14 novembre 2006

Obtenir un Visa de travail

Pour trou­ver un bou­lot par ici, vous avez 2 solutions:

  1. Obte­nir un Visa de tra­vail et venir cher­cher un bou­lot sur place.
  2. Trou­ver un bou­lot depuis chez vous et vous faire spon­so­ri­ser par votre nou­vel employeur.

La pre­mière solu­tion demande de suivre de longues démarches (un peu plus d’un an), et peut vous vider votre compte en banque, selon le temps que vous met­trez à trou­ver un bou­lot. Un chauf­feur de taxi Pakis­ta­nais me racon­tait, avec son accent à cou­per à la hache de bûche­ron, qu’il était venu cher­cher du tra­vail en tant que tech­ni­cien en infor­ma­tique. Ca n’était pas la pre­mière fois que j’entendais par­ler de dés­illu­sions d’immigrés Cana­diens, mais vu ce qu’il m’a dit quelques minutes plus tard (“méfiez-vous des Asia­tiques. Mafia Asia­tique mau­vaise! Très mau­vaise!”), je ne sais pas trop si c’est vrai­ment la faute au mar­ché de l’emloi… enfin bref.

La deuxième solu­tion est plus sécu­ri­sante et pra­tique, mais ne marche que si vous trou­vez un emploi dans une société qui est prête à spon­so­ri­ser un étran­ger pour un Visa. La plu­part du temps, ça veut dire une grosse société, bien qu’il y ait quelques excep­tions. Le prin­cipe est ici d’envoyer des CVs jusqu’à décro­cher des entre­tiens télé­pho­niques, puis éven­tuel­le­ment d’aller sur place quelques jours pour des entre­tiens en per­sonne1. Si tout se passe bien, vous signez un contrat de tra­vail et vous envoyez une copie de votre pas­se­port. Ensuite, vous n’avez plus qu’à attendre la confir­ma­tion que votre Visa a été approuvé par le gou­ver­ne­ment Cana­dien. Cela prend entre 4 et 10 semaines, sauf pour le Qué­bec où des accords spé­ci­fiques avec la France faci­litent gran­de­ment les choses.

J’ai suivi la deuxième solu­tion, ayant signé mon contrat début Sep­tembre 2006, et démé­nagé mi-Novembre 2006. Le Visa de tra­vail est valable 3 ans, et est bien sûr renou­ve­lable, ou trans­for­mable en Rési­dence Per­ma­nente sous cer­taines conditions.

Une bonne nou­velle pour les couples (hétéro et homo­sexuels) est que le conjoint est nor­ma­le­ment éli­gible pour un Visa de tra­vail “ouvert” (“Open Work Per­mit”) lui per­met­tant de cher­cher du tra­vail sur place. Il suf­fit pour cela de jus­ti­fier que vous êtes amou­reux. Pour l’administration Cana­dienne, ça veut dire jus­ti­fier d’une vie com­mune de plus d’un an (via des jus­ti­fi­ca­tifs de domi­cile, des comptes ban­quaires com­muns, etc.).

Un détail amu­sant est qu’il existe cer­taines situa­tions excep­tion­nelles qui per­mettent d’expliquer pour­quoi, mal­gré un amour infini et incon­di­tion­nel, deux per­sonnes peuvent ne pas habi­ter ensemble. Si, tou­te­fois, vous ne pou­vez pas pro­duire de preuves vous pla­çant dans ces cas, vous n’êtes de toute évi­dence pas amou­reux. Le site du gou­ver­ne­ment Cana­dien vous fait alors la morale, vous expli­quant que l’absence de vie com­mune tra­duit un manque de matu­rité dans votre rela­tion amou­reuse, et que la force de vos sen­ti­ments ne résis­tera pro­ba­ble­ment pas à un chan­ge­ment aussi dras­tique qu’un démé­na­ge­ment à l’étranger.

Et non, faire l’amour sur le bureau de l’agent d’immigration n’arrangerait pas du tout votre dossier.

1 Ce qui veut dire se taper 11 heures d’avion pour par­ler bou­lot en anglais avec 9 heures de déca­lage horaire dans la tête. Fun, fun, fun.