6 juillet 2008

Cana-quelque-chose Day

Canada Day, la “Fête du Canada”, tombe le 1er juillet. C’est comme vous pou­vez vous en dou­ter la fête natio­nale du Canada. Elle marque l’anniversaire du Bri­tish North Ame­rica Act, signé le 1er juillet 1867, qui a plus ou moins offi­cia­lisé l’existence du Canada comme étant une confé­dé­ra­tion digne de ce nom.

Drapeau canadien

Avant ça, on se conten­tait de dire “les ter­ri­toires Anglais d’Amérique du Nord”, ou “les ter­ri­toires au-dessus de ces sales traitres à la Cou­ronne”, voire même “qui ça? Oh, non, on s’en fout, d’eux. Remettez-moi un peu de thé, voulez-vous?”.

Après, par contre, il s’agissait du “Domi­nion du Canada”, ce qui le fait vache­ment plus, vous avou­rez. Pour ceux qui se demandent, un “domi­nion” est un état auto­nome au sein d’un empire (et plus par­ti­cu­liè­re­ment au sein de l’Empire Bri­tan­nique, puisque c’est eux qui ont inventé le terme).

Parade canadienne

Comme le traité a en plus réuni 4 des pro­vinces de l’époque (Onta­rio, Qué­bec, New-Brunswick et Nova-Scotia) sous un gou­ver­ne­ment fédé­ral, on peut se la péter en par­lant de “domi­nion fédé­ral”, voire même “domi­nion fédé­ral de la mort qui tue”. Les autres pro­vinces se sont rame­nées un poil plus tard. Ici en Colom­bie Bri­tan­nique, par exemple, ils ont signé le traité en 1870 — ils ont pro­ba­ble­ment dû attendre d’avoir le train pour aller jusqu’à Ottawa, puis attendre que des immi­grés ita­liens débarquent pour que quelqu’un puisse faire un cos­tume au gars qui irait signer, et enfin apprendre au gars en ques­tion à lire et écrire.

Concert canadien

Bref, à tra­vers tout le Canada, le 1er jui­let, on s’épanche de fierté natio­na­liste en agi­tant des dra­peaux rouges… enfin… tout le Canada? Non, car une bande d’irréductibles qué­bé­cois célèbrent leur propre fête natio­nale le 24 juin pour la Saint Jean-Baptiste. Oui, vous avez bien lu. C’est la fête natio­nale du Qué­bec… n’importe quoi… et après ils s’étonnent que les trois quarts du reste du Canada ne les aime pas.

Enfin bref, ici à Van­cou­ver, comme il fait beau et qu’il se passe des trucs dehors (une occu­rence rare!), vous pen­sez bien que tout le monde est dehors.

Tertre de Granville Island

Au pro­gramme, vous avez toutes les attrac­tions clas­siques (com­prendre: à deux balles), de ce genre d’évènement. Des gens qui vous peignent le visage, des dégus­ta­tions de pan­cakes et de sirop d’érable, des défi­lés et des parades, des démons­tra­tions de l’armée cana­dienne, des spec­tacles de danse, des stands de hot-dog, des gamins qui crient, etc. Y’avait un truc rigolo où il fal­lait mettre un petit caillou sur une carte pour indi­quer là d’où on vient. Il n’y avait pas encore beau­coup de caillous car on y est passé pen­dant la mati­née, donc l’un de mes amis a eu l’honneur de pla­cer le pre­mier caillou Kenyan (pro­ba­ble­ment le seul, aussi). Saurez-vous le trou­ver sur la photo ci-dessous?

Il y avait aussi quelques concerts en plein air mar­quant la fin du Fes­ti­val de Jazz (nous on a prin­ci­pa­le­ment écouté Soul­stream, sur Rob­son Street en fin d’après-midi).

Enfin, la jour­née se ter­mine avec un incon­tour­nable feu d’artifice, parce que rien ne per­met de tra­duire la fierté d’appartenir à un pays sou­ve­rain mieux que de balan­cer des explo­sifs en l’air.

Feux d'artifice depuis Canada Place

Par contre, ça ne serait pas Van­cou­ver s’il n’y avait pas un peu de can­na­bis quelque part. C’est pour­quoi tout un tas de gens se sont réunis autour de la gal­le­rie d’art pour fêter “Can­na­bis Day” (oui, ils ont de l’humour).

