lundi 30 juin 2008

Cirque du Soleil

Cirque du Soleil

"Ben il revient pas, l'oiseau, maman?"

Mouah ha ha, j'adore ce genre de fait divers.

Au zoo de Vancouver, il y a un spectacle de rapaces, avec des aigles et tout. Hier, pendant qu'un des aigles faisait son numéro, un groupe de corbeaux est venu l'emmerder en plein air, ce qui l'a obligé à se poser dans l'enclos le plus proche -- celui des lions.

Et paf l'aigle.

Vous pouvez voir des jolies images d'une lionne avec un aigle dans la gueule un peu partout sur internet, comme par exemple sur le site de la CBC. Clairement moins mignon que les loutres qui se tiennent la main.

A la recherche du nouvel astronaute

Y'a pas longtemps, les gens du CSA1 se sont dit "mince, on a besoin de nouveaux astronautes, ceux qu'on a ils sont trop vieux". Pour en trouver des plus frais, ils ont donc ouvert un grand concours public: envoyez-vos CVs, une vidéo dans laquelle vous chantez et vous dansez, et votre numéro de téléphone (la vidéo est optionelle, mais si vous avez chanté devant un stade hollandais entier, ça peut aider).

C'est la 3ème fois seulement que le CSA recrute, et les fois précédentes, c'était en 1983 et 1992, donc si vous rêvez d'avoir un boulot où on vous fait passer des tests médicaux intrusifs tout le temps, où on vous met dans une centrifugeuse une fois par jour, où on vous apprend à utiliser des toilettes bizarres, et où l'apogée de votre carrière sera de pouvoir vous propulser dans l'air en pétant pour faire rigoler votre collègue Russe (qui se contentera probablement de secouer la tête en mentionant le déclin de la civilisation occidentale), c'est une occasion unique!

Manque de bol, je suis à la bourre dans mes articles, et la date limite pour l'envoi de votre dossier était la semaine dernière, donc, euh... ben voilà. Dommage. Vous avez raté votre vie. Mais attendez dix ou quinze ans, ils devraient réembaucher d'ici là. Si vous êtes à Vancouver, vous êtes dans la province la plus en forme du Canada, de toutes façons, donc vous avez vos chances d'être encore frais!

1 Canadian Space Agency, ou Agence Spatiale Canadienne... les mecs qui mettent des caribous dans l'espace, pas ceux qui sont censés faire en sorte que vous voyez autant la bouille du gars de droite que la bouille du gars de gauche à la télé.

P.S: pour ceux qui se posent la question, le salaire d'un astronaute varie entre $83.300 et $162.700. Pas super démentiel, mais pouvoir se déplacer en pétant, c'est quand même la classe.

dimanche 22 juin 2008

Le grand bleu

Le grand bleu

mardi 17 juin 2008

Deux poids, deux mesures

Un ancien collègue de France m'a récemment demandé si les canadiens utilisaient des grammes comme unité de mesure pour les recettes de cuisine. La réponse est bien évidemment... "Eh non, les canadiens utilisent... la tasse."

Pour la cuisine, les bouquins achetés sur place ainsi qu'équipements (e.g. le four) et accessoires (e.g. le très utile verre mesureur) indiquent tout en système américain. Les poids sont exprimés en livres ou onces, mais vous trouverez plus souvent des volumes exprimés en tasse, cuiller, et plus rarement cannette. Par exemple, dans mon livre de cuisine acheté sur place, les quantités de beurre sont indiquées en portions de tasses (Note de Ludo: trop pratique de mesurer une quantité de beurre avec une tasse, tiens). Les températures pour le four vont vous être données en degrés Fahrenheit.

Autre fait rigolo: les poids sont affichés en système métrique, mais correspondent à des poids en système impérial. C'est pas clair? Voici un exemple: le beurre s'achète par 454 grammes, ce qui coïncide avec une livre.


Je fais l'envie de mes compatriotes français lorsque je sors le verre mesureur que j'ai pensé à glisser dans les cartons du déménagement, et qui indique les grammes pour un certain volume de farine, sucre, etc. et les millilitres pour le liquide. A bon entendeur...

Verre doseur


Plus généralement, il y a un joyeux mélange dans les unités de mesures utilisées dans diverses situations de la vie courante. Si les panneaux de signalisation indiquent les distances en kilomètres, en revanche toutes les annonces pour les appartements vont vous donner des surfaces en pieds carré. Chez le médecin, taille et poids vous seront donnés en système métrique (mètres et kilogrammes). Par contre, si un collègue vous demande votre taille et que vous répondez "1 mètre 71", vous le verrez cogiter un moment pour faire la conversion en pieds et pouces! (Note de Ludo: comme je suis un gros chieur, à chaque fois qu'un canadien me donne une mesure en système impérial, je lui rétorque un "hey gars, le Canada utilise le système métrique, je sais pas de quoi tu parles"... pour l'instant, ils se contentent tous de sourire et de regarder leurs pieds en rougissant).


