27 janvier 2013

Joyeux Noel et bonne année (suite et fin)

Dans la pre­mière par­tie de cet article, j’ai briè­ve­ment parlé de la démarche
d’obtention de la citoyen­neté Cana­dienne. Lorsque cette démarche est ter­mi­née,
vous devriez rece­voir une convo­ca­tion pour la Céré­mo­nie de Citoyen­neté, lors de
laquelle vous devien­drez Cana­dien pour de bon.

IMG_8445.jpg

On y croise des gens de tous ages et natio­na­li­tés, et c’est une bonne occa­sion
de taper la cau­sette pour se féli­ci­ter d’avoir piqué les bou­lots des hon­nêtes
Cana­diens pure souche
.

IMG_8459.jpg

Mais atten­tion, avoir un joli pas­se­port, ainsi que le droit de com­men­cer à voter
beau­coup plus à droite, ça se mérite. D’abord, il vous fau­dra écou­ter moulte
dis­cours sur vos futures res­pon­sa­bi­li­tés et devoirs en tant que Canadien.

IMG_8463.jpg

Si j’ai bien com­pris, il s’agit de tou­jours s’excuser, et d’acheter un
Black­berry plu­tôt qu’un iPhone.

Ensuite, il faut plai­der allé­geance à une vieille dame qui porte des cha­peaux
rigo­los. Il y a des ver­sions sub­ti­le­ment dif­fé­rentes selon les docu­ments que
vous consul­tez, mais grosso-modo ça res­semble à ça:

Je jure fidé­lité et sin­cère allé­geance à Sa Majesté la Reine Eli­za­beth Deux, Reine du Canada, à ses héri­tiers et suc­ces­seurs et je jure d’observer fidè­le­ment les lois du Canada et de rem­plir loya­le­ment mes obli­ga­tions de citoyen Canadien.

IMG_8464.jpg

Tout le monde doit répé­ter ce ser­ment en Anglais et en Fran­çais. Je peux vous
confir­mer que pour la ver­sion Fran­çaise, c’est net­te­ment moins bien arti­culé en
général.

Notez qu’on vous spé­ci­fie bien que vous pou­vez rem­pla­cer le “je jure” par un
j’affirme” si vous êtes athée et que vous vou­lez reti­rer toute conno­ta­tion
reli­gieuse de votre ser­ment. Pour les per­sonnes reli­gieuses, vous êtes libres de
jurer sur la Bible, le Coran, ou quelque object reli­gieux de réfé­rence. Vous
pou­vez pro­ba­ble­ment même jurer sur une édi­tion ori­gi­nale non-retouchée de Star
Wars: A New Hope
en étant en slip – c’est le Canada, tout le monde est poli,
per­sonne ne vous dira rien.

Quand toutes ces for­ma­li­tés sont ter­mi­nées, on vous pique votre carte de
résident per­ma­nent (ce qui est vache­ment pra­tique quand, disons, vous devez
par­tir à Stock­holm une semaine plus tard… moi je dis ça, je dis rien) et on
vous donne un petit paquet cadeau avec plein de bonnes surprises!

Par exemple, des petits dra­peaux Cana­diens à agi­ter! Woo­hoo!!

IMG_8458.jpg

Un livre sur la Reine et la Monar­chie! Wooo­hoo!!!

IMG_8454.jpg

Un passe qui vous donne un accès gra­tuit à tous les musées et parcs natu­rels du
Canada pen­dant un an! Wooo… euh, en fait non, ça c’est plu­tôt cool en fait!
Wooohoo-non-sarcastique!!!

IMG_8451.jpg

Et, bien sûr, votre cer­ti­fi­cat de citoyen­nété qui dit bien qu’à par­tir de
main­te­nant, sur votre blog, il fau­dra arrê­ter de dire “les Cana­diens ils font ci
et ça
” parce que main­te­nant vous en êtes un aussi.

IMG_8468.jpg

Voilà, main­te­nant vous pou­vez rece­voir des féli­ci­ta­tions de la part du juge de
citoyen­neté, et repar­tir cri­ti­quer votre pays d’adoption comme si de rien
n’était.

IMG_8469.jpg

Par contre main­te­nant c’est le bor­del quand on doit dire qu’on est
Franco-Canadiens, mais que ça n’a rien à voir avec les Franco-Canadiens. La
dif­fé­rence entre les déten­teurs de double-nationalité et les Cana­diens
d’origine Fran­co­phone est très subtile.

23 janvier 2013

Joyeux Noel et bonne année (partie 1)

Pfiou, six mois sans pos­ter! C’est dingue com­ment ça vous tue le temps libre
d’avoir un 2ème gamin. Quelqu’un aurait pu me pré­ve­nir, quand même… mais bon,
c’est la nou­velle année, c’est le moment de prendre des bonnes réso­lu­tions qu’on
tient pen­dant 2 semaines.

Vous avez eu quoi comme cadeaux à Noël, sinon? Parce que nous, pour le 6ème
anni­ver­saire de ce blog, on a eu un cadeau pas mal:

IMG_8577.jpg

Mais com­men­çons au début, qui date d’il y a pra­ti­que­ment 2 ans (les temps de
trai­te­ment moyens sont de 21 mois au moment où j’écris cet article). En
effet, début 2011, on avait enfin tous les pré-requis pour faire une demande de
citoyen­neté Cana­dienne. En gros, il faut être résident per­ma­nent depuis plus de
3 ans
, savoir par­ler Anglais ou Fran­çais, et, euh, pou­voir répondre à un
quizz d’histoire-géo sur le Canada.

Ouais. Il faut bos­ser, c’est inadmissible.

