19 octobre 2011

Les tomates du bobo

Pour don­ner un der­nier aperçu de l’été qui s’est récem­ment achevé, je vous refais faire un petit tour dans les mar­chés fer­miers de Van­cou­ver… et pas un des moindres parce qu’aujourd’hui on va aller voir celui de Com­mer­cial Drive, l’un des plus bobos de la ville.

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Com­mer­cial Drive, c’est le quar­tier qui se veut vague­ment multi-culturel, avec des cafés, res­tau­rants, salons de coif­fure ou épi­ce­ries un peu plus authen­tiques et ori­gi­naux qu’ailleurs. Un peu comme Gas­town mais sans le côté jeune céli­ba­taire urbain qui se la pète, quoi. Plu­tôt fami­lial et com­mu­nau­taire que bran­ché et VIP. Plu­tôt robe de cou­tu­rière locale que pan­ta­lon Lulu­le­mon taille basse. Plu­tôt iPhone 3GS que 4GS. Bon, vous voyez le topo. C’est là bas qu’on avait par exemple vu les sym­pa­thiques célé­bra­tions d’Hal­lo­ween, ou l’un des divers mar­chés d’artisans locaux.

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Tenu à côté de Trout Lake (le lac de la truite… avec pro­ba­ble­ment aucune truite dedans vu la ten­dance qu’ont les cana­diens à men­tir avec leur noms de lacs), ce mar­ché fer­mier n’est fina­le­ment pas beau­coup dif­fé­rent des autres: des éta­lages de fruits et légumes sous des petites tentes, de la musique live,
des trucs inté­res­sants (genre du cho­co­lat ou des tartes), et des trucs dont on a rien à foutre (genre des céréales arti­sa­nales bio issues du com­merce équi­table et faites sans faire souf­frir les grains de blé, dans un cui­sine construite par un arti­san local n’ayant uti­lisé que du ciment et du bois orga­niques et qui lui même est végé­ta­rien et vote à gauche… c’est très impor­tant, tout ça, ça change com­plè­te­ment le goût de la céréale, et en plus ça sauve la pla­nète, me dit-on dans mon oreillette).

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La vraie dif­fé­rence est plu­tôt dans le nombre de gens avec des cha­peaux de paille et des tongs ou san­dales en cuir – le signe de recon­nais­sance du vrai bobo.

Autre signe de bobo-itude, d’ailleurs: la forte pré­sente de “heir­loom toma­toes” (qu’on pour­rait tra­duire par “tomates du ter­roir”), le légume favori du bobo (enfin il faut dire qu’il y en a des varié­tés qui sont super bonnes).

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Et une fois votre petit tour au mar­ché ter­miné, vous pou­vez vous bala­der autour du lac, vous assoir au bord de l’eau ou faire un barbecue.

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Y’a même une petite plage pour faire des pâtés de sable ou faire caca (selon ce que vous pré­fé­rez faire dans le sable, je sais que ça varie selon les gens).

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Allez, voilà, main­te­nant il reste plus qu’à tenir bon pen­dant tout l’automne jusqu’à ce que je vous remette des pho­tos de ski!

22 août 2011

Hier matin, maman est allée au marché en banlieue

Quand on était jeunes, riches et méga ten­dance on vous avait parlé du mar­ché de Nel­son Park, où les gens jeunes, riches et méga-tendance vont le samedi matin avec leur sac recy­clable en tissu Whole Foods et leurs tongs et leur petit cha­peau Panama pour ache­ter des fraises orga­niques locales, goû­ter du miel orga­nique local, choi­sir des arran­ge­ments de sel orga­niques locaux, et plus géné­ra­le­ment sau­ver la planète.

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Main­te­nant on est vieux, pauvres, et on habite en ban­lieue, mais ça veut pas for­cé­ment dire qu’on peut plus aller au mar­ché non plus. Le mar­ché de Bur­naby se trouve pas très loin de chez nous et dans un cadre supre­nant: le village-musée his­to­rique de Bur­naby.

