuis long­temps: Got Craft?

IMG_7532.jpg

Tenue sur Com­mer­cial Drive, l’autre repaire de bobos éco­los van­cou­vé­rois, l’itération hiver­nale de cette année regrou­pait une cin­quan­taine d’artisans locaux, allant de l’agent immo­bi­lier recy­clé en cho­co­la­tier à la mère au foyer qui fait plein de cou­ture en pas­sant par des fabri­quants de livres ou de pin’s ou de petits gnomes qui servent à rien mais qui sont mignons.

IMG_7530.jpg

IMG_7549.jpg

Beau­coup de choses inté­res­santes et mignonnes à voir, mais aussi beau­coup de monde. Ca papote dans tous les sens, ça mar­chande, ça essaie des écharpes et des cha­peaux, et tout ça pen­dant que du jazz passe sur la sono, his­toire de don­ner un cer­tain cachet à la chose. Le plus com­pli­qué c’est sur­tout de trou­ver un truc dont on a réel­le­ment besoin… enfin à part le cho­co­lat. Le cho­co­lat, ça, on en a tou­jours besoin.

IMG_7535.jpg

IMG_7537.jpg

Fina­le­ment, outre quelques truffes, j’ai passé une com­mande spé­ciale pour une petite poche sur-mesure pour mon nou­veau téléphone.

IMG_7547.jpg

Allez hop, je vous remet une pla­trée d’autres pho­tos, mais bon vous voyez le genre.

IMG_7544.jpg

IMG_7540.jpg

IMG_7546.jpg

Et voilà. Allez hop, c’est bien­tôt Noël alors fon­cez sur Etsy, trou­vez des arti­sans locaux, et ache­tez des cadeaux un poil ori­gi­naux à votre famille, vos amis, voire même vos auteurs de blogs van­cou­vé­rois pré­fé­rés! Et bon maga­si­nage, comme ils disent du côté com­plè­te­ment opposé du Canada!

IMG_7543.jpg

9 novembre 2010

La marche des esprits secrets

Vous vous rap­pel­lez peut-être qu’il y a deux ans je vous avais parlé de la parade des âmes per­dues, une petite soi­rée sym­pa­thique d’Hal­lo­ween au milieu de Com­mer­cial Drive.

IMG_7228.jpg

Mal­heu­reu­se­ment, en ces temps de vaches éco­no­miques maigres, l’évènement avait été annulé l’année der­nière. Il est revenu cette année, mais avec un bud­get 6 fois plus petit, et une forme com­plè­te­ment différente.

IMG_7318.jpg

Là où la parade de 2008 blo­quait tout Com­mer­cial Drive en fai­sant défi­ler marion­nettes géantes et fan­fares funèbres, genre “Nou­velle Orléans en ano­rak”, la marche de 2010 se limite à une poi­gnée de blocs rési­den­tiels à l’écart des grandes rues.

IMG_7315.jpg

Ces quelques blocs sont déco­rés par les habi­tants, aidés de moultes volon­taires, et vous y trou­ve­rez divers artistes qui essai­ront, selon les cas, de vous faire peur, de vous faire rire, ou de vous rendre tota­le­ment perplexe.

IMG_7294.jpg

Parmi les ani­ma­tions on trouve des groupes de musique divers, des mario­net­tistes, des mimes, et même des gens cachés dans des pou­belles (oui, c’est une pro­fes­sion, et c’est pas facile).

IMG_7231.jpg

IMG_7300.jpg

IMG_7239.jpg

Evi­dem­ment, vous n’échapperez pas à l’incontournable cho­ré­gra­phie de Thril­ler.

IMG_7283.jpg

L’évènement perd gran­de­ment en ambiance, j’ai trouvé, mais gagne un côté fami­lial qui semble avoir eu du succès.