Après avoir rem­pli plein de pape­rasses admi­nis­tra­tives et envoyé un tas de sous
au gou­ver­ne­ment, vous poi­reau­tez pen­dant des mois et on vous remer­cie en vous
envoyant un petit livre qu’il faut apprendre par coeur. Si vous vou­lez voir à
quoi ça res­semble, le PDF est dis­po­nible sur le site d’Immigration
Canada
.

Pas la peine de révi­ser tout de suite, vous ne pas­se­rez pas l’examen avant belle
lurette. On a reçu notre “Décou­vrir le Canada” pen­dant l’été 2011, mais on a
pas passé notre exa­men avant le prin­temps 2012! Vous rece­vrez votre convo­ca­tion
une ou deux semaines avant la date pré­vue, donc ça vous laisse assez de temps
pour révi­ser, à condi­tion de lais­ser tom­ber votre mara­thon de Game of Thrones
pen­dant quelques temps.

Pour vous aider à révi­ser, on trouve très faci­le­ment des sites web et
appli­ca­tions iOS/Android qui pro­posent des ques­tion­naires simi­laires à ce que
vous aurez le jour de l’examen. Par exemple:

  • Quelle a été la der­nière pro­vince à se joindre au Canada? (Terre-Neuve,
    Sas­kat­che­wan, Colombie-Britannique ou Alberta?)
  • Com­ment appelle-t-on les repré­sen­tants pro­vin­ciaux du sou­ve­rain? (pre­mier
    ministre, membre de l’assemblée légis­la­tive, lieutenant-gouverneur ou
    sénateur?)
  • Qui était le Géné­ral Sir Arthur Cur­rie? (un chef mili­taire des Métis au 19ème
    siècle, un héros de la colo­ni­sa­tion, un explo­ra­teur de l’ouest Cana­dien, ou le
    plus grand sol­dat Cana­dien pen­dant la 1ère Guerre Mondiale?)
  • Quel est le sport d’hiver natio­nal du Canada? (le golf, le ski de fond, la
    crosse, ou le hockey?)

Oui, je déconne pas, y’a des ques­tions sur le hockey.

L’examen lui-même peut être oral dans cer­tains cas, mais pour la plu­part
des gens il s’agira d’un ques­tion­naire à choix mul­tiples. Si vous êtes trop
vieux ou trop jeune, vous n’avez pas besoin de pas­ser l’examen, c’est fabu­leux,
vous êtes un gros chanceux.

Les ques­tion­naires varient d’une per­sonne à l’autre le jour même, donc vous
pou­vez éven­tuel­le­ment pré­tex­ter d’avoir eu une ver­sion beau­coup plus dif­fi­cile
si vous vous plan­tez lamen­ta­ble­ment alors que votre femme/mari/pote est passé
haut la main. Si vous échouez, vous avez un rat­tra­page à l’oral.

IMG_8579.jpg

Si tout se passe bien, vous atten­dez encore quelques mois jusqu’à rece­voir la
convo­ca­tion à la céré­mo­nie de citoyen­neté… que je cou­vri­rai dans la 2ème
partie!

11 avril 2010

Le retour des prix hors-taxe: l’explication chiante

Allez hop, vite: vous avez 15 dol­lars dans votre poche et vous voyez les affiches suivantes:

Plat du jour

Wrap

Chez qui vous allez manger?

Pour les expa­triés et les tou­ristes, l’une des pre­mières dif­fé­rences frap­pantes entre l’Amé­rique du Nord et l’Europe est l’affichage des prix. En effet, le Canada et les Etats-Unis font par­tie de cette mino­rité de pays cré­tins qui affichent leurs prix hors taxes, et de la moi­tié de pays intel­li­gents qui affichent leurs prix hors pour­boires… bref, vous allez payer sacré­ment plus que le prix affi­ché. On en avait déjà parlé lors d’une baisse des taxes il y a 2 ans, et si vous avez bien suivi, la réponse est “je vais chez le Pakis­ta­nais qui fait des wraps à $5.99 parce qu’avec $15 j’ai pas assez d’argent pour un repas à $15”. Par contre, ce dont on avait pas parlé, c’est de l’explication pour laquelle ça se passe comme ça…

La rai­son, supre­nante, de cet affi­chage qui ferait hur­ler les asso­cia­tions de consom­ma­teurs fran­çaises est simple: un mélange d’embroglio politico-administratif et de gou­ver­ne­ments sou­cieux de l’opinion publique.

Crepes japonaises

Avant 1991, il n’existait au Canada aucune taxe sur les ventes. La seule taxe exis­tante était une taxe fédé­rale rela­ti­ve­ment obs­cure, la FST (“taxe sur les ventes de pro­duc­teurs”). Le pro­blème de la FST était qu’elle ne s’appliquait qu’à une caté­go­rie rela­ti­ve­ment res­treinte de pro­duits, et seule­ment en amont dans la chaine de pro­duc­tion (elle était invi­sible aux consom­ma­teurs). Cela néces­si­tait donc beau­coup de pape­rasses jus­ti­fi­ca­tives entre pro­duc­teurs, et ren­dait cer­taines indus­tries cana­diennes peu com­pé­ti­tives à l’export. Aussi, son appli­ca­tion non-systématique défor­mait les marchés.

