19 octobre 2011

Les tomates du bobo

Pour don­ner un der­nier aperçu de l’été qui s’est récem­ment achevé, je vous refais faire un petit tour dans les mar­chés fer­miers de Van­cou­ver… et pas un des moindres parce qu’aujourd’hui on va aller voir celui de Com­mer­cial Drive, l’un des plus bobos de la ville.

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Com­mer­cial Drive, c’est le quar­tier qui se veut vague­ment multi-culturel, avec des cafés, res­tau­rants, salons de coif­fure ou épi­ce­ries un peu plus authen­tiques et ori­gi­naux qu’ailleurs. Un peu comme Gas­town mais sans le côté jeune céli­ba­taire urbain qui se la pète, quoi. Plu­tôt fami­lial et com­mu­nau­taire que bran­ché et VIP. Plu­tôt robe de cou­tu­rière locale que pan­ta­lon Lulu­le­mon taille basse. Plu­tôt iPhone 3GS que 4GS. Bon, vous voyez le topo. C’est là bas qu’on avait par exemple vu les sym­pa­thiques célé­bra­tions d’Hal­lo­ween, ou l’un des divers mar­chés d’artisans locaux.

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Tenu à côté de Trout Lake (le lac de la truite… avec pro­ba­ble­ment aucune truite dedans vu la ten­dance qu’ont les cana­diens à men­tir avec leur noms de lacs), ce mar­ché fer­mier n’est fina­le­ment pas beau­coup dif­fé­rent des autres: des éta­lages de fruits et légumes sous des petites tentes, de la musique live,
des trucs inté­res­sants (genre du cho­co­lat ou des tartes), et des trucs dont on a rien à foutre (genre des céréales arti­sa­nales bio issues du com­merce équi­table et faites sans faire souf­frir les grains de blé, dans un cui­sine construite par un arti­san local n’ayant uti­lisé que du ciment et du bois orga­niques et qui lui même est végé­ta­rien et vote à gauche… c’est très impor­tant, tout ça, ça change com­plè­te­ment le goût de la céréale, et en plus ça sauve la pla­nète, me dit-on dans mon oreillette).

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La vraie dif­fé­rence est plu­tôt dans le nombre de gens avec des cha­peaux de paille et des tongs ou san­dales en cuir – le signe de recon­nais­sance du vrai bobo.

Autre signe de bobo-itude, d’ailleurs: la forte pré­sente de “heir­loom toma­toes” (qu’on pour­rait tra­duire par “tomates du ter­roir”), le légume favori du bobo (enfin il faut dire qu’il y en a des varié­tés qui sont super bonnes).

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Et une fois votre petit tour au mar­ché ter­miné, vous pou­vez vous bala­der autour du lac, vous assoir au bord de l’eau ou faire un barbecue.

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Y’a même une petite plage pour faire des pâtés de sable ou faire caca (selon ce que vous pré­fé­rez faire dans le sable, je sais que ça varie selon les gens).

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Allez, voilà, main­te­nant il reste plus qu’à tenir bon pen­dant tout l’automne jusqu’à ce que je vous remette des pho­tos de ski!

15 septembre 2011

Bacon Cholocate

Une plaque de cho­co­lat au bacon de chez Vosges. Très bon. Si si, je vous assure.

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22 août 2011

Hier matin, maman est allée au marché en banlieue

Quand on était jeunes, riches et méga ten­dance on vous avait parlé du mar­ché de Nel­son Park, où les gens jeunes, riches et méga-tendance vont le samedi matin avec leur sac recy­clable en tissu Whole Foods et leurs tongs et leur petit cha­peau Panama pour ache­ter des fraises orga­niques locales, goû­ter du miel orga­nique local, choi­sir des arran­ge­ments de sel orga­niques locaux, et plus géné­ra­le­ment sau­ver la planète.

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Main­te­nant on est vieux, pauvres, et on habite en ban­lieue, mais ça veut pas for­cé­ment dire qu’on peut plus aller au mar­ché non plus. Le mar­ché de Bur­naby se trouve pas très loin de chez nous et dans un cadre supre­nant: le village-musée his­to­rique de Bur­naby.