Pas de panique, Wikipedia est notre ami et nous aide à faire les conversions... Google est sympa aussi et fait la conversion pour vous... Vous pouvez vous amuser à entrer la requête "50 kg in pounds" dans le champ de recherche... c'est magique (Note de Ludo: ça marche aussi dans Yahoo et Live Search/MSN, mais pas dans Exalead... vive la technologie Française! (je me permets parce que je sais qu'un des ingénieurs d'Exalead lit ce blog... Salut Philippe!)).

jeudi 5 juin 2008

Le bien contre le mal

Le bien contre le mal

Le jeu des différences pas importantes: 179

Les gens en amérique du nord ils ont un sale travers: ils n'écrivent pas les chiffres comme nous.

Plus précisément, il n'écrivent pas les chiffres 1, 7 et 9 comme nous. Moi, j'écrirais 179 comme ça:

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Mais eux, ils l'écrivent comme ça:

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Du coup, soit il faut s'adapter, soit il faut bien différencier son "1" de leur "7", par exemple en rajoutant une barre à la base:

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C'est con mais un formulaire banquaire mal interprété, ça peut changer pas mal de choses... Il est donc fréquent de voir un gichetier repasser derrière vous sur un papier. Il inspecte tout ce que vous avez rempli, vous demande confirmer certains des chiffres, et rajoute des barres partout en appuyant bien fort, histoire de rendre le tout encore plus illisible. Fabuleux.

Enfin maintenant vous êtes prévenus.

One Way

One Way

La complainte de l'expat'

Si vous connaissez un expatrié, ou ex-expatrié, vous avez probablement entendu ce genre de remarque: "les XYZ sont durs à se faire comme amis", ou "les XYZ ils ne parlent pas beaucoup culture/histoire/politique", en remplaçant bien sûr le "XYZ" par la nationalité concernée (si vous n'avez jamais entendu un expat' faire ce genre d'affirmation, vous avez bien de la chance). Dans notre cas, il s'agit donc des Canadiens.

Les Canadiens sont durs à se faire comme amis

D'abord, on n'abordera pas la question de savoir si vous êtes quelqu'un d'intéressant, sociable, et qui ne sent pas mauvais de la bouche. Mais brossez-vous bien les dents quand même, on ne sait jamais. Ensuite, on peut se demander comment on définit un ami... est-ce quelqu'un que l'on voit en dehors du travail ou de l'activité à travers laquelle on l'a originalement rencontré? Est-ce quelqu'un que l'on a comme ami sous Facebook? Est-ce quelqu'un avec qui on s'entend tout simplement bien?

Pour des gens de la tranche d'âge 25-35 ans, la majorité des amis sont issus des études (université, lycée, et même collège et école primaire si vous avez gardé contact toutes ces décennies). Ce sont des gens qui étaient dans votre classe ou promo, vos colocataires, ou des membres des mêmes activités étudiantes (clubs de sport, de musique, de cuisine, de reconstitution historique de la bataille de Mouveaux en Bouillonne, etc.). Se faire des amis dans la salle de classe est nettement plus facile et rapide que de se faire des amis dans la salle de réunion de votre boulot actuel. Dans les deux cas, pourtant, on se fait chier et on a pas envie de suivre ce que raconte le gars au tableau, mais c'est seulement dans le premier cas qu'il est possible de discuter avec ses voisins impunément depuis le fond de la pièce. Au bureau, on ne peut que se contenter de faire des gribouillis sur son carnet de notes, ou jouer au bullshit bingo.

La socialisation au travail est pourtant très différente entre la France et le Canada, et on reviendra sur le sujet un jour. Mais dans les deux cas, quelqu'un aura-t-il été au cinéma ou au restaurant avec ce gars qui est arrivé d'Ukraine il y a 6 mois? Probablement pas. La socialisation sera restée dans le cadre du bureau, autour du déjeuner de midi ou de la pause café. J'ai pu voir ce genre de situation dans les deux pays avec, heureusement, des exceptions (sinon, le gars repartirait dégoûté en Ukraine).