IMG_7249.jpg

En ce qui nous concerne, vous pen­sez bien qu’on est trop fénéants pour se faire des cos­tumes… mais on a décou­vert les joies du pump­kin car­ving, quoique avec un design tra­di­tio­nel pas très ori­gi­nal parce que la citrouille était toute petite. Voyez plutôt:

IMG_7323.jpg

On a bien fait atten­tion de ne pas la mettre devant notre porte, sinon c’est le signe que les gamins du quar­tier peuvent venir nous piquer nos bon­bons qu’on a acheté à la sueur de notre front. Et moi, si on me pique mes rubans aci­du­lés ultra chi­miques qui défoncent la bouche, je mets une per­ruque mul­ti­co­lore et je tranche dans le lard.

IMG_7221.jpg

19 septembre 2010

Taiwanfest

Le week-end der­nier, c’était Tai­wan­fest en centre ville qui, comme le nom l’indique, est un fes­ti­val qui tente de pro­mou­voir la culture tai­wa­naise auprès de ces incultes d’américains. Et par “incultes d’américains”, je veux dire “incultes de chi­nois, d’européens, d’indiens, de gens du proche orient, et acces­soi­re­ment quelques amé­ri­cains”. Enfin bref, c’est Van­cou­ver, vous connais­sez la rangaine.

Comme on peut s’y attendre, il y a de la musique, de la bouffe, quelques trucs vague­ment tra­di­tion­nels, et une grosse pré­sence mar­ke­ting de la part des sponsors.

DSCF1523

L’une des stars musi­cales était Sis­sey Chao et son groupe, Double X. Recon­nais­sable à son masque de zorro et à sa totale inap­ti­tude à chan­ter cor­rec­te­ment, il est très connu à Tai­wan pour s’être fait cen­su­rer par son gou­ver­ne­ment à cause de paroles polé­miques sur plu­sieurs de ses chan­sons, ce qui était sur­tout chaud dans les années 80 avant la fin de la loi mar­tiale. Il est aussi un pion­nier du rock dans son pays, et l’un des rares artistes a pou­voir main­te­nant se pro­duire, ou être dif­fusé, à l’étranger.

DSCF1527

Côté tra­di­tio­nel, on a vu un spec­tacle de mario­nettes qui devait être l’équivalent d’un film de Michael Bay pour les tai­wa­nais de 1830, vu com­ment y’avait prin­ci­pa­le­ment de la bas­ton. Vous pou­vez même ache­ter les marion­nettes pour refaire les scènes les plus impres­sion­nantes chez vous (notez la marion­nette de Megan Fox au fond à gauche).

DSCF1537

Et enfin, que serait un stand de nour­ri­ture tai­wa­naise sans du tofu qui pue ou du poulpe? Hein? Je vous le demande, j’en ai abso­lu­ment aucune idée.

DSCF1533

DSCF1542

Evi­dem­ment, on fait cuire tout ça au bar­be­cue. Ca avait l’air bon mais mal­heu­reu­se­ment j’avais pas le temps de faire la queue. De toutes façons, je vous tes­te­rai tout ça comme il faut quand je me bou­ge­rai les fesses pour aller au mar­ché de nuit de Chi­na­town ou Rich­mond. Un jour. De toutes façons en ce moment j’ai mon appa­reil photo en répa­ra­tion, donc je dois uti­li­ser mon petit point-and-shoot. Et oui, je sais, ça a rien à voir comme excuse, mais c’est tout ce que j’ai.

DSCF1539

DSCF1543

Et voilà, bon appétit!

3 avril 2010

Mais qui donc amène les oeufs de Pâques?

En France, ce sont les cloches de Pâques qui amènent les oeufs de Pâques. Genre elles partent à Rome sur leurs petites jambes qu’elles n’ont pas, et reviennent quelques jours plus tard avec des oeufs colorés.

Le Lapin de Paques

Dans le genre “pas vrai­ment plus con, mais pas beau­coup mieux dans l’absolu”, l’amérique du nord ne jure que par le lapin de Pâques, inventé il y a quelques siècles vers l’Alsace et l’Alle­magne du sud-ouest. Un peu comme le Père Noël, il apporte les oeufs dans un panier la veille de Pâques, pen­dant la nuit. Par contre, à la dif­fé­rence de son confrère hiver­nal, il s’amuse à tout plan­quer, le petit sali­gaud. Du coup, toutes les conne­ries pas­cales que vous trou­ve­rez au Canada se rap­portent aux lapins, avec par exemple des lapins (sans blague) et des car­rottes en chocolat.