En 1991, par contre, un gou­ver­ne­ment conser­va­teur cen­triste (quoique légè­re­ment à droite sur les sujets éco­no­miques) se met à intro­duire un sytème de taxe sur la valeur ajou­tée sous la forme de la GST (“taxe sur les pro­duits et ser­vices”), fixée alors à 7%. Le sys­tème de taxe ajou­tée signi­fie, grosso-modo, que chaque maillon de la chaine de pro­duc­tion paie des taxes sur ses achats, puis fait payer des taxes sur ses ventes à ses clients, mais ne reverse que la dif­fé­rence (ou “valeur ajou­tée”) à l’état. Vu de loin, ce sys­tème res­semble à notre bien nom­mée TVA natio­nale. De toutes façons, vu de loin, pra­ti­que­ment toutes les taxes sur les ventes appli­quées dans le monde (sauf aux Etats-Unis parce que c’est des gros nazes) sont ins­pi­rées de la TVA fran­çaise, intro­duite en 1954 dans une ver­sion un peu plus réduite que celle qu’on connait main­te­nant (elle fut éten­due dans les années 60 par Valéry Gis­card d’Estaing). Encore une grande inven­tion fran­çaise, quoi… pas la peine de nous remer­cier, les gars.

Bref, rendez-vous compte que l’introduction d’une telle TVA au Canada est un évè­ne­ment rela­ti­ve­ment récent, et les gens qui se rap­pellent de “l’avant GST” sont nom­breux… vous pou­vez ima­gi­nez qu’à l’époque, ils n’étaient pas super contents, sur­tout qu’au même moment toutes les pro­vinces, sauf l’Alberta, décident éga­le­ment d’appliquer une taxe pro­vin­ciale, la PST (“taxe pro­vin­ciale sur les ventes”), avec des taux entre 6 et 12%. Les taxes totales sur les ventes sont donc une com­bi­nai­son de TVA fédé­rale (la GST) et de TVA pro­vin­ciale (la PST).

IMG_0983

Fai­sons main­te­nant une brève pause et remon­tons au 19ème siècle, lorsque l’Acte Consti­tu­tio­nel de 1867 fut signé. C’est un docu­ment extrê­me­ment impor­tant car il fait par­tie des quelques étapes qui uni­fièrent le Canada en un domi­nion fédé­ral avec le sys­tème poli­tique que l’on connait main­te­nant. Le pro­blème c’est que pour uni­fier des ter­ri­toires aussi immenses et éloi­gnés les uns des autres, il était impé­ra­tif de leur lais­ser un mini­mum d’autonomie. Un petit détail de cet acte consti­tu­tio­nel déclare ainsi (allez savoir pour­quoi) que chaque pro­vince déci­dera comme bon lui semble des lois gou­ver­nant le mar­ke­ting et l’affichage des prix. Par contre, et afin d’établir une cer­taine pro­tec­tion des citoyens contre le bon vou­loir des pro­vinces, une autre clause indique que seul le gou­ver­ne­ment fédé­ral peut mettre en place un quel­conque impôt indi­rect. Si une pro­vince décide d’inventer un nou­vel impôt, il sera obli­ga­toi­re­ment direct afin que les citoyens de cette pro­vince soient plei­ne­ment conscients de la situation.

Reve­nons main­te­nant en 1991. Le gou­ver­ne­ment fédé­ral vient d’introduire la GST avec, entre autres, le but de rendre les taxes plus “visibles” pour les consom­ma­teurs (par oppo­si­tion à la pré­cé­dente FST). Il sou­haite éga­le­ment rendre le mélange entre taxes fédé­rales et pro­vin­ciales plus simple, en encou­ra­geant les pro­vinces à adop­ter une taxe “har­mo­ni­sée” (HST) qui com­bi­ne­rait GST et PST… mais les pro­vinces ont d’autres idées en tête. Face à une opi­nion publique lar­ge­ment mécon­tente à l’idée d’une hausse des prix, elles pré­fèrent en mettre le plus pos­sible sur le dos d’Ottawa. Ainsi, lorsque le débat se pré­sente de déci­der s’il faut impo­ser un affi­chage TTC (“toutes taxes com­prises”), les pro­vinces choi­sissent d’éviter le sujet: toute cette his­toire de taxes est la faute du gou­ver­ne­ment fédé­ral, après tout, et ils veulent une taxe “visible”, qu’ils disent! De toutes façons, les pro­vinces n’ont consti­tu­tio­nel­le­ment pas le droit d’imposer un affi­chage des prix avec la PST com­prise car celle-ci devien­drait alors une taxe indi­recte (selon la défi­ni­tion cana­dienne du terme qui dit que la taxe est indi­recte si elle est, entre autres, “cachée” dans une autre tran­sac­tion finan­cière… on ne sait pas si le fait qu’elle soit indi­qué sur le reçu de caisse la rend ou non visible puisque la ques­tion n’a jamais été sérieu­se­ment étu­diée). Inver­se­ment, le gou­ver­ne­ment fédé­ral ne peut rien impo­ser aux pro­vinces sur ce sujet (à part peut être sur l’inclusion de la GST uni­que­ment), tou­jours à cause de la consti­tu­tion. Ils auraient pu en pro­fi­ter pour la chan­ger pour l’occasion, mais je sup­pose que ça aurait décu­plé la com­plexité d’une ini­tia­tive déjà pas super tri­viale à la base.

Du coup, on laisse le choix aux maga­sins d’adopter l’affichage qu’ils dési­rent… et par souci de com­pé­ti­ti­vité, tout le monde adopte rapi­de­ment l’affichage hors taxes (ça le fait mal d’afficher un pro­duit à $115 alors que le voi­sin l’affiche à $99, même si on met un gros pan­neau “les prix sont TTC !”).

Notez qu’il existe tout un tas d’exceptions: les pompes à essence, les tickets de cinéma ou de théâtre, les taxis, les parc-mètres et autres machines auto­ma­tiques, les télé­phones publics, cer­tains trucs comme les zoos et les parcs d’attraction, etc… tous font figu­rer des prix TTC (pro­ba­ble­ment parce que le gros de la clien­tèle est com­po­sée de tou­ristes qui sup­portent mal l’affichage hors taxes). Bref, bon­jour le bor­del pour le consom­ma­teur (mais moi j’m’en fous, j’suis riche donc je regarde pas ce que je paie).