Les expatriés qui font les remarques du genre "c'est dur d'être ami avec les Canadiens" ont souvent tendance à croire qu'ils peuvent se reconstruire en moins d'un ou deux ans un cercle d'amis similaire à ce qu'ils avaient en France, et qui leur avait pris 10 ou 15 ans à bâtir sans les barrières culturelle et de la langue. Inversement, les indigènes ont déjà leur cercle d'amis bien établi. Vous êtes dans la même situation que l'Ukrainien sus-cité. Vous débarquez, vous ne connaissez pas grand monde, et vous cherchez à vous reconstruire un réseau. Les Canadiens et immigrés de longue date affichant déjà complet dans leur emploi du temps social, les expatriés se retrouvent statistiquement plus souvent entre eux. D'autant plus que l'on est dans la tranche d'âge où les gens déjà bien installés sont soudainement occupés par leur premier enfant, limitant encore plus leur temps libre.

Le plus facile est alors d'entrer en contact avec des expatriés Français puisque vous aurez immédiatement plein de points communs avec eux (principalement: râler sur la France, râler sur le Canada, et s'échanger des addresses pour acheter du fromage qui pue). Un travers courant chez les expatriés est ainsi de rejoindre la communauté Française la plus proche et d'y rester, n'ayant que peu d'amis non-Français, mais ne se gênant pas pour râler à propos de la sociabilité des autres nationalités.

Bref, j'espère que je ne viens pas de vous apprendre que s'intégrer dans un pays et se faire de nouveaux amis sont des procédés qui prennent du temps. Les outils indispensables pour cela sont ici Craigslist et Facebook, pour (re)trouver des groupes ou activités qui vous permettront de rencontrer des gens (clubs de sport, de musique, de cuisine, de reconstitution historique de la bataille de Mouveaux en Bouillonne, etc.).

Les Canadiens ne parlent pas culture/histoire/politique

Ma seule explication pour ce genre de remarque, par contre, est simplement la barrière de la langue. Difficile pour un anglophone d'engager, ou maintenir, une conversation soutenue sur l'histoire des Croisades s'il ne comprend pas la moitié de ce que vous baragouinez (et qu'il est trop poli pour vous le dire).

Evidemment, comme en France, les 3/4 des gens ne sont juste pas intéressés par ces sujets, préférant lire le DaVinci Code et regarder Canadian Idol/La Nouvelle Star (ouais, je fais mon réac' si je veux, c'est mon blog). Mais jusqu'à présent, j'ai trouvé qu'il était par exemple très facile d'engager la plupart des Canadiens sur le sujet de la politique Canadienne ou Américaine. Un nombre étonnant d'entre eux ont suivi, au moins de loin, les élections Françaises. Et ce qui est bienvenu, c'est qu'ils ont chacun leur propre opinion. On est loin des discussions politiques Françaises où les gens regurgitent la moitié du temps ce que les Guignols ont raconté la semaine d'avant, ou évitent totalement le sujet en jouant la carte du réactionnaire cynique.

Une autre différence est que les Canadiens sont beaucoup plus éduqués sur le plan économique. Dans un pays où les lois du marché sont plus présentes, où le seul voisin est les Etats-Unis, et où la paperasse pour la banque ou les impôts est deux fois plus compliquée, il est très courant d'assister à des discussions sur le cours du loonie, sur le NASDAQ, ou sur les conséquences des dernières nouvelles américaines ou (dans une moindre mesure) européennes.

Sur le plan historique, par contre, il est probable qu'un Européen moyen est plus éduqué q'un Canadien moyen, tout simplement parce que l'Histoire (avec un grand H s'il vout plaît) occupe une part plus importante de notre culture et de notre identité, ce qui se retranscrit, par exemple, sur les programmes scolaires.

De toutes façons, il est indéniable que les Canadiens n'ont pas grand chose de local à se mettre sous la dent qui remonte plus loin que le 18ème siècle. En plus, un pionnier, ça prend du temps à construire des maisons et labourer des champs, donc il ne se passe pas beaucoup de trucs super intéressants. Du coup, on constate deux tendances. La première est de s'intéresser plutôt, au choix, à l'histoire de l'Europe, de l'Afrique, ou de l'Asie. C'est assez peu commun. Les nord-Américains se contentent d'avoir les yeux qui brillent quand on parle de Paris ou Barcelone ou Amsterdam, mais n'y connaissent pas grand chose, à part ceux qui y ont été en vacances. La deuxième tendance est de connaitre en détail l'histoire nord-Américaine du 20ème siècle. Je trouve que ce deuxième type de connaissance est assez intéressant car elle permet de mieux comprendre la direction actuelle du pays. En Europe, les gens qui s'intéressent à l'histoire se focalisent généralement sur des périodes lointaines qui, si elles sont souvent passionnantes, ne permettent pas vraiment d'expliquer le problème des banlieues.

 

Bref, voilà mon avis sur la complainte de l'expat'. Je suis sûr que certains ne seront pas d'accord, donc déchaînez-vous dans les commentaires! (je m'en fous, je peux les censurer, mouah ha ha)