Notez qu’on trouve aussi en France des poules en cho­co­lat, ce qui me parais­sait au début beau­coup plus logique… mais en fait non. Une poule qui pond des oeufs colo­rés en cho­co­lats enro­bés dans du papier alu­mi­nium, c’est cré­tin aussi… à moins qu’elle ait des gnomes comme le Père Noël pour l’aider à peindre et embal­ler ses oeufs (mais là, ça pose des pro­blèmes éthiques sur l’avortement et les condi­tions infan­tiles chez les volailles).

Enfin bon, moi, je m’en fous du moment que j’ai du cho­co­lat à chercher.

28 février 2010

Trucs olympiques: des concerts d’où que t’as pas à aligner des thunes

Alors que le Canada mène en nombre de médailles d’or, ce qui ne man­quera pas de revi­go­rer les locaux dans leurs débal­lages patrio­tiques, j’aimerais vous par­ler du truc qui a peut-être convaincu les gens peu pas­sion­nés par le sport que fina­le­ment, héber­ger les J.O. c’est pas si mal… je veux bien sur par­ler des concerts gra­tuits d’où que vous avez pas à ali­gner des thunes!

Concert sur GE Plaza

En fait, une van­cou­vé­roise qui avait voté “non” au réfe­ren­dum olym­pique de février 2003 (où le “oui” l’avait emporté à 64% pour 50% de par­ti­ci­pa­tion) nous avait ensuite avoué que c’était pas si mal, en fait, les jeux.

LiveCity Yaletown

Pour les concerts, il y avait diverses scènes autour de Van­cou­ver et à Rich­mond — le “Live­City Van­cou­ver” (“Ville Vivante Van­cou­ver”, ci-dessus), mais aussi d’autres scènes comme la GE Plaza (celle où y’a la pati­noire, et en pre­mière photo), ou la Place de la Fran­co­pho­nie qui, comme son nom l’indique, fait figu­rer des artistes fran­co­phones. D’ailleurs, cette place était bien déserte la plu­part des soirs, preuve encore que la com­mu­nauté fran­co­phone à Van­cou­ver est bien petite.

Plastic "Gros Naze" Bertrand

Le plus pitoyable des soirs était sans doute celui de Plas­tic “Gros Naze” Ber­trand (ci-dessus), pré­senté comme un “chan­teur légen­daire de la pop fran­çaise des années 80 qui sait faire bou­ger et ani­mer une foule comme pas un!”. Soit disant, “avec sa voix unique et un son qui dégage, il vous fera pla­ner dans son uni­vers fan­tas­ma­go­rique rem­pli de sur­prises et de folies”. Genre. Style. En fait, non, il s’est contenté de faire DJ pen­dant 1 ou 2 heures (enfin j’en sais rien je suis parti au bout de 15 minutes)… et encore, DJ c’est un grand mot. Il sait même pas mixer (y’avait des blancs entre la plu­part des chan­sons et il déclen­chait des supers effets sonores genre reverb ou flan­ger à des endroits tota­le­ment inap­pro­priés), et la cin­quan­taine de per­sonnes qui avaient fait le dépla­ce­ment étaient immo­biles et muettes de stu­peur. Un grand moment de soli­tude (merci Syl­vain!).

Eric Lapointe à la guitare électrique

D’autres artistes un peu plus péchus ont vague­ment réussi à rem­plir la place (avec genre 1 mètre d’espace entre chaque per­sonne), mais on sent que la fran­co­pho­nie ne déplace pas les foules quand on est de l’autre côté du globe. Eric Lapointe, le Johnny Hal­li­day qué­be­cois, ci-dessus, a du mal à com­bler les trous (“en venant ici, on savait pas trop à quoi s’attendre, mais fina­le­ment c’est pas si pire” nous avoue-t-il après quelques chan­sons)… pas trop éton­nant non plus puisqu’il est rela­ti­ve­ment inconnu en dehors du Qué­bec. D’autres artistes un peu plus (inter)nationaux comme les Cow­boy Frin­guants ou Garou (qui avait chanté pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture) font un peu plus de chiffre mais on est loin des divers groupes qui rem­plissent les sites Live­City à bloc, lais­sant des foules entières et frus­trées à l’entrée, condam­nées à écou­ter les basses loin­taines éma­nant de la scène.