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Il s’agit d’une simple recons­truc­tion de ce à quoi res­sem­blait un vil­lage de Colombie-Britannique typique des années 1920s, avec un mélange de repro­duc­tions ultra-artificielles et d’objets de toute évi­dence authen­tiques. Rien de bien pas­sio­nant, mais l’endroit a son petit charme, et ça donne une ath­mo­sphère bien par­ti­cu­lière au marché.

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Le public est aussi très dif­fé­rent… le bobo du West End est ici rem­placé par la mère de famille de 35 ans avec ses 2 gamins, et la Cana­dienne de 65 ans qui refuse de quit­ter sa vieille mai­son pour qu’on y construise un immeuble de 40 étages est rem­pla­cée par la Chi­noise de 75 ans qui essaie de vendre sa mai­son à 20% au-dessus du prix du marché.

A part ça, on retrouve les clas­siques: des petits kiosques avec des tentes poin­tues, divers pro­duits frais et bidules arti­sa­naux, de la musique, et un mec déguisé en cuis­tot qui pisse sur un éta­lage de chocolat.

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Et des sculp­tures végé­tales de vaches, aussi.

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Non, moi non plus je sais pas.

Allez hop, j’espère que vous aussi vous sau­vez la pla­nète le samedi matin entre 10h30 et 11h15.

25 juin 2011

Chocolat et bonbons

Je vais pas sou­vent à Metro­town, mais si j’y vais tout seul, voilà ce qui arrive.

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2 mars 2011

Les pates carbo du caribou

On vous l’a déjà raba­ché plu­sieurs fois mais l’un des sujets de conver­sa­tion prin­ci­paux entre un Fran­çais métro­po­li­tain et un Fran­çais expa­trié est celui de la bouffe. Un l’instar d’un oncle inquiet pour votre santé, le Fran­çais métro­po­li­tain va vous deman­der, les mains trem­blantes, si au Canada on peut trou­ver du fro­mage qui pue ou du vin qui pique ou du foie gras ou des crois­sants ou je sais quoi. Et la réponse sera inva­ria­ble­ment: “oui, on en trouve, c’est juste que ça peut coû­ter par­fois cher”.

Par contre, per­sonne ne nous demande si on trouve du lait UHT. Parce que ça, y’en a pas. Et y’a d’autres trucs aux­quels on ne pense pas du tout…

Tenez, par exemple, vous connais­sez pro­ba­ble­ment tous la recette des “pâtes carbo” que Jean-Kevin nous détaille de manière brillante sur son site (ce qui lui vaut d’ailleurs un pro­cès, puis des expli­ca­tions for­cées). Pour résu­mer, vous met­tez des pâtes à cuire 10 minutes, vous faites reve­nir des petits lar­dons Herta dans une poëlle, et vous rajou­tez des oeufs et de la crème fraiche. Vous avez pro­ba­ble­ment tous fait ça dans votre chambre d’étudiant de 18m2 quand vous étiez jeune (par contre vous avez peut-être pas tous chopé des meufs comme Jean-Kevin, mais c’est pas grave).

Mais au Canada? Hor­reur, mal­heur! Impos­sible de suivre la recette! (com­ment font les étu­diants pour cho­per des meufs? Mystère!)

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D’abord, on ne trouve pas de crème fraîche comme en France. On a plu­sieurs variantes d’un truc qui s’appelle “sour cream” (ou “crème sûre” en qué­be­cois) qui est plus légère que notre crème frâiche nor­male (14% de matières grasses? non mais fran­che­ment?). C’est de la crème fraiche légère, quoi. Le genre de truc que j’essaie d’éviter d’habitude parce que les trucs légers, c’est pas bon pour mon cho­les­té­rol. Ils ont aussi quelques rares trucs nom­més “crème fraîche” avec un taux de matières grasses décent, mais la tex­ture est tou­jours un peu dif­fé­rente… mais c’est pas grave, on s’y fait rapidement.