Pour ter­mi­ner, voilà un petit résumé des évè­ne­ments rela­tifs à notre sujet depuis 1991:

  • Le parti conser­va­teur qui avait intro­duit la GST était à l’époque bien évi­dem­ment majo­ri­taire dans la Chambre des Com­munes, avec 169 sièges sur 295. Pen­dant les élec­tions de 1993, ils se font détruire par les élec­teurs et se retrouvent avec seule­ment 2 sièges, au pro­fit des libé­raux de Jean Chré­tien. Ouaip. Deux sièges. Avoir intro­duit la GST de manière aussi visible était donc un bon sui­cide poli­tique. Des gens (dont beau­coup de conser­va­teurs même) pensent que ça se serait beau­coup mieux passé s’ils avaient réussi à impo­ser des affi­chages de prix TTC sur le plan fédé­ral, limi­tant ainsi la “mémoire” des cana­diens sur le chan­ge­ment des prix à la caisse. Notez qu’on trouve encore de nos jours des gens qui râlent en récla­mant le retrait de la GST… un peu comme les gens qui réclament le retrait de l’euro en Europe, quoi, mais avec 10 ans de plus et une che­mise à carreaux.
  • En 1992, le Qué­bec intro­duit la QST (“taxe qué­bé­coise sur les ventes”) comme alter­na­tive aux PSTs des autres pro­vinces (parce que le Qué­bec fait jamais comme les autres). Son fonc­tion­ne­ment en rap­port à la GST est proche de la taxe har­mo­ni­sée (HST) vou­lue à l’origine par le gou­ver­ne­ment fédé­ral, mais elle est admi­nis­trée par Revenu Qué­bec (le fisc local), et n’apporte pas vrai­ment d’amélioration sur le plan admi­nis­tra­tif des entre­prises aux autres sys­tèmes PST/GST.
  • En 1997, une réelle HST est mise en place en Nou­velle Ecosse, Nou­veau Bruns­wick, et Terre-Neuve (qui veulent qu’on les appelle “Terre-Neuve-et-Labrador” mais on a pas que ça à foutre). Appa­rem­ment, l’accord entre ces pro­vinces et le gou­ver­ne­ment fédé­ral incluait à l’origine des condi­tions sur l’affichage de prix TTC sur cer­tains pro­duits et ser­vices, mais ces clauses ont été com­bat­tues féro­ce­ment par les entre­prises natio­nales, pas très chaudes à l’idée de devoir main­te­nir deux affi­chages de prix dif­fé­rents dans leurs maga­sins, cata­logues, sites inter­net, etc., en fonc­tion de la pro­vince concernée.
  • En 2006, puis en 2008, le gou­ver­ne­ment fédé­ral baisse la GST de 1% (elle est main­te­nant à 5%), prin­ci­pa­le­ment à cause de pro­messes élec­to­rales (comme quoi des fois les poli­ti­ciens les tiennent).
  • Au 1er juillet pro­chain, la Colom­bie Bri­tan­nique et l’Onta­rio vont éga­le­ment mettre en place la HST. L’Onta­rio aura exac­te­ment la même taxa­tion que les autres pro­vinces déjà sujettes à la HST, soit 13%. La Colom­bie Bri­tan­nique fait sa maline avec une HST de 12%, mais prin­ci­pa­le­ment parce que la PST y était jusqu’à main­te­nant 1% plus basse que chez ses copines… et comme l’introduction de la HST est déjà très impo­pu­laire, ça serait encore plus le bor­del si le gou­ver­ne­ment rajou­tait 1% en plus (on en repa­lera, de toutes façons, c’est le genre de bor­del poli­tique fédéral/provincial bien cana­dien qu’on ne connait pas en France, ça vous chan­gera du bou­clier fis­cal et des bur­kas). En tous cas, ça fout la pres­sion sur les quelques pro­vinces res­tantes qui n’ont pas encore har­mo­nisé leurs taxes…

Pfiou. Voilà, je crois que vous savez à peu près tout, main­te­nant (si j’ai dit une conne­rie, insul­tez moi en com­men­taire)… et s’il y a des futurs expa­triés parmi vous qui s’inquiètent, sachez que l’affichage des prix en maga­sin suit en géné­ral les autres bonnes pra­tiques fran­çaises, comme par exemple l’affichage du prix par unité de poids ou de volume afin de mieux com­pa­rer… et comme il n’y a aucune GST ou PST sur la plu­part des articles de votre panier de courses (nour­ri­ture, bois­sons non-alcoholisées, etc.), les prix affi­chés en super­mar­ché sont effec­ti­ve­ment ceux que vous paie­rez à la caisse.

IMG_5742

IMG_5743

Ca y est, tout le monde est endormi?

27 décembre 2009

Bon, il faudrait que je marque la date sur mon calendrier…

…parce que je viens encore de rater l’anni­ver­saire de mon blog (et acces­soi­re­ment l’anniversaire de notre arri­vée à Van­cou­ver).

Bon, pas grave. Voilà, hop, joyeux anni­ver­saire à mon blog. Quoi de neuf depuis l’étape des 2 ans?