LiveCity Yaletown, feux d'artifice

Live­City Yale­town avait même un feu d’artifice dou­blé d’une pro­jec­tion d’images olym­piques du jour sur un écran d’eau à la fin des concerts. La GE Plaza avait aussi des feux d’artifice, ainsi que des gens dégui­sés en spor­tifs qui des­cendent le long de la tyro­lienne de Rob­son Square.

Surfeur volant

Des divers artistes cana­diens que j’ai pu voir, j’ai sur­tout appris une chose: l’existence de la coun­try cana­dienne. Eh ouais. Tenez, ça me parait assez évident:

Corb Lund at LiveCity Yaletown

Là où le chan­teur de coun­try amé­ri­caine vous parle de son ranch, de sa femme (morte ou divor­cée), de son chien et de la guerre civile, le chan­teur de coun­try cana­dienne vous parle de son camion (coincé dans la boue), de sa prai­rie (et des méchants qui veulent aller y creu­ser des puits de pétrole), de ses bottes (toutes sales), et du fait que le meilleur truc au monde c’est de boire de l’alcool (de pré­fé­rence du whisky). Tout un pro­gramme… Tenez, j’ai même une blague coun­try pour vous, racon­tée par le chan­teur de Corb Lund (ça fai­sait long­temps que je vous avais pas raconté une blague cana­dienne):

Dans un bar du Texas, deux cow-boys boivent un verre au bar. Ils dis­cutent comme d’habitude, et le bar est plus ou moins désert… quand deux per­sonnes entrent, et vont s’asseoir à une table dans un coin…

  • Hey, Jimmy, ces deux gars ont pas l’air d’être du coin… tu crois qu’ils viennent d’où?”
  • Ch’sais pas… mais pour sûr ils sont pas du coin” répond Jimmy. “Attends là, je vais aller leur demander”.

Jimmy se lève, s’approche de la table, fait un signe de salu­ta­tion avec son cha­peau, et demande:

  • Dites-moi, les gars, vous avez pas l’air d’être du coin… vous venez d’où au juste?”
  • Sas­ka­toon, Sas­kat­che­wan”, lui répond l’un des deux personnages.

Jimmy fait un signe de tête, puis demi-tour, et retourne au bar.

  • Alors, ils viennent d’où?” lui demande son pote.
  • Aucune idée… ils parlent même pas anglais”.

Rire. Humour. Hila­rité… Et si vous ne com­pre­nez pas la blague, je vous recom­mande de révi­ser votre géo­gra­phie cana­dienne.

Allez hop, je vous laisse avec plein de pho­tos.

Concert au LiveCity Yaletown

IMG_4853

LiveCity Yaletown, feux d'artifice (suite)

Concert au GE Plaza

Eric Lapointe, Québecois

21 février 2010

Trucs olympiques: c’est dingue ce qui se passe dans la rue

Comme le dit Véro­nique, en ce moment, il se passe des trucs incroyables qu’on ne reverra pro­ba­ble­ment jamais à Van­cou­ver… et comme il ne me semble pas que les médias fran­çais y apportent une quel­conque atten­tion, voilà rien que pour vous un petit aperçu de l’atmosphère urbaine de ces der­niers jours.

D’abord, c’est blindé de monde. Tenez, ça, c’est Gran­ville Street un ven­dredi soir.

Granville Street during the olympics (2)

Sûr, il peut éven­tuel­le­ment y avoir une foule simi­laire à ce point pré­cis pen­dant un autre évè­ne­ment bien ponc­tuel, mais là, c’est comme ça presque tous les soirs. En plus, dans une moindre mesure, y’a aussi plein de monde le long de plu­sieurs autres grands axes du centre ville, dont la plu­part sont fer­més à la cir­cu­la­tion… et moi, un centre ville à moi­tié pié­ton, ça me plait, ça me rap­pelle mon Lille natal.