Cannabis Day devant la gallerie d'art

A 4h20 (le chiffre “420″ est cou­rant chez les fumeurs de can­na­bis), c’est la folie: les gens agitent les célèbres dra­peaux du Canada fai­sant figu­rer une feuille de can­na­bis à la place de la feuille d’érable (on peut si faci­le­ment les confondre après tout), pen­dant que d’autres balancent des joints sur la foule. J’ai du me sacri­fier pour vous, pré­fé­rant prendre des pho­tos plu­tôt que d’en attra­per au vol.

D’ailleurs, si sur les pho­tos on dirait qu’il y avait du brouillard, eh bien c’est que… euh… oui maman, il y avait du brouillard. Ah là là, la météo à Van­cou­ver, ça change si vite… on sen­tait le brouillard à 2 pâtés de mai­son, même.

Une fois la dis­tri­bu­tion gra­tuite de joints ter­mi­née, les gens se mettent à chan­ter “Ô Can­na­bis”, une ver­sion modi­fiée de “Ô Canada”, l’hymne natio­nal. Vous pou­vez lire le début des paroles sur la photo précédente.

Que fait la police me demandez-vous? Eh bien ils ont envoyé à tout cas­ser 3 ou 4 gars qui sur­veillent, appa­rem­ment sans trop d’inquiétude, depuis l’autre côté de la rue. Appa­rem­ment, c’est plus pei­nard de sur­veiller des gens endor­mis à la mari­juana que des gens éner­vés à la bière.

Quid des pro­tes­ta­taires et autres anti-gouvernement, sinon? Eh bien la seule chose qu’on ait vu, c’est un “Canada is sto­len land” (“le Canada est une terre volée”), écrit gen­ti­ment à la craie par terre, his­toire que ça soit faci­le­ment lavable le lendemain.

Ils sont cools, au Canada, quand même.

4 réponses à “Cana-quelque-chose Day”

  1. Loutron Glouton dit :

    Tout ça ne m’empêchera pas de pen­ser que c’est une vaste conspi­ra­tion pour pas­ser la jour­née dehors, sor­tir les bar­be­cues, les bières et les joints… Fina­le­ment il abon dos le patrio­tisme !
    Cana[…]days du pays: même combat!

  2. Étudiante en naissance du Québec Actuel dit :

    Tu dit que le reste du Canada n’aime pas le Qué­bec en fai­sant alu­sion à notre propre fête natio­nale.. haha déci­dé­ment t’As jamais vécu une St-Jean! Et puis, toi qui parle d’histoire tu devrais com­prendre que le Qué­bec n’a pas la même his­toire que le reste du Canada… Viens faire un tour tu vas tom­ber en amour avec note pays :) et si le reste du Canada nous aime pas.. y a ben tout le reste du monde qui nous appré­cie bien avec nos cou­tume et notre langue., cest pas com­pli­qué on est Qué­bé­cois pas Cana­dien et c’est jus­te­ment une ques­tion d’Histoire.. on vous aimes pareille.… à part l’Ontario loll

  3. ludovic dit :

    J’ai jamais dit que la St-Jean n’etait pas une fete rigo­lote (elle est plu­tot fun, d’ailleurs). J’ai jamais dit non plus que je n’aimais pas le Que­bec (au contraire, c’est une pro­vince sym­pa­thique, j’y ai vecu 1 an et j’y retourne de temps en temps).
    Par contre, de ce que j’ai pu en entendre, oui, beau­coup de Cana­diens d’autres pro­vinces n’aiment pas le Que­bec. Non pas a cause de sa langue, de sa culture ou de son his­toire, puisque tout le monde s’accorde a dire que c’est quand meme au Que­bec (ou au moins a Mon­treal) qu’on trouve le plus de trucs inter­es­sants (fes­ti­vals, bou­tiques, res­tos, etc). Non, les gens n’aiment pas le Que­bec a cause des natio­na­listes et de leur atti­tude chau­vine. Tu le dis tres bien, d’ailleurs: “on est Que­be­cois, pas Cana­diens”… c’est typi­que­ment le genre de truc qui enerve lege­re­ment les autres Cana­diens, et c’est com­pre­hen­sible.
    On trouve des situa­tions simi­laires avec les inde­pen­dan­tistes Basques ou Corses en France — au mieux, la plu­part des Fran­cais s’en foutent, et au pire, ils ont une opi­nion nega­tive de ces activistes.

  4. […] pas long­temps c’était Canada Day qui, je vous le rap­pelle, est la glo­rieuse fête natio­nale cana­dienne (y com­pris au Qué­bec, qu’ils le veulent […]

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