Eh bien déjà, je trouve qu’on entend beau­coup plus sou­vent par­ler fran­çais dans la rue. Cet été, j’ai même eu l’impression que c’était une inva­sion. Il faut croire que la récente vague média­tique à pro­pos de l’ouest cana­dien a porté ses fruits – rien qu’à en juger par le nombre d’emails que je reçois depuis 6 mois, on dirait que les fran­çais ont réa­lisé qu’il n’y avait pas que le Qué­bec au nord des Etats-Unis, et un bon nombre de petits jeunes et moins jeunes tentent l’aventure d’une car­rière en Colom­bie Bri­tan­nique ou Alberta… D’ailleurs, je suis sidéré par:

  • Le manque d’initiative de cer­tains: comme le diraient Sté­pha­nie ou Véro­nique, on est juste des péque­nots avec un blog, on est pas l’ANPE. Je connais le mar­ché du tra­vail dans le domaine des télé­com­mu­ni­ca­tions aussi bien que je connais l’histoire du Kir­ghi­zis­tan (pour vous don­ner une idée, j’ai du aller voir y’a 2 minutes sur wiki­pé­dia pour savoir com­ment ça s’écrit et où ça se trouve). J’essaie d’aider comme je peux, mais fran­che­ment, démar­rer sa recherche d’emploi en écri­vant à l’auteur d’un blog, ça me rend pas optimiste.
  • Le niveau déplo­rable en anglais: quand on com­pare le niveau d’anglais des fran­çais à celui, par exemple, des pays nor­diques d’Europe, y’a comme un pro­blème. Moi, perso, j’accuse le dou­blage sys­té­ma­tique (et sou­vent pourri) des films et séries TV, mais bon, c’est un autre débat. En tous cas, j’applaudis bien fort les cou­ra­geux fran­çais qui débarquent ici la bouche en fleur avec une mai­trise de l’anglais com­pa­rable à celle d’un cui­si­nier chi­nois de Crys­tal Mall. Ceux qui s’accrochent peuvent sou­vent se féli­ci­ter d’être deve­nus bilingues en moins de 6 mois… les autres repartent la langue entre les dents, ou se rabattent sur Mont­réal. Les plus pru­dents com­mencent d’ailleurs par Mont­réal et vont seule­ment ensuite en ter­ri­toire anglo­phone, his­toire de tem­pé­rer leur choc cultu­rel et linguistique.

A la mai­son, la plu­part des équi­pe­ments éléc­tro­niques fran­çais ont été rem­pla­cés, et quand on tombe dans une boite à chaus­sure sur des vieux cables 220V, on se dit que ah oui tiens, c’est vrai, les prises sont plus grosses en France. On garde jalou­se­ment les quelques élé­ments cru­ciaux introu­vables ici, genre un verre doseur, du mito­syl, ou un mouche-nez pour bébé qu’est pas pourri du cul. On suit de loin ce qui se passe en France grâce au Jour­nal de France2 sur TV5, et divers sites de nou­velles, mais on est com­plè­te­ment à la masse en ce qui concerne les nou­veaux trucs à la mode depuis la teck­to­nik, José­phine Ange Gar­dien, ou le port du voile inté­gral (on compte sur vous pour nous mettre à jour, les gars).

Niveau adm­nis­tra­tif, on a main­te­nant la rési­dence per­ma­nente, ce qui nous per­met de chan­ger de bou­lot beau­coup plus faci­le­ment – un avan­tage que je vais uti­li­ser très bien­tôt. Et pour la double natio­na­lité, que notre fils a déjà pour être né au Canada, on devrait pou­voir la deman­der pour nous-mêmes dans moins de 2 ans. D’ailleurs, comme vous pou­vez le devi­ner, Van­cou­ver est devenu le lieu de divers rebon­dis­se­ments per­so­nels et fami­liaux, et n’est donc plus une simple anec­dote géo­gra­phique dans nos vies.

Bref, après 3 ans, on s’y plait tou­jours autant, et même plus. L’intégration est enfin à peu près com­plète (avis aux expa­triés impa­tients) et on se sent chez nous.

Chez soi

En cadeau bonus exclu­sif, si vous vous deman­dez ce qu’on bouffe à Van­cou­ver pour Noël, eh bien voilà: baguette, sau­cis­son et salami au pros­ciutto, foie gras de canard, tape­nade verte, bli­nis au sau­mon et sauce au per­sil et cibou­lette, roque­fort, vieux pané, salade, et, en des­sert, une fon­due au cho­co­lat. C’est clai­re­ment pas cana­dien pour un sou, mais bon, pour notre pre­mier Noël en famille, on fait ce qu’on veut (et si pos­sible pas trop com­pli­qué à préparer!).

Petit repas de Noël en famille

Bonne année à tous!

5 juin 2008

Le jeu des différences pas importantes: 179

Les gens en amé­rique du nord ils ont un sale tra­vers: ils n’écrivent pas les chiffres comme nous.

Plus pré­ci­sé­ment, il n’écrivent pas les chiffres 1, 7 et 9 comme nous. Moi, j’écrirais 179 comme ça:

image

Mais eux, ils l’écrivent comme ça:

image

Du coup, soit il faut s’adapter, soit il faut bien dif­fé­ren­cier son “1” de leur “7”, par exemple en rajou­tant une barre à la base:

image

C’est con mais un for­mu­laire ban­quaire mal inter­prété, ça peut chan­ger pas mal de choses… Il est donc fré­quent de voir un giche­tier repas­ser der­rière vous sur un papier. Il ins­pecte tout ce que vous avez rem­pli, vous demande confir­mer cer­tains des chiffres, et rajoute des barres par­tout en appuyant bien fort, his­toire de rendre le tout encore plus illi­sible. Fabuleux.

Enfin main­te­nant vous êtes prévenus.

20 janvier 2008

6 à 5

Le Canada est un pays affreux.