L’autre grand drame, c’est qu’il n’y a pas de petits lar­dons Herta. Y’a pas de petits lar­dons tout court, d’ailleurs. Les lar­dons, il faut se les faire à la main, avec sa planche à décou­per et tout.

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C’est pas plus mal, remar­quez, puisque ça nous pousse à faire des pâtes carbo cor­rec­te­ment, avec la pan­cetta et tout le bou­sin (ça, y’a aucun pro­blème pour trou­ver de la pan­cetta à Van­cou­ver, y’en a dans toutes les grandes sur­faces au rayon bou­che­rie). Par contre, entre les lar­dons Herta et la pan­cetta, y’a comme une légère dif­fé­rence de goût (genre les lar­dons Herta ils ont pas de goût, alors que la pan­cetta oui, vous voyez?). Du coup, ça peut faire un choc la pre­mière fois. Si vous êtes un peu sen­sible du palais, je recom­mande de mélan­ger la pan­cetta avec du cana­dian bacon, bien moins fort. Visuel­le­ment, vous ver­rez à peine la dif­fé­rence – tous les lar­dons se res­semblent plus ou moins – mais le plat final sera plus doux.

Et voilà com­ment on fait des pâtes carbo au Canada! Fas­ci­nant, non?

19 janvier 2011

Marché de Noël à Vancouver

Houlà je me suis aperçu que j’ai oublié de pos­ter toutes mes pho­tos des fêtes, comme par exemple une démons­tra­tion de l’existence de mar­chés de Noël ger­ma­niques même dans des coins recu­lés du nord-ouest amé­ri­cain. Et comme à peu près par­tout à part cer­tains coins d’Alle­magne, Dane­mark et Suède, les mar­chés de Noël c’est plu­tôt naze.

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Vous ne trou­ve­rez pas grand chose d’original dans celui de Van­cou­ver… j’veux dire, on suit ici la tra­di­tion des petites cabanes en bois, du vin chaud et des babioles à vendre dont on a abso­lu­ment rien à foutre, sans comp­ter que de toutes façons il fait trop froid pour se sor­tir les mains des poches pour aller cher­cher son argent.

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Côté bouffe, ils ont quand même fait un effort: j’ai pas vu de hot-dogs ou bur­gers ou autres trucs du genre. A la place, on a droit à de la chou­croute et des crêpes et de la raclette et d’autres trucs vague­ment européens.

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Ah oui, et evi­dem­ment, c’est blindé de monde. Ca serait pas un vrai mar­ché de Noël si c’était pas blindé de monde.

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Ben voilà, c’est tout quoi. C’est un mar­ché de Noël. Vous avez déjà passé plus de 5 minutes dans un mar­ché de Noël, vous? Ouais, moi non plus. Allez hop, on se quitte sur du bon fro­mage fondu. Au moins tout n’est pas perdu…

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8 décembre 2010

C’est local, ma bonne dame

A Van­cou­ver, outre la pres­sion pour faire du foo­ting, du yoga, et man­ger du tofu et des légumes locaux, il y a aussi la pres­sion pour sou­te­nir les petits arti­sans locaux. Ca fait bien deux ans que je me dis qu’il fau­drait que je m’y mette, his­toire de pos­ter un article sur le sujet, mais bon, la flemme, tout ça… et voilà que Véro­nique s’y met (et à tour de bras en plus), alors bon, je me suis bougé les fesses ce week-end en allant au craft show que j’avais en ligne de mire depuis long­temps: Got Craft?

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Tenue sur Com­mer­cial Drive, l’autre repaire de bobos éco­los van­cou­vé­rois, l’itération hiver­nale de cette année regrou­pait une cin­quan­taine d’artisans locaux, allant de l’agent immo­bi­lier recy­clé en cho­co­la­tier à la mère au foyer qui fait plein de cou­ture en pas­sant par des fabri­quants de livres ou de pin’s ou de petits gnomes qui servent à rien mais qui sont mignons.