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Il s’agit d’une simple recons­truc­tion de ce à quoi res­sem­blait un vil­lage de Colombie-Britannique typique des années 1920s, avec un mélange de repro­duc­tions ultra-artificielles et d’objets de toute évi­dence authen­tiques. Rien de bien pas­sio­nant, mais l’endroit a son petit charme, et ça donne une ath­mo­sphère bien par­ti­cu­lière au marché.

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Le public est aussi très dif­fé­rent… le bobo du West End est ici rem­placé par la mère de famille de 35 ans avec ses 2 gamins, et la Cana­dienne de 65 ans qui refuse de quit­ter sa vieille mai­son pour qu’on y construise un immeuble de 40 étages est rem­pla­cée par la Chi­noise de 75 ans qui essaie de vendre sa mai­son à 20% au-dessus du prix du marché.

A part ça, on retrouve les clas­siques: des petits kiosques avec des tentes poin­tues, divers pro­duits frais et bidules arti­sa­naux, de la musique, et un mec déguisé en cuis­tot qui pisse sur un éta­lage de chocolat.

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Et des sculp­tures végé­tales de vaches, aussi.

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Non, moi non plus je sais pas.

Allez hop, j’espère que vous aussi vous sau­vez la pla­nète le samedi matin entre 10h30 et 11h15.

15 août 2011

L’affaire des sous-vêtements

La Van­cou­ver Under­wear Affair c’est une asso­cia­tion par­te­naire de la fon­da­tion pour le can­cer de Colom­bie Bri­tan­nique qui veut faire par­ler des dif­fé­rents types de can­cer “sous la cein­ture” (can­cer de la pros­tate, des ovaires, du colon, etc.). Vous vous rap­pel­lez peut-être de “movem­ber”, où il s’agissait de se faire pous­ser la mous­tache pen­dant 1 mois pour faire par­ler des can­cers mas­cu­lins? Eh bien ici, l’évènement prin­ci­pal est une course annuelle à tra­vers le centre-ville où le but du jeu est de cou­rir en sous-vêtements.

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Y’a des jolies filles, y’a des beaux mecs, il fait beau, et ça se passe au bord de l’eau… que deman­der de plus? (à part de l’argent qui tombe du ciel et bol magique qui se rem­plit de crême chan­tilly à volonté, bien entendu).

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Tenez, voilà une bonne occa­sion de vous don­ner un petit aperçu des tra­vaux sur le B.C.Place, le stade à côté duquel on vivait il y a bien long­temps (quand on était jeunes, riches et cool).

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Pfiou, tous ces gens ath­lé­tiques qui font du sport, ça me donne faim… je vais aller me faire un bol de fraises avec de la crême chantilly.

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(oui, y’a des fraises en des­sous, je vous assure)

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30 juin 2011

Bon appetit

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25 juin 2011

Chocolat et bonbons

Je vais pas sou­vent à Metro­town, mais si j’y vais tout seul, voilà ce qui arrive.

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11 juin 2011

Nourriture de Japonaise

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Des fois, le fran­çais pour faire genre “res­tau­rant chic”, ça marche moyen.

19 mai 2011

Steveston, BC

Depuis le temps que Véro­nique nous en parle, on s’est dit qu’on allait peut-être aller y faire un tour, à Ste­ves­ton.

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Ste­ves­ton, c’est un petit vil­lage de pêcheurs au sud de Rich­mond, elle-même au sud de Van­cou­ver. Mais d’après les incon­tour­nables réfrac­taires habi­tants de longue date (oui, ça existe pas qu’en France ce genre d’animal), il s’agit sur­tout d’un vil­lage pour tou­ristes qui veulent ache­ter du pois­son et prendre des bateaux en pho­tos. Ca tombe bien, j’avais faim et mon appa­reil photo aussi.

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En fait, comme la plu­part des com­mu­nau­tés autour de Van­cou­ver, Ste­ves­ton doit s’adapter aux récents chan­ge­ments socio-économiques (prin­ci­pa­le­ment l’arrivée de plus en plus d’immigrants et d’entreprises dans la pro­vince, ainsi que la mon­tée de la valeur du dol­lar cana­dien par rap­port au dol­lar amé­ri­cain). Ces chan­ge­ments signi­fient, entre autres, une atten­tion plus grande accor­dée au tou­risme, ce qui, selon les réfrac­taires sus-cités, signi­fie une perte de l’ambiance “petit vil­lage de pêcheurs”. Mais bon, vu que j’ai jamais visité Ste­ves­ton avant cette année, je sau­rais pas vous dire… le prin­ci­pal c’est que ça sent le pois­son, qu’on entend les bateaux amar­rés cra­quer, et qu’on voie les mouettes virevolter.