Le truc bien, aussi, c’est que c’est pas blindé genre “t’avances à 1km/h et tu te fais écra­ser les pieds” – il y a tou­jours de la place pour navi­guer. Par contre, il faut s’attendre à voir des cana­diens bour­rés vous taper dans la main en criant “Go Canada Go!” tous les 50 mètres. En fait, en moins de 30 minutes de pro­me­nade en centre ville, un soir où le Canada a récu­péré une médaille d’or, j’ai eu droit, sans deman­der rien à per­sonne, à:

  • 5 ou 6 “high five” et divers cris de ral­lie­ment patrio­tiques atten­dant de moi une réponse non moins enga­gée et exstatique.
  • 4 com­pli­ments sur ma coif­fure, dont 2 venant de per­sonnes qui ont abso­lu­ment voulu tou­cher mes che­veux (je suis bon pour les laver en ren­trant maintenant).
  • 1 mec qui me demande si je sais où on peut “trou­ver du fun”. Je lui demande ce qu’il veut dire (j’ai peur qu’il me pro­pose une par­touze homo), et, affi­chant un gros sou­rire, il me dit “ben, de la drogue, quoi”.
  • 3 groupes de per­sonnes qui me demandent de les prendre en photo.
  • 1 fille qui, me voyant prendre des pho­tos, s’empare de mon appa­reil en me disant qu’il faut abso­lu­ment que j’aie une photo de moi au milieu de la foule. Pen­dant qu’elle me prend en photo, un groupe de gars pas­sant par là s’incruste dans le plan et tout le monde fait des “thumbs up”. Ils repartent ensuite en criant divers trucs vague­ment olympiques.
  • Quelques per­sonnes qui engagent la conver­sa­tion, au moins pour une minute, qu’ils soient tou­ristes ou locaux. D’ailleurs, un gars me demande une fois d’où je viens… je réponds “je suis fran­çais, mais j’habite à Van­cou­ver depuis 3 ans”. “Ah, ben t’es van­cou­vé­rois, alors”. Euuuh… ben ouais, je sup­pose (c’est beau les dilemmes iden­ti­taires des expatriés).

Granville Street during the olympics (1)

Le sol de la rue est col­lant, et la plu­part des gens bour­rés… et ceux qui ne le sont pas encore (ainsi qu’une par­tie de ceux qui le sont déjà) font la queue devant chaque reven­deur de bois­sons alcoo­li­sées du centre ville.

On voit d’ailleurs des files d’attente un peu par­tout. Par­fois on sait pour quoi c’est (l’entrée du très popu­laire et bruyant pavillon irlan­dais, l’entrée d’un club chic où un célé­brité quel­conque va y faire une appa­rence ou un concert privé, etc.), mais par­fois on ne sait pas trop… dans tous les cas, n’oubliez pas qu’ici, ils ont des vraies files d’attente, alors atten­tion à vos ins­tincts sau­vages de fran­çais qui gruge.

Tatouage discret

On croise dans la rue des musi­ciens en tout genre, des rap­peurs et des poètes, des magi­ciens et acro­bates, des cra­cheurs de feu, des dan­seurs de cla­quettes, et j’en passe. On trouve des camé­ras de télé­vi­sion, des micros de radio, et, pro­ba­ble­ment, des sty­los de jour­na­listes (mais ils sont moins visibles ceux là, à moins d’avoir un gros stylo). Les gens semblent heu­reux et arborent un nombre impres­sion­nant de vête­ments à l’effigie cana­dienne. C’est bien simple: au mini­mum, vous avez un t-shirt ou un pull qui dit “Canada”. Au mieux, toute votre famille porte les maillots de l’équipe de hockey cana­dienne, des bon­nets Canada, des écharpes Canada, et des tatouages du dra­peau cana­dien sur les joues. Le tout en rouge et blanc, bien sûr. La pauvre Véro­nique (oui, encore elle!) va nous faire une crise d’épilepsie, pen­dant que Miss 604 semble assez fière de ses com­pa­triotes. Ben voui, c’est pas tous les jours qu’on voit les cana­diens être plus patrio­tiques que leurs voi­sins du sud… enfin ces temps-ci, oui, c’est tous les jours qu’on le voit, mais bon vous voyez ce que je veux dire.