En effet, il fait par­tie de ces endroits ignobles et infâmes du globe qui osent affi­cher des prix hors taxes presque par­tout. Ca veut dire que si vous vou­lez vous payer un cho­co­lat chaud et une part de gâteau, que le prix annoncé est de $3.50, et que vous avez $3.50 dans la poche, ça ne suf­fira pas. Pire, si vous avez $3.90, vous ne savez même pas si vous pour­rez vous le payer, à moins que vous soyez assez cou­ra­geux pour faire du cal­cul men­tal, alors que, je le rap­pelle, vous avez faim et soif.

Ignoble et infâme, je vous dis.

Les taxes sont com­po­sées de 2 taxes: la GST et la PST. Tout comme notre chère TVA, il y a des taux de taxa­tion dif­fé­rents en fonc­tion de la caté­go­rie d’un pro­duit donné. On va y venir.

La GST (Taxe sur les pro­duits et ser­vices), comme son nom l’indique, s’applique à tous les pro­duits et les ser­vices, sauf ceux qua­li­fiés d’essentiels comme la nour­ri­ture, les loyers, les ser­vices médi­caux et finan­ciers, etc. Etant issue du gou­ver­ne­ment fédé­ral, elle s’applique à tout le pays. Elle était de 6% jusqu’à recem­ment, mais vient d’être abais­sée à 5% au 1er jan­vier der­nier. Super… Je sais tou­jours pas si je peux me payer mon cho­co­lat chaud et ma part de gâteau avec mes $3.90, mais au moins, la pro­ba­bi­lité augmente.

S’y ajoute la taxe pro­vin­ciale (PST, ou “taxe pro­vin­ciale sur les ventes”), dont le pour­cen­tage varie d’une pro­vince à l’autre. Dans notre chère Colom­bie Bri­tan­nique, la PST est de 7% (soit une taxe totale de 12% pour les pro­duits n’ayant aucune exemp­tion). Par­mis les autres pro­vinces on peut citer le Qué­bec, où elle est à 7.5%, l’Onta­rio, à 8%, et Alberta qui, avec tout son pétrole, s’offre le luxe de ne pas avoir de PST du tout. D’autres pro­vinces (New Bruns­wick, Terre-Neuve et Nova-Scotia) ont décidé de tout mettre dans une HST, ou “taxe har­mo­ni­sée sur les ventes”, et ne font pas la dif­fé­rence entre la PST et la GST.

La PST a évi­dem­ment un cer­tain nombre d’exemptions. On peut citer la nour­ri­ture, l’eau et autres bois­sons non-alcoolisées, les habits et chaus­sures pour enfants, des trucs rela­tifs à l’habitation (incluant la plu­part du maté­riel électro-ménager), les vélos, la plu­part des maga­zines et des livres, etc. Je me per­mets de sou­li­gner, donc, que tous les repas au res­tau­rant sont taxés uni­que­ment avec la GST (5%), et que la plu­part des articles dans votre panier de courses ne sont pas taxés du tout! Ceci dit, pour le res­tau­rant, le ser­vice n’est pas inclus, et il est donc de bon alloi d’ajouter un pour­boire de 10 à 15%. Et pour tous ceux qui pré­voient de vivre le rêve cana­dien, qui consistent prin­ci­pa­le­ment à boire de la bière en regar­dant des matches de hockey, les bois­sons alcoo­li­sées ont une magni­fique petite PST de 10% (soit un total de 15% de taxes pour votre pack de 12).

Pour infor­ma­tion, la TVA en France est de 2.1% pour les médi­ca­ments rem­bour­sables, de 5.5% pour les pro­duits et ser­vices essen­tiels (nour­ri­ture non trans­for­mée, cer­taines caté­go­ries de res­tau­rants, etc.), et de 19.6% pour le reste.

Enfin, vous consta­te­rez qu’il y a par­fois inté­rêt à aller dans la pro­vince voi­sine pour ache­ter cer­tains pro­duits, un peu comme, en France, on irait ache­ter ses meubles ou sa voi­ture en Bel­gique. Sans comp­ter, main­te­nant que le dol­lar amé­ri­cain ne vaut plus rien, l’intérêt d’aller ache­ter des trucs de l’autre côté de la fron­tière… c’est bizarre, j’ai plein de col­lègues qui sont reve­nus de Seat­tle avec des iPhones après les fêtes…

23 mai 2007

On sait qu’on est integré dans un pays…

…quand on doit rem­plir sa décla­ra­tion d’impôts.

Bon okay, pour des cri­tères Cana­diens, je suis grave à la bourre pour cet article. En effet, les décla­ra­tions d’impôts, c’est avant 30 avril qu’il faut les rem­plir. Mais comme c’est encore d’actualité pour les impôts Fran­çais, on va dire que c’est encore valable.

Vu de loin, ça res­semble à la France: on doit rem­plir des cases avec des labels obs­curs et, passé la pre­mière décla­ra­tion, on peut ensuite faire ça via inter­net… mais la com­pa­rai­son s’arrête là.

Tout d’abord, ici, on a le pré­lè­ve­ment à la source. L’argent qu’on reçoit toutes les 2 semaines de son employeur est donc net d’impôts. Enfin sauf qu’entre les impôts pré­vus et les impôts réels, y’a une dif­fé­rence, qui est géné­ra­le­ment en faveur du CRA (Cana­dian Reve­nue Agency, le FISC local). Donc pen­dant plu­sieurs mois, le gou­ver­ne­ment s’enfile les inté­rêts sur un paquet de dol­lars pré­ve­lés en trop… et en avril, tout le monde rem­plit sa décla­ra­tion pour rec­ti­fier tout ça et rece­voir un joli ver­se­ment en com­pen­sa­tion. D’un côté, ça motive vache­ment plus à rem­plir sa décla­ra­tion. De l’autre, l’état est plus riche, et la rela­tion entre les citoyens et leur gou­ver­ne­ment est que les pre­miers reçoivent tout le temps de l’argent du second. Fina­le­ment, tout le monde est plus heureux.