Et si c’est assez “typique” pour y tour­ner X-Files, ça doit bien être assez typique pour deux glan­dus fran­çais en balade.

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Le détail qui tue: le musée du sau­mon en boite. Si, si.

On a pas visité, mais appa­rem­ment le musée vous explique com­ment Ste­ves­ton était, il y a quelques décen­nies, le pre­mier pro­duc­teur de sau­mon en boite en Colom­bie Bri­tan­nique. Pas­sio­nant. Main­te­nant, c’est un site his­to­rique fédéral.

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La pré­sence de diverses eth­nies asia­tiques est très mar­quée à Rich­mond1, donc il ne faut pas vous éton­ner de ren­con­trer des pêcheurs japo­nais ou chi­nois sur le quai.

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Cette fois-ci on s’est conten­tés de se bala­der autour de la marina, donc voilà plein de pho­tos de vieux bateaux sales (mais atten­dez qu’on aille faire un tour à Finn Slough pour des trucs encore plus vieux et sales).

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Et pour copier Véro­nique à fond, on a ter­miné la visite avec des crab-cake ben­nies (oeufs béné­dic­tine sur gateaux de crabe) au Sockeye City Grill. Véro­nique, elle est super cool, elle nous évite de devoir réfle­chir où aller manger!

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1 Blague van­cou­vé­roise: “pour aller en Chine depuis le centre-ville, ça met une tren­taine de minutes et ça coute $2.50”.

2 mars 2011

Les pates carbo du caribou

On vous l’a déjà raba­ché plu­sieurs fois mais l’un des sujets de conver­sa­tion prin­ci­paux entre un Fran­çais métro­po­li­tain et un Fran­çais expa­trié est celui de la bouffe. Un l’instar d’un oncle inquiet pour votre santé, le Fran­çais métro­po­li­tain va vous deman­der, les mains trem­blantes, si au Canada on peut trou­ver du fro­mage qui pue ou du vin qui pique ou du foie gras ou des crois­sants ou je sais quoi. Et la réponse sera inva­ria­ble­ment: “oui, on en trouve, c’est juste que ça peut coû­ter par­fois cher”.

Par contre, per­sonne ne nous demande si on trouve du lait UHT. Parce que ça, y’en a pas. Et y’a d’autres trucs aux­quels on ne pense pas du tout…

Tenez, par exemple, vous connais­sez pro­ba­ble­ment tous la recette des “pâtes carbo” que Jean-Kevin nous détaille de manière brillante sur son site (ce qui lui vaut d’ailleurs un pro­cès, puis des expli­ca­tions for­cées). Pour résu­mer, vous met­tez des pâtes à cuire 10 minutes, vous faites reve­nir des petits lar­dons Herta dans une poëlle, et vous rajou­tez des oeufs et de la crème fraiche. Vous avez pro­ba­ble­ment tous fait ça dans votre chambre d’étudiant de 18m2 quand vous étiez jeune (par contre vous avez peut-être pas tous chopé des meufs comme Jean-Kevin, mais c’est pas grave).

Mais au Canada? Hor­reur, mal­heur! Impos­sible de suivre la recette! (com­ment font les étu­diants pour cho­per des meufs? Mystère!)

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D’abord, on ne trouve pas de crème fraîche comme en France. On a plu­sieurs variantes d’un truc qui s’appelle “sour cream” (ou “crème sûre” en qué­be­cois) qui est plus légère que notre crème frâiche nor­male (14% de matières grasses? non mais fran­che­ment?). C’est de la crème fraiche légère, quoi. Le genre de truc que j’essaie d’éviter d’habitude parce que les trucs légers, c’est pas bon pour mon cho­les­té­rol. Ils ont aussi quelques rares trucs nom­més “crème fraîche” avec un taux de matières grasses décent, mais la tex­ture est tou­jours un peu dif­fé­rente… mais c’est pas grave, on s’y fait rapidement.

