9 novembre 2007

Bah on m’avait pas prévenue

Rien que pour réga­ler les lec­teurs de ce blog1, j’ai vécu l’expérience trau­ma­ti­sante d’être pié­tonne dans les rues de Vancouver.

A pre­mière vue, comme ça, on se dit que Van­cou­ver c’est le para­dis des pié­tons: des trot­toirs nets et déga­gés de toute déjec­tion canine, une pol­lu­tion qui ne se fait pas sen­tir, très peu de coups de klaxon. Mais tout ça, c’est uni­que­ment une conspi­ra­tion des conduc­teurs et cyclistes van­cou­ve­rois, visant à nous don­ner un faux sen­ti­ment de sécu­rité afin de mieux nous avoir dès qu’on a le mal­heur de mettre un pied sur le goudron!

La triste vérité, c’est qu’en moins d’un an, j’ai failli me faire écra­ser 4 fois, juste en bas de chez nous, et à chaque fois sur un pas­sage pié­ton, alors que je pas­sais au feu vert2.

Afin que nos futurs visi­teurs soient pré­ve­nus et ne fassent pas les même erreurs que moi, voici donc un petit compte-rendu sur les tech­niques favo­rites de sélec­tion auto­mo­bile pra­ti­quées par les conduc­teurs locaux. C’est que du vécu.

  1. Clas­sique, mais marche à tous les coups: je brûle le feu alors qu’une pitéonne est enga­gée sur le pas­sage pié­ton. Notez l’habile variante: je m’arrête, mais APRES l’intersection.
  2. Je suis un cycliste, il fait nuit, j’ai pas de lumière (oui mais je porte mes jolies bandes jaunes fluo qui SERAIENT réflé­chis­santes à proxi­mité d’une source de lumière) — pour­quoi est-ce que je m’arrêterais au feu, d’abord? Cf. méthode n°1. Variante: j’en pro­fite pour engueu­ler la piétonne (!?)
  3. La pré­fé­rée des conduc­teurs ici. Petite pré­ci­sion pour nos lec­teurs fran­çais, d’abord: ici on a le droit de tour­ner à droite au feu rouge, après avoir véri­fié que l’intersection était déga­gée de tout conduc­teur, cycliste, ou pié­ton. Je tourne au feu rouge. Je skippe la par­tie écrite en tout petit. Variante: je suis un conduc­teur de bus — royal, je klaxonne pour pré­ve­nir les pié­tons enga­gés sur le pas­sage que je vais tour­ner.

Bon, voilà, c’est la fran­çaise refou­lée en moi qui avait besoin de pous­ser un coup de gueule. Faut dire qu’avec la pluie, on se fait — en plus — arro­ser par les bus lorsqu’on marche trop près de la chaus­sée, ça met pas de bonne humeur le matin.

1Oui, bon, aussi parce que j’ai tou­jours pas repassé le per­mis, OK.

2 Plus pré­ci­sé­ment: blanc

  • Ludo­vic

    Notez l’utilisation du verbe “skip­per”, qui est un terme uti­lisé prin­ci­pa­le­ment par les fran­çais vivant dans des pays anglo­phones, ou par les cadres mar­ke­ting bien coiffés.

    (enfin non pas que je veuille me moquer, hein, pour une fois que c’est Laure qui poste…)

  • Futur Pika

    Faut que tu repasses ton per­mis ? Qu’est ce qu’il a le per­mis fran­cais, il est pas assez bien pour eux ?

  • Laure

    Bah non, le per­mis fran­çais n’est pas assez bien pour eux :)
    Il faut le repas­ser au bout de 3 mois si t’es résident (les visi­teurs ont le droit d’utiliser leur per­mis fran­çais pen­dant 6 mois).
    C’est vrai qu’il y a quand même des dif­fé­rences majeures dans le code de la route et sur­tout le posi­tion­ne­ment des feux (je connais cer­tains fran­çais dont je tai­rai le nom pour ne pas être déshé­ri­tée qui se sont arrê­tés, comme de d’habitude, au niveau du feu…soit de l’autre côté de l’intersection…)

  • Syl­vain

    Hé oui, comme quoi en fait, ils conduisent pas mieux qu’à Paris, c’est juste une illu­sion.
    Enfin bon, on va faire un club spé­cial “Je passe mon per­mis cana­dien” si ça continue…

  • Vero­nique

    Tel­le­ment d’accord avec toi, Laure! J’en avais aussi parlé sur mon blog, d’ailleurs… J’ai pris l’habitude de regar­der vers la gauche der­rière moi avant de tra­ver­ser, au cas où y’en aurait un qui pense que parce qu’il a une voi­ture et qu’il veut tour­ner à droite, il est plus fort que moi. Euh, peut-être qu’en effet il est plus fort que moi…

  • Laure

    Merci pour vos sou­tiens variés…je me sens moins seule :)