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Beau­coup de choses inté­res­santes et mignonnes à voir, mais aussi beau­coup de monde. Ca papote dans tous les sens, ça mar­chande, ça essaie des écharpes et des cha­peaux, et tout ça pen­dant que du jazz passe sur la sono, his­toire de don­ner un cer­tain cachet à la chose. Le plus com­pli­qué c’est sur­tout de trou­ver un truc dont on a réel­le­ment besoin… enfin à part le cho­co­lat. Le cho­co­lat, ça, on en a tou­jours besoin.

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Fina­le­ment, outre quelques truffes, j’ai passé une com­mande spé­ciale pour une petite poche sur-mesure pour mon nou­veau téléphone.

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Allez hop, je vous remet une pla­trée d’autres pho­tos, mais bon vous voyez le genre.

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Et voilà. Allez hop, c’est bien­tôt Noël alors fon­cez sur Etsy, trou­vez des arti­sans locaux, et ache­tez des cadeaux un poil ori­gi­naux à votre famille, vos amis, voire même vos auteurs de blogs van­cou­vé­rois pré­fé­rés! Et bon maga­si­nage, comme ils disent du côté com­plè­te­ment opposé du Canada!

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21 juin 2010

Hier matin, maman est allée au marché

Je vous par­lais dans le billet pré­cé­dent des acti­vi­tés prin­tan­nières van­cou­vé­roises, eh bien en voilà une autre: aller au marché.

Farmer's Market Today

A Van­cou­ver, avec tous les bobos qui deviennent végé­ta­riens et éco­los après avoir vu des films où on tue des dau­phins, la pres­sion pour consom­mer des pro­duits locaux et bio est assez énorme. Du coup, nom­breux sont les gens qui, le prin­temps venu, vont faire leurs courses au mar­ché du coin. Bien sûr, le reste du temps on trouve des mar­chés cou­verts per­ma­nents comme celui de Gran­ville Island, mais les mar­chés de quar­tier sont beau­coup plus relax et convi­viaux, avec une petite touche esti­vale indéniable.

West End Farmers' Market (1)

Celui de notre quar­tier (le West End Far­mers Mar­ket, à quelques pâtés de mai­son de chez nous) res­semble à n’importe quel mar­ché de la côte ouest: des petits cha­pi­taux blancs au-dessus des éta­lages de pro­duits, et des musi­ciens qui s’occupent du fond sonore.

Musiciens au marché

On y trouve, comme vous pou­vez vous en dou­ter, des pro­duits frais, que ce soit des fruits et légumes, du pois­son ou de la viande (mais ça c’est plus rare, hein, rap­port aux bobos végétariens).

West End Farmers' Market (3)

West End Farmers' Market (4)

On trouve aussi divers pro­duits “faits mai­son”, du miel aux céréales en pas­sant par les tartes, gateaux et autres patis­se­ries, fro­mages, pains, et j’en passe.

West End Farmers' Market (5)

Miel

Fudge

Et il ne faut pas oublier l’incontournable crê­pe­rie fran­çaise, qui dis­tri­bue Nutella et bon­heur aux passants:

Crepes francaises

Bref, voilà, c’est le mar­ché du samedi matin. N’oubliez pas d’y aller en vélo avec vos sacs en tissu, hein… parce qu’il ne faut sur­tout pas frois­ser le bobo écolo, il pour­rait vous frap­per avec son iPhone.

West End Farmers' Market (7)

9 juin 2010

Des fruits bizarres

Il y a très très long­temps, j’avais men­tionné la pré­sence de plein de fruits bizarres sur les mar­chés van­cou­vé­rois. La proxi­mité (toute rela­tive) de l’amérique cen­trale ainsi que la forte popu­la­tion asia­tique (et part “forte” je veux pas dire qu’ils sont gros… juste qu’ils sont nom­breux) font que même les mar­chés pour petit occi­den­taux blancs et gras­souillets auront un mini­mum de fruits exo­tiques dis­po­nibles (mais vous en trou­ve­rez bien plus dans les maga­sin asia­tiques, bien sûr, si jamais vous y com­pre­nez quelque chose). Rien que pour vous, j’ai décidé d’en tes­ter 3.