L’autre grand drame, c’est qu’il n’y a pas de petits lar­dons Herta. Y’a pas de petits lar­dons tout court, d’ailleurs. Les lar­dons, il faut se les faire à la main, avec sa planche à décou­per et tout.

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C’est pas plus mal, remar­quez, puisque ça nous pousse à faire des pâtes carbo cor­rec­te­ment, avec la pan­cetta et tout le bou­sin (ça, y’a aucun pro­blème pour trou­ver de la pan­cetta à Van­cou­ver, y’en a dans toutes les grandes sur­faces au rayon bou­che­rie). Par contre, entre les lar­dons Herta et la pan­cetta, y’a comme une légère dif­fé­rence de goût (genre les lar­dons Herta ils ont pas de goût, alors que la pan­cetta oui, vous voyez?). Du coup, ça peut faire un choc la pre­mière fois. Si vous êtes un peu sen­sible du palais, je recom­mande de mélan­ger la pan­cetta avec du cana­dian bacon, bien moins fort. Visuel­le­ment, vous ver­rez à peine la dif­fé­rence – tous les lar­dons se res­semblent plus ou moins – mais le plat final sera plus doux.

Et voilà com­ment on fait des pâtes carbo au Canada! Fas­ci­nant, non?

16 février 2011

Gastown c’est super trop top cool tendance

La scène de la res­tau­ra­tion van­cou­ve­roise a vu pas mal de hauts et de bas depuis quelques années. La venue de grands chefs New-Yorkais, la crise, les jeux olym­piques, l’évolution de la cui­sine popu­laire… on a vu pas mal de res­tau­rants haut-de-gamme se cher­cher de nou­veaux clients, par­fois en ouvrant cer­tains jours de semaine pour le repas de midi, par­fois en ré-ouvrant avec nou­veaux noms, nou­veaux menus, ou nou­veaux concepts. Les gens font plus atten­tion a leur bud­get qu’avant, et les éta­blis­se­ments cherchent donc d’autant plus à fidé­li­ser ceux qui viennent à leur table via moultes stra­ta­gèmes, de la pré­sence sur Twit­ter ou Fours­quare, à la pré­sen­ta­tion fami­liale et décon­trac­tée, en pas­sant par des plats qui riva­lisent en raf­fi­ne­ment, authen­ti­cité ou rap­port qualité/prix. Et pour faire des éco­no­mies, les res­tau­ra­teurs ouvrent de plus en plus de petits éta­blis­se­ments à Gas­town, le quar­tier “his­to­rique” super ten­dance de Van­cou­ver qui repousse len­te­ment mais sur­ement la fron­tière du Down­town East­side, le quar­tier des SDFs et des dro­gués.

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Gas­town, c’est un quar­tier fabu­leux. Si vous y sor­tez pour la soi­rée, vous pour­rez tour a tour:

  • Ren­con­trer quelqu’un qui sent mau­vais et veut vous vendre du crack.
  • Tra­ver­ser le tour­nage d’une série TV ou d’un film censé se dérou­ler à Seat­tle ou San-Francisco.
  • Croi­ser des top-modèles en talon aiguille qui se rendent dans une boite de nuit trendy, et pro­ba­ble­ment pour un évè­ne­ment VIP-only.
  • Vous faire arrê­ter par un poli­cier qui vous dit de faire le tour du bloc parce qu’une bagarre entre SDFs a dégé­né­rée et y’a le SAMU qui doit arriver.

Mais bon, bref, je vou­lais vous par­ler des res­tau­rants de Gas­town, moi. Parce que si vous vou­lez en ouvrir un trop méga cool d’où que tout le monde veut y venir parce qu’on y a vu Tom Cruise la semaine der­nière, j’ai quelques conseils.