Le hic, c’est la décla­ra­tion elle-même.

Ca com­mence avec le T4, ou “Sta­te­ment of Remu­ne­ra­tion Paid”. Ca liste ce que vous avez gagné pen­dant l’année, avec les valeurs des cases qui vont bien. On reçoit ça assez tôt pour pas avoir d’excuse pour être en retard. Ensuite, il faut aller cher­cher sur le site du CRA et impri­mer comme des grands (ça doit être ça un “acte citoyen volon­taire”) le T1, “Income Tax and Bene­fit Return”.

Quatre pages de bonheur.

Non seule­ment il faut rem­plir les valeurs dans les boites, mais il faut aussi faire des cal­culs. “Addi­tion­nez les boites 101, 104 à 143, et 147″. “Ligne 150 moins ligne 233, si néga­tif alors 0″. Vous voyez le principe.

Une fois les chiffres don­nés par le T4 rem­plis dans les cases indi­quées, on se dit que c’était pas si pire qu’en France. Mouah ha ha. Grave erreur. On constate rapi­de­ment qu’il y a des cases avec des textes du genre: “Taxe fédé­rale nette: entrez le mon­tant de la ligne 50 du Sche­dule 1″. Mmmh. Euuuh… Mais kezako le Sche­dule 1? On va faire un tour sur le site du CRA, on down­loade, on imprime…

Deux pages de bonheur.

Mais mieux.

Ce coup-ci, les cal­culs se corcent. “Si la ligne 260 de votre Income Tax Return est com­prise entre 36378$ et 72756$, reti­rez 36378$ et mul­ti­pliez par 22%”. “Mini­mum entre la ligne 330 moins 1884$, ou 3% de la ligne 236″. Sans comp­ter les cases qu’il faut faire au pro­rata de sa pré­sence en nombre de jours au Canada.

Vous pos­sé­dez une pro­priété à l’étranger? Trois pages de bon­heur en plus. Vous coti­sez au fond de pen­sion de Sas­quat­che­wan? Deux pages de délec­ta­tion sup­plé­men­taire. Vous avez une grand-mère à charge? Encore une page de plai­sir jouis­sif. Allez, et pour la route, si vous avez des béné­fices CPP ou QPP, voire du RRSP, atta­chez les for­mu­laires T5025, T612 et T613, entrez les mon­tants obte­nus sur les lignes 540 et 541, et sous­trayez le tout à 520. A ce niveau, je suis à la limite de l’orgasme comptable.

Ah oui, mul­ti­pliez le résul­tat inter­mé­diaire, ligne 410, par 15.25%.

Au final, on a un bon petit tas de papier, plus les 25 ver­sions qu’on avait déjà rem­plies avant mais sur les­quelles on s’est gour­rés. Pas grave, y’a plein d’arbres dans la région. Et puis comme chaque nou­veau for­mu­laire rem­pli se tra­duit géné­ra­le­ment par une réduc­tion d’impôts addi­tion­nelle, les arbres, fran­che­ment, ils peuvent aller se bros­ser l’écorce avec leurs petites branches.

Pour les gens qui liraient ce blog à la recherche d’infos sérieuses, le truc qui sauve la vie, c’est le guide T4055, expli­quant les impôts aux nou­veaux venus au Canada. Sinon, il existe divers sites qui aident les gens à rem­plir leurs décla­ra­tions. Quick­tax­web le fait pour 25$, mais on peut avoir une ver­sion pas impri­mable et à moi­tié rem­plie gra­tui­te­ment. Ca per­met de véri­fier si on a à peu près les mêmes résultats.

Main­te­nant, le plus dur quand on reçoit 1400$ du gou­ver­ne­ment, c’est de ne pas le dépen­ser dans le pre­mier gad­get élec­tro­nique venu, en se disant “bah de toutes façons, c’est cadeau”. Gnnnnn. Ils sont forts pour pous­ser à la consom­ma­tion, ces Cana­diens, dites donc.

8 mai 2007

Elections à distance

Nos conci­toyens blog­gueurs Elo & Matt ont déjà posté sur les résul­tats des votes à Van­cou­ver, mais on va le refaire ici… Appa­rem­ment, les fran­çais de Colom­bie Bri­tan­nique ont glo­ba­le­ment voté de manière assez simi­laire aux métro­po­li­tains, avec peut-être moins de votes aux “petits can­di­dats” (je me demande quand même ce que les 0,01% de votants pour Nihous viennent faire au Canada…). Par contre, le taux de par­ti­ci­pa­tion était assez déplo­rable, tour­nant autour des 30% (appa­rem­ment, quand on s’exile, on a plus grand chose à faire de la mère patrie).

Pour le deuxième tour, c’était même plus serré ici qu’en France:

  • Nico­las Sar­kozy: 52,75% (50,68% pour Van­cou­ver uniquement)
  • Ségo­lène Royal: 47,25% (49,32% pour Van­cou­ver uniquement)

Les plus curieux peuvent aller voir le détail des résul­tats du pre­mier tour, et ceux du deuxième tour sur le site du Consu­lat Fran­çais.

22 avril 2007

Surprise sur prise

Cette année, vous n’entendrez pas la for­mule consa­crée du “mais on attend encore le vote des fran­çais à l’étranger” à 20h00, pen­dant que les pre­miers résul­tats des élec­tions pré­si­den­tielles sont dévoi­lés. En effet, à par­tir de main­te­nant, les fran­çais à l’étranger votent le samedi… ce que nous avons donc fait hier (oui maman, on a bien voté, j’espère que tu es rassurée).