Fruits exotiques

Vous recon­nais­sez peut-être la banane plan­tain, le fruit du dra­gon (devant à gauche), et le kiwano, ou “melon cornu” comme ils disent ici (à droite).

La banane plan­tain est rela­ti­ve­ment bien connue en France donc on va pas­ser rapi­de­ment des­sus: c’est une banane fade.

Le fruit du dra­gon, par contre, c’est bizarre. Laure en avait goûté au Viet­nam et avait trouvé ça pas génial, sauf si c’est en smoo­thie avec plein de sucre. Et je confirme, c’est pas folichon.

Fruit du dragon

Ca a un peu la consis­tance du kiwi, mais en plus gluant. Le goût est assez fade, très très légè­re­ment sucré. Mais sur­tout fade. Et gluant.

Le kiwano, par contre, c’était la grosse sur­prise: je m’attendais pas à trou­ver un truc pareil à l’interieur.

Kiwano

On dirait du faux sang d’extra-terrestre issu d’un mau­vais film TV. C’est vert fla­shy, gluant à sou­hait, avec des graines jaunes. On est censé appa­rem­ment aspi­rer tout ça direc­te­ment avec la bouche… c’est rigolo les 2 pre­mières minutes. Le goût est proche du kiwi dans le genre acide. Cer­tains disent aussi que le goût se rap­proche du concombre. Si si.

En fait, le pro­blème avec ces fruits exo­tiques, c’est que j’ai aucune idée s’ils sont mûrs ou comme il faut. J’veux dire, le mec qui a jamais mangé une pomme, il pour­rait en bouf­fer une trop mûre et tota­le­ment fari­neuse et déci­der que c’est naze… donc si vous savez com­ment choi­sir vos fruits du dra­gon ou vos kiwano, pos­tez les ins­truc­tions en com­men­taires! Je vais pro­ba­ble­ment re-essayer une ou deux autres fois, et ensuite pas­ser à d’autres fruits encore plus bizarres! Ouais!

11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dol­lars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expa­triés et les tou­ristes, l’une des pre­mières dif­fé­rences frap­pantes entre l’Amé­rique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font par­tie de cette mino­rité de pays cré­tins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moi­tié de pays intel­li­gents qui affichent leurs prix hors pour­boires… bref, vous allez payer sacré­ment plus que le prix affi­ché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakis­ta­nais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La rai­son, supre­nante, de cet affi­chage qui ferait hur­ler les asso­cia­tions de consom­ma­teurs fran­çaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gou­ver­ne­ments sou­cieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe exis­tante était une taxe fédé­rale rela­ti­ve­ment obs­cure, la FST (“taxe sur les ventes de pro­duc­teurs”). Le pro­blème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une caté­go­rie rela­ti­ve­ment res­treinte de pro­duits, et seule­ment en amont dans la chaine de pro­duc­tion (elle était invi­sible aux consom­ma­teurs). Cela néces­si­tait donc beau­coup de pape­rasses jus­ti­fi­ca­tives entre pro­duc­teurs, et ren­dait cer­taines indus­tries cana­diennes peu com­pé­ti­tives à l’export. Aussi, son appli­ca­tion non-systématique défor­mait les marchés.

En 1991, par contre, un gou­ver­ne­ment conser­va­teur cen­triste (quoique légè­re­ment à droite sur les sujets éco­no­miques) se met à intro­duire un sytème de taxe sur la valeur ajou­tée sous la forme de la GST (“taxe sur les pro­duits et ser­vices”), fixée alors à 7%. Le sys­tème de taxe ajou­tée signi­fie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de pro­duc­tion paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la dif­fé­rence (ou “valeur ajou­tée”) à l’état. Vu de loin, ce sys­tème res­semble à notre bien nom­mée TVA natio­nale. De toutes façons, vu de loin, pra­ti­que­ment toutes les taxes sur les ventes appli­quées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont ins­pi­rées de la TVA fran­çaise, intro­duite en 1954 dans une ver­sion un peu plus réduite que celle qu’on connait main­te­nant (elle fut éten­due dans les années 60 par Valéry Gis­card d’Estaing). Encore une grande inven­tion fran­çaise, quoi… pas la peine de nous remer­cier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évè­ne­ment rela­ti­ve­ment récent, et les gens qui se rap­pellent de “l’avant GST” sont nom­breux… vous pou­vez ima­gi­nez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, sur­tout qu’au même moment toutes les pro­vinces, sauf l’Alberta, décident éga­le­ment d’appliquer une taxe pro­vin­ciale, la PST (“taxe pro­vin­ciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une com­bi­nai­son de TVA fédé­rale (la GST) et de TVA pro­vin­ciale (la PST).