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D’abord, il faut qu’on puisse voir les mecs qui font la bouffe. Il faut que ca ait l’air d’un pote qui te fait ton sand­wich, tu vois (ca te dérange pas que je te tutoie, au fait, hein?). Pas d’uniforme, évi­dem­ment — ça fait plus authen­tique, ça fait euro­péen. Points bonus si le cuis­tot porte un béret ou autre type de couvre-chef qui fait classe mais popu­laire. Et authen­tique. Ah oui et le tablier, il faut qu’il soit propre, mais pas trop: à mi che­min entre “pas de chi­chis entre amis, on peut se refi­ler nos rhumes” et “atten­tion y’a peut-être un ins­pec­teur de l’hygiène qui va venir donc faut pas décon­ner non plus”.

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Ensuite, il faut que les menus soient écrits à la craie sur des tableaux noirs. Les menus a la craie, ça fait authen­tique, ça fait euro­péen. Ca fait genre on change le menu tout le temps parce que bon, c’est un peu tu viens chez nous alors tu manges ce qu’on a fait aujourd’hui. Points bonus si tu mets des noms de fro­mages ou de vins super obscurs.

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La déco doit être bare­bones, genre (tu vois ce que je veux dire?). Déjà, tu ouvres ton resto dans un vieux bâti­ment parce que ça fait authen­tique (et euro­péen), alors il faut qu’on voie les poutres en bois et les cana­li­sa­tions et tout ça (tu peux en rajou­ter exprès si y’en a pas, on en trouve à Ikea). Pour aug­men­ter le ren­de­ment du resto tu mets des super petites tables avec des petites chaises pas confor­tables du tout, et tu en entasses autant que pos­sible dans les 30m2 que t’as. T’inquiètes pas, les gens vont pas râler, ils vont trou­ver que ça fait plus euro­péen, donc c’est bon. Points bonus si en fait t’as juste une seule grande table et tout le monde bouffe ensemble des­sus. Ca fait genre “can­tine”. C’est fami­lial et authen­tique. Voire même: européen.

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Oublie pas aussi de déco­rer avec plein de merdes que t’as trou­vées à la décharge. Rajoute de la bouffe par-ci par-là, genre tu entre­poses tes vieux fro­mages et tes sau­cis­sons à côté des veilles machines que ta grand-mère uti­lise plus parce qu’elle s’est acheté un iPad à Noël. Je t’assure, ca va don­ner un côté… euh… com­ment dire… plus authen­tique? Ou plus euro­péen? Enfin ca va plaire aux gens, crois-moi.

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Oublie pas aussi de te la péter avec un éta­lage de bou­teilles de vin. Y’a rien qui fasse plus euro­péen qu’un éta­lage de bou­teilles de vin.

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Enfin, il faut pas oublier de faire atten­tion aux plats. Ah ben oui parce qu’il faut aussi que ca ait l’air auth… ouais, voila, t’as com­pris. Donc par exemple si tu récu­pères plein de four­chettes et cou­teaux d’occase qui vont pas ensemble, c’est d’autant mieux, ça fait fami­lial. Et puis prends des plats avec de la fonte et de la céra­mique et du bois et tout. Points bonus si tes plats ont des formes tota­le­ment pas fonc­tion­nelles ou ergo­no­miques, mais O-RI-GI-NALES. Les gens vont se foutre de la bouffe sur le pan­ta­lon, mais au moins quand le plat arrive ils font “Ouah, ça c’est une assiette ori­gi­nale! Attends, je prends une photo avec Hips­ta­ma­tic!”. C’est la pre­mière impres­sion qui compte. Et oublie  pas qu’on est trop super à l’opposé de ces grosses chaines de res­tos cor­po­ra­tistes de merde avec leurs mugs qui se res­semblent tous avec le logo de la boite des­sus. On est comme des anar­chistes de la cui­sine fusion, tu vois, mais avec plus de classe, genre jeans mou­lants, iPhone 4, et une carte de membre Green­peace.

Bref, voilà j’espère que ça vous aidera à ouvrir votre resto ten­dance à Gas­town. J’ai pas trop varié les pho­tos (vous y voyez prin­ci­pa­le­ment du Meat & Bread et du Salt Tas­ting Room), mais j’aurais pu vous pho­to­gra­phier du Café Medina, du Brioche, du Alibi Room, ou n’importe quel autre resto rapide dans un rayon de 5 blocs et ça aurait été pareil. Tenez, jusqu’à récem­ment on avait même un resto nommé “So.Cial at Le Maga­sin” — ça vaut son pesant de pros­ciutto, non?