Explosions au dessus de GE Plaza

Ajou­tez à tout cela les rayons lumi­neux de Vec­to­rial Ele­va­tion qui balaient le ciel noc­turne, des images gigan­tesques pro­je­tées sur des façades d’immeubles pour encou­ra­ger ou féli­ci­ter les ath­lètes cana­diens, diverses explo­sions et feux d’artifices, des gens qui vous passent en criant au-dessus de la tête le long de la tyro­lienne de Rob­son Square

Tyrolienne de Robson Square

Attack Ice, Defend Turf

Tout cela crée une ambiance très sur­pre­nante, voire même très pre­nante tout court. En fait, tous les soirs, on a l’impression que les Van­cou­ver Canucks viennent de se qua­li­fier pour la finale de la coupe Stan­ley, un jour de fête natio­nale, pen­dant un fes­ti­val de Jazz (parce que oui, ces temps-ci on a un autre truc rare: des concerts gra­tuits… mais ça, j’en repar­le­rai un peu plus en détail dans un autre billet).

Bref, en réumé: woo­hoo, go Canada go, yeah, tout ça tout ça, avec de la bière s’il vous plait. Je me demande si y’en a qui sont encore assez frais le len­de­main pour aller voir les épreuves, dites donc… enfin bof, on regar­dera juste les résu­més en fin de jour­née… on va pas regar­der le cur­ling en direct, non plus, si?

16 février 2010

Le billet où c’est trop la honte, et c’est trop nul

Après le billet où tout est super trop bien, voilà le billet où c’est trop la honte. Parce que bon, déjà man­quer de neige au Canada, c’est pas foli­chon, sur­tout que les météo­ro­lo­gistes avaient dit au VANOC que c’était ris­qué d’organiser des épreuves sur Cypress. Ensuite, la mort d’un ath­lète avant le début des jeux, c’est pas génial, et le chau­dron final qui foire à la céré­mo­nie d’ouverture, ça fait pas grandiose…

Eh bien main­te­nant, c’est la honte avec les resur­fa­ceuses de la pati­noire ovale de Rich­mond. Le comité olym­pique vou­lait des jeux aussi éco­los que pos­sible, et donc, plu­tôt que d’utiliser des resur­fa­ceuses Zam­boni tour­nant au pro­pane (beuaark), ils ont com­mandé des resur­fa­ceuses éléc­triques chez Olym­pia (yay! woo­hoo!). Manque de bol, elles sont pour­ries du cul, ont foutu en l’air la glace de la pati­noire, et il a fallu une bonne heure (et beau­coup d’engueulades) pour que les épreuves de pati­nage reprennent… et appa­rem­ment, les fameuses Zam­boni pol­luantes seront à Rich­mond à par­tir d’aujourd’hui. Mouah ha ha ha. Moi j’aurais bien pro­posé qu’ils ramènent des mor­ceaux de glace bien lisses par camion depuis de Nuna­vut (après tout, cette tech­nique semble avoir bien mar­ché pour ennei­ger les pistes de Cypress), mais per­sonne m’écoute, moi.