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Fai­sons main­te­nant une brève pause et remon­tons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Consti­tu­tio­nel de 1867 fut signé. C’est un docu­ment extrê­me­ment impor­tant car il fait par­tie des quelques étapes qui uni­fièrent le Canada en un domi­nion fédé­ral avec le sys­tème poli­tique que l’on connait main­te­nant. Le pro­blème c’est que pour uni­fier des ter­ri­toires aussi immenses et éloi­gnés les uns des autres, il était impé­ra­tif de leur lais­ser un mini­mum d’autonomie. Un petit détail de cet acte consti­tu­tio­nel déclare ainsi (allez savoir pour­quoi) que chaque pro­vince déci­dera comme bon lui semble des lois gou­ver­nant le mar­ke­ting et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une cer­taine pro­tec­tion des citoyens contre le bon vou­loir des pro­vinces, une autre clause indique que seul le gou­ver­ne­ment fédé­ral peut mettre en place un quel­conque impôt indi­rect. Si une pro­vince décide d’inventer un nou­vel impôt, il sera obli­ga­toi­re­ment direct afin que les citoyens de cette pro­vince soient plei­ne­ment conscients de la situation.

Reve­nons main­te­nant en 1991. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consom­ma­teurs (par oppo­si­tion à la pré­cé­dente FST). Il sou­haite éga­le­ment rendre le mélange entre taxes fédé­rales et pro­vin­ciales plus simple, en encou­ra­geant les pro­vinces à adop­ter une taxe “har­mo­ni­sée” (HST) qui com­bi­ne­rait GST et PST… mais les pro­vinces ont d’autres idées en tête. Face à une opi­nion publique lar­ge­ment mécon­tente à l’idée d’une hausse des prix, elles pré­fèrent en mettre le plus pos­sible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se pré­sente de déci­der s’il faut impo­ser un affi­chage TTC (“toutes taxes com­prises”), les pro­vinces choi­sissent d’éviter le sujet: toute cette his­toire de taxes est la faute du gou­ver­ne­ment fédé­ral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les pro­vinces n’ont consti­tu­tio­nel­le­ment pas le droit d’imposer un affi­chage des prix avec la PST com­prise car celle-ci devien­drait alors une taxe indi­recte (selon la défi­ni­tion cana­dienne du terme qui dit que la taxe est indi­recte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre tran­sac­tion finan­cière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indi­qué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la ques­tion n’a jamais été sérieu­se­ment étu­diée). Inver­se­ment, le gou­ver­ne­ment fédé­ral ne peut rien impo­ser aux pro­vinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uni­que­ment), tou­jours à cause de la consti­tu­tion. Ils auraient pu en pro­fi­ter pour la chan­ger pour l’occasion, mais je sup­pose que ça aurait décu­plé la com­plexité d’une ini­tia­tive déjà pas super tri­viale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux maga­sins d’adopter l’affichage qu’ils dési­rent… et par souci de com­pé­ti­ti­vité, tout le monde adopte rapi­de­ment l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un pro­duit à $115 alors que le voi­sin l’affiche à $99, même si on met un gros pan­neau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines auto­ma­tiques, les télé­phones publics, cer­tains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figu­rer des prix TTC (pro­ba­ble­ment parce que le gros de la clien­tèle est com­po­sée de tou­ristes qui sup­portent mal l’affichage hors taxes). Bref, bon­jour le bor­del pour le consom­ma­teur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour ter­mi­ner, voilà un petit résumé des évè­ne­ments