28 février 2010

Trucs olympiques: des concerts d’où que t’as pas à aligner des thunes

Alors que le Canada mène en nombre de médailles d’or, ce qui ne man­quera pas de revi­go­rer les locaux dans leurs débal­lages patrio­tiques, j’aimerais vous par­ler du truc qui a peut-être convaincu les gens peu pas­sion­nés par le sport que fina­le­ment, héber­ger les J.O. c’est pas si mal… je veux bien sur par­ler des concerts gra­tuits d’où que vous avez pas à ali­gner des thunes!

Concert sur GE Plaza

En fait, une van­cou­vé­roise qui avait voté “non” au réfe­ren­dum olym­pique de février 2003 (où le “oui” l’avait emporté à 64% pour 50% de par­ti­ci­pa­tion) nous avait ensuite avoué que c’était pas si mal, en fait, les jeux.

LiveCity Yaletown

Pour les concerts, il y avait diverses scènes autour de Van­cou­ver et à Rich­mond — le “Live­City Van­cou­ver” (“Ville Vivante Van­cou­ver”, ci-dessus), mais aussi d’autres scènes comme la GE Plaza (celle où y’a la pati­noire, et en pre­mière photo), ou la Place de la Fran­co­pho­nie qui, comme son nom l’indique, fait figu­rer des artistes fran­co­phones. D’ailleurs, cette place était bien déserte la plu­part des soirs, preuve encore que la com­mu­nauté fran­co­phone à Van­cou­ver est bien petite.

Plastic "Gros Naze" Bertrand

Le plus pitoyable des soirs était sans doute celui de Plas­tic “Gros Naze” Ber­trand (ci-dessus), pré­senté comme un “chan­teur légen­daire de la pop fran­çaise des années 80 qui sait faire bou­ger et ani­mer une foule comme pas un!”. Soit disant, “avec sa voix unique et un son qui dégage, il vous fera pla­ner dans son uni­vers fan­tas­ma­go­rique rem­pli de sur­prises et de folies”. Genre. Style. En fait, non, il s’est contenté de faire DJ pen­dant 1 ou 2 heures (enfin j’en sais rien je suis parti au bout de 15 minutes)… et encore, DJ c’est un grand mot. Il sait même pas mixer (y’avait des blancs entre la plu­part des chan­sons et il déclen­chait des supers effets sonores genre reverb ou flan­ger à des endroits tota­le­ment inap­pro­priés), et la cin­quan­taine de per­sonnes qui avaient fait le dépla­ce­ment étaient immo­biles et muettes de stu­peur. Un grand moment de soli­tude (merci Syl­vain!).

Eric Lapointe à la guitare électrique

D’autres artistes un peu plus péchus ont vague­ment réussi à rem­plir la place (avec genre 1 mètre d’espace entre chaque per­sonne), mais on sent que la fran­co­pho­nie ne déplace pas les foules quand on est de l’autre côté du globe. Eric Lapointe, le Johnny Hal­li­day qué­be­cois, ci-dessus, a du mal à com­bler les trous (“en venant ici, on savait pas trop à quoi s’attendre, mais fina­le­ment c’est pas si pire” nous avoue-t-il après quelques chan­sons)… pas trop éton­nant non plus puisqu’il est rela­ti­ve­ment inconnu en dehors du Qué­bec. D’autres artistes un peu plus (inter)nationaux comme les Cow­boy Frin­guants ou Garou (qui avait chanté pen­dant la céré­mo­nie d’ouverture) font un peu plus de chiffre mais on est loin des divers groupes qui rem­plissent les sites Live­City à bloc, lais­sant des foules entières et frus­trées à l’entrée, condam­nées à écou­ter les basses loin­taines éma­nant de la scène.

LiveCity Yaletown, feux d'artifice

Live­City Yale­town avait même un feu d’artifice dou­blé d’une pro­jec­tion d’images olym­piques du jour sur un écran d’eau à la fin des concerts. La GE Plaza avait aussi des feux d’artifice, ainsi que des gens dégui­sés en spor­tifs qui des­cendent le long de la tyro­lienne de Rob­son Square.

Surfeur volant

Des divers artistes cana­diens que j’ai pu voir, j’ai sur­tout appris une chose: l’existence de la coun­try cana­dienne. Eh ouais. Tenez, ça me parait assez évident:

Corb Lund at LiveCity Yaletown

Là où le chan­teur de coun­try amé­ri­caine vous parle de son ranch, de sa femme (morte ou divor­cée), de son chien et de la guerre civile, le chan­teur de coun­try cana­dienne vous parle de son camion (coincé dans la boue), de sa prai­rie (et des méchants qui veulent aller y creu­ser des puits de pétrole), de ses bottes (toutes sales), et du fait que le meilleur truc au monde c’est de boire de l’alcool (de pré­fé­rence du whisky). Tout un pro­gramme… Tenez, j’ai même une blague coun­try pour vous, racon­tée par le chan­teur de Corb Lund (ça fai­sait long­temps que je vous avais pas raconté une blague cana­dienne):

Dans un bar du Texas, deux cow-boys boivent un verre au bar. Ils dis­cutent comme d’habitude, et le bar est plus ou moins désert… quand deux per­sonnes entrent, et vont s’asseoir à une table dans un coin…

  • Hey, Jimmy, ces deux gars ont pas l’air d’être du coin… tu crois qu’ils viennent d’où?”
  • Ch’sais pas… mais pour sûr ils sont pas du coin” répond Jimmy. “Attends là, je vais aller leur demander”.

Jimmy se lève, s’approche de la table, fait un signe de salu­ta­tion avec son cha­peau, et demande:

  • Dites-moi, les gars, vous avez pas l’air d’être du coin… vous venez d’où au juste?”
  • Sas­ka­toon, Sas­kat­che­wan”, lui répond l’un des deux personnages.

Jimmy fait un signe de tête, puis demi-tour, et retourne au bar.

  • Alors, ils viennent d’où?” lui demande son pote.
  • Aucune idée… ils parlent même pas anglais”.

Rire. Humour. Hila­rité… Et si vous ne com­pre­nez pas la blague, je vous recom­mande de révi­ser votre géo­gra­phie cana­dienne.

Allez hop, je vous laisse avec plein de pho­tos.

Concert au LiveCity Yaletown

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LiveCity Yaletown, feux d'artifice (suite)

Concert au GE Plaza

Eric Lapointe, Québecois

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