Tenez, et aussi, vous vous rap­pel­lez de ma sur­prise à pro­pos de la pré­sence de la langue fran­çaise pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture? Eh bien divers offi­ciels et jour­na­listes du Qué­bec ont quand même réussi à cri­ti­quer, décla­rant qu’il n’y avait pas eu assez de contenu fran­çais… non mais ils se foutent de ma gueule? Pour un pays où seule­ment 22% des gens parlent fran­çais (et pas néces­sai­re­ment en tant que langue mater­nelle), ils ont déjà du bol d’avoir eu des tra­duc­tions fran­çaises (par­lées ou affi­chées) du début à la fin. En tout cas, d’après ce que j’en ai vu, c’était plus que ce que les anglo­phones ont eu pen­dant les jeux olym­piques d’été de Mont­réal en 1976. Ils auraient voulu quoi? Des dis­cours en double plu­tôt que tra­duits sur l’écran? (dans le genre chiant, ça aurait été grand) For­cer les peuples des pre­mières nations à dire plus qu’un simple “bien­ne­ve­niou”? (ça aurait été bien vu, tiens, des poli­ti­ciens qué­be­cois qui donnent des ordres aux pre­mières nations de l’ouest) Rame­ner Celion Dion en plus de Garou? (bien sûr, si on veut que la moi­tié de la terre se sui­cide). Ah oui, et alors ma cri­tique pré­fé­rée: il n’y avait que 15% des béné­voles olym­piques qui par­laient fran­çais. Ouah. Dingue. Déjà, pour une ville où, genre, 1.5% de la popu­la­tion parle fran­çais, c’est déjà incroyable d’avoir trouvé autant de fran­co­phones… mais il en fal­lait plus, de toute évi­dence! Ca me parait clair: il aurait fallu for­cer plus de fran­co­phones à être béné­voles! Voilà! Ah la la, moi j’aime beau­coup cette vision du bilin­guisme cana­dien qu’ont les inté­gristes qué­be­cois, genre 50/50 c’est le mini­mum accep­table (ça fait très objec­tif et prag­ma­tique, tout ça, sur­tout pour un évè­ne­ment inter­na­tio­nal). Il fau­drait leur dire que le Canada, c’est plus de 3/4 de trucs autres que le Que­bec… mais non, toute occa­sion est bonne pour cri­ti­quer. Sur ce plan là, au moins, c’est clair que les qué­be­cois ont des racines fran­çaises. Pfff.

22 décembre 2009

Vancouver Biennale

Ca y est, le mys­tère des oeuvres de… euh, d’art… a été résolu. Il s’agit d’une exhi­bi­tion bi-annuelle bien nom­mée “Van­cou­ver Bien­nale”. Sur le site offi­ciel, on peut trou­ver les noms, auteurs, et des­crip­tions de chaque oeuvre. Celles dont on avait parlé ici sont par exemple “Mee­ting”, de Wang Shu­gang, et “Pillows”, de Liu Jian­hua. Les pan­neaux “stop” men­tion­nés dans les com­men­taires sont pro­ba­ble­ment “The Stop”, the Michael Zheng.

L’itération cou­rante de l’exposition a été lan­cée offi­ciel­le­ment mi-Novembre, ce qui explique pour­quoi on voit plein de truc bizarres autour de chez nous depuis quelques temps, et devrait durer jusqu’en 2011 avec une tren­taine de sculp­tures et le double d’oeuvres dites “nou­veaux médias”.

8 décembre 2009

Si tu sais pas ce que c’est, c’est probablement de l’art”

Tout est dans le titre pour expli­quer ces trucs qu’on trouve le long de la pro­me­nade du front de mer entre Canada Place et le Stan­ley Park.

Par exemple, on trouve des cous­sins, et des mon­sieurs qui semblent faire caca.

Coussins par terre

Messieurs qui font caca

Monsieur qui fait caca

Donc oui, c’est pro­ba­ble­ment de l’art.

17 juin 2009

Dispositif pour extirper le mal

J’suis dég’. L’une des meilleures oeuvres d’art de Van­cou­ver (et aussi l’une des plus contro­ver­sées) démé­nage à Cal­gary pour 5 ans, juste au moment ou je vou­lais aller la prendre en photo pour vous en par­ler sur ce blog. On ne sait pas si elle va revenir.

Située à l’origine en centre-ville, près de la pro­me­nade du front de mer, le “Device to root out evil” (“Dis­po­si­tif pour extir­per le mal”) de Den­nis Oppen­heim repré­sente une église inver­sée. Vous pou­vez voir plein de pho­tos de l’oeuvre sur Fli­ckr.