Les années pré­cé­dentes, voter le dimanche vou­lait dire que dès 11h du matin on pou­vait voir les résul­tats métro­po­li­tains, ce qui, vous avoue­rez, gâche un peu la sur­prise. Sur­tout pour ceux qui ont été voter en connais­sant la ten­dance du pre­mier tour de 2002, et qui ont dû se trai­ner, dépri­més, jusqu’aux urnes, pour un vote insignifiant.

Mais cette année, ça va être “comme les vrais”. Je sup­pose que le nombre de fran­çais à l’étranger devient assez impor­tant pour que ça puisse réel­le­ment faire pen­cher la balance… ou alors quelqu’un s’est réveillé et s’est dit que c’était un peu stupide.

Update: ayé, c’est emballé, sans grand sus­pense. Pour ceux qui se demandent, à l’étranger on peut regar­der TV5, qui dif­fuse les jour­naux de France 2, ainsi qu’un panel d’autres émis­sions fran­çaises. Pour un peu plus d’accent chan­tant, on peut aussi regar­der la cou­ver­ture des élec­tions fran­çaises sur RDI, une chaîne qué­be­coise. Et si on se fout tota­le­ment des élec­tions, on peut rega­der Pimp My Ride, ou un bon match d’Ulti­mate Figh­ting.

23 février 2007

Show me the money!

En France, les cartes cré­dit sont prin­ci­pa­le­ment des cartes de débit. On va dans un maga­sin, on file sa carte, on tape son code, et hop, on a moins d’argent sur son compte. Si on a une carte à débit dif­féré, on a encore plein d’argent sur son compte, on achète comme un fou, et à la fin du mois on com­prend pas pour­quoi le site de la banque affiche des gros chiffres en rouge.

Par ici, c’est assez dif­fé­rent puisqu’ils font la dif­fé­rence entre les cartes de débit et les cartes de crédit.

Une carte de débit, c’est donc un bout de plas­tique avec une puce et un code à 4 chiffres qu’on file aux cais­siers pour qu’ils nous sub­ti­lisent une par­tie, voire l’intégralité, de notre pécule dûment gagné. Bref, ça fonc­tionne comme une carte de cré­dit Fran­çaise à débit immé­diat. La seule dif­fé­rence, c’est que ça n’est évi­dem­ment pas une carte Visa ou Mas­ter­Card, et on ne peut pas ache­ter sur inter­net avec (ô rage, ô déses­poir, cette pou­pée gon­flable Taï­wa­naise avait pour­tant l’air très bien).

La carte de cré­dit, elle, prend tout son sens ici. C’est un peu comme une carte à débit dif­féré, sauf que le débit en ques­tion n’arrive pas for­cé­ment à la fin du mois car on rem­bourse quand on veut. Deux jours après l’achat, six mois après l’achat… Le hic, comme vous pou­vez vous en dou­ter, c’est les inté­rêts. Pen­dant un cer­tains temps (cou­ram­ment un mois), il n’y a aucun inté­rêt. Si vous rem­bour­sez avant la fin du mois, c’est donc comme une carte à débit dif­féré (sur­tout si on met en place des rem­bour­se­ments auto­ma­tiques, ce qui est pos­sible auprès de la plu­part des éta­blis­se­ments ban­caires). Après cette période de grâce, les taux varient, mais res­tent en des­sous de 13.9%, qui est un pla­fond fixé par le FCAC (Agence Finan­cière pour les Consom­ma­teurs du Canada).

Aux Etats-Unis, lorqu’on couple ce sys­tème à des ser­vices simi­laires où la sta­tion ser­vice ou le super­mar­ché du coin pro­posent des cartes de cré­dit de fidé­lité, on obtient bien vite un cercle vicieux où les gens peu dis­ci­pli­nés rem­boursent une carte de cré­dit avec une autre. Les dettes s’empilent, et on se retrouve à vendre un rein à la mafia la plus proche, entre deux livrai­sons de cocaïne.

Au Canada, cette ten­dance est net­te­ment moins pro­non­cée, le Cana­dien moyen ayant entre 2 et 3 cartes de cré­dit, là où l’Américain en a entre 4 et 5, mais elle existe sûrement.

Autre dif­fé­rence fla­grante, le paie­ment par carte de cré­dit se fait uni­que­ment via le numéro de la carte bleue (comme sur inter­net). Dans le meilleur des cas, le com­mer­çant prend l’empreinte de la carte avec le truc cou­lis­sant qui fait tchak tchak devant vous. Mais bien sou­vent, il part avec la carte et revient 5 minutes après pour vous la rendre, accom­pa­gnée du reçu à signer pour auto­ri­ser la tran­sac­tion. Il ne vous reste plus que la confiance envers votre pro­chain1 pour chas­ser ces phan­tasmes où l’ignoble et vil indi­vidu crée moultes copies de votre carte afin d’acheter des tron­çon­neuses et des orphe­lins Malai­siens sur des sites secrè­te­ment sur­veillés par le FBI[2].

Pour les futurs tour­sites Van­cou­ve­rois de notre lec­to­rat, si vous êtes parano, vous pou­vez tou­jours reti­rer 1000€, les chan­ger en dol­lars Cana­diens, et plan­quer le tout dans vos sous-vêtements. L’argent n’a pas d’odeur, donc ça pas­sera inaperçu.

1 Ce concept étrange et oublié de l’hexagone.

2 Ce qui arrive, des fois. Heu­reu­se­ment, les banques semblent géné­ra­le­ment faire confiance aux clients lors des contes­ta­tions. Ce qui est beau­coup moins le cas du FBI, il parait.