rela­tifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conser­va­teur qui avait intro­duit la GST était à l’époque bien évi­dem­ment majo­ri­taire dans la Chambre des Com­munes, avec 169 sièges sur 295. Pen­dant les élec­tions de 1993, ils se font détruire par les élec­teurs et se retrouvent avec seule­ment 2 sièges, au pro­fit des libé­raux de Jean Chré­tien. Ouaip. Deux sièges. Avoir intro­duit la GST de manière aussi visible était donc un bon sui­cide poli­tique. Des gens (dont beau­coup de conser­va­teurs même) pensent que ça se serait beau­coup mieux passé s’ils avaient réussi à impo­ser des affi­chages de prix TTC sur le plan fédé­ral, limi­tant ainsi la “mémoire” des cana­diens sur le chan­ge­ment des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en récla­mant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une che­mise à carreaux.
  • En 1992, le Qué­bec intro­duit la QST (“taxe qué­bé­coise sur les ventes”) comme alter­na­tive aux PSTs des autres pro­vinces (parce que le Qué­bec fait jamais comme les autres). Son fonc­tion­ne­ment en rap­port à la GST est proche de la taxe har­mo­ni­sée (HST) vou­lue à l’origine par le gou­ver­ne­ment fédé­ral, mais elle est admi­nis­trée par Revenu Qué­bec (le fisc local), et n’apporte pas vrai­ment d’amélioration sur le plan admi­nis­tra­tif des entre­prises aux autres sys­tèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nou­velle Ecosse, Nou­veau Bruns­wick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Appa­rem­ment, l’accord entre ces pro­vinces et le gou­ver­ne­ment fédé­ral incluait à l’origine des condi­tions sur l’affichage de prix TTC sur cer­tains pro­duits et ser­vices, mais ces clauses ont été com­bat­tues féro­ce­ment par les entre­prises natio­nales, pas très chaudes à l’idée de devoir main­te­nir deux affi­chages de prix dif­fé­rents dans leurs maga­sins, cata­logues, sites inter­net, etc., en fonc­tion de la pro­vince concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gou­ver­ne­ment fédé­ral baisse la GST de 1% (elle est main­te­nant à 5%), prin­ci­pa­le­ment à cause de pro­messes élec­to­rales (comme quoi des fois les poli­ti­ciens les tiennent).
  • Au 1er juillet pro­chain, la Colom­bie Bri­tan­nique et l’Onta­rio vont éga­le­ment mettre en place la HST. L’Onta­rio aura exac­te­ment la même taxa­tion que les autres pro­vinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colom­bie Bri­tan­nique fait sa maline avec une HST de 12%, mais prin­ci­pa­le­ment parce que la PST y était jusqu’à main­te­nant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impo­pu­laire, ça serait encore plus le bor­del si le gou­ver­ne­ment rajou­tait 1% en plus (on en repa­lera, de toutes façons, c’est le genre de bor­del poli­tique fédéral/provincial bien cana­dien qu’on ne connait pas en France, ça vous chan­gera du bou­clier fis­cal et des bur­kas). En tous cas, ça fout la pres­sion sur les quelques pro­vinces res­tantes qui n’ont pas encore har­mo­nisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, main­te­nant (si j’ai dit une conne­rie, insul­tez moi en com­men­taire)… et s’il y a des futurs expa­triés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en maga­sin suit en géné­ral les autres bonnes pra­tiques fran­çaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux com­pa­rer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plu­part des articles de votre panier de courses (nour­ri­ture, bois­sons non-alcoholisées, etc.), les prix affi­chés en super­mar­ché sont effec­ti­ve­ment ceux que vous paie­rez à la caisse.

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Ca y est, tout le monde est endormi?

