La plage désastreuse
L’été, quand il fait trop chaud, le plus facile pour se rafraichir c’est d’aller se foutre à poil sur la plage. Si, si, je vous assure, c’est le plus facile.
A Vancouver, Wreck Beach, située à l’extrémité ouest de la ville juste derrière l’Université de Colombie Britannique, vous offre une vue imprenable sur l’Océan Pacifique, les montagnes alentours, et les fesses de vos voisins. C’est une des plus grosses plages nudistes d’Amérique du Nord, mais c’est aussi surtout une plage où les hippies sur le retour et les jeunes homosexuels aiment se libérer des contraintes de la société urbaine moderne. Comprendre: vous verrez plus de bites flétries que de poitrines gonflées par le désir de vivre.
Pour y accéder vous devrez descendre le long de l’un des divers sentiers qui descendent la falaise du campus de UBC jusqu’au bord de mer. Et par “sentier”, je veux plutôt dire “escalier”.
Après un bon nombre de marches, on arrive à la plage. L’escalier n’est pas énorme (j’veux dire, c’est pas le Grouse Grind, non plus), mais il est quand même assez long pour se dire que ça va être dur de se retaper tout ça après la sieste.
La plage est litéralement au pied de la falaise. C’est mignonnet.
Je vous ai épargné les photos de gens prises de près, mais je vous confirme, ils sont tous à poil. Le plus étrange c’est qu’on en a vu certains qui sont certes à poil, mais qui gardent quand même leur sens pratique: des chaussures pour pas se faire mal aux pieds, un chapeau et un court t-shirt pour pas crâmer au soleil, etc… bref, des gens habillés normalement, à l’exception du slip. Dans un autre registre, mention spéciale au petit vieux à poil tout frippé qui vend des boissons fraiches.
Comme vous pouvez le voir, la plage s’enfonce très lentement dans la mer, ce qui la rend très propice au skimboard.
Sur la plage, vous pourrez aussi acheter diverses bricoles auprès des quelques hippies honteusement capitalistes qui y sont installés.
Ah oui, petit avertissement: quand vous faites face à la mer, vous pouvez aller vous balader soit à gauche, soit à droite (il y a de nombreux chemins de balade à travers la foret de UBC). N’ALLEZ PAS A GAUCHE.
Sûr, à gauche, c’est joli, y’a des petites plages privées et autres coins romantiques avec vue sur la mer… mais bon, moi j’dis ça, j’dis rien, y’a des chances de tomber sur des scènes inavouables. L’étiquette de la plage a beau officiellement condamner ce genre de trucs (point numéro 4), on ne peut de toute évidence pas mettre l’amour en cage… enfin, sauf s’il est en string à l’intérieur de la cage et qu’il y a de la techno à fond la caisse, mais ça c’est une autre histoire.
Parce que c’est choli
Je suis en train de trier mes photos pour voir sur quoi je vais poster pendant le printemps, et hop, je tombe sur des photos mignonettes de la vue depuis un télésiège de Cypress, prises y’a pas longtemps lors du dernier jour de la saison (d’où le peu de neige sur les sommets). J’avais déjà posté des photos similaires (et plus jolies) les années précédentes (et prises en milieu de saison avec plein de neige) mais bon, ça fait office de rappel pour les nouveaux lecteurs.
L’une des nouveautés cette année c’est qu’ils ont laissés les cercles olympiques en haut du half-pipe. On y trouve tout un tas de gens qui font la queue pour grimper dedans et se prendre en photo.
C’est l’printemps
C’est le printemps et comme d’hab’ je m’y suis pris trop tard pour aller voir les cerisiers en fleur (surtout les espèces qui fleurissent en premier et qui ont les couleurs roses les plus vibrantes).
Enfin bon j’ai une excuse cette année vu qu’on était partis en vacances pendant tout le mois de Mars, et qu’avec l’hiver étrange qu’on eu (vous vous rappellez des camions qui amènent la neige?), la plupart des cerisiers ont bourgeonné plusieurs semaines plus tôt que d’habitude. D’ailleurs, si vous voulez vous tenir au courant de l’actualité cerisique (oui j’aime bien inventer des mots), vous pouvez aller sur le site du Vancouver Cherry Blossom Festival qui vous donnera entre autres une carte avec les emplacement des plus jolis cerisiers.
C’est pas grave, on peut regarder d’autres trucs en fleur, aussi… y’a pas que les cerisiers dans la vie!
