22 juillet 2007

Vue au mérite

Des trois mon­tagnes qui sur­plombent Van­cou­ver au nord, Grouse Moun­tain est la seule dotée d’une télé­ca­bine per­met­tant de s’y rendre. Gen­ti­ment appel­lée “Sky­ride”, elle per­met aux tou­ristes esti­vaux de base d’atteindre le som­met, où moultes aven­tures les attendent, comme par exemple le fabu­leux spec­tacle de bûche­rons inter­na­tio­na­le­ment connu (et non, moi non plus j’en avais jamais entendu parler).

Par contre, pour les tou­ristes moins de base, il y a le Grouse Grind.

Le Grouse Grind, c’est un truc tota­le­ment cré­tin: plu­tôt que de prendre le Sky­ride, on vous pro­pose de mon­ter comme des grands avec vos pieds. Mais atten­tion, hein, c’est pas de la balade en forêt. Enfin si. Sauf que la forêt, elle est qua­si­ment ver­ti­cale. Et 3km à la ver­ti­cale, c’est assez violent, sur­tout pour des grosses larves comme nous. Mais comme on a un blog à rem­plir, des amis à épa­ter, et un besoin de se prou­ver quelque chose à l’approche de la tren­taine, on est par­tis cou­ra­geu­se­ment (et maso­chis­ti­que­ment) à 8h du mat’ un samedi pour se taper les 850m de déni­velé néces­saire pour arri­ver en haut. Ca fait pra­ti­que­ment 3 tours Eif­fel. Un énorme esca­lier où, quand les marches sont espa­cées d’un mètre ou plus, on se dit “ah, cool, c’est qua­si­ment plat, ça repose”.

Le Grouse Grind, c’est presqu’une ins­ti­tu­tion, en fait. Pour vous don­ner une idée, on connait déjà deux per­sonnes qui le font de manière régu­lière (une à plu­sieurs fois par semaine pen­dant l’été). Cer­tains le font tous les jours, voire plu­sieurs fois par jour pour un mys­té­rieux retraité de 90 ans qui, je pré­sume, doit déjà avoir vu tous les épi­sodes de Mat­lock, et se fait donc grave chier chez lui. Pour ces habi­tués, donc, il y a un sys­tème de badge magné­tique qu’on passe devant un détec­teur au départ et à l’arrivée afin d’enregistrer son temps de par­cours. Un site web per­met ensuite de consul­ter les sta­tis­tiques des ran­don­neurs. On peut éga­le­ment voir les meilleurs temps de la jour­née, de la semaine ou du mois, qui sont affi­chés sur des pan­neaux d’information à l’arrivée… his­toire de bien vous dégoûter.

Main­te­nant, vous com­men­cez à vous deman­der quel est le record, et com­bien de temps on a mis. Bande de petits mes­quins… Bon allez, c’est bien parce que je suis de bonne humeur. Le record mas­cu­lin est de 26 minutes, et le record fémi­nin est de 34 minutes. Nous on a mis envi­ron 1h10. C’est pas trop mal, puisque des per­sonnes rela­ti­ve­ment ath­lé­tiques doivent théo­ri­que­ment tour­ner autour d’une heure (on pas­sera sous silence l’état dans lequel on était pour le reste de la jour­née, par contre). Les bons ran­don­neurs seront entre 45 minutes et une heure. Si vous met­tez plus d’1h30, par contre, c’est qu’il vaut mieux prendre le Sky­ride la pro­chaine fois.

Et tout ça pour quoi?

IMG_5712.jpg

Eh bien c’était la pre­mière fois qu’on mon­tait à Grouse Moun­tain, et après une heure pas­sée à mon­ter sous les arbres, décou­vrir la vue au som­met est d’autant plus sym­pa­thique qu’on peut se dire “j’ai monté tout ça comme un grand, et j’ai même pas pleuré!”.

Ou alors “putain j’suis con, y’avait une télé­ca­bine!”, ça dépend.

  • Ano­ny­mous

    Hello
    J’adoooore la liberté de ton de ces chro­niques, avec juste assez de poil à grat­ter pour que ça irrite un peu, par­fois, et une belle auto-dérision.
    Bri­git

  • Futur Papa

    On peut avoir une photo de vos mol­lets apres cette excur­sion ? Tu dois avoir de beaux mol­lets muscles, Ludo.

  • Laure

    Arf, à chaque fois que Ludo raconte ça, le temps qu’on a mis baisse…vous allez voir, la pro­chaine fois (qu’il raconte, hein, pas qu’on fait le Grouse Grind), on aura à peine mis 1 heure…

  • Vero­nique

    Il paraît qu’il y en a qui la montent en cou­rant, y’a des fous par­tout… Pour ma part, je repousse encore l’épreuve, j’ai entendu trop d’histoires d’horreur, je suis sûre d’y lais­ser mes poumons.

  • la soeur de ludo

    du déni­velé à grim­per puis…à redes­cendre, des pay­sages somp­tueux à décou­vrir, un sommet.…bref c’est une rando en mon­tagne quoi !
    par contre c’est sympa ce sys­tème de badge qui per­met à tout le monde de savoir où il se situe entre les lièvres et les tor­tues
    bon on va dire que ludo et laure étaient entre le lèvre blessé et la tor­tue bour­rée d’isostar !!!
    eury­dice

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