30 mars 2010

Le problème du croissant

Les bou­lan­ge­ries fran­çaises sont rela­ti­ve­ment cou­rantes à Van­cou­ver. Le pro­blème c’est que si la plu­part des vitrines, de loin, ont l’air fran­co­pho­ne­ment allé­chantes, quand on rentre dedans c’est une autre his­toire. A “La Bou­lan­ge­rie” on se fait ser­vir par une indienne bizarre, et à la “Baguet­te­rie Pari­sienne” il s’agit de deux japo­naises, par exemple. Bref, comme bien sou­vent en amé­rique du nord, on use et abuse de la France pour atti­rer sans honte et à grands coups de pho­tos de la Tour Eif­fel le client vers des pro­duits qu’on pro­met de qua­lité, mais qui sont en réa­lité bien moyens, voire pire. Alors oui, OK, la natio­na­lité des cais­sières n’a géné­ra­le­ment pas d’impact sur la qua­lité des pro­duits, mais quand même si je vais dans un res­tau­rant à sushis et que tout le monde a l’air pakis­ta­nais, j’ai des doutes. Les bonnes sur­prises sont rares.

Dans le cas des bou­lan­ge­ries fran­çaises d’ici, le bât blesse prin­ci­pa­le­ment au niveau des crois­sants. Les crois­sants à Van­cou­ver sont tout sim­ple­ment rare­ment bons. Ils sont tout secs, genre ils ont oublié de mettre le beurre (ce qui est un comble quand on fait des crois­sants au beurre). Ca doit être l’effet west-coast, c’est des crois­sants dié­té­tiques, peut-être. En tous cas, je sais pas vous, mais moi, si j’ai pas besoin de m’essuyer les mains après avoir mangé un crois­sant, c’est qu’il y a un pro­blème… le pain est vague­ment man­geable, mais vous vous en sor­ti­rez géné­ra­le­ment mieux (et pour moins cher) en allant dans d’autres bou­lan­ge­ries euro­péennes (prin­ci­pa­le­ment ita­liennes ou grecques… mais il faut aimer le pain ita­lien ou grec!), ou en allant dans celles qui ne se reven­diquent d’aucune natio­na­lité par­ti­cu­lière, genre Terra Breads (parce que c’est pas sous pré­texte qu’un pain n’est pas fait exac­te­ment à la fran­çaise qu’il n’est pas bon).

Terra Breads at Granville Market

On trouve aussi du bon pain dans les endroits les plus sur­pre­nants, mais le sujet a l’air plus dis­cu­table auprès des expa­triés van­cou­vé­rois (le pain de Costco, le pain de l’épicerie asia­tique de Stra­th­cona, etc…). Enfin le prin­ci­pal c’est que cha­cun trouve du pain qui lui plaise…

Terra Breads at Granville Market (close up)

…ce qui nous laisse quand même avec le pro­blème du croissant.

Eh bien la bonne nou­velle, pour les ama­teurs de vien­noi­se­ries de qua­lité, c’est qu’une vraie boulangerie/patisserie fran­çaise ouvre cette semaine! Avec des crois­sants blin­dés de beurre! (dont on me dit qu’il est néo-zélandais, d’ailleurs).

Croissants au beurre

Ca s’appelle “Baguette & Co”, c’est tenu par des amis, et ça ouvre le 1er avril à Kit­si­lano au milieu des bou­lan­ge­ries grecques de Greek­town. En bon busi­ness van­cou­vé­rois, B&C a sa page face­book avec toutes les infor­ma­tions néces­saires. La “french bakery with a twist” (c’est leur slo­gan) offrira même à ses sym­pa­thiques clients un espace avec tables et cana­pés pour dégus­ter ses pro­duits avec un petit café ou un thé… une expé­rience très Kits, quoi.

Patisseries francaises

Main­te­nant, on peut pas­ser au pro­blème sui­vant, celui du sirop de gre­na­dine, dont je soup­çonne qu’il sera poten­tiel­le­ment bien­tôt réglé… stay tuned.

Mise à Jour: la méga classe, William Gib­son aime les crois­sants de Baguette & Co, apparemment.