Pour les pigeons
Le downtown eastside, qu’on trouve dans la partie est du centre ville, est de loin le quartier le plus démuni de Vancouver. Il est aussi l’un des quartiers les plus polémiques avec l’arrivée imminente des jeux olympiques… mais la mairie vient de faire taire (au moins temporairement) certaines mauvaises langues en bouclant les travaux de Pigeon Park, une petite place triangulaire sur Carrall et Hastings.
Cette place était jusque récemment principalement occupée par des fournisseurs et consommateurs de drogues dures, et les bancs squattés par des sans-abris. Il n’était pas inhabituel de trouver des seringues usées ou des excréments humains par terre. Le problème c’est qu’à un pâté de maison de là on trouve Gastown, avec ses bars huppés et ses vieux immeubles industriels transformés en lofts bobos, et Chinatown, avec ses jardins, ses marchés, et son festival du nouvel an qui tombera pile pendant les J.O. Et des touristes qui, en se trompant de rue, peuvent tomber sur des drogués et des odeurs de caca, ça fait pas super classe.
Lorsque la municipalité avait annoncé le projet de revitalisation du downtown eastside il y a 3 ans, des gens avaient prédit que certains travaux traineraient en longueur histoire de garder les “indésirables” en dehors des zones touristiques. Mais au bout du compte, c’est la municipalité qui a eu le dernier mot… et si la théorie de la vitre brisée est un minimum vraie, ça pourrait être le début d’une réhabilitation pour un quartier malheureusement bien connu.
En retournant dans le downtown eastside avec mon appareil photo, j’ai pu encore une fois constater que ses habitants sont pourtant sympathiques et prompts à engager la conversation. Vous obtiendrez par exemple bien souvent des recommendations de photos ou de balades. J’en profite d’ailleurs pour vous raconter cette rencontre que j’ai eu l’année dernière avec un barbu du quartier:
J’avais discuté avec lui pendant une bonne demi-heure de photographie, d’architecture et de sculpture. Il avait suivi, disait-il, les cours de l’Université Emily Carr en art et design, mais avait ensuite enchainté les problèmes… il ne s’est pas attardé sur le sujet mais avait mentionné de rôle de la drogue, et un accident qui l’a privé de sa main gauche, remplacée par un crochet mécanique. Il semblait toutefois toujours motivé par toute forme de création artistique. Après m’avoir indiqué des endroits intéressants à prendre en photo, il m’a confié qu’il abordait parfois des photographes amateurs pour leur demander de prendre une photo spécifique. Il m’avait ainsi raconté, le sourire aux lèvres, comment il avait repéré une fois un mannequin dans une vitrine de magasin récemment abandonné. Il manquait une main au mannequin. Il avait donc convaincu un passant de le suivre, s’était glissé dans la vitrine à côté du mannequin, enlevant son crochet et prenant la même pose. Il aurait aimé voir la photo finale mais est simplement content d’avoir eu l’idée.
Le truc con c’est que j’ai oublié de lui demander son nom.
Vancouver Biennale
Ca y est, le mystère des oeuvres de… euh, d’art… a été résolu. Il s’agit d’une exhibition bi-annuelle bien nommée “Vancouver Biennale”. Sur le site officiel, on peut trouver les noms, auteurs, et descriptions de chaque oeuvre. Celles dont on avait parlé ici sont par exemple “Meeting”, de Wang Shugang, et “Pillows”, de Liu Jianhua. Les panneaux “stop” mentionnés dans les commentaires sont probablement “The Stop”, the Michael Zheng.
L’itération courante de l’exposition a été lancée officiellement mi-Novembre, ce qui explique pourquoi on voit plein de truc bizarres autour de chez nous depuis quelques temps, et devrait durer jusqu’en 2011 avec une trentaine de sculptures et le double d’oeuvres dites “nouveaux médias”.
Le saumon c’est pas beau, mais les aigles, oui
C’est super bon (surtout fumé), mais c’est pas beau. Voyez un peu:
La photo a été prise au bord de la rivière Harrisson, à environ 1h de voiture à l’est de Vancouver. Et c’était la loose:
- Pour des gens qui habitent dans une région avec autant de saumons, et qui en plus en bouffent abondamment dès que l’occasion se présente, c’était un peu la honte de pas savoir à quoi ça ressemble en vrai (parce qu’entre les dessins qu’on nous montre dans les livres, et un gros truc moche mort par terre à moitié bouffé, y’a une sacrée différence). Ca nous a pris bien 10 minutes de discussion profonde pour se rendre compte que, euh, qu’en fait y’avait un panneau explicatif 30 mètres derrière nous. Merci BC Parks.
- Avec une cinquantaine de ces gros bestiaux échoués sur une plage de 200 mètres de long, et à force d’être bombardés de messages écologistes sensationalistes par les médias, notre premier réflexe était de chercher une grosse usine polluante capitaliste. Mais non, en fait, le même panneau explicatif nous informe que c’est bien en octobre/novembre que les saumons finissent leur migration. Vous savez, le truc où ils remontent les rivières pour aller baiser comme des fous avec plein d’étrangers, et ensuite, pour la plupart, mourir de fatigue avec le sourire aux lèvres. De toute évidence, on était tombés sur un lendemain de partouze.
- Le mois de novembre est, du coup, une super occasion de voir des aigles de près parce qu’ils viennent bouffer les cadavres échoués des saumons. Sauf, bien évidemment, ce jour là. Pas un seul aigle en vue. La dèche. Et c’était, genre, 5 jours avant le début du Festival de l’Aigle Chauve de la Vallée Fraser. Genre, style, genre. Merci bien, les aigles.
Mais bon, c’est pas grave, pas besoin de se taper 1h de voiture pour aller voir des aigles, on en a en centre ville. Eh ouais, c’est le Canada, ma bonne dame. Le pays où la nature chie sur votre voiture et essaie de tuer votre chat.
Du coup, hop:
Je sais pas ce que vous en pensez, mais c’est tout de suite un peu plus classe, je trouve. Il s’agit d’un pygarge à tête blanche, plus connu sous le nom d’“aigle chauve”, et encore plus connu comme l’emblème national des Etats-Unis. Il s’agit d’ailleurs là d’une autre source de raillerie entre le Canada et nos voisins du sud puisqu’on observe généralement plus d’aigles chauves par ici que par chez eux. Mwouah ha ha, les cons.
La photo a été prise cet été à côté de Vanier Park, où un couple d’aigles a fait son nid. On peut y voir les parents aller et venir, s’occuper de leurs deux petits, et tenir les corbeaux à distance. La Société Ecologique de Stanley Park recense les nids d’aigles de Vancouver et les surveille de près. Par exemple, si un aiglon tombe du nid et se blesse gravement, il sera probablement rapatrié chez la Société de Réhabilitation de Vie Sauvage, à Delta. Parce que ouais, c’est con un aiglon.
Byron from England! Yay!
Ca y est, l’été est terminé depuis quelques temps, et ça veut dire quoi? Que les gens vont râler à tour de bras à propos de la pluie? A propos de la nuit qui tombe trop tôt? A propos des bus qui sentent le chien mouillé? Non! Ca veut dire qu’on a plus a se taper ces sales spectacles de rue à deux balles dès qu’on va au Granville Market ou au bord de l’eau!
Okay, la première fois c’est rigolo… y’a un mec qui gueule l’équivalent nord-américain des blagues belges pour attirer la foule pendant qu’il met en place son matériel, fait quelques jonglages bizarres avec des couteaux et des trucs enflammés, demande l’assistance du public, refait quelques blagues, et termine en s’échappant d’une camisole en moins de 3 minutes.
Okay, okay. C’est assez convenu mais ça marche.
La fois d’après, on se dit “eh, cool, un autre spectacle, je vais jeter un coup d’oeil”.
Mmmh… blagues belges… un tricycle en plus de l’autre gars, assistance du public, blagues belges, camisole.
Okay.
En plus lui il a mis 5 minutes de plus à sortir de la camisole parce qu’il arrêtait pas de raconter n’importe quoi.
Le samedi d’après, rebelote. Toujours pas le même mec, mais définitivement le même spectacle à 2 ou 3 accesoires près. On dirait qu’ils sortent tous de la même école. Et ils font tous le coup de la camisole à la fin, en précisant bien avant de le faire que woah mon dieu attention ça marche pas à tous les coups parce que bon quand même ça leur a pris 10 ans à apprendre comment faire ça et n’essayez pas à la maison il faut être pro attention mesdames messieurs ça va commencer mais attendez d’abord je vais vous raconter une blague belge.
Sérieux, quoi. Et c’est le même cirque chaque été… Mais bon, là, ça va, il pleut tout le temps. Ouf.
























